XMH : The After Years
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

[Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage


Messages : 214
Date d'inscription : 12/05/2015
Identité : Nikolas Cnossos
Dons : Inhibition de la mutation d'autrui

MessageSujet: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Ven 22 Mai 2015, 01:18

Rafael, mon cher redressez-vous.


Une maison semblable à toutes les autres dans le quartier. Elle était petite, simple, sans charme particulier. Des feuilles mortes voletaient sur ses côtés. L’herbe de poussait plus. Le béton était encore humide de la pluie qui venait de tomber quelques heures plus tôt. Un décorum triste. L’eau avait giclé sous les roues de la voiture noire dont le moteur venait de s’arrêter. Les belles courbes de l’appareil trahissaient un certain pécule.
Un homme en costume gris sortit la seconde suivante. Il avait les traits un peu tendus. Un air dur qui le rendait intimidant. Il prit le temps de saisir et d’ouvrir un parapluie noir. Pourtant, il ne s’en protégea pas. Il s’avança face à la porte arrière droite et baissa la poignée. Un énorme chien sauta avec souplesse sur le sol. Grand, massif, il avait le poil humide et l’oreille gauche abîmée. Sa truffe huma l’air et le guida vers l’entrée de la maison. Mais l’animal s’arrêta à quelques pas et attendit sa maîtresse sans faire de bruit.
Une femme apparue à sa suite. Elle se courba avec grâce et posa un pied sur le sol afin d’assurer son équilibre. Ses mains étaient parées de somptueux gants noirs. Ils remontaient le long de ses délicats poignets. Elle devait avoir dans les soixante-dix ans, mais préservait une énergie souterraine qui créait le doute. Ses cheveux avaient dû être blonds. Ils étaient gris, soyeux, coiffés de façon à dégager sa nuque de cygne. Un regard vert et perspicace la rendait impressionnante. Le tout appuyé par le soin apporté à la tenue vestimentaire. La dame était vêtue d’une robe dont les broderies étaient fines. Elle avait également un collier de perles de nacre autour du cou.
Le reniflement du chien attira son attention vers le perron. La dame étudia avec attention et vit l’homme posé contre l’un des murs. Elle le jaugea quelques instants de là où elle était. La sévérité de son regard se renforça. Elle s’avança tranquillement vers lui en continuant de l’étudier. Elle avait une façon légèrement différente de le regarder par rapport aux autres hommes. Un détail qui avait son importance.
- Rafael… Est-ce là votre façon d’affronter l’adversité ? Redressez-vous mon tout de suite et offrez-moi donc un thé. [i]Lui ordonna-t-elle d’une voix pincée.
Les ressemblances physiques entre ces deux individus étaient très peu visibles. Le menton en triangle et la forme des lèvres étaient les rares indices faciaux. Mais ils étaient parents. Ils avaient le même sang dans leurs veines. Un lien que rien ne pouvait détruire ni la déception, ni le mépris. Le chien n’eut donc aucun comportement agressif. Il grimpa jusqu’à l’entrée et se posta devant la porte en attendant que celle-ci s’ouvre.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1183-the-assistant#22795http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1083-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1171-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1170-the-assistant




Messages : 534
Date d'inscription : 17/07/2012
Identité : Rafael Baldwin
Dons : Guérison + Métamorphose

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Sam 30 Mai 2015, 11:45

Revenir dans cette maison n'avait pas été simple, même si j'aurais dû m'en réjouir. C'était ici que Clov m'avait attaqué. En pas même une heure, il avait mué ce refuge, ce havre de paix, en lieu d'un souvenir infect. Cette maison pouvait paraître banale pour la plupart des gens qui s'aventuraient dans ce quartier, mais il s'était passé ici des souvenirs plus heureux ou monstrueux qu'ils ne pouvaient l'imaginer. Et tous ces événements avaient toujours été inattendus. Je ne me serais jamais imaginé en couple avec un homme, en couple avec Davos... En couple épanoui. Je ne me serais jamais cru finir avec une seule jambe... C'était bien cela qui rendait le retour difficile, tant physiquement que moralement. Mais après tout, nous n'étions pas censés rester ici très longtemps. Nous comptions finalement partir quelques temps, et à notre retour, la maison serait ré-aménagée.
J'étais assis sur un muret qui bordait la propriété. Qu'il pleuve ou qu'il vente, c'était d'habitude ici que je venais fumer une cigarette, d'un air distrait. Aujourd'hui, il y avait bien des restes de pluie, mais aucune cigarette en vue. Cela m'était interdit en l'état actuel des choses, le traitement étant assez lourd. Mais finirait-il jamais ? Au moins, j'avais récupéré Faust, qui vagabondait joyeusement dans le jardin. J'étais principalement sorti pour garder un œil sur lui, car je n'avais plus vraiment goût à grand chose en ce moment. Je n'avais pas vraiment envie de me montrer... Davos lui, devait encore être occupé par les travaux de la maison. Nous ne nous séparions plus vraiment en ce moment ; j'aurais voulu pouvoir lui venir en aide.
Le ciel recommença à pleurer de fines gouttes de pluie. J'allais faire signe au chien de rentrer lorsque j'entendis un claquement de portière. Faust se tendit et se mit à aboyer, ce qui n'était pas habituel chez lui. Je me tournai vers ce qui attirait son attention, découvrant un chien et un homme qui n'avaient rien d'engageant. La voiture elle-même paraissait trop luxueuse et obscure pour le quartier, comme si la mafia nous rendait visite. Je ne pus m'empêcher de me crisper, à mon tour. Je n'aimais vraiment plus les surprises, depuis quelques temps. Mais je m'efforçai de rester tranquille et attentif. De toute façon, le temps de récupérer les béquilles et de m'en aller en clopinant, je n'aurais eu ni l'air discret, ni particulièrement fin. Je ne pouvais pas encore porter de prothèse adéquate, et le vide était particulièrement visible.
Et puis une femme sortit du véhicule. Elle n'était plus de la première jeunesse mais elle dégageait une certaine classe, comme si elle avait appartenu à quelque noblesse, ou parti politique. Je parus sans doute un peu perplexe lorsqu'elle se dirigea vers moi, sans la moindre hésitation. Dans quoi allais-je encore m’empêtrer ?

« Rafael… Est-ce là votre façon d’affronter l’adversité ? Redressez-vous mon tout de suite et offrez-moi donc un thé. »

Je blêmis sans doute un peu, me demandant comment elle pouvait connaître mon nom ou ce qui m'arrivait, et pourquoi elle se permettait de me parler avec une telle autorité et une telle sévérité. Je jetai un regard au chien, qui venait de se poster devant la porte d'entrée. Il fallait croire que je n'avais d'autre choix que d'obéir. J'hésitai un instant, tenté de les envoyer paître, mais les récents événements m'avaient appris à être plus... aimable avec les gens, même ceux qui me laissaient une très mauvaise impression. Je vis Faust commencer à grogner mais je lui fis signe de se calmer. Je me relevai tant bien que mal, m'appuyant sur les béquilles.


De toute évidence, vous me connaissez, mais c'est loin d'être réciproque, répliquai-je, l'air malgré tout agacé. Je ne vois pas pourquoi vous vous invitez chez moi, ni ce qui vous pousse à croire que vous avez la moindre idée de ce que je traverse, ajoutai-je, avec une certaine méfiance.

C'est vrai... De quoi se mêlait-elle, celle-là ? Je n'avais pas osé dire « chez Davos », « chez mon compagnon », ou à la rigueur « chez nous », même si la maison était loin de m'appartenir.


Présentez-vous et je consentirai peut-être à vous écouter, conclus-je.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t609-roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t39-roxas-fou?highlight=roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t54-zexion-roxas-axel-algernon-benedict-judsen#139http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1404-roxas#27123


Messages : 214
Date d'inscription : 12/05/2015
Identité : Nikolas Cnossos
Dons : Inhibition de la mutation d'autrui

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Dim 31 Mai 2015, 17:58


- Voilà une répartie qui m’éclaire sur la raison de vos constants échecs. Répliqua-t-elle sans faire fit des questions énoncées. Si vous souhaitez imposer vos règles un jour. Il vous faudra apprendre davantage. À défaut du charisme la rhétorique vous sauvera peut-être. Un temps.
L’homme de main de la dame prit les devants sans qu’aucun ordre ne fût prononcé. Il parcouru la distance entre la voiture et la demeure en longues enjambées et s’introduisit à l’intérieur sans permission. Il se fit très vite oublié des deux autres, exécutant une vérification sommaire du lieu, en moins de quatre minutes.
La dame profita de ce lab de temps pour poursuivre son introduction sur le même ton, sans réplique.

Elle n’a visiblement pas réussi à sauver votre membre inférieur.
Le grand chien grogna contre son congénère. Il le tint en respect sans avoir à faire beaucoup d’effort. Le dominant s’affirmait toujours rapidement en présence des autres membres de son espèce. Nikolas lança un regard méprisant vers cet animal craintif. Elle détourna aussi vite son attention des canidés pour se fixer sur l’erzat de lupus deis. Les sentiments qu’il lui évoquait étaient tous négatifs. Face à cet homme avachi, la déception n’avait d’égal que l’agacement. C’est peu cher payer étant donné le nombre de vos trahisons.
Le talon écrasa le sol humide avec mauvaise humeur. L’âge apparent de la femme ne lui aurait pas prêté une telle célérité. Elle releva élégamment le bas de son jupon au pied des marches et les gravis avec souplesse. La porte s’écarta silencieusement sous la main de son domestique. Elle put tranquillement passer le seuil de la maison de Davos Toscas. Elle ne s’attarda pas dans le corridor et entra dans la première grande pièce du bas. Un léger claquement de langue résonna dans le vide lorsqu’elle découvrit l’agencement de la pièce.

Maurice, rappelez-moi. Qu’ais-je fais de sa mère à l’époque ?
L’homme s’immobilisa. Une longue se dessina sur sa joue droite. La puissance de son regard trahissait une recherche active. Il devait remonter loin dans sa mémoire pour retrouver la trace de la femme dont il était question. Le silence se prolongea pendant encore une dizaine de secondes avant qu’une voix de centaure ne coupe l’air humide. 'Vous l’avez offert à un couple de Français. Les teinturiers.'
- Oui les teinturiers. Cela me revient. Nous aurions dû la laisser chez des petits bourgeois. Celui-ci aurait reçu un semblant d’éducation. Misère. Conclut-elle en saisissant un cadre de photo.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1183-the-assistant#22795http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1083-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1171-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1170-the-assistant




Messages : 534
Date d'inscription : 17/07/2012
Identité : Rafael Baldwin
Dons : Guérison + Métamorphose

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Mer 10 Juin 2015, 17:35

« Voilà une répartie qui m’éclaire sur la raison de vos constants échecs. Si vous souhaitez imposer vos règles un jour. Il vous faudra apprendre davantage. À défaut du charisme la rhétorique vous sauvera peut-être. Un temps. » répliqua-t-elle.

