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Après le calme vient la tempête | Seaworth

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Identité : Rafael Baldwin
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MessageSujet: Après le calme vient la tempête | Seaworth Mar 28 Juil 2015, 17:52

Les vacances proposées par Sveda s'étaient bien passées. Norfolk avait même été plus bénéfique que nous avions pu l'espérer. Nous avions des craintes justifiées, à cause de ce qu'il s'était passé, et de ce qui risquait de se passer, mais comme quoi, on avait bien fait de se jeter à l'eau. Le temps était passé à la fois normalement et trop rapidement. Il paraissait que le bonheur rendait égoïste, et au bout de quelques jours là-bas, j'avais effectivement bien du mal à me préoccuper de quoique ce soit, à New York. J'étais resté en contact avec Sveda, et le bon souvenir de ma jambe me compliquait un peu la vie, mais en dehors de ça, on avait vraiment réussi ce break libérateur. J'avais vu Davos se ridiculiser plus d'une fois, en se faisant sans cesse prendre sa place, à la queue de n'importe quel commerce ou bureau ; ou en s’asseyant sur sa propre pâtisserie. Une fois, il avait même manqué d'achever son téléphone portable. Mais j'avais aussi vu sa facette admirable, comme à chaque fois qu'il répondait à l'appel de l'eau, qu'il naviguait ou qu'il s'occupait de moi. Il était tout à la fois un enfant et un sage, et surtout, un très bon amant. D'ailleurs, je ne pouvais plus vraiment l'appeler comme tel, puisque notre relation avait dépassé ce « simple » stade, depuis quelques temps.
On avait quoiqu'il en soi conservé beaucoup de souvenirs de Norfolk. L'un d'eux était concret puisque après un pari stupide, je lui avais dit que je me ferai percer l'oreille – droite, en plus -. Mais finalement, ça ne me gênait pas et ça avait l'air de lui plaire, aussi, je n'étais même pas certain de l'enlever, à l'avenir.
Mais ce genre de rêves éveillés avaient toujours une fin. Nous étions revenus à New York et, un matin, j'eus la surprise désagréable de constater son absence.
Enfin, en étais-je vraiment étonné ? Son état s'était de nouveau dégradé depuis notre retour. Il devait de nouveau être obsédé par les Initiés et le reste. J'étais loin de me douter que les sentiments noirs de Declan, à proximité, étaient plus contagieux que jamais. Je fronçai les sourcils en découvrant le simple mot qu'il m'avait laissé. Il n'avait même pas voulu me prévenir ou me parler de ce qu'il comptait faire. Il s'imaginait sans doute que je comptais l'empêcher de retrouver Stannis, ou l'ennemi. Je me contentai de froisser le papier, en boule, d'un geste nerveux et énervé. Je tâchai de me calmer en songeant qu'il était après tout libre de ses mouvements et que les choses se passeraient bien, éventuellement... Mais même si je tentai de me convaincre ainsi, je passai plusieurs heures à tourner en rond dans la maison. J'avais préféré ne pas contacter Davos, étant tout de même assez retourné contre lui. Mais le revers de la médaille était une incertitude supplémentaire, qui me mettait encore plus les nerfs à vif. Davos ne se permettrait de toute façon pas de partir très longtemps, à part si les choses tournaient mal... Et cette pensée me rendait malade.
Je n'avais pas été dans cet état de nervosité depuis longtemps et cela ne me disait rien qui n'allait. Je n'avais pas cédé à la malédiction infligée par Arlathan depuis tout aussi longtemps, mais je n'avais vraiment pas envie de le faire, ou de constater à quel point les métamorphoses avaient potentiellement empiré.
Le soleil commença à décliner à la fin de la journée et je ne tenais plus vraiment en place. J'étais maintenant en mesure de me déplacer normalement, avec la prothèse, et Faust pourrait bien tenir quelques heures, seul. Je sortis donc de la maison, bien décidé à faire quelque chose.
J'avais finalement tâché de l'appeler, mais il ne répondait pas. Il n'en avait pas fallu davantage pour accentuer le mauvais pressentiment que j'avais. Comment le retrouver ? Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. A la rigueur, je pouvais laisser ma fierté de côté et aller voir Floria, pour l'inciter à remonter le temps jusqu'au matin ? Je ne savais même pas si cette solution tirée par les cheveux était possible, mais à cas désespérés, mesures désespérées... Je virai peut-être seulement dans la paranoïa, mais en l'occurrence, elle était justifiée cette fois-ci. Telles étaient les idées qui m'avaient effleuré l'esprit, même si je n'eus finalement pas le courage de renouer avec la Tosca. Au reste, je me rendis aux endroits stratégiques ou Davos était susceptible de se trouver. Mais il répondit absent à tous les lieux qu'il avait l'habitude de fréquenter, et où il aurait pu aller chercher ce qui le préoccupait. Je m'absentai également quelques heures, en vain.
Alors que je commençai à me décourager, je reçus quelques mms d'un contact pour le moins inattendu. Declan... Mais je laissai toute raison de côté : un feu commença à incendier mon cerveau lorsque je consultai les photos qu'il venait de m'envoyer. Davos était en train d'embrasser et caresser un autre homme, dans quelque bar suspect de la ville. Je consultai les horaires de prises de vue, et ces photos avaient bel et bien été prises il y avait une paire d'heures, à peine.
La raison m'aurait incité à refuser d'y croire. Pourquoi Davos me trahirait-il, maintenant ? S'il avait eu ce projet, il aurait tâché d'être plus discret... Ces photos n'avaient pas l'air d'être des montages, mais ça ne restait que des photos... Et puis, comment diable pouvais-je croire Dantès, alors qu'il était un être fourbe, et désormais rival ?
Mais ma raison était détruite par la jalousie qui commençait à dévorer mon cœur. Ces photos étaient la concrétisation pure et simple de tout ce que je pouvais craindre. Je pensais que Davos était de nouveau nerveux, depuis notre retour, et qu'il n'avait jamais l'air content, lorsque j'essayais de lui faire comprendre que nous devrions passer avant les initiés. Je me disais que s'il n'était parti faire que son devoir, il n'aurait pas eu à partir comme un voleur, en me laissant simplement un mot douteux. Il aurait daigné appeler pour donner des nouvelles. Je me disais tout à coup que les Initiés étaient plus les ennemis de Declan, que moi-même, et qu'il pouvait après tout tirer du profit à me dire cette vérité. J'étais loin d'imaginer qu'il s'agissait d'une mascarade suggérée par ma chère grand-mère.
C'était hallucinant comme ces blessures au cœur et cette colère pouvaient tout remettre en question. Je me disais tout à coup que Davos était après tout trop parfait pour n'avoir rien à cacher. Jusqu'à présent, je n'avais jamais été vraiment aimé, et j'avais été fou – stupide – de croire que cela changerait un jour. Je me disais aussi que la fatalité avait mieux que jamais mimé l'idée du bonheur, pour plus sûrement me l'arracher, et finir de me détruire. J'étais... incapable de supporter ce coup supplémentaire du destin. Il y eut sans doute un éclair qui passa dans mon regard alors que je retournai « chez nous ».
Davos n'était toujours pas rentré, mais je me doutai bien que ça n'allait plus tarder maintenant. Je tournai en rond dans la pièce, comme un lion en cage. Je n'imaginais pas une seconde que Declan était un polymorphe, et qu'il n'allait libérer Davos du métro, qu'une fois qu'il aurait fait ce qu'il avait à faire. J'étais obsédé par le doute qui venait de s’immiscer en moi. Comment pouvais-je avoir suffisamment confiance en lui, ou surtout en moi, pour refuser de croire à ces photos ? Au contraire, je les regardai régulièrement, même si elles me donnaient la nausée, pour être certain que la colère ne commence pas à s'éteindre.
Lors d'un instant d'abattement, je caressai doucement Faust, qui était venu réclamer à manger. J'avais manqué de peu d'être submergé par la tristesse. Je me disais qu'il me fallait entendre la version de Davos, avant de tirer des conclusions hâtives, et de tout détruire. Mais une part de moi se doutait bien que je n'attendais que de le voir, pour laisser la fureur exploser.


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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Jeu 06 Aoû 2015, 21:09


Norfolk garderait sans doute un air de paradis, pour longtemps, dans l'esprit de Davos. C'était des vacances alors qu'il n'en avait pas eu depuis longtemps ; plus encore, c'était les premières vacances avec Rafael, et également un moment où ils avaient pu se rapprocher, tout en faisant une coupure avec tout ce qui se passait à New York. Quand on en arrivait à un point où on ne faisait que songer aux inquiétudes, aux malheurs qui pouvaient arriver, aux complots de pouvoirs, il était plus que bienfaisant d'avoir ce genre de break libérateur. Y compris avec la meilleure compagnie qui soit. Le retour avait été, par conséquent, difficile, en quelque sorte. Un retour à la réalité n'est jamais très léger, ni forcément apprécié, même si Sveda avait continué à parler avec eux.

Il avait plus simplement suffi de remettre le pied à New York pour que tout arrive et semble resurgir, comme si la trêve n'avait pas existé. Mais Davos gardait trop de souvenirs et de moments heureux de ces quelques semaines, pour croire que ça n'avait été qu'une illusion. Des instants passés dans les bras de Rafael aux excursions et marches, des exercices de rééducation aux promenades en bateau, sans oublier les quelques gaffes ou mésaventures souriantes qui étaient arrivées. C'était simplement des vacances mémorables, après tout. Et qui leur avait permis d'être eux-mêmes, dans un milieu qui ne les connaissait pas, et donc sans se soucier des conséquences. C'était l'effet de la liberté. Et c'était vrai qu'ils étaient davantage que de simples amants, mais réellement un couple, cette fois, de deux personnes qui voulaient vivre et partager leurs vies, ensemble. Une preuve, s'il en avait fallu, aurait été l'anneau de Rafael, d'abord un simple pari, qui était cependant devenu temporaire. Cela amusait Davos, lui rappelant sans doute tant à la fois les pirates, que les hippies des années soixante et soixante-dix, dont il avait lui-même fait partie. Et ce n'était pas la seule preuve concrète.

Néanmoins, bien entendu, le retour à New York signifiait, pour Davos, le retour des ennuis. En premier lieu parce qu'il avait finalement décidé de croiser ce Dantès en pleine face, et enfin, essayer de convaincre Zexion qu'il se faisait sans doute conseiller par un imposteur. Rafael lui était de plus en plus important, pour autant, il aurait eu l'impression de trahir la seconde famille qu'étaient les Initiés, et surtout Stannis, s'il laissait les choses ainsi alors qu'il savait ce qui se tramait. Il ne le supportait plus. Il aurait pu transmettre cette charge à Floria, mais il n'avait plus assez confiance en elle, pour cela. Quant à Sveda, elle avait bien assez à gérer avec les X-Men. Il avait donc choisi d'y aller seul...

