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[CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès

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Identité : Andréas de Vale
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MessageSujet: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Jeu 12 Mar 2015, 22:15




Malgré son retour chez les Ombres – et possiblement, un futur départ – Fantôme n'avait pas lâché Bibi-la-Purée. Bien sûr, le patron et lui étaient relativement liés. Cela faisait deux personnes qui lui devaient un peu la vie, en comptant Benedict. Et certains avaient encore assez le sens de l'honneur, pour garder ça en mémoire. Quoique, pour Benedict, il se doutait bien que cette reconnaissance ne serait pas éternelle, et il aurait à en tirer avantage, assez vite. Pour l'heure, dans ce restaurant-bar, il se sentait plus relaxé qu'au quartier général chez les Ombres, surtout depuis qu'Asmodée avait disparu. La reverrait-il un jour ? Il n'en savait rien. Les sommeils de Louise pouvaient durer longtemps. En attendant, il avait un fils à élever, bien que ce dernier restât sous la garde des petits soldats manipulés de sa femme. Il n'aurait jamais permis que son fils soit chez les Ombres. Il avait déjà suffisamment souffert de l'altération imposée par Benedict, pour que chaque regard, soit un rappel de leur ennemi. Les yeux vairons de Dorian le troublaient toujours, et il en ressentait une profonde colère. De quoi accentuer son aversion envers les Ombres. Il ne comptait qu'attendre le bon moment, réunissant peu à peu des forces de son côté.

Bien sûr, il y avait eu la rencontre avec Hélianthème, plusieurs jours auparavant, qui le laissait toujours songeur. Mais il était peu aisé, pour Andréas, de savoir encore exactement ce qu'il en découlerait à l'avenir. Au moins avait-il fait le premier pas.

Pablo n'avait toujours pas refait la décoration du bar, aussi était-ce toujours aussi excentrique, et un peu délabré, parfois. Comme une sorte de chaos régnant ici et là, au milieu des efforts faits. Du moins, la cuisine faite ici, n'était pas de l'à-peu-près. Il avait donné rendez-vous à une vieille connaissance mutante, profitant d'un moment plus calme au bar parmi la clientèle. Occasionnellement, après tout, il aidait la serveuse qui était là la plupart du temps. Faire des cocktails ne lui était pas étranger. Niveau gastronomie et boisson, il avait eu plus d'un millénaire pour se faire à un peu près tout. Lui et la télépathe partageaient un verre. Il était toujours vêtu de sa tenue de travail, un jean et une chemise sobre et grise, plutôt que ses habituels costumes. Le tablier de cuisine, lui, attendait sagement près d'un fourneau, le temps que la pause d'Andréas se termine. Bien sûr, d'autres auraient dit que ce n'était pas le plus discret, d'inviter une alliée de longue date, à discuter de projets futurs plus que sérieux en ce qui concernait les Ombres. Mais l'avantage étaient qu'ils pouvaient se contenter d'échanger quelques mots de temps à autre, tout en laissant leurs pensées travailler pour eux. Fantôme n'était pas un télépathe certifié, pas tout à fait, mais son amie en face, si. Le principal échange se faisait donc par cette conversation mentale, seulement entrecoupée de quelques mots banals prononcés de temps en temps, assez pour ne pas éveiller l'attention. De toute manière, ce n'était pas le couple dans le coin, venu manger, ou le groupe de potes plus bruyant à une autre table, qui ne s'occupaient que de boissons, qui allaient les déranger.

Par ailleurs, la conversation dissimulée ne dura guère plus longtemps. Andréas finit par se relever, ne sachant que trop que le début des heures de dîner pour les gens approchaient, et que bientôt, ils seraient davantage que moins d'une dizaine dans ce bar. Pour aussi décalé et parfois décrépi qu'il faisait – à l'image du patron, encore que Fantôme puisse dire qu'il semblait s'améliorer ces derniers temps – il avait au moins un peu de réputation pour la cuisine, et puis, il ignorait après tout bon nombre de choses que trafiquait Axel. Sans quoi aurait-il été plus prudent, ou peut-être aurait-il vendu son âme au diable. La suite nous le dirait. Fantôme salua sa connaissance, qui restait encore pour manger, sans doute pour continuer la conversation par la suite, nettement plus rapide avec la pensée qu'avec les mots. A peine eut-il le temps de retourner derrière le bar et de rattraper son tablier, qu'un nouveau venu débarquer dans le bar. La serveuse à côté de lui eut un froncement de sourcil et lui murmura quelques mots.

« Ça ne sonne pas rassurant... »

Andréas jeta un regard neutre sur le nouvel arrivant. Si le bandeau noir bien visible sur le visage le fit tiquer une seconde, il n'eut cependant pas d'expression réprobatrice ou méfiante.

« On ne juge pas les gens aux simples apparences, » se contenta-t-il de répondre.

Et cela s'appliquait à tout le monde ici, y compris lui. Néanmoins, voyant que l'autre n'était pas rassurée, il s'avança vers l'homme au bandeau, le saluant d'un signe de tête assuré, et un léger sourire cordial, sans efforts, sur le visage, un bref instant. Le regard de Fantôme, du moins, était direct, et aussi limpide qu'une source d'eau. Ce n'était qu'en de rares occasions que ses prunelles donnaient l'impression d'éclater de sombres flammes.

« Bonsoir, monsieur. Qu'est-ce qu'on vous sert ? Un verre ou un repas ? »

Il prit le temps de détailler un peu plus du regard la tenue de l'homme, sans pour autant se montrer indiscret. Et puis, rien n'émanait spécialement de Fantôme, si ce n'était une assurance franche et assez décontractée. S'il observait, certes, avec un léger intérêt non dissimulé le bandeau, comme l'aurait fait n'importe qui, pendant quelques secondes, il l'accepta simplement comme il était, s'adressant à son entière personne et non à cette étrange singularité.


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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Jeu 19 Mar 2015, 19:43


Time to give in to the kindness of strangers


Fantôme avait sauvé la vie d'êtres improbables, notamment Axel et Benedict. Si le premier pouvait éprouver quelque regret à avoir entraîner – d'une certaine façon – le départ de sa femme, Asmodée, et devait donc songer à se racheter, le second serait peut-être moins reconnaissant. Des hommes d'honneur, il y en avait très peu, à l'ère actuelle. Thalès n'en avait que trop conscience, mais pouvait-il jeter la pierre aux félons ? Il n'était pas irréprochable lui-même.
Ce soir-là, il n'était pas de service, et il éprouvait le besoin de se détendre, surtout au vu des récents événements. Il était habitué à traverser des périodes aussi difficiles et agitées, mais c'était la première fois qu'il avait de telles responsabilités, depuis quelques années. Il paraissait difficile de deviner s'il prenait véritablement à cœur la cause des X-Men, ou s'il agissait par mécanisme, ou encore pour ses intérêts personnels... Mais ce qui était certain, c'est qu'il valait mieux l'avoir pour allié que pour ennemi.
Il était donc allé au bar baptisé Bibi-la-Purée, plus à la recherche d'un ami appelé Jack Daniel's, que de charmante compagnie, à vrai dire, mais il pouvait bien se permettre quelques folies de temps en temps. Ceux qui le prenaient pour un poivrot avaient tort, pour autant. L'alcool ne lui faisait que rarement perdre sa lucidité et il ne considérait pas en avoir besoin. Il y avait bien des jours où il faisait sans. Mais parfois, il avait justement besoin de davantage que de la nicotine, ou des médicaments, pour passer outre la douleur et ses tourments intérieurs. A le voir ainsi, massif, l'air confiant, peut-être même intimidant, on avait du mal à imaginer que son âme pouvait être agitée et scindée en plusieurs fragments, mais après tout, qui ne tenait pas à cacher jalousement ses plus noirs secrets ? Lui-même n'était pas toujours certain de se comprendre lui-même ; en pénétrant dans le bar, ce soir-là, décidé à passer un moment de détente ; il ne s'imaginait pas une seconde que le sang allait une fois encore couler.
Pour l'heure, il se contenta d'explorer le bar du regard, avec attention. Sans doute était-il déjà venu ici, une ou deux fois, il y a longtemps, mais il n'en avait pas gardé de grands souvenirs. La décoration un peu miteuse mais atypique, consacrait un art relativement excentrique. Il ne pouvait pas savoir combien elle reflétait l'âme chaotique du propriétaire des lieux. Rien n'indiquait dans cette atmosphère à la fois chaleureuse et étrange, obscure, que les cocktails et la nourriture étaient de qualité, dans le bar-restaurant. Comme quoi, mieux valait ne pas se fier aux apparences. Et puis, l'aspect un peu ancien des lieux, surtout ornés de bois, pouvait en séduire plus d'un. De toute façon, Thalès n'était assurément pas ici pour admirer la décoration. Il songeait plutôt à ce qu'il allait boire, car il n'était même pas dans ses intentions de dîner.
Le signalement du capitaine était toujours destiné à le fondre dans la masse. Après tout, beaucoup appréciaient le cuir, et qui ne portait pas du noir, dans les grandes villes, actuellement ? Au demeurant, il attirait nécessairement l'attention, surtout pour les plus observateurs. Il n'était pas le premier passant qu'on tenait à aborder dans la rue, peut-être à cause de sa carrure, de son cache-œil, et – malgré une expression souvent affable – un regard bleu cobalt parfois perdu dans des pensées dont il valait mieux ignorer la nature. Le bandeau qui recouvrait son œil était indubitablement le moins discret, mais il n'avait guère le choix. Porter un œil de verre était exclu et... avancer à visage découvert, en public l'était tout autant. Il n'était probablement pas aussi complexé qu'un certain ange de la musique ne l'avait été, mais une comparaison pouvait être établie.
Il se préoccupa aussi de la population du bar, et ce soir-là, elle ne proliférait pas. Une paire de couples ici et là, des amis, et aussi une de ces éternelles bandes de jeunes – et de moins jeunes – qui s'imaginaient pouvoir trouver la solution à leur existence sans queue ni tête, dans le cul d'une bouteille vide d'alcool. De toute façon, c'était loin d'être son problème.
Il approcha du bar, sans se douter que le cuistot venait de terminer une discussion télépathique avec l'un de ses contacts ; sans imaginer que ledit cuistot appartenait au camp adverse, et par ailleurs invisible. Il fallait se demander ce que donnerait ce genre de discussions menées par la pensée, avec Thalès. Le plus doué des télépathes ne risquait-il pas d'être perturbé par les dédales de son esprit ? Il ne tarda pas à être accueilli par un type plutôt sec, aux traits rudes, mais à l'expression bienveillante. Ou du moins s'efforçait-il d'avoir cet air-là. Le capitaine le salua avec la même affabilité ; il ne venait pas chercher les embrouilles, ici, ce soir.

« Bonsoir, monsieur. Qu'est-ce qu'on vous sert ? Un verre ou un repas ? » demanda-t-il.

Il n'était pas même certain que le soldat ait perçu que le regard de Fantôme s'attardait sur son bandeau ; il faut dire qu'il y était habitué. Lui-même ne regardait pas son interlocuteur avec beaucoup de curiosité. Vraiment, s'il était très difficile de l'abuser lorsqu'il devenait attentif et méfiant, en général, il n'était pas réellement un homme curieux.

Je voudrais un verre de Jack, s'il-vous-plaît, dit-il simplement, le ton neutre, peut-être juste un peu las.

Il se dirigea vers le comptoir, et prit place sur un tabouret, sans attendre. Il n'était pas vraiment venu ici pour faire la discussion... Simplement, pour tenter d'organiser ses pensées, en tête à tête avec un verre de whisky. Mais une fois n'était pas coutume : ses plans furent compromis.
La bande de poivrots qu'il avait remarquée en rentrant, lorgnait aussi sur lui depuis le début. Thalès commença à entendre quelque remarques, qui se voulaient humoristiques, sur son cache-œil, mais il ne parut pas y faire attention. Nous renonçons à retranscrire ces quolibets, tant ils manquaient de spiritualité. L'officier semblait un peu déphasé, un peu dans son monde, et presque inoffensif pour ceux qui ignoraient que rien n'était plus inquiétant que la mer en sommeil.
Dans un coin du bar, un téléviseur dressé en hauteur passait les informations. Bien entendu, ils mentionnaient une fois encore les récents attentats, et les conséquences qu'ils pourraient avoir sur la nation, peut-être même à l'échelle mondiale. Le capitaine ne put s'empêcher de se tourner légèrement vers la télévision, touché – comme chacun – par ces sujets. La bande semblait tout autant captivée par la télévision, au point de l'oublier. Thalès s'en serait estimé heureux si cela n'avait pas conduit les hommes de la table du fond, à parler « politique ». Ils s'exclamaient haut et fort, comme si le bar leur appartenait. Ils ne tardèrent pas à parler de théories du complot, toutes plus fumeuses les unes que les autres, et à remettre en question le pouvoir de l'armée, en se montrant passablement désobligeants à l'égard des porteurs de l'uniforme.
Thalès ne se tourna pas vers eux, mais était beaucoup plus attentif qu'on se le figurait. Il se crispa, de façon presque imperceptible. Pour autant, il se jura de prendre son mal en patience. La con*erie et l'irrespect humains ne valaient pas la peine de se mettre dans tous ses états ; il l'avait compris depuis un certain temps. Mais il restait un homme spontané et si, d'aventure, ils osaient l'aborder directement, il risquait de perdre le contrôle.




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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Mar 24 Mar 2015, 21:37



L'homme semblait moins terrible que la serveuse ne semblait le redouter. La façon de commander, et la commande en elle-même, étaient plus que banales, après tout. Fantôme jeta un regard amusé, presque moqueur, à sa collègue – elle ne manqua pas de lever les yeux au ciel, avant d'aller desservir la table d'un des couples. Fantôme prit le temps de s'occuper du Jack Daniel's, sans chercher pour autant à engager tellement la conversation avec le client. Bien entendu, ce bandeau l'intriguait, mais si on devait arrêter toutes les personnes pour quelques particularités vestimentaires et physiques...cela pouvait être assez ennuyeux. Il était également plus sage d'avoir Fantôme en ami, qu'en ennemi. Bien que dans tous les cas, il demeurait d'une certaine honnêteté. Jamais il ne tuerait quelqu'un par derrière. Quand un duel arrivait, il veillait à ce que l'autre en face soit armé, et lui aussi. Et il viendrait alors à portée de vue, et non par-derrière, comme un lâche. Voilà pourquoi il avait tant rechigné à tuer Benedict, dans l'Église du Crépuscule, alors que cela aurait été une occasion parfaite. Il aurait pu laisser le barbu manipulant la glace s'en occuper à sa place. Toutefois, il était trop déterminé à en terminer avec Benedict, lui-même, pour cela. C'était probablement autant un défaut, qu'une qualité.

Le client en imposait quelque peu. A vrai dire, même s'il n'avait pas l'air particulièrement bourru, on pouvait noter qu'il était assez costaud. Pas le genre de mec qu'on emmerdait ou qu'on se mettait à dos de bon cœur. Mais il fallait croire qu'il y avait toujours des imbéciles notoires un peu partout, soit pour témoigner de l'inattention totale d'un Dieu inexistant aux yeux de Fantôme, ou au contraire de la main du Diable. Mais Fantôme était loin de ces considérations métaphysiques. Un autre soir, peut-être. A la place, il se contenta de servir la boisson du nouveau venu à l'oeil caché, et qui contrastait donc davantage avec le bleu cobalt de l'oeil encore vivant. Il semblait certes songeur, et Andréas supposa qu'il venait, comme certains, noyer quelque obsession dans l'alcool. Si c'était une démarche qu'il ne faisait que rarement, il pouvait néanmoins la comprendre. Il avait assez vécu pour cela, bien qu'il soit plus coutumier de laisser le néant et la presque absence de vie le consumer, quand il avait lui-même des problèmes.

Le mutant n'était pas non plus le genre de télépathe à vouloir explorer tout le temps les pensées des gens. Il n'était d'ailleurs pas un télépathe à proprement parler, bien qu'il lui soit aisé de plonger dans l'esprit de quelqu'un. Il avait connu quelques esprits chaotiques, d'autres complètement fermés, d'autre ordinaires. Il ne chercha pas à savoir de quoi étaient faites les pensées de ce type, qui, pour l'instant, ne l'intéressait pas plus qu'un autre. Il en avait vu aussi, des clients, par ici. Et puis, il n'avait même pas fouillé la tête d'Axel quand il en avait eu l'occasion. D'une certaine manière, il avait quelque respect pour l'intimité des gens, un mot que certains mutants connaissaient bien peu. Il n'était pas tapageur. Mais cette indifférence mutuelle serait de courte durée. Pour l'instant, il posa le verre en face du nouveau venu.