Je l'observai, incompréhensif, comme si les informations peinaient à se faufiler jusqu'à ma conscience. Cette femme débarquait chez moi, au pire des moments, et elle se permettait de me rabaisser ? Elle se permettait même de me donner des leçons, enrobées d'insultes. J'eus sans doute un regard brûlant, mais également intrigué. Comment cette femme pouvait-elle être au courant de ce que j'avais provoqué, en général, et pourquoi prenait-elle la peine de venir jusqu'ici, pour me faire ces remarques ? Qui était-elle, bon sang ? J'avais beau l'observer en détail, son visage ne me disait rien. Elle me laissait juste l'impression d'une aristocrate des temps modernes, qu'il valait mieux ne pas contrarier. Si tel était le cas, j'avais une fois encore perdu des occasions de me taire. J'aurais voulu faire preuve de cette rhétorique dont elle parlait, mais je devais avouer que j'ignorai quoi répondre, après une réplique aussi sèche et percutante. Le silence revenait malheureusement à lui donner raison. Je me mordis les lèvres pour ne pas sortir une réplique destinée à la remercier ironiquement pour le conseil.
J'éprouvai un mélange de colère et d'appréhension, tandis que l'homme qui l'accompagnait allait vers la maison, sans demander son reste. J'aurais hésité à le suivre, en temps normal, à cause de sa carrure. Aujourd'hui, cela était impossible. Je restai donc avec l'étrange visiteuse, dans le jardin, les mains crispées sur les poignées des béquilles. Au moins y avait-il Davos, à l'intérieur, pour veiller au grain, même s'il devait être occupé par les travaux de la salle de bain, à l'étage. Je lançai également un regard inquiet à Faust, qui n'avait décidément rien d'un chien de garde, surtout en face de ces prédateurs. Il ne fallait pas être bien perspicace pour comprendre que c'était le rapport de force des maîtres qui se reflétait dans celui des chiens.

« Elle n’a visiblement pas réussi à sauver votre membre inférieur. C’est peu cher payer étant donné le nombre de vos trahisons. » renchérit-elle.

J'eus une fois de plus un temps d'arrêt, me demandant comment il était possible de dire quelque chose d'aussi cruel, sans sourciller. Mais le moment était mal choisi pour une complainte. De toute évidence, cette femme était au courant de tout ce qu'il s'était passé. Le dernier groupe que j'avais trahi était celui de Benedict. Allais-je avoir droit à un nouveau rappel à l'ordre ? Ne s'arrêteraient-ils donc jamais, avant que je sois six pieds sous terre ? J'avais également trahi Declan, par ailleurs. Je sentis un nœud dans le ventre, mais le moment était également mal choisi pour paniquer.


Vous êtes venue pour me donner des cours d'éloquence ou pour vous venger ? Il faudrait savoir. Mais vous semblez exceller dans les deux, à la fois, rétorquai-je.

J'ignorai si cette femme aimait qu'on essaie de lui tenir tête, ou si elle préférait – de loin – les carpettes sur lesquelles elle pouvait marcher. Je soupirai tandis qu'elle s'infiltrait dans la maison. Je suivis à mon rythme, faisant signe à Faust de me suivre. La femme s'était arrêtée dans le salon, certes sobre, et encore endommagé à cause des délires d'Arlathan. Le spectacle ne semblait pas l'enchanter. J'avais l'impression qu'un inspecteur anonyme était venu juger toutes les facettes de mon existence, pour me rappeler combien je faisais fausse route, dans tous les domaines. C'était un tantinet irritant.
Mais la suite de la discussion me rendit incrédule. Voilà qu'elle se permettait de mentionner ma mère, qui était décédée bien des années auparavant. La profession de teinturiers me disait bel et bien quelque chose, aussi paraissait-il difficile de nier que cette femme était peut-être plus liée à moi, que nous ne l'aurions tous les deux voulu. Mais dans ce cas, pourquoi ne réapparaissait-elle que maintenant ?

« Oui les teinturiers. Cela me revient. Nous aurions dû la laisser chez des petits bourgeois. Celui-ci aurait reçu un semblant d’éducation. Misère. » conclut-elle.

Je fronçai les sourcils, cette fois, de plus en plus incommodé par le fait d'être mis plus bas que terre, comme si je ne me trouvais pas dans la pièce. Aurais-je dû déplier le tapis rouge, pour une femme étrangère qui se permettait de telles extrémités ? J'étais certain qu'elle aurait trouvé quelque chose à redire, tant au niveau de la couleur du tapis, que de la demeure, quand bien même il s'était agi d'un palais.
J'eus l'air encore plus agacé de constater qu'elle faisait comme si elle était chez elle. Je m'approchai volontairement, pour détourner son attention du cadre photo. Il n'y avait aucune photo de moi, ici. Mais il y avait plusieurs photographies de Davos, en compagnie de Floria, de membres de sa famille ou d'amis proches. Certaines semblaient remonter aux débuts de la photographie. Je n'avais pas vraiment envie qu'elle commençât à faire des remarques sur cet homme, ou mon lien avec lui. Je m'étais déjà demandé si Davos était parvenu à prendre en photo Stannis, à son insu, pour préserver précieusement l'image, mais je n'en avais encore jamais trouvé la preuve. Mais passons.
Bien des questions me brûlaient les lèvres, mais je pensai avoir compris qu'il n'était pas dans mon intérêt de me montrer rustre, si je voulais obtenir des réponses de cette femme, dont j'ignorais tout. J'étais capable de tout imaginer, au vu de tout ce à quoi j'avais assisté, ces dernières années. Il fallait peut-être entrer dans le jeu de cette snob, pour la trouver plus coopérative, même si le monde devait tourner sacrément à l'envers, pour que cette femme agît en maîtresse dans cette maison.


Peut-être daignerez-vous être plus claire sur votre identité ou vos intentions, autour d'un thé, dis-je.

Mes mots étaient teintés d'ironie, malgré tous mes efforts. J'étais certes loin de pouvoir jouer au gentleman, surtout lorsqu'on venait déjà de passablement m'offenser et m'irriter. La cuisine n'était pas vraiment séparée du salon. Je m'emparai d'un récipient et le remplis d'eau, afin de la faire bouillir. Garder une main sur une béquille et n'utiliser que l'autre, n'était pas évident, surtout concernant des questions d'équilibre.
Le récipient ne parvint jamais jusqu'à la cuisinière, mais il atterrit sur le sol, vidant une certaine quantité d'eau par terre. Je serrai les dents, détestant quand de telles choses arrivaient, mais en face de cette femme, c'était pire que tout. J'ignorai pourquoi cette inconnue me mettait dans un état pareil.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t609-roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t39-roxas-fou?highlight=roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t54-zexion-roxas-axel-algernon-benedict-judsen#139http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1404-roxas#27123


Messages : 214
Date d'inscription : 12/05/2015
Identité : Nikolas Cnossos
Dons : Inhibition de la mutation d'autrui

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Jeu 11 Juin 2015, 22:41


L’amputé n’obtint aucune réponse claire, cependant un sourire moqueur s’étira sur les lèvres de la vieille femme. Elle le jaugea un peu plus et s’écarta tranquillement pour entrer dans la demeure. La présence d’un être aussi sombre au milieu de ce lieu empreint de la passion de deux amants, créait une atmosphère glacée.
Le portrait des Tosca, père et fille, alluma une lueur clairvoyante au fond des pupilles de la dame. Elle s’attarda davantage sur le visage de la jeune femme dont elle semblait reconnaitre le visage. Pendant un très court instant, elle parue avoir quitté la pièce, plongée dans un souvenir auquel personne d’autre ne pouvait avoir accès.
Le fracas de la théière irrita l’ouïe de la dame. Elle ne se retourna guère pour donner son ordre.
Maurice, veuillez aider cet impotent. Le dénommé s’imposa et se mit en devoir de préparer le thé évoqué. Il agissait avec la froideur et l’agilité d’un tueur né. La cuisine se transforma en salle de préparation alors qu’il en prenait entièrement possession. La présence de cet inconnu rendait la pièce inquiétante voir dangereuse. Alors qu’au-dehors la pluie tambourinait contre les vitres avec impatience.
asseyez-vous avant de nous ridiculiser davantage vous et moi. Asséna-t-elle, aussi froide que la pierre. Le canidé était à quelques pas de là. Il s’approcha doucement de la main de sa maîtresse pour y cueillir une caresse. La main de la femme s’agita vaguement et revint se poser au niveau du bas ventre.
Il n’y eut plus que le son de la pluie pour atténuer le silence imposé par l’aînée. Soudain, la langue de cette dernière se délia pour apporter quelques réponses succinctes.
Etant de passage en ville, je tenais à vérifier, si la rumeur est vraie. Je constate qu’elle est malheureusement encore loin de la pauvre réalité que j’ai sous les yeux. Traître, infirme et pédéraste, vous cumulez les faiblesses. La sécheresse de la voix n’était rien en comparaison du regard de la femme. Elle était visiblement contrariée par le produit de sa lignée. Elle n’aimait guère la vision qu’elle avait de sa descendance. La suite de son jugement fut encore plus assassine.Vous être la plus grande honte des Cnossos. Un bref coup de tonnerre résonna dans le ciel. Il éclaira brièvement la pièce d’une aura fantomatique. Une silhouette féminine trompa le coin de l’œil et disparue d’un clignement d’œil. L’unique justification de votre existence est la promesse que j’ai un jour faite à votre mère. Vous n’êtes pas sans savoir que cette dernière n’est plus.
La bouilloire siffla bruyamment et renforça l’ambiance déjà l’ambiance à couper au couteau.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1183-the-assistant#22795http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1083-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1171-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1170-the-assistant




Messages : 534
Date d'inscription : 17/07/2012
Identité : Rafael Baldwin
Dons : Guérison + Métamorphose

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Mar 16 Juin 2015, 21:10

Cette femme n'inspirait pas la sympathie. C'était fondamental et viscéral. L'ambiance s'était refroidie dès qu'elle avait mis un pied en face de la maison, tout comme s'il s'agissait de Méduse en personne. Et alors, quand elle ouvrait la bouche, pour dire quelque chose d'insultant ou blessant, c'était pire que tout. Et moi, je ne faisais qu'empirer les choses, à force de faire preuve d'une répartie limitée, en comparaison avec celle de Nikolas, ou en finissant de me ridiculiser, en fracassant le récipient sur le sol. La femme demanda à son gorille de m'aider, mais une fois de plus, ces mots avaient le don de me réduire au rang de carpette, voire de sous-m#rde. Je lançai un regard froid à la visiteuse forcée, mais elle risquait peu de s'en soucier. Je regardai l'inconnu s'approprier la cuisine et faire du thé, comme s'il était chez lui, en commençant à me demander si je ne ferais pas mieux d'appeler Davos, qui devait toujours être occupé à l'étage, et ne rien entendre à cause des travaux.
Et voilà qu'elle m'ordonnait de m'asseoir, pour nous éviter le ridicule. Je serrai les dents, mais force était de constater qu'elle avait raison. Je m'installai sur le canapé, laissant les béquilles de côté, en tâchant de ne pas penser que c'était dans cette pièce, que Clov s'était déchaîné sur moi. Faust s'était caché derrière un fauteuil bon à jeter, sans quitter les autres chiens du regard. Je finis par reporter mon attention sur mon interlocutrice, qui semblait plus fascinée par le bruit de la pluie que par moi. Je commençai à trouver le temps long lorsqu'elle reprit la parole.

