XMH : The After Years
 
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[CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos)

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Identité : Diane Geyer
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MessageSujet: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Dim 26 Avr 2015, 13:24



    Hélianthème, avait donc quitté précipitamment le motel, pour rejoindre le chevet de Roxas. Ironie du sort, il avait été transféré au Heithgs, ce qui lui permettrait d’avoir toutes les informations facilement. Pendant le trajet elle avait déjà pu avoir l’infirmière en chef au téléphone et vérifié que tout se passait bien. Quoi qu’elle trouvait cette situation désagréable, ne comprenant pas pourquoi les garçons ne l’avaient pas prévenue dés que le début. Elle avait d’ailleurs songé à prévenir Nur, de ce qui se passait, mais cette fois elle s’abstint. Leurs derniers échangeant lui montraient qu’une fois de plus, il n’avait pas envie d’aller très loin en complicité. Et de ça aussi, Sveda était heurtée. Elle éprouvait un sentiment de rejet qui n’arrangeait en rien ses soucis.

    Enfin ! Elle arriva tout de même avec une pile de magazines, un CD, et une bonne dose de friandises à consommer, pour le malade. C’était la première fois qu’ils allaient se revoir, depuis que Rafael lui avait avoué, qu’il avait été complice de celui qui avait attaqué l’Église des Initiés. À mon avis, vu son état, ils n’allaient pas avoir envie de se chercher querelle. Ce n’était pas pour ça qu’elle faisait le déplacement. Elle voulait s’assurer que les chirurgiens avaient bien fait leur travail et peut-être avoir un peu plus d’information sur Ambrosio et son père aussi. Après avoir fait un tour rapide dans son service, Kent se présenta devant la chambre de Baldwin.

    Trois coups.

    " Bonjour… Je peux entrer ? “ En ouvrant la porte en plus grand, Sveda vit que Davos était là. Elle eut un instant d’arrêt clairement indécise sur la conduite à avoir. Elle fit de son mieux pour ne pas leur faire ressentir sa contrariété et s’avança. " Je ne savais pas que tu devais être là.“

    La relation entre le marin et la nomade avait en effet connu des jours meilleurs. Hélianthème se détourna de lui pour aller poser ses affaires sur une chaise vide. Elle savait faire la part des choses. Ce qu’elle avait à dire à Davos pouvait attendre. C’était pour Rafael qu’elle était venue. Une fois délestée de sa veste elle attrapa le dossier médical posé sur l’un des appareils et le parcouru en silence. Le compte rendu était clair. Ils avaient agi par précaution. Sveda pensait pourtant qu’ils avaient fait un peu trop vite.

    " Apparemment, l’opération s’est bien passée ? La douleur est supportable ? Je peux te prescrire un peu plus de morphine autrement.“ Son regard chercha celui de Roxas pour s’y accrocher. Elle voulait qu’il se sente soutenu. Qu’il se permette de lui demander de l’aide s’il en avait besoin. " J’attends une réponse d’un ancien collègue orthopédiste. Nous allons te trouver la meilleure prothèse.“

    Sous le calme, sourdait une colère titanesque. Cette attaque directe avait mit Hélianthème dans une colère noire. Si le but des Ombres était d’ouvrir la guerre, c’était chose faite. Benedict aurait une réponse de même mesure.

    Enfin un sourire affleura aux lèvres de la belle blonde. (C’est que la situation était grave !) Un grain de douceur, passa dans son regard, avant qu’elle reprenne le fil de son intervention. Elle voulait faire vite, consciente qu’ils préféraient être en tête à tête, plutôt qu’avec une chieuse envahissante. De son côté, il fallait aussi qu’elle ne tarde pas trop. Malgré son envie de voir la blessure, elle n’en fit pas la demande. C’était quelque chose de délicat et d’intime. Mieux valait ne pas le faire devant Tosca. En fait, le mieux était de se focaliser sur le plus urgent.

    " Maintenant, tu n’es plus du tout en sécurité dans cette ville… “ Elle observa brièvement Davos par-dessus son épaule. " Toi non plus. “ Oui, ce qu’elle s’apprêtait à dire allait à l’encontre des derniers conseils qu’elle avait donnés à Baldwin. Mais, la situation venait d’évoluer drastiquement. " Une de mes filles a une maison en France à Paris. Elle est à votre disposition si vous le voulez. Au moins le temps que tu te remettes convenablement. “

    C’était une idée d’Aby. Elle connaissait bien sa mère. Elle savait qu’elle serait incapable de travailler, si elle avait la sensation que ses deux amis sont en danger de mort, à chaque coin de rue. En plus, maintenant que Wang s’ajoutait dans la partie, les risques augmentaient encore d’un cran. Or, Sveda ne pouvait pas se permettre d’avoir peur pour les siens, elle devait rester concentrée.


Dernière édition par Hélianthème le Mer 05 Aoû 2015, 09:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Ven 01 Mai 2015, 19:32



Les choses avaient basculé d'un jour à l'autre, d'une semaine à l'autre. On aurait pu croire que l'abondance de malheurs et de drames qui tombait sur les habitants de la Maison Tosca avait atteint son paroxysme depuis l'histoire du Chuchoteur, les passages de Floria ou encore l'attaque envers les groupes mutants. Mais cela n'était pas près de s'arrêter, à moins que le dernier événement en date ne soit officiellement le dernier d'une longue série. C'était peu probable. Pourtant, il y avait eu quelques moments heureux dans cette maison, il ne fallait pas en douter, entre tout cela. Des moments où Rafael et Davos s'étaient davantage découverts à eux-mêmes et avaient laissé leurs sentiments s'exprimer, d'autres où c'était simplement le quotidien se manifestait, de façon aussi aussi ordinaire que parfois propre à ces deux êtres. Après tout, leur caractère n'était pas toujours semblable. Ni leurs façons d'agir. Davos avait un côté parfois quelque peu boulet qui plaisait malgré tout à Rafael, par rapport à d'autres à qui il aurait simplement fichu la honte. Cela était une fois arrivé, notamment, avant que tous les malheurs ne leur tombent dessus et quand la cohabitation se découvrait encore.

Davos avait l'habitude de cuisiner seul auparavant, parfois en musique. Un matin (il y en avait certainement eu d'autres) il préparait quelques plats italiens en écoutant la radio. Malheureusement, Davos était parfois un peu limité en matière de musique, ne s'étant fixé que sur certaines périodes de cet art, et pas forcément avec le meilleur. A ce moment-là, c'était des musiques des années 80 qui sortaient de la radio, et il fredonnait en même temps, comme il en avait l'habitude quand il vivait seul. C'était un homme qui était cependant très loin d'avoir le talent musical de sa fille (qui préférait sans doute ignorer ses moments de chanteur amateur). Ainsi donc, il devait s'occuper de pétrir une pâte à pizza, en chantonnant pour lui-même au gré des mélodies de la radio, et des chansons qu'il préférait, souvent des classiques.

« Ta, na na na na na, c'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme, tatatin, moi la mer elle m'a pris, j'me souviens, un mardi ! Il est fier, mon navire, il est beau mon bateau ! C'est un fameux trois mâts, fin comme un oiseau ! Jamais les océans n'oublieront mon prénom ! »

Oui, on pouvait s'en douter, il avait une affection particulière pour toutes les chansons qui parlaient des océans, des bateaux et de la marine en général, mais pas que. La preuve, alors qu'il coupait des tomates, il enchaînait sur une autre chanson, en étant toujours à moitié faux. « Destinée, on était tous les deux destinés à voir nos chemins se rencontrer, à s'aimer sans se demander pourquoi, toi et moi ! Destinée ! Inutile de fuir ou de lutter !» Les années 80 ruisselaient de chansons plus intelligentes les unes que les autres, en effet. « Enfaaaant, tu deviendraaaas graaaand, enfaaant, on a tout notre temps...Aaaa peine viens-tu à la vie, déjàààà j'ai peur pour toii, je prie. Enfaaaant, tu deviendras grand, enfaant, on a tout notre teeeemps, tu aaas tout le temps pour aimeeer ! »

Il ne valait mieux pas trop savoir à qui ces chanson s'adressaient, après tout, il était dans son délire, sans se douter que Rafael devait écouter d'un air blasé et amusé, en songeant qu'il allait falloir lui élargir ses connaissances en matière de musique et pour des choses un peu plus recherchées. Mais pour l'instant, le marin en avait d'autres plus en rythme, qui lui permettaient de faire la cuisine avec au moins enthousiasme.

« Vaninaaaa, rappelle-toooi, que je ne suis rien sans toooa ! Vanina, si tu m'oublies, je serai pour la vie, seul au mondeuh ! Au mon, mon mon, mon, monde, loin, loin, loin, loin, si loin de toi, et le mondeuuh n'existe paaaaas, si tu es loin de moi, loin, loin, loin, loin, Vaninaa ! » Au moins, la pizza en préparation ne se plaignait pas s'il chantait faux, ou partait dans des chansons plus grivoises. « Dans le port d'Amsterdam, y a des marins qui meurent, pleins de bières et de drames ! Aux premières lueurs ! Mais dans le port d'Amsterdam, y a des marins qui naissent dans la chaleur épaisse des langueurs océanes ! »

Et puis, pendant la cuisson, rien n'empêchait non plus de faire quelques pas de danse plutôt suspicieux, ou de sautiller, quand ça tombait sur une chanson entraînante, une des préférées de Davos. Ca en disait long sur ses goûts musicaux.

« On y vit encore au temps des Gaels et de Cromwell au rythme des pluies et du soleil, au pas des chevauuuuuux ! On y croit encore, aux monstres des lacs qu'on voit nager certains soirs d'été, et replonger pour l'éternitééééé ! On y voit encore des hommes d'ailleurs venus chercher le repos de l'âme, et pour le coeur un goût de meilleuuur - On y croit encore que le jour viendra ! Il est tout près où les Irlandais feront la paix autour de la croooooiiiix ! Là-baaaaas au Conneeeemaraaaa ! On n'accepte pas la paix des Gallooois ni celle des rois d'Angleteeerreuh. » (N'en déplaise à Wyrm.)

Mais on pouvait bien supposer – et comprendre – que le temps des matins où Davos chantait comme une casserole parce qu'il était content, se terminait. Depuis une semaine, ce n'était plus le cas, depuis l'attaque envers Rafael de la part d'Arlathan. Il avait pu voir le véritable visage de cet Externel au grand jour, et plus encore, la folie chaotique sans raison qui émanait de sa personne et de son esprit. Brûler quelqu'un à ce degré avec de l'acide avant de choisir de lui charcuter la jambe...le Joker c'était un rigolo à côté. Le marin avait fait ce qu'il pouvait pour secourir Rafael, mais à l'hôpital, on l'avait si peu écouté que, en plus de la bagarre, il en avait été furieux comme jamais auparavant. Tout d'abord ces crétins avaient refusé qu'il lui donne son sang, qui aurait peut-être accéléré la guérison et rectifié l'état critique de Rafael, grâce au facteur guérissant. Tout ça parce qu'il était homosexuel (selon toute logique, même s'il avait eu le sida, le gène X aurait arrangé cela). Ca avait suffi à le faire voir rouge. Ensuite, au mépris de toute logique mutante et de tout facteur régénérant, ils avaient également pris la décision, sans le consulter, d'amputer la jambe de Rafael. Il en aurait hurlé, et d'ailleurs, il ne s'était pas gêné pour saisir le chirurgien au collet et le plaquer contre le mur, en apprenant ça. Il avait veillé à bien lui fiche son moignon sous le nez.

« ÇA, c'est ce qui arrive quand on coupe un membre à un mutant qui peut se régénérer ! Vous nous prenez pour quoi ?? On peut pas faire repousser ça ! Si vous lui aviez laissé la jambe, ça aurait guéri, lentement ! J'ai récupéré d'une balle dans la tête, merde ! »

Il était rarement grossier et violent à ce point, mais il bouillait de rage. Il avait fallu trois gardes de sécurité pour le calmer et l'inciter à sortir, signalant qu'il n'était plus le bienvenu pendant quelques jours, qu'il devait laisser Rafael tranquille ou il serait interdit d'approcher. Des vitres avaient éclaté sous l'effet d'un froid inattendu, mais il avait obéi, ne cessant de fulminer comme un ouragan. Rarement il avait été aussi en colère et aussi hargneux.

Ainsi, finalement, il n'avait pas encore pu voir Rafael tant que ça, et avait communiqué par sms avec lui, avant d'être autorisé à venir lui rendre visite, après qu'il eût commencé à récupérer. Il écouta les médecins avec rage, malgré tout, les conseils qu'il donnait pour qu'il vive avec ce membre en moins. Il bouillait. Il avait encore tempêté. En vain, car ça ne servait plus à rien maintenant, il devait accepter ce qui s'était passé.

Une autre chose encore, s'était rajoutée à l'équation du malheur : ce matin-là, sans comprendre pourquoi, sans signe avant-coureur, le marin s'était retrouvé affublé qu'une queue touffue de chien, à l'endroit supposé. (Vous avez bien lu.) Il ne comprenait pas plus qu'un autre pourquoi cela était arrivé, précisément d'ailleurs sans douleur, mais le coupable n'était pas à chercher bien loin, avec un nom commençant par A et finissant par Xel, qui n'avait sans doute guère apprécié que Davos réponde aussi froidement à ses sms.. Encore un autre méfait ajouté à la longue liste de ceux commis par Axel. Pour autant, Davos ne savait pas encore que c'était lui, ou s'en doutait peut-être, sans plus. Il avait songé à couper ça, mais il ressentait clairement que cela faisait partie intégrante de son corps et ne pouvait s'y risquer. Attendre que cela disparaisse, peut-être....sa colère n'en était que renouvelée, avec un profond sentiment de honte et de dégoût. Il devait néanmoins aller voir Rafael ce jour-là, et il avait tenté de dissimuler ce truc avec un jean, mais ça lui faisait mal et c'était bien trop voyant que quelque chose était supplémentaire là où ça n'aurait pas dû. Il avait fait plusieurs essais, coupé un trou dans son jean pour laisser la queue à l'air libre, avant de se décider à opter pour un manteau long style détective, peu dans son genre, mais qui dissimulait ce qu'il fallait. Il resterait dos à un mur le plus possible, même si c'était vraiment peu discret. Il n'avait pas le choix, mais ça lui donnait une raison de plus d'être tendu et coléreux.