« Et voilà, monsieur. » Il se retourna vers la serveuse qui revenait, pour échanger quelques mots tranquilles, avant de disparaître à l'arrière, dans les cuisines. Seulement là, la télé commença son débit d'informations qui auraient pu être abrutissantes, comme toujours, si elles n'avaient pas été aussi graves et proches des protagonistes de toutes nos histoires. L'heure était grave, et les temps devenaient sans doute de plus en plus difficiles, sans aucun doute. Ca n'empêchait pas certains idiots de commenter tout à tort et à travers, comme Thalès en faisait désormais l'expérience. Le groupe de jeunes qui avait commenté son allure et sa façon de s'habiller – ou de se déguiser – venaient d'embarquer sur le plus sensible sujet de la politique, et par extension, de l'armée.

« Après tout, si le chef des X-Men était vraiment un traître comme le disent certains, pas de raison que d'autres au gouvernement soient pas plus corrompus. »

« Et comme c'est la police qui est venue à leur QG ensuite, seulement après le massacre... »

« Police, militaires...ça a toujours été de pair avec un gouvernement autoritaire, dans toutes les guerres ! »

« Bah, si seulement un seul mot de ce qu'ils disent est vrai, au vu des sources qui diffèrent ! »


Cette conversation alimentée par l'alcool aurait sans doute été plus que banale et peu encline à s'élever, si seulement un des gars du groupe n'avait pas décidé de s'adresser aux autres personnes présentes, pour leur demander, avec véhémence et emportement leur avis, sous forme de provocations. Si deux des couples qui mangeaient là se contentaient d'ignorer les paroles, se concentrant, gênés, sur leur assiette, la serveuse fit bien une tentative pour leur intimer de se taire là-dessus. Elle ne voulait pas d’esbroufe, mais c'était sans doute un peu tard ; la proximité de Thalès au bar, près de la serveuse, avait attiré l'attention sur lui.

« Hey toi, l'ami borgne ! » lança un des hommes. « Qu'est-ce que t'en penses ? Tu crois pas qu'ils nous mentent tous ? Ou bien tu te caches un œil pour ne voir que c'que tu veux ? »

Il y eut un moment de crispation du côté de la serveuse, semblable à celui fait par Thalès quelques minutes auparavant. Car même s'il avait l'air plutôt affable comme ça, il ne demeurait pas moins impressionnant. Ça n'empêcha pas un des autres hommes de se redresser et de venir même près de Thalès, son verre à la main.

« Entre nous, dis ? Les autorités qui se fichent de nous avec tous ces morts non prévus, la même nuit, comme par hasard ? Et la police ou les militaires qui suivent comme des toutous ? Ca sent l'obéissance à des pouvoirs invisibles comme durant la Grande Guerre. Faudrait tous les remettre à leur place et les remplacer par des gens différents. Ca fait même des mois qu'ils arrivaient pas à en finir avec la secte des mutants, et là, le travail est même pas fini ! Tu veux pas en parler avec nous ? »



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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Mar 21 Avr 2015, 11:11


Time to give in to the kindness of strangers


On rencontrait parfois des Ombres, des Invisibles, des suppôts de despotes divers, qui étaient dotés d'honneur. La dernière rencontre avec l'un d'entre eux avait laissé un souvenir cuisant à Thalès, aussi les appréciait-il d'autant moins, avec leurs principes dissimulant des immondices. Il ne rechignerait pas à faire souffrir son pire ennemi, en attaquant sa famille, s'il le fallait... Si cet homme l'avait mis suffisamment en colère. D'aucuns le jugeaient inhumain, à cause de cela. Il était peut-être peu contrôlable, mais au moins savait-il ce qu'il servait, et au moins s'y tenait-il. Fort heureusement, malgré les apparences, il n'était pas aisé de plonger le capitaine dans une colère noire. Il était un homme spontané qui s'emportait parfois, mais pour ce qui était de la réelle fureur, celle qui vous faisait voir rouge, au point d'être tenté de tout détruire ; il ne l'atteignait que rarement. Cela valait mieux, car il allait faire des rencontres dont il se serait passé, dans ce bar.
Et pourtant, il n'était vraiment pas venu chercher quelqu'un avec qui parler, ce soir-là. Il voulait boire, purement et simplement. Il ne souhaitait pas s'enivrer à n'en plus pouvoir, mais il avait envie de lâcher prise, pour une fois. Il avait essayé de supporter, seul, tous ses tourments pendant des années, mais il n'y parvenait plus depuis longtemps. Où était le mal à mettre un voile sur son esprit, pour moins souffrir, tant qu'on ne devenait pas dépendant d'une substance ou d'une autre ? Or, son esprit était difficile à apaiser. C'était comme un océan, empli de pensées ambitieuses ou négatives, mais toujours passionnées. Les vagues s'agitaient massivement dans un sens ou dans l'autre, au point qu'il était souvent submergé par ces idées difficilement contrôlables ou compréhensibles. Certaines étaient obsédantes, d'autres changeaient radicalement d'un instant à un autre... Pour tout dire, il avait parfois du mal à cohabiter avec lui-même. Mais il savait aussi que c'était cette émotivité accrue, cette intelligence (pas plus développée qu'une autre, mais néanmoins forte et singulière), cette expérience (certes souvent triste) de la vie, qui faisaient de lui un homme difficile à abattre. Pour survivre, ou même pour se sentir exister, il avait commis des choses dont il n'était pas fier, et pourtant, il savait qu'il serait prêt à recommencer. Il savait que lors de l'acte, il éprouvait parfois trop peu de culpabilité, et même du plaisir. Le plaisir d'être vivant, et conscient des choses, alors que la Terre était peuplée de morts et de moutons.
Il ne cherchait plus à expliquer ses états d'esprit aux autres, depuis longtemps. A quoi bon ? Les gens faisaient semblant de comprendre, d'être compatissants, mais ils n'y parvenaient pas. Ils s'excusaient, faisaient des efforts quelques temps, sincèrement ou non, puis ils reprenaient le cours de leur vie normalement, égoïstement.
On lui servit finalement son verre. Il remercia le barman, sans lui prêter particulièrement attention. Il but aussitôt une gorgée de whisky, avant de craquer doucement les os de son cou. Ce repos était mérité. Mais ledit repos allait être de courte durée.
Thalès ne pouvait s'empêcher d'écouter les commentaires du groupe qui était assis plus loin, durant la diffusion du journal télévisé. Leurs propos avaient le don de prodigieusement l'irriter. Le capitaine n'était pas fondamentalement patient et il prenait parfois certaines choses trop à cœur. Peut-être avait-il besoin de conflits réguliers, pour se prouver qui il était. Quoiqu'il en soit, même s'il restait immobile et silencieux, il était attentif et de plus en plus crispé. D'après eux, tous les leaders et tous les politiciens étaient corrompus, pourris. On ne pouvait certes pas leur en vouloir, au vu des récents événements. Une lueur étrange traversa la pupille du capitaine tandis que l'un d'entre eux avait la spiritualité d'associer l'armée au gouvernement, même lorsque celui-ci devenait totalitaire. Thalès se demandait parfois pourquoi il avait risqué sa vie pour sauver une humanité décadente, qu'il n'aimait pas particulièrement. Il but encore une gorgée. L'alcool lui procura une chaleur qui l'excita plus, qu'elle ne le détendit. Mensonges. Calomnies. Inepties. Le monde était maculé de faussetés.
Tandis que les énergumènes interpellaient les autres, comme pour créer un débat improvisé, le capitaine continuait de boire, jusqu'au point de vider son verre. L'attention du groupe indésirable ne tarda pas à se focaliser sur lui.

« Hey toi, l'ami borgne ! Qu'est-ce que t'en penses ? Tu crois pas qu'ils nous mentent tous ? Ou bien tu te caches un œil pour ne voir que c'que tu veux ? » dit l'un d'entre eux.

Ledit ami borgne se tourna vers celui qui l'avait abordé d'une façon si respectueuse. Il avait beau sembler calme, son regard brûlait d'une flamme figée, sans vie ; un tel paradoxe reflétait le caractère totalement imprévisible du militaire. Toute personne normalement constituée ou un minimum réfléchie aurait compris qu'il valait mieux ne pas davantage l'importuner. Thalès n'était pas extrêmement susceptible ou complexé mais sa blessure restait un point sensible. D'autre part, il n'appréciait pas qu'on s'adressât à lui de façon aussi familière, surtout pour parler d'un sujet aussi délicat. Mieux valait se taire et se préoccuper de choses anodines, lorsqu'on était stupide. Et il osait mettre sa lucidité à lui, en doute. Thalès ne répondit rien. Qu'aurait-il pu répondre ? Son interlocuteur forcé n'avait de toute façon besoin d'aucune réplique, pour poursuivre la discussion. Alors qu'il restait muet, attentif, un second type vint près de lui, un verre à la main.

« Entre nous, dis ? Les autorités qui se fichent de nous avec tous ces morts non prévus, la même nuit, comme par hasard ? Et la police ou les militaires qui suivent comme des toutous ? Ça sent l'obéissance à des pouvoirs invisibles comme durant la Grande Guerre. Faudrait tous les remettre à leur place et les remplacer par des gens différents. Ca fait même des mois qu'ils arrivaient pas à en finir avec la secte des mutants, et là, le travail est même pas fini ! Tu veux pas en parler avec nous ? »

Les représentants des forces de l'ordre et les soldats étaient maintenant des chiens... Des brutes épaisses qui obéissaient aveuglément aux ordres, et qui, accessoirement, risquaient leur vie pour des ingrats. Cet homme ne supporterait pas un centième de ce que des hommes comme Thalès avaient vécu, et pourtant, il se permettait ce genre de commentaires. Il s'imaginait pouvoir les remplacer, ou même refaire le monde ? C'était risible. Pourquoi n'allait-il pas les attaquer, lui, les Initiés et les autres, si c'était si simple ? Thalès ne parut véritablement écouter ce qu'il disait, qu'une fois qu'il lui posa la question finale. Il eut un léger rire qui n'avait certes rien de joyeux. Il prit d'abord le temps de commander un second verre d'alcool, que cela plaise ou non, avant de reporter son attention sur le grand esprit.

Non, j'veux pas, répondit-il finalement, le ton léger, même si ses mots avaient des connotations sèche et méprisante.

Vous viendrez discuter avec moi quand vous saurez faire autre chose de vos deux mains, que tenir un verre et vous astiquer le manche, reprit-il. Il paraît que ça rend sourd, mais visiblement, ça altère aussi les neurones, conclut-il, simplement.

Thalès ne faisait preuve d'aucune indulgence, et ne faisait aucun effort, même si ces gens étaient parfois dans le vrai, et avaient simplement trop bu. Peut-être avait-il plus envie de provoquer un conflit que de discuter avec des êtres qui ne l'intéressaient pas le moins du monde. Il fallait espérer que cette réplique les inciterait à se calmer, ou à quitter les lieux, mais il en doutait.




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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Lun 27 Avr 2015, 21:51


Fantôme n'était peut-être pas si éloigné de cet homme, dans un sens. Quand on les frappait, ils répondaient avec la même force et violence, parfois sans absence de pitié, et en ne s'arrêtant pas aux dommages collatéraux. C'était parfois inhumain, mais parfois, c'était également simplement qu'il ne fallait pas s'en prendre trop longtemps à ces humains. On devenait des monstres quand il s'agissait de défendre ceux qu'on aimait le plus, ce qui était le plus précieux. Andréas n'échappait pas à cette règle, et n'était ni le premier, ni le dernier. Même dans leur impassibilité et leur calme, ils se ressemblaient un peu, toutefois, l'allure qu'ils apportaient au prochain étaient considérablement différente. Fantôme attirait parfois l'attention par charisme et veillait à sembler cordial, bien qu'il soit parfois assez détaché ; Thalès attirait l'attention, pas forcément pour les mêmes raisons...il était déjà plus imposant, reflétait davantage cette impression d'énergie bouillant à l'intérieur, et puis il y avait ce bandeau plus que visible, cachant son œil, bien sûr. Et quand on se faisait de ces deux hommes-là, des ennemis, il y avait de fortes chances que ce soit pour toute la vie.

Les gens qui passaient au bar de Bibi-la-Purée étaient des spécimens très différents et variés de la race humaine (et mutante) même si aucun n'était aussi peu sincère que le propriétaire des lieux. Aussi, on pouvait trouver des épaves, des simples idiots, des couples naïfs ou blasés, des solitaires, des gens de passage...il fallait de tout pour faire le monde qu'on pouvait y croiser. C'était un lieu d'observation intéressant. Qui n'avait jamais tendu une oreille, dans un restaurant, un bar ou un fast food, pour savoir de quoi les voisins parlaient ? C'était très instructif. Et puis tous venaient pour la même chose, au fond. Seulement pour des raisons différentes. L'esprit de Thalès, ses raisonnements, sa façon de voir le monde, ses sentiments – bref, toutes ces étranges vagues paradoxales, puissantes, incontrôlables, qui dérivaient au gré de ses humeurs – auraient été cependant plus qu'intéressantes, aux yeux d'un mutant comme Fantôme. Malgré tout le temps passé à vivre et survivre au gré des siècles et des continents, il demeurait toujours fasciné par l'esprit des gens, les dons des mutants, ce que chacun avait de si unique et de singulier, chacun qui laissait une marque propre et particulière dans le monde où il vivait. Mais, il était assez gentleman pour ne pas s'amuser à scanner l'esprit de tous les gens qui passaient ici. Pour certaines personnes, comme le groupe de potes enivrés, c'était fastidieux et ennuyeux. Et pour Andréas, cela aurait été juste très fatiguant et éreintant, au bout d'un moment. Passionnant, mais dévorant. Il n'avait pas non plus la vocation d'être psy, seulement de s'intéresser à l'humanité en général. Il n'aurait cependant pas été aussi pessimiste que ce nouveau client qu'il venait de servir, en lui passant un verre de whisky.

Fantôme lui adressa un signe de tête à son remerciement, avant de retourner à l'arrière-salle, en cuisine. La serveuse revint, fixant Thalès d'un œil un peu méfiant, mais comme celui-ci semblait surtout concentré sur le liquide contenu dans son verre, elle sembla se détendre. Elle se remit à nettoyer les verres laissés sur l'arrière-plan, non sans surveiller la salle dans un miroir de moyenne taille, placé derrière des étagères soutenant plusieurs bouteilles d'alcool. Le moment paisible n'allait cependant point durer. Elle était habituée à observer les remous et entendre les discussions dans la salle, les mots prononcés un ton plus haut que l'autre, les paroles entrecoupées, les tons véhéments qui annonçaient des bagarres de salle, ou le fait que l'un allait se prendre pour un orateur et grimper sur une table pour exprimer des idées soi-disant inédites et soufflées par l'alcool. Elle surveillait cela, non sans s'apercevoir que l'attention du groupe de buveurs « révolutionnaires » commençait à se tourner vers la seule personne étrange de la pièce, à savoir, Thalès, puisque celui-ci avait la clairvoyante idée de porter un bandeau. La remarque lancée par le groupe était bas de gamme, ce qui n'était pas étonnant, au nombre de verres bus. Un des couples, qui avait terminé, en entendant cela, jugea plus opportun de partir et d'aller payer directement au comptoir, avant de s'esquiver. Pendant qu'elle s'occupait de l'addition, elle écoutait malgré tout la conversation qui se déroulait désormais entre le nouveau venu et le groupe déjà présent. Thalès prêtait attention à ceux qui lui parlaient, sans pour autant laisser d'expression particulièrement engageante sur son visage. En temps normal, cela aurait donné à réfléchir, mais ici...

Le couple s'en alla. Un rire retentit, du côté de Thalès, mais il y avait un elle-ne-savait-quoi qui glaçait le sang dans ce rire, presque forcé, ou en tout cas dépourvu d'émotions. Tendue, elle versa le second verre de whisky qu'il demandait, mais elle restait cette fois aux aguets, les yeux de la serveuse passant du jeune homme enivré à celui qui l'était moins – et avait une expression davantage dangereuse, sur le visage. Les quelques paroles qu'il lança furent d'abord presque apaisantes, avant que la consonance ne se fit hautaine. Visiblement, le discours ne lui plaisait visiblement pas. Il n'y avait cependant pas de quoi arrêter le crétin qui aimait trop s'entendre parler, pour se rendre compte que Thalès n'avait aucune envie de plaisanter. Et de parler. L'homme n'apprécia guère la réplique qu'il lança, et ses copains non plus. Deux d'entre eux se relevèrent, pour se rapprocher.

« Pour qui tu te prends, le borgne ? A moins que tes potes soient là-dedans et que tu veuilles l'défendre ? »

« Du calme, » fit un des deux nouveaux. « Y voulait sûrement pas être vexant, mais t'y vas pas en douceur, Will. Il peut être un peu lourd, » signala-t-il à Thalès, en le gratifiant d'une lourde tape sur l'épaule.