« Etant de passage en ville, je tenais à vérifier, si la rumeur est vraie. Je constate qu’elle est malheureusement encore loin de la pauvre réalité que j’ai sous les yeux. Traître, infirme et pédéraste, vous cumulez les faiblesses. »

Je arquai un sourcil, me demandant pourquoi les gens répandaient les commérages sur moi et Davos. Je ne nous savais pas si fascinants... Mais l'univers de mutants appartenant à divers groupuscules, était plus étroit et sournois qu'on se le figurait. Davos et moi avions longtemps tenté d'être discrets, mais la nouvelle avait fini par fuiter, on ne savait comment, et il n'était plus vraiment utile de cacher quoi que ce soit désormais. J'eus du mal à assimiler ce qu'elle était en train de dire, tandis qu'elle me traitait de tous les noms, comme si j'étais sujet à tous les vices et à toutes les hontes du monde. J'ignorai ce qu'il y avait de plus blessant entre n'être considéré que comme un félon, un handicapé ou un « pédé ». Les deux derniers l'étaient sans doute plus, puisque ce n'était pas ma faute, et que j'avais déjà du mal à accepter tout ça. Et puis je ne supportais pas qu'elle bafouât ce qui m'unissait à Davos, surtout sans savoir tout ce que nous avions traversé. Je crispai le poing, le regard bien noir.


Vous vous sentez mieux, maintenant que vous avez dit ce que vous aviez sur le cœur ?

Si tant était qu'elle avait un cœur... Il avait été tentant de l'insulter à son tour, en la traitant de vieille peau snob et frigide, mais cela n'aurait pas été dans mon intérêt. L'ironie n'était guère mieux, mais au moins parvins-je à conserver mon sang-froid. Après tout, elle n'avait pas dû venir ici, que pour m'insulter. Et puis, je devais me répéter que son avis n'avait pas la moindre importance.
J'en avais assez d'être regardé comme un laquais, ou un animal, mais la suite m'intrigua. Ne venait-elle pas de sous-entendre que j'étais la honte d'une famille dont j'ignorais tout ? Ma famille ? Mes doutes se confirmaient, et je me demandai si ces retrouvailles, quelles qu'elles fussent, me seraient profitables, ou simplement odieuses. Je regardai instinctivement la fenêtre, lorsque l'orage gronda. Je n'étais assurément pas tranquille.

« L’unique justification de votre existence est la promesse que j’ai un jour faite à votre mère. Vous n’êtes pas sans savoir que cette dernière n’est plus. » ajouta-t-elle.

Je fronçai les sourcils, commençant à y voir plus clair, mais ce sujet était loin de me satisfaire, bien au contraire. Cette femme considérait-elle que j'avais une dette envers elle ? Qui était-elle ? Encore une mutante vieille comme le monde à laquelle j'étais lié, à mon insu ? Cela ne me surprenait pas tant. J'avais déjà appris que mon père était de cette race-là, mais ces mutants ne faisaient pas bon usage de leurs talents. Il n'avait fait que m'abandonner. Tout comme cette vieille, même si elle croyait m'avoir fait une faveur, en me laissant respirer. Devais-je la remercier, parce qu'elle réapparaissait tout à coup dans ma vie, pour la juger ? Je m’assombris davantage en songeant à ma mère, qui, elle, n'avait au moins rien à se reprocher.


Elle a été assassinée, il y a des années, répondis-je, même si j'ignorais ce qu'il s'était passé.

Tout ce que je savais, c'était que mon géniteur en avait profité pour foutre le camp, me laissant me débrouiller, avec des frères et sœurs à charge, dont certains étaient encore plus jeunes que moi.


Je me suis retrouvé seul. Ni vous, ni personne, n'avez jugé bon d'intervenir, à ce moment-là. Aujourd'hui, il est trop tard pour arriver avec vos grands chevaux. Qui que vous soyez. Et pourtant, peut-être parce que je suis aussi stupide que vous le pensez, je suis prêt à écouter ce que vous avez à dire, conclus-je, froidement.

Qui était-elle ? Pourquoi réapparaissait-elle aujourd'hui ? En savait-elle davantage sur le décès de ma mère ? J'étais loin d'imaginer qu'elle avait été tuée par Rayleigh, le fils. Cette famille n'allait pas tarder à se retrouver sur toutes les listes noires. Ces questions se bousculaient dans mon esprit mais je tâchai de rester patient.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t609-roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t39-roxas-fou?highlight=roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t54-zexion-roxas-axel-algernon-benedict-judsen#139http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1404-roxas#27123


Messages : 214
Date d'inscription : 12/05/2015
Identité : Nikolas Cnossos
Dons : Inhibition de la mutation d'autrui

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Lun 22 Juin 2015, 16:53

Une ombre passa dans le regard de la femme sans âge. Aussi furtive que la pensée qui semblait l’avoir générée. L’ombre d’un souvenir destiné est restée un secret bien gardé. Les mystères entouraient cette femme comme une seconde peau. Elle ne dépenserait pas une syllabe inutile et cherchait d’autant moins à apaiser son interlocuteur.
L’homme en cuisine souleva la bouilloire et versa l’eau brûlante dans les deux tasses qu’il venait de disposer sur le plan de travail. Le vent venait se cogner contre les murs de cette maison envahie par les Ombres.
-Bien. Écoutez attentivement. Précisa-t-elle, tout en gagnant la fenêtre la plus proche. Elle se tint ainsi droite et fière sous la lumière grise. Parfaitement immobile, tandis que son regard se portait au loin. Il fixait la maison qui se trouvait de l’autre côté de la rue. Une maison qui était presque la même que celle où ils se trouvaient. Votre mère était un accident. Fruit d’une malencontreuse aventure entre un ambassadeur français et moi-même. Sa mort ne m’a pas affectée. Je ne vous regretterez pas même l’ombre d’une seconde.
Le thé apparu sur la table de réception. Il était légèrement parfumé avec une pointe de miel industriel. Il n’était plus qu’un accessoire. La dame remercia vaguement son assistant d’un mouvement de menton. Il gagna un angle de la pièce et y monta une garde silencieuse. Puis la dame porta son regard sur son hôte. Elle contempla sa stature, un instant, avant de faire un pas dans sa direction. La sévérité de son regard n’était rien en comparaison à celle de ses paroles.
Votre vie est ce que vous en avez fait, Rafael. Vous aviez toutes les clés pour être quelqu’un. Un silence s’épanouit entre les deux parents aussi lourds qu’une chaîne.
La suite fut frappante par la désinvolture qui s’en dégagea.
Je pourrais très bien, achever ce qu’Arlathan a débuté, sur le champ. Vous éliminer, vous et le petit chien de Lannister. Cependant, je n’ai pas pour habitude de faire de gâchis. Elle disait cela, comme si la vie de cet homme, était aussi importante que celle d’un cheval que l’on hésite à emmener à l’abattoir. Il n’y avait pas d’état d’âme chez elle. Il n’y avait pas d’hésitation.
Les yeux de cette femme se mirent à flamboyer dans le clair obscur. Une lueur féline qui amplifiait son aura horrifique. Elle faisait penser à une sorcière déguisée en duchesse. Il ne faisait aucun doute que ses desseins étaient machiavéliques.
J’ai eu connaissance de l’amitié que vous entretenez avec Hélianthème. Celle-ci nous sera utile. Les doigts délicats de la femme glissèrent dans la poche droite de son manteau. Ils ressortirent, portant avec eux, une petite fiole transparente. Un liquide violet en remplissait les deux tiers. Ceci agit directement sur les enzymes responsables du sommeil. Il plongera cette femme dans un coma artificiel. Suffisamment longtemps pour qu’à son réveil, tous ceux qu’elle connait soient morts, depuis des décennies. Vous ferez en sorte qu’elle le consomme au plus tôt. Le dernier mot sonna comme le point final à un arrangement, déjà scellé.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1183-the-assistant#22795http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1083-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1171-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1170-the-assistant




Messages : 534
Date d'inscription : 17/07/2012
Identité : Rafael Baldwin
Dons : Guérison + Métamorphose

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Mer 01 Juil 2015, 12:00

Malgré toutes les années passées, il n'était pas aisé pour moi, d'évoquer certains sujets. En revanche, cette femme semblait être faite de fer, quand bien même l'on évoquait l'assassinat de sa fille. Fille qu'elle avait abandonnée, après tout. J'avais beau ne pas avoir été un père exemplaire, de mon côté, je ne comprenais pas comment l'on pouvait devenir aussi indifférent et inhumain. Ce n'était pas la seule immortelle ainsi faite. Heureusement, ils n'étaient pas tous ainsi. Sveda et Davos en étaient des exemples parfaits. J'avais rarement trouvé le salon aussi peu tranquille, même si nous étions seulement prêts à prendre le thé, visiblement. Mon interlocutrice parut partir un instant dans ses songes, tout en scrutant le décor environnant la maison. Je restai silencieux et toujours crispé, me demandant comment faire venir Davos, et surtout, si cela serait vraiment bénéfique. Je ne voulais pas que la situation s'envenime, ni le mettre en danger. Mais je devais bien admettre que pour l'instant, je me sentais en danger. Et visiblement, Faust servirait difficilement de chien de garde.

« Votre mère était un accident. Fruit d’une malencontreuse aventure entre un ambassadeur français et moi-même. Sa mort ne m’a pas affectée. Je ne vous regretterez pas même l’ombre d’une seconde. » raconta-t-elle.