Et la rencontre avec Dantès avait eu lieu. Si elle était moins terrible, physiquement, que la rencontre avec Benedict, mentalement, c'était tout autre chose. Il comprenait désormais pourquoi son humeur était si facilement assombrie, dans cette ville, pourquoi il bouillonnait de rage ; il était le passeur et le receveur des émotions, des intentions, de son double, tout simplement. Et quel double ! Non, c'était bien pire que Jekyll et Hyde. Dantès était un de ses futurs possibles, un des plus sinistres, et peut-être que s'il cherchait trop à l'éviter, il ne ferait que devenir comme lui, au final. Qui pouvait prévoir ce qu'une telle collision de mondes et d'êtres possibles, pourrait donner ? Il en tremblait encore par instants, et pas seulement parce qu'ils avaient manqué une ou deux fois de se faire écharper par le métro. De plus, si l'un mourrait, l'autre aussi...et Davos avait trop à perdre, pour se sacrifier. Et il ne pouvait pas tuer celui qui était passé dans la catégorie des ennemis jurés, pas tant qu'il prenait son apparence. Il avait au contraire tout empiré pour Stannis, ne pouvant le prévenir de cet imposteur qui ne souhaitait qu'une chose : le voir mort. Tué par un de ses alliés...la situation était un entrelacs inexprimable et inextricable.

Il n'avait réussi à sortir du métro qu'à grand peine, finalement, et bien après Dantès. Ça avait laissé suffisamment de temps à cet homme pour fomenter un plan fourbe à destination de Rafael, et qui plus était, si bien trouvé qu'il ne pouvait que marcher. La jalousie était certes un puissant ressort dans ce couple, de même que le fait de se croire abandonné. C'était des peurs communes à bien des gens, après tout.

C'était donc couvert d'une certaine saleté – les métros n'étaient jamais propres – et de quelques déchirures à ses vêtements, que Davos revint. Pas vraiment la tenue qu'on a en rentrant d'un bar, donc. Si les blessures que lui, ou Declan (cela revenait au même) s'étaient infligés, avaient guéri rapidement, il n'en ressentait pas moins une douleur au cœur, et à l'esprit. Au contraire, il était même peut-être plus sombre que jamais. On ne ressortait pas indemne de la rencontre avec la version la plus noire de soi-même, et il était tourmenté. Surtout quand cette version avait trop d'accents criants de vérité sur des sujets bien précis, et était le futur vers lequel on se sentait peu à peu glisser...le tempérament de Davos était bien trop instable, ces temps-ci. Ça n'allait pas améliorer la rencontre suivante, du tout.

Lorsqu'il revint à la maison, et passa le pas de la porte, il ne vit pas tout de suite Rafael qui tournait en rond dans le salon, comme un fauve en cage. Néanmoins, quelque chose lui causa un frisson désagréable, comme si l'air était saturé d'électricité et de tension, et qu'il ne pouvait que le ressentir. C'était chez lui, après tout, et à cet instant, il sentait pleinement que l'air n'était pas serein ou tranquille, comme lorsqu'il était parti le matin même. Son absence avait été très longue, après tout, enfin, il n'avait pas prévenu Rafael comme il l'aurait fait en temps ordinaire. Certes, ça s'était très mal passé, cette journée, et la lutte dans le métro avait endommagé son téléphone. Le marin vit passer Faust devant lui, jusqu'à la cuisine, visiblement un peu abattu et stressé. Ce n'était donc pas un effet de son imagination, cette atmosphère délétère qui semblait même empoisonner l'air. Pourtant, pas de signes de lutte, ici. Le cœur de Davos reprit un rythme qui n'était guère apaisé. Fallait-il encore que le pire soit arrivé en son absence, comme pour Arlathan ?...

Il s'empressa d'entrer dans le salon, le souffle court, ses yeux tombant immédiatement sur Rafael. Il n'aurait pas imaginé le penser ainsi, mais il y avait quelque chose de terrible dans le regard turquoise de cet homme qu'il adorait, comme un mélange de colère, de rancune et de haine. Comme si les émotions et les nerfs de l'homme peinaient à être maîtrisées, par la force. Son premier réflexe fut de vérifier, néanmoins, que Rafael n'était pas blessé, et ainsi seulement, il se permit de respirer un peu plus librement. Juste légèrement. Car tout n'était pas réglé, encore qu'il ignorait ce qui s'était passé.

« J'ai été retenu, » dit-il, en s'approchant, non pas avec prudence, mais un certain soulagement de le revoir, encore que le regard inquisiteur ne laissait pas l'argent de ses yeux, devenir doux comme d'ordinaire. « Qu'est-ce qui se passe ici ? On dirait que toute la maison a été électrifiée. C'est pas Floria, ou Arlathan ?... »

Il était bien placé pour savoir que ça ne pouvait pas être Dantès. Comme il se trompait ! Mais les mots qu'il prononçait ne semblaient guère au goût de Rafael, puisque le regard électrique de son compagnon ne sembla pas s'apaiser. Au contraire, il le vit pris d'une sorte de tremblement qu'il n'avait vu que peut-être une seule fois jusqu'à présent, presque plus animal qu'humain, et peut-être que le type de regard qui passait dans les yeux de Rafael, tenaient en effet plus de la menace animale, que raisonnée et humaine. Il ne put s'empêcher d'avoir un pas de recul, levant légèrement les mains en l'air. Rafael ne se transformait pourtant pas ; mais c'était comme une soudaine menace sous-jacente, et d'ailleurs, même la façon dont son amant avançait vers lui, était désormais différente.

« Tu vas me dire ce qui se passe et te met dans cet état ? »

La question n'était pas agressive, mais presque paniquée. L'instinct de Davos lui soufflait bien que les choses allaient mal tourner, que rien n'était normal ; et à vrai dire, s'il avait vu une fois Rafael en bête, il ne tenait pas à revoir cette forme, qui ne semblait guère écouter les humains, et seulement était davantage alléchée par si oui ou non, on pouvait être comestible.

L'air de la maison avait refroidi, presque insensiblement, d'un ou deux degrés.

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Ce n'est sûrement pas de tomber qui nous empêchera de rêver.

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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Lun 24 Aoû 2015, 19:53

Et finalement, l'objet de tous mes tourments se présenta à moi. Je me tournai vers Davos, notant, en premier lieu, que sa tenue engendrait plus l'inquiétude qu'un surcroît de colère ou de jalousie. Ses vêtements étaient sales, déchirés. Je crus percevoir quelques restes de sang, ici et là. Je fronçai les sourcils, me demandant ce qui avait pu lui arriver. Mais il était difficile de stopper ma méfiance d'autant que les jaloux avaient souvent une imagination débordante. Puisqu'il s'était permis de m'abandonner sans crier gare, et de se donner à un autre, à en croire les photos, qu'est-ce qui pourrait empêcher cet homme de se moquer davantage de moi, en simulant quelque agression, pour justifier son absence ? J'avais l'impression que l'homme que j'avais aimé, et que tout ce que nous avions partagé, volaient en éclats et en fumée. J'avais l'impression de m'être investi émotionnellement dans une farce sordide, et il n'y avait rien de plus blessant, de plus susceptible de me mettre en colère.

« J'ai été retenu ». dit-il, en guise de salutation.

C'était là tout ce qu'il avait à dire. J'esquissai un sourire parfaitement dénué de joie, saluant, quelque part, les talents de comédien de cet homme, et surtout, la cruauté de la fatalité. Elle était après tout en train de me porter le coup de grâce. Et ce coup n'avait pas pu mieux tomber, après plusieurs jours où nous avions simulé l'existence au paradis.

«  Qu'est-ce qui se passe ici ? On dirait que toute la maison a été électrifiée. C'est pas Floria, ou Arlathan ?... » demanda-t-il alors.

Le sourire détestable que j’arborais se fit sans doute plus perceptible. Non, mais quel culot. Il revenait, après des heures d'absence durant lesquelles il m'avait certainement trahi, vêtu d'une tenue qui interpellait forcément, et il ne jugeait pas bon de s'expliquer. Non, monsieur préférait poser les questions lui-même, comme s'il était étonnant que je sois énervé, furieux, et comme s'il était impossible qu'il en fût la cause.


Non, je n'ai pas eu de compagnie aujourd'hui, rétorquai-je, sous entendant clairement que ça n'avait pas été le cas de tout le monde, dans cette pièce.

Toute la tendresse que j'étais capable de lui adresser par mon regard, habituellement, était sans doute muée en méfiance, enrobée d'un peu de haine, voire de dégoût. Je ne marchais pas dans le pot aux roses de Declan, j'y courrais ; mais après tout, le fourbe nous connaissait bien. Mes craintes et mes suspicions n'étaient pas gouvernées par la raison, mais celle-ci avait après tout été rejetée dans un coin de mon esprit, depuis des heures. Il fallait ajouter que la transformation, qui menaçait de s'enclencher depuis un certain temps, ne m’aidait en rien à me maîtriser ou à faire preuve de rationalité. J'avais encore une apparence humaine, mais je commençai à bouillir d'une autre flamme, comme en témoignaient parfois quelques spasmes, certes peu perceptibles à l’œil nu. Davos n'était pas aussi aveugle qu'il le prétendait, puisqu'il daigna reculer, tout en levant les mains. L'attitude même du coupable. Je ne me rendis certes pas compte que je provoquais en partie tout ce qui me faisait horreur, et que j'interprétai les choses à ma façon.

« Tu vas me dire ce qui se passe et te met dans cet état ? » répéta-t-il.

Il persistait à nier, à me prendre pour un imbécile. Allais-je devoir lui montrer ces photographies, plus dégradantes encore pour lui que pour moi ? Allait-il se moquer de moi autant que possible, me forçant à aller vers quelque extrémité plutôt que d’avouer tout de suite sa faute ? Les mensonges, notamment lorsqu'ils étaient mal faits, avaient quelque chose de pathétique et particulièrement énervant. La faute était de toute façon telle que je n'étais guère d'humeur à me montrer plus clément, même s'il devenait franc.


Je crois qu'il vaut mieux, pour nous deux, que tu admettes tout de suite ce que tu as fait, répondis-je.

Il était sans doute perceptible que je peinai à garder mon calme. En temps normal, j'aurais certainement voulu discuter et trouver une explication et une solution au problème, pacifiquement, mais ma patience n'était plus ce qu'elle était, sans compter qu'il y avait quelque chose qui grondait en moi. Je serrai le poing, pour ne pas perdre le contrôle tout de suite. Mais les quelques tremblements dont il était agité démontraient que j'arrivais de moins en moins à me maîtriser. Le froid qui s'était installé dans la pièce, à cause des émotions de Davos, ne me rendait inconsciemment que plus méfiant et hostile. Mon regard avait certainement perdu de son humanité, lui aussi, signe avant-coureur que les choses allaient finir par dégénérer, comme la fois où Floria avait osé pénétrer cette maison, avec des intentions hostiles.


