XMH : The After Years
 
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[CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand

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Identité : Nikolas Cnossos
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MessageSujet: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Lun 03 Aoû 2015, 16:52

Car l’esprit domine la matière.

La Villa « Sofia » se situait loin du centre-ville de New York. À près de 80 kilomètres de la moindre banlieue américaine, elle rayonnait de par son luxe et son élégance, sur une propriété de prés de 58 hectares. La construction de la demeure avait demandé quatre années de travaux ininterrompus. Ainsi que des sommes astronomiques, tant pour la splendeur des matériaux, que pour leur acheminement. Pierres de Toscane, marbre blanc importé de Botticino, bois de Sicile, draperie de Florence, ce n’était que beauté.
L’entretien de cet endroit réclamait le travail d’une trentaine d’employés. Cela sans compter le personnel embauché en extra lorsque la dame décidait d’organiser une soirée. Le couple y séjournait dès qu’ils venaient en Amérique. Plusieurs avocats, diplomates, et écrivains étaient déjà venus saluer les nobles. La plupart étant des relations formées au cours des quarante dernières années.
Le soir du jeudi, un dîner se préparait en comité très restreint. La maîtresse de l’endroit avait donné des ordres stricts. L’homme de main personnel de la dame alla chercher l’invité de marque, en voiture, pour l’amener en ses terres. Les notes de Puccini étaient portées par l’air, quand une domestique vint annoncer l’arrivée des deux hommes.
Nikolas reposa quelques pots sur l’établi et rabattit les deux portes du buffet, afin d’en protéger le contenu. Une délicate clé d’argent acheva d’en protéger les sombres secrets. Elle glissa la chaîne autour de sa gorge, puis se dirigea vers l’entrée.
- Faites prévenir Monsieur. Nous débuterons au salon Crépuscule. Elle inspecta son apparence dans le miroir. Boucles parfaites, rouge à lèvres parfait, tailleur, parfait, un résultat harmonieux. Le rouge cardinal allait à son teint, de même que la forme, à sa silhouette.
Le salon donnait sur un jardin extérieur. La lumière tamisée s’accordait avec les senteurs florales. Le jeune homme fut bientôt sur le seuil de la Villa. La Duchesse l’y cueillit avec un sourire. Elle le détailla.
Herr Feurebach, c’est un plaisir de vous rencontrer, enfin. Venez, profitons de la douceur estivale. Une table avait été dressée pour partager un premier vers devant le coucher du soleil. Nikolas surveilla son personnel d’un œil attentif, veillant au bon traitement du génie. Elle s’installa près de lui, face au jardin, pendant que Maurice leur servit le premier vin. Un Nackenheim. 1989. J’ai foi, à ce qu’un homme de votre talent connaisse le goût des bonnes choses. La bouteille était belle, marquée du Rhin, achetée dans l’un des meilleurs vignobles allemands. Une belle façon de faire honneur aux origines du jeune homme.
Une fois seule la Nature imposa des bruits épars. La brise soufflait calme et reposante.
J’ai toujours apprécié d’observer le soleil décliner. C’est un peu comme si, le monde succombait chaque soir, pour mieux renaître chaque matin. Partagea-t-elle en contemplant le ciel rouge.

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Identité : Alexander Feuerbach
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MessageSujet: Re: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Mar 04 Aoû 2015, 22:28