Je fronçai une fois de plus les sourcils. Il n'était jamais fondamentalement agréable de savoir que nous ou notre lignée, n'avions jamais été souhaités ou bienvenus. J'avais du mal à imaginer cette femme se laisser surprendre et dominer par le désir, mais après tout, à l'impossible nul n'était tenu. Mon regard se fit sans doute plus noir alors qu'elle affirmait, sans honte, que ce décès ne la touchait pas, et qu'il en irait de même du mien. C'était vraiment à se demander ce qu'elle foutait ici. Enfin, je devrais être habitué à avoir des connards dans la famille. Que pouvais-je répondre à de telles horreurs ? Une fois de plus, elle me laissait sans voix. Mais après tout, je ne comptais pas la laisser démolir le peu de moral que j'avais réussi à gagner, depuis quelques jours. Je n'aurais eu aucune envie de boire ce thé, même si je ne l'avais pas oublié. J'observai cette femme marmoréenne se tourner vers moi, le regard toujours aussi tendre et respectueux. Pour elle aussi, je ne devais être qu'un cloporte, qu'elle se précipiterait d'écraser, en temps venu. C'était triste à dire, mais je commençai presque à être habitué à inspirer cela à certains mutants, surtout immortels.

« Votre vie est ce que vous en avez fait, Rafael. Vous aviez toutes les clés pour être quelqu’un. » ajouta-t-elle.


Alors c'est ça le problème ? Je vous ai déçu ? répliquai-je, avec un sourire sans joie. Il est vrai que si j'étais resté dans les Ombres, Arlathan ne m'aurait pas attaqué, et je serais toujours sous le joug de femmes comme Fran ou sa fille. Ce serait tout bénéfique pour vous. Vous n'auriez pas une pédale infirme pour petit-fils, rétorquai-je, même si j'ignorai qu'elle était affiliée à Benedict.

« Je pourrais très bien, achever ce qu’Arlathan a débuté, sur le champ. Vous éliminer, vous et le petit chien de Lannister. Cependant, je n’ai pas pour habitude de faire de gâchis. » rétorqua-t-elle.

Je me crispai de nouveau, me rappelant que je n'avais vraiment pas à faire le malin, ni le provocateur, en présence de gens comme elle. J'étais loin de prendre la menace à la légère, et je me surpris peut-être à prier brièvement pour que Davos se décide à descendre. J'éprouvai aussi de la rage. J'avais l'habitude d'être menacé, mais elle n'avait pas intérêt à toucher un seul cheveu du marin. J'aurais voulu pouvoir utiliser ces capacités dont Clov m'avait doté, pour les broyer sur place, mais c'était loin d'être sur commande, surtout depuis l'accident. Et puis, ça n'aurait fait qu'empirer les choses. Bien entendu, je n'imaginais pas quels étaient les talents mutants de cette femme. Mais son annihilation des capacités mutantes fonctionnerait-elle avec moi, puisque j'étais un cas à part ?
J'aurais volontiers lancé une réplique cinglante, mentionnant le fait qu'elle n'avait plus intérêt à nous menacer, mais je n'avais définitivement pas le dessus, et il aurait été stupide de faire comme si. Je fronçai de nouveau les sourcils, lorsqu'elle convint que mon amitié avec Sveda pourrait être utile. C'était peut-être parce que j'étais habitué à toutes les trahisons possibles et imaginables, mais je sentais déjà qu'elle allait me demander quelque chose d’aucunement appréciable. Je posai les yeux sur le récipient qu'elle venait de dévoiler. Le liquide qu'il contenait semblait presque séducteur, mais après tout, le diable l'était aussi.

« Ceci agit directement sur les enzymes responsables du sommeil. Il plongera cette femme dans un coma artificiel. Suffisamment longtemps pour qu’à son réveil, tous ceux qu’elle connait soient morts, depuis des décennies. Vous ferez en sorte qu’elle le consomme au plus tôt. » expliqua-t-elle.

Je continuai à fixer le poison avec un mélange d'angoisse et de fascination. Une si petite chose était capable de dévaster la vie de Sveda, et de détruire tous les espoirs des gens qui croyaient en un avenir meilleur. Les effets en étaient terribles. Et c'était à moi qu'elle ordonnait de le faire boire à Sveda. J'eus le cœur plus que lourd. Évidemment, lorsqu'il s'agissait de trahir quelqu'un, en faisant un coup bas, l'on pensait tout de suite à moi. N'avais-je pas trahi la Fondation pour laquelle je travaillais, les Ombres, les Initiés et davantage encore ? Il ne restait visiblement plus que les X-Men. Or, Sveda était plus que leur leader. Elle m'avait sauvé, je m'étais pris d'affection pour elle. Et si je m'en prenais à elle, je n'étais pas seulement un lâche et un monstre, mais Davos ne me le pardonnerait pas, car elle était probablement sa meilleure amie.
Et si j'étais blême et mal à l'aise, c'était bel et bien parce que j'étais – envers et contre tout – tenté de céder à mes vieux démons. Si je faisais ce que cette femme me disait, les Ombres nous laisseraient peut-être tranquilles, Davos et moi, une bonne fois pour toutes. Lui faire boire cela pourrait être si simple... En plus, elle n'en mourrait pas, et ne souffrirait plus... C'était peut-être incompréhensible pour certains, mais pour des individus comme moi, le chemin de la destruction était souvent plus tentateur que celui de la raison, qui pouvait nécessiter plus d'efforts. Je me demandai ce que Nikolas aurait à y gagner, mais surtout... Je songeai que si les X-Men venaient à s'effondrer, les Initiés se retrouveraient seuls, désespérés, et que les Ombres ne feraient qu'une bouchée d'eux. J'ignorai ce qu'il arriverait si Benedict prenait le pouvoir, mais il se souviendrait que j'avais rendu service. Davos et moi aurions finalement la paix, loin de ces conflits, et surtout, loin de son Stannis. La jalousie tordait mes entrailles, dès que je pensais à cet homme, malgré tous les mots ou les gestes réconfortants de Davos à ce sujet.
Et parallèlement, je ressentais du dégoût et de la culpabilité, d'être capable d'avoir de telles pensées. Il fallait croire que je n'avais pas évolué et que le naturel revenait toujours au galop. Il fallait croire que j'étais un cas désespéré, malgré les espoirs que Sveda et Davos fondaient en moi. Ils m'avaient pardonné plusieurs choses, mais cette fois, il s'agissait d'un point de non-retour. Mais ce dont j'étais certain, c'était que malgré des pensées ou des tentations malsaines, j'étais cette fois libre de ne pas plier l'échine devant une fatalité, et que je serai jugé en fonction de ma décision.
Je ne voulais pas re-sombrer dans une drogue dont je commençai à être sevré. Je ne voulais pas trahir Sveda, ni Davos. Je ne voulais pas les perdre, de quelque façon que ce soit. Par contre, j'allais me faire une joie de les prévenir.


Allez vous faire foutre.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t609-roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t39-roxas-fou?highlight=roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t54-zexion-roxas-axel-algernon-benedict-judsen#139http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1404-roxas#27123


Messages : 214
Date d'inscription : 12/05/2015
Identité : Nikolas Cnossos
Dons : Inhibition de la mutation d'autrui

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Mer 29 Juil 2015, 12:15

La référence aux deux femmes, durcie les traits de la Duchesse. L’expression de son regard trahissait un certain assentiment à leur encontre. A force de la connaître, chacun se rendait compte que l’Humanité provoquait ce type de réaction, chez elle. Une misanthropie avancée écartait la majorité des être humains.
Un refus fut prononcé.
- C’est donc là où se cache votre loyauté. Un manchot et une simplette. Un froncement de sourcil déforma le front de la dame. Elle accentua son regard sur son descendant. Le dédains se transforma en lutinerie. Les deux mains se caressèrent distraitement l’une à l’autre pour y retirer une poussière invisible. Ensuite, elle fit un quart de tour et marcha en direction du canapé. Un pas après l’autre se succédait avec un flegme exagéré. Elle ne paraissait pas du tout prête à renoncer. La voix était calme. Oh, j’imagine fort bien quelle humeur, elle a su créer en vous. Les doigts osseux, aux ongles soignés, effleurèrent le rebord du divan au passage. Un demi-sourire ourla ses lèvres éclaircies par les années. Il n’avait rien d’amical. Le tambourinage de la pluie couvrit le mutisme.
Cette femme a-t-elle plus de valeur que Davos Tosca ? Lui demanda-t-elle tranquille, pareille à la louve, qui parade sur ses terres. Elle rayonnait d’une étrange sérénité. Le jeu de la manipulation lui allait comme un gant. Moi qui pensais que vous apprécieriez d’écarter votre rivale.
L’homme de main sorti de derrière les fourneaux. Il leva les yeux en direction du plafond. Un bruit sourd se répéta.
- Nous ne sommes pas seuls. Il posa délicatement le torchon sur le dos d’une chaise puis s’avança vers les escaliers. Une expression de pur vice étira le visage de la femme.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1183-the-assistant#22795http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1083-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1171-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1170-the-assistant




Messages : 1375
Date d'inscription : 05/11/2012
Identité : Davos Tosca
Dons : Régénération - Cryokinésie - Hydrokinésie - Thermokinésie

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Lun 17 Aoû 2015, 20:55


Les travaux de la maison avaient accaparé le marin depuis plusieurs jours. C'était pour trois raisons différentes en vérité : premièrement, de permettre à Rafael de se mouvoir plus aisément dans la maison ; deuxièmement, de réparer les dégâts causés par Arlathan, qui, on le savait, s'en était donné à cœur joie – pauvres timbres ! - et troisièmement, de simplement changer un peu la maison. La rendre comme chez eux, la rendre différente et unique. Les occupants étaient nouveaux, c'était une nouvelle période. Ça justifiait bien des travaux et des coups de peintures. Davos ayant connu pire dans sa vie, surtout sur des bateaux et avec du matériel précis, la tâche était bien plus facile ici. Il fallait s'habituer au changement. Surtout quand il était aussi bienvenu. Malgré les malheurs arrivant, il essayait de se concentrer sur le positif, le meilleur. Il le fallait bien, pour deux, son compagnon ayant plus côtoyé le pessimisme que l'optimisme.

Néanmoins, les mauvaises choses arrivaient toujours quand on commençait à bâtir du bonheur. Jusque-là, il avait été suffisamment absorbé par ses travaux pour ne pas se rendre compte de l'arrivée de The Assistant, de son sbire et de son chien, ou de la conversation qu'elle avait avec Rafael. Mais les coups répétés qu'il avait finis par effectuer, pour remettre une porte sur ses gonds, avaient fini par éveiller l'attention. Par ailleurs, ce fut quand l'homme de Nikolas commença à grimper les escaliers, qu'il se rendit compte que quelque chose d'anormal se passait, car Rafael n'était plus capable de monter les marches à cette allure, ni avec ce rythme de pas étranger. Il lâcha donc les outils qu'il avait à la main, le tee-shirt couvert de poussière blanche fine (et sans doute y en avait-il un peu sur ses cheveux aussi), avant de se diriger vers l'escalier. Il vit l'homme de Nikolas à mi-chemin, qui eut la bonne idée de redescendre. Il n'avait fallu que quelques secondes à Davos pour arriver en bas de l'escalier, et se trouver face à la nouvelle situation : Rafael, blême, en compagnie d'une dame âgée qui semblait prête à le foudroyer du regard, tout en restant tranquille, le visible homme de main, et un molosse. Rien qui n'inspirait confiance.