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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Lun 14 Sep 2015, 22:43


Pourtant, il fallait admettre que lorsqu'on sortait d'un combat de titans – de soi contre soi – comme il venait de le faire avec Dantès, on avait certes envie de tout, sauf d'aller s'amuser avec quelqu'un d'autre...mais il faudrait visiblement plus que des paroles pour le démontrer. Ce n'était pourtant pas les blessures qui manquaient, à Davos. Son torse lui faisait encore bien mal, et ça continuerait à l'élancer avec un mal de chien, pendant quelques temps. Comprenez donc qu'il n'était pas foncièrement ravi de se retrouver ainsi pris sous le feu d'un Rafael jaloux et tourmenté de manière abjecte, par le piège de ce...foutu mec qu'était Declan. Il semblait à Davos que sa liste de personnes terribles, qu'il voyait comme de vrais ennemis jurés, ne faisait que s'étendre. Et cela était effrayant car cela signifiait que le marin prenait désormais au sérieux le fait que certains ne pouvaient être sauvés...

En tout cas, l'ancien contrebandier peinait à comprendre la colère qui agitait Rafael, ne soupçonnant pas que son double maléfique ait eu encore le courage d'aller jouer quelque piège sordide, après leur bataille. D'autant que Davos n'avait nullement l'étoffe d'un infidèle, et davantage encore avec un homme comme Rafael. Les cauchemars que s'infligeaient son compagnon ne les faisaient pas moins souffrir tous les deux.

A nouveau, ce sourire qu'il détestait tant. Il était fort probable que Davos n'ait jamais autant détesté ce style de sourire, même si quelques heures plus tôt, il en avait esquissé un, face à son reflet qui en abusait davantage que lui. Ce type de sourire qui signifiait toute fin de joie et d'espoir, comme si la vie ne les destinait qu'à être des ombres, des squelettes ricanants amenant la mort uniquement. Un sourire qui s'accentuait, alors que le marin se demandait ce qui s'était passé, et ce qui rendait Rafael dans un tel état.

« Non, je n'ai pas eu de compagnie aujourd'hui. »

Davos ne put que froncer les sourcils, d'autant plus méfiant et réservé. Tout simplement parce qu'il percevait le sous-entendu, mais se demandait ce que ça fabriquait là. Car dans son esprit, la pensée de tromperie n'existait pas, et quand on sortait d'un combat de mutants, c'était vraiment la dernière chose à laquelle il aurait pu penser. En effet, de simples photos étaient capables de poison, mais il était loin d'imaginer un tel plan de la part de Dantès. C'était irréalisable ou complètement décalé, dans son esprit. La meilleure réaction aurait été sans doute d'en rire, mais en vérité, aucune réaction n'était vraiment correcte, dans ce genre de situation, car rien ne pouvait apaiser les feux qui tourmentaient l'âme et le cœur. Rien qui puisse apaiser le regard chargé de dégoût et de haine que lui offrait Rafael, à cet instant, de façon incompréhensible. Ce fut ce regard qui le poussa à se redresser et abandonner une attitude de défense qui paraissait coupable aux yeux de Rafael. Il s'avança d'un pas, cette fois, le regard plus sec et plus froid.

« Commence par m'expliquer pourquoi tu juges bon de me regarder avec dégoût, au lieu de tes sous-entendus que je comprends pas, » fit-il, assez sèchement, peu prêt à se laisser faire. C'était que l'irritation et la colère de Dantès couvaient encore en lui, d'une certaine façon, et ça n'annonçait rien de bon pour la suite, qu'ils soient deux hommes à cran.

Oui, peut-être valait-il mieux qu'il voie ces photos, car ainsi il aurait l'explication de cette crise de colère mâtinée de jalousie. Et mieux encore, il aurait une explication à donner. Mais il fallait croire qu'on ne lui laisserait pas l'opportunité, puisqu'il valait mieux que les choses empirent encore davantage.

« Je crois qu'il vaut mieux pour nous deux que tu admettes tout de suite ce que tu as fait. »

« Ce que j'ai fait ? » répéta Davos, avec une colère qui, il le savait bien était en partie nourrie par celle de Dantès auquel il n'était que trop lié – mais il aurait été faux de dire que ce n'était que cela.

Une bataille n'avait donc pas suffi ? Qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir à se reprocher ? Qu'est-ce qui pouvait bien faire en sorte que Rafael se mettait de plus en plus à trembler, que son regard devienne de moins en moins humain, et que la tension dans la pièce ne commence qu'à trop rappeler au marin, ce qui s'était passé lorsque la bête allait attaquer Tosca ? Allait-il avoir droit à ça, lui aussi, sans la moindre explication ? En temps normal, il aurait tempéré, expliqué. Mais à cet instant Davos avait passé ce qu'on appelle communément une sale journée, et même pire : une très sale journée. En compagnie de son double empli de noirceur qui s'acharnait à lui signaler qu'il ne deviendrait que comme lui. Peut-être cela était en train de se réaliser, très ironiquement.

« Tu veux savoir ce que j'ai fait ? Rencontré ce foutu homme auquel tu nous as vendus, en essayant d'aller chez les Initiés ! Un mec qui a pris mon apparence, ma place, et qui ne s'est que trop plu à essayer de me convaincre que j'étais aussi noir que lui ! Qui a couché avec Floria ! Qui s'est plu à me rappeler que moi aussi je finirai par succomber à l'enfer, grâce à des personnes comme toi ou Stannis ! Il se prenait pour un démon ou messie, peu importe ! Je l'ai combattu, et aucun de nous n'en est ressorti indemne ! Et après ça, tu oses me demander ce que j'ai fait, comme si je t'avais trahi !? »

La colère de Davos était hélas, trop palpable, soulignée par la température décroissante, son ton brusque, et ses gestes frénétiques, alors qu'il arpentait la pièce, non sans quitter Rafael de son regard d'argent glacé.

« Alors, vas-tu enfin me dire de quoi tu m'accuses ?! De t'avoir défendu, d'avoir ignoré son venin ? De l'avoir combattu ? En quoi devrais-je me justifier d'avoir essayé de presque tuer un type qui ne veut que notre ruine ?! »

Davos ne faisait, après tout, que jeter de l'huile sur le feu. L'explosion n'allait pas tarder. Car ce n'était pas avec ce genre de paroles aussi grosses, ou avec autant de colère, qu'il allait forcément convaincre Rafael du premier coup, bien au contraire.

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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Ven 25 Sep 2015, 19:50

De toute façon, puisque je le suspectais d'être coupable, il n'y avait aucune attitude qui aurait pu le rendre meilleur à mes yeux. Je sentis sans doute la colère gagner un cran, lorsque son regard se fit plus dur. De quel droit osait-il se montrer cassant, alors qu'il était le seul fautif, ici ?

« Commence par m'expliquer pourquoi tu juges bon de me regarder avec dégoût, au lieu de tes sous-entendus que je comprends pas. » rétorqua-t-il.

Il se fichait de moi ? Il ne comprenait vraiment rien à ce que je disais, il avait des troubles de la mémoire immédiate ou il me prenait pour un demeuré ? Ces photos n'étaient pas des montages, c'était évident. Et je me moquais bien de constater que ses vêtements étaient en partie déchirés ou rouges. Je n'étais pas habitué à voir Davos si sec et coléreux, comme pouvait l'être Declan Talbot, et je n'aimais pas du tout cela. De toute façon, j'avais l'impression d'avoir affaire à quelqu'un que je ne connaissais pas. Jamais je ne l'aurais cru capable de me tromper, jamais. Et en même temps, c'était l'une de mes plus grandes hantises, d'où ma crédulité. Nous étions tellement à cran que nous ne cherchions pas véritablement à nous expliquer, comme si nous cherchions plus la confrontation que la paix. D'habitude, Davos était plus tempéré que moi, mais toute règle avait son exception.

« Tu veux savoir ce que j'ai fait ? Rencontré ce foutu homme auquel tu nous as vendus, en essayant d'aller chez les Initiés ! Un mec qui a pris mon apparence, ma place, et qui ne s'est que trop plu à essayer de me convaincre que j'étais aussi noir que lui ! Qui a couché avec Floria ! Qui s'est plu à me rappeler que moi aussi je finirai par succomber à l'enfer, grâce à des personnes comme toi ou Stannis ! Il se prenait pour un démon ou messie, peu importe ! Je l'ai combattu, et aucun de nous n'en est ressorti indemne ! Et après ça, tu oses me demander ce que j'ai fait, comme si je t'avais trahi !? » s'exclama-t-il.

La première révélation me fit littéralement voir rouge. J'avais l'impression que le sang m'était monté à la tête et insérait des voiles entre mes pensées. Je ne supportais pas qu'il me mente. Mais admettons que ce fût vrai, qu'il avait vu Dantès avant d'aller s'amuser ailleurs, cela signifiait qu'il m'avait caché quelque chose contre lequel je l'avais mis en garde. C'était un grand garçon mais il aurait pu me prévenir, au lieu de me laisser me tourmenter ! En outre, monsieur avait joué les grands seigneurs en faisant mine de me pardonner mes fautes, mais voilà qu'il me les renvoyait au visage. Comme ça, je n'étais plus que le type infect qui l'avait vendu, lui et ses grands amis, à Dantès. Il ne fallait pas douter que mon regard aurait pu lui lancer des éclairs. A vrai dire, je ne l'écoutais plus qu'à moitié. Toutes ces choses sur lesquelles nous passions outre, d'habitude, semblaient prendre une importance radicale et devenir infâmes. Si Declan avait été capable de prendre l’apparence des autres, je l'aurais su. Ce qu'il disait n'avait ni queue, ni tête. Et il aurait couché avec Floria, alors que c'était connu qu'il pleurait jours et nuits sa femme, depuis qu'il était veuf ? Il pourrait au moins me sortir des mensonges qui tenaient la route ! Je me sentis carrément agressé et blessé lorsqu'il confia qu'on le mettait en garde contre Stannis et moi. Cette fois, je n'étais plus que le misérable qui n'avait aucune chance de se racheter, et qui ne faisait que conduire un type bien vers la décadence. J'étais donc bien noir, mais lui continuait à jouer les innocents. J'étais tellement blessé et en colère que je n'arrivais plus à ordonner mes idées ou à trouver les mots justes. Je sentais mon poing trembler de plus en plus. Les mouvements de Davos et la baisse de la température ne m'aidaient pas à me calmer.

« Alors, vas-tu enfin me dire de quoi tu m'accuses ?! De t'avoir défendu, d'avoir ignoré son venin ? De l'avoir combattu ? En quoi devrais-je me justifier d'avoir essayé de presque tuer un type qui ne veut que notre ruine ?! » reprit-il.

Et maintenant, il jouait les héros. Il aimait ce rôle, vu à quel point il s'était joué de moi, depuis le jour de notre rencontre. Je ne voulais plus entendre ces choses absurdes qu'il disait.


Tu mens, tu mens comme tu respires, dis-je finalement, en lui balançant mon téléphone, où les photos ignobles étaient encore affichées.

T'es un putain de menteur et de traître, ajoutai-je, ne tenant plus, et l'attrapant par le col, pour le plaquer contre le mur. Mais vas-y, va-t'en ! Va-t'en rejoindre ton Stannis et tes amis, qui eux, ne t'ont jamais vendu à personne, c'est sûr ! De toute façon, tu n'en fais qu'à ta tête. Tu te fiches de ce que je peux penser ou ressentir. Tu oses venir me parler de Declan, tu oses venir avec tes histoires à dormir debout, ajoutai-je, en lui donnant un coup de poing brutal sur le visage.

