XMH : The After Years
 
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[Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas

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MessageSujet: [Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas Lun 09 Mar 2015, 15:51

New York City. La propriété de Davos Tosca, en début d'après-midi.
Arlathan avait profité de l'absence des occupants de la maison pour s'infiltrer dans les lieux. Il avait retrouvé Baldwin, grâce aux informations de Benedict. Pour autant, agissait-il au nom des Ombres, ou pour lui-même ? Avait-il quelque intérêt à ramener Baldwin dans leurs filets ? Ne souhaitait-il pas plutôt se venger, ou le rendre de nouveau captif, pour quelque sinistre dessein ?
Arlathan avait quelques heures pour errer librement dans la maison et mieux valait ne pas imaginer tout ce qu'il y ferait. Mais Rafael n'allait pas tarder à rentrer. Pour la première fois depuis des mois, les deux hommes qui avaient occupé le manoir Spencer, durant des années, allaient se retrouver. Il ne fallait pas douter qu'ils avaient des comptes à régler.

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1 : Le Maître du Jeu a toujours raison
2 : Même quand le MJ a tort, il a raison
3 : Si un joueur a raison , la règle 1 s'applique prioritairement .
4 : Le MJ ne peut être corrompu qu'à coup de boîtes de cookies
(et des Granola).

:akhad:
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MessageSujet: Re: [Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas Mer 25 Mar 2015, 23:14



Entrer à l'intérieur de la maison fut un jeu d'enfants pour Arlathan. Non pas que la sécurité avait été négligée par son propriétaire, mais le mutant qui y était entré par effraction n'avait rien d'un amateur en la matière. Rayleigh était un Externel âgé de plus de 3000 ans. Il faisait partie du noyau dur des Ombres. Il était le boss d'un empire criminel ainsi qu'un grand chef d'entreprise, étant depuis quelques années le dirigeant de la société White Industries. Sous ses airs de gai luron, Arlathan disposait donc d'une multitude de cordes à son arc. Tout cela concourrait à faire de lui un mutant extrêmement dangereux. Et il l'était d'autant plus ce jour-là car on l'avait contrarié. « On », c'était Roxas bien sûr. Encore et toujours Roxas. Baldwin avait commis l'erreur de trop en tournant le dos à un individu aussi psychiquement instable. Quitter le manoir Spencer passait encore, mais pourquoi s'était-il senti obligé de couper tout contact ? A croire qu'il avait un cœur de pierre ! Clov avait donc investi son nouveau chez lui. Lorsqu'il avait découvert, grâce à Benedict, où Roxas habitait, Arlathan n'avait guère pu retenir une exclamation de stupeur. Mais cette stupeur n'avait pas tardé à se muer en crise de nerfs, voire de rage ! Ce faux-jeton de Baldwin avait bien su cacher son jeu. Maudit soit-il ! Ainsi donc, il était là. Tranquillement installé sur l'un des fauteuils du salon, il attendait, observant de-ci de-là le nouvel environnement de celui qu'il comptait autrefois parmi ses plus proches amis. Sans être coquette, la décoration de la baraque était honorable. Les lieux étaient indubitablement moins glauques que le manoir Spencer.

- Je me fais chier. Constata Arlathan, après tout juste cinq minutes d'attente.

La patience n'avait jamais été son fort. Il rongea néanmoins son frein cinq minutes de plus puis, à bout, il se leva. Il fit alors les cent pas dans le salon, d'un air profondément agité. Il se parla à lui-même, répétant ce qu'il était venu dire à Rafael. Cela l'occupa cinq minutes de plus. Las de ce jeu-là, Rayleigh entreprit alors de s'imprégner un peu plus des lieux. Nullement embarrassé à l'idée de farfouiller dans l'intimité du couple qui vivait là, il procéda alors à une investigation minutieuse. Il ouvrit placards et tiroirs, les vida et/ou renversa leur contenu sur le sol, éventra fauteuils et canapés. Lorsqu'il en eut fini avec le salon, on aurait dit que la pièce avait fait l'objet d'une perquisition. L'immortel observa un instant son oeuvre. Celle-ci avait été aussi spontanée qu'elle était dénuée de but. Il n'avait eu aucune raison de mettre la pièce sens dessus dessous. Il l'avait fait, c'était tout. Passant à la cuisine, il ouvrit le frigo pour y dénicher quelque chose à grignoter. Son choix s'arrêta sur les restes d'un poulet rôti. Après avoir avalé une cuisse de la volaille accompagnée d'une bouteille d'un grand cru que Seaworth avait dû mettre de côté pour une belle occasion, Rayleigh s'amusa avec la vaisselle, jonglant avec assiette et couverts. Sa dextérité étant ce qu'elle était, tout fini naturellement par se retrouver par terre, le vin y compris. Fuyant le désastre, Arlathan gagna la chambre. Le lit était fait, tout était propre.


- Hum... Je suis sûr qu'une lumière bleue aurait beaucoup de choses à nous apprendre sur cette pièce, fit-il, d'un air dégoûté.

Il fouilla ensuite la penderie, bazardant le linge qu'elle contenait un peu partout. Hormis une boîte de préservatifs qu'il trouva dans l'une des tables de chevet, rien ne retint son attention. Glissant les capotes dans sa poche - après tout, cela pouvait toujours servir - Rayleigh s'apprêtait à regagner le salon lorsqu'il fut pris d'une envie pressante. L'immortel partit donc en quête des toilettes, non sans agripper un livre au passage, histoire de passer le temps durant la grande commission. Malheureusement, lorsqu'il fut installé sur le trône, Arlathan eut la fâcheuse surprise de découvrir que le livre en question n'était pas un bouquin, mais un carnet de timbres !


- Qu'est-ce que c'est que ça ? Dit-il, entre deux poussées.

Dans le carnet, les timbres étaient agencés avec soin et une rigueur presque scientifique. C'était stylé, il fallait le reconnaître, mais vain aussi. Il fallait vraiment avoir du temps à perdre pour réunir une collection de ce type et l'organiser de cette façon. Haussant les épaules, Rayleigh referma le carnet pour se préparer à finaliser ses petites affaires. C'est là qu'il se rendit compte que le rouleau de papiers était vide !


- Ah bravo ! S'exclama-t-il, bien ennuyé tout de même.

Que faire ? Que faire ? Que faire ? Mais oui ! Il allait utiliser les pages du carnet ! Bon, cela allait certainement un peu râper au début, mais tant pis ! A la guerre, comme à la guerre, comme on disait ! Déchirant une page, puis deux, Rayleigh se nettoya donc l'arrière-train avec une partie de la précieuse collection de Davos. Et la cerise sur le gâteau survint lorsqu'il essaya de tirer la chasse ! L'épaisseur des pages cartonnées était telle que ces dernières obstruèrent la canalisation et l'eau fut refoulée. Arlathan insista, insista encore, jusqu'à ce que l'eau finisse par déborder de la cuvette. Il renonça alors, non sans pester contre les sanitaires modernes. Il n'avait jamais rencontré ce genre de problème à l'époque où ils se contentaient de chier dans un trou dans la terre ! Chassant cette idée stupide de sa tête, Rayleigh gagna la salle de bains. Tout en se lavant les mains, une idée malsaine lui vint à l'esprit. Attrapant l'une des deux brosses à dents qui traînaient là, il la glissa avec précaution entre ses fesses et... Il se mit à frotter ! Lorsqu'il fut satisfait, il remit la brosse à dents à sa place en ricanant. Seaworth risquait d'avoir une belle surprise au prochain brossage ! Une minute ! Et s'il s'était trompé de brosse à dents ? Hum... Dans le doute, Arlathan fit subir le même traitement à l'autre.


- Voilà ! Comme ça, pas de jaloux ! Lâcha-t-il, visiblement content de lui, avant de quitter la salle de bains.

Il retourna alors dans le salon. Ne sachant que faire d'autre, il vérifia une énième fois le contenu du grand sac de voyage qu'il avait emmené avec lui et laissé dans un coin de la pièce. Sa boîte de pilules se trouvait à l'intérieur, ainsi que plusieurs doses d'elixir. Il n'en avait pas bu de la journée, préférant apparaître devant Roxas sous un visage que ce dernier reconnaîtrait. Mais sa force de jeune homme nouvellement retrouvée commençait à lui manquer. Oui, il ressentait un réel manque. Il n'y avait plus qu'à espérer que Roxas ne tarderait guère à se montrer.