« Qui êtes-vous et qu'est-ce que vous fichez chez moi ? »

Instinctivement, il s'était dirigé vers Rafael, un semblant de protection revenant. Même si aucun des deux invités n'avait d'armes à la main, et même s'il ne sentait pas encore qu'il n'avait plus aucun pouvoir, c'était l'instinct protecteur qui dominait, alors qu'il jetait un regard à Rafael, en une demande silencieuse pour savoir ce qui se passait. De toute façon, d'ores et déjà, il ne ressentait que de l'antipathie pour les deux intrus présents.


_________________
Ce n'est sûrement pas de briller qui nous empêchera de tomber,
Ce n'est sûrement pas de tomber qui nous empêchera de rêver.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t912-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t229-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t115-la-tosca-fantome-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t249-seaworth




Messages : 534
Date d'inscription : 17/07/2012
Identité : Rafael Baldwin
Dons : Guérison + Métamorphose

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Lun 07 Sep 2015, 21:28

Je regrettai aussitôt ce que je venais de dire. Le regard de ma « grand-mère » était tel que je me demandai si son pouvoir ne consistait pas à changer les gens en pierre, sur place. Je me crispai plus violemment tandis qu'elle traitait Sveda et Davos de « simplette » et de « manchot ». Voilà qui était on ne peut plus faux ou réducteur, mais que pouvais-je espérer de mieux de la part de cette vieille croûte ? Nous ne méritions même pas de respirer le même air qu'elle, à ses yeux. Je serrai les dents afin de ne pas dire quelque chose que je regretterai. Cela m'était bien égal qu'elle nous méprisât à ce point ; au moins, j'avais effectivement trouvé où placer ma loyauté... Enfin. Je fronçai les sourcils, peu certain de comprendre où elle voulait en venir, en mentionnant « l'humeur » que Sveda m'avait apportée. En tout cas, je la préférai quand elle ne souriait pas, ce qui n'était pas peu dire.

« Cette femme a-t-elle plus de valeur que Davos Tosca ? Moi qui pensais que vous apprécieriez d’écarter votre rivale. » ajouta-t-elle.

Je lui lançai un regard haineux, saisissant parfaitement les sous-entendus désormais. Après ce qu'elle m'avait apporté, Sveda n'avait pas moins de valeur que Davos, même si... j'aurais choisi le second s'il l'avait fallu. Il était plus qu'un ami, après tout. Bien plus.
Je savais qu'elle sous-entendait que Sveda était ma rivale amoureuse, uniquement pour me mettre hors de moi. Elle disait toujours que Davos était comme un frère pour elle ! Mais ils se connaissaient depuis des siècles... Qu'est-ce que je pouvais représenter dans l'équation ? Pourquoi n'auraient-ils jamais tenté d'être davantage ? Et si des sentiments avaient subsisté ? Ces simples soupçons me rendaient malade, même si j'étais probablement le seul fautif, un peu trop imaginatif. En tout cas, notre visiteuse indésirable avait su où frapper, pour me désarçonner.


C'est impossible, répliquai-je, même si mon teint blême dévoilait mon hésitation.

C'est à cet instant qu'ils démasquèrent la présence de Davos ; j'ignorai si je devais en être soulagé, ou particulièrement inquiet. Je n'avais quoiqu'il en soit pas le temps de provoquer ou empêcher quoi que ce soit.

« Qui êtes-vous et qu'est-ce que vous fichez chez moi ? » s'exclama Davos, après être descendu.

Je me tournai vers lui, songeant stupidement que son signalement risquait fort de déplaire à la vieille femme. Ses habits étaient sobres, usés, et particulièrement salis par les travaux qu'il était en train de faire. Malgré la poudre blanche qui le recouvrait, il n'avait rien de ridicule à mes yeux. L'argent de son regard était devenu métallique, signe qu'il ne plaisantait pas.
Je sentis que les questions étaient adressées à nous tous. J'hésitai un instant, me demandant si je ne devais pas garder certaines choses pour moi. Après tout, s'il y avait vraiment une ambiguïté entre Sveda et Davos, j’avais peut-être intérêt à me méfier, faute d'écouter Nikolas. Mais j'avais appris, au cours des derniers mois, à faire le contraire de ce que ma raison me conseillait... Aussi, je choisis de faire confiance à Davos, et d'être franc.


Cette dame prétend être de ma famille, mais malgré ses grands airs, elle n'a même pas eu la courtoisie de se présenter en bonne et due forme, répondis-je. En revanche, elle ne s'est pas gênée pour sous-entendre que Sveda était ma rivale, et que je devrais l'aider à l'empoissonner, conclus-je, malgré ma crainte qu'elle tentât de nous faire exécuter, tous les deux.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t609-roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t39-roxas-fou?highlight=roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t54-zexion-roxas-axel-algernon-benedict-judsen#139http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1404-roxas#27123


Messages : 214
Date d'inscription : 12/05/2015
Identité : Nikolas Cnossos
Dons : Inhibition de la mutation d'autrui

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Lun 21 Sep 2015, 13:58

Telle mère, tel fils.

Les accusations de l’homme amputé (d’une jambe) furent d’abord suivies d’un silence. L’homme de main garda un œil sur le nouveau venu, sans montrer des intentions belliqueuses franches. Il se contentait de veiller à la sécurité de la femme qu’il accompagnait. Il était calme et plein de maîtrise, sur le modèle de ces « professionnels » capable de fusiller un homme sans sourciller. L’animal était tout aussi paisible, voire même curieux devant le couple d’hommes retranché dans un coin du salon.
- Quel sens de la synthèse Rafael. Les yeux maléfiques se posèrent sur le propriétaire de la demeure. Ils le détaillèrent pied en cap. La vision de cet homme sale et négligé n’ému pas beaucoup la femme. Elle eu tout au plus un autre rictus de dépréciation. Seaworth…en personne. Voici donc l’homme responsable du naufrage du Titanic. La moquerie était lisible dans ces propos. Une moquerie qui allait au-delà d’un souvenir historique. Telle la femme qui sait sa victoire déjà assurée, la Duchesse jouissait de son avantage. Elle détenait des informations qui lui donnaient le pouvoir. Elle était si sûre d’elle qu’il était difficile de la mettre en doute. Un rire surgi de la gorge longue et blanche de la dame. Elle ressembla à un cygne tchaïkovskien en train de s’éclaffer, devant la réussite du Mal.
Puis le visage de la dame redevint aussi lisse et indéchiffrable que celui d’une statue. Si vite, qu’il était aisé d’imaginer, que cette expression de joie avait été une hallucination. Les talons frappèrent le sol à une cadence lente. Ils rappelaient le rythme des gongs de coure martiales.
-Je ne reviens pas sur les termes de notre accord. Vous avez un mois. Si Hélianthème est toujours consciente, une fois ce délai écoulé, je reviendrais. Un déplacement que nous tenons, vous et moi à éviter.
Une légère contraction de la mâchoire déforma le visage de la femme. Une souffrance fusa dans le fond de la pupille. Elle contraint ses épaules à se redresser et nia les protestations de son corps. Les maux de la vieillesse étaient aussi perfides que des poisons. Ils détruisaient lentement ce qui faisait la vie.
- Madame. Le garde du corps s’avança pour ouvrir la porte d’entrée. La femme porta un regard sur ses deux victimes. Une brève observation qui sembla confirmer un raisonnement personnel. Ensuite, elle appela tranquillement le canin et prit le chemin de la sortie. Un parapluie s’ouvrit au-dessus d’elle, tandis qu’elle passait le seuil de la maison. La visiteuse se retira telle qu’elle s’était présentée, la langue venimeuse et le regard calculateur.


_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1183-the-assistant#22795http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1083-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1171-the-assistanthttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1170-the-assistant




Messages : 1375
Date d'inscription : 05/11/2012
Identité : Davos Tosca
Dons : Régénération - Cryokinésie - Hydrokinésie - Thermokinésie

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Dim 25 Oct 2015, 17:44


L'ancien contrebandier n'appréciait guère qu'on fasse irruption chez lui, sans présentation ni même sans avoir prévenu. Cela s'appliquait sans doute encore plus quand il s'agissait d'être face à une belle-grand-mère, qui faisait tout pour n'attirer aucune sympathie, et se permettait de critiquerQ' vertement ce qu'elle voyait, alors qu'elle n'avait aucune idée de tout ce qu'ils avaient pu traverser. Il aurait balayé d'un geste ample de main, les soupçons et méfiances de Rafael, face à son amitié avec Sveda ; mais il était occupée à des choses plus directes, surveiller le molosse ainsi que l'armoire à glace amenées pour l'occasion. Ça montrait au moins que cette femme ne savait pas se défendre toute seule. L'antiquité obligeait peut-être. Qu'on pardonne à Davos ces pensées fort peu aimable, à sa défense, il avait souvent de la mauvaise humeur de Declan qui lui traînait dans l'âme, sans qu'il puisse réellement l'identifier.

« Cette dame prétend être de ma famille, mais malgré ses grands airs, elle n'a même pas eu la courtoisie de se présenter en bonne et due forme. En revanche, elle ne s'est pas gênée pour sous-entendre que Sveda était ma rivale, et que je devrais l'aider à l'empoisonner. »

Il n'en fallut guère plus pour que le marin se hérisse et devienne plus sombre. Car on ne pouvait parler de toucher ainsi à sa famille, impunément... Qu'importait les droits qu'on prétendait avoir. Le marin voyait bien qu'en cas de problème, ce serait du gaillard solide, dont il devrait s'occuper d'abord, même s'il ne semblait pas chercher la bagarre. De plus, la vieille femme avait un air de Maléfique des Disney, qui ne lui plaisait pas beaucoup. La vieille carcasse devait être elle-même empoisonnée, et c'était peu dire. Il y avait des airs à qui la longévité ne faisait que pourrir et dissoudre l'âme, au point de devenir des semblants d'humain ambulants. Semblerait que Nikolas appartienne à cette catégorie.

« Seaworth...en personne. Voici donc l'homme responsable du naufrage du Titanic. »

A nouveau, Seaworth eut un frisson de colère, sauf que cette fois, il était accompagné d'une sueur froide. Il ne laisserait pas ces foutues rumeurs l'emporter.