    Une douce musique aux accents de quatuor à cordes raisonnait dans l'appartement monumental. Hayden en avait déduit que son employeur se trouvait dans le salon de la bibliothèque. Elle avait parfaitement su cacher sa surprise lorsqu'un coursier était venu, un peu plus tôt, déposer un billet cacheté. Elle avait reçu la consigne de le remettre en main propre à Mr. Feuerbach, sans avoir le droit de l'ouvrir elle-même. C'est avec un sourire affable qu'elle s'était docilement exécutée. Comme elle le faisait pour tout courrier destiné à Alexander elle avait placé la lettre sous une lampe UV pour quelques secondes, simple mesure protocolaire.
    Elle remontait maintenant le couloir menant à la bibliothèque et entra dans la pièce comme sur la pointe des pieds. Un mince sourire s'étira sur les lèvres d'Alexander sans qu'elle ne pu le voir. Elle avait probablement dû mettre des talons et faisait bien attention à ne pas les faire claquer sur le parquet parfaitement ciré. La jeune femme était de ces rares personnes qui n'avaient pas besoin de se faire annoncer auprès de lui pour être reçues. Elle jeta un coup d’œil à l'antique platine qui accentuait de sa netteté sonore la beauté de la musique qui emplissait la pièce. Si elle n'avait pas la moindre idée de ce que son employeur était en train d'écouter, lui connaissait parfaitement chaque notes, chaque voix, chaque harmonie, jusqu'au moindre silence, à la moindre respiration. Elle son regard balaya ensuite la pièce. Quelques livres anciens étaient ouverts sur la table ovale de merisier qui trônait au centre de la pièce, Alexander avait abandonné son fauteuil un peu plus loin et un ordinateur portable ronronnait sur la table basse. Elle le trouva finalement, encore en pyjama de soie, allongé sur un large sofa de cuir. Il était certes déjà neuf heures bien sonnées, mais notre jeune homme était rentré au point du jour d'une soirée de gala et les lendemains de gala, notre génie s'offrait, en récompense de cette sociabilité forcée, le plaisir de flâner.
    Elle déposa près de lui la missive qui lui avait été confiée. Il prit l'enveloppe dans un froncement de sourcil avant de lever les yeux vers son assistante. Celle-ci répondit à sa question muette d'un hochement négatif du chef. Il la remercia en silence avant qu'elle ne quitte la pièce sans qu'aucune parole ne se soit échangée.
    Alexander tenait le billet du bout de ses doigts fins, il le fit tourner plusieurs fois sur lui-même pour en voir tous les côtés, tous les aspects. Il étudia l'écriture manuscrite avec attention, huma le courrier pour en inscrire son odeur dans un coin de sa mémoire, fit rouler le grain du papier sous la pulpe de ses doigts. Ce bout de papier légèrement cartonné avait réussi à attiser sa curiosité. Il ne douta pas un instant que cette lettre n'eut d'ailleurs d'autre but. Il l'ouvrit avec des gestes doux et lents, très mesurés avant d'en lire son contenu. Dans sa substance, quelques phrases d'une concision d'autant plus intrigante, qui l'invitait à un dîner. Dans son essence, une petite énigme qu'il ne tarderait à résoudre.