Que Sveda vienne était un soulagement, même s'il ne pouvait s'empêcher de penser avec tristesse qu'elle aurait pu faire les choses beaucoup mieux qu'eux. Elle l'aurait au moins écouté. Il restait calme pour Rafael qui avait plus besoin de soutien, que de le voir hargneux et agressif. L'ancien contrebandier avait cependant été réluctant à dire ce qui se passait à la rose des sables, pour la bonne raison qu'il ne voulait pas infliger à Rafael plus de visites ou de honte que nécessaire. C'était déjà assez dur pour lui, de se confronter à la réalité, et il n'était pas encore tout à fait à croiser le regard des autres, là-dessus. Son amant avait cependant accepté que Sveda vienne, et Davos, mis au courant, avait veillé à arriver un peu avant. Il se sentait un peu coupable vis à vis de son silence envers son amie, mais il n'avait pas voulu être froid, pour autant. Il se releva, quand elle arriva. Et recula mine de rien jusqu'au mur, comme il avait prévu, pour cacher la forme que pouvait laisser paraître la queue touffue qui s'était rajoutée à son corps depuis le matin.

« Rafael m'a prévenu que tu passais...Merci....vraiment. Je suis désolé. »

Il était tellement habitué à l'attitude de la mutante qu'il ressentait clairement qu'elle ne le traitait pas comme d'ordinaire. Quelque chose était à régler. Mais ce n'était pas le plus important pour l'instant. Son regard s'éclaira un peu quand il vit qu'elle avait amené plusieurs choses pour Rafael, cela lui fit chaud au cœur. Il s'écarta quand elle approcha Roxas, lui laissant le champ libre dont il avait besoin.

« Les médecins auraient dû agir autrement.... » fit-il simplement, la rancune brûlant intérieurement, quand elle parla de sa collègue. Comme il aurait préféré que Sveda fut aux urgences, le soir où c'était arrivé. Trop tard, désormais.

Il fut en revanche complètement déstabilisé quand la mutante passa à un tout autre sujet. Il tombait rarement des nues, mais là, c'était presque le cas. Certes, ils n'étaient plus en sécurité, mais ils avaient toujours vécu ainsi, non ? Ils devaient s'y habituer et faire avec. Mais de là à s'exiler en France, de l'autre côté de l'océan, en pays français...qu'est-ce qui pouvait la penser à proposer une chose pareille ? Il n'avait pas vu Stannis ou les Initiés, ou Floria – malgré ses derniers sms – depuis une éternité, mais sa place était ici. C'était impossible qu'il parte.

« Sveda, on peut pas...je dois t'aider à rencontrer Stannis. Ca sert à rien de fuir l'ennemi. Si tu y tiens, au mieux, on peut aller dans un Etat voisin quelque temps. Mais partir en France ? Si loin ? Te laisser seule aussi, abandonner tout le monde ? Non, on peut pas faire ça. »

C'était sa première réaction. Mais il ne lui fallait qu'un temps de réflexion, le temps d'avaler la pilule, pour bien vouloir reconsidérer la situation à deux fois, et y réfléchir vraiment. Là, il parlait bien plus sur le coup de l'instinct. Il avait même avancé de quelques pas, avant de reculer, gardant à l'esprit ce qu'il devait cacher. C'était vraiment une mauvaise journée.


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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Ven 08 Mai 2015, 20:06

Je n'avais pas été avare en textos, ces derniers temps. Il fallait dire que les occupations étaient réduites, ici, et dans mon état. L'ennui était d'autant plus fréquent que je n'avais encore averti personne, si ce n'était Bobby et Davos, qui avait été interdit d'entrer dans l'hôpital, pendant quelques jours. Je ne comprenais que trop bien la fureur dont il avait été le sujet. La douleur et la fatigue que j'éprouvais accourcissaient malgré tout les journées. Paradoxalement, les nuits étaient sans doute les plus longues. Il m'arrivait de me réveiller avec de sueurs froides, parce qu'il fallait reprendre un calmant, parce que je visualisais de nouveau ce qu'avait fait Clov, ou simplement parce que je rêvais de quelque couteau. Les douleurs des membres fantômes n'étaient assurément pas un mythe.
Mais aujourd'hui serait différent. Sveda devait passer, et Davos était déjà là. J'étais un peu anxieux à l'idée de revoir Hélianthème. Après tout, on l'avait un peu négligée ces derniers temps, même si ce n'était en rien contre elle. Et puis, la dernière fois que je l'avais vue, on avait eu une discussion qui n'avait pas toujours été agréable... Je doutai qu'elle avait assez peu de cœur pour imaginer que j'avais finalement obtenu ce que je cherchais, mais si tel avait été le cas, elle n'aurait pas eu tort.
Elle finit par arriver dans la chambre. Elle était chargée de lecture, de musique et de nourriture. Je l'observai, un peu gêné qu'elle prenne toute cette peine pour moi. La première réaction de Sveda fut un peu inattendue puisqu'elle s'étonna de la présence de Davos. N'étaient-ils pas en contact ? Je sentis qu'il n'y avait plus de naturel entre eux deux. Je me doutai bien qu'il y avait un froid général, depuis la bataille, et peut-être à cause de moi, mais j'avais quand même du mal à comprendre ou à accepter qu'ils prissent ainsi leurs distances, sans chercher à savoir le pourquoi du comment. J'ignorai si je devais faire une réflexion à ce sujet ou faire, comme eux, comme si de rien n'était.
Une fois que nous nous fûmes salués, Sveda se déchargea, y compris de sa veste, avant de parcourir le dossier que les médecins avaient laissé ici. Elle ne tourna ensuite pas autour du pot.

« Apparemment, l’opération s’est bien passée ? La douleur est supportable ? Je peux te prescrire un peu plus de morphine autrement. J’attends une réponse d’un ancien collègue orthopédiste. Nous allons te trouver la meilleure prothèse. »

J'avais du mal à me dire que l'opération avait été une réussite, pour la simple raison que je n'en avais jamais voulu. Mais elle n'avait pas tort, pourtant. J'avais conscience que ce genre d'amputations pouvait parfois être suivi de conséquences ou effets secondaires plus néfastes que ce n'était prévu. Quant à la douleur, j'avais toujours du mal à m'y faire, mais était-ce pour autant la solution de se droguer davantage ? Je ne masquai pas mon trouble, tandis qu'elle se projetait déjà si en avant dans l'avenir. J'avais sans doute passé l'étape « déni » de ce deuil étrange, mais j'étais pour l'instant avant tout révolté contre ce qu'il s'était passé. J'en voulais à Arlathan, à mes propres fautes, peut-être au monde entier. Je n'avais aucune envie de me projeter dans l'avenir, ou de me demander ce que je devais faire, pour continuer à avancer. Elle parlait de cela avec une telle facilité, alors que ça me faisait horreur... Je crispai sans doute le poing et la mâchoire, baissant brièvement le regard sur le drap que je refusai de retirer, en présence des autres, même si « l'absence » de quelque chose était perceptible.


Ça va à merveille, me contentai-je de répondre, avec une ironie qui était peut-être malvenue.

Je n'ajoutais rien, considérant que c'était suffisant, pour qu'elle comprenne que je ne voulais ni morphine, ni entendre parler des efforts à faire par la suite, pour le moment. C'était un peu stupide de ma part, d'autant qu'il serait plus aisé d'en parler avec une amie, qu'avec je ne sais quel psy ou infirmière. Mais c'était comme ça. J'avais sans doute tort de ne pas me faire la réflexion que Davos et Sveda étaient aussi furieux que moi, même s'ils avaient des manières différentes de réagir.
Je fus quelque peu étonné de la voir esquisser un sourire. Ses traits s'adoucirent, lui rendant cet air presque angélique qui la caractérisait. C'était un peu rassurant, malgré tout. La suite, je ne m'y attendais vraiment pas.

« Maintenant, tu n’es plus du tout en sécurité dans cette ville… Toi non plus. Une de mes filles a une maison en France à Paris. Elle est à votre disposition si vous le voulez. Au moins le temps que tu te remettes convenablement. »

J'observai Sveda avec intensité, et quelque peu gêné. Ce n'était pas n'importe qui qui était capable de rendre pareils services à des amis dans le besoin. Mais cependant, pourrions-nous accepter ? Concrètement, rien ne me retenait ici, si ce n'était l'hôpital, mais Davos ne voudrait sûrement pas... C'était peut-être ce qu'il y avait de plus sage à faire, même si quitter cette ville de fous ressemblait à un rêve irréel. Mais la situation ne serait-elle pas pire, à notre retour ? J'étais vraiment partagé en deux. C'était là le moyen d'arracher Davos à toutes ces intrigues et ces gens nocifs. Mais je savais aussi que je n'avais plus intérêt à essayer de me placer entre Davos et les Initiés.
Je me tournai donc vers Seaworth, me demandant à quoi il pouvait songer. D'un côté, nous avions besoin de temps pour nous deux, pour soigner nos plaies, d'une part, mais aussi, pour nous retrouver. Il serait doux de vivre quelques temps avec lui, sans craindre quelque menace, en dehors de celle de le voir de nouveau « chanter » des tubes français des années 80, tout en cuisinant. Je me souvins que Sveda avait suggéré un mariage, il n'y avait pas si longtemps. Et je n'avais pas su si elle était sérieuse. De toute façon, j'avais du mal à croire que Davos croyait cela possible, ou qu'il y pensait. Je n'étais moi-même pas du tout prêt. Pour ne citer que cela, il n'était pas encore facile d'accepter le regard d'autrui. C'était un peu la première fois qu'on s'affichait publiquement, dans cet hôpital, et tout ce qu'ils avaient trouvé à faire, c'était de nous priver de certains droits.
Pour l'heure, je me demandai réellement ce qu'allait répondre Davos. Je préférai clairement le laisser décider, même si je le trouvai quelque peu imprévisible, depuis quelques temps. Qui ne serait pas à fleur de peau, avec tout ce qu'il se passait ? Mais j'avais constaté, depuis son arrivée, qu'il rechignait à s'éloigner trop du mur, et qu'il n'avait pas quitté l'imperméable lourd qui détonait grandement avec son style habituel, ou même avec la température de la pièce. C'était à n'y rien comprendre. Au moins restait-il calme et très attentionné... C'était tout ce dont jamais besoin ; de sa présence.

« Sveda, on peut pas...je dois t'aider à rencontrer Stannis. Ca sert à rien de fuir l'ennemi. Si tu y tiens, au mieux, on peut aller dans un Etat voisin quelque temps. Mais partir en France ? Si loin ? Te laisser seule aussi, abandonner tout le monde ? Non, on peut pas faire ça. » répondit-il finalement.

Je baissai les yeux un instant, un peu en colère, malgré tout, que la première raison de son refus soit Stannis. Encore et toujours Stannis. Y avait-il un seul jour sans qu'il pensât à cet homme ? A croire qu'il en avait été un jour amoureux... Je pris toutefois sur moi pour ne pas faire de remarque, ni avoir l'air trop crispé. Après tout, je connaissais bien Davos, maintenant, et je savais qu'il faisait des efforts là-dessus. La décision de Davos avait l'air prise, même s'il proposait un compromis. Partir moins loin, et moins longtemps, lui semblait plus plausible. C'était déjà cela. Il était vrai que je n'avais moi-même pas envie de beaucoup voyager, ou de retrouver la France, en de telles circonstances. Et puis, au fond, les Ombres ne pouvaient-ils pas nous retrouver n'importe où ? A cette menace s'ajoutait la mauvaise notoriété de Davos, suite à quelques articles parus dans la presse... Mais jusqu'à présent, on avait su faire avec. J'étais malgré tout moins convaincu que Davos, par la nécessité de rester à New York.


Je n'ai pas très envie de retourner dans cette maison, pour l'instant, dis-je finalement, aussi sombre qu'à l'accoutumée, depuis que c'était arrivé. Je ne suis pas certain qu'ils vont nous laisser tranquilles bien longtemps, malgré ce qu'ils ont fait, ajoutai-je.

J'ouvris aussitôt le premier tiroir du meuble qui se trouvait tout près du lit. J'en sortis une carte que j'avais dissimulée là, tant la voir me soulevait le cœur. Mais il avait fallu gardé cette preuve pour la montrer aux autres, même si cela allait sans doute les énerver. Je la passai à Sveda, puis à Davos. Clov avait eu le culot de m'envoyer un mot, comme si de rien n'était, histoire de retourner le couteau dans la plaie. Peut-être ne mesurait-il pas la gravité de ce qu'il avait fait, peut-être était-ce encore une menace... Je n'en savais rien. Peut-être n'en faudrait-il pas davantage pour que Davos revienne sur sa décision, en tout cas. Je savais que nous avions tout intérêt à parler de l'avenir, des soins à proscrire, ou même des différents groupes, mais certains points privés me préoccupaient tout autant.


C'est moi ou vous êtes en froid ? demandai-je directement aux deux autres.

Je savais que Davos avait toutes les raisons de se refermer, tandis que bien des événements avaient pu mettre la patience de Sveda, à rude épreuve, mais le moment était sans doute mal choisi pour se disputer.


Et toi, enlève ce manteau, d'accord ? ajoutai-je, auprès de Davos, qui n'était pas aussi discret qu'il le pensait.

J'ignorais ce qu'il cachait, mais si c'était une blessure, parce qu'il aurait été lui aussi attaqué, en mon absence, je tenais véritablement à le savoir.

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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Lun 11 Mai 2015, 19:23


    Les hésitations des deux amants firent place à un silence. Il fut de courte durée, car Hélianthème n’était pas d’accord avec ce qu’on lui avançait.

    " Bien sûr que si vous pouvez. Stannislas a aussi cet ancien roi pour lui faire entendre raison quand il le faut. Floria n'a pas l'air d'avoir besoin de toi pour le moment. Quant à moi, je préfère te savoir loin et à l'abri. Au moins, ça justifiera ton manque de communication. Pour une fois, arrête de penser aux Initiés et penses à toi, et à Rafael."

    Sveda le suivit des yeux pendant que celui-ci leur sortait la carte postale envoyée par Clov. L'effet de cette blague de mauvais goût se vit immédiatement sur son visage, tout à coup fermé et sombre. La stupéfaction se mua en énervement, puis en rage. Dents serrées tendirent la missive à Davos, sentant ses joues rougir, sous le coup de la colère. Le souvenir de sa visite au manoir Spencer lui revenait en mémoire. Elle revit clairement Dieu et Arlathan dans leur salon. Sans parler de sa fugace rencontre avec Ambrosio dans l’église. Elle avait été si proche d'eux et n'avait pas saisi combien l'opportunité de les éliminer de la carte.