« Personne n'en a la moindre preuve, jusqu'à moi-même qui ne garde aucun souvenir de ça !! »

Lire cet état de faits dans les journaux l'avait assez bouleversé. Il n'avait guère envie que quiconque remue encore plus le couteau dans cette plaie suintante de doutes. L'avait-il fait, ou non ? Sa mémoire était un trou noir. Il se souvenait avoir aidé des gens à s'enfuir, mais c'était bel et bien tout...Le métal de ses yeux devint plus brûlant encore. Le rire tchaïkovkien de la vieille femme, le laissa de marbre, même s'il ajouta le mot « cinglée » à sa liste de qualificatifs pour cette femme.

« Je ne reviens pas sur les termes de notre accord. Vous avez un mois. Si Hélianthème est toujours consciente, une fois ce délai écoulé, je reviendrai. Un déplacement que nous tenons, vous et moi, à éviter. »

C'était tellement malsain et cliché à la fois, que Davos ne put retenir un rictus agacé et ironique.

« Vous pensez vraiment qu'on vous laissera faire si facilement ? »

Mais avant qu'il ait pu ajouter un mot de plus, le trio – la femme, l'homme, le chien – prenaient congé. Sans même saluer, ni rien, laissant seulement l'onde vénéneuse de leur passage, derrière eux. Davos alla refermer vigoureusement la porte derrière eux, non sans avoir pris un malin plaisir à givrer le moteur de la voiture qu'ils avaient amené. C'était mesquin, mais il s'en fichait totalement. Il se retourna vers Rafael, le regard brûlant, mais cette détermination n'était pas tournée vers lui, seulement vers la parodie de mafieuse qui venait de passer.

« Cette femme est-elle dangereuse, réellement ? Oui ou non ? »

_________________
Ce n'est sûrement pas de briller qui nous empêchera de tomber,
Ce n'est sûrement pas de tomber qui nous empêchera de rêver.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t912-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t229-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t115-la-tosca-fantome-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t249-seaworth




Messages : 534
Date d'inscription : 17/07/2012
Identité : Rafael Baldwin
Dons : Guérison + Métamorphose

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Mer 28 Oct 2015, 20:04

Nikolas salua mon esprit synthétique. Le sarcasme émanait de chaque pore de cette femme ; son arrogance aurait pu donner la nausée à n'importe qui de normalement constitué. Comment acquérait-on un pédantisme aussi accru ? Son grand âge était-il en faute, ou son rang social, sa richesse ? Si cela venait des fréquentations, c'était une raison de plus de rester éloigné de cette mutante. Je n'appréciai guère le regard méprisant qu'elle lança à l'homme que j'avais choisi. Elle prit un malin plaisir à lui rappeler le souvenir du Titanic, que je savais douloureux pour Davos. Cette femme n'avait pas d'âme. Il était certes tellement aisé de me réduire à ma sexualité, mon infirmité, et Seaworth à ses fautes. Davos protesta, et bien sûr, elle n'en avait cure. Son assurance était ce qu'il y avait de plus glaçant. Elle esquissa un rire sans joie, à faire froid dans le dos.

"Je ne reviens pas sur les termes de notre accord. Vous avez un mois. Si Hélianthème est toujours consciente, une fois ce délai écoulé, je reviendrais. Un déplacement que nous tenons, vous et moi à éviter." conclut-elle.

Comment pouvait-elle parler "d'accord" alors que je n'avais pas eu mon mot à dire ? J'avais seulement un mois pour réaliser ce qui me rebutait, et qui, en plus de me faire perdre une amie chère, rendrait le monde moins sûr. Mais comment allais-je pouvoir me sortir de cette galère ? Je lançai un regard au poison, l'air grave. La menace de Nikolas était évidente : elle n'hésiterait pas à nous tuer, si je ne lui obéissais pas... Elle n'en dit pas plus, préférant quitter la maison en compagnie de ses molosses. Faust ne sortit de sa cachette, qu'à ce moment-là.


Allez au diable, me contentai-je de murmurer, après qu'elle ait disparu.

Je restai assis sur l'un des fauteuils, l'air préoccupé. Les béquilles étaient toujours posées, tout près de moi. Davos se chargea donc de verrouiller la porte, avant de poser un regard d'acier, sur moi. J'étais probablement peu réactif, mais il fallait croire que je commençais à être blasé, de voir le ciel nous tomber sur la tête. J'avais acquis cette indifférence triste, à force d'en voir de dures.

"Cette femme est-elle dangereuse, réellement ? Oui ou non ?" demanda-t-il alors.


Comment veux-tu que je le sache ? C'est la première fois de ma vie que je la vois ! rétorquai-je.

Il fallait croire qu'il m'avait seulement fallu du temps pour mesurer la gravité de la situation, et avoir l'air particulièrement abattu.


Dès qu'on commence à sortir la tête de l'eau, une nouvelle personne essaie de nous noyer. C'est trahir Sveda ou mourir ! Comment je vais me sortir de là ? demandai-je, alarmé.

Je savais que Davos n'aurait aucune solution miraculeuse, j'avais simplement besoin qu'il se montre à la fois fort et réconfortant. Je le regardai avec une douceur mêlée de peine, avant de poser les yeux sur le poison.


Je dois en parler à Sveda, ajoutai-je, plus déterminé. Les choses ne se passeront pas comme cette femme l'entend. Je vais trouver une solution.

Je m'emparai des béquilles et me levai, afin de récupérer le téléphone portable et envoyer un message à Hélianthème, lui signalant que j'avais besoin de lui parler. Je lançai alors un regard à Davos, qui devait être dans tous ses états, aussi, intérieurement.

N'écoute pas ce qu'elle a dit, je suis sûr que tu n'y es pour rien, pour le Titanic, ou que sais-je encore. Les travaux avancent ?

Il pouvait paraître absurde de changer de sujet, mais quelque part, nous avions besoin de nous changer les idées. Nous ne pouvions après tout rien faire de plus, pour le moment, et il ne servait à rien de céder à la panique.
Je m'approchai de la fenêtre et regardai dehors, pour voir si l'affreuse s'en était allée. La voiture démarrait à peine, à croire qu'ils avaient été retardés, mais ils partirent effectivement. Ouf. Je songeai qu'on devrait peut-être installer un système de sécurité ici, pour dissuader les rôdeurs ou les psychopathes qui voulaient nous couper des membres, ou nous forcer à empoisonner nos proches. Vous acquériez une certaine prudence, pour ne pas dire paranoïa, à force d'être attaqué. L’agression d'Arlathan avait été l'acmé de mes malheurs, mais bien entendu, ce n'était pas fini.
Je soupirai, avant de retourner m'asseoir, remettant le son à la télé, qui avait été mise en sourdine. Un sénateur était en train de s'exprimer. Critiquer les mutants était à la mode, mais celui-ci préféra mentionner les homosexuels, à croire qu'il était très vieux jeu. Il rappela combien le mariage pour tous était une hérésie, avant d'évoquer les droits, plus généralement, des couples gays. A ses yeux, ceux-là étaient des pécheurs au mieux, et des animaux au pire. Il sous-entendit clairement que nous ne devrions avoir aucun droit. Je soupirai.


Rien ne tourne rond ici. Il est temps de partir à Norfolk, on devrait peut-être même s'isoler en Transylvanie, commentai-je, avec ironie, avant de changer sèchement de chaîne.

La nouvelle chaîne ne diffusait rien de politique. Au contraire, elle repassait des vidéos humoristiques qui avaient fait sensation sur internet. Le nom d'un certain Mozinor s'afficha sur le bas de l'écran, tandis que nous assistions à une courte parodie d'un film de Tarantino. Je regardai cette vidéo parlant de "pouet pouet", non sans stupéfaction et méfiance. Je n'étais pas quelqu'un qui souriait facilement, et j'aurais pu penser qu'on était en train de toucher le fond. Cependant, je souris malgré moi lorsqu'il y eut un ricanement absolument ridicule, dans la vidéo. J'étais finalement plus réceptif à ces parodies que j'aurais pu le penser. Il fallait croire que n'importe quoi était bon pour faire retomber la pression.


Tu as assez travaillé pour aujourd'hui, on devrait se détendre, passer du temps ensemble, suggérai-je à Davos, de meilleure humeur.

Tandis que la pluie continuait à tomber, dehors, Faust s'approcha de moi, l'air coupable. Il est vrai qu'il n'avait pas été un brillant chien de garde, mais je ne lui en voulais pas, et je lui caressai la tête, pour le rassurer. Les chiens acquéraient une certaine férocité, uniquement en les dressant d'une certaine façon, mais ce n'était pas mon intention.


Tu pourrais aller chercher quelque chose à boire, comme des bières ? Je vais les décapsuler, précisai-je, conscient que ce geste était parfois éprouvant pour quelqu'un à qui on avait raccourci quatre doigts.

La télévision passait désormais des mini-reportages moins passionnants, parlant d'émulsifiants ou d'économétrie. Je m'en détournai donc tout à fait, tandis que Davos revenait. Il s'installa près de moi et je l'observai avec tendresse. C'est à cet instant que je réalisai qu'il y avait du linge sale qui traînait, dans un coin du salon. Cela était peu glorieux, d'autant qu'on pouvait apercevoir des sous-vêtements. Que voulez-vous ? La maison était sens dessus, dessous, durant ces travaux.


Si elle a vu ça, elle va définitivement nous prendre pour des bouseux, commentai-je, paradoxalement satisfait d'inspirer du mépris à cette femme.

Je pris la main de Davos dans la mienne, lui souriant. Ma façon de le détendre et de lui remonter le moral était probablement un peu maladroite, mais j'en avais assez de me laisser totalement abattre par tout ça, après tout.


La tenue d'ouvrier te va à ravir, commentai-je, l'air séduit et séducteur, tout en l'embrassant près des lèvres.

Je ne m'arrêtai pas là, rompant avec la sobriété habituelle, pour l'enlacer fermement, et déposer un baiser sur ses lèvres, cette fois-ci. Sa hanche avait été chatouillée par mégarde et il y fut très réceptif. Il ne m'en fallut guère plus pour le chatouiller davantage, sans éprouver le moindre scrupule. Envers et contre tout, nous étions parfois capables de nous aimer comme des enfants.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t609-roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t39-roxas-fou?highlight=roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t54-zexion-roxas-axel-algernon-benedict-judsen#139http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1404-roxas#27123




Messages : 1375
Date d'inscription : 05/11/2012
Identité : Davos Tosca
Dons : Régénération - Cryokinésie - Hydrokinésie - Thermokinésie

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Ven 30 Oct 2015, 19:32


Si cette femme faisait partie de la famille de Rafael, le marin ne pouvait que se dire qu'il y avait un large fossé entre les deux. Rafael avait ses manies, ou ses avis bien arrêtés, mais absolument rien de similaire avec les venins qu'était capable de déverser cette foutue femme. Il y avait des antipathies directes et instinctives : c'était le cas. Et pas uniquement parce qu'elle l'avait accusé de quelque chose qu'il ne se souvenait pas avoir fait, également parce qu'elle attaquait Rafael, l'attaquait lui, et un peu près tout le reste, en fait. Elle suintait le snobisme, et Davos n'aimait guère les gens de cette trempe. Aussi prit-il un malin plaisir à entendre Roxas lui dire d'aller au diable, et un autre à refermer violemment la porte derrière elle, ainsi qu'à geler sa voiture.