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MessageSujet: Re: [Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas Mar 31 Mar 2015, 11:55


Davos et moi étions sortis. Il fallait dire que l'ambiance de la maison devenait de plus en plus pesante. Tous les abcès n'avaient pas été crevés entre nous, et la situation n'était pas toujours facile à vivre. Comme si mes erreurs et ses reproches ne suffisaient pas, la presse avait Davos dans son collimateur et il ne pouvait guère sortir, désormais. Avoir guère de nouvelles des Ombres, comme des Initiés, dorénavant, ne pouvait que davantage nous mettre à cran, et nous inciter à imaginer le pire. Il était grand temps de quitter ce domicile devenu trop confiné. Nous restions souvent là, par sécurité. La maison était d'ailleurs dotée d'un système de sécurité honorable, mais bien entendu, tout cela était vain. Prendre l'air n'était pas censé nous faire de mal, bien au contraire, mais c'était – une fois encore – sous-estimer la fatalité. Il a suffi d'un semblant de discussion, d'une amorce de conversation, pour entraîner une nouvelle dispute. Nous ne nous disputions pas violemment, et nous voulions tous deux arranger les choses, mais il était éprouvé, il s'y prenait comme un manche, et moi, je ne supportais parfois par sa vision des choses, surtout concernant les Initiés. Il y avait certaines choses que je refusais d'entendre, et surtout, mon don pour m'enfoncer davantage, dès que je réagissais, ne m'avait pas quitté. En somme, je l'ai quitté brutalement, avant de rentrer.
Nos routes se séparèrent et je ne doutai pas qu'il prendrait son temps, pour me suivre. Il paraissait clair que nous avions besoin de temps pour nous calmer et que, même si je n'aurais jamais pu imaginer une telle chose, être seuls quelques temps, ne serait-ce qu'une heure ou deux, pourrait être bénéfique. Je pris donc le chemin du retour, les nerfs à vif, et malmené par des émotions contraires. Lorsque je baissai la poignée de la porte, je réalisai que celle-ci n'était pas fermée à clé.
Aurions-nous oublié ce détail qui n'en était pas un, à une époque si peu sûre où nous étions plus en danger que d'autres ? L'appréhension s'insinua en moi, et je regrettai de ne pas avoir d'arme sur moi. Devrais-je appeler Davos, envers et contre tout ? Il me semblait que je sombrai dans la paranoïa, puisque la maison semblait silencieuse. Mais si quelque chose nous attendait là-dedans, je n'avais pas intérêt à perdre du temps. Après tout, j'étais capable de me défendre moi-même, dorénavant.
J'ouvris la porte, lentement, avant de me glisser à l'intérieur de la maison, silencieux. Je n'avais tout de même pas pu m'empêcher d'envoyer un texto à Davos du style « tu devrais vraiment rentrer ». Le mauvais pressentiment que j'avais n'allait qu'en empirant.
Sur mes gardes, j'avançai dans le couloir, afin de jeter un coup d’œil à la première pièce. Il s'agissait de la cuisine, qui était dans un piètre état. Le réfrigérateur était entrouvert, et avait été – selon toute vraisemblance – considérablement allégé. Des restes de nourriture, du vin surtout, gisaient sur le sol. Le liquide ressemblait très désagréablement à du sang. Une grande partie de la vaisselle avait été extraite des placards, et brisée. Je regardai ce chaos, partagé entre la tristesse, la colère et la méfiance. Quelqu'un s'était infiltré ici, probablement plus pour rechercher quelque chose, ou nous donner un avertissement, plutôt que pour saccager bêtement ou nous voler. Ce quelqu'un pouvait encore être présent à l'intérieur. Je m'emparai d'un couteau, discrètement, et le gardai fermement dans ma main. Je n'avais jamais été très courageux, mais j'en avais récemment tant vu, que je me sentais tout à fait capable de m'occuper de cette menace, moi-même, quel qu'en serait le prix à payer. J'en avais assez, assez que le sort continuât à s'acharner sur nous. Les sursauts de bonheur n'équilibraient plus la balance, et jusqu'où celle-ci pourrait pencher ? Il fallait que cela cesse.
Je sortis de la cuisine et me dirigeai vers le salon, qui était au cœur du rez-de-chaussée. Le spectacle que je découvris était encore moins réjouissant, dans la mesure du possible. Chacun des meubles avait été ouvert et majoritairement vidé. Les affaires traînaient ici et là, certaines en piteux état. Le canapé, les fauteuils avaient été sauvagement attaqués. Un homme était assis sur l'un d'entre eux, malgré tout.
Je ne tardai pas à reconnaître cette silhouette petite, prétendument rassurante, mais ô combien inquiétante, et ce même si je ne l'avais pas vue depuis des mois. Arlathan m'avait retrouvé. Il s'était d'abord vengé sur la maison, et il m'attendait patiemment. Je frémis à l'idée de ce qui serait arrivé si Davos avait été seul, ici. Mais rapidement, je commençai à m'inquiéter pour moi-même. Jamais Clov ne pardonnerait mes actions passées. J'avais fui, j'avais méprisé ses tentatives de contacts, j'avais trahi les Ombres... Il voulait certainement me ramener au Manoir Spencer, ou pis encore, me tuer pour elles. Je repensai à tout ce qu'il m'avait fait subir... Il avait fait de moi une expérience scientifique, et maintenant, il venait tout saccager. J'en avais assez de vivre dans la peur d'être rattrapé par mon passé, ou par ce sociopathe imprévisible. Je serrai la main autour de la poignée du couteau à pain, et je rentrai dans le salon, le regard abattu sur lui. Les immortels étaient-ils vraiment invincibles ? N'y avait-il aucune chance de les arrêter ?


Comment oses-tu venir ici, après tout ce que tu as fait ? demandai-je, en m'approchant, la pointe du couteau pointée vers sa direction. Comment oses-tu tout saccager ? Je voulais disparaître. J'aurais dû disparaître ! Je ne reviendrai jamais auprès de toi, tu entends ? dis-je, envahi par une colère calme, froide, menaçante. Et je devrais te tuer, pour tout ce que tu as fait. Les gens comme toi ne méritent pas de vivre, conclus-je, soulagé, en un sens, de lui dire enfin tout ce que je pensais à son égard.

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MessageSujet: Re: [Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas Jeu 16 Avr 2015, 00:59

Un petit singe, un poisson, un chien. Un petit singe, un poisson, un chien... Voilà à peu de choses près à quoi se résumaient les pensées d'Arlathan au moment où Roxas se décida à entrer dans la pièce. Les volets étant restés clos, l'éclairage, dans le salon, laissait à désirer. Le visage plongé dans la pénombre, le vieux mutant paraissait plus inquiétant que de coutume, lui qui affichait habituellement un air avenant.

- Comment oses-tu venir ici, après tout ce que tu as fait ? S'écria Baldwin, plombant l'ambiance d'entrée de jeu.

Comme Clov aurait pu s'en douter, les heureuses retrouvailles n'étaient pas au rendez-vous. Sauf qu'à s'énerver de la sorte, Rafael lui piquait son rôle ! Diantre ! Roxas oubliait qui avait abandonné l'autre ou quoi ? Arlathan ne pipa mot. Une lueur passa néanmoins dans son regard lorsqu'il aperçut le couteau que tenait fermement son ancien colocataire.


- Comment oses-tu tout saccager ? Je voulais disparaître. J'aurais dû disparaître ! Je ne reviendrai jamais auprès de toi, tu entends ? Continua de s'époumoner Baldwin.

Et blablabla... Il ne s'arrêtait donc jamais de geindre, celui-là ! Objectivement, ce garçon était exaspérant. Franchement, à l'entendre se plaindre à longueur de journée, on aurait dit que tous les maux de l'univers s'étaient abattus sur lui ! Croyait-il être le seul à avoir des problèmes ? Eh bien, non !


- Et je devrais te tuer, pour tout ce que tu as fait. Les gens comme toi ne méritent pas de vivre, conclut enfin Roxas, sur un ton glacial et méprisant.

La menace, explicite, laissa Arlathan de marbre. Du haut de ses trois mille et quelques années, il en fallait plus pour l'émouvoir. Très calmement, Rayleigh se leva du fauteuil. Il réduisit ensuite lentement la distance qui le séparait de son interlocuteur. Le mouvement fut rapide. Clov saisit le bras armé de Rafael à deux mains et, sans un mot, il aida Roxas à mettre sa menace à exécution. La lame s'enfonça dans le ventre du vieux mutant qui, en dépit de la douleur éprouvée, se maintint debout, droit comme un « i ». Desserrant son emprise, il laissa ensuite Roxas se libérer et reculer de quelques pas.


- Nombreux sont les vivants qui méritent la mort et les morts qui méritent la vie. Mais ce n'est pas à toi, ni à moi d'en décider, lâcha-t-il, le regard brûlant.

Alors qu'il prononçait ces mots, son apparence changea. Sa peau prit une teinte grisâtre et la chair qui enrobait son visage se dessécha. Ses traits devinrent plus durs, craquelés et comme taillés à la serpe. Ses yeux, dont la couleur et la brillance devinrent surnaturelles, projetèrent un froid hivernal dans le salon. Arlathan retira alors calmement le couteau qui lui meurtrissait toujours le ventre. La lame, maculée de sang séché et coagulé, échoua par terre. Le monstre ricana.


- Que sais-tu réellement des gens comme moi ? Demanda-t-il, d'une voix d'outre-tombe. Bien peu de choses, j'en ai peur. Je suis Âr-Lath'an, fils de Senbi. Et tu as voulu faire de moi un ennemi. Est-ce bien raisonnable, Rafael ?

La transformation inverse se produisit alors, sous le regard médusé de Baldwin. Rares étaient les personnes à avoir eu l'opportunité de contempler Arlathan sous son vrai visage. La plupart étaient mortes peu de temps après d'ailleurs.

- Tu m'as abandonné, ajouta-t-il, sa voix humaine retrouvée, tout en glissant furtivement sa main droite dans sa poche. Maintenant... Je vais t'étriper.

Et avec une célérité impressionnante pour son âge, Rayleigh frappa Roxas à l'estomac, à l'aide d'un poing américain qu'il dissimulait dans la poche de sa veste. Il réitéra l'expérience jusqu'à le mettre à terre. Il s'agenouilla alors près de Roxas puis obligea celui-ci à le regarder dans les yeux en l’agrippant par les cheveux.