    Le jeudi suivant, à vingts heures tapantes, une voiture vint le chercher comme convenu. Sans un mot, il s'engouffra dans le spacieux véhicule à l'aide de son garde de corps, prénommé Lars, qui ne le lâcherait pas d'une semelle. Déjà la voiture de luxe quittait le centre de Manhattan, glissant avec aisance dans un trafic heureusement fluide avant de rejoindre l'autoroute pour sortir de la ville. Alexander, confortablement installé, se laissait entièrement porté. Il n'aurait assurément pas été aussi détendu s'il n'avait eu une petite idée d'où ils se rendaient. Certes sa curiosité en était d'autant plus piquée et il observait, pensif, le paysage qui défilait par les vitres fumées.
    L'invitation émanait de Nikolas Lampeduza. Ce nom n'était pas inconnu d'Alexander, sa réputation, notamment celle de généreuse mécène, précédait cette femme de caractère. Rentière sortie de nulle part, elle avait elle-même fait sa fortune grâce à de très bons placements financiers et à un mariage réussi avec un duc sicilien -dont les affaires de ce dernier n'étaient d'ailleurs pas étrangères à notre homme. Sa vie publique était étincelante, on retrouvait aisément de nombreuses photos « people » où la dame, une belle femme d'âge mûre, posait à l'occasion de galas de donations et autres événements culturels. Elle et son mari vivaient principalement en Italie mais s'étaient fait construire un petit joyau d'architecture contemporaine pour leur séjour sur le nouveau continent. Rien de très intéressant en somme. Mais Alexander ne s'était pas gardé de chercher à en savoir plus sur son hôte mystérieuse et ce qu'il avait apprit l'avait décidé à accepter cette invitation toute particulière.
    La campagne et la vie sauvage dominaient maintenant les alentours, la voiture ralentit doucement avant de s'engager sur le chemin de la propriété gigantesque. Alexander s'émerveillait rarement, mais il fallait admettre qu'il apprécia le bon goût qui dominait l'ensemble. La voiture s'arrêta dans une cours magnifiquement entretenue. On vint lui ouvrir la portière et Alexander s’extirpa du véhicule pour venir se placer dans son fauteuil. Il aurait voulu pouvoir se déplacer sur ses deux jambes, mais depuis quelques temps, le moindre pas lui demandait un effort considérable. Il lissa son costume trois pièces d'un bleu canard qui ne sied qu'aux jeunes excentriques mais qui avait le mérite de mettre parfaitement en valeur son teint clair et la profondeur de son regard. Lars le suivait de près.
    L’atmosphère ici n'était comparable à celle de la ville. Une douceur de vivre régnait dans l'air, les arômes qui embaumaient l'air donnaient cette envie de respirer à pleins poumons, la luminosité et la température étaient parfaites. La maîtresse des lieux l'attendait sur le pas de la porte. Elle rayonnait. Tout dans son attitude montrait qu'elle aimait porter une attention particulière sur tous les détails de son allure. Elle l'accueillit avec le sourire, il n'avait plus l'habitude de s'entendre appeler « Herr » dans ces contrées outre-atlantique. Alexander répondit à son hospitalité par un sourire courtois avant de répondre avec la politesse nécessaire à ce genre de moment accompagné d'un hochement respectueux du chef :
    -Le plaisir est pour moi, avec un sourire tacite, il ajouta. Je vous prie de m'excuser de ne pouvoir me lever pour vous saluer.
    Il la suivit dans un salon dont les larges baies ouvraient sur un couché de soleil rougeoyant. Ils s'installèrent et déjà commençait le ballet du personnel de la maison. Il était simple de juger une personne sur la façon dont était organisée et fonctionnait la maisonnée. Il était resté silencieux alors qu'on leur servit un premier vin. Tandis que son hôte lui présentait, il reconnaissait à sa robe dorée le nectar en question. L'attention était des plus flatteuse. Il respira le continu de son large verre avant d'y faire tourner le liquide, observant la façon qu'il avait de s'accrocher sur les parois transparentes. Il huma à nouveau le verre tout en prenant sa première gorgée. La température était parfaite pour apprécier un vin d'une telle qualité. Il le fit tourner plusieurs fois en bouche pour y déceler un maximum de saveur. L'expérience était incomparable.
    -Pulpeux, avec une légère acidité minérale au premier abord, fraîcheur des fruits tropicaux et de la tangerine, pour finir sur une note plus fleurie de miel... un fin sourire s'étend sur ses lèvres, c'est un Reisling Trockenbeerenauslese à n'en pas douter. Vous m'honorez.
    Le prix d'une telle cuvée affichait au minimum de trois chiffres. Il ne s'attendait pas, à travers cette bouteille, retrouver le souvenir des vignobles de son enfance. Le silence se fit alors pour quelques instants d'une perfection rare. Nikolas reprit enfin la parole et le jeune homme vint fixer son regard dans celui de la femme à ses côtés. Il ne répondit rien, ces quelques mots lui semblaient lourds de sens mais il ne releva pas, seuls ses yeux sombres parlaient. Il ne détachait son regard mais une sensation étrange s'emparait doucement de lui, comme si son esprit s'embrumait. Une gorgée de vin n'avait pu lui faire un effet aussi rapidement, y avait-elle ajouté quelque chose ? Il replongea son regard dans son verre. Il avait cette désagréable impression que son cerveau fonctionnait de plus en plus au ralentit. Il s'efforça de ne rien laisser paraître de son trouble. Pas devant cette femme.