« Comment veux-tu que je le sache ? C'est la première fois de ma vie que je la vois ! »

Il eut un air légèrement vexé, ou penaud, mais il dut s'y résoudre : c'était effectivement la première fois. Il avait davantage pensé à ce qu'elle avait pu dire avant son arrivée, mais qu'importait. Ça ne suffisait pas toujours non plus pour se forger une impression réaliste. Il eut un air d'excuse, et se rapprocha, en voyant que Rafael commençait à avoir l'air désespéré. Il s'agenouilla près de son fauteuil, saisissant les mains de Rafael dans les siennes, en silence.

« Dès qu'on commence à sortir la tête de l'eau, une nouvelle personne essaie de nous noyer. C'est trahir Sveda ou mourir ! Comment je vais me sortir de là ? »

Effectivement, le marin n'avait pas de réponse magique à sortir. La seule chose évidente, était que personne n'allait tuer Sveda, mais au contraire la prévenir, et qu'ils feraient de leur mieux pour ne plus se retrouver face à cette femme, ou mieux, la neutraliser. Aussi le marin approuva-t-il, ses mains serrant plus fermement celles de son amant. Le poison semblait avoir focalisé l'attention des deux hommes, mais ils n'allaient pas céder à la première femme imposante qui venait.

« C'est la seule solution sage. Prévenir Sveda. Nous n'allons pas obéir aux ordres de cette vieille sorcière, voilà tout ! » C'était même simplement impensable. Et puis ce n'était pas comme s'ils ne pouvaient pas se défendre, malgré tout.

L'abattement, ou plutôt, la colère ressentie par Davos, s'estompait de toute manière assez rapidement, parce qu'elle était inutile dans ce genre de situations. Il n'en fut pas moins reconnaissant, quand Rafael lui affirma qu'il n'avait rien à voir pour le Titanic, et qu'il demanda si les travaux avançaient. C'était un bon retour à la normale, même si malgré tout, il se demandait de plus en plus confusément ce qui était arrivé sur le Titanic. C'était un mystère qui le rongeait. Il ne savait pas comment, mais il allait vraiment falloir qu'il enquête là-dessus. Toutefois, pour détendre l'atmosphère, il préféra garder cela pour lui, et s'avança directement sur l'autre sujet abordé par Rafael.

« Ça va bien oui. On va pouvoir installer de nouvelles choses, si on veut. L'isolation sera meilleure, en tout cas. »

D'ici là à ce qu'ils contactent Sveda, ils ne pouvaient guère plus, en effet. Il ne se doutait pas que cet événement, suivi d'un autre, serait l'un des ceux qui leur feraient sérieusement envisager de déménager et de changer d'endroit. Le marin surveilla encore la rue, écoutant d'une oreille distraite les sons sortant du téléviseur. Quelques mots frappèrent son oreille, le rendant tendu, mais il tâcha de juste soupirer et de ne pas s'énerver davantage, chose que Rafael fit à sa place.

« On part dans deux jours. Tout ça sera mis de côté, pour un moment, »
dit-il avec douceur, revenant près de son compagnon. « On va complètement changer d'air. La Transylvanie, ce serait cool pour une autre fois. Aller saluer Dracula. » Avec un sourire.

Il l'enlaça un instant, le serrant contre lui, pour le réconforter. C'était peu, mais les gestes étaient parfois puissants. Son étreinte était chaleureuse, ferme mais sans être trop forte non plus. Simplement du réconfort, dont tous deux avaient besoin pour éloigner l'inquiétude qui paralysait la circulation de leur sang, et leur mettait les nerfs à vif. Le son de la parodie le fit presque rire également, surtout que c'était bien son genre d'humour. Il n'avait jamais entendu parler de Mozinor avant, mais il se promit d'essayer de voir ce qu'il faisait comme vidéos. Au moins fut-il également soulagé de voir Rafael rire, et il posa un baiser sur sa tempe, tendre.

« Les choses vont aller mieux, je le souhaite de tout cœur. »

Ce à quoi Rafael ajouta que finalement, ils avaient besoin de se détendre et passer du temps ensemble. Que Rafael saute tant du corps à l'âme le surprit. D'ordinaire, il mettait beaucoup plus de temps à se remettre d'événements négatifs comme ceux-ci, pour ne pas dire qu'il ruminait pendant trois jours encore. Un peu ébahi, il l'observa être ainsi plus joyeux, caresser Faust...cela le rendit presque inquiet.

« Tu es sûr que...ça va ? »

Faust vint quêter une caresse, pendant que Davos allait chercher les fameuses bières. Chose rare là aussi, étant donné que Rafael n'en buvait vraiment jamais. Il le considéra d'un œil suspicieux, se demandant s'il voulait réellement juste se changer les idées, ou si son cerveau avait sauté une case logique. A moins que ce soit Davos lui-même qui ait manqué un passage ? De plus en plus perplexe, il le laissa décapsuler les bières, attentivement, car après tout Rafael n'était pas moins blessé que lui. Et de le voir ensuite parler d'un tas de linge sale. Davos ouvrit de grands yeux à la remarque acerbe, cette fois.

« Si elle a vu ça, elle va définitivement nous prendre pour des bouseux. »

« Euh...je pense pas qu'elle avait besoin d'un autre argument pour en fait, à partir du moment où on s'habille pas en costume-cravate. » confia Davos, un peu désarçonné tout de même par la tournure que prenait les choses.

Rafael n'était pas quelqu'un d'apathique, mais il était d'ordinaire assez neutre, assez sobre, et là il se montrait carrément entreprenant, voire très joyeux. D'excellente humeur, malgré ce qui venait de se passer. Il n'y avait rien de périmé dans les bières, au moins ? Mais la gorgée qu'il avait bue, lui avait révélé un goût tout à fait normal. Le marin entrelaça les doigts de Rafael entre les siens, délicatement, sans pouvoir s'empêcher de répondre à son sourire. Ce comportement était peu habituel, mais il avait quelque chose d'adorable.

« La tenue d'ouvrier te va à ravir. »

Pas besoin de davantage pour que Davos pique un léger fard, même s'il lui rendit le baiser près des lèvres, avec reconnaissance. Ces moments étaient doux et comme perdus hors du temps ; et complètement décalés après ce qui venait d'arriver. Il profita également du baiser, le rendant à Rafael amoureusement, avant de rire légèrement, quand il effleura sa hanche presque comme une chatouille. Cependant, il n'en fallait pas plus pour que son amant saisisse le truc, comprenne que Davos était un peu chatouilleux. Le marin gigota vigoureusement entre ses bras, essayant de se défaire de l'étreinte et en même temps saisi d'un fou rire.

« Arrête, c'est de la triche, c'est de l'arnaque ! Rafael !! Arrête ! »

De vrais gamins, mais qui n'en était pas parfois ? En tout cas, le mutant avait trouvé une nouvelle faiblesse de Davos, qui commençait à avoir le souffle vraiment court, sans pouvoir se dégager du piège dans lequel il était pris.


_________________
Ce n'est sûrement pas de briller qui nous empêchera de tomber,
Ce n'est sûrement pas de tomber qui nous empêchera de rêver.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t912-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t229-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t115-la-tosca-fantome-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t249-seaworth




Messages : 534
Date d'inscription : 17/07/2012
Identité : Rafael Baldwin
Dons : Guérison + Métamorphose

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Sam 07 Nov 2015, 22:46

Davos était parfois maladroit, mais il visait toujours la justice. Aussi ne tarda-t-il pas à se calmer, pour prendre mes mains. J'avais eu un bref instant de panique, certes légitime. Mon passé de traître me rattrapait. Il y avait quelques années, ou même quelques mois, je n'aurais pas hésité longtemps entre moi – nous – et Sveda. J'aurais trahi mon amie, damnant un peu plus mon âme. Mais maintenant que j'essayais d'échapper à ce passé, il me rattrapait et le démon, sous la forme de cette femme, essayait de me garder sous son emprise. Être menacé dans sa propre maison n'avait rien de plaisant, vous pouvez me croire. Davos était d'accord avec moi : il ne fallait pas se laisser faire, et prévenir Sveda. Celle-ci aurait peut-être une solution ? Ses mots me rassurèrent un peu. Nous parvînmes heureusement à passer outre, avant de devenir fous. J'avais rangé le poison dans un placard, sous clé. C'était après tout une preuve importante de tout ce qu'il venait de se passer.
Mais même les activités anodines, comme regarder la télé, étaient parfois stressantes. Comme si la rage des anti-mutants ne suffisait pas, il restait bien entendu les bons vieux racistes ou homophobes. A vrai dire, je ne savais même plus à quoi ressemblait une vie normale, sans aucune crainte. Heureusement, nous comptions partir pour Norfolk. Je comptais beaucoup sur cette pause, pour nous changer les idées. On deviendrait probablement fous, sans cela. Davos fit quelques plaisanteries dont il avait le secret, signe qu'il se sentait mieux. Il m'enlaça et je n'hésitai pas à me blottir un instant contre lui. Il était une épaule forte sur laquelle s'appuyer, et en même temps, j'avais rarement croisé quelqu'un d'aussi tendre. L'entendre rire devant la fameuse parodie, puis dire des mots réconfortants, avant de m'embrasser, étaient tout ce dont j'avais besoin. Il ne m'en fallut pas plus pour me détendre tout à fait, quand bien même des résidus du stress extrême provoqué par la visite de Nikolas, subsistaient. Je serrai brièvement sa main, comme pour confirmer ses dires. Comme à l'accoutumée, j'avais deux choix. Passer outre, ou me morfondre encore un ou deux jours. J'avais choisi la première option, et cela parut surprendre Davos.


Mais oui, ça va. Je suis... désolé d'apporter tous ces problèmes, dis-je, en haussant les épaules.