- ♪ J'ai un joli petit lot de noix de coco, dibidibidibi qui se suivent comme des numéros, des grosses, des maigres, toutes à la file indienne... ♫ Lui chanta-t-il à l'oreille.

Il se pencha ensuite davantage, histoire de montrer à Baldwin la rose blanche artificielle qui était épinglée à la poche avant de sa veste.


- Est-ce que tu veux sentir ma petite fleur ? Demanda-t-il, avec un sourire éclatant.

Arlathan n'attendit pas d'avoir la réponse. Il utilisa sa main gauche pour enclencher le mécanisme. Un jet d'acide s'échappa alors soudainement de ladite fleur, brûlant Roxas au visage. Le réservoir du micro-dispositif se vida néanmoins rapidement.


- As-tu vu ma petite fleur ? L'as-tu vue ? S'exclama-t-il, d'un air à la fois furieux et jovial.

On aurait dit qu'il était heureux de laisser exploser sa rage. Il avait l'air d'un dément, d'un fou dangereux fraîchement réchappé de l'asile. Bref, il était pleinement lui-même.


- Attends, attends, attends ! J'en ai encore ! J'ai prévu le coup, t'inquiète ! Rassura-t-il Roxas, bien que ce dernier semblait avoir eu sa dose.

Tout en ayant du mal à s'entendre penser, avec le boucan que faisait Baldwin, Rayleigh extirpa de son sac de voyage une bouteille d'acide extrêmement concentré. Après l'avoir récupérée, il courut rejoindre Roxas et... Il se prit les pieds dans l'un des objets qu'il avait lui-même fait tomber par terre lorsqu'il avait foutu le bordel dans le salon ! Bim, bam, boum ! La bouteille d'acide se fracassa sur la jambe de Rafael, juste en-dessous du genou.


- Oh, la boulette ! Lâcha-t-il, alors que les cris de Baldwin redoublaient de vigueur. J'ai fait la boulette.

Réfléchissant vite, Arlathan rejoignit avec hâte la cuisine. Balayant le désordre environnant d'un regard, il saisit au vol le couteau qui lui parut le plus adapté et repartit illico-presto auprès de Roxas.

- Il faut la couper, j'en ai peur. Annonça-t-il, l'air désolé.

Et, infatigable, il se rua à nouveau sur Roxas. Après avoir pris le soin d'écraser la tête de Baldwin contre le sol, histoire de le calmer un peu, Rayleigh immobilisa la jambe blessée entre les siennes et... Et il commença à couper. Sauf que le couteau en question n'était qu'un couteau à pain ! Malgré la difficulté de la tâche et les hurlements de sa victime, Arlathan tint bon. Il persista, ravageant la chair brûlée de Rafael, faisant gicler le sang, tapissant le sol de morceaux de peau ensanglantés. Et tout en charcutant le malheureux Rafael, il se remit à chanter, taillant, coupant, au rythme de la chansonnette.


♪ On pioche pic pac, pic pac, pic pac,
Dans la mine, le jour entier,
Piocher pic pac, pic pac, pic pac,
Notre jeu préféré. ♫

♪ Pas bien malins d'être riches enfin
Si l'on pioche pic pac
Dans la terre ou dans la roche,
Dans la mine, dans la mine...
Dans la mine, dans la mine...
Où un monde de diamants brille ! ♫

♪ On pioche pic pac, pic pac, pic pac,
Du matin jusqu'au soir.
On pioche pic pac, pic pac, pic pac,
Tout ce que l'on peut voir. ♫

♪ On pioche les diamants par monceaux,
Et les sacs de rubis par quintaux,
Pour nous sans valeur sont ces trésors,
On pioche pic pac, pic pac. ♫

La quintessence de la folie venait semblait-il de se personnifier en cet être. Oyo ?

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MessageSujet: Re: [Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas Lun 20 Avr 2015, 17:51


Davos marchait, fort heureusement, dans le quartier, et n'était donc pas très éloigné de sa maison. La dispute tournait encore cependant dans sa tête, quand il reçut le message de Rafael sur son téléphone. Le sms eut du moins le don de l'extraire de ses pensées. Ce n'était probablement pas un signe de réconciliation, car en le lisant, il ne peut s'empêcher d'avoir un mauvais pressentiment. Même si cela avait été nécessaire cette fois, il ne devrait jamais laisser Rafael seul. C'était toujours au moment où il baissait sa garde, pour n'importe quoi, que quelque chose arrivait. Il priait seulement pour que ce ne soit pas quelque chose de grave, de vraiment grave. Etrange, la nuance qu'on pouvait donner à ce simple mot, de l'anodin au mortel. De l'incident à l'accident. Son cœur se serrant, l'ancien marin fit demi-tour et pressa le pas pour rentrer jusque chez lui. Intérieurement, bien sûr, il devait plus prier pour l'incident qu'autre chose....mais si les prières d'un non-croyant étaient exaucées, ça se saurait.

La porte d'entrée laissée ouverte était déjà un mauvais signe. Pire encore, les cris qui résonnaient – et qu'il identifia comme ceux de Rafael – ainsi que le vague écho d'une chanson ridicule, eurent raison du mauvais sang qui lui tournait dans les veines depuis le sms. Seaworth se précipita à l'intérieur sans davantage préméditer son entrée, même si il y avait déjà un degré en moins dans la baraque, du fait de son pouvoir. Ces derniers temps, la moindre saute d'humeur déréglait le thermomètre, ce qui n'était pas non plus forcément bon signe.

Rien ne l'avait préparé à ce qu'il avait sous les yeux. Il eut un premier tressaillement de cœur (vite remplacé par un autre, plus fort) quand il vit que la maison était sens dessus dessous, cette précieuse maison qu'il avait depuis une vingtaine d'années et qui comportait au final beaucoup de traces de toute sa vie. C'était dans un état à la limite (vite franchie) du réparable. Entre les fauteuils éventrés, les multiples objets et meubles par terre, partout. C'était un désastre, mais le pire – il lui avait fallu juste une seconde ou deux pour prendre conscience de l'état du salon – était bien la lutte inégale entre les deux hommes au milieu de la pièce. Le sang et les parcelles de peau par terre auraient sans doute retourné l'estomac à plus d'un, comme les cris de Rafael. Sans compter cette foutue odeur de brûlé qu'il ne parvenait pas à identifier clairement. Et cette chanson immonde qui contrastait avec le travail sanglant en cours.

Le marin eut le cœur qui descendait un peu dans la poitrine, sous le coup d'un sacré choc, d'abord devant ce que subissait son amant, les blessures à la jambe et au visage, mais aussi en reconnaissant l'identité de l'agresseur. Peut-être n'en avait-il jamais parlé à Rafael, mais même si les deux mutants n'avaient jamais fait connaissance approfondie, ils n'étaient pas pour autant des étrangers l'un à l'autre. Et si jusque-là, rien de terrible n'avait penché la balance dans le côté ennemi, c'en était fini. Bon dieu, si c'était un cauchemar, il allait falloir que ça se termine, et vite. Il ne fallut qu'une poignée de secondes pour que Davos diminue la distance le séparant d'Arlathan, à grandes enjambées, le saisissant au col. Le marin n'était pas entièrement idiot, il savait très bien que cet homme était plus âgé qu'il n'y paraissait et avait sans doute davantage de pouvoirs que lui. Comme un certain Benedict déjà affronté auparavant. Et il avait encore des séquelles de cette rencontre, ce qui n'était pas rien. Et il ne tolérerait pas le traitement qu'on venait d'infliger à Rafael. Le regard de Davos n'avait plus rien d'aimable, de chaleureux ou quoique ce soit d'indulgent : c'était l'argent métallique, dur et froid, rien d'autre, le même métal que celui dont on faisait les armes. Peut-être bien qu'il avait un côté sombre, après tout. Arlathan lui paraissait bel et bien comme un fou, sauf qu'il n'aurait nulle compassion pour une folie aussi proche de la psychose.

D'ailleurs, Davos ne parlait pas à un seul instant, ce qui était également très mauvais signe. Il plaqua Arlathan contre le mur, tordant la main qui tenait le couteau à pain afin de l'obliger à relâcher l'arme. Les yeux du marin étaient fixés dans ceux du mutant, sans la moindre trace de patience, de pitié ou d'autre sentiment qu'on trouvait généralement chez l'ancien contrebandier. Il fallait certes bien qu'un jour il cessât de faire preuve de gentillesse, si elle n'amenait à rien. Il décocha un, puis deux coups de poing au visage de l'Externel, de toutes ses forces, dans un concentré de haine et de colère à la fois. Il ne s'arrêta pas là, cependant, il ne se ferait pas prendre au piège comme lors de l'attaque de l'Église du Crépuscule. De sa main qui tenait Arlathan au collet, commença à monter une glace presque fine tout d'abord, qui se consolida néanmoins avec assurance et rapidité, se répandant sur la peau et les traits de l'ennemi. Et comme la colère de Davos était totalement palpable, intérieurement, le sang d'Arlathan était également en train de geler, ce qui devait provoquer une souffrance particulière. Cette fois, il ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin, pas avant que ce monstre de folie ne soit stoppé...définitivement, peut-être.


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MessageSujet: Re: [Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas Mar 21 Avr 2015, 11:18


[Âmes sensibles, s'abstenir.]