Dernière édition par Verstand le Dim 30 Aoû 2015, 14:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Dim 30 Aoû 2015, 13:33

Car l’esprit domine la matière.

Le valet de la dame observa, avec attention, le garde du corps de l’invité procéder. Il s’abstint d’intervenir sans la réclamation express de ce dernier. Il y avait dans sa façon de faire un professionnalisme bordé de pudeur silencieuse.
- Ne vous excusez pas des choses sur lesquels vous n’avez pas encore de pouvoir Alexander. Le corrigea-t-elle calmement. La dame était d’ailleurs moins froide que d’ordinaire. Les manières polies par les années paraissaient plus décontracter. Elle n’avait néanmoins pas oublié de préparer cette entrevue dans le moindre détail. Une femme organisée et pragmatique anticipait les moindres désagréments. Nikolas ne méconnaissait pas l’infirmité. Elle restait consciente que son âge finirait par l’y mener, une fois encore. Les pièces spécialement aménagées pour permettre la circulation d’un fauteuil étaient toujours harmonieuses. Le menu longuement débattu avec le chef cuisinier promettait d’être un délice pour leurs délicates papilles.
La boisson était la première approche dans ce sens. Les deux aristocrates la découvrir avec un même plaisir. La dame écouta d’une oreille l’analyse gustative de son voisin. Elle étudia, le phrasé, le vocabulaire employé, l’usage du souffle. Elle possédait l’acuité et le sens critique d’une époque révolue. Un garçon parfaitement éduqué n’aurait pas fait autrement. Il lui remémora un souvenir en prononçant le mot Reisling. Un homme qui avait probablement attiré son attention naguère. Un mari peut-être qu’elle avait écouté parler avec la même tempérance.
Voyez cela comme ma façon de célébrer votre ascension personnelle.
La confusion du jeune homme alluma une lueur d’intelligence dans le regard de son aînée.
Ne craignez rien. Vous n’avez pas d’ennemi en ce lieu. Assura-t-elle avant de contempler le paysage à nouveau. Elle donnait à cette magie le poids d'un détail factuel. Nikolas était confiante concernant la capacité d'adaptation du genre mutant.
Les rayons crépusculaires métamorphosaient le ciel à grande vitesse. A l’autre bout du jardin, une silhouette se dessina dans le couchant. Elle était en mouvement et se rapprochait lentement de la battisse. Elle appartenait à un homme, de taille modeste, d’un âge avancé, à l’allure ténébreuse. Il avait un pantalon noir, une chemise blanche à l’échancrure prononcée, et marchait nus pieds dans l’herbe fraîche. Un irrémédiable charisme émanait de lui auquel il était impossible de résister. Il s’arrêta face aux deux buveurs, le visage serti d’un splendide sourire. Il tendit une main tacher de peinture au jeune homme.
- Bonsoir. Mr. Feurebach, c’est un plaisir de vous avoir ici. Soyez le bienvenu dans notre humble demeure. Appelez-moi Vito. J’étais curieux de voir qui pouvait bien être ce génie dont parlent mes confrères. Bien. Je vais passer une tenue plus appropriée. Le Duc s’éclipsa, emmenant dans son sillage le dénommé Maurice.
La dame attendit qu’ils soient loin pour prendre la parole.
Mon époux est un artiste. Peut-être avez-vous eu l’occasion d’admirer ses créations ? La façon de poser la question développer un sous-texte. Elle jaugeait les connaissances de son interlocuteur par un procédé fort simple. L’intermède avait apporté une touche supplémentaire de légèreté à la soirée. Les affaire ici se faisaient dans la bonne entente.
Deux hommes, évoluèrent dans le jardin pour allumer une série de lampion en papier, le long d’un fil qui encerclait la zone de verdure. Les teintes rouges irradièrent l’endroit d’une lumière fantasmagorique. La femme se mouva avec grâce pour modifié son assise. Une tactique pour soulager un dos usé.
J’ai eu connaissance de vos faits au cours de la Grande Guerre. Je dois dire que je satisfaite de voir un homme garder le sens pur des affaires. Raison pour laquelle j’envisage de devenir une de vos commanditaires. Le vin perla entre les lèvres rouges, de la vipère avec volupté. .