« Cependant, » lança le troisième, « on serait vraiment curieux de savoir ton opinion sur le sujet. Après tout, ils parlent du FME qui resurgit. Peut-être que c'est un signe que les choses tournent vraiment pas rond. Et puis, admets que tout ça commence à faire beaucoup trop, pour ne pas se méfier, l'ami ?... »

Ca avait été lancé de façon hasardeuse, et de toute façon, il n'y avait probablement nulle envie chez Thalès de faire justement ami-ami avec ces hommes qui avaient quelques degrés en trop d'alcool dans le sang. Par contre, on ne pouvait leur enlever le fait qu'ils étaient lourds, et que si Thalès émettait un peu trop de critiques ou de remarques qui n'allaient pas dans leur sens, sur le gouvernement ou les mutants, ça allait mal se passer.

« Parfois on ne peut s'empêcher de penser que s'il y avait vraiment un vaccin empêchant les pouvoirs mutants...tout le monde se porterait quand même un peu mieux. Ca empêche pas les soucis, mais y en aurait moins. Tout a merdé depuis qu'ils sont apparus. »

Bref, ils ne semblaient nullement disposés à quitter les lieux ou à cesser leur bavardage insensé, pour l'instant.



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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Ven 08 Mai 2015, 14:31


Time to give in to the kindness of strangers


Un bélier. Le capitaine était ni plus ni moins un bélier. Il suffisait que quelqu'un se plaçait entre son objectif et lui pour qu'il fonçât droit devant, sans se préoccuper des dommages collatéraux. A vrai dire, il trouvait même grisant de voir les obstacles ployer sous lui, alors qu'il poursuivait son chemin, inlassablement. Jusqu'au jour où il cracherait au visage de la mauvaise personne, bien entendu... Thalès était quelqu'un de particulièrement tenace. Si on lui causait vraiment du mal, en s'en prenant par exemple à ceux qu'il protégeait, mieux valait disparaître. Il était difficile de dire s'il était véritablement rancunier ou susceptible, mais il supportait mal l'approche de ces poivrots, qui mériteraient somme toute une correction. Il était du genre à oublier quelque chose tout de suite, ou à ne jamais l'oublier. Ce n'était pas la première fois que Thalès était abordé, à cause de son signalement. D'aucuns préféreraient l'éviter, mais ces soiffards n'avaient pas tous leurs esprits. Ce n'était pas non plus inédit, pour lui, de sentir la tension monter dans un bar. Certains étaient incapables de passer une bonne soirée sans boire une bouteille entière chacun, puis chercher l'embrouille, dans l'espoir de provoquer une bagarre. D'une certaine façon, Thalès comprenait ce besoin d'adrénaline, même s'il trouvait la forme pathétique. Quoiqu'il en soit, lorsqu'on le cherchait, on le trouvait... Il se moquait bien de heurter la sensibilité des clients présents dans le bar, ou encore du personnel. Il savait qu'il risquait une fois encore de payer le prix de son comportement excessif, mais il préférait vivre dans le moment présent. Certains refusaient juste l'ennui, quel qu'en fût le coût.
La bande qui commençait à se resserrer dangereusement autour de Thalès n'avait rien d’engageant, malgré leur « volonté de discuter », ou leurs rires variés. Le capitaine se contenta de finir son second verre d'alcool, en deux gorgées. Lorsqu'il reposa le récipient, le verre émit un claquement sinistre sur la surface du comptoir. Il lui fallait assurément plus de deux verres pour être sérieusement éméché, mais il avait déjà le sang plus chaud, en partie à cause de ses propres nerfs. Un nouvel éclair passa dans la prunelle claire du militaire, tandis qu'on continuait à le tutoyer, à l'appeler « le borgne », ou à le soupçonner d'être allié avec les ennemis invisibles de l'époque. Le capitaine se tourna tout à fait vers ses interlocuteurs, signe qu'ils avaient désormais sa pleine attention. Bien entendu, c'était de très mauvais augure pour eux.
Finalement, un autre type tenta d'alléger l'atmosphère. Peut-être avait-il enfin senti qu'il y avait comme des tensions palpables, qui émanaient de la carrure solide de Thalès. Il fit mine qu'ils ne cherchaient vraiment pas le conflit, en venant poser une main sur l'épaule du capitaine. Celui-ci posa brièvement le regard sur sa veste en cuir, avant de reporter l'attention sur ses nouveaux compagnons. Mais la cohésion ne régnait pas dans ce groupe-là, puisqu'un autre repartit au galop, mentionnant le FME, et insistant pour que Thalès admette que quelque chose ne tournait pas rond. Le capitaine fronça les sourcils. Peut-être était-il légèrement paranoïaque, mais c'en était à se demander si ces inconnus ne l'avaient pas abordé exprès, pour lui soutirer des informations. Et finalement, ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase :

« Parfois on ne peut s'empêcher de penser que s'il y avait vraiment un vaccin empêchant les pouvoirs mutants...tout le monde se porterait quand même un peu mieux. Ca empêche pas les soucis, mais y en aurait moins. Tout a merdé depuis qu'ils sont apparus. »

Thalès eut une seconde de silence, comme s'il se demandait s'il avait vraiment entendu une telle chose. Au moins l'avis de ce groupe était-il catégorique. A leurs yeux, tous les maux du monde provenaient des mutants, et ceux-ci n'avaient qu'à disparaître. Se contenteraient-ils vraiment d'administrer un vaccin ? Un poison serait plus sûr... On parlait d'abord de gens malades à guérir, puis on considérait qu'il s'agissait de menaces à éradiquer... Imaginez qu'ils retrouvent leurs pouvoirs plus tard ou qu'ils engendrent des abominations ? L'histoire n'était qu'une inlassable répétition des faits. L'humanité était suffisamment crétine pour ne jamais rien apprendre de ses erreurs. Cela fonctionnait sur des peuples entiers comme sur l'individu. Se rendaient-ils compte que leur précieuse humanité avait provoqué des désastres et des génocides dont l'Histoire ne pouvait pas guérir, bien avant la prétendue apparition des mutants ? Certains porteurs du facteur X étaient plus anciens que des civilisations...

Je vous suggère de regrouper les mutants dans des camps, ce serait probablement plus rapide, les conseilla le capitaine. En attendant, vous pouvez peut-être tenter une intégration dans le FME.

Une fois de plus, son ton était trop léger par rapport à la clarté sinistre qu'il avait dans le regard, ou à son corps tendu. L'homme qui avait déjà tenté de le calmer posa de nouveau sa main sur son épaule, sans doute pour lui dire qu'il y allait trop fort, mais Thalès ne lui en laissa cette fois-ci par l'opportunité. Il ne supportait pas que cet alcoolique raciste se permît de se montrer hypocrite et tactile. Le capitaine se leva donc, tout en repoussant le soiffard, qui fut forcé de reculer de quelques pas. La plupart des membres du groupe étaient plus petits et moins entraînés que le capitaine, mais ils ne parurent pas intimidés pour autant. Il paraissait que l'alcool donnait du courage.
Un second membre du groupe l'interpella, sur un ton vif et peu aimable, tout en lui prenant le bras pour le tourner vers lui. Ses intentions étaient clairement violentes. Thalès réagit au quart de tour, et – plus vif que lui – il le saisit au col, avant de le repousser brutalement contre le jukebox du bar. Une fois de plus, il avait suffi d'un rien pour enclencher un conflit. L'homme poussa un grognement, puisque son dos en avait souffert. Le jukebox s'enclencha tout seul, commençant à diffuser la chanson « Le chat », de Pow woW. La musique aux accents comiques apporta une ambiance étrange et glauque, dans le bar, désormais silencieux. Les clients et le personnel observaient l'altercation, juste perplexes pour le moment. Un couple décida aussitôt de quitter les lieux.

Lâchez-moi, dit simplement Thalès entre ses dents, au mec qu'il tenait toujours par le col, au risque de l'étrangler.

L'un des autres hommes profita qu'il ne protégeait pas ses arrières pour s'emparer d'une queue de billard, et l'utiliser pour asséner un coup sur le dos du capitaine. Celui-ci lâcha sa prise, avant de se tourner vers son agresseur, quelque peu en colère. Il lui donna aussitôt un coup de poing, avant de lui arracher l'instrument des mains. Il utilisa alors lui-même la queue de billard pour faire choir l'homme à terre, puis s'acharner sur lui avec, jusqu'au point de la fracasser. Taper sur cet homme, avec la queue de billard avait un je ne sais quoi de fascinant, au vu de la hargne qu'y mit le capitaine.

« Je te jure, j'boirai plus que du lait, je n'aime plus la vodka... Moi vouloir être un chat... Et la souris, ça sera toi... » dit-il, sans vraiment chanter, comme s'il se laissait inconsciemment séduire par la musique.

Ces paroles détonaient grandement avec les gémissements de l'homme, accompagnés des coups secs produits par l'objet en bois. Cette scène à la fois étrange et violente ne dura qu'une minute, mais elle suffit à faire prendre conscience aux autres gens présents à quel point la situation dégénérait. Le concert sinistre finit. Les autres membres du groupe n'apprécièrent pas de voir deux des leurs déjà à terre. Ils comprirent qu'il leur faudrait se battre à l'unisson, et peut-être même finir par sortir une arme. Thalès se tourna vers eux, nullement inquiété par ce qui allait se passer. Les conséquences de ses actes ne le préoccupaient pas davantage. Il était comme dans un état second et dangereux.




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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Sam 16 Mai 2015, 20:54


Les choses dégénéraient sans qu'il n'y ait davantage moyen de l'en empêcher. Les quelques personnes qui avaient été assez sages – ou averties par quelque instinct – pour quitter les lieux étaient déjà parties avant le début de la bagarre, d'autres n'avaient pas eu ce réflexe. Ces témoins-là ne pouvaient que se contenter d'assister, impuissants, ou ne voulant pas s'en mêler plus probablement, à la rixe qui avait lieu. Les intentions qui émanaient tant du capitaine Powell, que de la bande d'ivrognes, étaient plus que claires, et peut-être Thalès était-il le plus imposant de tous parce qu'il semblait garder son sang-froid, pour l'instant. Il était bien connu que les tempêtes froides étaient les plus rudes, ou en tout cas les plus imprévisibles. Et encore, ces pauvres types ne faisaient rien que chercher la bagarre, alors s'il fallait imaginer le résultat pour quelqu'un qui s'en prendrait vraiment à cet homme de manière volontaire et nuisible...sans doute le résultat serait-il digne d'une terre brûlée.

Ainsi, certains faisaient preuve de l'imprudence la plus notaire et de l'oubli total du moindre respect, pour mieux s'attaquer à quelqu'un qui, dans l'ivresse dégagée par l'alcool, était simplement différent. C'était après tout la base de toute discrimination, n'est-ce pas ? Inutile de dire donc que cette bagarre était plus ou moins bien cherchée. Le malaise grandissait de plus en plus dans la salle, jusqu'à ce que le claquement sec du verre de Thalès contre le comptoir, résonne. Comme un signal de mauvais augure, comme le début de la fin du calme avant la tempête. Les choses n'allaient pas tarder à chauffer, et si ces idiots avaient réfléchi un tant soit peu, ils auraient compris qu'il était encore temps de reculer. Mais c'était trop tard : l'alcool, l'imprudence, l'adrénaline, et l'entêtement, tout cela faisait son chemin dans les pulsations du cœur et du sang de ce groupe d'hommes. Trop tard pour reculer. De plus, les remarques se faisaient volontairement de plus en plus blessantes et insinueuses, semblable à de la paranoïa développée ou un besoin excessif de tester l'homme en face du groupe. Il y eut certes une tentative, une seule, pour arrêter l'inévitable, mais l'homme faussement amical fut très vite repoussé, au regret de la serveuse. Celle-ci s'était un peu reculée en voyant que les événements n'allaient pas tarder à prendre un tournant violent, mais elle hésitait encore à aller chercher Fantôme. L'espoir fait vivre... En vain.

Le silence qui s'abattit pendant une seconde ne fut guère de meilleure augure. Une des dernières personnes extérieures restant dans la salle, en profita pour filer sans payer. Il ne fallut que cinq secondes de plus pour que le reste éclate. Ces hommes n'étaient pas forcément de mauvais bougres, mais ils étaient diablement dénués de bon sens, et enhardis par l'alcool. Aussi, s'ils ne songeaient pas forcément, en temps de lucidité, à envoyer des mutants en camp de concentration ou de travail, ils ne venaient pas moins de faire une erreur en parlant ainsi à Thalès, si ouvertement, et ils n'allaient pas tarder à le payer. Le premier homme que saisit le capitaine Powell n'eut pas le temps de rebondir sur le juke-box qu'il était saisi au collet par le mutant, non sans violence, et un dernier avertissement. Qu'on foute la paix aux gens, rien de plus simple ? Visiblement non. Un des autres hommes en profita pour frapper le capitaine à coup de queue de billard. Le craquement qui résonna fut suivi aussitôt d'un autre coup de poing par Thalès, et d'un autre son bien plus particulier.

La serveuse, qui avait commencé à se diriger vers l'arrière-cuisine, s'arrêta dans son pas. Il semblait qu'il y avait des scènes violentes si stupéfiantes ou si étranges – notamment lorsqu'elles étaient accompagnées d'une musique peu appropriée et qu'on se mettait alors à détester par association – qu'elles arrêtaient même les esprits déterminés à arranger les choses. La violence avait sans doute une certaine catharsis, ou exerçait en tout cas une puissante fascination, puisque même les compagnons de la victime ne bougeaient pas, ne réagissaient pas. La queue de billard finissait par se casser au rythme de la chanson sans mélodie répétée par Thalès, comme un automate mécanique qu'on aurait remonté. L'homme à terre n'en menait pas large, bien que cela ne dura en vérité que peu de temps. Cela ne suffit cependant pas à arrêter la bagarre.

Le capitaine Powell se relevait, prêt à affronter les autres. Ceux-ci devaient se débattre entre couardise et bravade, au vu de comment ils furent hésitants pendant quelques secondes ; cette fois, la serveuse fila à l'arrière-salle. Finalement, un des hommes finit par se saisir d'une bouteille de bière restée à proximité, et la cassa en deux contre une chaise, plus que prêt à s'en servir.

« Tu vas le payer. »

Ce signal sembla suffire aux autres, malgré les deux ivrognes à terre, pour que la partie recommence. Un premier coup de poing, donné par un autre, profita de l'angle mort occasionné par le bandeau de Thalès, pour le frapper. Et cette fois, le mutant aurait peut-être du mal à se défendre contre plusieurs adversaires, même s'il était en état de rage belliqueuse certain. Une minute s'écoula, pendant lesquels les coups commencèrent à s'accumuler contre lui, même si aucun n'était entraîné comme le capitaine, mais ils voulaient tous en découdre : ce qui compensait. La situation changea brusquement, quand un, puis deux, puis trois des hommes restants finirent par reculer brutalement, comme sans y penser et de manière automate. L'homme armé de la bouteille brisée ne sembla pas comprendre leur soudaine réaction, jusqu'à ce qu'une autre voix retentisse.

« Vous sortez. Tous, dehors ! Pas de bagarre ici. Ne remettez plus les pieds dans ce bar. Sauf vous, vous restez. » La dernière phrase était adressée à Thalès, bien entendu. « Le prochain qui se bat pour nuire aux mutants, je lui ordonne de se jeter du haut d'un pont, c'est clair ? »

L'homme à la bouteille avait reculé, surveillant Thalès du coin de l'oeil malgré tout, même s'il avait écouté ce qu'avait dit Andréas, revenu des cuisines à la demande de la serveuse. Il semblait cependant sceptique, ou encore trop enivré par l'ardeur de la bagarre, pour véritablement obéir. Fantôme sortit de derrière le comptoir, le regard flamboyant. Il fallut qu'un des autres hommes dont il avait pris le contrôle, s'approchât du « chef » en reprenant un des morceaux de la queue de billard, avec intention de nuire, pour qu'il se décide à décamper sans demander son reste. Seulement là, Andréas se permit de relâcher la pression mentale sur l'esprit des trois autres, pour qu'ils prennent la première décision intelligente de la soirée et s'en aillent aussi vite que s'ils avaient rencontré deux diables.

Il n'en fallut pas moins pour que les derniers clients ne choisissent de se barrer aussi. Personne n'avait, étonnamment, grande envie de rester avec un type au bandeau noir aux allures de psychopathe, capable de chanter et de blesser en même temps, ou avec un autre qui imposait sa volonté sur les gens. Cependant, même si tout danger était écarté, le regard de Fantôme ne s'apaisa pas. Il fit signe à la serveuse de rentrer. Les dégâts dans le bar n'étaient pas très importants, mais les traits d'Andréas étaient imprégnés de colère alors qu'il se tournait vers Thalès. Ils ne furent bientôt plus que les deux restants dans ce bar silencieux. Le jukebox émit un craquement dû au choc d'un moment plus tôt. Fantôme ne prononça pas un mot sur l'instant, les dents serrées, mais malgré tout il finit par briser le silence, ses yeux sombres fixés sur le capitaine.