Il est vrai que Clov avait l'air tout sauf amical. Le visage plongé dans la pénombre, il était calmement assis au milieu de ce décor de désolation, crée par ses propres soins. On aurait dit qu'un vrai psychopathe s'était infiltré dans la maison... Mais après tout, même s'il ne semblait doté que d'une douce folie, la plupart du temps, et ce parce qu'il taisait son passé, j'étais à peu près certain qu'il avait commis des actes innommables. J'étais conscient qu'il était capable du pire, puisque dans son esprit tordu, je n'avais pas fui une prison, mais j'avais abandonné un ami... Au reste, je l'ai tout de même accueilli avec toute la rancune que j'avais accumulée, ces derniers mois, ou même ces dernières années. Vivre dans le manoir Spencer n'avait pas été une partie de plaisir, et il avait commis le pire, en faisant de moi l'un de ses monstres de foire.
Brandir un couteau de cuisine devant Clov n'était pas foncièrement une bonne idée. Il aurait été plus judicieux d'attendre l'arrivée de Davos, que j'avais contacté, malgré notre récente dispute. Il aurait même été plus intelligent de tenter d'utiliser ces pouvoirs qu'il m'avait donnés, à mon insu. Mais enfin, je rechignais à l'idée de trop attendre de la part d'un homme avec lequel j'étais en froid, et j'éprouvai par ailleurs quelque honte à montrer à Clov le fruit de ses expériences.
Celui-ci n'aurait pas pu choisir un pire moment pour revenir, mais après tout, peut-être était-ce volontaire. Le dicton disait qu'un malheur n'arrivait jamais seul, mais qu'ils venaient en bataillons. L'existence m'avait montré que c'était véridique. Je dis enfin à Clov un peu de tout ce que j'avais sur le cœur, mais c'était à se demander s'il était attentif. S'il semblait si distrait, pourquoi avait-il pris la peine de venir jusqu'ici, pour tout saccager ? J'eus un léger frisson en imaginant qu'il n'était vraiment pas venu pour discuter. Cet homme était imprévisible, capable de tout et n'importe quoi. Il m'avait pendant longtemps fait des avances, même si j'avais été incapable de savoir si elles étaient sincères ou simplement moqueuses. Et s'il était venu passer à l'acte ? Il avait de toute façon bien d'autres façons possibles de se venger...
Un peu préoccupé par ces noires pensées, ainsi que par l'appréhension, je fus pris au dépourvu lorsqu'il se releva prestement du fauteuil, pour s'emparer de mon bras armé. Pour autant, il ne déroba pas le couteau, et ne chercha pas non plus à m'attaquer. Il plongea la lame, avec force, dans son propre corps. J'observai la scène, le teint blême, sans comprendre grand chose à un tel acte. Je reculai de quelques pas, dès qu'il me le permit. Voyant qu'il était presque resté insensible à cet acte, je réalisai pleinement combien il était inhumain, et la peur redoubla en moi. Que pouvais-je faire, seul, face à ce mutant ?

« Nombreux sont les vivants qui méritent la mort et les morts qui méritent la vie. Mais ce n'est pas à toi, ni à moi d'en décider. » déclara-t-il.

Je fronçai les sourcils, songeant que cette réplique m'était familière. Le moment était-il bien choisi pour citer quelque film fantastique ? Malheureusement, ce peu de sérieux ne le rendit pas moins intimidant. En effet, il avait toujours un couteau plongé dans le ventre, et son regard n'avait rien de rieur. Que devais-je comprendre par cette phrase ? Il dénonçait mon arrogance, certes, mais s'il écoutait lui-même cette citation, il n'avait donc aucun droit sur moi. Qu'était-il donc venu chercher ici ? Je fus rapidement extrait de mes pensées, par la métamorphose qui suivit ; encore qu'il était à se demander s'il ne s'agissait pas de sa véritable apparence, en réalité.
Je reculai encore d'un pas, puis restai immobile, paralysé par l'appréhension, la surprise ainsi que le froid qui s'était répandu dans la pièce. Un mort qui marchait me faisait face dans le salon. La bonhomie d'Arlathan avait disparu, pour laisser place à un être fait d'os, au tempérament d'acier. Des résidus de peau séchée demeuraient, ici et là, mais dans l'ensemble, il avait l'air de la Mort personnifiée, qui avait simplement égaré sa grande faucheuse en chemin. Je restai pâle, immobile, silencieux, fortement impressionné et intimidé par cette apparition. Jamais je n'avais imaginé à quel point il pouvait être grandiose dans l'horreur. Il était terrible, ainsi. Les os de son faciès, aigus au point de sembler aiguisés lui donnaient un air sévère et menaçant. Son regard était tout ce qui semblait vivre, en lui ; un regard bleu comme l'acier, et vibrant d'une lueur étrange, de mauvais augure.
La créature qui se trouvait en face de moi retira le couteau sans éprouver aucune douleur. Je remarquai que le sang était déjà séché sur la lame... Il n'y avait donc rien que je pouvais faire contre mon adversaire. La lame tomba à terre, tandis que je perdais le peu d'espoirs qui me restaient. Le couteau gisait, entouré de livres détruits, de bouteilles contenant des navires brisées, ainsi que d'autres objets de la demeure souillés. La température avait baissé si vite qu'un fin verglas avait recouvert les murs et les objets, ici et là. Et pourtant, cette glace n'était rien comparée à celle qui s'était infiltrée dans mes veines.

« Que sais-tu réellement des gens comme moi ? Bien peu de choses, j'en ai peur. Je suis Âr-Lath'an, fils de Senbi. Et tu as voulu faire de moi un ennemi. Est-ce bien raisonnable, Rafael ? » demanda-t-il, d'une voix que je ne connaissais pas.

Je restai là, incapable de réagir. Mon regard avait louché, une fois, vers le couteau, mais il était hors d'atteinte, et à quoi cela servirait-il de le poignarder, de toute façon ? Je réalisai que malgré mes craintes, j'avais sous-estimé Arlathan. J'avais mis en colère et trahi la mauvaise personne, cette fois-ci. Je ne doutai pas que j'allais le payer cher. Devais-je le supplier et tout accepter, pour autant ? Je ne voulais pas lui faire ce plaisir, ni retourner avec lui, si tant est qu'il le voulût. J'aurais dû tenter d'utiliser mes capacités, mais la peur que je ressentais ne m'aidait pas à contrôler quoi que ce soit. La métamorphose semblait plutôt surgir lorsque j'étais en colère, comme si nous étions dans l'un de ces fichus comics. Je ne répondis rien. Ses questions étaient rhétoriques et je me contentai d'attendre une suite, qui allait sans doute me déplaire. Que n'aurais-je pas donné pour que quelqu'un arrivât, en cet instant précis ? Mais Davos, ou un autre, aurait-il pu venir à bout d'Arlathan ?
Le froid se dissipa légèrement lorsqu'il retrouva un visage humain. Je respirai un peu mieux, tout en me doutant que je n'étais pas au bout de mes peines. Cet homme était simplement terrifiant.

« Tu m'as abandonné. Maintenant... Je vais t'étriper. » ajouta-t-il, tandis que je réfléchissais à un moyen de le neutraliser, ou de m'enfuir.

Je n'eus guère le temps d'être ému par cette menace, puisqu'il me fallut encaisser un coup de poing d'une force insoupçonnée. Et pour cause, le scélérat s'était armé d'un poing américain. Ce genre de choses, ça vous coupait ni plus ni moins le souffle. Malgré sa petite taille, il avait de l'expérience et il m'avait pris au dépourvu. Ne disait-on pas que les petits chiens étaient les plus hargneux ? Comme un caniche qui refuserait de lâcher prise après avoir mordu sa proie, il m'asséna plusieurs coups, dans le but de me faire chuter au sol, et de m'y maintenir. Il serait faux de prétendre que je n'avais pas cherché à m'esquiver ou à le combattre, mais tout s'était passé si vite, en réalité...
Malgré quelques zones endolories et le sang que je sentais sur mon visage, je n'étais pas prêt à m'avouer vaincu. Il n'était ni le premier, ni le dernier, à vouloir me corriger de la sorte. Le vieil homme s'agenouilla auprès de moi et me força à le regarder, en m'attrapant sans ménagement par les cheveux. Et il chanta. Le pauvre fou chanta une mélodie pour enfants. Il était si irrationnel qu'il n'avait pas fini de me surprendre.
Je lui ai craché au visage.
Cependant, cet acte hostile ne l'affecta pas plus que cela. Il semblait vouloir attirer mon attention sur la rose artificielle qui était épinglée sur sa veste. Qu'est-ce qui lui passait encore par la tête ? Je ne sus pas quoi penser de la mine tout à coup réjouie d'Arlathan, tandis qu'il me proposait de sentir le parfum de sa fleur. Avait-il une absence ? Cela faisait en réalité partie de son plan fou et sadique. Il enclencha le mécanisme de ce gadget infernal, et un liquide fut éjecté du centre de la rose. Je sentis aussitôt qu'il m'avait craché de l'acide au visage, et je tentai de me débattre, vainement, comme si la fuite aurait mis fin aux brûlures. Mais la main d'Alathan était de tenaille et la douleur m'affaiblissait, au fur et à mesure que je sentais l'acide dévorer ma peau. Il s'agissait d'une dose insuffisante pour couvrir une zone trop importante, ou pour s'avérer trop destructrice, mais rien ne pouvait arrêter l'acide. Plus le produit restait sur ma peau, plus je le sentais faire des ravages, tout en se frayant un chemin dans ma chair à l'aide d'une douleur fulgurante et aiguë. J'étais loin de me demander à quoi je ressemblais ou si mon récent facteur guérisseur aurait raison de ces blessures ; j'étais trop occupé à tenter de ne pas céder totalement à la douleur. Arlathan me posait des questions mais c'était tout juste si j'en avais conscience, trop occupé à gémir à cause de ce qu'il m'avait infligé, tout en m'efforçant de ne pas crier. Et pourtant, j'entrevoyais qu'il avait ni plus ni moins l'air d'un dément. Maintenant que ses masques étaient tombés, il apparaissait comme l'animal, le démon qu'il était, et sans doute ne connaissait-il aucune limite.