Il ne fallait pas douter que j'allais amèrement regretter ces paroles et ces gestes, mais il va de soi que je n'étais déjà plus maître de moi-même. Mon regard n'avait désormais plus rien d'humain, et la transformation avait dû commencer à s'opérer.


Je vais te mener en enfer, c'est sûr, enchaînai-je, comprenant tout à ma façon. Mais qui a trahi l'autre ? Qui a persuadé l'autre de renier son Dieu et de devenir une pédale ? Tout ça pour ça ? Je ne te pardonnerai jamais ! conclus-je, furieux et blessé à en sembler pathétique, tout en assénant d'autres coups.

Voilà qui risquait d'énerver Davos, plus qu'il ne l'était déjà, ce qui n'était pas peu dire. Il allait probablement devoir en venir aux mains, car j'étais impossible à raisonner, avec les mots, dans ce cas de figure. Dire que nos ennemis faisaient tout pour nous séparer, n'était pas peu dire.


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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Sam 10 Oct 2015, 12:14


Declan avait vraiment bien réussi à semer la zizanie entre eux. Comme quoi, le pouvoir de quelques photos, même si elles n'étaient certes pas truquées. Et le marin avait beau tempêter de toute façon, Rafael n'écoutait déjà plus vraiment, tout simplement. La colère et la rage avaient de tels effets aveuglants, qu'on comprenait mieux pourquoi certains étaient capables de crimes passionnels. Après tout, c'était plus ou moins vers cela qu'ils se dirigeaient tous deux, l'un parce que la glace s'épaississait dans la pièce, l'autre, parce que la transformation commençait à prendre le contrôle. Dire qu'ils étaient mal barrés, était un euphémisme. Et le marin ne comprenait d'ailleurs tout simplement pas comment son fiancé avait pu arriver à un tel degré de suspicion. C'était tout simplement impossible, pour lui, dans sa tête, d'autant qu'il savait n'avoir rien fait de réellement mal.

Non, il ne comprenait vraiment pas ce que lui assénait Rafael, mais il n'allait pas tarder à saisir que les coups, la blessure à la cheville, ou encore le froid qui persistait près de son cœur, n'étaient pas les moindres méfaits de Dantès, bien au contraire. Les blessures physiques avaient l'avantage de passer ; pas les blessures psychiques. C'était totalement autre chose, car chaque trait demeurait gravé à vif dans l'esprit, prêt à se réveiller au moindre trouble. La rage éveillée par la lutte de titans, n'aidait en rien à ce que le marin soit plus tempéré, et c'était le cadet de ses soucis, à l'instant. Tout ce qu'il avait devant les yeux, c'était une situation qu'il ne comprenait pas et qui n'allait que s'empirer, s'il n'y mettait pas un terme tout de suite. Sauf qu'il n'avait évidemment pas tous les éléments en main pour cela.

Le discours qu'il lui sortit fut ainsi donc inutile. Au contraire, Roxas ne sembla que voir plus rouge encore, et au point de perdre le contrôle de lui-même. Son regard n'était plus doux, affectueux ou gentiment ironique : c'était un turquoise sombre, traîné de doutes et de rancune, presque dangereux. Peut-être pour la première fois, Davos comprit ce que Floria avait pu ressentir lorsqu'elle s'était retrouvée face à lui lors de la fois fatale, et il eut un bref élan de compréhension, ainsi que de honte, envers elle. Mais le temps n'était pas aux songes vers le passé, loin de là. Le marin n'avait aucune idée de comment son discours ne faisait pas sens dans l'esprit de Rafael, avec ce qu'il savait de Declan, et comment, ainsi, tout ce qu'il disait ne pouvait que l'enfoncer davantage. De toute manière, quand on veut ne croire qu'une chose précise, on s'y tient.

Il n'avait pas voulu relancer toutes les fautes de Rafael en face, mais c'était fait. Peut-être que cela avait bouillonné en lui à un moment et que le passage de l'âme noire de Dantès avait ravivé ces ressentiments sur lesquels il avait essayé de passer. Il n'était pas parfait, comme homme, loin de là, et il avait aussi ses instants de faiblesse. Loin de là l'idée de ne considérer son homme que comme un traître : il aurait pardonné cent fois s'il l'avait fallu, ou du moins, il aurait cela derrière pour qu'ils puissent aller de l'avant. Ce qu'il sortait donc n'était pas un reproche, mais une tentative d'explication, maladroite certes. Et qui ne faisait que les enfoncer davantage dans l'incompréhension et la noirceur, tous les deux. En même temps, qu'on le mette en garde contre Zexion ou Roxas, voilà qui ne pouvait guère être appelé une nouveauté. Et il ne serait jamais un héros, jamais. Et il ne se trouvait pas moins détestable que Rafael sous certains points, même si ce dernier était bien entendu différent, pour lui, et qu'il trouverait toujours moyen de se racheter.

Chacun des deux hommes tremblait, pas forcément pour les mêmes raisons ; la tension s'agrandissait dans la pièce comme un voile noir qui s'étendait au-delà des sentiments et de la raison. Il fallait croire que les émotions négatives parvenaient toujours à dominer, quelles qu'elles soient, et en dépit de toute la force d'un amour ou d'une amitié. Davos reçut le téléphone brutalement, et d'ailleurs l'appareil faillit lui échapper des mains quand il l'attrapa. Il le tint néanmoins suffisamment en main, quelques secondes, pour voir et parcourir, nerveusement, les soi-disant photos qui mettaient Rafael dans un tel état. Son visage se crispa davantage encore, et il serra presque le portable à le faire se casser.

« Comment tu peux croire des conneries pareilles après ce que je t'ai dit sur Declan ?! Il se fait passer pour moi, et toi tu tombes dans le panneau, tête la première ! » lança-t-il avec colère, et reproche.

Il ne pouvait pas vraiment le blâmer de s'être fait duper, d'autres l'avaient été avant lui, et la ressemblance était parfaite ; mais enfin, pouvait-on vraiment croire qu'un homme comme Davos allait tromper la personne qu'il chérissait le plus, après tout ce qu'il avait fait pour réussir à la conquérir ? C'était totalement absurde. Il n'eut pas le temps d'ajouter davantage qu'il se faisait plaquer contre le mur avec un bruit sourd, et la douleur dans son torse l'élança encore davantage, lui arrachant un grognement. Il se retenait, encore pour l'instant, de frapper Rafael, mais ça n'allait pas tarder si ça continuait à être aussi ridicule. Histoire qu'au moins l'un des deux reprenne conscience de la réalité des choses. Le poing dans son visage ne l'aida pas davantage, et il empoigna Rafael, dans une position de force dominante plutôt que d'étreinte affectueuse comme auparavant.

« Tu vas arrêter tes foutues histoires à dormir debout ?! Tu crois pas que si j'avais voulu rejoindre Stannis ou des autres je l'aurais fait depuis longtemps ! Tout ce que tu crois que je peux faire, je ne l'ai pas fait depuis tout ce temps, ça signifie bien quelque chose ! »

Et un nouveau coup porté au visage. Quand il rouvrit les yeux, grimaçant, il ne put que constater, avec terreur, que la transformation de Rafael en bête avait commencé à s'opérer. Les yeux avaient quitté la nuance de couleur qu'il connaissait par cœur, et le visage lui-même commençait à s'étirer et changer complètement de forme. Malgré les coups qu'il recevait, il donna une nouvelle secousse pour repousser Roxas, tant bien que mal, accompagné d'un coup de tête. Ça ne fit qu'accentuer les propres douleurs dont il souffrait suite à l'affrontement avec Declan, mais au moins il était libre de ses mouvements, et il s'écarta directement du mur, la bouche en sang, et le regard mi-effrayé, mi-violent, alors qu'il cherchait désespérément un moyen de faire machine arrière dans cette transformation.

« Je t'ai jamais dit de renier ton Dieu ! Jamais j'aurais forcé tes sentiments si je n'avais pas su qu'ils viendraient ! Je ne suis pas un tortionnaire ! Tu vas me dire que tu regrettes tout le bonheur que tu as, que tu as eu avec moi ? Bon Dieu, Rafael, ouvre les yeux et ressaisis-toi ! Tu veux vraiment que Dantès gagne !? »

Blasphémer n'allait certainement pas arranger les choses, et d'ailleurs les mots ne servaient sans doute plus à rien. La température baissa encore d'un cran dans la pièce, et Davos n'aimait pas particulièrement ce qu'il faisait, mais il n'avait pas envie de se faire bouffer par une bête soudainement. La glace commença à naître du sol, pour aller emprisonner ce qui était plus des pattes désormais, que des pieds, empêchant Rafael de bouger à moins d'un geste violent. Peut-être sous-estimait-il sa puissance en bête. Il s'approcha vivement, essayant de récupérer le ton tempérant qui lui était plus familier, mais il avait trop de colère en lui pour cela ; tout en n'étant pas insensible à la douleur sur le visage de Rafael.

« Arrête ça et fais marche arrière ! » Il ne pouvait se permettre de le toucher, mais au moins il essayait des gestes apaisants en sa direction. « On peut essayer de tout comprendre et expliquer, mais pas si tu te mets sous cette foutue forme ! Ça va rien arranger ! »

D'autant qu'il devait l'admettre, se retrouver face à une bête de deux mètres de haut, le faisait baliser et que malheureusement, les animaux sentaient très bien la peur.

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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Dim 25 Oct 2015, 22:09

Le sort était mal fait, ou trop bien. La fatalité profitait du fait que nous nous aimions, et même beaucoup trop, pour déchaîner plus que jamais les passions qui s'agitaient dans nos cœurs. Davos avait toutes les raisons d'être à cran, ce jour-là. Quant à moi, la peur de le perdre me rendait plus furieux que jamais, et vous connaissez la suite. Le moins que l'on pouvait dire, était que notre relation avait plusieurs fois été mise à l'épreuve, et de façon redoutable. Mais cette fois-là, c'était inédit, dans la mesure où j'étais tenté de tout remettre en question, et de renoncer à tout, même si cela me détruirait forcément. Après cette tempête, je n'allais pas être fier des débordements que je m'étais permis. Davos découvrait après tout l'une des pires facettes de mon caractère, et il serait légitime que cela le fasse fuir. Mais sur l'heure, j'étais bien loin d'éprouver toute culpabilité. Après tout, c'était lui que je voyais tout noir, après l'avoir longuement idéalisé. J'étais ô combien influençable, surtout par les grands manipulateurs. Il fallait avouer que la maladresse de Davos ne m'aidait pas. Il n'avait jamais été quelqu'un d'extrêmement subtile, mais il était habituellement plus compréhensif et patient. Declan n'avait rien laissé au hasard, mais nous étions de toute façon quelquefois de sacrés boulets. J'éprouvai tant de rancune et d'hostilité, à cause d'une blessure trop grande, que j'étais comme étranger à moi-même. Bien entendu, les expériences d'un certain Arlathan n'y étaient pas pour rien.
Je le regardai "découvrir" les photos avec un intérêt malsain. Il y avait toujours une part de satisfaction à prouver que notre malheur était vrai, et la personne jugée bien coupable, même lorsqu'on se fourvoyait totalement.