« Qu'est-ce qui vous a pris, dans un lieu public ? Vous ne pouviez pas aller nous demander de vous débarrasser de ces crétins, comme tout le monde, au lieu de finir dans une bagarre ? » Le ton d'Andréas n'avait nulle chaleur, il était seulement froid et réprobateur. « Ce ne sont que des imbéciles. Vous leur avez mis une raclée, mais les derniers événements en ville ne vous suffisent pas, il vous faut encore du danger qui n'en vaut pas la peine ? »

Sans doute pensait-il aussi, même s'il ne le disait pas, il faut aussi ça pour nous discréditer en plus, nous autres mutants? Fantôme n'était pas aussi en colère qu'on pourrait le croire, pour autant, même si le bar n'était pas le sien, même si lui aussi appliquait la loi du Talion, il aurait préféré que cette bagarre soit simplement évitée. Il essayait aussi de juger, en un coup d'oeil, si l'homme en face de lui était blessé.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Mer 27 Mai 2015, 15:57


Time to give in to the kindness of strangers


Le capitaine était de nature calme, par contre, lorsqu'on lui tendait des perches, il ne manquait pas de les saisir. Il était complètement stupide de sa part de rentrer dans le jeu de ces alcooliques notoires, mais quelque part, il y avait pris goût. Il était de ces gens pour qui la paix était plus un ennui qu'un luxe. Si, au départ, il voulait véritablement éviter la bagarre, comme s'il cherchait à se sevrer de quelque drogue nuisible, il avait fini par céder à ses vieux démons. La lueur qui traversait sa prunelle était purement insensée voire diabolique, tandis qu'il donnait une raclée à ceux qui avaient eu le culot de le déranger. C'était comme si il y avait un lion ténébreux qui lui soufflait d'obéir à ses pulsions les plus rudimentaires et destructrices, tandis qu'il fracassait un nez, ou même cette queue de billard sur les flancs d'un homme à terre. Le fait qu'il fît cela en musique prouvait combien la violence était une banalité pour lui, ou combien il avait basculé dans un univers parallèle, dénué de raison. Il ne fallait pas douter que beaucoup ne voudraient plus écouter la chanson du chat, à commencer par les agresseurs, désormais victimes. Lorsqu'il entendrait de nouveau cette chanson, le capitaine se contenterait d'esquisser un sourire tranquille, comme si cela lui évoquait un souvenir cocasse, à part si cela allait finir par lui attirer des ennuis véritables. Ou peut-être aurait-il un tant soit peu de raison et ressentirait-il une once de culpabilité ou de honte. Quoiqu'il en soit, sur le moment, il aurait peut-être battu l'homme à terre, à mort, si la queue de billard ne s'était pas brisée. Il ne connaissait aucune limite, ce qui était certes ironique pour un X-Men.
Le bruit d'une bouteille brisée sur une chaise était caractéristique. Thalès se tourna vers son adversaire armé, une lueur encore plus dangereuse dans le regard. Il n'aimait guère ce qui était susceptible de lui crever son dernier œil, pour autant, il ne redoutait pas cette nouvelle menace. Il avait le tort de se croire plus fort que n'importe quoi, à moins que la douleur et la mort l'attirassent. Il continua donc à se battre, même s'il fut coupé à plusieurs endroits. Il n'était plus seulement couvert du sang de ses adversaires. Il fallait avouer que, aussi impressionnant était-il, le capitaine commençait à perdre le dessus. Il était après tout seul, et borgne. Ses adversaires l'attaquaient parfois à l'unisson, profitant de l'angle mort de sa vision, sans vergogne. Lorsque Thalès reçut un coup de poing sur le cache-œil, il le sentit véritablement passer, (il aurait tout intérêt à vérifier la blessure par la suite), pour autant, il ne plia point l'échine. Du sang sur le visage, il continuait à se battre farouchement. Il était si véhément qu'il aurait pu mordre ses adversaires, au point de leur arracher quelques doigts, mais l'occasion ne se présenta pas. Et puis, vous le verriez vraiment faire cela, honnêtement ? Thalès perdait de l'énergie. Ses lèvres saignaient, il avait mal aux côtes et sur le côté droit du visage, pourtant, ce ne fut pas lui qui mit fin aux hostilités. Les hommes parurent se calmer et reculer, de plein gré.

« Vous sortez. Tous, dehors ! Pas de bagarre ici. Ne remettez plus les pieds dans ce bar. Sauf vous, vous restez. Le prochain qui se bat pour nuire aux mutants, je lui ordonne de se jeter du haut d'un pont, c'est clair ? » déclara l'homme qui l'avait servi.

Thalès s'immobilisa, l'air pris au dépourvu par le rebondissement de situation, mais néanmoins pas plus surpris ou gêné que cela. Il comprit que c'était cet homme qui avait ordonné aux autres de se calmer. Était-il télépathe, ou quelque chose comme ça ? Thalès n'aimait pas les télépathes, même s'ils étaient peut-être plus capables de se perdre dans les dédales de son esprit scindé et torturé, qu'autre chose. Il ne fit aucun geste pour s'en aller, puisque cet homme le lui demandait. Il n'avait pas l'intention de fuir comme un lâche. De toute façon, Fantôme pourrait peut-être l'en empêcher. Il apprécia la dernière menace du barman, même s'il n'en montra rien. Il se contentait de rester silencieux et attentif, commençant certainement à sentir davantage la douleur due à ses blessures, maintenant que l'adrénaline passait un peu.
Il regarda les hommes contre lesquels il s'était battu s'en aller, sans demander leur reste. Thalès aurait probablement intérêt à éviter ce quartier, pendant quelques temps. Il ne tarda pas à voir les autres personnes présentes s'en aller, aussi. Il esquissa un sourire sans joie, conscient de les avoir terrorisées. En même temps, Fantôme devait les effrayer aussi, alors qu'il avait simplement restauré la paix. L'Homme était lâche. Il fallait espérer que personne n’appellerait la police. L'endroit ne tarda pas à être désert.
Thalès porta son attention sur Fantôme, tandis que celui-ci se tournait vers lui, l'air mécontent. Le capitaine ne cilla pas.

« Qu'est-ce qui vous a pris, dans un lieu public ? Vous ne pouviez pas aller nous demander de vous débarrasser de ces crétins, comme tout le monde, au lieu de finir dans une bagarre ? Ce ne sont que des imbéciles. Vous leur avez mis une raclée, mais les derniers événements en ville ne vous suffisent pas, il vous faut encore du danger qui n'en vaut pas la peine ? » s'indigna-t-il.

Thalès l'observait sombrement. C'était comme une larme de sang qui coulait, depuis le bas de son bandeau. Pour autant, il ne le retirerait pas. Cet homme lui demandait de se justifier, pourtant, il n'avait aucune excuse, et il ne tenait pas à en chercher. L'idée de demander de l'aide ne l'avait pas même effleuré. Ce n'était pas son genre, et puis tout s'était passé si vite... Il avait eu comme une absence, en vérité. Et voilà qu'il lui parlait presque de politique. Qu'est-ce que Thalès en avait à foutre, au fond ?

Je peux savoir quel est le problème ? demanda-t-il finalement, sans se démonter. C'était de la légitime défense, et c'est moi le méchant ?

Sans mentir, il exagérait les faits ou faisait preuve de mauvaise foi. Quelqu'un qui se défendait seulement ne serait pas devenu un tel prédateur, qui semblait trouvait cela presque jouissif.

C'est pas ma faute si ces « imbéciles » sont venus chercher querelle. Je ne vois pas où est le mal à leur montrer que les mutants savent se défendre, qu'ils ne se laissent pas faire, ajouta-t-il. D'autant que je me suis battu d'homme à homme avec eux...

Il s'assit sur un tabouret qui était accolé au bar, pour souffler un peu. Il n'était guère impressionné par Fantôme, puisqu'il se montrait plutôt arrogant. D'ailleurs, il poussa le vice jusqu'au point de faire une demande malvenue, comme si cela pourrait lui permettre de calmer la douleur.

Soyez gentil, servez-moi un verre, dit-il, non sans culot.

Il fallait croire qu'il n'aurait rien contre se battre contre Fantôme, également, mais il avait affaire à quelqu'un de plus intelligent, cette fois-ci.




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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Dim 31 Mai 2015, 17:55


C'était deux forces plutôt différentes qui se rencontraient. Les contraires ne s'attiraient pas forcément, pour autant, il aurait été prématurément mauvais de dire que ces deux hommes-là ne s'entendraient pas forcément. Ou l'inverse...tout dépendant parfois d'un détail, ou d'un verre d'alcool. Fantôme n'était en tout cas pas le seul à se débattre avec ses démons – sauf que les siens prenaient davantage l'apparence de fantômes imaginaires venant le hanter. Après tout, combien de fois n'avait-il pas parlé dans le vide à certains êtres chers, dans l'obscurité d'une pièce silencieuse et déserte ? Ça le rendait aussi fou que Thalès, dans un certain sens. A chacun son degré de démence, ses regrets, et sa manière de se détruire ou de faire un deuil. Andréas n'était cependant guère un adepte des bagarres, ou de se défouler pour se vider de sa colère. Non pas qu'il y rechignait, mais il avait d'autres moyens, télépathe qu'il était, peut-être tout autant sadiques. Cela ne signifiait pas pour autant qu'il entrait dans la tête des gens sans permission, contrairement à la jeune élève – Faces – qu'il avait parfois.

Aussi, si la violence ne lui était pas étrangère, il en était cependant moins accro que Thalès ne l'était. Ça, c'était certain. Tout comme lui aussi ne risquait plus d'écouter la chanson du chat, après tout cela, si du moins cela avait été dans ses goûts musicaux. Andréas risquait moins de sourire en se souvenant, par la suite, de cette scène, à moins que ce ne soit en un trait amer. De manière générale, il riait sur l'instant, mais rarement après, par évocation de souvenirs. Quand on voyait un homme dépasser ses limites jusqu'à aller vouloir battre à mort un autre, somme toute plus idiot que méchant, on perdait tout envie de rire. Ce n'était pas le genre de choses à plaire à Fantôme, à moins qu'il ne soit lui-même dans une passe sombre. S'il pouvait comprendre jusqu'où menait le désespoir et la rage, la colère était, pour lui, bien différente. Peut-être n'aurait-il été pas étonné de voir Thalès arracher des doigts à un autre homme ; par contre, il en aurait malgré tout ressenti une grande secousse dans son âme.

La bagarre aurait pu véritablement mal tourner pour le mutant, si Fantôme n'était pas intervenu. Disons qu'il était de son devoir de veiller à l'ordre des choses ici, en l'absence de Pablo, et que de plus, il n'aimait pas spécialement le désordre non plus. Il surveillait les hommes qui s'en allaient, mais aussi Thalès, pour veiller à ce qu'il ne s'enfuie pas. Auquel cas il n'aurait pas hésité à lui donner un ordre bien cinglant, ou à entrer dans sa tête. Il avait déjà eu l'occasion d'entrer dans le crâne d'esprits dérangés ; ce n'était pas cela qui lui faisait peur. Le bar se vidait, jusqu'à ce ne résonne plus aucun bruit. Alors seulement Andréas prit la parole, de façon plutôt virulente, accusatrice, certes. Mais il n'allait pas féliciter le mutant pour avoir aidé à déclencher une bagarre, même si les dégâts matériels n'étaient pas si importants que ça. Ceux humains, le tourmentaient davantage. Le capitaine le regardait en face sans ciller : une qualité qu'il devait lui reconnaître. Le regard sombre, parfois enflammé d'Andréas, en impressionnait parfois certains.

Une larme de sang sembla glisser du bandeau noir, mais il aurait été incapable de dire si c'était à cause d'une blessure, ou du sang de quelqu'un d'autre. Il restait droit, stoïque, comme n'ayant rien à se reprocher, comme s'il était dans son droit. Cela pouvait être admirable dans certains situations. Il ne prenait pas la poudre d'escampette, au moins. Mais c'était seulement une partie de ce qui intéressait le cuistot. La réplique le fit presque sourire, mais son regard demeurait froid, simplement froid. Pour le moment, Thalès n'était ni un ennemi, ni un ami.

« La légitime défense ne va pas toujours jusqu'à battre un homme de façon aussi violente. Et j'ai vu comment vous faisiez. »

Il ne prit pas la peine de décrire cela davantage. Le capitaine savait mieux que Fantôme lui-même, comment il avait agi. S'il faisait semble de l'ignorer, alors il serait un lâche ou un sournois. Rien de plus, et cela désintéresserait complètement Fantôme. Il y avait une différence entre rendre les coups, et devenir prédateur.

Les yeux de Fantôme l'observaient de haut en bas, déterminant ses blessures, les endroits où il semblait le plus souffrir. Il ne faisait pas preuve d'un amour inné et global envers l'humanité, contrairement à certains, mais quand les circonstances s'y prêtaient, pour lui, la vie d'un humain valait autant que celle d'un mutant. Peut-être plus, quand il s'agissait de ceux qui ne vivaient pas éternellement.

« Non, c'est pas votre faute. Mais vous auriez dû les ignorer, ou nous prévenir. Pas commencer à répandre le sang. L'égalité n'a rien à voir là-dedans. On n'est pas innocent, quand on se bat comme quelqu'un d'assoiffé de sang. »

Voilà, les mots étaient dits. Ce qui ne déconcertait ou ne gênait pas le capitaine, qui prit parti pour se remettre sur un tabouret, et demander un verre. Comme si tout était normal, comme si tout allait bien. C'était là un cran original. L'homme ne se comportait pas du tout comme coupable. Fantôme prit le temps de peser sa demander, peut-être aussi, qui gagnerait, s'ils venaient à combattre. Quelle que soit la conclusion de ses pensées, il prit un chiffon propre, qu'il lui lança.

« Vous saignez pas mal. »

Il ne serait pas dit qu'il aurait laissé un homme se vider de son sang, dans ce bar. L'arrogance de l'homme lui plaisait légèrement, peut-être l'homme lui-même, tout simplement. Il saisit la première bouteille qu'il trouva – du whisky – et servit deux verres, avant d'en pousser un vers le capitaine. Le regard de Fantôme demeurait pour autant perçant et direct, dépourvu de chaleur, mais non pas d'une certaine curiosité. Son regard semblait flamboyer, littéralement. Il avait peu eu l'occasion de voir des béliers humains, voilà tout.

« Quelles idioties ont-ils dit, pour vous mettre dans un état pareil ? »


Si Thalès tenait un bar toute la journée, il aurait, comme Fantôme, appris à ignorer certaines provocations. Quoiqu'après tout, la situation n'était pas forcément si différente, avec les clients d'un taxi.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Mer 10 Juin 2015, 17:18


Time to give in to the kindness of strangers


Le problème résidait probablement dans le fait que le capitaine n'avait pas conscience d'avoir franchi une limite. Son seuil de non-retour devait être beaucoup plus éloigné – et proche du précipice – que celui des gens ordinaires. C'était peut-être le cas de ceux qui avaient perdu un être cher, puis avaient trop vécu. Il ne devait pas qu'à la guerre son tempérament farouche et nihiliste, penché vers la violence, mais elle avait beaucoup joué. Manquer de mourir n'avait pas fait de lui un homme meilleur, mais un être extrême. Ce qui pouvait paraître terrible aux autres n'était qu'une banalité pour lui. En un sens, il était plus un sociopathe qu'un psychopathe. Il ne faisait pas toujours le mal en connaissance de cause, et il ne s'en réjouissait pas forcément. Lorsqu'une lueur de folie éclairait sa prunelle, lui-même ne devait plus savoir exactement ce qu'il se passait, et il était le témoin des conséquences, par la suite. En tout cas, ce n'était pas Thalès qui allait s'enfuir, face à l'adversité. Il n'avait pas l'âme d'un déserteur, puisqu'au contraire, il avait tendance à courir après le danger, à tort ou à raison.
Même s'il maintenait un air assuré, le capitaine ne pouvait pas non plus avoir l'air glorieux. Il était certes loin d'avoir agi en héros, mais surtout, certaines blessures le lançaient un peu, en particulier celle qu'il cachait sous son bandeau. Mais il ne comptait pas dévoiler la moindre trace de faiblesse à Fantôme.

« La légitime défense ne va pas toujours jusqu'à battre un homme de façon aussi violente. Et j'ai vu comment vous faisiez. » répliqua-t-il.

La guerre nous a appris à tuer ou à être tué, répondit-il, avec peu de gravité. Mais je ne serais pas allé jusqu'au bout...