« Attends, attends, attends ! J'en ai encore ! J'ai prévu le coup, t'inquiète ! » s'exclama-t-il alors, comme s'il parlait d'un sirop.

Cette fois-ci, un véritable élan de panique s'empara de moi, et cela me donna paradoxalement la force de recouvrer mes esprits. Je devais tenter tout et n'importe quoi, pour l'empêcher de « s'amuser » plus longtemps. Alors qu'il s'éloignait un peu, pour aller farfouiller dans son sac, je commençai à me redresser, encore étourdi et endolori par ce qui venait de se passer. Il fallait faire n'importe quoi pour échapper de cet enfer, ou pour neutraliser ce fou.
Je ne m'étais cependant pas redressé, que je sentis une douleur fulgurante au niveau de la jambe, accompagné d'un grand fracas. Le phénomène était si soudain et si brutal, qu'il me fallut une seconde ou deux pour réaliser qu'il avait renversé – intentionnellement ou non – une bouteille pleine d'acide, en dessous de mon genou droit. Des morceaux de verre gisaient ici et là, mais le plus gros de l'acide avait glissé sur ma jambe. Cette fois, je ne parvins pas à contenir ma douleur. J'avais comme l'impression que ma jambe brûlait vive, tandis qu'elle était piquée par des lames aiguisées, ici et là, cherchant à creuser toujours plus loin dans la chair. Ce n'était certainement pas beau à voir, mais j'étais comme aveuglé par la douleur.
Je réalisai à peine que Clov s'était absenté un instant, pour aller chercher un autre couteau. Je finis malgré tout par comprendre ses intentions et je reculai, l'air misérable, dans l'espoir vain et futile d'établir une distance suffisante entre lui et moi. Mais force était de constater que le moindre mouvement était un supplice. J'aurais donné n'importe quoi pour de l'eau, ou pour que cette scène dantesque prît fin. Mais l'intrus n'en avait pas eu assez.
Il m’assomma un peu avant de se pencher sur moi, paralysant la jambe endolorie. Je refuse simplement d'écrire ce que j'ai ressenti, au moment où j'ai compris qu'il m'immobilisait pour commettre une horreur pire encore. Je venais de comprendre que personne ne me sortirait de ce supplice, et que même si j'en sortais vivant, plus rien ne serait sans doute pareil. Si Clov avait prévu de l'acide et une amputation, je ne voulais pas imaginer ce qu'il avait pu programmer d'autre, pour la suite. C'était une punition peut-être méritée pour tout ce que j'avais accompli, auparavant, mais néanmoins bien cruelle. La douleur a été telle que je l'ai comme occultée de ma mémoire. Même si je le voulais, je ne pourrais associer aucun mot à cet instant. Je n'arrivais pas à me débattre. Je ne parvenais même pas à perdre connaissance. J'étais obligé d'assister à cette folie destructrice. J'étais obligé de voir mon propre sang gicler, ici et là. C'était comme un rêve dont les images étaient bien floues, et dont je n'étais que spectateur, puisque j'étais impuissant. Et pourtant, je ressentais parfaitement cette douleur que je pensais impossible, jusqu'à présent.
Il se servait de la lame tantôt comme une hache, tantôt comme une scie. Il parvenait à me délester d'un peu de chair, mais quel espoir avait-il de parvenir à ses fins, avec un simple couteau à pain ? Il aurait fallu des heures pour y parvenir, mais quelque chose me disait qu'il serait capable de faire preuve d'autant de patience. Je peinais à rester conscient, sans pour autant m'évanouir. J'étais coincé dans un entre-deux infâme. Ce qui me parvenait de la façon la plus limpide, c'était la chanson qu'il clamait, tout en continuant son ouvrage. C'était encore une mélodie pour enfants, chantée gaiement, alors que je priai pour que cet instant prît fin, de n'importe quelle façon.
Lorsque la lame du couteau atteignit le tibia, je fus pris de nausées, tout en restant incapable de le repousser.

Et tout à coup, la chanson et les coups prirent fin. Je ne parvins pas à éprouver le moindre soulagement, tant la douleur était insoutenable, mais au moins cessait-elle d'augmenter. J'avais vraiment cru que j'allais devenir fou. Dans ma tourmente, je n'avais pas remarqué l'intrusion d'une troisième personne dans la maison, ni la chute de la température. Et pourtant, Davos était bel et bien revenu.
Je me redressai péniblement, sans parvenir à une position debout, ou même assise. Bouger la jambe d'un millimètre aurait provoqué une douleur insurmontable. Même si j'étais à bout de force, et incapable d'avoir la moindre réflexion, tant j'étais crispé par la souffrance, je devais savoir ce qui était arrivé. Je levai donc les yeux vers mon sauveur, qui venait de plaquer Arlathan contre le mur. Même si j'étais incapable de ressentir autre chose qu'une douleur aiguë, je sentis mon cœur choir un peu dans ma poitrine. Une fois de plus, il venait me sauver la vie, malgré tout ce que j'avais pu lui faire subir. Mais cette fois, j'avais seulement peur pour lui. L'arme qui m'avait meurtri était désormais sur le sol. Jamais je n'aurais cru voir Davos dans un tel état. Il avait l'air d'un automate, tout comme Lannister. Il semblait même plus terrible que Stannis. L'argent de ses yeux paraissait opaque et hermétique à tout sentiment, en dehors de la colère et de la haine. Il était si furieux que sa jugulaire semblait légèrement saillante. Et je le vis asséner plusieurs coups de poing sur le visage d'Arlathan ; des coups secs, à bout portant. Et puis sa main se resserra autour du cou de Clov, tandis qu'une pellicule de glace commençait à recouvrir le corps de l'aliéné mental.
Pendant quelques secondes, je fus hypnotisé par ce tableau inouï : Davos qui basculait de l'autre côté, et pour quoi ? Pour tuer. Pour tuer l'un de mes plus anciens ennemis. Pour qui ? Pour moi. J'avais fini par briser cet homme, d'une certaine façon. Pouvais-je vraiment le laisser assassiner Clov de sang froid ? Mais pourquoi ferais-je preuve de pitié ? Mon regard vibrait d'une colère aussi sourde que celle de Davos. Arlathan méritait la mort plus que personne. Je n'interviendrais pas, même si je le pouvais. Au contraire, j'allais le regarder agoniser, puis rendre l'âme... Et ce, même si je craignais que cela soit impossible. Clov était peut-être capable de trouver un moyen de s'en tirer, voire de faire basculer la balance...
Pris d'un vertige, je détournai mon regard du duo mortel, et le posai instinctivement vers ma jambe. Je n'arrivais pas à croire ce que je voyais, mais je fus ni plus ni moins pris d'une envie de vomir. Je parvins toutefois à m'en empêcher, mais j'avais bien conscience que je ne pourrais pas supporter cette douleur beaucoup plus longtemps. D'ailleurs, je peinai de plus en plus à rester éveillé ou à avoir les idées claires. Le sang dont j'étais couvert devait fortement contraster avec la pâleur morbide de mon visage, visage qui était d'ailleurs fortement marqué par l'acide, à certains endroits. Je n'y voyais pas clair, mes yeux n'étaient peut-être pas tout à fait secs. Ma respiration devenait, elle aussi, difficile, tandis que je perdais mes forces. J'étais bien entendu victime d'hémorragies importantes au niveau de la jambe, et une flaque de sang considérable commençait à se répandre, autour de moi.
Je tentai une fois de plus – certes stupidement – de me redresser, mais je ne fis que tomber, à deux doigts de perdre connaissance.


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MessageSujet: Re: [Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas Ven 01 Mai 2015, 14:59

Toute action entraînait inévitablement des conséquences. Si Rafael Baldwin avait eu connaissance de ce qui l'attendait au bout de la route, aurait-il agi différemment ? L'homme, et particulièrement celui qui gisait aux pieds de Rayleigh, semblait prédisposé à se précipiter dans les abîmes. Pourquoi fallait-il se trouver au bord du précipice pour comprendre qu'on est allé trop loin ? Lorsque certaines limites étaient franchies, aucun retour en arrière n'était possible. Tout le monde savait cela, mais personne, et surtout pas Roxas, ne s'en souciait avant qu'il ne soit trop tard. La justice divine, le destin ou le hasard, finissaient toujours par rééquilibrer la balance. Ce jour était arrivé pour Rafael. Mais le châtiment était-il vraiment à la hauteur de ses pêchés ? Arlathan s'enfonçait davantage dans la folie à mesure que la lame du couteau se frayait un chemin dans les chairs de sa victime. L'Externel jubilait, heureux qu'il était d'assouvir l'un de ses fantasmes les plus odieux. Le mutant dévoilait son vrai visage. Rares étaient ceux à en avoir pleinement conscience ; Axel en faisait partie ; mais Arlathan était le véritable monstre de cette histoire. Ascheriit, Benedict et même Xehanort, ces trois-là avaient commis tant d'atrocités qu'il était difficile de les dénombrer. Mais ils avaient tous un but, un objectif. Si on ne pouvait pas accepter la ligne directrice qu'ils avaient choisi de suivre, ni même la tolérer, on pouvait toujours la comprendre. Clov Rayleigh était différent. Ses actes n'étaient pas aussi calculés. Ils ne répondaient qu'à des besoins ponctuels, des pulsions éphémères. Depuis toujours, l'Externel se laissait porter par le courant. Il n'obéissait qu'à ses sentiments, difficilement déchiffrables par un esprit sain. Il était fou et insaisissable. Lorsque Davos Tosca se joignit à la fête, Clov l'accueillit avec bonne humeur, parfaitement inconscient du danger que pouvait représenter pour lui le nouveau venu.