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MessageSujet: Re: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Mar 01 Sep 2015, 01:17

    Certaines personnes préfèrent être les instigatrices d'une invitation. Elles préfèrent, de loin, amenée à elles le monde et ses individus que l'inverse, car recevoir en sa demeure et avoir les moyens de gérer jusqu'aux moindres détails une rencontre est une forme de prise de pouvoir sous son aspect le plus dissimulé. C'est se permettre de diriger à sa guise une entrevue, une conversation, le déroulé d'une soirée, pour qu'elle prenne aux moments les plus opportuns, les tournants voulus. Dans les sphères supérieures de ce monde, et ce parfois malgré les apparences, aucune rencontre n'était banale, dénuée d'enjeux.
    Alexander était de ces personnes. Et tout comme son hôte de marque. Il fallait parfois savoir s'incliner, notamment devant un aîné, et accepter de prendre le rôle opposé de temps en temps. Ce qu'avait intelligemment su faire notre protagoniste ce soir. Refuser une telle requête aurait été très mal venu et il avait, après tout, eu ce désir de satisfaire sa curiosité qu'on avait su si bien piquer. Et si recevoir était une forme d'emprise sur la situation, n'était-ce pas également une porte à la vulnérabilité ? L'hôte, dans ses manières et sa façon de recevoir, ne dévoilait-il pas, par choix ou sans s'en rendre compte, sa personnalité ?
    Et ce soir, tout avait été organisé à la perfection, chaque détail avait été pensé et rien laissé au hasard: des manières polies de son hôte au choix du vin et probablement celui du menu, en passant par, comme il allait bientôt le constater, le timing de l'arrivée du maître de maison. Mais nous en étions pas là pour le moment.
    Alexander, d'un geste très retenu et empli d'un respect non feint, avait levé de quelques millimètres sa coupe à l'attention de son interlocutrice, accompagnant ce geste d'un léger hochement de la tête pour la remercier de ses paroles flatteuses. Cette marque d'égard ne trompait pas notre jeune homme, mais il était trop poli et fervent des usages pour avoir la grossièreté d'avoir envie de faire avancer cette audience plus rapidement que son hôte ne l'avait prévu. Car, comme nous l'avons souligné plus haut, aucune rencontre n'était anodine, et Alexander devait s'armer de patience avant d'avoir une quelconque confirmation sur ce qu'il en retournait réellement. Mais peut-être s'était-il trompé sur les raisons de cette invitation ? Il eut du moins cette vague de doute qui l'avait envahi au moment même où son esprit s'était embué. Il n'avait cependant fait aucun geste à son garde du corps pour intervenir.
    Nikolas avait, d'une façon ou d'une autre, remarqué cet infime moment de confusion chez notre jeune génie et celui-ci le déplorait. Une faiblesse qu'il n'aurait pas dû avoir. Mais les mots qu'elle eut ne le laissèrent perplexe qu'une fraction de seconde. Il n'hésita pas un instant à plonger son regard dans celui de sa mystérieuse hôte. Certes soutenir le regard de son aînée avec autant d'insistance frisait l'insolence, mais elle savait exactement ce qui était en train de se produire. Alexander pouvait même affirmer qu'elle était très familière à ce genre de situation : ce moment précis où son interlocuteur ''prenait conscience''... Elle en était, de ce fait, forcément l'auteur. Il n'en fallait pas plus à Verstand pour savoir. Ce n'était qu'une question de logique.
    Il baisa alors son regard et suivit celui de Nikolas vers le jardin, passant outre son ressenti. Il ne devait en aucun cas se laisser davantage déstabiliser, il n'était pas ce genre de personne.
    Le jour déclinait à vu d’œil dans des couleurs que seuls les impressionnistes savaient rendre justement. Le flamboiement des nuances de la palette de Claude Monet et le mouvement des coups de pinceaux d'Auguste Renoir. Sur ce nuancier incroyable se découpait une silhouette en ombre chinoise. Alexander pouvait saisir un nouveau détail de cette silhouette qui lentement se transformait en homme à mesure qu'elle s'approchait. Il détailla le nouveau venu, ne fit aucun signe d’appréciation sur la tenue... dépenaillée et serra vigoureusement et sans sourciller la main maculée de peinture qui lui était tendue, un sourire courtois illuminait même le visage du jeune homme. Après tout, il aurait été extrêmement contre-indiqué de montrer quelque forme de mépris envers cet homme qui n'était autre que le maître de maison.