"Comment tu peux croire des conneries pareilles après ce que je t'ai dit sur Declan ?! Il se fait passer pour moi, et toi tu tombes dans le panneau, tête la première !" s'exclama-t-il.

Je fronçai les sourcils, incompréhensif. Comment pouvait-il me dire quelque chose d'aussi insensé ? Comment Declan pourrait-il se faire passer pour lui, et d'ailleurs, pour quelle raison ? Je n'avais guère envie de réfléchir, mais mon "fiancé" me traitait de naïf, voire d'idiot, et c'était loin de me calmer. Je ne pris même pas la peine de répondre à ces salades.
La confrontation finit par devenir physique et brutale. Ce qu'on ne faisait pas par amour ; on faisait même quelquefois souffrir la personne qui obsédait nos pensées. J'étais virulent mais Davos ne se laissait pas faire. Il avait beau vouloir éviter l'irréparable, la tension montait aussi en lui. Je sentis combien son étreinte était ferme et fatale. Il tenta encore une fois de me raisonner, mais ses paroles et ses justifications n'avaient pas beaucoup de sens pour moi. En un sens, il était déjà trop tard. Je souffrais, pas seulement à cause de cette potentielle trahison, mais parce que la transformation s'était amorcée, et pouvait difficilement être interrompue. Le marin put me repousser sans mal, et je ne cherchai pas à me jeter de nouveau sur lui, comme paralysé par ce que j'étais en train de subir. L'agressivité et la peur que je lisais dans son regard ne me calmaient pas, bien au contraire.

"Je t'ai jamais dit de renier ton Dieu ! Jamais j'aurais forcé tes sentiments si je n'avais pas su qu'ils viendraient ! Je ne suis pas un tortionnaire ! Tu vas me dire que tu regrettes tout le bonheur que tu as, que tu as eu avec moi ? Bon Dieu, Rafael, ouvre les yeux et ressaisis-toi ! Tu veux vraiment que Dantès gagne !?" ajouta-t-il.

J'avais certes l'air plus hésitant, mais comment apaiser son âme lorsque son corps était en train d'agoniser ? Malheureusement, le bonheur qu'il évoquait faisait office de couteau retourné dans la plaie. Il ne faisait que me rappeler ce qui avait potentiellement été un mensonge, ou du moins, ce que je risquais de perdre. Et bien entendu, il me faisait passer pour le seul coupable. Je me contentai de tomber à genoux, posant les mains sur le sol, en guise de soutien. Je ne m'en doutai pas spécialement, mais à ce stade, j'avais déjà plus l'air d'une bête que d'un homme. Je me sentais impuissant, et c'était également alarmant. Et bien entendu, il se préoccupa, certes à raison, de sa propre sécurité, plutôt que de chercher à m'aider ou me calmer.
Je sentis de la glace jaillir sous mes membres, et commencer à les envelopper. Mon cœur se tordit et fit un bond dans ma poitrine, quand je compris qu'il cherchait à me neutraliser, comme un quelconque ennemi ou animal. L'inquiétude redoubla en moi, or, elle ne faisait que se muer en agressivité. Je sentais la peur qui émanait de lui, voire la panique. J'avais l'impression qu'il me hurlait dessus, de me calmer et de faire marche arrière, comme si tout était de ma faute, ou comme si je maîtrisais quoique ce soit. Il n'en fallut guère plus pour briser les dernières barrières et finaliser la transformation.


Je ne réalisai pas vraiment que sous cette forme, je n'étais plus handicapé, mais le sentiment de bien-être, voire de puissance, était bien là. Je me rendis encore moins compte que la métamorphose était plus complète, et probablement plus terrifiante, qu'auparavant. Cela ressemblait effectivement plus à une sorte de lion humanoïde, qu'à une espèce hybride. Ce ne fut pas un cri ou une insulte qui jaillit de mes lèvres, mais un léger rugissement, tandis que, sous le coup de la colère, j'explosai sans mal la glace qu'il avait engendrée, pour avancer librement. Je me relevai aussitôt, le dépassant de bien des centimètres. Je le regardai sans doute avec une rancune morbide, doublée d'une férocité qui n'avait plus grand chose d'humain.


Qui ? Qui est cet homme ? demandai-je, implacable, en le saisissant brutalement par le col de sa chemise.

Tout ce que je voulais savoir, c'était l'identité de l'homme pour lequel il m'avait trahi. Il n'était pas exclu que je le réduise en pièces, avant de me pencher plus sérieusement sur le cas de Davos. J'avais l'air de n'avoir rien écouté de ce qu'il me disait, mais il avait pourtant le bénéfice du doute. Même s'il était tentant de lui régler son compte, j'avais conscience que je pouvais profiter d'avoir le dessus, pour l'intimider, et obtenir la vérité, d'une façon ou d'une autre. J'arrivais encore un peu à raisonner, mais je me sentais plus différent que jamais ; sans pour autant avoir conscience que cette "capacité" avait empiré.
Mon visage, si du moins on pouvait l'appeler comme tel, était près du sien. Il valait mieux qu'il reste sage et coopératif, s'il ne souhaitait pas que l'animal prenne définitivement le dessus. Mais bien entendu, garder son calme face à un regard de prédateur, et des crocs acérés, surtout lorsqu'il s'était agi de la personne que l'on aimait, devait être plus facile à dire qu'à faire. Et ce, d'autant plus, que je commençai quelque peu à l'étrangler.


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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Ven 30 Oct 2015, 16:03


La passion avait ses revers, quand elle se retrouvait prise dans un piège cruel. C'était exactement ce qui était en train de se passer, et ça prouvait que Dantès, au final, faisait bien son boulot. Réussir à séparer ces deux-là tenait assez du miracle, mais il suffisait parfois d'une braise pour déclencher un feu. Ici, cela se révélait pire car avec leurs capacités mutantes, les deux amants avaient infiniment plus de chances de se faire de mal, que les gens ordinaires. Et aucune n'était dans un état qui permettait de réellement calmer et rassurer l'autre : c'était trop tendu, de chaque côté, encore que pour des raisons différentes. Davos n'avait pas moins peur de le perdre que de laisser Rafael au piège d'un autre. Il se prenait à imaginer si Dantès s'était fait passer pour lui, auprès de son amant, et ça lui donnait envie de vomir. D'ailleurs, qu'est-ce qui lui disait que ça n'avait jamais été le cas, si cet homme jouait trop bien son rôle ? Il en serait malade, ce qui n'améliorait aucunement son état.

Malgré la colère injustifiée dont faisait preuve son amant, Davos n'était pas lui, prêt à tout remettre en question, pour la simple raison que s'ils s'éloignaient, il ne serait plus en mesure de protéger Rafael après que son double ait parfaitement menacé de le faire. La vie et le bonheur de son amant se plaçaient au-dessus des siens, et il aurait été prêt à le protéger dans l'ombre, pour tout cela. Quand on était stalker après tout... Il n'était pas encore prêt à reculer devant lui en voyant la noirceur d'un caractère, dont il avait été témoin, ne serait-ce que par Floria. Et il avait été trop loin pour reculer à la moindre épreuve, même si en vérité ce n'était ni la première ni la dernière. Et que ça commençait à bien faire, mais il n'avait pas dit son dernier mot. C'était peut-être même pourquoi il se révélait si maladroit, et incapable de dire les mots justes au bon moment. Quand on était affolé, cela devenait infiniment plus difficile.

Les photos révulsèrent Davos plus qu'autre chose, et surtout, maintenant qu'il avait vu Dantès, il pouvait encore moins y croire, là où il aurait pu avoir un doute, auparavant. Mais toutes ses protestations ne suffirent à qu'empirer l'état de Rafael, qui visiblement le croyait plus que de mauvaise foi, et carrément manipulateur. Son silence tenait lieu de réponse, tout simplement. D'ailleurs, c'était une réponse que Rafael ne voulait pas entendre, encore moins dans l'état dans lequel il commençait à se transformer. De plus, si son amant lui avait sorti la même histoire, l'aurait-il cru si aisément ? Difficile de le dire.

Ils finirent par en venir aux mains : une autre preuve que la pente s'avérait de plus en plus glissante. Rafael tremblait et devenait de plus en plus pâle, tant par la douleur forcenée qu'il éprouvait, que par celle psychique, causée par ses soupçons et ses idées fausses. Davos était sur le point de refaire un pas vers lui, pour l'aider et le conforter, mais il y renonça en voyant qu'il était déjà plus bête, qu'homme. A la place, se souvenant de la créature qui avait failli tuer Tosca, il prit la voix de la raison, mais pas forcément la meilleure non plus : il créa de la glace autour des membres de Rafael, comme pour l'immobiliser, le ralentir, le cœur tordu et le corps aux aguets. Il recula encore, plus effrayé et plus prudent, mais cet acte fut au final la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Ses mots n'avaient aucun effet, au contraire, tout bascula.

Et le marin se retrouva brutalement confronté à une créature qui était finalement plus un lion humanoïde, qu'un être hybride entre l'homme et le lion. Il laissa échapper un son de surprise mêlé de peur inquiète, tant Rafael lui apparaissait désormais terrifiant. C'était pire, plus développé que la dernière fois, plus complet...plus que quelques différences, il était bien plus ardu de voir l'humain derrière la bête. Seule la forme humanoïde et les yeux étaient vestiges de cela. Davos n'était pas un homme peureux, mais là, il eut sincèrement froid dans le dos et trembla peut-être un peu, en relevant les yeux vers la bête qui le dominait complètement. Il eut la pensée de s'enfuir, mais avant qu'il ait pu esquissé un geste, Rafael s'était libéré de son étreinte de glace aussi aisément que d'un tissu de soie, et l'avait agrippé à la gorge, le regard indéniablement violent et féroce. L'ancien contrebandier n'osa se débattre, cette fois, de peur d'attiser la colère de la créature, dont le visage n'était qu'à quelques centimètres du sien. Pas besoin de ça pour sentir qu'il était un peu tétanisé par la peur.

« Qui ? Qui est cet homme ? »

Le rythme cardiaque de Davos redoubla encore, car s'il disait qu'il ne savait pas, cela serait-il convaincant pour Rafael ? Ou préférait-il prendre la solution la plus simple, à savoir l'étriper ? Il n'avait pourtant pas le choix, mais ne souhaitait pas devenir un steak à mâcher. Il releva, très lentement, les mains, en signe de défense mais aussi d'apaisement. Parvenant à articuler :

« Rafael...je te jure que je ne sais pas qui il est et que c'était pas moi. Je sais que je peux pas te le prouver, si mon état amoché suffit pas, mais j'ai jamais embrassé un autre homme et j'en aurai jamais envie. T'es le seul. Le seul. »

Des mots simples, mais seraient-ils assez pour apaiser la bête qui rugissait en Rafael, de façon littérale ? Il ne pouvait pas faire autre chose, il n'était pas télépathe. Mais d'un autre côté...si Rafael ne lui laissait pas le choix, il ferait usage de ses pouvoirs. Ce n'était pas parce qu'il était Davos, qu'il allait se décider à payer pour un crime qu'il n'avait pas commis. Pour l'heure, il demeurait calme, par il ne savait quel moyen, mais son sang parcourait vivement dans ses veines, le dos baigné d'une sueur froide, et il retenait un cri qui montait progressivement dans sa gorge.