♪ Heigh-ho, on rentre du boulot ! ♫

Mais la chanson ne fut pas au goût du marin qui l'empoigna avec une force insoupçonnée, nourrie par la rage. Molesté, Rayleigh fut plaqué au mur. L'impact le sonna quelque peu.

- Tu n'oserais pas t'en prendre à un vieil homme, se plaignit-il, avec douceur et sur un ton qui respirait l'innocence.

Cela n'émut guère Davos. Resserrant son emprise sur son ennemi, Tosca le contraignit à lâcher le couteau. Puis il le martela de coups de poing. Les assauts étaient durs, violents. Rayleigh sentit son nez se casser lorsque Seaworth le frappa au visage. En sang, il ne put rien faire lorsque son adversaire commença à user de son pouvoir. Un froid mordant s'abattit sur l'Externel. La glace s'infiltra sous sa peau et gela jusqu'à son propre sang, ralentissant de ce fait la circulation de celui-ci. Le cerveau moins irrigué, Rayleigh se sentit peu à peu partir ailleurs, très loin de cette scène d'horreur. En bon scientifique, il savait que son cœur ne tarderait pas à lâcher. Impuissant à autre chose, et faisant fi de ce que cela lui en coûta en matière de souffrance, il leva lentement son bras, pointant du doigt Roxas qui agonisait derrière eux.


- Il... Il va mourir... Balbutia-t-il, non sans difficulté.

L'assertion fit mouche. Le poids de ces quelques mots, cette terrible vérité, ébranla Seaworth, qui relâcha suffisamment son attention pour offrir une fenêtre de riposte à son ennemi. Le vieil homme saisit cette opportunité, mutant pour la deuxième fois de la journée. Âr-Lath'an se servit du regain de force que lui octroyait la métamorphose pour repousser brutalement Davos.


- Tu te bas comme un lion pour cet homme, dit-il, avec sa voix de mort-vivant. Mais sais-tu vraiment qui il est ?

Il souffla, reprenant son souffle avec difficulté. Sur le qui-vive, prêt à essuyer une nouvelle attaque de Seaworth, il s'éloigna du couple et se rapprocha de son sac, qui traînait toujours sur le sol.

- Il a du sang sur les mains, et bien plus que tu le crois. Ajouta-t-il. Il s'en est pris à des familles, a trahi son propre sang et brûlé vif son filleul. En un sens, je suis plus proche de lui que tu ne le seras jamais. Car moi, j'ai accepté sa part d'ombre. Toi, tu ne fais que l'ignorer.

Ne pouvant tenir plus longtemps, la métamorphose inverse s'initia. Quelques secondes plus tard, Clov Rayleigh était de retour. Le vieil homme était d'une pâleur inquiétante, au bord de l'évanouissement. L'Externel n'était pas un guerrier de la trempe de Seaworth. En matière de force brute, leur rang mutant déséquilibrait l'affrontement.

- Tu peux me tuer. En finir ici et maintenant. Reprit-il. Mais je peux te garantir que je te ralentirai suffisamment longtemps pour t’empêcher de le sauver, lui.

Les mains levées en signe de paix, il s'agenouilla près de son sac et, délicatement, il récupéra les deux fioles d’élixir qu'il avait emporté avec lui. Tout en se relevant, il les glissa dans sa poche.

- Nous savons tous deux ce que tu vas choisir, ajouta-t-il. Aussi, je ne vais pas m'attarder.

Arlathan se dirigea lentement vers la sortie.

- L'hospitalité de cette maison laisse à désirer. Il va falloir travailler ce point, messieurs. Conclut-il, avant de passer la porte du salon et de disparaître.

Une fois dehors, Arlathan prit une profonde inspiration. Le visage en sang, il avait le nez cassé, plusieurs côtes fêlées et un goût d'inachevé dans la bouche. En sueur, d'une pâleur cadavérique, il était aussi extrêmement faible. Le traitement de choc que lui avait fait subir Seaworth ne lui avait pas réussi. Il n'avait plus la même endurance qu'autrefois. Mais s'il ne pouvait rien faire contre l'entêtement de Davos à nier certaines évidences, il pouvait au moins remédier à cela. Il avala donc une double dose de son remède, tout en songeant qu'il n'aurait jamais pensé l'utiliser de cette façon, comme un baume guérisseur. Balançant les fioles vides devant l'entrée de la maison, il s'en alla ensuite. A mesure que les minutes avançaient et qu'il s'éloignait de la demeure de Tosca, son visage reprit des couleurs. Sa démarche se fit également plus vigoureuse. Sa jeunesse pleinement retrouvée, il se mit à courir, le sourire aux lèvres.


- Je suis un papillon ! Gueula-t-il à qui pouvait bien l'entendre.

C'est ainsi qu'il disparut des environs, insouciant des ravages qu'il avait pu provoquer dans la vie des deux hommes qu'il venait de quitter.

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Who am I? Who am I? I am Arlathan!"

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MessageSujet: Re: [Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas Jeu 07 Mai 2015, 22:25



Basculait-il vraiment, Davos Seaworth ? Après tout, un homme comme lui n'avait-il pas ses propres ténèbres, comme chez tous les autres ? Il fallait seulement fouiller bien profondément pour les retrouver, plonger dans certaines périodes de son passé, ou alors toucher à ceux qu'il aimait. Et c'était là avant tout. Cet homme, contrairement à d'autres, avait de la loyauté et un profond sentiment d'appartenance. Jamais il n'aurait laissé sa famille, un ami ou un amour, souffrir, s'il pouvait l'en empêcher. De même qu'il aurait tout fait à une époque pour éviter la potence à un équipage fidèle, il ne laissait jamais tomber quelqu'un de précieux, et pouvait, en des moments aussi sombres, se révéler terrible. Il n'était pas aussi si proche de l'automate que Rafael le supposait ; pour autant, il était vrai qu'il s'abandonnait rarement à la colère. Mieux valait ne pas être dans les environs, quand c'était le cas. Ici, on touchait à la personne la plus précieuse dans sa vie ; il ne laisserait jamais passer cela, spécialement après tout ce qui avait déjà été enduré. Le cauchemar semblait n'avait jamais de fin, mais ça ne l'empêcherait pas de lutter pour qu'ils s'en sortent. Ce n'était pas une fissure qui apparaissait, c'était un extrême, car après tout, peut-être chaque humain et chaque mutant avait en lui la capacité de tuer.

Aurait-il été jusqu'à assassiner Arlathan de sang-froid ? La réponse était probablement. Davos était un homme plus prompt au pardon, qu'à la peine de mort, pour autant, il y avait pour lui quelques êtres qui ne se rachetaient jamais, et Clov venait d'entrer dans la catégorie, en frappant autant en traître l'homme qu'il aimait, en son absence, en ravageant sa maison, et en inculquant des blessures aussi horribles. Alors, pendant qu'il était pris de cette colère haineuse, il en oubliait presque Rafael aussi dangereusement blessé, étourdi et près de s'évanouir dans son sang, oubliait presque que le plus dangereux des ennemis n'était peut-être pas Arlathan, mais le temps qui s'écoulait beaucoup trop vite, surtout pour un homme en train de mourir. Seaworth entendit néanmoins Rafael tenter de se relever. Toutefois, ce fut – il fallait l'admettre – peut-être plus les paroles du mutant en face de lui, qui trouvèrent un chemin dans son crâne, au milieu de la température glaciale qu'il infligeait à cet adversaire, et des sentiments de colère qui lui fouaillaient le cœur. Ce n'était pourtant pas comme si l'ennemi n'avait pas essayé de l'accueillir avec une chanson. Ce n'était pas parce que Davos avait une barbe de Père Noël qu'il était forcément en sucre.

« Tu n'oserais pas t'en prendre à un vieil homme. » Le tout accompagné d'une doucereuse innocence aussi crédible que si Davos s'était mis à parler arabe. La rage de l'ancien marin se décupla davantage, donnant de la force à ses coups. Il sentait parfaitement quelle température il donnait au sang de Clov, et qu'un homme pouvait très bien rendre l'âme avec ce ralentissement qui était cependant bien plus insupportable que la douce mort d'un homme englouti par la neige. Cette mort-là ne ressemblait pas à un sommeil irrésistible, elle faisait suffoquer et étouffer, partir certes ailleurs, mais la douleur était là, bien douloureuse. Jusqu'à ce que les mots fatidiques résonnent.