    -Le plaisir est pour moi, répondit-il en guise de salutation respectueuse en inclinant le chef. Il excusa ensuite son hôte alors qu'il allait se changer.
    Son épouse eut la délicatesse d'attendre qu'il fut éloigné pour orienter la conversation vers le sujet de son mari. Pour être tout à fait honnête Alexander s'intéressait moins aux œuvres de monsieur Lampedouza qu'à ses affaires moins... artistiques et plus... illicites. Il avait cependant prit grand soin de se renseigner sur son art, avait accumulé les informations sur la galerie à son nom qui se trouvait en Italie, sur ces périodes prolixes comme celles plus creuses, sur l'évolution de ses œuvres. Il avait lu quelques critiques sur l'homme comme sur ses chefs d’œuvre et avait, bien entendu, étudié les tableaux en eux-même. Des débuts fortement marqués par le romantisme de Delacroix, le peintre avait rapidement cherché à travailler le clair-obscure dans des scènes réalistes, il ne s'en était guère dépatouillé depuis. Rien de grandiloquent, qui ne lui vaudrait assurément pas la postérité. Pour être tout à fait honnête, si la technique était maîtrisée, les toiles étaient davantage à accrocher sur un mur dans une veille demeure anglaise ou dans un manoir bavarois, que dans un musée. Il épargna évidement la maîtresse de maison de cette opinion un peu trop... décapante.
    - Je ne pourrais me venter de connaître l'entièreté de l’œuvre de votre mari, mais j'ai eu l'occasion de voir plusieurs de ces tableaux, en effet. Notamment dans sa première période. Mais je ne peux m'empêcher, en voyant sa peinture, de me demander quelle place laisse l'art contemporain, qui, lui, est en recherche constante d'’innovation, à ce réalisme d'un autre siècle. Le clair-obscure de Caravage était un bouleversement, une innovation ! Là où j'admire une technique parfaite chez monsieur Lampedouza, je regrette ce manque de... révolution. Il n'avait pas peur de la franchise. Il aurait très bien pu faire l'éloge de son époux, mais cette femme ne voulait pas qu'on la flatte, elle voulait l'honnêteté. Il lui donnait.
    Le jeune Feuerbach suivait des yeux les deux domestiques qui allumaient, lampions par lampions, la guirlande qui entourait le jardin. La chaleur réconfortante des lumières rougeoyantes donnait un air onirique à ce lieu. Ce fut Nikolas qui reprit la parole en premier.
    Alexander aimait les termes de « Grande Guerre ». Les Hommes, si férus de conflit, n'avaient pas hésité, par deux fois, à lui juxtaposer cet adjectifs, qui décrivait, certes, au mieux son ampleur, sa durée, son horreur aussi. Mais et surtout, aux oreilles d'un homme comme Alexander, lui rendait toute sa... majestés.
    La Dame avait donc eut vent de ses affaires, il ne s'en cachait pas à ceux qui avaient les moyens de les découvrir... Nikolas faisait donc, semblait-il, partie de ceux-là. Elle dévoilait enfin une partie de sa pensée, la raison de cette réunion autour d'un excellent vin, dans une propriété exquise.
    Il porta une nouvelle fois à ses lèvres son verre, imitant sa voisine. Un fin sourire s'étirait sur ses lèvres pâles, une lueur qui se voulait parfaitement ingénu éclaira son œil. Il répondit de ce ton dont l'innocence même voulait révéler son double sens :
    -Et que pourrait-je faire pour obliger une femme telle que vous ? Il laissa planer un instant le silence avant de reprendre avec un ton respectueux mais détaché. Je doute que des placements, même judicieux, proposés par la Feuerbach Investments soit la raison de tout ceci. D'un geste vague de la main, il encercla la tablé, la propriété et tout le faste déployé pour l'accueillir. On vous connaît d'ailleurs davantage pour votre mécénat d'art que pour vos placements financiers... n'est-ce pas ? Il appuya légèrement sur cette dernière question rhétorique.
    Elle n'avait attendu le repas pour mettre le sujet sur la table, et bien soit, il s’acclimaterait. Mais, même s'il n'avait aucun doute sur ce qu'elle voulait maintenant précisément de lui, il faudrait qu'elle soit plus précise, beaucoup plus précise. Alexander pouvait subvenir à toute sorte de demandes, matériels ou services d'ailleurs. Mais à peine une heure s'était écoulée depuis son arrivée, pour sa sécurité plus que pour celle de son hôte, il avait besoin de s'assurer de derrière cette dame raffinée et pleine d'assurance, il y avait une personne de confiance.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Lun 21 Sep 2015, 14:05