Cri étouffé par la pression qu'il sentait soudain contre sa chair, l'empêchant de respirer. Son ton n'avait visiblement pas été assez convaincant et Rafael préférait l'étrangler. Il se crispa et se débattit, cette fois, la panique instinctive reprenait le dessus. Son envie de survie se manifesta aussi, tant face à la douleur, qu'à sa difficulté à respirer. Si Rafael décidait de l'égorger d'un coup de griffe, il y arriverait en trois secondes. Il porta un coup au visage de la bête, le plus violent qu'il put, pour le déstabiliser et pour le faire le relâcher. Il recula vivement de plusieurs pas, affolé, et cette fois, une glace plus rapide et plus résistante se forma autour des pattes de Rafael, l'emprisonnant bel et bien, et allant jusqu'à la taille. Davos s'était éloigné suffisamment pour éviter d'éventuels coups de griffe.

« Je te jure que je dis la vérité ! Je ne t'ai trompé à personne et ne le ferai jamais ! Tu dois me croire, tu dois comprendre que Dantès est derrière tout ça, depuis un moment ! Je t'en prie ! »


S'il n'avait pas de preuve directe, peut-être que néanmoins, le ton de sa sincérité, ainsi que les battements de cœur, ou les sentiments qu'il éprouvait vivement – toutes ces choses que Rafael percevait plus facilement en étant une bête – seraient ses preuves. Il ne pouvait pas grand-chose de plus, à part se détester d'infliger ce piège de glace, à son amant...

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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Sam 07 Nov 2015, 22:42

A vrai dire, il n'était pas difficile pour nos ennemis de nous faire du mal. C'était le revers de la médaille à force de s'aimer un peu trop, mais nous finirions bien par apprendre de nos erreurs, et apprendre à nous faire confiance. Et... ils étaient encore loin de pouvoir prétendre nous séparer. J'étais certes le premier à jeter de l'huile sur le feu, mais c'était dû à mon caractère impulsif, peut-être même auto-destructeur. Davos serait peut-être perdu sans moi, mais c'était réciproque. Et même, je supporterais probablement encore moins cette perte. Quelque part, cette peur me rendait plus furieux et incontrôlable encore. J'étais devenu étranger à moi-même. La transformation avait empiré, et faute de m'en rendre compte, je lisais parfaitement la frayeur que je suscitais chez Davos, dans son regard. Or, redouter une bête féroce ne la calmait pas vraiment. C'est difficile à admettre, mais sur le moment, malgré tous les sentiments négatifs qui m'animaient, j'étais aussi satisfait d'avoir le dessus sur lui, et d'imposer une intimidation, sinon le respect. Il allait ainsi bien devoir me dire la vérité. Et il ne tiendrait qu'à moi de décider quel serait son châtiment, pour simplement payer, ou se racheter auprès de moi. En tout cas, cela lui couperait l'envie de recommencer à aller voir ailleurs. Je le regardai lever les mains, pour me montrer qu'il ne me voulait pas de mal. Puis il prit la parole.

« Rafael...je te jure que je ne sais pas qui il est et que c'était pas moi. Je sais que je peux pas te le prouver, si mon état amoché suffit pas, mais j'ai jamais embrassé un autre homme et j'en aurai jamais envie. T'es le seul. Le seul. »

Mon regard se fit plus dur et suspicieux, puisqu'il maintenait cette version à dormir debout. Et en même temps, cette persévérance ne pouvait que mettre le doute dans mon esprit. Il était blessé, c'était vrai. Je reniflai son col un instant, afin de tenter d'identifier les endroits ou les personnes qu'il avait fréquentés, dans la journée. Ses dernières paroles étaient certes émouvantes, à condition d'être vraies.
Certes, je réfléchissais, mais il faut croire que je ne mesurais pas assez ma force. J'étais ni plus ni moins en train de continuer à l'étrangler, sans m'en rendre véritablement compte. Davos tenait évidemment à survivre, et me donna un coup, en pleine face. Je reculai, en le lâchant, et non sans pousser un grognement. Le marin s'éloigna alors, avant de faire surgir de nouveau une prison de glace. Un rugissement colérique plus tard, je me retrouvai prisonnier jusqu'à la taille.

« Je te jure que je dis la vérité ! Je ne t'ai trompé à personne et ne le ferai jamais ! Tu dois me croire, tu dois comprendre que Dantès est derrière tout ça, depuis un moment ! Je t'en prie ! » s'exclama-t-il.

Ses mots étaient convaincants. Il ne semblait pas mentir. Mais comment Declan pourrait-il faire une telle prouesse ? Et pourquoi continuait-il à me brutaliser, s'il était innocent ? Je tentai de me débattre, l'air plus agressif que je ne le souhaitais. Voyant que la glace n'était pas prête à céder, je m’immobilisai, la respiration rapide, posant un regard perçant sur mon interlocuteur.


Si ce que tu dis est vrai... Que s'est-il passé aujourd'hui ? Comment pourrait-il manigancer tout ça ? Et ces maudites photos, d'où viennent-elles ? demandai-je, sèchement, mais prêt à l'écouter. Et surtout, pourquoi tu m'emprisonnes ? Libère-moi ! ajoutai-je avec humeur, ne mesurant pas la gravité de ce qu'il se passait.

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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Mer 25 Nov 2015, 00:37


La situation devenait dantesque et absurde à la fois. Comment avaient-ils pu en arriver là ? Ça pouvait tenir en deux syllabes : Dantès. Mais cette fois l'ennemi avait été très convaincant, bien plus convaincant et sournois que d'autres, jouant sur différents tableaux. D'où le brasier alimenté par l'impulsion et les soupçons, aussi destructeur et ayant mené Rafael à se transformer, de manière presque inévitable. Le marin n'aurait jamais imaginé que la forme finale de son amant soit ainsi. La première fois où il l'avait vu transformé, cela était déjà impressionnant. Là, il devenait simplement terrifiant. La forme humaine et bestiale à la fois était parfaite, en équilibre : ne se dégageait qu'une impression de force sauvage, de feu indompté, et c'était loin de le rassurer. L'animal prenait le pas sur l'homme, simplement. Et il ne pouvait choisir de se calmer, d'un claquement de doigts. Face à quelque chose d'aussi terrible, de plus de deux mètres de haut, on faisait dans son froc, on fuyait, ou on se faisait bouffer. Davos essayait quelque chose qui n'était aucun des trois, et il espérait vraiment ne pas se faire dévorer, ou arracher un bras. Or, avec le regard féroce et furieux que Rafael lui adressait, c'était loin d'être gagné. Il essayait déjà de ne pas trembler, ce qui n'était pas mal, même s'il était clairement effrayant et qu'au corps à corps, il perdrait largement. Il devait se comporter avec prudence, et ce fut pourquoi il essaya d'abord de garder une attitude inoffensive, levant les mains pour l'assurer qu'il ne voulait pas le blesser, ou l'attaquer. Des premiers mots se déversèrent, des premières explications.

Mais rien qui ne parvienne à faire éteindre dans le regard de Rafael, cette suspicion brûlante. Au contraire, elle semblait même s'enraciner. Davos tâcha de ne pas frémir quand le museau renifla son col. Il ne savait pas ce qu'il cherchait : il trouverait sans doute l'odeur de Declan, l'odeur du QG des Initiés – donc les égouts. Ce n'était pas forcément pour l'arranger, mais au moins il ne puait pas la fumée, ou l'alcool. Mine de rien, c'était déjà ça. Ça aurait été déjà ça, si la bête n'était pas en train de l'étrangler. Le marin n'eut donc pas le choix, et se résigna à le frapper, pour l'obliger à le relâcher, et trouver ainsi un peu d'air. Il toussa presque, alors que Rafael grognait, mais il ne se laissa pas le temps de davantage : reculant, il activa son pouvoir pour immobiliser la bête, avant qu'elle ne lui bondisse dessus.

Et de nouveau, il se justifia : avec véhémence, espérait-il. En tout cas, il y avait encore de la colère contre Declan qui remontait, et ça se sentait dans la façon dont il se défendait, avec dégoût envers cet homme, avec colère d'avoir été usurpé. Il ne pouvait rien prouver, il ne pouvait que parler, tout en retenant son pouvoir. Pourtant, il se détestait d'infliger cela à Rafael. Oh que oui, il se haïssait. Devoir blesser celui qui était son amant était loin d'être la chose qu'il aurait voulu faire, mais il n'avait pas le choix, pour se défendre lui-même. Il était désolé et déterminé à la fois, un mélange terrible qui lui rongeait l'estomac. Enfin, Rafael – la bête – consentit à se calmer. Il ne savait pas quelle part dominait l'autre. Peut-être avait-il également peur que l'une – et pas celle qu'il préférait – ne prenne totalement le dessus. Il en aurait été pire que catastrophé.

« Si ce que tu dis est vrai...Que s'est-il passé aujourd'hui ? Comment pourrait-il manigancer tout ça ? Et ces maudites photos, d'où viennent-elles ? Et surtout, pourquoi tu m'emprisonnes ? Libère-moi ! » Le dernier grognement était plus grave encore, et étrangement, Davos aurait préféré répondre à toutes les questions, sauf celle-là.

Le marin prit une profonde inspiration, levant de nouveau doucement les mains. Il montrait qu'il n'avait pas l'intention d'augmenter l'intensité de son pouvoir. Il plongea son regard dans celui féroce de Rafael, tâchant d'être convaincant et assuré. Or, il commençait à faiblir, entre la bataille avec Declan, et celle-ci, aussi doté d'un pouvoir régénérant qu'il soit. La fatigue tant physique que nerveuse, commençait à pointer. Il se rapprocha d'un pas, tâchant de regagner l'apaisement dont il savait tant faire preuve autrefois.