    " Les Rayleigh doivent être éliminés au plus vite." Hélianthème planta son regard brûlant dans celui de son vieil ami. Elle qui était d’ordinaire si pacifiste se montrait très inflexible pour une fois. " Dis à Zexion de se hâter de prendre une décision."

    Autorité solaire.

    Oui… Voilà qui change de la délicatesse coutumière de la belle du désert. C'est qu'elle ne parlait pas comme l'amie de vie, mais comme la nouvelle chef de groupe qu'elle était. C'était au bras droit de Zexion qu'elle imposait une pression. Pour elle, il était hors de question de ne pas réagir. Car cette agression était des preuves supplémentaires qu'ils leur fallait agir. (Que dire de celle de James…)

    Je ne sais pas si Roxas avait très bien conscience de la maladresse de son intervention. Il aurait mieux fait de faire comme les deux autres et de repousser le sujet épineux à plus tard. Mais, trop tard, sa question retentissait entre les quatre murs.

    " Je ne tiens pas à aborder le sujet maintenant, mais puisque tu sembles intrigué, autant le dire. Oui. Je ne suis pas contente. J'aurais aimé savoir ce qui t’es arrivé. Etre dans la confidence. Ton cher et tendre semble avoir vite oublié, qu'en plus d'être médecin, je suis l'une des meilleures chirurgiennes de cette foutue ville !! "

    Vexation et peine se ressentaient dans les intonations de sa voix. Sveda se faisait aussi ferme et dure qu'elle l'avait été avec La Tosca. Le temps ni le lieu n'étaient les plus appropriés. Baldwin avait besoin de repos. Cependant, à présent que le feu était allumé, il grandissait et balayait les réserves de l'immortelle. Car précisément, dans une période comme celle-ci, elle aurait aimé être un appui et non la personne que l’on fuit. Entre Axel qui faisait le mort et Caleb qui se faisait distant. Les silences étaient plutôt difficiles à encaisser.

    " Pourquoi n'as-tu pas jugé bon de m'appeler aux urgences ? Je serais venue tout de suite. Surtout, ne me sors pas l'argument de la protection. Tous les Externels savent que nous sommes proches." Cette fois, c'est vrai, Sveda avait un peu plus de mal à se montrer compréhensive. Elle manquait d’énergie et de patience pour bien prendre les choses. " Vous ne vous êtes pas imaginé ce que ça me ferait d'apprendre ça de cette façon ? Je me suis demandé si notre amitié avait une vraie valeur à vos yeux."

    Ses yeux, à elle, alourdit par la tristesse passaient de l'un à l'autre. Au fond ce qu'elle ne supportait pas, c'était de voir que Davos l'avait écartée avec la même facilité, que le faisait Absalon. Elle avait été surprise et elle était déçue.

    " Enfin, il y a plus grave à régler pour le moment. Le père de Kim est en ville. Il a prêté allégeance à Ambrosio. Ce qui nous fait un ennemi en plus à gérer. Sans parler des autres… Le temps presse. Je peux très bien rencontrer Zexion sans toi. Vous… Réfléchissez sérieusement à cette idée de prendre un peu de distance. “

    Point barre ?

    Ni une ni deux, Docteur Kent vérifia l'heure sur la pendule murale de la chambre, prête à reprendre du service. C'était plus facile d'être dans l'action en fait, qu'ici à cogiter sur le pourquoi du comment ? De qui a tort et qui a raison. D'est-ce qu'il faut le prendre pour soi ou pas ? Sveda n'avait pas d'énergie à perdre dans son chagrin. Tout ce qu'elle avait à faire c'était son job.

    " Bon... Avec un peu de chance je vais réussir à avoir ton chirurgien. “ Efficacité les gars. Votre copine était devenue l'incarnation de "la femme active débordée" en moins d'un mois. " Je peux faire quelque chose d'autres pour vous sinon ? “

    Voilà c'est ça, exactement, ça !


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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Mer 13 Mai 2015, 01:33



Malgré les élans de colère de Davos envers les médecins, on lui assurait que Rafael était traité du mieux qu'on pouvait, ce que confirmait Sveda par ses paroles. Il avait parfois vu certains membres du personnel s'occuper de son compagnon, et il avait été un peu rassuré. Cela ne l'empêchait cependant pas de bouillir intérieurement de colère à chaque fois qu'il passait la porte du bâtiment. Il imaginait, pour l'avoir très partiellement vécu et de façon différente, ce que ressentait Roxas, et il s'en voulait profondément de ne pas avoir pu le sauver comme il l'aurait dû. Mais il pourrait refaire le monde avec des si, de même qu'avec le pouvoir d'une Tosca absente quand il en avait besoin. Il devait accepter les choses telles qu'elles étaient arrivées. Tant bien que mal. Et vraiment « mal » plus qu'autre chose. S'il devinait en partie ce que Rafael aurait à subir comme rééducation et douleur, il n'ignorait pas que ce serait à un niveau bien plus important que ce que lui avait connu. Plus traumatisant, et plus perturbant, à vie.

S'il avait pu empêcher cette amputation...cela lui faisait mal quand Sveda disait que l'opération s'était passée aussi bien que possible. Objectivement, certes...comme le faisait remarquer Rafael avec son ironie, par ailleurs. Mais il y avait la douleur à supporter, le membre fantôme, la rééducation, la prothèse...accepter tout cela psychologiquement... le poing de Davos se resserrait quand il pensait à Arlathan. S'il le voyait, il n'hésiterait pas, cette fois, et rien ne pourrait l'empêcher de se venger totalement. Il s'en faisait la promesse...
Mais en attendant était plus grave, la réaction de son amant aux mots de Sveda. Il n'osait intervenir pour faire comprendre à la rose des sables que ce type de mots, même encourageants et déterminés à relever le positif, faisaient du mal à Rafael plus qu'autre chose – pour l'instant. Ça aurait été mal vu. Déjà qu'il refusait de soulever ce drap...Davos ne savait quoi en penser. Songeait-il qu'ils reculeraient et s'enfuiraient, horrifiés ? Dans ce cas, ils seraient bien lâches, et ne mériteraient pas les termes d'amis ou compagnon. Mais il ne devait certes pas oublier que Sveda était de leur côté, et qu'elle aurait certainement fait tout ce qu'elle pouvait pour éviter le pire.

La suite de la conversation tourna sur un sujet dont il n'aurait pu prévoir l'opportunité, même en rêvant un peu. Aller à l'étranger, s'éloigner du temps de crise...là aussi il y avait quelque chose de lâche pour lui, même s'il comprenait aussi le but de cela. Car outre Stannis, Hélianthème avait besoin de soutien, malgré tout. Et puis, fuir ainsi, ne serait-ce pas laisser croire qu'ils avaient été défaits et qu'ils abandonnaient la partie ? Il n'aurait pu le supporter. Certes, c'était une occasion que peu pouvaient présenter, et c'était sans doute à cela qu'on reconnaissait ses véritables alliés de cœur. Mais était-ce réellement possible, dans leur situation ? La première réaction de Davos avait été de refuser. Ce n'était quasiment pas réfléchi mais instinctif. On trouvait parfois plus facilement de raisons de ne pas faire quelque chose, que de le faire. Mais quitter cette ville et tous ses dangers ? Si une guerre arrivait, seraient-ils vraiment plus en sécurité qu'ailleurs, si cela s'étendait au conflit mondial ? Il en doutait honnêtement. Ce serait comme partir pour revenir dans un contexte pire encore, où ils auraient manqué des choses...

Peut-être ne pourraient-ils même plus rentrer dans le pays, même si là, il y allait fort niveau prédiction. De plus, il n'avait jamais réellement quitté les Initiés, et c'était un peu un saut dans le vide. Oh certes, il avait déjà pris des vacances, mais c'était différent : là c'était se mettre en retrait dans une situation de crise, alors qu'il savait pertinemment qu'il y avait du grabuge dans le groupe en ce moment, au vu de ce que Rafael lui avait raconté. Et pourtant...cela avait aussi quelque chose de tentant. Ils pourraient être en paix, pendant un petit moment. Cela permettait à Rafael de guérir sans stress, de se remettre sans avoir à craindre pour sa vie perpétuellement, ou de penser qu'Arlathan allait le retrouver. Davos lui-même, ça ne lui ferait peut-être pas de mal, bien qu'il serait le dernier à admettre cela...et ça ferait une distance par rapport à toutes ces rumeurs sur Titanic qui lui fouaillaient le cœur...
Quant au mariage, il ne fallait pas douter que cette idée faisait, lentement mais sûrement, son chemin dans la tête de Davos.

Il formula en premier un refus, et il sentit comme s'il avait tort, en voyant la réaction de Rafael. Tu parlais d'un tact, parfois il en manquait...sa réaction était certes vraie, c'était une des premières choses auxquelles il avait pensé, mais il aurait peut-être dû éviter que ce soit à cause de Stannis. Enfin, trop tard désormais...en avait-il été amoureux un jour ? Il faudrait replonger dans le passé pour le savoir. En tout cas, il demeurait un lien inébranlable de fidélité, et ça, personne ne pouvait le casser, hormis Zexion lui-même. Roxas faisait de son mieux pour ne pas paraître blessé, mais cela se voyait quand même. Davos eut un geste pour aller saisir sa main, pour l'assurer qu'il était le premier à compter, mais pour cela, il aurait fallu s'éloigner du mur et craindre que cela ne porte à remarquer la bosse qui dépassait de son postérieur. Il resta donc coi, la mort dans l'âme. Ecoutant les arguments de chacun, et il était vrai que ceux de Rafael n'étaient pas forcément moins puissants que les siens.

« Je peux comprendre...et il est vrai qu'on serait à l'abri de la tempête, pour un temps du moins. Mais le retour sera rude, » fit l'ancien marin. Sveda n'avait pas moins tort, elle non plus. Sa réplique eut l'effet d'une douche froide. « Je ne voudrais pas vous abandonner au moment où vous en avez le plus besoin, même si parfois j'ai l'impression d'arriver au bout de ce que je suis capable de faire. »

Puis il suivit des yeux les gestes de Roxas quand il sortit une carte de la table de chevet, la passant à Sveda dont l'expression se modifia considérablement sous l'effet d'une colère noire. La rose des sables avait ses propres épines, plus solides que bien d'autres. Il n'avait jamais vu son amie rougir et serrer les dents de cette manière, et la déclaration qu'elle lança ensuite le surprit quelque peu par sa véhémence et sa détermination. Hélianthème était pourtant, comme lui, plus prompt à pardonner qu'à appliquer la peine de mort. Comme quoi, les gens changeaient. Mais il comprit pleinement cette réaction en lisant à son tour l'horrible carte. Clov était véritablement un fou, même un Joker avait conscience du chaos qu'il apportait. Là, qu'est-ce que c'était, à part un jeu, pour lui ? Comment avait-il pu oser envoyer une horreur pareille après ce qu'il avait fait à Rafael ? Ne l'avait-il pas assez tourmenté ?! A nouveau, de la glace s'échappa des doigts de Davos, raidissant la carte. Il s'en fallut de peu pour qu'il ne se rende pas compte et ne brise la carte, de cette manière. Non, en fait, il la brisa en plusieurs petits fragments. La colère l'emportait trop souvent sur ses émotions, ces temps-ci. Peut-être un autre signe de la nécessité de relâche. Il ne pouvait cependant qu'approuver les mots de son amie X-Men.

« J'ai failli tuer les deux. Je commence à regretter de ne pas l'avoir totalement fait... » Le regard qu'il rendait à Sveda était tout aussi déterminé, mais avec une chaleur froide, cette fois. « Je lui en parlerai. Mais il ne répond à aucun de mes messages pour l'instant. »

Comment aurait-il pu se douter, en effet, que ça tombait dans la messagerie de Caleb, et donc dans le vide ? Même Dantès n'avait pas prévu cela. Certes, cela changeait des attitudes de la mutante, mais il appréciait. Il aimait voir ce côté solaire et autoritaire chez elle, qui démontrait toute la force de son caractère. Ça existait, sous la douceur avec laquelle elle paraissait perpétuellement.

Ce fut ensuite au tour de Rafael de mettre les pieds dans le plat, avec deux questions qui ne plurent guère à Davos. Il aurait préféré régler ses différents avec Sveda, seul avec elle et sans que son amant n'ait du souci à se faire ; quant au manteau, c'était hors de question de l'enlever, il en mourrait de honte. Rien qu'à cette pensée, la chaleur lui montait aux joues ainsi que la gêne, et il ne dut son salut qu'à l'intervention certes réprobatrice qu'Hélianthème dirigeait vers lui. Pour une fois que ça servait, qu'on le blâme pour quelque chose. D'autre part, les mots de Sveda le mettaient vraiment dans la confusion. Avait-il paru si égoïste ou si volontairement ignorant ? Pourtant, c'était simplement l'agitation, la panique, le fait que tout soit arrivé si vite, qu'il craignait pour la vie immédiate de Rafael, qui avaient fait qu'il n'avait pas pensé à la prévenir. Sous le coup du choc, de la colère, il n'avait pas raisonné comme il l'aurait fait d'ordinaire. Peut-être que cela avait en effet mené au plus mauvais, au résultat d'aujourd'hui, finalement... Il baissa les yeux, honteux, tant à cette pensée que sous le regard clairement déçu et triste de Sveda, alors qu'elle continuait son discours enflammé. Elle perdait patience, c'était une première. Il finit par quitter son attitude et se rapprocha d'elle, peu importait alors qu'on voit ce qui avait poussé sur son corps pendant la nuit. Il saisit les mains de Sveda entre les siennes, plongeant son regard argent dans celui, limpide, de la rose des sables.