Car l’esprit domine la matière.

Le vieux noble détailla le sourire de son invité et l’air amusé quitta la pièce. Il paraissait aussi impénétrable que la femme qu’il avait choisie pour épouse. Tous deux étaient étrangement assortis. Leurs différences portaient un éclairage curieux sur chacun d’eux.
La critique du jeune allemand fut écoutée avec la plus grande attention. Elle était prise, avec le même sérieux que le serait celle d’un expert en histoire de l’art. Elle n’était qu’un moyen de plus de cerner la personnalité d’un futur contractant. La tournure de certaines phrases tira néanmoins un sourire sur les lèvres de la Duchesse. Le regard porté sur l’œuvre de l’artiste ne parut, ni lui déplaire, ni la surprendre. Elle se contenta d’abord, de glisser une remarque factuelle, pour éviter une injustice.
- La révolution il la faite avec ses poings. Dans une Italie survoltée. Précisa-t-elle, sans pour autant aller jusqu’à donner le nom du dictateur invoqué.
Vito Lampeduza avait l’apparence d’un sexagénaire en bonne santé. Il n’était pas impossible, de lui donner encore dix ans de moins, lorsqu’il jouait de son reflet. Le fascisme était donc normalement pour lui une donnée historique. D’ailleurs, le couple n’avait jamais annoncé leur couleur politique. Ils ne soutenaient aucun candidat, aucune campagne, comme si cela ne les intéressait pas. Ils n’avaient pas non plus laissé de trace dans le crépuscule du XIX siècle.
Vous trouvez donc ces tableaux fades. Vous n’êtes pas le premier. Je ne peux moi-même tout à fait vous contredire. Son style vient d’un temps révolu. Qui n’a pas connu la Belle Époque ne peut saisir toute la beauté de sa nostalgie. Peut-être serez-vous surpris par sa prochaine exposition. Une ouverture, qui prononcée ainsi servit également d’indicateur pour Maurice. L’homme hocha imperceptiblement de la tête pour signifiée sa compréhension.
Bien sur. Lui concéda-t-elle d’une délicate inclinaison du menton. Il est aisé d’y observer les tribulations et les doutes d’une civilisation. Et par la même de savoir comme la guider. La femme posa le verre vide sur la table devant elle. Elle porta son regard vers le fond du jardin illuminé de vermeil. Elle ne montra aucune intention de poursuivre.
Alors que, ces deux négociants abordaient le cœur de leur sujet, une certaine langueur semblait la prendre. Il n’y avait aucune hâte chez elle à dévoiler son jeu. Comme ceux qui ont vues des âmes passer de vies à trépas, elle était libérée du carcan de l’impatience. Le pas léger d’un homme brisa le silence ainsi instauré. Le majordome de la villa se présenta devant les deux nobles avec déférence.
– Si madame et monsieur veulent bien passer dans la salle à mange.