« Il peut prendre mon apparence, quel que soit le nom exact de son pouvoir. J'ai voulu aller dans le nouveau QG des Initiés...il m'a attrapé avant. Il prend ma place pour... » Le marin hésita, car certains noms n'étaient pas bons à être prononcés, quand c'était simplement Rafael, alors en bête...  « Pour essayer de tuer Stannis. Pour venger sa femme. Nous nous sommes battus, mais il avait mes pouvoirs. J'ai réussi à l'emprisonner dans un labyrinthe de glace, qu'il a retourné contre moi. Ainsi qu'un pic de glace. » La blessure était encore assez vivace pour lui octroyer une bonne dose de douleur. L'air de Davos devint plus sombre, cette fois. « Je suppose qu'il a profité du temps que j'ai mis à me libérer pour faire ses photos... et te monter contre moi. »

Il hésita, s'arrêtant un instant. La suite lui faisait honte, plus que la bataille qu'il avait perdue, plus que d'avoir été pris au piège par ses propres pouvoirs. Il s'en voulait profondément, tout en sachant qu'il ne voulait juste pas être décapité d'un coup de griffe. Mais cela revenait à dire qu'il avait peur de son propre amant, tout d'un coup. Peur de sa puissance, de ce qu'il était capable de faire. Peur de lui, simplement. Il était plus que gêné, il se sentait liquéfié. Abattu. Ils essayaient tous de les dresser l'un contre l'autre, et ils mettaient cette fois un obstacle de taille, surtout si...si jamais Rafael ne parvenait pas à redevenir humain. Et ça, ce n'était pas une peur : c'était une hantise. Le marin releva finalement les yeux vers Rafael, son regard argenté étant plus triste et plus sombre que d'ordinaire.

« Tu étais en train de m'étrangler et tu pourrais...tu pourrais me tuer d'un seul geste. Je te demande pardon...tu me fais peur, » murmura-t-il, se haïssant de prononcer ces mots. « Dis-moi que ce n'est pas...ce n'est pas définitif, pas vrai ? Ton apparence est bien plus animale et plus terrible que face à Floria. »

La différence était saisissante et impossible à ignorer. Loin d'être un chat-garou, c'était un véritable lion, un lion humanoïde. Comme sorti du conte de la Belle et la Bête, en moins charmant peut-être. Et Davos n'était pas de taille, face à une telle force de la nature.


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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Sam 09 Jan 2016, 15:14

Je suppose qu'être sous cette forme, revenait au même qu'être constamment en colère. Quelque peu aveuglé, je n'avais pas une perception juste de ce qu'il se passait, et je peinais à me maîtriser, ou à me remettre en question. Davos n'y était certes pour rien, mais son attitude fuyante, provoquée par la peur, m'énervait encore plus. Mais avait-il peur de ce que j'étais devenu et risquais de lui faire, ou bien de ce que je risquais de demeurer ? En temps normal, ce que je venais d'apprendre m'aurait de toute façon fait sortir de mes gonds. Là, les instincts primaires – et mauvais – étaient nettement dominants. Je n'avais même pas conscience que ce que m'avait fait subir Arlathan, s'était aggravé. Suspicieux, je n'hésitais pas à tenter de percevoir ses émotions, ou d'identifier les senteurs qui émanaient de lui. Il était vrai que je ne sentais rien de relatif au divertissement, à la débauche, ou à l'érotisme. Davos semblait avoir passé un mauvais moment, dans un endroit sordide. L'odeur du sang séché prédominait. Je ne sentais malheureusement pas l'odeur de Declan, qui avait, à ce moment-là, l'apparence de Seaworth.
Je ne pus de toute façon pas mener mes investigations plus loin, puisque Davos veilla à retrouver sa liberté, et une certaine distance de sécurité, en m'immobilisant avec ses capacités de glace. Cette prison éphémère ne contribuait assurément pas à me calmer. Seaworth ne céda pas, mais du moins tâcha-t-il de gagner une attitude à la fois plus assurée et plus rassurante. Ainsi, il voulait seulement être entendu.

« Il peut prendre mon apparence, quel que soit le nom exact de son pouvoir. J'ai voulu aller dans le nouveau QG des Initiés...il m'a attrapé avant. Il prend ma place pour... Pour essayer de tuer Stannis. Pour venger sa femme. Nous nous sommes battus, mais il avait mes pouvoirs. J'ai réussi à l'emprisonner dans un labyrinthe de glace, qu'il a retourné contre moi. Ainsi qu'un pic de glace. Je suppose qu'il a profité du temps que j'ai mis à me libérer pour faire ses photos... et te monter contre moi. » expliqua-t-il.

Je ne masquai pas ma surprise, tandis qu'il me faisait part des talents insoupçonnés de Declan. J'émis quelques grognements, en apprenant que Davos était bel et bien retourné voir les Initiés, malgré mes conseils, et son message laissé au matin. J'eus sans doute l'air encore plus mécontent en entendant le nom de Stannis. C'était ni plus ni moins une pulsion, faite de jalousie et de rancune. Malgré tout, ma raison tentait d'assimiler tout ce qu'il me racontait sur Declan et Stannis. C'était trop extraordinaire pour être un mensonge. J'étais inquiet, bien sûr, d'apprendre que Davos avait été blessé. Envers et contre tout, je ne voulais pas qu'il lui arrive malheur. Je me sentais à la fois en colère contre moi-même, et contre Declan, d'être tombé dans un tel piège. Voyez dans quel état je m'étais mis. Qu'est-ce que Davos devait penser de moi ?


Tu aurais dû me prévenir au lieu de partir comme un voleur ! … Que va-t-il se passer maintenant ? demandai-je.

Ma réponse était concise, mais il avait de toute façon sans doute pu percevoir tout ce que j'avais ressenti, simplement en m'observant. Je craignais par dessus tout que Davos se mette en tête de protéger Stannis, alors que celui-ci l'avait rejeté, et que cela pourrait mettre la vie de mon fiancé en danger. Je ne voulais pas le perdre. Déjà, humain, d'aucuns pouvaient ma qualifier de drama queen ; mais dans ce cas de figure, j'avais l'impression d'éprouver des émotions diverses, en même temps, et toutes plus impérieuses les unes que les autres. Il était difficile de raisonner clairement, ou de s'apaiser. Je commençai toutefois à regarder Davos, avec plus de culpabilité qu'autre chose. Voir l'argent du regard de mon interlocuteur, si sombre, était également éprouvant.

« Tu étais en train de m'étrangler et tu pourrais...tu pourrais me tuer d'un seul geste. Je te demande pardon...tu me fais peur. Dis-moi que ce n'est pas...ce n'est pas définitif, pas vrai ? Ton apparence est bien plus animale et plus terrible que face à Floria. » confia-t-il alors.

Il ne fallut que ces mots, pour me rappeler mes priorités, et me faire réaliser tout ce que je venais d'accomplir. Je ne me contentai pas d'être un mauvais amant, je mettais même son existence en danger. Quand il admit avoir peur de moi, ce fut comme un coup de fouet. Malgré les actes sombres que j'étais capable de commettre, cela était une hantise pour moi. Je ne voulais pas que Davos me rejetât lui aussi, même si c'était inconscient. Je ne voulais pas effacer la lumière qui émanait de lui. Le vent de panique se transforma en tempête lorsqu'il mentionna l'hypothèse que cette transformation fût irréversible. Si tel était le cas, vivre s'avérerait difficile, et vivre avec Davos, impossible.
Une fois ses dernières paroles prononcées, sans bouger, je tournai le regard vers un miroir, qui était à portée. Ce que j'aperçus dépassa tout ce que j'avais imaginé. Il n'y avait plus rien de moi. Ce n'était qu'un animal. J'eus un geste de recul – non, de dégoût -, qui fut vite arrêté par la glace dont j'étais prisonnier. Au moins étais-je assez "assommé" pour me calmer.


Je suis désolé, dis-je, accablé. Je fais de ta vie un enfer. Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas, conclus-je, bien incapable en ce moment précis, de redevenir normal.

Je tentai de me libérer une fois encore, avec certes moins d'agressivité. Mais la glace m'emprisonnait fermement, jusqu'à la taille. Et pourtant, je n'avais qu'une envie : consumé par la honte de ce que je lui avais dit, fait, et de ce que j'étais, je voulais juste fuir son regard, et m'en aller.


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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Mar 09 Fév 2016, 20:59


Ce qui le préoccupait principalement, à cet instant, était bel et bien que son fiancé ne puisse redevenir humain. Il ne savait pas ce que serait sa réaction, en ce cas précis, ou bien même comment ils arriveraient à faire face ou outrepasser cela. Si du moins c'était possible...à cet instant, plus que jamais, le contrebandier haïssait tous ceux qui leur avaient fait du mal – Declan, Arlathan, Benedict – et qui les avaient mené d'une façon ou d'une autre à subir des pertes et des souffrances. Mais il ne pouvait pas laisser la haine ou la colère prendre le dessus ; pas comme ça, pas là, au moment où Rafael avait le plus besoin de lui. Si toutefois il pouvait encore l'aider. Le rythme cardiaque de Davos s'apaisait, mais il restait tout de même tendu et sur ses gardes. La tristesse de son regard se disputait à une lueur inquisitrice qui cherchait à trouver une solution. Car il y en avait forcément une, après tout. Si cela pouvait le soulager un petit peu, il aurait été rassuré d'apprendre qu'aucune odeur émanant de lui ne donnait davantage envie à Rafael de le dévorer. Tout Externel qu'il était, il n'aurait pas vraiment pu lutter, ou y survivre. Ces crocs devaient déchirer mieux que la plus aiguisée des lames.

Si la prison temporaire de glace le rassurait, il se sentait également coupable d'avoir recours à une telle extrémité envers la personne qu'il aimait le plus, car cela signifiait un manque de confiance, mais pouvait-on vraiment le blâmer vu les circonstances ? Cela lui permettait cependant de pouvoir parler plus calmement et sans se demander si sa gorge n'allait pas finir tranchée d'une seconde à l'autre. Il expliqua aussi clairement que possible ce qui était arrivé avec Declan. A ce récit, il avait encore le sang qui bouillonnait dans ses veines, et son visage, à l'instar de sa voix, s'animaient d'une certaine fureur que nul n'aurait pu nier. Il haïssait Dantès de tout son être après tout, tant par la raison que par un instinct viscéral. C'était probablement la première fois qu'il y était confronté. Le marin eut un regain d'espoir en voyant que Rafael, en dépit de son air mécontent quand il mentionna Stannis, avait soudain l'air plus inquiet que furieux. Malgré tout, c'était un entrelacs de bien des émotions qui passaient sur son visage : colère, préoccupation, rancune, stupéfaction aussi. Mais il aurait voulu dire que rien de tout cela n'était réellement leur faute : il y avait tant de manipulateurs de l'ombre autour d'eux, après tout.

Il se contenta de hausser les épaules, au reproche de Roxas. Qu'aurait-il pu dire ?