« Sveda...je te jure que c'était ni pour te blesser, ni de la mauvaise volonté...seulement, j'étais tant paniqué, tant en colère, tout est arrivé si vite, on m'a viré de l'hôpital....je n'ai seulement pas eu le réflexe de t'appeller. Je bouillais tant de rage envers les médecins...et ensuite, quand j'ai vu ce qu'ils ont fait...contre ma volonté, sans même demander mon avis... » La voix de Davos se fissurait et devenait plus douloureuse, plus faible, mais il continua à parler, ses mains serrant celles de son amie. « Je ne voulais pas infliger à Rafael le fait de voir encore d'autres personnes l'examiner ainsi, alors qu'il avait déjà lui-même trop à faire pour s'accepter...en aucun cas...en aucun cas...ça n'a été tourné contre toi. Ou contre notre amitié. Je te demande pardon. »

C'était vrai, il n'avait pas voulu la blesser, ni même n'avait songé que ce silence dû au choc des choses, pourrait la blesser ainsi. Mais là au moins, les cartes étaient mises sur table et il avait expliqué la façon dont il avait raisonné. Il relâcha les mains d'Hélianthème, reculant de nouveau vers ce qui était désormais sa place favorite, le mur. Il espéra que les nouvelles paroles d'Hélianthème feraient oublier à Rafael qu'il lui avait demandé d'enlever son manteau, ou que son amant n'ait pas vu la légère bosse qui apparaissait au gré des mouvements qu'il faisait. Contre le mur, il était en sécurité, aussi ironique que ça puisse paraître. Il eut un nouveau choc, en apprenant que le père de Kim était revenu, et en plus avait choisi de se joindre aux Ombres. Comme s'il n'y avait pas assez de mauvaises nouvelles, comme ça ! Et voilà qu'elle parlait de rencontrer Zexion, seule....tout ça commençait à sentir diablement le roussi, et les ennuis.

Non, en fait, tout cela commençait à annoncer le début d'une nouvelle guerre, à moins qu'elle n'ait finalement jamais cessé. Et même si Sveda apparaissait à l'instant comme une femme forte et déterminée, il ne pouvait s'empêcher de demander si elle n'allait pas craquer.

« Ne va pas au-delà de ce que tu peux faire... »

Elle parla ensuite du chirurgien, et de ce qu'elle pouvait faire d'autre.

« Tu fais déjà beaucoup, plus qu'on ne pouvait l'espérer, et on t'en remercie beaucoup...seulement, promets d'être prudente et de ne pas être seule, dans tout ce que tu vas faire. Et moi, je promets de réfléchir davantage, avec Rafael, à ta proposition. Tu crois que ce serait bien...médicalement parlant, pour Rafael ? »

Oui, il évitait vraiment le sujet de l'imperméable à enlever. Il avait assez honte comme ça.


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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Dim 24 Mai 2015, 22:08

Davos ne semblait guère séduit par l'idée de quitter New York. A ses yeux, cela devait être pareil à un acte de désertion. J'avais perdu un membre à cause de Clov ; que lui fallait-il de plus ? Enfin, malgré tout, je comprenais un peu. Il n'était pas facile de tout abandonner, comme si l'ennemi obtenait finalement ce qu'il souhaitait. Mais Sveda n'en était pas à son dernier mot.

« Bien sûr que si vous pouvez. Stannislas a aussi cet ancien roi pour lui faire entendre raison quand il le faut. Floria n'a pas l'air d'avoir besoin de toi pour le moment. Quant à moi, je préfère te savoir loin et à l'abri. Au moins, ça justifiera ton manque de communication. Pour une fois, arrête de penser aux Initiés et penses à toi, et à Rafael. »

Je arquai un sourcil, encore peu habitué à l'honnêteté un peu sèche de Sveda. La pique qu'elle avait envoyée à Davos n'était pas dissimulée, mais bien sentie. Mais sa dernière phrase était nettement plus importante à mes yeux. Elle était un résumé de tout. J'avais longtemps reproché à Davos de faire passer le devoir avant sa vie privée, non sans me sentir un peu coupable ou égoïste, d'autant qu'il n'écoutait rien. J'étais à la fois surpris et heureux d'entendre Sveda aller dans mon sens. Je me gardai toutefois bien d'esquisser un sourire. Je n'avais guère le cœur à rire, et je savais que Davos souffrait déjà bien assez de ce dilemme, ou de tout ce qu'il venait de se passer.
J'avais par la suite montré la carte envoyée par Clov, à Sveda, et le morceau de papier eut son petit effet. J'avais rarement vu les traits de Sveda aussi endurcis par la colère. Ensuite, elle condamna d'une certaine façon les Rayleigh à mort. Comme quoi, même ces deux-là avaient trouvé des personnes qui, selon eux, ne pouvaient ni changer, ni être sauvées. En tout cas, ce n'est pas moi qui pleurerais les Rayleigh. Mais je savais qu'ils étaient aussi talentueux qu'impitoyables. Je savais Arlathan fou et délirant, quant au fils, c'était peut-être l'inverse, même si j'avais moins eu affaire à lui. Il calculait tout, au point de toujours avoir une longueur d'avance. Et encore, nous ignorions qu'il était le Chuchoteur ; qu'avant même d'avoir endommagé la jambe de Davos, il lui avait tiré une balle dans la tête. Jamais je n'avais eu aussi peur. Et aujourd'hui encore, j'avais peur pour mes deux amis.
J'étais resté relativement silencieux. Après tout, ces enjeux me dépassaient. Je finis tout de même par demander si il y avait un froid entre mes deux visiteurs, et, de toute évidence, j'aurais mieux fait de garder le silence. Mes mots avaient été semblables à cet insecte qui vient réveiller le lion qui dort, ou à une goutte qui fait déborder le vase. Sveda ne parvint plus à faire comme si de rien n'était.

« Je ne tiens pas à aborder le sujet maintenant, mais puisque tu sembles intrigué, autant le dire. Oui. Je ne suis pas contente. J'aurais aimé savoir ce qui t’es arrivé. Etre dans la confidence. Ton cher et tendre semble avoir vite oublié, qu'en plus d'être médecin, je suis l'une des meilleures chirurgiennes de cette foutue ville !! » clama-t-elle.

Je me faisais davantage petit. Comme quoi, la réaction de Sveda prouvait que, lorsqu'on avait quelque chose sur le cœur, mieux valait l'extérioriser, avant que cela ne prenne trop de volume. J'eus l'air passablement coupable, puisque, même si je n'avais pas pu dire à Davos de garder cela secret, j'avais accepté et j'étais entré dans son jeu. Je savais bien qu'il l'avait fait pour moi, me connaissant. Je sentis aux mots ironiquement chaleureux de Sveda, qu'elle avait été véritablement blessée par notre attitude. Mais la conclusion me fit surtout réaliser que les choses auraient peut-être été bien différentes, si Sveda avait tout de suite été sur place. Je blêmis un peu à cette idée, qui n'avait strictement rien de confortable.

« Vous ne vous êtes pas imaginé ce que ça me ferait d'apprendre ça de cette façon ? Je me suis demandé si notre amitié avait une vraie valeur à vos yeux. » insista-t-elle, après avoir posé quelques questions à Davos.

Je baissai les yeux, cette fois-ci. Ces mots me faisaient l'effet d'un fardeau sur les épaules, ou de plomb fondu dans la poitrine. Je réalisai qu'à la place de Sveda, je n'aurais réellement pas supporté d'être ainsi mis à l'écart, que cela fût intentionnel ou non. Sa dernière remarque était presque exagérée et injuste, mais après tout, c'était de notre faute si elle se le demandait. Une fois encore, je ne dis rien. Je n'étais jamais doué pour trouver les mots justes. Il fut un temps où j'aurais simplement joué la carte de la défense et ajouté de l'eau dans le gaz, mais j'avais appris à me taire et à me calmer, depuis.
Toutefois, Sveda se ressaisit pour faire le point. Elle fit référence à un nouvel ennemi en ville, à la future alliance entre X-Men et Initiés, ainsi qu'à notre éventuel départ. L'empressement de Sveda était relativement stressant, même si j'avais bien conscience qu'elle était à cran et débordée, ces temps-ci. Elle mentionna mon chirurgien, avant de nous demander ce qu'elle pouvait faire de plus. Le moins que l'on pouvait dire, était qu'elle nous prenait de court.
Je me tournai vers Davos, inquiété par son silence, même s'il s'était défendu, quelques fois tout à l'heure. Les fragments de glace qui avaient autrefois été la carte de Clov gisaient toujours aux pieds de Seaworth. Je n'étais pas habitué à le voir nerveux et froid, comme il l'était maintenant depuis plusieurs semaines. Il fallait dire que nous avions traversé des événements éprouvants. Parfois, la tendresse et la maladresse du Davos naïf et optimiste me manquaient, mais j'étais aussi et surtout admiratif de (re)découvrir cette autre facette de sa personnalité. Il m'avait passablement ignoré lorsque je lui avais demandé ce qu'il cachait avec ce manteau, et j'aurais pu en être vexé, si je n'étais pas si inquiet. Seaworth finit toutefois par s'écarter du mur, pour prendre les mains de Sveda.

« Sveda...je te jure que c'était ni pour te blesser, ni de la mauvaise volonté...seulement, j'étais tant paniqué, tant en colère, tout est arrivé si vite, on m'a viré de l'hôpital....je n'ai seulement pas eu le réflexe de t'appeller. Je bouillais tant de rage envers les médecins...et ensuite, quand j'ai vu ce qu'ils ont fait...contre ma volonté, sans même demander mon avis... Je ne voulais pas infliger à Rafael le fait de voir encore d'autres personnes l'examiner ainsi, alors qu'il avait déjà lui-même trop à faire pour s'accepter...en aucun cas...en aucun cas...ça n'a été tourné contre toi. Ou contre notre amitié. Je te demande pardon. » dit-il enfin.

Un nuage passa certainement sur mon front tandis que Davos racontait ce qui lui était arrivé. Je ne pouvais qu'imaginer ce qu'il avait ressenti. On l'avait privé du droit d'être présent, pour ne citer que cela. Je détournai une fois encore les yeux, tandis que la voix de Davos se brisait un peu ; le choc avait dû être rude lorsqu'il avait appris quelle décision avait pris les médecins. J'aurais probablement été moi-même dans tous mes états si Davos s'était mis à pleurer, ou quelque chose comme ça, mais il n'en fit rien. Il ne l'avait jamais fait, d'ailleurs, même lorsque je m'étais réveillé. Je savais que ce n'était pas qu'il était insensible à ce qu'il s'était passé, bien au contraire. Il avait dû avoir tout le luxe de se tourmenter, lorsqu'il était seul, et il avait été fort pour nous deux, lorsque nous étions ensemble. C'était tout ce dont j'avais besoin. Je songeai un instant à quelle avait été ma réaction lorsque j'avais moi-même appris ce que les chirurgiens avaient fait, mais je tâchai de vite me détourner de ces pensées désespérées. Quoiqu'il en soit, les excuses de Davos étaient aussi sincères que touchantes. Je voyais mal Sveda les refuser.


Moi aussi, ajoutai-je, certes moins éloquent, en l'occurrence.

J'avais l'air grave, sérieux, lorsque mon regard fut machinalement attiré par quelque chose qui n'avait pas sa place, dans cette pièce. Pour faire face à Sveda, Davos me tournait presque le dos, et je réalisai qu'il y avait comme une bosse, sous le manteau. C'était comme quelque chose qui dépassait et était vivant. C'était certes très étrange à dire, mais je vous laisse imaginer ma stupéfaction. Davos retrouva sa place contre le mur, croyant que je ne m'étais rendu compte de rien.

« Tu fais déjà beaucoup, plus qu'on ne pouvait l'espérer, et on t'en remercie beaucoup...seulement, promets d'être prudente et de ne pas être seule, dans tout ce que tu vas faire. Et moi, je promets de réfléchir davantage, avec Rafael, à ta proposition. Tu crois que ce serait bien...médicalement parlant, pour Rafael ? » ajouta-t-il, plus objectif.

Je ne pouvais m'empêcher d'observer Davos avec perplexité et anxiété, peinant même à écouter tout ce qu'il disait. Il n'avait pas tort de conseiller ainsi Sveda, et sa question était pertinente. De l'avis médical de Sveda dépendrait peut-être nos décision. Mais une fois de plus, je ne pus m'empêcher d'être passablement décalé et hors-sujet.


Qu'est-ce qui dépasse de ton pantalon ? demandai-je donc à Davos, l'air perturbé, même si j'avais conscience combien cette question pouvait paraître burlesque, surtout placée hors de son contexte.

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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Ven 12 Juin 2015, 23:50


    Sveda ne fit pas l’effort de cacher que les réticences du marin l’excédaient. Et pour cause ! Que n’aurait-elle pas donné de son côté pour aller s’exiler loin de New York et de ses ennuis. Davos ne voyait pas la chance qu’il avait de se voir proposer une aussi belle porte de sortie. Ne pouvait-il pas simplement sauter sur l’occasion et laisser les autres continuer le travail ? Heureusement, un minimum de tact amena la médecin à formuler les choses de façon plus… délicates.

    " Davos, justement, tu ferais mieux de concentrer ton énergie sur le plus important. Actuellement, le plus important c’est Rafael. Point. "

    Hélianthème se souvenait de la bataille dans l’Église du Crépuscule. Elle aussi s’était retrouvée en face à face avec Ambrosio. Cependant, le pouvoir de ce dernier l’avait privée de ses capacités. Elle avait été immobilisée et maintenue sous contrôle comme une vulgaire poupée de chiffon. Cette impuissance éprouvée déposait encore ce jour-là la saveur de l’amertume au fond de sa gorge. Dire que tout aurait pu s’arrêter cette nuit-là.

    " On finit tous par avoir ce type de regrets. Tu aurais probablement du, pu, les tuer. On ne pouvait pas savoir. C’est fait. Ça n’a plus d’importance maintenant. Le plus important c’est d’avancer. Donc, ne pense pas trop à tout ça et concentre-toi sur ce qu’il reste à faire. "

    Enfin dans leur idée, car les prétendants au trône maléfiques ne manquaient pas dans le rang des immortels. Sveda en connaissait au moins deux, voire trois, qui se feraient un plaisir à jouer les monarques du monde. Hypnos en tête. Malheureusement pour lui, son ex-compagne avait encore assez de force pour le retenir en son sein. Pour combien de temps encore ? Ca personne ne le sait. Même moi, je ne suis pas fixé. Laissons les prochains ennuis arriver. Ensuite, nous verrons.

    Les deux vieux comparses de vie eurent un regard. Ils n’en étaient pas à leur premier conflit ouvert contre les Ombres. C’était cela dit la première fois qu’ils se retrouvaient côte à côte dans le combat. Dommage que cela se fasse, en compagnie de petites blessures et de remords. Sans quoi la réplique bienveillante de Davos n’aurait pas autant agacée notre rose. Elle l’aurait pris avec douceur. Mais Sveda ne put retenir un rien de sécheresse dans le ton de sa réponse.