Après quoi, Seaworth alla chercher les fameuses bières. Je les décapsulai. Je n'appréciai pas beaucoup cette boisson, mais nous n'avions pas grand chose de frais et alcoolisé, tout en restant léger. Je pouvais bien faire un effort pour qu'on passe un moment agréable. Il confirma que Nikolas devait déjà nous prendre pour des paysans ou je ne savais quoi, à partir du moment où nous n'étions pas tirés à quatre épingles. Si ça pouvait lui faire plaisir... Malgré son air perplexe, il reprit ma main dans la sienne. Je ne savais pas trop quoi lui dire. Il m'arrivait d'être d'humeur changeante. Il est vrai que j'avais plus dû faire la tête qu'autre chose, ces derniers mois, mais malgré tout ce qui nous tombait dessus, je sentais que le vent commençait à tourner. J'étais vraiment amoureux de lui. Il nous fallait encore du temps pour nous découvrir, envers et contre tout. Il en fallait de toute façon peu pour déstabiliser Davos. Par exemple, il ne savait plus où se mettre dès que je le complimentais. Heureusement, il acceptait plus facilement les baisers.
Je finis de le détendre en trouvant paradoxalement son point faible. Je ne craignais pas vraiment les chatouilles, pour ma part, et je trouvai la perte de contrôle des gens sensibles à cela, fascinante, en vérité. Il m'implorait de m'arrêter, semblant souffrir, et pourtant, il continuait à rire. L'être humain était incompréhensible, à tout point de vue. Je finis par avoir pitié et j'arrêtai ce geste, le laissant respirer un instant. Je profitai qu'il soit étendu sur le canapé, pour venir à ses côtés, et me caler contre lui. Je me contentai de l'observer, plus calme, plus sérieux, et en même temps plus détendu.


Je t'aime, dis-je doucement, et ce fut tout.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t609-roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t39-roxas-fou?highlight=roxashttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t54-zexion-roxas-axel-algernon-benedict-judsen#139http://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t1404-roxas#27123




Messages : 1375
Date d'inscription : 05/11/2012
Identité : Davos Tosca
Dons : Régénération - Cryokinésie - Hydrokinésie - Thermokinésie

MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas Lun 23 Nov 2015, 23:38


Davos n'avait pas connu Rafael pendant ces années sombres, même s'il avait connaissance d'une partie. Sans quoi, il aurait pu se demander pourquoi des gens comme Stannis, ou Floria, méprisaient tant Roxas. Cependant, il passait outre cela, d'autant qu'il n'avait pas connu le Rafael de cette époque. Lui-même n'avait pas été reluisant, du temps où il avait été pirate, ou ancien contrebandier, faisant des choses peu avouables et peu agréables. Et ce même s'il avait toujours essayé d'être juste, il avait son lot d'erreurs ou de faux pas. Bref, il n'était pas irréprochable, mais en tout cas il n'aurait pas laissé Rafael sous le joug de cette vieille peau, c'était sûr. Il y avait peu de gens pour qui Davos ressentait de l'antipathie au premier regard, mais on ne pouvait nier que c'était le cas avec Nikolas, qui avait tout de la bourgeoise coincée et prétentieuse. Typiquement le genre de gens qui avaient écrasé le gamin des rues qu'il était, enfant. C'était pourquoi il refusait aussi de se soumettre aux ordres de la mégère, en plus de se refuser à blesser Sveda. La fiole fut gardée en lieu sûr. C'était suffisant pour le reste de la soirée. The Assistant pensait peut-être qu'ils allaient réfléchir : cela pouvait attendre le matin, simplement.

La suite de la soirée fut pour autant tendue, comme si Nikolas avait laissé derrière elle une trace qui contaminait la télévision, entre autres, histoire de continuer à leur pourrir la vie. Déjà, quand les premières critiques avaient commencé, que ce soit envers les Noirs ou les homosexuels, Davos n'avait guère apprécié, et les années passant n'avaient rien changé à cela. Au contraire, avec la situation qui était devenue la sienne, il éprouvait moins de patience encore, même si elle restait peut-être plus grande que celle de Rafael. Enfin, s'il commençait à s'en soucier, il n'était vraiment pas sorti de l'auberge... Le départ n'était heureusement pas loin, et ils pourraient s'éloigner de toute cette folie, assez vite. Et au moins ils n'auraient à se soucier que d'eux deux : pas de Floria, de Stannis, de mégère inapprivoisable ou d'attentats. C'était quelque chose de très égoïste, mais dans le même temps, ils en avaient besoin pour se ressourcer.

Le marin garda son amant enlacé contre lui, le temps qu'ils retrouvent un peu de calme et d'apaisement. C'était toujours étrange comme une étreinte avait le don de calmer les cœurs, et il ne se lassait pas de ce type de sensibilité, de cette présence contre lui, ou simplement de sa chaleur. Il avait également l'impression qu'il ne pourrait jamais assez l'avoir, pour en garder un souvenir impérissable. C'était la même chose avec le sourire de Rafael : toujours il le dévorait des yeux, dans ces instants, parce qu'il avait l'impression que sa mémoire n'en était pas rassasiée et qu'elle ne parviendrait jamais à le fixer pour de bon. Il l'adorait, tout simplement. C'était des choses assez indéfinissables que ces nécessités qui pouvaient sembler si futiles, et qui pourrait se révélaient essentielles.

« Mais oui, ça va. Je suis...désolé d'apporter tous ces problèmes. » Le haussement d'épaules n'avait jamais vraiment été un signe encourageant. Il n'en fallut pas plus pour que Davos l'embrasse sur la tempe, réconfortant.

« Que je sache, ce n'est certainement pas toi qui as demandé à ce que cette folle vienne nous enquiquiner. Alors ne t'en veux pas : ce n'est pas ta faute. La maison de retraite aurait dû la surveiller davantage. »

Encore une fois, c'était une blague facile, trop sans doute. Mais Davos était Davos, et il perdrait certainement de sa saveur s'il ne faisait pas des plaisanteries assez nulles. Les bières furent décapsulées, bien que ce ne soit pas dans leur habitude ; mais après un passage comme celui de l'autre femme, il aurait même sans doute fallu du rhum. Davos songea qu'ils attendraient d'être à Norfolk, pour cela. Chaque occasion en son temps. Le marin appréciait pour l'instant, avec plus de plaisir qu'il ne le montrait, de voir Rafael sourire et prendre les choses davantage à la légère. C'était un soulagement, de voir que ça ne l'affectait pas autant qu'il l'aurait cru. Il préférait cela. Ils avaient tous deux besoin de se changer les idées. Et une fin de soirée, en amoureux, était ce qu'il y avait de mieux pour cela.

Ils burent donc quelques gorgées, agréables certes, mais cela ne faisait que simplement renforcer le plaisir qu'il y avait à être l'un contre l'autre, ainsi, même s'ils ne faisaient rien de spécial. Certains moments simples étaient beaux, voilà tout, et précieux. Encore que ! Celui-ci fut gâché lorsque Rafael se mit en tête de chatouiller Davos. On aurait certainement pu se moquer du fait que le marin était sensible aux chatouilles, mais cela devait être psychologique ou génétique. Il se tortilla dans bien des sens, incapable de s'arrêter de rire et en même temps, de se défendre. Il faillit renverser un reste de bière, en s'agitant, avant que Rafael n'enterre la hache de guerre. Ça n'empêcha pas Seaworth de se redresser, lui adressant un regard noir et peinant à récupérer sa respiration.

« Tu vas le payer, et plus cher que tu ne le crois ! » La menace était très convaincante, aussi convaincante que cela pouvait l'être venant du marin, en tout cas.

Autrement dit, ça risquait d'être une petite vengeance de rien du tout, comme refuser de l'embrasser, ou encore préparer un plat italien en prétextant que Rafael n'avait pas le droit d'en manger. Terrifiant, donc. Ceci dit, la menace retomba comme un soufflé, à la déclaration de Rafael. Ce n'était sans doute pas la première fois, ni la dernière, que l'homme le disait, mais cela avait à chaque fois une consonance très particulière, et un timbre si précis, que l'air résonnait très différemment. Davos observait son air calme avec tendresse, voire adoration, et il glissa de nouveau sa main dans la sienne, venant boire à ses lèvres amoureusement. Le baiser se prolongea encore, et le marin le resserrait dans ses bras, comme le trésor le plus précieux qu'il avait jamais eu sur cette Terre. C'était sans doute le cas.

« Ti amo. » choisit-il de répondre, dans sa langue natale, mais que Rafael comprenait aussi. Les mots lui semblaient aussi puissants, ainsi. Il caressa doucement la tempe de son amant, ne pouvant se lasser de le regarder. De tels moments lui semblaient éternels, et pourtant passer très vite. La déclaration de Rafael l'avait ému, même si ce n'était pas la première fois. Il y était juste toujours aussi sensible, et il adorait entendre ces mots-là.

Il le câlina encore un moment, restant simplement contre lui, effleurant sa nuque, sa tempe, son épaule. Certains moments se passaient de mots et il y avait juste à en profiter. La télé fonctionnait en sourdine, mais il était probable que les deux n'y prêtaient qu'une attention distraite. Allongés l'un contre l'autre, ils profitaient simplement de ce moment après que leur maison ait été encore « attaquée », une fois de plus. Il serait bientôt de temps de songer que ce n'était plus un havre de paix, et ça ne l'avait d'ailleurs peut-être jamais été, pour eux deux, en tout cas. Pour l'heure, ils écoutaient simplement les sons diffusés, perdus dans la contemplation de l'un et de l'autre. Les lèvres de Davos venaient parfois chercher celles de Rafael, ou alors c'était simplement des murmures de conversations, sur des choses anodines, sur Norfolk, sur Faust, sur eux, sur le futur. Pas sur les sujets graves, ils en avaient eu assez pour le moment. L'instant était plus à la paix.

Ce ne fut que bien plus tard dans la soirée, et même la nuit, qu'ils choisirent de quitter le canapé pour finalement monter dans leur chambre, tous les deux. Non sans avoir vérifié que tout était bien verrouillé. Ça ne garantissait pas forcément une nuit tranquille, mais ça y contribuait. Ils se mirent tous deux au lit, et s'aimèrent sans doute un peu, avant de se caler encore une fois l'un contre l'autre, plus proches, et nus cette fois, sans barrière de vêtements. En écoutant le silence de la pièce entre leurs respirations apaisées, au milieu des heures qui s'écoulaient tranquillement, et au gré des derniers morceaux de rêves chaleureux volés au ciel.


Fin du sujet

_________________
Ce n'est sûrement pas de briller qui nous empêchera de tomber,
Ce n'est sûrement pas de tomber qui nous empêchera de rêver.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateurhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t912-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t229-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t115-la-tosca-fantome-seaworthhttp://xmh-the-after-years.forum-gratuit.tv/t249-seaworth



Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: [Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas

Revenir en haut Aller en bas

[Clos] Rafael, mon cher redressez-vous. / Roxas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Achat d'un EOS 650D, votre avis ?
» "Vouloir être quelqu’un d’autre c’est gâcher la personne que vous êtes." -Kurt Cobain
» un denier tournois très rare... à la demande de certains d'entre vous
» Ccomics US pas cher - vous en prendrez bien un carton ou 2 ?
» Quelle myth cloth vous a coûté le plus cher ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
XMH : The After Years :: Maison Tosca-