Cachait-il la vérité à Fantôme, ou se mentait-il seulement à lui-même ? Il était à peu près certain qu'il n'était pas capable d'éliminer un homme pour si peu, mais rien n'était sûr. Le fait qu'il soit tenté par de telles extrémités était déjà suffisamment grave. Fantôme se serait peut-être attendu à ce que Thalès se défende ou nie, mais il ne le faisait même pas. Il était plutôt du genre à foncer dans le tas, comme un bélier, puis à effectivement admettre qu'il venait de défoncer un mur, peu importaient les conséquences. D'aucuns le qualifieraient d'être de glace. Certes, il pouvait se montrer plus sournois lorsqu'il y a avait des enjeux plus... politiques.

« Non, c'est pas votre faute. Mais vous auriez dû les ignorer, ou nous prévenir. Pas commencer à répandre le sang. L'égalité n'a rien à voir là-dedans. On n'est pas innocent, quand on se bat comme quelqu'un d'assoiffé de sang. »

Le capitaine fut intéressé par les stocks du bar, tandis que Fantôme le traitait de vampire particulièrement violent. Même la plus épaisse protection du monde ne permettait pas d'entendre de telles choses, sans sourciller. Surtout lorsqu'il y avait une part de vérité.

Je suis démasqué, répondit-il, avec ironie, comme pour fuir une réalité trop sérieuse.

Il poussa le vice jusqu'à s'installer face au comptoir, afin de demander un nouveau verre d'alcool. Il était certes loin d'en avoir besoin. Il récolta plutôt un chiffon, lancé par Fantôme, qui lui signalait qu'il saignait. Le capitaine avait cru s'en rendre compte. La douleur avait l'avantage de mettre en évidence les endroits où c'était son propre sang, plutôt que celui des autres. Il prit le chiffon dans ses mains, mais ne s'en servit pas tout de suite. Son regard était attiré par Fantôme, qui acceptait finalement de le servir. Le capitaine en fut agréablement surpris, d'autant que l'homme semblait vouloir se joindre à lui. Il pensa bien que ce type ne devait pas être très équilibré, pour accepter de boire un coup avec l'idiot du village, qui venait de foutre le feu à sa pelouse. Mais le militaire savait rester sur ses gardes, tout en ayant l'air décontracté.

« Quelles idioties ont-ils dit, pour vous mettre dans un état pareil ? » demanda-t-il.

Quelle importance, puisqu'il s'agissait d'idioties ? répliqua-t-il, en le regardant dans les yeux. Ce n'était peut-être qu'un prétexte pour tabasser des hommes intolérants.

Il ne savait guère pourquoi il se montrait aussi direct, à l'égard de Fantôme. L'alcool devait faire son effet, qui plus est. Mais il en avait assez de ceux qui se croyaient supérieurs aux infirmes ou aux mutants. Il avait bien conscience que s'il avait été de mauvaise humeur, il aurait pris un prétexte encore plus anodin, pour se battre. Il faisait heureusement preuve de plus de patience, au volant d'un taxi, même si ce n'était pas toujours évident.
Il se contenta de porter le chiffon sur sa joue, pour en essuyer le sang, l'air peut-être un peu plus las. Pour autant, il ne souleva pas le cache-œil. Il porta ensuite le verre fraîchement servi à ses lèvres, pour en boire une gorgée relativement longue et salvatrice. Il était aisé de se détester lorsqu'on se rendait compte que, en un claquement de doigts, on venait de se plonger dans une telle situation.

Vous allez appeler la police ? demanda-t-il enfin.




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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Dim 14 Juin 2015, 20:04


Fantôme aurait pourtant dû être fait de la même matière que cet homme. Lui aussi avait perdu des êtres chers, encore trop récemment, et avait trop vécu. Pourtant, il n'était pas devenu semblable au capitaine, cherchant à dépasser les limites, ou à foncer dans la première bagarre venue, ne suivant que ses impulsions. Cependant, il se prenait à rêver d'absolu, et à accepter tous les moyens pour une fin. Peut-être n'était-ce qu'un autre type d'auto-destruction, nuancé différemment par le fait qu'il était plus ou moins humaniste. Extrêmes, certes, mais de manière tout à fait dissonante, différente. Mais c'était peut-être pourquoi il parvenait à comprendre en partie cet étranger, ou encore pourquoi il ne le chassait pas directement, et avait pris sa défense plutôt que celle des hommes stupides.

Pour l'instant, le client en payait plus les conséquences qu'autre chose, avec des filets de sang et une douleur sans doute bien palpable, même s'il le cachait bien. Ne pas perdre la face était donc une chose importante pour lui, ni montrer même qu'il était gêné. Cela pouvait être une bravoure frisant l'idiotie, car personne n'était invincible.

Sa « maxime » résonna avec un écho particulier en Fantôme. Il repensait à la visite d'Ascheriit, chez lui, en compagnie de Louise. Au final, n'avaient-ils pas cédé, pour la même raison ? Tuer ou être tué. Il avait protégé sa famille, et serait allé jusqu'au bout pour cela. D'ailleurs, malgré la disparition du Seigneur des Ténèbres, il n'avait pas jeté l'éponge. C'était loin d'être son genre. Il était de ces hommes qui luttent toute leur vie, et ne s'accordent que de rares temps de repos. Peut-être que le reste de cette soirée en serait un. C'était aussi le ton léger de l'homme, qui le frappait. Comme si cela n'avait pas d'importance.

« Si c'est si signifiant, pourquoi faire semblant de prendre ça à la légère ? »

Ce ne serait certes pas la première contradiction de son interlocuteur, ni la dernière. C'était vrai, être tenté par l'abysse, par le fait de tuer la mort, était bien assez. Cela était lié tant à l'égoïsme, qu'au solipsisme, et par le fait de mettre sa propre vie, au-dessus de tout. Après tout, le premier moteur de tout être, c'était la survie. Après seulement, on trouvait des dérivatifs diablement dangereux et sournois. Il n'était donc peut-être pas si étonné que l'homme lui tienne tête. Ça correspondait davantage au personnage, qu'il était intrigué de découvrir. Glace ou bélier, il y avait sans doute un mystère là-dessous.

Si la réplique d'Andréas fit mouche, le client n'en laissa rien paraître, à moins que l'ironie ne fut que la preuve qu'il avait parfaitement conscience de ce dont on l'accusait. C'était plus que probable. On ne se vantait pas aisément d'être une tête brûlée, ou encore proche d'une machine à assassiner. Démasqué ? Il était moins facile de déchiffrer l'âme, que ce que cachait ce bandeau noir. Pas besoin d'être malin pour se dire que l'oeil derrière était crevé, ou aveugle. Les deux verres servis, Fantôme resta de son côté du comptoir, mais s'assit sur une chaise haute, à son tour, ne cessant de le dévisager. S'il faisait preuve d'un peu moins de froideur, il demeurait profondément curieux, et intéressé. La conversation directe l'intéressait, également. Il faisait généralement preuve de franc-parler, notamment avec ceux ayant un tempérament semblable à celui du capitaine. Les yeux sombres de Fantôme soutinrent le regard acéré et unique de Thalès, sans ciller. Il n'était pas non plus du genre à se laisser impressionner, ou à se prendre pour supérieur aux autres, humains ou mutants. N'importe qui pouvait être le grain de sable dans une roue.

« Alors, je serais curieux de savoir le véritable sujet de votre colère, puisqu'il a fallu s'en défouler au premier hasard venu. » sourit Fantôme, avec un demi-sourire presque moqueur.

Il l'observa boire une longue gorgée, avant de porter lui-même son verre à ses lèvres, avalant une rapide gorgée. Il ne se servait généralement pas dans les réserves de Pablo, et était très honnête sur tous les comptes. Mais vu le temps qu'il passait ici, ce ne serait pas quelques heures qui mettraient son travail ou le bar en péril. Il eut un autre sourire, moqueur, charmeur, à la question du bélier.

« Bien sûr. Je ne vous ai servi un verre que pour vous retenir, le temps qu'elle arrive. »
Andréas eut un léger rire, avant de sortir une cigarette de sa poche, et de l'allumer. « Mon patron n'aime pas trop la police, et moi non plus. Elle comme moi avons autre chose à fiche que de passer une heure à remplir des papiers pour une queue de billard cassée et quelques verres brisés. En revanche, si cela se reproduit de nouveau, je serai moins tolérant. »

Fou, lui, de laisser Thalès ici ? Ce n'était pas comme s'il avait beaucoup de choses à perdre, ou qu'il était pressé.


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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Jeu 18 Juin 2015, 17:42


Time to give in to the kindness of strangers


Le capitaine était loin de rentrer dans des débats intérieurs aussi philosophiques que Fantôme. Il avait déjà suffisamment de problèmes concrets, ou de névroses, à régler, pour se préoccuper d'états d'âme. Il savait pertinemment qu'il valait mieux agir que se prendre la tête pendant des heures. Il ne connaissait pas suffisamment Fantôme pour le traiter de rond-de-cuir, mais telle restait sa philosophie. Quant à ses emportements, qui frôlaient la folie, il aurait beau retourner la situation dans tous les sens qu'il ne saurait pas exactement comment ils se déclenchaient, et pourquoi. Si tel était le cas, cela ne se produirait plus n'est-ce pas ? A moins que cette (auto)-destruction lui plût, bien entendu. En ce cas, malgré des périodes où il désirait véritablement devenir meilleur, il était condamné à rechuter infailliblement. Et à prendre son pied à chaque fois, jusqu'à qu'il ne reste plus que cendres et regrets. Thalès n'était au fond, pas si différent, d'une variété d'hommes que l'on trouvait beaucoup dans les sphères mutantes de New-York. Il serait difficile pour Fantôme d'établir, au premier regard, un rapport entre Baldwin et lui, tant ils semblaient différents, mais quand on creusait un peu... On risquait d'être aussi surpris qu'un paléontologue.
« Il y a au fond des hommes un sentiment étrange qui les pousse, ainsi qu'à des plaisirs, au spectacle des supplices. Ils cherchent avec un horrible empressement à saisir la pensée de la destruction sur les traits décomposés de celui qui va mourir, comme si quelque révélation du ciel ou de l'enfer devait apparaître, en ce moment solennel, dans les yeux du misérable ; comme pour voir quelle ombre jette l'aile de la mort planant sur une tête humaine, comme pour examiner ce qui reste d'un homme quand l'espérance l'a quitté, » disait l'autre. C'était précisément ce que ressentait Thalès. Détruire pour démontrer qu'il était plus résistant, le survivant. Il n'avait pas idée – ou trop conscience – que tous nos actes avaient un écho, dans l'immédiat, ou dans l'avenir. Il était en train de se consumer lui-même, mais même s'il s'en rendait compte, il ne reculerait pas. Il fallait toujours avancer, que ça soit vers la victoire ou la défaite, affirmait un certain Lannister. Ces hommes n'auraient jamais de paix tant qu'ils n'auraient pas obtenu l'absolu qu'ils convoitaient, (souvent inatteignable par ailleurs) ou tant qu'ils n'auraient pas poussé leur dernier soupir. Ils n'avaient que très peu de moyens d'être sauvés. Le sourire d'un être aimé pouvait parfois suffire à les apaiser, mais encore fallait-il qu'ils permissent au reste de l'humanité, de réellement les atteindre. Bref, il s'agissait ni plus ni moins de causes perdues. Et paradoxalement, ces hommes semblaient attirer les personnes, autour d'eux, comme si ces caractères imprévisibles et dangereux intriguaient et séduisaient. L'espèce humaine était assez incompréhensible.
Son interlocuteur parut ne pas foncièrement apprécier l'intonation qu'il prenait. Thalès n'en prit guère ombrage.

Vous savez, s'exciter ou s'lamenter ne changera rien à ce qu'il vient de se passer, ni à la façon dont fonctionne le monde, répliqua-t-il simplement.

Il fallait lui accorder qu'il était bien plus facile à vivre, et moins susceptible, que certains hommes à qui on pouvait le comparer. Mais c'était uniquement parce qu'il n'était pas dans l'un de ces moments où il... pétait ni plus ni moins les plombs. Il regarda l'homme s'installer en face de lui, l'air captivé par l'image que renvoyait le borgne. Il était flatté d'être un sujet d'étude, dis donc. Thalès sentait parfaitement que s'ils étaient des chiens ou des loups, ils n'auraient de cesse de se battre pour deviner qui était le dominant, et à qui appartenait le territoire. Mais ne disait-on pas que l'homme était un loup pour l'homme ? Finalement, il était plus philosophe qu'il ne le souhaitait.

« Alors, je serais curieux de savoir le véritable sujet de votre colère, puisqu'il a fallu s'en défouler au premier hasard venu. » demanda-t-il alors.

Je croyais que vous étiez barman, pas psy, se contenta-t-il de répliquer.

Il ne savait pas exactement pourquoi il s'était défoulé ainsi. Il aurait pu mettre cela sur le compte de la journée, comme d'événements plus anciens, qui faisaient de nouveau surface, sans raison spécifique. Il avait besoin de libérer la tension qu'il accumulait depuis un certain temps, à moins que ce ne fût gratuit. Les explications étaient variées et il n'avait pas l'intention d'en parler avec cet illustre inconnu. Il se contenta de se concentrer sur son verre d'alcool, qu'il ne tarda pas à finir. Thalès avait la descente facile, et il en fallait beaucoup pour réellement l’enivrer.
Il releva un regard froid lorsque Fantôme dit qu'il l'avait servi, uniquement pour qu'il soit là, à l'arrivée de la police. Il ne sourit pas, même lorsqu'il comprit qu'il ne s'agissait que d'une plaisanterie. Il se contenta de regarder son interlocuteur s'allumer une cigarette, en silence.

« Mon patron n'aime pas trop la police, et moi non plus. Elle comme moi avons autre chose à fiche que de passer une heure à remplir des papiers pour une queue de billard cassée et quelques verres brisés. En revanche, si cela se reproduit de nouveau, je serai moins tolérant. » expliqua-t-il.

Thalès arqua un sourcil, se demandant s'il pouvait croire ce type sur parole. Mais après tout, on ne s'inventait pas tous les jours une attitude aussi louche, qui fuyait la police. Il eut l'air plus intéressé lorsque Fantôme le prévint qu'il n'avait pas intérêt à recommencer ce numéro-là. Il était comme intrigué de voir de quoi cet homme était capable.

Vous faites pas de souci, va, je doute de revenir dans le coin, d'ici tôt, se contenta-t-il de répondre. On a beau dire que je perds mon sang-froid, vous, c'est loin d'être votre cas, pas vrai ? Habituellement, les gens ne restent pas aussi stoïques, lorsqu'ils voient un bélier tout défoncer dans leur bar. La désertion de vos clients parle pour eux. Et si j'me fie à ce que vous venez de dire, c'est peut-être moi qui, au fond, devrais appeler la police, conclut-il, avec un sourire à la fois amusé et provocateur.




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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Jeu 25 Juin 2015, 17:57



Tu peux jeter la pierre, moi je ne sentirai rien
Car je suis fait de glace, oh je suis fait de glace
A force de tomber l'âme trop épuisée
J'ai fini par comprendre que tout malaise se passe
Que tout malaise se passera



C'était ce qui différenciait Fantôme de bon nombre d'autres mutants : ses débats intérieurs. Les nombreux moments qu'il passait, plongé dans l'obscurité d'une pièce vide, emplie de souvenirs effacés et de chaises désertes ; c'était cela qui ne le rendait pas fou (quoique), c'était cela qui l'empêchait d'agir avec l'égoïsme d'un Arlathan ou d'un Ascheriit. A moins qu'il n'y ait après tout, que différentes sortes d'égoïsmes, et que la sienne se plaise juste moins aux dommages collatéraux. Il n'était cependant pas un rond-de-cuir, comme l'était Doctor, par exemple. Fantôme se plaisait à calculer, réfléchir ; il restait volontiers stoïque pour dissimuler ses pensées, et c'était son long passé qui expliquait que parfois, il semble difficile de tirer autre chose que de l'impassibilité de ses traits. Mais cela ne signifiait pas qu'il était incapable d'émotions. Mais il valait mieux ce stoïcisme né à force de l'endurance de la douleur, que la colère froide et éclatante, du dieu pour lequel il s'était pris, un jour. Ce n'était même pas pour lui, ou pour protéger les autres. Il savait juste que la roue éternelle du temps tournait, et qu'après tout, n'était peut-être pas si loin, ce jour où il céderait de nouveau à la partie la plus obscure de sa personnalité, comme on accueille un vieil ami depuis longtemps distancié. Fantôme, c'était un peu, au final, comme ces vampires de littérature qui posent à côté de leur victime, devant une glace. Le vampire ne se voit pas : seul l'humain reste, confronté à son propre reflet, sa face sombre et dissimulée. Le monstre, invisible, renvoyait à l'homme uniquement.