    " Il faudra bien, avec ce qui se prépare. Tu crois que la paix va se faire toute seule ? Si l’on veut les écarter, il faut mettre les mains dans le cambouis. Si tu veux aider, fais en sorte de convaincre ton patron de travailler avec nous. "

    Revenir sur le terrain médical n’était pas une mauvaise idée ! Loin de là. La belle éluda donc le reste et partie sur cette question médicale. C’était plus sage, car autrement, elle n’aurait pas été loin de provoquer toute seule une dispute. Dire qu’elle n’en était qu’au début de ses peines. Un an comme ça et c’est à la petite cuillère qu’Hélianthème allait se ramasser. Elle plongea ses yeux dans ceux de Rafael. Elle sentait qu’il était plutôt pour un exil temporaire, aussi alla-t-elle en ce sens.

    " Davos, ne joue pas les surprotecteurs. Je ferais attention. Enfin, je te rappelle que je n’en suis pas à mon premier conflit ouvert contre eux. C’est plutôt à toi de faire attention. Arlathan est sadique, mais son fils n’est pas mieux… sans parler de Nikolas. C’est une vraie garce. Oui, être au calme ne sera que bénéfique. "

    On aurait presque pu croire qu’elle cherchait à les chasser.

    Puis, évidemment, Roxas remarqua ce qui n’aurait pas dû être remarqué. Il est doué pour ça. Toujours à avoir l’œil où il ne faut pas. Sveda baissa, elle aussi, ses yeux pour voir de quoi il pouvait bien parler. Son front se plissa tandis qu’elle découvrait cette queue de chien accrochée au derrière du marin. Elle ne put s’empêcher d’avoir un rire de surprise et désappointement. Avouez que la situation est cocasse. Ce n’était pas tous les quatre matins que l’on voyait un homme se balader avec un membre en plus. C’était tout de même plus amusant qu’une jambe coupée ! De quelle race pouvait-elle être, cette queue ?

    " Davos… depuis quand as-tu ça ? "

    Intriguée, Hélianthème se rapprocha du dos de Seaworth. Elle repoussa un pan de la parka et fixa la naissance du postérieur. Peu à peu, une hypothèse se formula dans son esprit scientifique. Elle n’aimait pas l’idée que lui soufflait son intuition. Sa main alla effleurer le bras de Davos pour en palper la peau. Ensuite, Sveda focalisa ses sens sur lui. Elle perçut le tressaillement interne qui valida le soupçon. À savoir qu’Absalon avait encore une fois joué avec le futur.

    Finis de rire. La nomade retrouva tout son sérieux, sa gravité. C’est vrai qu’il ne manquait plus que ça sur sa liste. Une plaisanterie d’Axel… Tout en sachant qu’il avait quand même promis de l’aider ! Imaginez ce que cela aurait été sans ce mensonge. Pourtant, Sveda ne dit rien au couple à propos de ce mauvais sort. Sa loyauté la plus forte allait encore vers Nur. Elle voulait lui éviter la colère des garçons. Grand bien lui en fera quelques jours plus tard.

    " Je me renseignerais sur quoi ou qui peut provoquer ce genre de choses. En attendant, tu as raison, cache-là. "

    Il n’y avait rien de plus à faire de toute façon. Kent se dirigea donc vers le siège où elle avait posé ses affaires pour les récupérer.

    " Puisque vous vous en sortez sans moi j’y vais. J’ai encore pas mal de choses à faire avant le coucher du soleil. " Gagnée par la force d’une colère encore souterraine Sveda se dirigea vers le lit pour embrasser Baldwin à la va vite. " Je t’appelle dès que j’ai du nouveau pour la suite des soins. " Elle se tourna ensuite vers Davos, lui accorda un sourire et baisa ses deux joues tout aussi vite. La fâcherie était déjà écartée. " Et toi garde ton calme. C’est ce qui aidera le plus ton mec. "

    Un dernier sourire, un dernier salut et l’immortelle ouvrirent vivement la porte pour sortir. Elle ne perdit pas une seconde et prit le chemin du service de chirurgie.


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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Mer 17 Juin 2015, 19:40


Davos était juste trop loyal pour songer à « fuir ». Car c'était bien à cela que ressemblait pour lui, un exil de New York. Cette vision des choses était probablement tant influencée par Stannis, que par la fameuse maxime disant qu'un capitaine n'abandonne jamais son navire. Et Davos n'était pas du genre à abandonner ses amis, non plus. Fort heureusement, on n'allait pas tarder à lui faire comprendre qu'un recul temporaire, n'avait rien d'une désertion. Ce n'était pas qu'il négligeait ce qu'avait subi Rafael, ou le minimisait, pourtant. Il ne fallait surtout pas croire cela. Mais Davos avait certes appris à lutter, jusqu'à ce qu'il se casse, tel un certain Stannis. On passait difficilement des siècles aux côtés de Zexion, sans apprendre cela.

Néanmoins, cette fois, c'était Rafael et Sveda qui se liguaient contre lui, allaient dans le même sens, le forçant à considérer les choses d'une autre manière. Enfin, il savait que ce n'était tant personnellement contre lui, que pour lui faire comprendre qu'il n'y avait rien de honteux, ni de mauvais, à vouloir s'en aller pour un temps. Bien sûr, Hélianthème avait l'art de trouver les mots justes, qui faisaient mouche. Le marin baissa les yeux, lorsqu'on lui demanda de penser à lui, et à Rafael, plutôt qu'aux Initiés. N'avait-ce pas toujours été son défaut, après tout ?... Mais cette fois, il semblait prêt à écouter les conseils des deux personnes présentes dans la pièce : deux des personnes qui comptaient le plus dans sa vie.

« Très bien...Uniquement le plus important. » Après tout, au vu de tout ce qui s'était écoulé, il ne pouvait qu'approuver, coulant un regard attentionné, et déterminé, à Rafael. « On partira donc. Le temps de se remettre. »

A ce défaut-là s'en rajoutait un autre, tout récent : la tournure sombre que semblait parfois prendre son âme par instant, le fait de ne plus vouloir pardonner, mais simplement en punir certaines. A croire que la leçon avait été dure à apprendre, mais que finalement il s'en était occupé. Tous les hommes ne pouvaient pas être sauvés ; et s'il avait appris, réellement, tout ce qu'avait fait Benedict, il aurait eu encore moins de réluctance à avoir cette attitude si vengeresse. Lui et Benedict semblaient être le genre de personnes à se déclarer ennemis jurés, sans même s'être jamais connus en profondeur. Ne parlons pas du père du Chuchoteur, celui-ci était aussi encore moins dans le cœur de Davos, après ce qu'il avait fait à Rafael. Bref, toute la famille Rayleigh avait du souci à se faire. Si jamais le marin se retrouvait face à eux, il risquait encore une fois, de perdre tout contrôle. On ne s'attaquait pas impunément à ceux qu'il aimait. Les regrets évoqués par Sveda lui mordaient le ventre depuis l'attaque de l'Eglise, et il ne comprenait que trop bien, ce qu'elle voulait dire. Oh, s'il se retrouvait de nouveau face au père et au fils...l'affrontement risquait d'être sanglant ou de glace, mais en aucun cas chaleureux. S'il ne répondit rien, son regard d'argent se durcit brutalement, pendant quelques secondes, ayant tout de la froideur métallique qui brise les autres, plutôt qu'elle ne les aide.

Mais l'heure n'était pas à la vengeance, plutôt à essayer de calmer la rose des sables. Les deux hommes avaient beau en imposer à leur manière, il était presque amusant de voir qu'ils se recroquevillaient ou viraient vite coupables, sous les assauts des reproches de Sveda, définitivement plus épine que rose, dans ces instants. Même le tempérament le plus doux peut cacher la plus grande des colères. Et les paroles prononcées avaient de quoi blesser le cœur de Davos, même s'il comprenait la réaction de sa plus vieille amie. Après tout, dans la situation inversée, n'aurait-il pas réagi de la même manière, finalement ? Probablement, à part qu'il aurait sans doute davantage gardé sa déception pour lui.
Si le sujet changea, devenant à la fois plus léger et sérieux, cela n'empêcha pas Davos de se sentir la mort dans l'âme, pendant encore un moment. Il ne voyait vraiment pas Stannis en ce moment, tous les messages qu'il envoyait, ne recevaient aucune réponse ; à croire que le leader des Initiés avait choisi de l'ignorer. Peut-être était-il au courant pour Baldwin, et il le lui faisait payer. Il avait essayé de retourner au Quartier Général, sans en informer Rafael, mais il n'avait trouvé que cendres et patrouilles de police. Le QG des Initiés s'était déplacé, et il ignorait où, même s'il commençait à interroger son réseau pour en savoir plus, à écouter les bruits de couloir. Pour l'instant, toutefois, il était clairement en position de désavantage et ne pouvait guère aider le leader des X-Men, même s'il jura de faire de son mieux.

« Je sais que ça va pas se faire tout seul. Mais je t'avoue que Stannis m'ignore, pour l'instant. Je retrouverai le nouveau QG, pour lui parler. Tu sais que je suis pour cette alliance, depuis longtemps. »

Les excuses qu'il présenta à son amie étaient les plus sincères possibles, et témoignaient de l'état d'esprit qui avait été le sien. Il était vrai que ces derniers temps, il avait plus de la colère et de l'amertume en lui, qu'une véritable joie de vivre, même s'il affichait le sourire pour lui et Rafael, et essayait de changer les idées de ce dernier. Quant à Sveda, il serait là pour la soutenir, et empêcherait qu'elle soit à ramasser à la petite cuillère. Hélas, s'il avait su ce qu'Axel s'apprêtait à faire... La mention de Nikolas lui fit froncer les sourcils. Il ne connaissait cette personne que de loin, ne l'avait jamais rencontré. Mais il savait que sa venue était loin d'être bénéfique, en plus des autres psychopathes déjà présents – Rayleigh père et fils – il pourrait se montrer prudent, mais rien n'indiquait qu'il contrôlerait sa colère, face à ceux-là. Il avait trop de remous bouillonnant dans l'âme, ces derniers temps.

Une chose était sûre, il ne risquait cependant pas de pardonner aux médecins qui avaient opéré Rafael contre son gré, et sans lui accorder même le droit de patienter près de lui. Ce n'était pas forcément un « jamais » mais pour l'instant, c'était hors de question.

La situation aurait pu continuer sur des sujets aussi sérieux, mais Rafael eut à ce moment l'excellent idée de demander à Davos ce qui était discordant depuis, peu, avec son corps. Le marin se raidit en entendant la question, et machinalement, il recula de nouveau, pour tenter de cacher cette foutue queue de chien, mais c'était trop tard. Jusque-là, il avait réussi à éluder ce sujet, mais c'était bel et bien peine perdue. S'il refusait de répondre, il allait encore les inquiéter, ou paraîtrait trop suspect. Même Hélianthème avait émis un rire en voyant la queue dont il était affublé. Une queue de chien berger australien, autrement dit, quelque chose qui correspondait tout à fait à Davos. A nouveau, le marin sentit la mort lui étreindre l'âme, et il eut un mouvement pour cacher ce truc honteux, mais Sveda s'était déjà rapprochée pour observer cet appendice supplémentaire.

« Depuis ce matin. » répondit Davos, le ton lugubre, et l'air nettement moins prêt à rire, que les deux autres.

Néanmoins, le conseil de la rose des sables ne lui apporta pas grand-chose, même s'il ignorait ce qui l'incitait à poser la main sur son bras, un bref instant. Il n'avait besoin de personne pour chercher à cacher ça, il ne voulait surtout pas qu'on le remarque. Excédé, il remit son manteau de manière à dissimuler la queue de chien, mais rien à faire, cela formait toujours une bosse étrange.
Ensuite, il ne s'était pas attendu à ce que Sveda s'en aille si vite. Mais elle semblait si déterminée, si pleine de force et d'urgence, qu'il n'osa pas la retenir. En revanche, il la garda quelques secondes dans ses bras, dans une étreinte amicale, quand elle lui fit la bise. Elle n'était plus fâchée, fort heureusement – il ne l'aurait pas supporté – mais il tenait à signifier les choses. D'ailleurs, il eut un étrange sursaut au coeur, quand elle utilisa les mots « ton mec ». Personne n'avait encore appelé Rafael ainsi, en face de lui. Cela avait quelque chose de chose de réconfortant. Il plongea son regard limpide dans le sien, avec toute l'assurance et le soutien qu'il avait pour elle.

« N'hésite pas à me dire si tu as besoin de la moindre chose. Même juste de soutien ou de délassement. Ne te laisse pas bouffer. T'es pas toute seule, et je ne vais pas te laisser tomber maintenant où tu en as le plus besoin. »

Il l'étreignit encore, puis la relâcha. Il espérait seulement que Sveda se souviendrait de ces mots, quand elle serait quittée par Axel. Pas sûr. Il hocha la tête, une dernière fois, aux conseils qu'elle lui donna, avant qu'elle ne s'éclipse. Il était désormais seul avec Rafael, cette fois. Il resta silencieux et songeur quelques secondes, avant de se retourner vers lui, à la fois embarrassé, las, et déterminé.

« Alors, il semblerait que nous soyons partis... il va nous falloir trouver un endroit où aller. » Il se rapprocha de Rafael, cette fois, observant le visage et les yeux de son amant. Son regard errait, parfois, comme s'il ne pouvait s'en empêcher, déstabilisé par cette anomalie et encore peu habitué, vers la jambe mutilée, bien qu'elle soit dissimulée.

« Tu te sentirais assez en forme pour cela ? Aller ailleurs ?...Tu pourrais enfin te reposer, et guérir, tranquillement....Moi aussi, je suppose. » Même s'il faisait passer l'intérêt de Roxas avant le sien. Il prit la main de Rafael dans la sienne, entrelaçant ses doigts avec les siens. Au même instant, sans qu'il s'en rende compte, la queue de chien s'agita brièvement, au cas où il y aurait eu le moindre doute sur le fait qu'il était heureux d'être à ses côtés. « Je suggère un climat plus chaud, en tout cas...ça te fera du bien. »

Malgré tout, ces mots étaient maladroits, et Davos évitait le sujet le plus important.