« Tu sais aussi bien que moi pourquoi je n'en ai pas parlé. Tu m'en aurais empêché. » Il eut un soupir. Certes, l'idée avait été très mauvaise, et il l'avait même plutôt bien payée. Il préférait ne pas insister, Rafael ayant de toute façon raison sur ce point. « Je l'ignore. Je ne dois plus essayer de retourner chez eux. Il faudrait prévenir quelqu'un chez les Initiés malgré tout...mais pour l'instant, pour nous deux, il vaut mieux qu'on se tienne à l'écart de cette pourri...de cet homme et de tout ce qui l'entoure. »

Il y rechignait clairement, ça lui faisait même mal au ventre d'avouer ça, sans oublier ce sentiment d'impuissance frustrant : mais s'il s'approchait à nouveau du cercle des Initiés, Rafael ou lui en subiraient des conséquences graves. Et il refusait que quoique ce soit arrive à Rafael. C'était une des choses dont il était profondément sûr, même au milieu de la douleur et des doutes. Mais renonce rà cela, c'était déjà admettre qu'il était vaincu, et l'argent de ses yeux s'assombrit plus encore, alors que son visage se fermait. Rafael également se terrait vers des sentiments plus sombres : il croyait voir quelque once de culpabilité lui traverser le regard, ce qui était la seule chose encore humaine chez lui. L'ancien contrebandier en eut un sursaut profond de colère et de regret. Tout comme il se sentait mal et coupable aussi, de prononcer des mots aussi durs et qui reflétaient pourtant la vérité. Il n'avait jamais été réellement confronté à des mutants pouvant se transformer en animal, et il réalisait à quel point il était périlleux et difficile de leur faire face. Il imaginait – et voyait – très bien Rafael qui devait être déchiré entre la raison et l'instinct : il devait prier que les sentiments permettant à la première de dominer, ou il ne ferait pas de vieux os.

Avec désolation, le marin observa le regard dans le miroir que Rafael se lançait, et l'expression de dégoût, de noirceur, qui le traversa. Le geste fut également équivoque. L'ancien contrebandier eut un geste pour avancer vers lui, avant de se contraindre à s'immobiliser. Pouvait-il lui faire confiance si vite, après qu'il ait été aussi orageux quelques minutes auparavant ? Les excuses de Rafael lui firent comprendre qu'au moins, il devait s'y risquer.

« Je suis désolé. Je fais de ta vie un enfer. Je ne sais pas, je ne sais vraiment pas. »

Ce fut de nouveau une vague de tristesse et de désarroi qui traversa le cœur de Davos. Entendre de tels mots était simplement déchirant, et sa réaction ne se fit guère attendre, alors qu'il s'avançait d'un pas plus ferme vers Rafael, plus décidé – mais toujours prudent.

« Ne dis pas de choses pareilles. Tu ne fais pas de ma vie un enfer. L'enfer, on le doit à des salauds, et tu n'en es pas responsable, tu entends ?! »

Il hésita, encore quelques secondes. Mais un geste de main suffit à faire fondre, puis évaporer la glace. Peut-être allait-il le payer très cher, d'une seconde à l'autre, mais il se refusait à l'emprisonner plus longtemps comme un vulgaire animal, et il sentait que c'était aussi une partie de ce traitement qui créait cette situation. Il devait lui faire confiance, même s'il avait la moitié de ses tripes qui lui disait de faire gaffe. Il vit aussi, trop bien, le regard de Rafael qui allait vers la porte, comme un échappatoire d'espérance.

« Non, certainement pas ! Tu vas rester ici ! Tu es chez toi, Rafael, et je refuse que tu partes comme un voleur ou un traître ! Ce n'est plus toi, ça, désormais ! Et ce qui arrive, on l'affrontera ensemble, tiens-le toi dit une fois pour toutes ! »


D'aucuns le traiteraient de pur naïf ou de fou, ce n'était peut-être pas faux, mais au moins il essayait autant qu'il pouvait. Certains ne pouvaient en dire autant. Ses pas l'avaient mené auprès de son amant, et il dut évidemment relever la tête pour le regarder dans les yeux. Avec aussi peu de distance, il suffisait d'un simple coup de griffe pour faire de sérieux dégâts, mais il prenait le risque. Pas d'autre choix. C'était peut-être même un des seuls moyens pour que Roxas redevienne humain. Sa main effleura l'une des pattes, mais il n'osa pas le toucher davantage, le cœur battant, et les nerfs tendus.

« Tu dois te calmer. Penser aux sensations humaines que tu aimes. Tu peux te transformer, et revenir, tu en as la volonté, c'est une mutation, pas un sortilège ! »


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MessageSujet: Re: Après le calme vient la tempête | Seaworth Mer 10 Fév 2016, 16:02

Je connaissais suffisamment Davos pour me douter de la nature de ses inquiétudes. J'avais honte de ce que je représentais, évidemment, et imaginer que la situation pût rester ainsi, me donnait des frissons. Jamais je ne pourrais continuer à vivre normalement, en société, et surtout avec lui. Quoiqu'on en disait, l'amour avait des limites. Mieux valait mourir que mener ce genre d'existence, surtout si je commençais à perdre l'esprit. Le regard de mon compagnon était assez révélateur de ses émotions, pour que je puisse y distinguer deux forces en conflit. Une part de lui était abattue, mais l'autre refusait de plier l'échine. Existait-il seulement une solution définitive à nos problèmes ?
Le froid continuait à me paralyser, et je commençai d'ailleurs à sérieusement frissonner. Je tâchai de contrôler l'élan de rage qui semblait bouillonner dans mes entrailles, et ne demander qu'à être expulsé. D'une certaine façon, les angoisses m'aidaient à me calmer un tant soit peu. Avec tout cela, je n'avais guère eu le temps de me demander ce que je pensais de l'attitude de Declan. Il paraissait évident qu'il ne pouvait plus me compter parmi ses amis. Mais pour l'heure, je restais focalisé sur la glace, et surtout le corps dont j'étais le captif.
Je me crispai, tandis qu'il admettait ne pas m'avoir prévenu, pour éviter que je l'empêche d'agir. Un grondement s'était peut-être même échappé. Il n'avait voulu en faire qu'à sa tête, méprisant mon avis, ou l'inquiétude que je pourrai éprouver. Je préférai ne rien dire, au risque d'éclater de colère. De toute façon, il fallait espérer que tout ce qu'il s'était passé, me donnait suffisamment raison, pour lui servir de leçon.

« Je l'ignore. Je ne dois plus essayer de retourner chez eux. Il faudrait prévenir quelqu'un chez les Initiés malgré tout...mais pour l'instant, pour nous deux, il vaut mieux qu'on se tienne à l'écart de cette pourri...de cet homme et de tout ce qui l'entoure. » dit-il.


Il t'a menacé, n'est-ce pas ? Tu ne diras rien aux Initiés, ordonnai-je, jugeant qu'on avait déjà assez de problèmes, par leur faute, mais évidemment, il me fallait donner une autre raison à Davos. Si tu parles, nous ignorons ce qu'il serait capable de faire ! Réfléchis. Comment pourrait-il tuer un immortel ? Et pourquoi diable Stannis te croirait-il, toi, plutôt que lui ? Je te rappelle qu'il t'a exilé et n'a plus confiance en toi. De toute façon, si tu ne m'écoutes pas, une fois de plus, je ne répondrai plus de rien, conclus-je, sèchement.

Constamment, je basculai entre la colère et la tristesse. J'étais d'un naturel contradictoire, mais le conflit était d'autant pire, maintenant que Arlathan m'avait condamné à cette dualité physique. Je regardai Davos avec une once de honte, tandis qu'il avançait vers moi.

« Ne dis pas de choses pareilles. Tu ne fais pas de ma vie un enfer. L'enfer, on le doit à des salauds, et tu n'en es pas responsable, tu entends ?! » s'exclama-t-il.

Il semblait croire à ses paroles, mais étaient-elles vraies, pour autant, et pouvais-je y adhérer ? Ne disait-on pas que l'on récoltait ce que l'on semait ? La vie de Davos n'était-elle pas beaucoup plus simple, avant que je n'arrive dans cette maison, blessé ? Si, assurément. Elle devait être également plus triste, moins passionnée, mais le jeu en valait-il la chandelle ? Je savais que je ne voulais pas le perdre, mais il aurait été inhumain de ne pas avoir ces doutes, de temps à autres. Mon silence fut donc révélateur. Je parus quelque peu surpris, voyant qu'il me libérait. N'avait-il donc pas peur de moi ?

« Tu vas rester ici ! Tu es chez toi, Rafael, et je refuse que tu partes comme un voleur ou un traître ! Ce n'est plus toi, ça, désormais ! Et ce qui arrive, on l'affrontera ensemble, tiens-le toi dit une fois pour toutes ! » insista-t-il, comme s'il lisait mes pensées.

Chez moi ? Réellement ? J'avais l'impression d'être une pièce rapportée. Voilà longtemps que je n'avais pas eu de « chez moi ». Beaucoup n'hésiteraient pas à dire que j'étais effectivement un voleur de joie, et un traître dans l'âme. Mais Davos avait toujours voulu voir autre chose. Voyait-il plus clair que les autres, et avait-il raison de me tirer vers le haut, ou était-il seulement un pauvre fou, aveuglé par ses sentiments ? Il me faisait penser à ce chrétien, dans Les Misérables, qui rachetait l'âme de Valjean, au Malin. Cela fonctionnait dans la fiction, mais force était de constater que je n'avais rien d'un Jean Valjean. J'essayais de m'améliorer, mais au fond, était-il de bon ton de jouer la comédie ? Ne disait-on pas que le naturel revenait toujours au galop ? Davos disait ne pas avoir la foi. D'ailleurs, il se montrait railleur à l'égard des religions. Et pourtant, il paraissait plus déterminé et espérant que n'importe quel croyant. Il n'imaginait plus un futur où nous étions séparés, et dans lequel je le décevais. A ses risques, et périls. Je baissai les yeux un instant, puis il s'approcha de nouveau, osant même frôler ma main, si du moins on pouvait l'appeler comme telle.

« Tu dois te calmer. Penser aux sensations humaines que tu aimes. Tu peux te transformer, et revenir, tu en as la volonté, c'est une mutation, pas un sortilège ! » s'exclama-t-il.


Tu parles comme si tu étais omniscient et connaissais l'avenir, rétorquai-je, le regard ironique. Tu ne sais rien. Et si je demeurais ainsi, que ferais-tu ? Serais-tu capable de continuer à vouloir me sculpter à ton image, comme une pierre brute ? ajoutai-je, en me montrant un peu plus menaçant.

J'ignorai pourquoi je n'étais capable que de voir le mal dans les espoirs qu'il fondait en moi, mais je n'appréciais guère qu'il tînt tant de choses, pour acquises. C'était effrayant, d'une certaine façon, surtout au cours d'une situation où tout était remis en question. Je savais que je devais me calmer, et renoncer à cette folie, car je l'aimais et lui faisais éperdument confiance, mais une fois de plus, mes choix furent contradictoires.


Tu n'en as pas assez de risquer ta vie pour un homme totalement ingrat ? ajoutai-je, redevenant furieux, seul, en pensant à Zexion. Quand est-ce que tu ouvriras les yeux ? Dès le moment où ton Stannis apprendra pour nous deux, il exigera que tu me quittes, ou il prendra ses propres mesures ! Et alors qui choisiras-tu ? demandai-je, en m'approchant de lui, comme un oiseau de proie. Tu es encore plus fou que tu le parais, si tu crois qu'il tolérera un compromis. S'il te demande de choisir entre lui et moi, que feras-tu ? insistai-je, hors de moi, extériorisant une hantise qui me préoccupait depuis longtemps.

Machinalement, j'avais empoigné son col, au point de presque le soulever du sol.


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