Deux formes d'auto-destruction différentes, oui. Si ce n'est que celle de Fantôme ne tenait qu'à sa seule volonté. Le mutant serait sans doute devenu littéralement ce que son surnom voulait dire, ou alors simple poussière, s'il avait choisi un jour de cesser de vivre. Ce n'était qu'à la volonté que tenait son existence. Aussi n'avait-il pas vraiment le droit à l'erreur. En ce qui concernait Baldwin, même s'il l'avait recroisé à la cérémonie d'hommage aux X-Men, c'était peut-être triste à dire, mais il était sorti de ses pensées depuis un moment. Le temps où il faisait partie de ce groupe-là était bien lointain, à ses yeux. Baldwin ne lui inspirait pas de sentiment particulier, sans pour autant qu'il soit un étranger. Alors la comparaison n'allait sans doute pas lui sauter aux yeux. Ce qui ne l'empêchait pas de s'intéresser à Thalès.

En fait, s'il avait saisi un peu mieux, d'ores et déjà, le type de pensées et de citation qui animait Thalès, il ne l'aurait pas trouvé si éloigné d'une certaine figure féminine connue et même populaire. Il aurait plutôt bien compris ce raisonnement, celui du serpent qui se dévore lui-même, l’Ouroboros, dans un cercle infini. Cette envie de vivre qui n'apparaissait que plus éclatante lorsqu'on faisait s'effondrer l'autre en face, au risque de se brûler soi-même, de jouer trop longtemps avec le feu. Cela était indéniablement dangereux. Comme pour examiner ce moment précis où le cœur éclate, où l'espérance cède la place au désespoir, quand le positif tourne au noir, quand la mort apparaît à la place de l'optimisme. Il y avait là un égoïsme profond d'enfant, qui ne vivait que dans l'instant présent. C'était comme se voir mourir sans pour autant mourir soi-même, et savourer par avance, ce que l'on savait être sa propre fin.

Tant que ce comportement durerait, bien sûr, aucun bonheur ordinaire ne serait possible, ni ne serait donné – mais au fond, peut-être que ce n'était pas cela qu'ils demandaient. Même si Fantôme, en tout cas, faisait partie de ces gens qui parfois, étaient désignés sous ces termes : I know this house. I tell you there's nothing here for you. They live ordinary lives. Parfois on avait besoin de cela, entre des moments plus qu'extrêmes. Mais allez faire comprendre cela à des gens comme Thalès ou Baldwin. Andréas n'avait que l'expérience de plus qu'un millénaire qui parlait pour lui, et s'il s'aventurait parfois à donner des conseils, il ne comptait point faire la morale, quand lui-même en avait une assez étrange. Assez de ces introspections au cœur de l'âme des deux hommes qui se faisaient face à face, comme deux loups qui cherchaient à affirmer leur place dominante au sein du monde ; mieux valait parfois une simple scène physique, pour régler cela.

« Non, mais dans ce cas, autant cesser de vivre directement, »
fut la réplique verte, et directe, d'Andréas.

Ce qui n'était pas faux. Le passé était le passé, pour autant, ne pas « s'exciter ou se lamenter » était autant une marque de je m'en foutisme prononcée. Dans ce cas, autant ne pas être vivant, en effet. Oui, Fantôme aimait observer et analyser les gens. Quand on vivait aussi longtemps, les gens en eux-mêmes étaient la seule chose qui restait, sur laquelle on pouvait véritablement s'appuyer. C'était la seule chose permanente dans un univers qui s'étirait sans fin, depuis le Big Bang jusqu'au trou noir qui engloutirait l'univers. Tout était certes bien relatif. Le mutant eut un léger sourire, une nouvelle fois, à l'attaque de Thalès. Il ne rentrerait pas dans son jeu. Il buvait son verre par gorgées, quant à lui, sans se presser. Il faisait partie de ces gens qui avaient l'éternité devant eux.

« Juste curieux. »


Mais qu'il soit curieux, ne signifiait pas qu'il allait assaillir Thalès de questions. Il était aussi de ces hommes – du moins lorsqu'il n'était pas davantage Fantôme qu'Andréas – n'abusait pas du consentement non voulu des autres. Il n'allait pas insister, si Thalès n'était pas d'humeur. Il resservit les deux verres, lorsqu'ils furent vides, comme par mécanisme, mais en vérité, la situation ne l'oppressait pas tant que cela. Il était plus d'humeur à prendre cela dans une ambiance bonne enfant, ou simplement détendue, encore qu'il ne montrait pas grand-chose de son état d'esprit. Quant à la police...

« Disons simplement que même si je n'avais pas de trucs à me reprocher, je n'ai pas de temps à perdre, » expliqua-t-il, calmement, voyant que Thalès prenait la chose comme il voulait. « Et non, je ne me laisse pas désarçonner facilement. Pour vous reprendre, eh bien, ça ne sert à rien de s'exciter ou se lamenter sur trois verres cassés. » Un sourire. « Mais toutes les situations ne me rendent pas aussi cool, rassurez-vous. »

Peut-être une provocation, certes, pour pousser Thalès à essayer de l'énerver. Il voyait bien quel type de jeu il jouait. Et puis, le sourire provocateur de Thalès lui plaisait bien. Il n'était pas sans lui évoquer une autre figure de son passé, encore qu'elle soit très différente par bien des aspects. Fantôme termina son deuxième verre, avant de relever les yeux vers lui, sa cigarette presque consumée.

« Si ça vous amuse. Le monde a déjà assez de divertissements comme ça, cependant. »
En des temps ordinaires, c'était lui qui appelait la police pour que les autres lui soient redevables. « A quoi ça vous avancerait ? »

La question en suspens avait elle aussi la senteur amère des cendres de cigarettes.


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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Mer 08 Juil 2015, 21:02


Time to give in to the kindness of strangers


Le capitaine observait le bar déserté. Ce n'était pas tous les jours que l'on voyait un lieu public, vide. Cela dégageait une impression étrange, à la fois oppressante et reposante. Plus personnellement, un bâtiment déserté et mis sens dessus, dessous, lui rappelait la guerre. Son regard s'attarda sur la queue de billard brisée, au sol, mais il ne manifesta aucune émotion. Fantôme était assurément plus stoïque et sage que lui. Pouvait-on le mettre sur le compte de l'âge ? Après tout, des expériences difficiles apprenaient à ne plus jouer avec le feu. Encore que, c'était à se demander si certains individus, comme le capitaine, étaient capables de retenir de telles leçons. Le borgne tenait à la vie, pour autant, l'immortalité lui ferait certainement horreur. Aussi destructeur que cela puisse sembler, il aimait consumer l'existence, par toutes les cordes, car cela lui permettait de la savourer. Il y avait des feux toxiques, comme le combat et la hargne, mais il y en avait des plus modérés et bienfaiteurs, comme n'importe quelle passion ou sensation. Il n'enviait pas ces immortels qui, à force de tourner en rond et de perdre leurs proches, pétaient tous les plombs. En ce sens, le militaire pouvait être accusé de trop vivre dans l'instant présent, puisqu'il se laissait dominer par ses émotions. Pour autant, il était plus ambitieux qu'il n'y paraissait. Et même s'il le cachait, il avait connu des souffrances, proches de la mort, que beaucoup de vivants n'avaient même pas effleurées. Il n'était pas aussi inconscient qu'il le semblait, ou du moins, ses névroses étaient justifiées. Il ne pensait pas courir après le malheur, pour autant. A la différence de beaucoup d'auto-destructeurs compulsifs, il était capable de se faire aimer, et de se préoccuper de certaines personnes plus que de lui-même.
L'ambiance était décidément étrange, comme s'ils hésitaient entre l'humeur philosophe et la lutte entre deux loups. Son interlocuteur n'avait pas sa langue dans sa poche, comme en témoignaient ses répliques cinglantes. Thalès le regarda avec intensité.

Je vis sans doute plus ardemment que la majorité des types qui fréquentent votre bar, répondit-il simplement. Ils boivent pour mieux se lamenter et oublier leurs ennuis pathétiques. Cela vous rassurerait que je fasse pareil ?

Il avait conscience que sa réplique était enrobée de provocation, mais il aimait jouer l'avocat du diable, et d'ailleurs, il pensait ce qu'il disait. Il n'aimait pas les faibles, ni ceux qui était prompts à se lamenter. Il comprenait pourquoi Fantôme jugeait qu'il y avait certaines limites de bienséance à ne pas franchir, mais il ne comprenait pas pourquoi certains étaient choqués par de simples mots ou états d'esprit. Et le barman lui affirmait qu'il était simplement « curieux ».

Ici, vous êtes comme dans un laboratoire, à voir les souris s'agiter, convint-il, sans se douter que le propriétaire des lieux possédait une fourmilière artificielle chez lui. Je comprends que vous deveniez observateur, « curieux », comme un scientifique ; et que vous soyez d'autant plus intrigué lorsqu'un chat surgit dans le poulailler, conclut-il, non mécontent de faire une référence à la chanson du chat.

De coutume, il n'était pas si loquace, surtout pour ne pas dire grand chose de probant, mais il paraissait que l'alcool déliait les langues. Et puis, cette joute improvisée l'avait un peu excité. Au reste, il était loquace parce qu'ils parlaient de tout et de rien, ou de l'humanité en général. Il était bien plus avare en mots, lorsqu'on venait à évoquer sa propre personne. Il esquissa un sourire lorsque Fantôme remplit de nouveau leurs verres.

« Disons simplement que même si je n'avais pas de trucs à me reprocher, je n'ai pas de temps à perdre. Et non, je ne me laisse pas désarçonner facilement. Pour vous reprendre, eh bien, ça ne sert à rien de s'exciter ou se lamenter sur trois verres cassés. Mais toutes les situations ne me rendent pas aussi cool, rassurez-vous. » expliqua-t-il.

Thalès l'observait avec intensité, comme pour chercher à lire en cet homme. Il voulait bien le croire, lorsqu'il affirmait être stoïque, voire imperturbable. Il eut un nouveau sourire lorsque le barman concéda qu'il y avait tout de même des limites. Quelqu'un comme Thalès pensait plutôt qu'il n'y en avait aucune, en quelques sortes, mais qu'importait.

Faire perdre du temps est l'activité favorite de la police et des administrations, convint-il, lui accordant volontiers le bénéfice du doute.

Il lui fit ensuite remarquer qu'il existait d'autres loisirs que le chaos. Malgré leurs sourires affables, il y avait toujours des étincelles entre les deux hommes. Et il lui demanda finalement pourquoi il appellerait la police.

Je n'ai pas intérêt à le faire, le rassura-t-il, avant de regarder de nouveau le « bordel » dont il était l'auteur. Besoin d'un coup de main, pour ranger ? demanda-t-il, toujours sans se préoccuper de ses blessures.




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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Lun 13 Juil 2015, 23:13


Fantôme avait certainement choisi l'inverse. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été capable d'émotions profondes. Comme si les décennies passant l'avaient endormi, lui empêchant certes de péter ces fameux câbles qui servaient à rendre les immortels tarés et mégalomanes, mais également de véritablement ressentir de l'empathie envers qui que ce soit, excepté son fils. Louise...Son cœur s'était barricadé davantage encore, depuis Louise. Il n'atteignait probablement pas le niveau d'un Stannis, car son apparence n'était pas que froideur, mais il y avait assurément quelque chose qui tournait mal chez lui, comme le vin finit par se corrompre et s'empoisonner. Cela était peut-être le seul moyen pour qu'il ne redevienne mégalomane, mais c'était aussi un chemin très sûr pour l'amener à devenir de plus en plus insensible à tout le reste. Il n'était consumé ni par les délires de l'ivresse, ni les joies de la chair, et pas plus par la chaleur d'une étreinte amicale. Tout lui devenait de plus en plus égal, à part l'éthique, des questions de loyauté et d'idéaux. Et la fréquentation des X-Men n'arrangeait pour l'instant rien à cela. Il avait vu trop de morts, et trop vu le temps de son époque naturelle s'éloigner. Il était dans un monde qui n'avait quasiment plus de racines avec celui qu'il avait été. Il était peut-être dans un état pire que celui de Thalès, finalement. Trop de temps avait passé.

« Non..ça m'arrangerait juste de pas avoir à nettoyer de sang par terre et annoncer votre décès à votre famille, J'ai un gamin dont je dois m'occuper, en plus du reste. » répondit Fantôme, toujours pince-sans-rire, et sans se douter qu'il venait de taper là il ne le fallait pas.

Provocation ou pas, il en faudrait encore davantage à Fantôme pour vraiment s'énerver, s'il s'énervait. Cet homme n'était pas aussi paisible et patient qu'un Davos : c'était juste une patience très différente. A vous de la définir. Il se contenta d'un sourire, amusé et moqueur, quand le capitaine se mit à parler de rat de laboratoire. Fantôme était sans doute au courant de la fourmilière au-dessus : il avait probablement aidé un Axel bourré à regagner son lit, plus d'une fois. La référence à la chanson du chat aurait pu le crisper, mais tout ce qu'il voyait, et entendait, était que cet homme cherchait encore la bagarre, la provocation, la joute verbale, rayez la mention que vous voulez.

« On peut dire ça comme ça. Mais je vous traiterai plutôt de tête brûlée et de torche qui se consume elle-même, » fit-il, avec un sourire ironique, mais un regard particulièrement éloquent qui ne laissait pas dupe sur ce qu'il pensait.

Voilà qui risquait de faire revenir Thalès sur ses réserves, mais c'était un risque à prendre. Aucun de ces deux hommes ne voulait vraiment parler d'eux, au fond. Ils s'étaient bien trouvés pour ça, et c'était une raison de boire un peu plus que coutume. Au vu des sourires de Thalès devant l'alcool, il aurait pu le prendre pour un alcoolique, mais cet homme n'en avait pas le profil. Boire n'était pas toujours un vice. Bonne chance pour déchiffrer Fantôme, au capitaine. Le barman hésita un instant, à la proposition de Thalès, avant de terminer son verre et de faire le tour du comptoir, pour effectivement se tourner vers ce qu'il y avait à ranger et redresser.

« Disons que ça vous servira de paiement pour ce que vous avez cassé, et ensuite, on finira la bouteille. » Fantôme se laissait rarement aller, et c'était encore moins recommandé quand on avait un bébé à charge ; il pouvait faire exception, pour une fois. « Vous saignez toujours. » Comme il savait que l'homme n'allait visiblement pas s'en occuper, il se chargea lui-même d'appliquer le chiffon sur les plaies, brièvement, au moins pour faire cesser de couler le sang.

« Ça guérira facilement. » Il se retourna vers les verres brisés, ramassant les morceaux avec une petite pelle qu'il alla récupérer. « Et encore heureux que vous n'ayez pas pété les verres de bière de collection ! Là, je vous aurais fait payer pour de bon, peu importe la manière ! »

Peut-être l'alcool qui lui déliait plus facilement la langue, qui sait ?

« Et qu'est-ce que vous faites dans la vie, à part tabasser les gens qui ne vous reviennent pas ? »



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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Mer 22 Juil 2015, 14:07


Time to give in to the kindness of strangers


Le capitaine n'était pas psychologue mais il sentait que peu de choses étaient capables d'atteindre Fantôme. Il n'avait pas l'air hermétique à toute émotion, ou trop marmoréen, mais il n'avait assurément pas eu la réaction logique d'un homme témoin d'une telle violence. Y était-il trop habitué, comme Thalès ? Mais il restaient bien différents. Le militaire était un mélange de chaud et de froid qui, lorsqu'ils entraient en contact, provoquaient un choc thermique et des effusions de colère soufflées par les vents du sud, eux-mêmes. Il arrivait que cela entraîne des sentiments positifs, également. Mais il avait du mal à imaginer son interlocuteur être spontané ou expansif pour quoique ce soit. Il fallait aussi se méfier de ces gens-là. D'un côté, c'était bien pour cette raison que le capitaine n'aimerait vraiment pas devenir immortel.

« Non..ça m'arrangerait juste de pas avoir à nettoyer de sang par terre et annoncer votre décès à votre famille, J'ai un gamin dont je dois m'occuper, en plus du reste. » répondit-il.

Vous vous inquiétez trop pour moi, se contenta-t-il de répondre.