« Dis-moi...ils te traitent bien, ici ? Y a pas de discrimination due à quoique ce soit ? Sinon, ils m'entendront encore, crois-moi. »

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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Mer 24 Juin 2015, 12:59

Je regardai Sveda expliquer à Davos qu'il devait se focaliser sur l'essentiel, et j'avais du mal à réaliser qu'elle parlait de moi, de nous. J'ignorai si je devais m'en estimer chanceux et reconnaissant, ou au contraire, me figurer qu'elle exagérait, et que j'outrepassai mon droit. J'observai tout autant Davos, m'efforçant de croire qu'il avait toutes les raisons de préférer rester ici, pour se focaliser sur des personnes qu'il connaissait depuis toujours ; et pourtant, cette éventualité ne contribuait qu'à me blesser. Mais je préférai ne rien dire. J'avais déjà fait le coup du crime passionnel et jaloux, en trahissant l'ensemble des Initiés. J'avais bien compris que j'avais déjà flirté avec des limites à ne pas franchir, même si Davos paraissait être d'une grande patience. Malgré tout, Seaworth parut comprendre où Sveda voulait en venir, et commencer à accepter. J'esquissai un léger sourire.
Penser aux Rayleigh était particulièrement douloureux, mais une fois de plus, Sveda sut trouver les mots justes. A quoi bon s'empoisonner l'esprit avec le passé ou des événements qui auraient pu se dérouler autrement ? Malheureusement, c'était souvent plus facile à dire qu'à faire. Je comprenais bien pourquoi nos hésitations perpétuelles venaient à bout de la patience d'Hélianthème, surtout en ce moment où elle avait les nerfs à vif. Elle avait certainement plus de choses à gérer que nous, mais elle ne se laissait pas autant affecter par les événements. Elle avait tout de la femme beaucoup plus forte que l'homme, malgré son apparence pleine de douceur. Enfin, ce n'était peut-être qu'une apparence, ça aussi : il n'était pas dans son intérêt de s'effondrer, devant nous, dans cette salle d'hôpital. Mais à force de contenir certaines choses, on finissait par devenir fou.
Elle se montra donc plus sèche lorsqu'elle demanda à Davos de convaincre Stannis, de s'allier aux X-Men. Comme à chaque fois que Zexion était évoqué, je me renfermai. Je savais que c'était sans doute déplacé, mais je ne pouvais m'empêcher de jalouser cet homme, qui avait été au cœur des attentions de Fran, et qui était toujours au cœur de celles de Davos, alors qu'il ne lui rendait pas la moitié de ce que Seaworth faisait pour lui. Je crois que je détestais profondément cet homme. Mais le temps m'avait fait comprendre que si je l'insultais, ou si – pire – je demandais à Davos de choisir entre nous deux, je n'apprécierais pas le résultat. Disons que Seaworth serait plus du genre à taire tout à propos de Zexion, plutôt que de réellement renoncer à lui. Je tâchai de ne pas avoir l'air trop ironique tandis que Davos confessait que Lannister était ni plus ni moins en train de le traiter comme s'il n'existait pas.
Elle évoqua alors plusieurs ennemis, dont une certaine Nikolas, que je ne connaissais ni d'Eve, ni d'Adam. Et pourtant...
Et un petit mystère fut enfin résolu. Il paraissait maintenant évident que Seaworth tentait de dissimuler une queue de chien. Je ne saurais dire quelle race exactement, si ce n'était que les poils étaient mi-longs et d'un bleu merle. Je ne saurais guère décrire ce que l'on éprouvait lorsqu'on faisait pareille découverte. Malgré l'inquiétude que cela suscitait, et bien entendu la colère, ça paraissait tant décalé et burlesque que Sveda et moi eûmes certainement du mal à conserver notre sérieux. J'espérais simplement que cela ne le faisait pas trop souffrir et ne le tourmentait pas, et que surtout, ça ne s'aggraverait pas. La question de savoir comment cela avait surgi, et pourquoi, était aussi pertinente. Je ne pouvais m'empêcher d'observer la protubérance avec intérêt, tandis que Sveda soulevait le bas du manteau. C'était dingue, ça paraissait... réel. Ça l'était, bien sûr, mais la queue épousait vraiment les mouvements de Davos, et il devait pouvoir la contrôler, dans la mesure du possible. Comme si elle faisait partie intégrante de lui, depuis toujours. Je comprenais malgré tout son malaise. Il n'était vraiment pas aisé d'avoir comme quelque chose d'étranger lié à son corps, surtout lorsque cela handicapait et attirait inexorablement les regards. J'étais bien placé pour le savoir. Sveda regagna son sérieux et dit qu'elle allait enquêter là-dessus, également. Je comprenais pourquoi elle lui conseillait de la cacher, mais je me disais que toute cette honte et ces complexes ne nous rendraient pas service.

« Puisque vous vous en sortez sans moi j’y vais. J’ai encore pas mal de choses à faire avant le coucher du soleil. Je t’appelle dès que j’ai du nouveau pour la suite des soins. Et toi garde ton calme. C’est ce qui aidera le plus ton mec. » ajouta-t-elle, en récupérant ses affaires puis en nous saluant.

J'eus sans doute un air de dépit, à sa première phrase, me demandant s'il ne s'agissait pas encore d'un sarcasme enrobé de reproche. Cela dit, je comprenais qu'elle avait beaucoup à faire et qu'elle ne pouvait malheureusement pas s'éterniser ici. Je fus également interpellé par sa dernière remarque, trouvant cela à la fois inhabituel et étrangement réconfortant. Je la remerciai et la saluai également, certes moins démonstratif que Davos, avant de la voir sortir de la chambre, puis s'évanouir dans le couloir pâle et agité. Je me retrouvai seul avec Davos. Je réalisai que je n'avais vraiment pas dit grand chose, jusqu'à présent, les laissant animer la conversation, mais je n'étais pas d'un tempérament très loquace, surtout en ce moment.

« Alors, il semblerait que nous soyons partis... il va nous falloir trouver un endroit où aller. » dit-il.


On peut encore prendre le temps d'y réfléchir, me contentai-je de répondre, pour qu'il ne se sente pas obligé.

J'étais habitué, désormais, à le voir m'étudier du regard, mais je ne pouvais m'empêcher de détourner les yeux, lorsque les siens se posaient sur la blessure. Je savais qu'il lui était difficile de faire autrement, d'autant que j'alimentais un mystère, moi aussi, mais je n'étais pas prêt à lui montrer spontanément de quoi il retournait. Il le verrait de toute façon, tôt ou tard.

« Tu te sentirais assez en forme pour cela ? Aller ailleurs ?...Tu pourrais enfin te reposer, et guérir, tranquillement....Moi aussi, je suppose. » ajouta-t-il.

J'écoutai ses mots avec attention, tandis qu'il revenait s'installer près de moi. Je serrai sa main à la fois avec douceur et fermeté, songeant qu'il fallait parfois peu de choses, comme un geste apparemment si anodin, pour avoir le cœur un peu moins lourd.


Je pense que je pourrai, si les médecins m'en donnent la permission. On a déjà l'autorisation de Sveda, après tout, dis-je, rassurant au possible.

Tu as besoin de plus de repos que tu le crois, après tout ce qui est arrivé. Les derniers mois n'ont pas été moins éprouvants pour toi. Quant à ça... je baissai brièvement les yeux vers la queue de chien, qui s'agitait un peu, probablement sans qu'il s'en rendît compte. On essaiera de trouver une solution mais ne te tourmente pas, d'accord ? C'est pas moi qui vais la rejeter.

Je hochai la tête en lui adressant un léger sourire, tandis qu'il évoquait un climat plus chaud. Le temps pouvait être plus clément quelque part, sur la côte. Nous n'avions pas besoin de fuir trop loin de New York. Et Davos serait probablement heureux de retrouver un climat marin.

« Dis-moi...ils te traitent bien, ici ? Y a pas de discrimination due à quoique ce soit ? Sinon, ils m'entendront encore, crois-moi. » ajouta-t-il.


Ils me traitent normalement. Tu ne dois pas t'en faire pour ça, répondis-je.

Ce n'était pas tout à fait vrai. Je m'étais probablement pris quelques remarques, au sujet de l'homosexualité ou de la mutation, depuis mon arrivée ici, mais elles n'étaient pas foncièrement cruelles ou volontaires. Je ne voyais pas l'intérêt de révéler cela à Davos, pour qu'il se fasse de nouveau expulser, et interdit de droit de visites.


Je t'aime, conclus-je, comme pour mettre un point final à tous les sujets qui nous préoccupaient.

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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Lun 29 Juin 2015, 14:04


Seaworth n'était pas vraiment idiot. Disons qu'il était seulement vrai qu'à force de côtoyer Stannis, il en était parfois également venu à faire passer son sens du devoir, avant tout, bien qu'il sache bien plus les limites là-dessus, que l'ex-leader des Initiés. Pourtant, Sveda et Rafael contribuaient, tous deux, à le remettre sur les rails, et bientôt ce serait un certain Dantès qui aurait ce même honneur. Après tout, dans tout cela, insensiblement et même si c'était inconscient, il commençait à abandonner Floria. Peut-être se faisait-il aussi peu à peu à l'idée qu'il n'était pas le vrai père de la chanteuse, et qu'il était temps de laisser ce rôle à Zexion. En tout cas, il commençait à comprendre, et à davantage apprécier les subtilités de certaines choses.

Il ne pouvait également que trop comprendre qu'il ne fallait pas outrepasser la patience de Sveda, en ce moment. Parfois, elle lui donnait l'impression qu'elle portait le poids du monde sur ses épaules, et qui sait, ce n'était peut-être pas si éloigné, mine de rien. En tout cas, si elle n'avait pas été mutante, aussi âgée et expérimentée, beaucoup d'autres se seraient effondrés au milieu de tous les conflits et tâches qui parsemaient sa vie actuelle. Il l'admirait pour cela. Et la soutiendrait également, pour les mêmes raisons.
En ce qui concernait Stannis, en ce moment, il essayait de ne pas y penser. Il n'avait aucune nouvelle de l'homme, en vérité, et cela commençait à vraiment le rendre nerveux, et inquiet, même s'il savait qu'il pouvait être toujours plus ou moins en exil, surtout que pour Zexion, il n'avait pas dû daigner se rendre à l'Église du Crépuscule, finalement. Et savoir comment pensait ce type d'hommes, complètement... Pour autant, cela ne signifiait pas qu'il renonçait effectivement à lui, ou qu'il cessait de s'inquiéter. Mais aussi parce qu'il voyait l'air sombre que cela amenait inlassablement sur le visage de Rafael, il savait qu'il devait se concentrer bien plus sur son amant. Et au final, c'était là qu'était son cœur, véritablement.

Le marin eut cependant encore un moment de honte, lorsque les deux personnes présentes dans la pièce – deux des plus proches de lui, qui plus est – se mirent en devoir de découvrir cette drôle de queue d'animal qui lui sortait du postérieur depuis le matin. Ça le mettait dans un état de colère et d'exaspération peu commune. Manquerait plus qu'on le mette dans un cirque de freaks, et c'était bon. Personnellement, ça ne le faisait même pas du tout rire. Bien sûr, c'était totalement réel : il n'avait pas trop fait d'essais, mais il sentait, en terme de nerfs, d'os, que cette queue de chien faisait bel et bien partie de son corps, comme si ça avait toujours été le cas depuis sa naissance. Ce qui rendait les choses....d'autant plus répugnante. En tout cas, il allait falloir le convaincre un moment, avant qu'il puisse l'afficher avec moins de gêne – qui ne disparaîtrait sans doute jamais, en fait.

Le départ de Sveda de la pièce ne se fit pas sans émotion, ironie et derniers conseils. A son sens, la rose des sables réussissait également à leur faire prendre les choses d'un autre point de vue, ce dont ils avaient en vérité besoin. Désormais seuls, Davos était revenu vers Rafael, bien qu'il soit encore embarrassé par le fait que sa queue devienne si visible. Il soupçonnait Axel, mais ne pouvait en être encore sûr à cent pour cent.
Et s'il avait su ce que l'Externel réservait à Sveda, il serait directement allé lui geler quelques parties, et pas les moindres.

« On peut encore prendre le temps d'y réfléchir... »

« Surtout pour savoir quelle destination prendre, maintenant. »

Rafael évitait son regard, lorsque le marin examinait sa blessure. Bien sûr, rien n'était réellement comparable, mais il ne fallait peut-être pas douter que Seaworth avait eu l'occasion de voir des mutilations de ce genre, par le passé, surtout quand la médecine n'était pas encore autant au point qu'aujourd'hui. Pourtant, cela lui faisait bien plus mal, terriblement mal, parce qu'il se considérait comme coupable, et surtout, parce que c'était Rafael qui en souffrait. Il aurait pu le lui éviter. Il aurait dû. Allez savoir si cette culpabilité allait un jour vraiment disparaître. Cependant, Davos avait assez de tact pour ne pas presser Rafael à ce sujet, et lui laisser le temps qu'il voudrait.

Plus il y pensait, en vérité, plus ce voyage lui semblait une bonne idée. Il avait fallu qu'on lui donne les bons arguments, mais cela était possible, et même, ce serait bénéfique. Pour eux eux, mais surtout pour Rafael. S'éloigner du chaos pour mieux y replonger, plus forts qu'avant ; reprendre des forces. Personne ne pouvait réellement songer à les en blâmer. Il parvint à sourire, aux mots de son amant.

« J'ai parfois tendance à oublier que Sveda est médecin et possède une autorité, influence, peu anodines. Si elle pense que c'est bénéfique, c'est que ça l'est. »

Les paroles suivantes le laissèrent en revanche plus songeurs, et plus perplexes. Il se rendait peut-être bien peu compte d'à quel point il était autant sous pression que Rafael ou Sveda, parce qu'il ne se laissait pas le temps de s'examiner, à part quand il éprouvait des élans de rage comme contre les Rayleigh. Sans compter cette nouvelle anomalie. Pour une fois, il faisait l'effort d'écouter ce que Rafael lui disait, au lieu de penser directement aux autres. L'égoïsme pouvait, parfois, être bénéfique, tant qu'il ne prenait pas le dessus sur le reste. Le marin commençait également à le comprendre.