« Il...il va mourir... »

Arlathan avait eu du mal à prononcer ses paroles, mais il l'avait fait. Cela finit par troubler Davos au milieu du chaos qu'il ressentait, et il relâcha, presque instinctivement, sa prise sur son ennemi. Se déroula alors sous ses yeux une métamorphose effrayante, comme il n'en avait jamais vu. Le visage, la peau, la silhouette de Clov se transformèrent sous ses yeux, et ce n'était plus un vieillard qui lui faisait face, mais comme un squelette qui aurait régné sur les neiges et vécu dans la glace. Si cela à certains évoquait la Mort, pour Davos, il songeait peut-être plus à une version macabre de l'authentique Reine des Neiges d'Anderson, ou bien alors de soldats, de guerriers crées par la glace et les tempêtes de neige. Curieusement, ce n'était pas si loin de son élément, mais cela le troubla justement encore davantage, puisque celui-ci puisait sa force dans les mêmes éléments que lui. Il en profita pour le repousser sans réserve, alors qu'une voix, bien différente, s'éleva. Davos, jusque-là, était resté totalement surpris, voire abasourdi, mais cette fois, les mots à la tonalité de mort, lui firent prendre conscience que cela était bel et bien réel, tragiquement réel et terrifiant.

« Tu te bats comme un lion pour cet homme. Mais sais-tu vraiment qui il est ? » Combien de gens avaient tenté de le faire douter de la légitimité de son amour pour Roxas ? Arlathan était loin d'arriver premier là-dessus. Il n'ignorait pas que son amant n'était pas une brillante âme de lumière. « Il a du sang sur les mains, et bien plus que tu le crois. Il s'en est pris à des familles, a trahi son propre sang et brûlé vif son filleul. En un sens, je suis plus proche de lui que tu ne le seras jamais. Car moi, j'ai accepté sa part d'ombre. Toi, tu ne fais que l'ignorer. »

Croyait-il pouvoir vraiment le déstabiliser à ce point ? Après tout ce temps, l'amour de Davos n'était plus à s'effondrer à une faille près. Et puis, il n'était pas blanc non plus, même s'il ne pouvait se « vanter » d'autant de méfaits que Rafael. Alors, Davos était loin d'être ravi d'apprendre de nouvelles choses sur son amant, fortement préjudiciables. Mais il était aussi lassé. Profondément lassé de toutes ces gens qui n'acceptaient pas qu'un homme puisse changer. Il n'était pas inconscient de ce que Rafael avait pu faire à Floria, Stannis, Fran, envers les Initiés même.


« Et ? » articula-t-il enfin, froidement, sur ses gardes, prêt à contrer une attaque de ce mutant plus vieux que lui, aux aspects de maître des glaces, un aspect qui n'était pas sans l'impressionner. « Crois-tu seulement qu'aucun de nous dans cette pièce n'a de sang sur ses mains ? En matière de péché, nous sommes tous coupables. »

Mais ce retournement de situation prit fin un instant après. La métamorphose ne semblait pouvoir durer plus longtemps, et ce fut de nouveau le vieil homme à l'apparence – apparence seulement – inoffensive qui revint, vacillant, et près à tomber, lui aussi. Davos avait pâli, après un coup d'oeil envers Rafael : celui-ci luttait contre l'inconscience, gisant dans son propre sang qui ne cessait de s'écouler, et cette odeur, toujours cette horrible odeur de chair brûlée, qui vous retournait le cœur.

« Tu peux me tuer. En finir ici et maintenant. Mais je peux te garantir que je te ralentirai suffisamment pour t'empêcher de le sauver, lui. » Davos n'était pas certain de cette éventualité, et quelque démon en lui mourrait d'envie d'en découdre, d'écarter une menace de plus de ce monde. Mais la véracité des paroles le frappait aussi inéluctablement, alors que Clov rassemblait certaines de ses affaires. « Nous savons tous deux qui tu vas choisir. Aussi, je ne vais pas m'attarder. »

Quelque chose passa sur le visage de Davos, comme une envie meurtrière, contrôlée certes, mais pure. C'était un mélange indistinct entre le regard dangereux d'un homme qui n'avait rien à perdre et tout à gagner, et entre un désir brûlant de vengeance. Aussi prononça-t-il des mots qu'il n'aurait jamais cru dire.

« Je jure de te retrouver plus tard. Et je ne crois pas que la peur incessante de perdre la vie, la douleur, soient le pire à venir, mais la mort, et uniquement la mort, et c'est le cas. »

Le regard argent de Davos ne cessait de brûler avec froideur. Mais il ne répondit rien à la dernière phrase de salutation d'Arlathan, ou sur son ironie plombante. Il eut un geste vers lui, un seul, auquel il finit par renoncer, bouillant. Il le laissa partir, mais il savait que ce n'était que partie remise, en tout cas, il se le promettait. Honnêtement, la mort était le pire. Bien entendu. Et ce fut pourquoi, une fois que Clov eut franchi le seuil, il se retourna aussi vivement vers Rafael, se précipitant à ses côtés. Il prit à peine quelques secondes pour examiner la situation : le sang s'écoulait de plus en plus, Rafael était brûlé tant au visage qu'à la jambe, et celle-ci était dans un piètre état, achevée par le découpage morbide d'Arlathan. Le sang s'écoulait trop vite, il était pâle, d'une pâleur de mort, et la respiration ne valait pas mieux. Pendant une brève seconde, Davos se maudit de ne pas avoir de don de guérisseur, mais que pouvait-il faire ? Il ne songeait pas encore que rien ne serait pareil après cela. Il y avait trop d'adrénaline en lui pour réaliser cela, et puis il était d'un tempérament optimiste. En revanche, s'il ne se doutait pas des séquelles à venir, il savait combien la situation était grave. La flaque de sang ne cessait de grandir, et son effroi, aussi. Rafael luttait pour ne pas finir inconscient, et sa pâleur était plus qu'affolante.

« Tiens bon, je t'en prie, Rafael, tiens bon, je suis là... »

Des mots stupides certes, mais en prononce-t-on d'autres dans ce genre de situation ? Il serrait doucement la main de Rafael, une autre façon de l'aider à maintenir conscience en plus de lui parler, et de l'autre, il sortait son portable, pour composer frénétiquement le numéro des urgences, expliquer la situation, leur sommer de faire au plus vite qu'il pouvait. Une fois cela fait, il hésita, encore une fraction de seconde, mais c'était la vie de Rafael qui en dépendait, peu importait les quelques coups qu'il avait reçus. Arlathan parti, c'était de lui dont il devait s'occuper – s'il ne voulait pas qu'il meure, comme le lui avait signalé ce fou absolu. Aussi, même s'il ne savait pas si c'était la meilleure chose à faire – mais il ne pouvait rester sans agir – son premier réflexe fut de verser, extrêmement délicatement, de l'eau sur le visage de Rafael, ainsi que sa jambe. Au moins pourrait-il faire couler et évacuer une partie de l'acide, ainsi. Quant à l'hémorragie, il n'avait d'autre choix, à nouveau, il utilisa la glace pour bloquer en partie le flux sanguin, et insensibiliser en partie l'atroce douleur que ressentait son amant. Et ce tout, en continuant à lui parler.

« Ils vont arriver, tiens jusque-là, Arlathan est parti, je te jure que tu vas t'en sortir, je ferai tout pour... »

Hélas, même si les sirènes de voitures ne tarderaient pas à se faire entendre, il était certain que la suite serait loin d'être facile. Des médecins inconscients qui refuseraient que Davos donne son sang – du statut d'homosexuel – pour l'aider à guérir et renforcer le facteur régénérant du gène X, et qui prendraient de trop importantes décisions sans le consulter. Clov avait bien fait son travail et devait sourire, lui qui se remettrait visiblement sans peine de l'agression : les séquelles de ce soir seraient définitives.


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MessageSujet: Re: [Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas Dim 10 Mai 2015, 13:14