Il était vrai que le capitaine était plus difficile que cela à abattre. Quant au gamin de Fantôme... Il n'avait pas envie de réagir là-dessus. La famille était un sujet délicat, pour lui. D'ailleurs, pour qui ça ne l'était pas ? En tout cas, Fantôme était un homme intelligent, ne serait-ce que parce qu'il ne rentrait jamais dans le jeu de Thalès. Il alla même jusqu'à le qualifier de tête brûlée et de torche qui se consumait toute seule. Ces images, qui n'étaient pas fausses, le firent étrangement rire. Il ne chercha même pas à contredire son interlocuteur, et donc à être raisonné.
Mais la conversation devint plus... constructive, lorsque le borgne se proposa pour aider à ranger. C'était une façon comme une autre de se faire pardonner, ou de s'assurer que Fantôme ne lui tiendrait pas trop rancune. Il accepta et parut apprécier, d'ailleurs. C'était d'autant plus favorable, qu'il proposait de finir la bouteille entamée, par la suite. La soirée se finirait peut-être mieux qu'elle n'avait commencé... ce qui n'était pas difficile. Et puis le barman lui fit remarquer qu'il saignait encore, avant de s'approcher pour nettoyer en partie le sang. Thalès se contenta de reculer, au bout d'un bref instant.

Des égratignures, approuva-t-il, après que Fantôme ait manifesté son peu d'inquiétude.

L'homme commença ensuite à nettoyer, en se permettant une plaisanterie au passage. Thalès hocha la tête, comme pour démontrer que la blague n'était pas nulle, mais il n'esquissa pas l'ombre d'un sourire. Il se contenta de se lever pour aller retirer du sol les morceaux de verre et tous les objets qui n'y avaient pas leur place.

« Et qu'est-ce que vous faites dans la vie, à part tabasser les gens qui ne vous reviennent pas ? » ajouta Fantôme, comme décidé à faire plus ample connaissance.

Je conduis un taxi, répondit-il, peu décidé à parler de son passé de capitaine, ou de son rôle chez les X-Men. Côtoyer des clients tous les jours, vous savez ce que c'est... Cela donne aisément envie de cogner des gens, ironisa-t-il.

Et le ménage se poursuivit dans cette ambiance ni chaude, ni froide. Il dura un certain temps mais cela aurait pu être pire, compte tenu de ce qu'il s'était passé.

Un coup de balais et de serpillière, et ce sera tout comme si rien n'était arrivé, commenta-t-il. A part pour le jukebox.

Il était occupé à servir de nouveau leurs verres, en parlant.




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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Jeu 30 Juil 2015, 00:19



Peut-être y était-il trop habitué, ou s'en était-il lassé. Le sang n'avait plus d'attrait, au bout d'un moment, mais l'inanité et l'absence d'émotions étaient assurément l'une des pires choses qui pouvaient arriver, sauf lorsqu'on les souhaitait pour reposer un peu une âme humaine trop torturée. Peut-être Andréas était-il de cette catégorie, après tout. Il en avait assez des remords qui pouvaient manger son âme, assez des sentiments et des coups qui pouvaient lacérer son âme. Et la vue de corps brûlés par vengeance, ne lui inspiraient guère plus de meveilles. Bien sûr, c'était différent quand on parlait de Benedict – à croire que seul l'amour ou la haine pouvaient réveiller encore quelque chose en lui. Peut-être finirait-il en statue de pierre, au lieu d'être l'esprit vagabond auquel il rêvait parfois.

Mieux valait ne jamais devenir immortel, en vérité, et c'était un mutant de plus de mille cinq cent ans qui le préconisait.

Fantôme ne répondit pas, au sujet de l'inquiétude exprimée par Thalès. Après tout, le gaillard avait l'air de savoir se débrouiller seul, ne serait-ce que pour déclencher une bagarre et tabasser des soiffards, et il avait l'air solide. Autant lui faire confiance là-dessus, donc. Le rire qu'il eut, aux comparaisons glissées par Fantôme, fit sourire le cuisinier, malgré tout. Il était bon de savoir qu'un rire de la part de ce borgne pouvait être franc, et non pas seulement froid ou dénué de joie, voire ironique. Cela montrait une certaine humanité, et également qu'il se rendait compte de la tempête humaine qu'il pouvait être. Quant à Fantôme, qu'était-il ? Juste une âme trop épuisée pour relever la tête autant qu'il le faudrait, quelqu'un dont la vie tenait plus à sa volonté, qu'à son corps ou un âge préalablement défini. Il lui semblait parfois qu'il ne devait son existence que grâce aux rouages d'acier qui lui avaient toujours parcouru l'esprit, comme une existence de chair qui avait fini dévorée par la mécanique, par la seule habitude de se lever et de marcher encore et toujours. Aussi ses rires, s'ils étaient également parfois francs, ou amusés, demeuraient plus rares.

Il reprit le torchon, lorsque Thalès le lui redonna, et le mit de côté pour en saisir un propre. Pas question de laisser davantage de sang encore dans le bar, au risque de se faire houspiller par Pablo, à moins que ce dernier ne se contente de rire en demandant qu'on l'invite pour la prochaine partie... Fantôme s'occupa des tables, des chaises et du billard, ainsi que d'éponger les liquides par terre, rouges ou presque transparents. Avec un peu de chance, il n'y aurait pas besoin de faire davantage. Il ne manquerait plus que la serpillière, pour tout arranger, par la suite.

Andréas s'arrêta quelques secondes, le temps d'écouter la réponse de son client, qui l'intéressait, après tout. Il n'était pas un homme à se perdre en questions inutiles.

« Un taxi...intéressant, surtout au vu de la vision. »
Il ne sourit pas pour se moquer ; il était en vérité, relativement admiratif. « Pas si on apprend à être distant. Mais je comprends mieux comment vous pouvez ne plus saquer les gens, à force, et au bout de la journée. Vous devez voir passer des existences de toutes les sortes. »

Fantôme s'occupa d'aller chercher la serpillière, peu après que Thalès l'eut évoquée, sans l'utiliser tout de suite. Il préféra aller examiner le jukebox, non sans noter du coin de l’œil que l'homme était occupé à resservir leurs verres. Enfin, l'appareil était amoché, ça, c'était sûr. Thalès y avait laissé sa marque, et il ne put retenir une légère expression exaspérée.

« Vous savez combien ça coûte, de réparer une antiquité comme ça ? Si du moins je trouve quelqu'un pour ça. Merci bien. »

Son ton n'était pas spécialement amène ; il ne prenait pas cette part du boulot véritablement à cœur. Mais ça l'ennuyait un peu, quelque part. Il revint vers Thalès, l'air peut-être agacé, mais il se contenta de prendre son verre, le levant à la hauteur de celui du capitaine.

« On trinque aux joyeuses bagarres de minuit ? »
fit-il, avec un sourire presque charmeur, et en heurtant légèrement son verre contre celui du capitaine. « Mais ne pétez plus rien, de préférence. »

Il n'était pas du genre à dire « par pitié » même pour rire : cela aurait montré qu'il attachait trop d'importance à son métier, ce qui n'était vraiment le cas. En parlant de bouffe, d'ailleurs...

« Vous voulez manger quelque chose avec ça ? Il doit y avoir des restes. L'appétit du sang, tout ça. Peut-être même que ça empêchera qu'on continue la bagarre. On dit qu'on ne peut plus avoir comme ennemi, quelqu'un avec qui on a mangé et bu. »

Il n'était pas certain que la suite de l'histoire allait honorer cette coutume, bien au contraire. Mais pour l'instant, ils n'en étaient qu'au stade de faire connaissance...ou du moins de vider la bouteille avant une heure du matin.


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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Mer 19 Aoû 2015, 20:29


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Thalès n'aimait pas les hommes faits de pierre. Il n'aurait probablement pas supporté d'être confronté à des gens tels les Lannister. Ils ne dévoilaient aucune émotion. Peut-être n'en ressentaient-ils aucune. Cette absence d'âme était déjà moins flagrante chez Fantôme, c'était peut-être pourquoi ils avaient une chance de s'entendre. Quant au capitaine... C'était sans doute un trop plein d'émotions contradictoires et explosives. Il n'était pas du genre à devenir hystérique mais il n'aimait guère les compromis et les demi-mesures, et lorsqu'une émotion monopolisait son attention, il était difficile de lui faire regagner la raison. Malheureusement, on le voyait plus souvent en colère qu'autre chose, ce qui n'aidait pas sa réputation ; mais il était capable d'éprouver bien plus. Et il avait conscience des excès qu'il se permettait et qu'il alimentait. Il y avait souvent une voix dans son esprit qui lui souffler de se calmer, de ne pas aller jusqu'au bout, mais il y prêtait peu attention. Pourquoi était-il devenu une bombe à retardement ? Pourquoi Fantôme était-il devenu si hermétique ? Des explications, on pouvait en trouver mille ou aucune. Ce n'était probablement pas à leurs âges respectifs qu'ils changeraient.
Situation quelque peu cocasse : ils se retrouvaient tous deux à ranger et nettoyer le bar. Thalès le faisait avec bonne volonté, après tout, c'était de sa faute. Il ne prêtait pas attention aux douleurs qui l'élançaient, ici et là, surtout sous son cache-œil. L'adrénaline et l'alcool captivaient encore trop son esprit.

« Un taxi...intéressant, surtout au vu de la vision. Pas si on apprend à être distant. Mais je comprends mieux comment vous pouvez ne plus saquer les gens, à force, et au bout de la journée. Vous devez voir passer des existences de toutes les sortes. » répondit-il.

Thalès immobilisa un mouvement et se braqua un peu lorsqu'il mentionna sa vision. Il ne démarrerait pas au quart de tour pour si peu mais il détestait les gens qui faisaient preuve de faiblesse ; il refusait tout autant qu'on le prît pour un infirme ou un être apitoyant. L'admiration était une discrimination positive, mais une discrimination tout de même.
Il se remémora plusieurs clients. Il y avait parfois des jeunes filles qui essayaient de l’arnaquer ou de payer en nature, ce qu'il refusait toujours. Il avait tout vu, du client moyennement chiant au vieillard franchement lourd qui osait lui demander de vider sa poche de pisse, quelque part. Il ne fallait pas généraliser, car il y avait des exceptions, mais l'espèce humaine pouvait être comparée à un joli ramassis d'ordures, surtout à New York, de nuit. Heureusement, certains clients se démarquaient agréablement, en restant simplement silencieux, ou en daignant avoir une discussion constructive avec lui. Il appréciait ceux qui ne le prenaient pas pour un domestique.

Eh bien, écoute, j'ai mon permis, dit-il, simplement. Je n'éprouve aucune difficulté à me montrer distant, j'te prie de me croire, mais il y a effectivement de jolis énergumènes qui errent à New York, conclut-il, le tutoyant machinalement.

Il partit resservir leurs verres, puisqu'ils avaient quasiment fini. Pendant ce temps, Fantôme examinait le jukebox, et il ne semblait pas ravi par le diagnostic.

Honnêtement, qui se sert d'un jukebox, de nos jours ? demanda-t-il. Ce n'est pas comme si le bar était ciblé, années 60. Et puis, le choix des chansons était douteux. S'il n'y a que ça, je pense tout de même que j'peux te le rembourser ton vieux machin, ajouta-t-il, sous-entendant qu'il avait désormais bien plus que la paie d'un simple chauffeur de taxi.

Heureusement, le barman n'en fit pas toute une histoire et revint près de lui, pour trinquer. Thalès leva son verre et hocha la tête, à ses dires, non sans noter le sourire quelque peu charmeur de Fantôme. Tiens donc... L'ambiance deviendrait-elle ambiguë ?

« Vous voulez manger quelque chose avec ça ? Il doit y avoir des restes. L'appétit du sang, tout ça. Peut-être même que ça empêchera qu'on continue la bagarre. On dit qu'on ne peut plus avoir comme ennemi, quelqu'un avec qui on a mangé et bu. » enchaîna-t-il.

C'était comme ça qu'un membre des Ombres invitait un X-Men à manger quelque chose. Ils ne pouvaient guère se douter de ce qu'ils étaient en train de faire, d'autant qu'aucun des deux n'avait le profil de l'emploi.

T'as besoin d'un ami ou de compagnie ? demanda-t-il, en le fixant. En tout cas, j'ai rien contre.

Pour illustrer ses mots, il se pressa contre son interlocuteur, tout en passant une main sur son entrejambe, dans l'intention de le faire durcir. Qui ne tentait rien n'avait rien. Et une larme de sang recommençait à glisser, sous son cache-œil.




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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Sam 22 Aoû 2015, 19:23


Fantôme se serait-il entendu avec Lannister ? Peu probable. Peut-être se seraient-ils reconnus comme des chefs, pour le reste, on pouvait largement douter d'une telle entente, peut-être parce que Fantôme avait également tendance à essayer de se servir des faiblesses des gens qui l'intéressaient, et Lannister n'aurait pas été perméable à une telle chose. Pourtant, il n'était pas faux du tout de supposer que des êtres de cette matière, avaient simplement le cœur et l'âme endormis et endurcis, à cause du défilement interminable du temps. Quand on voyait à quel point une vie humaine normale avait la possibilité de faire exploser des êtres solides, un nombre incalculable de fois, alors on ne pouvait que comprendre que les Externels finissent par tous devenir un peu fous ou inhumains. Bien sûr, il y aurait toujours des exceptions à la règle – Hélianthème, par exemple.

En attendant, ils étaient là, les deux hommes parfois semblables à des statues en ce qui concernait les émotions, du moins quand celles-ci ne leur faisaient pas perdre la raison. A parler de presque tout et rien, comme une parfaite rencontre inopportune entre deux inconnus. Situation assez irréaliste, quand on voyait les feux et les poisons qui corrompaient trop facilement la ville de New York et le nombre d'âme qu'elle abritait. C'était qu'il y en avait qui étaient nés pour survivre, et indubitablement, ils en faisaient partie. Même si cela finissait par leur coûter la raison, ou tous ceux qu'ils connaissaient. C'était le genre d'homme à ne pas y regarder à trente fois en cas de besoin de sacrifice. Les choses étaient ainsi faites, et il était difficile de vouloir les changer, après tant de temps.

Le sang de Fantôme commençait à s'échauffer un peu, avec l'alcool, mais il en faudrait bien plus pour le rendre ivre, sans nul doute. Ça faisait d'ailleurs très longtemps que ce n'était pas arrivé, une telle chose, et ça ne risquait pas de se produire de sitôt. Cet homme avait parfois la manie du contrôle, un vague écho de ses périodes mégalomanes et manipulatrices. Il avait été un autre homme, bien des fois, et pas toujours aussi humaniste qu'il y paraissait.

Bien entendu, il n'avait pas voulu heurter le capitaine en le complimentant – loin de là. Il avait toujours dit ce qu'il pensait, comme cela se verrait par la suite, à la réunion des X-Men. Et il ne s'arrêterait jamais. Malgré tout, Andréas comprit peut-être sa maladresse, et eut un regard d'excuse, ce qui était sans doute assez rare en vérité. Mais cela arrivait également ; comme quoi, il ne fallait pas perdre espoir. Certaines émotions affleuraient bel et bien du visage de cet homme, en dépit des traits taillés à la serpe de son visage, de l'impassibilité de son corps qui refusait toute communication non-verbale ayant pu le trahir d'une façon ou d'une autre. Le corps, ce n'était qu'une simple enveloppe ; et c'était aussi probablement pourquoi il s'habillait très souvent de la même façon, très classique. Par ailleurs, il aurait sans doute pu décrire, pour certains, le même type de clients que ceux rencontrés par le capitaine. L'humanité pouvait être autant une lie, qu'un ramassis de bonheurs.

« Je le crois bien. On fait le même genre de boulot. De ceux qui nous rendent invisibles. » Il n'avait fait aucune remarque sur le tutoiement, et peut-être se plaisait-il fort à glisser le mot « invisibles » dans sa phrase. Mais il n'avait en tout cas pas voulu offenser Thalès, une fois encore.

Le commentaire sur le jukebox, la mode du bar et le prix, l'intrigua plus qu'il ne le froissât. C'était presque un boulot comme un autre, ici ; Fantôme n'y attachait guère d'importance et il n'allait pas faire une maladie à cause de quelque chose de cassé. Pour autant, peut-être avait-il un vague regret pour cet objet qui aurait bientôt atteint le centenaire, justement.

« Tu serais surpris de voir les passionnés de vintage rappliquer...c'est toujours mieux avant, paraît-il, » expliqua-t-il, non sans moquerie, avant d'avoir un signe de tête négatif qui ne laissait aucun doute. « Laisse tomber. Je doute même que Pablo s'en aperçoive. Même s'il se tordrait de rire en m'écoutant raconter l'histoire de l'homme qui voulait être un chat. »

Le sourire de Fantôme était clairement ironique, mais dans le bon sens, pas pour se moquer de son interlocuteur. L'anecdote allait totalement rester dans les annales. Tout cela le faisait plus rire qu'autre chose, au fond. C'était un peu d'ennui qui ne l'était plus, par une soirée pareille. Quelque chose qui changeait...aussi, à sa proposition de casser la croûte, il ne s'attendait nettement pas à la réponse de Thalès, tant verbale que...physique. Si Andréas n'avait rien d'un Don Juan, ou d'un abstinent, manger quelque chose avec quelqu'un ne revenait pas spécialement à coucher avec, pour lui. Surtout avec l'ennemi quand on y pensait, bien que cela soit parfois une stratégie très utile. L'entrée en matière était plus que directe, là, et une expression de véritable surprise passa sur les traits de Fantôme. L'homme en face n'avait pas vraiment la tête d'un gay (même si parfois les gays n'avaient aucune tête particulière, ne faisons pas de discrimination).