« Peut-être que tu as raison. » consentit-il à dire, sans sarcasme, mais réellement avec compréhension. Il se crispa involontairement, lorsque son amant évoqua qa queue, tant par le regard que par sa phrase. « Je suis désolé...ça doit juste paraître ignoble et bestial. Je veux dire, ce n'est même pas entier, comme toi. »

Il entendait par là qu'il était peut-être plus perturbant d'avoir juste un brin d'animalité, sur un corps humain, plutôt qu'une transformation complète comme celle de Rafael. Celle-ci pouvait alors paraître plus « naturelle », plus entière. Ce n'était pas un entre-deux ou une hybridité honteuse, en tout cas. Le sujet revint heureusement aux heures plus propices et plus heureuses à venir, ce qui eut l'avantage de détourner le marin de ses pensées. Enfin, pas vraiment en parlant du personnel médical, bien entendu, mais de la suite. Trois mots qui lui faisaient battre son cœur dans la poitrine, de manière encore terrible et hésitante, comme si c'était un rêve trop beau pour être devenu réalité, un miracle. Un serrement intérieur à la fois beau et douloureux.

Le marin ne put s'empêcher de sourire. « Je t'aime aussi. »

Il se pencha vers lui, pour déposer un baiser affectueux, amoureux, sur ses lèvres. Inutile de dire l'agitation de la queue animale, en bas. Peu importait, c'était cet instant présent qui comptait, avant tout.

« J'espère que t'as conscience que ce sera nos premières vacances ensemble. On va trouver un bel endroit qui aille à tous les deux. Et on va vraiment en profiter, comme on peut, et se sortir de tout ce bazar qu'est devenu New York, pour un temps. Et je t'aiderai autant qu'il faut, pour tout ce qui est pratique. »

Encore une question lui brûlait les lèvres, moins reliée, mais il devait la poser. Le sujet de Declan le préoccupait, malgré tout.

« Tu n'as pas eu de mauvaise visite ? A part cette carte ?...Rien de grave ? Pas...l'homme dont tu m'as parlé ? »


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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Mar 14 Juil 2015, 18:33

Nous étions sans doute sujets aux mêmes pensées, après le départ de Sveda. Celle-ci accumulait des tâches que nous ne serions peut-être pas en mesure de supporter. En tout cas, il était certain que j'en aurais été incapable. Elle portait trop, pour une seule personne, mais après tout, si elle ne le faisait pas, qui s'en chargerait ? Je réalisai qu'elle me demandait peut-être de rejoindre les X-Men, pour alléger un peu son fardeau, en lui apportant mon aide, mais j'étais pour l'instant incapable de m'y résigner. Appelez cela lâcheté ou égoïsme, mais je me disais surtout que, comme à mon habitude, je risquais simplement d'empirer les choses, voire de finir par trahir le groupe. Je me sentais coupable de n'être véritablement qu'un boulet, alors que la situation ne faisait qu'empirer à New York, mais après tout, Sveda elle-même nous conseillait de nous écarter, pour le moment. Je comprenais qu'elle ne nous demandait pas de faire preuve de faiblesse, mais justement de partir un moment, afin d'avoir la possibilité d'être plus forts et utiles, plus tard. Pour l'instant, nous – moi surtout – n'étions que des cibles de choix, comme Clov l'avait prouvé. On ne pouvait guère nier ce triste état de fait.
J'esquissai un sourire certes très faible, tandis qu'il répondait que nous devions décider d'une destination. Ainsi donc, il était à peu près convaincu que partir, était le bon choix. Je ne pouvais qu'en être soulagé. Il fallait simplement espérer qu'il ne faisait pas ça, uniquement pour plaire à Sveda, ou pour me plaire.

« J'ai parfois tendance à oublier que Sveda est médecin et possède une autorité, influence, peu anodines. Si elle pense que c'est bénéfique, c'est que ça l'est. » ajouta-t-il.


Tu as tendance à oublier que tu n'es pas le responsable et le protecteur de tous tes proches, commentai-je, ce qui était à la fois un grand compliment et une critique.

Je ne voulais pas qu'il change, c'était après tout pour ça que je l'aimais, mais, j'étais parfois excédé de voir qu'il se préoccupait à ce point de gens même aussi froids et invincibles que Stannis, ou que, pis encore, il se croyait responsable de ce qui m'était arrivé. Il fallait croire que les altruistes étaient aussi condamnés à croire que le monde tournait autours d'eux, que les grands égocentriques. La vérité était que j'étais inquiet pour lui. Il était plaisant de le voir plus déterminé, moins passif (sans allusion grivoise aucune), mais je ne voulais pas finir par ne plus le reconnaître.

« Je suis désolé...ça doit juste paraître ignoble et bestial. Je veux dire, ce n'est même pas entier, comme toi. » répondit-il, lorsque je fis allusion à la protubérance canine.

Le moins que l'on pouvait dire, était qu'il venait de mettre les pieds dans le plat. Je ne dissimulai pas un air gêné, alors qu'il faisait référence... au don fait par Arlathan. Je me demandai parfois si l'esprit de Davos ne tournait pas à l'envers, pour par exemple préférer ce qui m'arrivait, lorsque je perdais le contrôle, à la farce dont il était victime.


Tu préférerais te transformer totalement en chien, pour courir après le facteur, et tenter de « manger » les invités indésirables ? Ça, c'est ignoble et bestial, répliquai-je, de façon plus rude que je ne l'aurais souhaité.

Ma patience aussi n'était plus ce qu'elle était. Mais je ne pouvais pas le laisser penser que ce « détail » était pire que tout, ou valoriser, de quelque façon que ce soit, les transformations que je méprisais. Je pouvais, à la rigueur, comprendre pourquoi l'aspect hybride pouvait paraître plus repoussant, mais c'était un leurre. Rien n'était pire que de perdre le contrôle de son corps, et même de son esprit.
Malgré ce dialogue parfois sec, nous en vîmes, une fois encore, à nous répéter ces trois mots qui ne quittaient plus vraiment nos lèvres – et encore moins nos pensées – depuis la première fois qu'on les avait prononcés. A vrai dire, ils étaient là, avant même qu'on n'ose les formuler. Je le regardai un long instant, avec plus de douceur, tandis qu'il me disait qu'il m'aimait. C'était peut-être parce qu'on y était pas encore tout à fait habitués, que c'était d'autant plus beau. Je passai machinalement et brièvement une main dans ses cheveux, tandis qu'il déposait ses lèvres sur les miennes. Cela nous donnait peut-être l'air d'adolescents naïfs, mais il suffisait parfois de ce geste pour apaiser tous les nuages, et oublier toutes les disputes. C'était comme un rayon solaire, un éclaircissement dans le ciel, auquel j'étais incapable de résister, même dans cet hôpital.
Mon sourire s’accentua lorsque je réalisai que la queue de berger australien brassait l'air, à vive allure. Au moins, j'étais on ne peut plus certain des sentiments qu'il éprouvait à mon égard. Je retins tout commentaire, afin de ne pas gâcher cet instant.

« J'espère que t'as conscience que ce sera nos premières vacances ensemble. On va trouver un bel endroit qui aille à tous les deux. Et on va vraiment en profiter, comme on peut, et se sortir de tout ce bazar qu'est devenu New York, pour un temps. Et je t'aiderai autant qu'il faut, pour tout ce qui est pratique. » poursuivit-il, d'un ton plus léger.

A vrai dire, j'avais du mal à réaliser. J'étais aussi peu habitué au terme « ensemble » qu'aux mots « je t'aime ». L'allusion aux vacances paraissait d'autant plus décalée, dans le contexte actuel. Mais il s'agissait de surprises agréables. J'étais rassuré de constater qu'il était vraiment enthousiasmé par l'idée qu'on ne s'occupât que du couple, pour l'instant. J'eus l'air passablement plus préoccupé, tandis qu'il faisait référence aux soutiens moral et physique dont il allait devoir faire preuve ; au reste, ça restait louable de sa part, et je n'avais d'autre choix que d'accepter.


Je te fais confiance pour le choix de la destination, répondis-je. Je me réjouis d'y être, conclus-je, passant délibérément outre sa dernière remarque.

« Tu n'as pas eu de mauvaise visite ? A part cette carte ?...Rien de grave ? Pas...l'homme dont tu m'as parlé ? » enchaîna-t-il, plus soucieux.

Je me crispai un peu, voyant que la discussion redevenait plus grave. Il fallait bien en parler, après tout, mais évoquer Declan était devenu comme tabou, pour moi. Je ne pouvais pas m'empêcher de visualiser l'expression déçue et colérique de Davos, lorsqu'il avait compris ce que j'avais fait. Je savais que si je venais un jour à recommencer un coup pareil, il ne pourrait pas me le pardonner.


Tu en seras le premier informé, lorsque j'aurai une visite peu sympathique, répondis-je. Même si j'espère vraiment que ça ne se produira pas.

Et pourtant, il y aurait au moins le passage de Zephyr et Persona, ici-même, quelques jours ou semaines plus tard. Au moins seraient-ils accompagnés de Faust.

Je n'ai aucune nouvelle de lui. Tu sais bien que je ne le contacterai plus jamais, ajoutai-je, me demandant s'il ne me testait pas, aussi, quelque part. Mais je doute que son silence à lui soit de bon augure, conclus-je, en toute franchise.

Je n'ajoutai rien, mon regard s'attardant machinalement sur l'horloge dont était ornementée la chambre. L'heure ne faisait qu'avancer, or, les visites étaient très limitées. J'avais bien du mal à le supporter.

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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Jeu 16 Juil 2015, 21:14


Peut-être Davos aurait-il pu supporter un moment, les tâches de Sveda. Après tout, il n'avait pas été marin, ou chef d'équipage, pour rien. Il savait mener des hommes, réguler une équipe, rationner de la nourriture, préparer des plans de batailles, encourager aussi bien que punir si nécessaire : c'était simplement qu'il ne s'y sentait à l'aise que dans certains milieux, dont la marine. Sur terre, c'était autre chose. On pouvait simplement dire que certains éléments naturels l'encourageaient davantage que d'autres à prendre ce rôle de leader. S'il n'y avait pas eu Rafael, ou Stannis, sans doute aurait-il prêté main forte à la rose des sables...mais celle-ci lui avait fait clairement comprendre, et il le saisissait aussi dans son cœur, que la priorité demeurait Rafael, désormais. Il n'aurait pu, de toute façon, rejoindre réellement les X-Men, affilié (et banni) des Initiés comme il l'était. Et Hélianthème avait la grâce de ne pas insister là-dessus, heureusement.

Et il avait un peu trop d'ennemis, dont certains qu'il s'était rajouté, au cours de luttes directes. Arlathan, Benedict....à cette liste viendrait bientôt s'ajouter The Assistant. Et pas le moindre non plus, à venir : Dantès. La rencontre risquait d'être serrée entre ces deux reflets. Mais nos protagonistes n'y étaient pas encore. Le marin releva les yeux, à la remarque de Rafael, assez gêné, tout en sachant qu'il disait une vérité aussi amère que bénéfique. Davos avait un peu tendance à oublier de vivre, tout court.

« J'ai un devoir de loyauté, et de sang, envers certains, même si je reconnais que je ne peux être partout, » finit-il par concéder, un peu amène, un peu triste peut-être.

Qui ne le serait pas, en songeant à une fille adoptive qui s'éloignait tant qu'il ne pouvait plus la reconnaître, après l'avoir tant chérie ? Quant à Stannis, eh bien, c'était un lien particulier. Mais celui avec Rafael l'était davantage encore. Il prévalait le reste, parce qu'il était plus puissant que tous ceux tissés avant, même si ça n'empêchait pas le marin d'être parfois en déséquilibre.

L'esprit de Seaworth ne tournait pas à l'envers, mais après tout, il aurait pu aisément être un boulet, entre les remarques qui tombaient mal et les blagues à deux balles (ainsi que les rimes faciles). Il n'avait pas vraiment réfléchi avant de parler, et n'avait en tout cas pas pensé à mal. Cette fois, il piqua un fard, se redressant nerveusement, avec plus d'embarras et d'excuse dans le regard, qu'autre chose. Surtout que le ton de Roxas n'était pas fait pour améliorer les choses, même s'il s'accoutumait à sa patience restreinte. N'importe qui, à la place de cet homme, aurait éprouvé le même état d'esprit et les mêmes difficultés à être patient ou aussi ouvert qu'auparavant. Quand on passait par trop d'épreuves, c'était la noirceur qui ressortait, ou alors on finissait par se replier sur soi. Et le marin pouvait comprendre ce chemin ; seulement espérer qu'il pourrait en sortir son amant, peu à peu.

« Non, bien sûr...même si peut-être courir après le facteur, pourrait te faire sourire. Je suis désolé. Je voulais pas formuler ça, comme ça. »

Enfin, il pourrait certainement y avoir des aspects comiques à être transformé en chien, mais aussi beaucoup de désavantages. Le ridicule tuait, parfois, après tout. Une légère pause dans ce moment de tension arriva finalement, par l'intermédiaire d'un baiser et de ces quelques mots qui provoquaient toujours une sensation étrange, peu descriptible, entre le soulagement, la certitude, l'amour tout simplement. L'instant se prolongea un instant, et Davos eut un vrai sourire, éclairant cette fois, quand Rafael passa sa main dans ses cheveux. Il cessa de se questionner et profita simplement de ces quelques secondes, même si certains auraient pu trouver cela ridicule ou adolescent, tant pis. Ils ne demandaient l'avis de personne. Il avait aussi bien conscience que la petite partie animale de son être manifestait une certaine joie, mais il essaya de ne pas davantage y penser, déjà que cela le faisait grimacer intérieurement...c'était vrai, une telle transformation serait ridicule. Il préférait largement la paix et la sensation paisible de cet instant, et leur proximité à tous les deux. Ils avaient certes encore pas mal à s'habituer, de ce côté-là, mais ils ne faisaient que commencer, et les vacances seraient certainement l'occasion de mieux s'y adapter, de prendre des marques.

Le marin était peut-être un boulet, sans pour autant être trop idiot ; il remarqua bien, avec un regard acéré et pas dupe, que Rafael évitait délibérément certains sujets, mais il n'insista pas. Il y avait eu assez de choses à gérer, et à apprendre, pour la journée. Aussi se contenta-t-il de hocher la tête.

« Je connais des coins agréables, fais-moi confiance là-dessus. »

Après tout, le soleil, la mer, ça ne pouvait que lui parler. Et s'il revint ensuite sur des sujets plus graves, ce n'était vraiment pas pour gâcher cet instant, mais parce qu'il était aussi nécessaire d'en parler, et d'avancer là-dessus. Ils pouvaient certes espérer partir tranquilles, mais en revenant, la situation serait la même. Et ils n'étaient pas encore partis tout de suite – il fallait tout prévoir, jusque-là. Davos lui en voulait-il encore énormément pour Dantès ? Disons que c'était une cicatrice qui n'était pas prête de guérir tout de suite. Il lui faisait confiance, ils avaient aussi d'autres choses plus urgentes à penser, comme la guérison de Rafael, pour s'enguirlander là-dessus. Mais il ne pouvait nier la menace évidente de cet homme. Aussi insista-t-il, son regard argent planté dans celui turquoise de Rafael, avec détermination.