Si on m'avait dit que ce psychopathe avait la prétention de croire qu'il était le glaive de quelque justice divine, je pense que j'aurais pu en rire, malgré l'état lamentable dans lequel je me trouvais. J'étais prédisposé à croire aux notions de fatalité mais je ne pensais pas une seconde que ce mutant ait pu avoir quoique ce soit de noble. Il n'était qu'un fou malsain qui avait le prétexte suffisant pour venir assouvir ses pulsions morbides sur moi. Malgré tous mes efforts, je n'avais jamais compris un esprit tel que le sien. Je n'avais jamais bien su quels étaient ses sentiments ou ses intentions, me concernant. Je suppose que cela changeait au fil des jours, au même titre que son humeur. Je n'ai été qu'un objet expérimental, pour lui, après tout. Il n'avait aucune conscience du mal qu'il pouvait provoquer autour de lui, de même qu'il n'avait pas de notion du danger. Malgré l'air franchement glacial et hostile affiché par Davos, Clov trouvait encore le moyen de chanter ou de lui envoyer des répliques qui volaient sous terre.
Néanmoins, lorsqu'il rappela à Davos que j'étais sans doute sur le point de mourir, sans doute ne se trompait-il pas. Je dois avouer que je retranscris la scène sans vraiment me souvenir de tout, et en évitant de rappeler la souffrance qui me clouait sur place, et m'empêchait de saisir véritablement ce qui se passait autour de moi. La douleur et mes tentatives pour rester éveillé ou respirer convenablement accaparaient le peu d'énergie qu'il me restait. Je voyais trouble et je voulais simplement que cet instant cessât, d'une façon ou d'une autre. Je craignais le pire pour Davos...
Je ne me souviens pas exactement de ce que Clov lui a dit, pour tenter de le retourner contre moi, mais je me rappelle le froid qui a de nouveau englobé l'atmosphère, tandis qu'il se transformait – pour la seconde fois – en mort surgi des tempêtes. Cela suffit au vieux mutant pour prendre ses distances. Je ne me rappelle pas plus de l'avoir vu partir... J'ai simplement dû le déduire, puisque Davos était revenu vers moi. Au moins avait-il pris le dessus sur Arlathan et l'avait-il fait fuir... Il avait réussi là où j'avais échoué...
Je sentais tout autant que Davos l'odeur de chair brûlée et surtout celle du sang, qui prouvait que celui-ci continuait à se répandre, inlassablement. Il symbolisait un peu cette vie qui me quittait progressivement. Je me doutai que je ne devais pas ressembler à grand chose, et j'aurais presque voulu que Davos se détournât, pour ne pas assister à cela. Mais je savais qu'il ne le ferait pas... Et par dessus tout, j'avais besoin de lui. Les mots qu'il prononçait pour me rassurer étaient simples, mais je n'avais pas franchement besoin de poésie ou d'originalité en ce moment précis, d'autant que je n'en saisissais très bien que la moitié. Je me contentai de serrer sa main, tandis qu'il appelait les urgences. Envers et contre tout, cette situation avait toujours un accent irréaliste.
Contrairement à ce que faisaient croire les films ou les romans, ce genre de catastrophes ne se déroulaient pas forcément à vitesse grand v, avec des gens tant en état de choc qu'ils s'évanouissaient ou devenaient hystériques. Certes, la notion de temps devenait relative, mais il ne passait pas si vite. On était inquiets, bouleversés, on se découvrait des facettes inconnues, jusqu'à présent. On dégustait presque chaque seconde de ces instants sordides qui nous marquaient à jamais. Et peut-être était-ce pire, en réalité, pour le témoin, pour celui qui devait réagir, que pour la victime, qui n'avait qu'une vague idée de ce qu'il se passait. C'était le genre de scène qu'on oublierait jamais. Il suffirait qu'une image soit trop écarlate ou que même un enfant brandisse un couteau devant nous, pour qu'on y pense infailliblement.
Davos tentait de m'aider comme il le pouvait. Il était impossible d'attendre les urgences, sans rien faire. Il ramena de l'eau pour tenter de stopper le labourage de l'acide, et pour soulager mes plaies. Et la souffrance devint effectivement moins terrible. Je me doutai que l'eau n'avait pas causé ce miracle, mais Davos. Si je n'avais pas su qu'il maîtrisait la glace, j'aurais cru que cet engourdissement n'était que le signe que je m'en allais effectivement ailleurs.
Je me calmai un peu, l'observant simplement avec une affection parcourue de tristesse, tandis qu'il continuait à me parler. Il essayait de me sauver la vie, une fois de plus, et même s'il n'y parvenait pas, au moins, j'étais à ses côtés... C'était tout ce qui comptait, à l'heure actuelle.
Et puis le noir total.


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MessageSujet: Re: [Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas Lun 11 Mai 2015, 19:22



Jamais le temps ne s'était écoulé aussi longuement, pour Davos. Tout cela n'arrivait pas vite, bien au contraire ; tout se passait avec une lenteur atroce, et peut-être la sentait-il davantage parce que son élément était la glace, ce gel qui frise tout, même le temps qui s'écoule. L'angoisse, et surtout cette attente, lui étreignaient autant le cœur que l'âme. Il avait certes empêché que davantage de sang ne s'écoule, mais il savait qu'il y avait aussi un danger à paralyser par le froid, la peau de quelqu'un. Il ne pouvait se permettre de le faire trop longtemps. Tout comme il savait que juste de l'eau, ne pourrait guérir la moindre blessure due à de l'acide. Ou rendre ses traits à Rafael...pourtant, il ne se détournait pas. Il n'était pas certain qu'il puisse prétendre avoir vu d'autres choses plus terribles, mais il ne détournerait pas le regard par lâcheté ou horreur. Il était là où il devait être, plus que tout, et si jamais cela devait se terminer – bien qu'honnêtement, il refoulait totalement cette idée dans son esprit – il ne détacherait pas son regard de celui de Rafael.

Et cet instant était horriblement trop long, atrocement long, il pesait aussi lourd qu'une enclume sur ses épaules. En vérité, ce n'était pas non plus le genre de moments dont on voulait se souvenir, avec un étau oppressant le cœur et l'estomac, et la panique submergeant l'esprit. Peut-être avait-il pu atténuer la douleur de Rafael, mais c'était tout. Le reste... Il se concentrait sur le regard de Rafael, lui adressait autant de soutien que d'amour, par ce contact oculaire. Jamais il ne le laisserait tomber, et il continuait à serrer sa main, à parler maladroitement, à répéter les mêmes mots avec force, pour essayer de le maintenir éveillé. En vain. Il vit Rafael finalement céder à l'inconscience, même s'il fit un effort affolé pour le ranimer.

Finalement, les sirènes finirent par se rapprocher, et un groupe d'urgentistes finit par entrer dans la maison. Comme Davos ou Rafael avant, ils furent un instant stupéfaits de voir le carnage physique, avant de davantage s'affoler sur celui sanguin, qui avait eu lieu. Sans ménagements, on écarta et éloigna Davos, qui refusa pendant une seconde de lâcher la main de Rafael, avant qu'il ne se rende compte que c'était pour son bien. Le cœur de l'ancien marin battait à vive allure dans sa poitrine, et il observait avec tourmente les infirmiers qui faisaient un garrot autour de la jambe de Rafael, avant de le soulever pour l'amener à l'intérieur de l'ambulance. Il grimpa également à l'arrière sans attendre qu'on lui en donne la permission, s'adressant directement à l'un des hommes qui mettait un masque à oxygène à Rafael. Davos ne prononça pas un mot pendant tout le trajet, ses yeux fixés sur le visage pâle de son amant, et les poings serrés. Si Arlathan avait été là, il lui aurait sans doute démonté le visage. A la place, il ne pouvait que s'enfoncer les ongles dans la paume, le regard ardent et étrangement brûlant – d'angoisse – et le cœur jamais en repos.

A l'hôpital, s'il put suivre le groupe jusqu'au couloir menant vers les salles d'urgence, on lui barra ensuite l'entrée à la salle, lui disant d'attendre. Lui qui n'avait pas dit un mot jusque-là, l'esprit pétrifié par la peur, il avait fini par déclarer vivement :

« S'il vous plaît...je suis son compagnon, je suis mutant, j'ai un facteur régénérant...prenez autant de sang que vous voulez pour l'aider à guérir...il en a un aussi, mais bien moins moindre... il peut guérir de tout, même très lentement...»

Au lieu de l'expression éclairée qu'il s'attendait à voir, ce fut de la méfiance qui apparut sur le visage de l'infirmier qui l'avait arrêté.

« Son compagnon ? Son mari ? »

« Compagnon... »

« Non, on ne peut pas prendre de sang de la part d'homosexuels, à cause des maladies. Vous attendez ici, c'est tout. Il est malade, lui ? »

Davos mit un temps à comprendre ce qu'on sous-entendait. Quand cela parvint à son cerveau, lui qui n'avait jamais imaginé qu'on puisse faire une méprise pareille, quelque chose de la colère contre Arlathan remonta, de la colère contre lui-même aussi : à cause de son amour, on lui refusait d'aider la personne qu'il aimait ? Bon sang, le monde était devenu insensé à ce point ?! Avant qu'il ne s'en rendit compte, il avait plaqué l'infirmier au mur, l'attrapant au col.

« Vous allez prendre mon sang pour l'aider à guérir, vous entendez ? Je ne veux pas de vos excuses, vous allez le sauver, c'est tout ! »

Il entendait l'infirmier protester et se débattre, comme dans un rêve, et il ne se doutait pas qu'il faisait lui-même une sorte de contre-coup émotionnel, dû à tout ce qui venait de se passer. Il fallut deux autres personnes pour le retenir et le faire relâcher l'infirmier, le forçant à reculer. Il n'entendait que des injonctions de calme, tout en étant incapable de s'y conformer, pour une fois. Il avait trop de colère pour cela, et sans s'en rendre compte également, il avait commencé à geler légèrement l'une des deux personnes qui le tenaient. Il fallut un coup de poing dans son visage, donné par l'autre infirmière, pour qu'il reprenne contact avec la douleur et la réalité, même si ce n'était rien par rapport à ce que subissait Rafael. Le gel disparut de la peau de l'infirmier, mais il en avait déjà pas mal souffert, respirant avec peine. L'infirmière typée qui le fixait avec hargne avec un regard sans équivoque.

« Sortez, sortez maintenant ! On essaye de sauver votre ami, et vous, vous faites quoi ? Allez vous calmer ailleurs ! »

Cette fois, Davos eut peut-être honte de son attitude. Il baissa les yeux puis les releva, mais il était inexorablement attiré par la salle où on avait emmené Rafael.

« Je vais me calmer...je suis seulement... »

« On sait. Sortez. On vous rappellera. Ou on appelle la police.»

Le ton était tellement sans équivoque, qu'il eut un instant d'hésitation, mais il finit par lever les mains en signe de repentir, et s'éloigna, comme on le lui demandait. Les pas nerveux qu'il ferait au-dehors du bâtiment, ne seraient que les premiers d'une trop longue attente oppressante, pour savoir si Rafael s'en sortirait... Il trouverait moyen d'en vouloir davantage encore aux médecins, par la suite.


Fin du sujet.


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[Clos] Le mutant est un loup pour le mutant. [Scénario] Arlathan | Roxas

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