Et...comment dire, à part que Thalès s'était clairement trompé de cible ? Car si Fantôme se raidit quelques secondes, ce n'était clairement pas de désir, mais plutôt d'étonnement. La perception d'un corps masculin contre le sien était inconnue, bien qu'il en ressentait une certaine force et sans doute davantage d'empressement que si cela avait été une femme. Quant à la main de Thalès, elle ne faisait rien durcir du tout, même s'il y eut un tressaillement de surprise plus général, qu'à un endroit précis. Et la larme de sang qui glissa sur le visage de l'homme, sortant du cache-oeil, était assez perturbante, car l'image suggérée rappelait la violence de la bagarre tout à l'heure, et rappelait peut-être que ces deux hommes-là avaient plus qu'un fardeau de peines et de cicatrices. Andréas recula, ni dégoûté ni révulsé ; pour autant, pas attiré et surtout, plus qu'étonné et perplexe. Qu'avait-il pu envoyer comme signes pour donner lieu à une telle tentative ? A moins qu'il n'y ait eu quiproquo, tout simplement. Il considéra Thalès avec une certaine intensité, les sourcils froncés.

« Navré...je suis pas attiré par les hommes. Je l'ai jamais été. »
Un autre homme que lui aurait donné un coup de poing à Thalès, peut-être, mais ici, il faudrait se contenter du râteau, ainsi que du presque-vent pratiquement donné par le corps d'Andréas à la tentative du capitaine. « Désolé si j'ai laissé un doute. »

Le souvenir d'Asmodée s'immisça dans ses pensées, le faisant presque grimacer, mais il savait que cela n'avait rien à voir. Elle était disparue et il n'était pas exclu qu'il retrouve quelqu'un par la suite. Pour autant, d'une certaine manière, il était encore en deuil, même s'il ne parlait à personne de la disparition de sa femme, et qu'il n'avait nulle alliance à sa main. L'événement demeurait bien présent dans son cœur. Il ne s'était jamais non plus posé la question de savoir s'il y avait une chance avec les hommes. Jamais ressenti de désir là-dessus, cela avait toujours été des femmes. Tâchant de réparer sa maladresse trop directe, il ajouta, non sans sincérité :

« Mais je ne suis pas contre un ami. Si cela vous...te convient. »

Quelle compagnie auraient pu se donner deux hommes comme cela ? Quelque chose de distant malgré tout, sans doute. Thalès était cependant libre d'essayer d'insister, si le râteau ne le décourageait pas. Il avait mis plus de temps à le tutoyer. Mais après un geste comme ça, ça paraissait assez difficile de continuer avec le vous.

« Tu saignes encore. Tu devrais vérifier si rien ne s'est abîmé de nouveau, là-dessous. »
fit-il finalement, en ayant un geste bref pour désigner l'oeil caché du capitaine. « Désolé pour la méprise. »

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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Mer 09 Sep 2015, 16:02


Time to give in to the kindness of strangers


Il était clair que la situation était surréaliste, dans le sens où les prochaines fois où ils se verraient, il s'agirait de la réunion chaotique des X-Men, puis peut-être du rapt qui l'était d'autant plus, par les Ombres. Enfin, Thalès ne détestait pas fondamentalement ses ennemis. S'il haïssait Castiel, c'était paradoxalement plus à cause de son tempérament, et de leur histoire presque personnelle, que de sa liaison aux Invisibles, fut un temps. Les hommes combattaient sous des oripeaux différents, c'était comme ça. Pas de gouvernements, pas de soldats, pas de guerre ; et on ne choisissait pas toujours qui l'on servait. Cela avait rarement eu quelque chose de personnel lorsque le militaire avait tué un homme. Mais il était bien entendu capable de faire preuve de... sang-froid, dans tous les cas de figure. Il était le genre d'hommes capables de faire de grands sacrifices, certes.
Et malgré ce détachement vis-à-vis de l'humanité (faute de pouvoir parler de misanthropie), ils occupaient des fonctions publiques. Au fond, barman et chauffeur de taxi, ce n'était pas si différent que cela. On faisait des heures impossibles et on rencontrait parfois le fond de la couche sociale de New York. Il fallait savoir garder patience. Le capitaine eut un très bref sourire lorsqu'il parla de jobs qui rendaient « invisibles ». Ils avaient appris à devenir anonymes, certes. Il n'était pas toujours évident de ne pas être respecté, mais cela permettait aussi de dévisager l'humanité à sa guise... Voir le vrai visage de New York. Or, Thalès n'avait jamais découvert farce plus épique.
Il préféra toutefois ne pas réagir à ce commentaire, peu désireux, au final, de rentrer dans des discussions trop philosophiques ou trop personnelles avec cet homme. Il sentait qu'il pouvait finir par arriver à sonder son âme, et il ne voulait pas de ça. Il parut plus franchement amusé, lorsque Fantôme mentionna le jukebox.

L'homme qui voulait être un chat, ça sonne bien. Tu pourrais écrire une nouvelle. T'auras toujours quelque chose à raconter au coin du feu, commenta-t-il. Ton employeur a l'air cool, en tout cas.

Il fut un temps où Thalès aurait été honteux de perdre ainsi le contrôle, en public, mais il avait appris à vivre avec. Aujourd'hui, ça le faisait doucement sourire, ce qui était probablement inquiétant. Ne plus s'alarmer de ses problèmes, les accepter, ne permettait pas exactement de devenir meilleur. Mais il ne voyait pas cela comme une faiblesse ou un handicap, même si un psy aurait été d'un autre avis. Il survivait, c'était tout.
Thalès n'était pas d'humeur philosophe, parce qu'il avait une autre idée en tête. Il ne fit d'ailleurs guère preuve de subtilité pour l'exposer à son interlocuteur. Il comprit rapidement que quelque chose clochait, face à l'absence de réaction masculine. L'homme ne tarda par ailleurs pas à reculer. Thalès resta sur place, refroidi par cette indifférence, mais songeant qu'elle était préférable à un coup dans les dents.

« Navré...je suis pas attiré par les hommes. Je l'ai jamais été. Désolé si j'ai laissé un doute. » déclara-t-il fermement.

T'as déjà essayé au moins ? ironisa-t-il.

Pour autant, cette provocation n'était pas destinée à insister lourdement. Thalès se contenta de s'installer de nouveau devant le bar, pour finir le verre en cours. Il essayait de rester neutre, mais bien entendu, une part de lui se sentait frustrée. Il n'avait pas foncièrement l'habitude d'être rejeté, qui plus est, même si les raisons étaient cette fois-ci particulièrement objectives.
Et voilà que l'homme lui proposait d'être un « ami », comme pour le consoler. Une nouvelle lueur ironique traversa la prunelle de Thalès. S'il continuait à le traiter avec pitié, il ne répondrait de rien. D'ailleurs, il ne répondait rien, se complaisant dans le silence, sans vraiment regarder Fantôme. Celui-ci en était probablement gêné mais il insista.

« Tu saignes encore. Tu devrais vérifier si rien ne s'est abîmé de nouveau, là-dessous. Désolé pour la méprise. »

Ça va, tu vas pas t'excuser cinquante fois, rétorqua-t-il, sans masquer son agacement.

Au risque de paraître lunatique, ou susceptible, le capitaine se leva, cherchant quelques billets dans l'une de ses poches.

Ouais, c'est une idée. J'vais rentrer et soigner ça, ajouta-t-il, le ton toujours abrupt, tout en empoignant une somme d'argent. Ça devrait être suffisant, commenta-t-il, en lâchant les billets sur le bar.

Ce n'est probablement que lorsqu'il posa les yeux sur l'expression de Fantôme, qu'il réalisa qu'il était devenu bien abrupt, et visiblement pressé de partir.

T'inquiète pas, va. T'es ni le premier, ni le dernier, commenta-t-il, en déposant une brève tape amicale sur sa joue, à la manière des mafieux. Il s'est rien passé, pas vrai ?

Malgré l'air plus détendu du capitaine, il ne fallait pas douter qu'il avertissait le barman qu'il n'avait pas intérêt de parler de cette anecdote, à qui que ce soit. Maintenant, il comptait partir, à moins que le barman ait quelque chose à ajouter.




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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Sam 07 Nov 2015, 02:44



Mieux valait qu'ils profitent du moment tel qu'il était, un moment où aucun idéal, politique, humain, mutant, ne se mêlait, où ils ignoraient encore beaucoup l'un de l'autre. Mieux valait que certaines rencontres soient ainsi, avant que le reste ne soit dévoilé. Ils auraient ensuite tout le temps de devenir ennemis, ou alliés. Ou quelque chose de trouble et de fascinant entre les deux. La suite de l'histoire nous le dirait. Les deux hommes pouvaient être aussi terribles que grands, à leur manière propre et très personnelle : la fin justifiait les moyens pour eux, n'est-ce pas ? Tant pis pour les dommages collatéraux qui devaient advenir. Il n'y avait nulle guerre, sans sacrifices, ou alors ce n'était pas une guerre, mais une mascarade politique pour obtenir le pouvoir.
Du moins les deux mutants avaient le sens de l'ironie, même s'ils ne partageaient pas certaines orientations sexuelles précises. Et il était vrai que Fantôme aurait pu arriver à lire son âme, à force de questions et d'observations. Il savait se faire fin stratège, quand il le voulait, et n'était pas non plus un novice quant à savoir les motivations des gens. Mais il laissa couler, car après tout, la soirée avait besoin d'être finie de manière légère.
Fantôme eut de nouveau un léger sourire, les yeux rieurs.

« Jamais vraiment testé, ça encore. Raconter des histoires. Pourquoi pas. Ouais...il est quasiment jamais là, ce qui aide. »

Une façon comme une autre de dire que Pablo lui faisait certes confiance, et que ce dernier était bien occupé. D'autre part il ne jugeait nullement Thalès pour ses émotions, ses gestes, ou sa perte de contrôle. Qui n'avait jamais été dans un état horrible, à ce point perdu pour soi tout comme pour les autres ? Où on se demandait ce qui arrivait et comment se relever. Mais cela faisait partie de découvrir les limites de son tempérament, et nul n'y échappait. Ceci dit, Doctor était là pour ce genre de trucs : Fantôme les acceptait comme partie intégrante de la vie, point barre.

Andréas fut plus surpris et plus réticent, pour la tournure suivante des événements. Et pas vraiment réceptif, tant parce qu'il était étonné, qu'il n'avait jamais été intéressé. Ce fut pourquoi sa réponse fut si ferme, même s'il consentit à répondre sérieusement à l'ironie de celui qui venait de se prendre un râteau :

« J'ai jamais été tenté non plus. »


Contrairement à d'autres il n'avait jamais eu de moment troublant de ce genre, dans sa vie, de curiosité telle ou encore juste de coup de cœur pour un homme. Cela avait été toujours avec des femmes, et ce ne serait pas avec Thalès que cela changerait. De plus, ce n'était pas sûr que ce soit le genre d'homme que Fantôme admirait particulièrement, objectivement, même si de ce même point de vue Thalès n'était pas mal loti. Il le laissa épancher sa déception dans son dernier verre, silencieux, et un peu plus gêné qu'auparavant. Il ne souhaitait pas vraiment le traiter avec pitié, et d'ailleurs il pensait vraiment sa proposition. Mais l'homme en face de lui semblait davantage le prendre comme un affront, et choisissait d'y répondre avec ironie, et silence. Ce fut tout, ce qui contribua à renforcer Fantôme dans l'idée qu'il avait fait une gaffe. C'était rare, mais il s'en voulut un peu pour cela, quand même. Il tâcha de se rattraper, maladroitement, ce qui n'eut que pour effet d'exaspérer Thalès, qui était relativement de bonne humeur pourtant, cinq minutes avant. Avant le vent. Et voilà qu'il sortait des billets. Andréas, cette fois, lui jeta un regard noir.

« Range ça, c'est pas la peine. La maison qui offre, ou moi, en l'occurrence. »


Pas comme s'il avait besoin de vraiment gagner sa vie, depuis le temps. Prendre ces billets aurait presque été un affront. Il avait une expression clairement consternée, ce qui fit lâcher quelques mots « réconfortants » à Thalès. Des mots dont il n'avait besoin et qu'il prit lui aussi un peu, comme un affront. Comme quoi, rien ne s'arrangeait. Il n'apprécia pas davantage la tape « mafieuse » qu'il se permit de lui donner, avec telle suggestion dans la question. Fantôme ne mangeait pas exactement de ce pain-là, ni n'appréciait d'être infantilisé. Il ne réfléchit pas tellement davantage, et attira Thalès à lui, par-dessus le comptoir, pour déposer un baiser sur ses lèvres, certes léger. Fantôme n'y mettait pas vraiment l'envie de conclure, ou quoique ce soit dans ce style. D'ailleurs, s'il trouva cela relativement agréable, il constata que ça n'avait rien à voir avec embrasser une femme et que ça ne lui plaisait pas vraiment. Il n'avait donc pas l'air vraiment convaincu. Enfin...fallait de tout pour faire un monde. Il relâcha Thalès, doucement, et repoussa les billets vers lui.

« Gardez ça et la petite fierté d'être le premier homme à m'avoir embrassé. »
En espérant qu'il allait pas demander davantage, mais c'était le risque et puis Andréas mettrait clairement le haut-là.

Il ne répondit rien au « il ne s'est rien passé, pas vrai ? ». La question même lui mettait quelques idées dans la tête. Ce n'était pas le genre de truc qu'il fallait lui sortir. Car il commençait à réfléchir de façon machiavélique. Il se contenta donc de hausser les épaules.

« Rien d'autre qu'une bagarre et une tentative ratée. Au reste, ça a servi de défoulement. » Il mit le verre de Thalès, et le sien, dans l'évier, pour commencer à les nettoyer. « Rentrez bien et sûrement...ou dites-moi si vous voulez que j'appelle un taxi. »

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MessageSujet: Re: [CLOS] Time to give in to the kindness of strangers | Thalès Mar 10 Nov 2015, 11:30


Time to give in to the kindness of strangers


Fantôme n'était pas sûr de vouloir devenir conteur ; il semblait encore plus mitigé vis à vis de son employeur. Le capitaine n'était de toute façon pas un homme très curieux, et il laissa simplement couler. Il n'était pas simplement mitigé, concernant les mecs, en revanche. Il n'avait jamais tenté, et visiblement, il ne voulait pas se « réduire » à cela. On pouvait trouver cela avilissant, sans être homophobe. Quoique, c'était déjà un début. Le capitaine, peu amateur de compromis, partait du principe qu'on n'était pas si tolérant que ça, du moment qu'on rejetait quelque chose, copieusement, sans lui accorder le bénéfice du doute ; mais après tout, il y avait peut-être des gens qui ne ressentaient strictement rien pour les personnes du même sexe. Il était de ces bis qui s'imaginaient que, au fond, tout le monde l'était. Beaucoup se le cachaient à cause des normes sociales, bien entendu. Lui-même n'aimait pas passer pour une tapette. Il n'aimait pas être rejeté, non plus, mais au fond, qui aimait cela ? Il préférait ceci dit partir, plutôt que de faire un drame, à un type qui n'avait rien demandé, à la base. Il parut plus surpris lorsque Fantôme lui proposa de payer ses consommations.

C'est marrant que tu veuilles me donner une compensation, ça devrait être l'inverse, dit-il, en faisant référence à la bagarre.

Cela dit, il le remercia d'un signe de la tête, et il rangea donc l'argent dans sa poche. Il essaya de s'assurer que Fantôme resterait silencieux, et contre tout attente, le barman l'embrassa. Le capitaine le laissa faire, même s'il était plus étonné qu'autre chose. Il ne put retenir un sourire quand Fantôme lui confia qu'il pouvait être fier d'être le premier mec à l'avoir embrassé. Et encore, il ignorait son grand âge. Au moins Fantôme était-il parvenu à se mettre un peu plus le militaire dans la poche.

Ça me va, admit-il.

Il s'écarta. Il n'était pas désespéré ou en manque, au point de vouloir se taper un hétéro. Fantôme confirma alors qu'il se montrerait silencieux, avant de proposer d'appeler un taxi. Le capitaine déclina son offre. Légalement, il n'était pas en mesure de conduire, mais il se sentait maître de lui-même. Il le salua donc, avant de s'en aller.


Fin du sujet





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