« Merci....c'est vraiment important. Tu me le dirais, hein ? Et peu importe l'heure, le jour, la nuit, d'accord ? Je refuse que qui que ce soit, te fasse encore du mal. »

Declan...l'ombre de cet homme semblait aussi accrochée à eux que leur propre ombre. Comme un regard derrière l'épaule qui révèle la personne qui vous suit, ou comme une silhouette dans le coin de votre champ de vision, lorsqu'on regardait un miroir. Davos ne se sentirait pas tranquille, tant qu'il ne saurait pas exactement qui était cet homme, ni s'il était encore en mesure de leur nuire. Le regard direct et déterminé de Davos aurait pu faire croire à un test, certes, mais cela aurait été alors mal connaître l'homme, qui n'y allait probablement jamais aussi franco, même avec de vrais suspects. Ce n'était simplement pas ses habitudes.

« Je le sais...mais ça ne m'empêche pas de m'inquiéter, » confessa-t-il. « Comme tu le dis, son silence n'est pas très bon. Et je ne veux pas qu'il t'approche, surtout maintenant. J'espère qu'il va t'oublier, un peu, pendant le temps où nous ne sommes pas là. Et s'il tourne autour de la maison, il va m'entendre. »

La volonté de Davos fut détournée par le regard bref jeté à l'horloge de la chambre, par son amant. Il se crispa une seconde, retenant un soupir intérieur, mais il secoua la tête, reprenant sa main dans la sienne.

« Je vais squatter jusqu'à la dernière minute, ils devront m'expulser, » ajouta-t-il, pour changer l'atmosphère et essayer de ne pas faire penser à la séparation imminente. « Il y a quelque chose que je peux faire ? Un livre que je peux t'amener ? De la musique ? Quelque chose qui t'aide à faire passer le temps, et te réconforte un peu. »

Il savait aussi bien que lui à quel point ils ne supportaient pas d'être séparés...Mais l'heure de fin des visites sonnerait bientôt, et de son plein gré ou pas, il serait bien obligé de partir. Il ne tenait cependant pas à faire venir cela, le plus vite possible, et il déposa un nouveau baiser près des lèvres de Rafael, effleurant sa tempe.


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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Mar 28 Juil 2015, 17:30

« J'ai un devoir de loyauté, et de sang, envers certains, même si je reconnais que je ne peux être partout. » répliqua-t-il.

Je fronçai les sourcils, tant les paroles de Davos étaient... lourdes, tant au niveau du fond que de la forme. Il donnait parfois l'impression de vivre encore selon les dogmes et les lois de l'époque médiévale. Sa loyauté m'arrangeait souvent, mais j'en voulais aussi à Stannis d'avoir renforcé ces idées-là dans le crâne de son bras-droit. J'étais certain qu'il aurait pris le fardeau du monde entier sur ses épaules, s'il l'avait pu. Je savais bien que la loyauté faisait référence à Zexion, et le sang à Floria. Il ne renonçait pas à eux, malgré tout ce qu'ils lui avaient dit, ou avaient fait. J'étais à la fois admiratif et exaspéré, face à cette persévérance. Enfin, il admettait qu'il devait faire quelques choix, et je devais sans doute me contenter de ce genre de compromis. Je hochai donc simplement la tête. Et il se confondit en excuses après avoir abordé le sujet des métamorphoses.


C'est pas grave, m'empressai-je de dire, avant qu'il ne commence à trop angoisser.

Ces pages furent de toute façon aisément tournées par le baiser que nous échangeâmes, sans chercher à le raccourcir. Des choses aussi insignifiantes que la douceur de ses lèvres ou même son parfum faisaient parfois office de baume pour le cœur ; je pouvais difficilement douter de l'amour que je lui portais. Et ses sourires... Ils étaient simplement à se damner. J'étais certes loin de me préoccuper qu'on nous trouvât puérils ou mièvres, dans ces moments-là. On avait besoin de ces petites ancres, au vu des tempêtes qui avaient l'habitude de nous tomber dessus. Je hochai une fois encore la tête alors qu'il confessait avoir déjà plusieurs idées de destination. J'avais plus hâte que jamais de quitter cet hôpital. Pour l'instant, il se préoccupait des conditions de vie, ici.

« Merci....c'est vraiment important. Tu me le dirais, hein ? Et peu importe l'heure, le jour, la nuit, d'accord ? Je refuse que qui que ce soit, te fasse encore du mal. »

J'eus l'air plus sérieux, me demandant ce qu'il ferait si je lui parlais de certaines remarques déplacées, ou de visites qui n’avaient pas non plus été jouissives, à l'instar de celle de Bobby, qui s'était emporté. Il risquerait de s'énerver davantage et de se faire interdire le droit de visites. Il angoisserait beaucoup pour pas grand chose, en réalité.


Je n'ai pas l'habitude de venir me lamenter dès qu'un détail ne tourne pas rond, mais oui, si quoi que ce soit dépasse les limites, je te dirai. Promis, tentai-je de le rassurer.

Je serrai doucement sa main, malgré tout touché par son caractère protecteur. Je n'étais pas vraiment habitué à ce que l'on s'occupe de moi, ainsi.

« Je le sais...mais ça ne m'empêche pas de m'inquiéter. Comme tu le dis, son silence n'est pas très bon. Et je ne veux pas qu'il t'approche, surtout maintenant. J'espère qu'il va t'oublier, un peu, pendant le temps où nous ne sommes pas là. Et s'il tourne autour de la maison, il va m'entendre. » enrichit-il, au sujet de Declan.


Cet homme est particulièrement rancunier, lui répondis-je, avec un ton quelque peu ironique. Par contre, je pense qu'il est trop... fin stratège pour se contenter de venir nous attaquer à la maison... Comme Clov...

Je me tus aussitôt. Il suffisait parfois de détails comme celui-ci pour me rappeler tout ce qu'il s'était passé, et m'avait conduit ici. Le membre fantôme me démangea un peu, mais je tâchai de ne pas avoir l'air trop faible en présence de Davos. La question de l'horloge qui tournait commença en outre à nous préoccuper, comme avant chaque séparation.

« Je vais squatter jusqu'à la dernière minute, ils devront m'expulser. Il y a quelque chose que je peux faire ? Un livre que je peux t'amener ? De la musique ? Quelque chose qui t'aide à faire passer le temps, et te réconforte un peu. » demanda-t-il.

J'esquissai un sourire certes un peu triste à sa première remarque. Je n'eus pas énormément le temps de réfléchir à ses questions puisqu'il m'embrassa de nouveau, et ce geste me paraissait parfois bien plus important que tous ses mots.


Je suppose que tu peux amener un ou deux livres supplémentaires, répondis-je. Et surtout, continue à me harceler de messages, conclus-je, pour détendre l'atmosphère.

Malgré le ton presque humoristique, je savais qu'on en avait besoin. Très égoïstement, ça me rendait les journées moins longues. Quant à lui, je supposai que ça lui permettait de combler l'absence, comme si elle n'avait pas lieu. En tout cas, ça nous faisait sourire tous les deux. Je serrai encore un peu sa main, mais un infirmier ne tarda effectivement pas à frapper à la porte.

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MessageSujet: Re: [CLOS]Chapitre XXX: Parfois le plus sage est de battre en retraite. (Rafael et Davos) Mar 04 Aoû 2015, 23:00


Peut-être que les paroles des mutants aussi vieux que Davos – pour certains en tout cas – ils ne pouvaient s'empêcher de les imprégner de pensées ou de mentalités dignes de l'époque où ils étaient nés. Après tout, on était toujours marqué, ne serait-ce qu'inconsciemment, par le lieu où on était né, avait grandi. D'où le mélange d'insouciance, d'optimisme, d'entêtement et aussi de droiture, de Davos. Le Moyen-Age avait ses règles et ses lois, qu'il avait connues, aussi bien en étant hors-la-loi qu'en était protégé par « la protection d'un seigneur ». On n'y pouvait rien. Et Davos sans ça, ne serait sûrement pas Davos, d'autant qu'on pouvait ainsi assurer que l'homme était loyal et possible de confiance. Certes, Zexion n'avait rien arrangé, mais Seaworth n'avait pas eu besoin du chef des Initiés, pour vouloir essayer de porter le poids du monde sur ses épaules. C'était inhérent au caractère du marin, en bien comme en mal.

Seaworth essayait autant que possible de ne pas se confronter aux marques de rejet ou de manque de confiance de Zexion et Tosca. Il aurait suffisamment à le faire, après avoir confronté Declan. Il ne pouvait dire adieu, ou lâcher des piliers de sa vie, aussi facilement, aussi mal traité avait-il pu être. Il avait sans doute un trop grand cœur et parfois trop d'abnégation, mais c'était comme ça. Il en fallait toujours un qui pardonne et qui essaye d'arranger les choses, au risque de passer pour le bouffon naïf du coin. Il en fallait seulement beaucoup pour décourager Davos, encore que sa patience avait été mise à rude épreuve ces derniers temps. Enfin, tout cela, Rafael le comprenait bien, heureusement, et parvenait à passer un peu au-dessus, bien que ce ne soit jamais simple.

Il était plus que difficile de décrire des moments comme ceux que permettaient les baisers qu'ils échangeaient ; pas forcément un coin de paradis, mais quelque chose qui tenait de la sérénité, de l'assurance d'être là où ils étaient, là où ils devaient vraiment être, en fait. Dans des moments comme ça il n'y avait plus forcément de doutes ou de questions, juste presque une tranquille assurance qui aurait pu l'emporter sur le reste. La présence de Rafael lui faisait un bien fou et inexplicable, comme si cela résolvait tous les problèmes qu'il avait pu avoir jusque-là, comme si cela justifiait toutes les nécessités qu'il y avait eues. C'était un sentiment de paix, tout simplement, qu'il ne trouvait avec personne d'autre. Qu'importait le reste autour d'eux, ou même si d'autres choses devaient alors s'effondrer.

Qu'aurait fait le marin, s'il avait appris ces remarques ou ces visites ? Il se serait encore probablement énervé, et serait allé voir ce Bobby dont il ignorait tout. Rafael avait, à ses yeux, assez souffert, pour ne pas en supporter encore plus de la part d'inconnus, sous prétexte qu'il était dans un état de faiblesse certain. Pas grand-chose ? C'était assez pour lui, comme en témoignait l'anxiété dans son regard, alors qu'il attendait la réponse de Rafael.

« Merci, » se contenta-t-il de répondre, l'embrassant encore avec tendresse.

Il n'insista pas plus sur le sujet, mais Rafael devrait en effet, de gré ou de force, bel et bien s'habituer à son caractère protecteur, au point de frôler l'extrême. Au moins, il comprendrait pourquoi Floria avait été elle aussi, surprotégée et choyée...pas forcément dans le meilleur sens qui soit, au niveau de la maturité, d'ailleurs. Mais c'était un autre sujet. L'air du marin redevint sérieux, quand ils évoquèrent Declan. Il ne savait pas encore comment s'y prendre avec cet homme, mais ne tarderait pas à l'apprendre. Cependant, dans sa tête, il avait rejoint la liste des ennemis jurés où se trouvaient Clov et Benedict : si Davos tombait sur lui, Dantès passerait un sale quart d'heure, et c'était un euphémisme. Aussi l'ironie de Rafael fut suivie d'un regard désapprobateur de la part du marin. C'était un sujet plus que sérieux...

« S'il est rancunier, je dois faire d'autant plus attention. Demander à ce que personne n'entre dans ta chambre, et renforcer les sécurités de la maison. » Certes, peut-être que cela ne servirait à rien, mais il ferait tout ce qui était en son pouvoir, pour éviter qu'un autre malheur arrive.

Seaworth le sentit se crisper, sans qu'il fasse pour autant forcément le lien ; sa main se resserra doucement sur celle de Rafael, tentant de lui apporter le peu de soutien qu'il pouvait lui donner. Il aurait préféré lui permettre de récupérer sa jambe, après tout, plutôt que de rester là à l'observer, impuissant, à souffrir le martyre des membres fantômes. Telle sensation ne disparaissait jamais réellement, et c'était le pire. Il ne pouvait que mettre de la compassion et de l'encouragement dans son regard de soutien, mais était-ce suffisant ? Jamais, à ses yeux. Il hocha néanmoins la tête, à la réponse de Rafael.

« D'accord...je t'amène tout ça demain. Et pour les messages, ça commence à me connaître, alors je nous en priverai pas. » répondit-il, avec un sourire. Il acceptait certes que Rafael essaye de rendre l'ambiance plus légère, tout en sachant que la fin des visites arrivait, et que c'était ensuite forcément la tristesse qui s'installait.

Oui, les journées étaient bel et bien longues sans cet homme à ses côtés. Il déposa un nouveau baiser sur sa tempe, doucement, avant que l'infirmier ne vienne frapper à la porter et leur dire que c'était terminé. Avec un air de regret, Davos se releva, sans lâcher la main de Rafael.

« Je serai là demain à la première heure, et en attendant, promis, je t'enverrai des messages. Essaye de te reposer...et n'hésite pas si t'as besoin de quoique ce soit, même un truc idiot. » Ou si l'ambiance était trop dure... « Préviens-moi aussi, s'ils commencent à te parler d'exercices, de prothèses, tout ça. »

C'était un sujet important qu'ils ne pouvaient ignorer et qui allait forcément arriver, d'un jour à l'autre. Davos déposa un dernier baiser, sur les lèvres de Rafael, avant de lui sourire encore une fois, avec autant de force qu'il pouvait lui transmettre. Les heures à venir seraient longues, mais il serait malgré tout là le lendemain, et cela, c'était une certitude. Le marin finit par quitter la pièce à regret, non sans lui avoir fait un dernier signe de main. Bientôt viendrait aussi le temps où Rafael pourrait enfin rentrer chez eux, et où ils pourraient avancer, malgré la catastrophe arrivée.




Fin du sujet

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Ce n'est sûrement pas de briller qui nous empêchera de tomber,
Ce n'est sûrement pas de tomber qui nous empêchera de rêver.

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