La salle à manger était à l’image de la pièce qu’ils laissèrent derrière eux. Les œuvres d’art étaient savamment disposées pour ne pas fatiguer l’œil. Les meubles étaient de belle manufacture, et trahissaient une affection pour le style vénitien. L’absence de photographie était peut-être à noter. Il n’y avait pas de signes personnels dans les pièces communes. La table était dressée avec magnificence, porcelaine et or étaient déployés, selon de très anciens codes de la noblesse.
Un domestique vint tirer les deux chaises dans le dos des convives. La Duchesse invita son interlocuteur à prendre place avec elle.
- Aimez-vous les récitals, M. Feurebach ? à peine, eu-t-elle posée la question, qu’elle continua sur le thème. J’aime la musique voyez-vous. Je trouve que l’Homme n’a pas trouvé de plus beau moyen, d’exprimer toute la richesse de son âme, qu’en créant de la musique. C’est pourquoi je compare souvent le monde à une symphonie. Il suffit d’une simple note pour que l’harmonie soit maintenue. Or il arrive quelques fois qu’une mélodie devienne discordante. Sans que la beauté disparaisse, elle est mise en péril. Comme vous le disiez si bien, je suis un mécène Mon rôle est de préserver cette beauté. La femme darda son regard dans celui du jeune mutant. Il était vif, perspicace et inquisiteur. - Pour cela, il me faut appréhender les menaces. Je veux que vous me fournissiez un exemplaire du sérum, que viennent de mettre au point le docteur Clark et son collaborateur, M. Trask. Sans compter un nombre substantiel du modèle d’arme dont le FME a l’usage. Le voile se souleva quelque peu révélant, sous les traits d’une duchesse, une femme d’affaire aux idées très arrêtées.


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MessageSujet: Re: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Mar 13 Oct 2015, 19:18

    Alexander avait dévisagé cette étrange femme avec ce regard si particulier qu'on pouvait lui connaître. Un œil à la fois scrutateur et intelligent où brillait une lueur étrange et indescriptible. Les mots n'étaient jamais anodins. Surtout pas pour notre génie. Et parfois il fallait peut être mieux faire attention à ce que l'on disait. Mais Alexander avait la conviction que la réplique de la duchesse n'avait pas été laissée au hasard et à la façon dont le jeune homme fixait son regard dans le sien, elle ne pouvait douter du fait qu'il avait parfaitement compris l'insinuation. Il ne possédait peut-être pas encore la réponse du "comment" mais déjà une multitude d'hypothèses étaient venues se lister dans son esprit et la plus probable aux yeux de notre protagoniste était résumable en un mot : externels.
    Le discours qui suivit le confirmait peu à peu dans sa théorie. Un mince sourire s'étira sur ses lèvres. Allez savoir si c'était par politesse en réponse aux paroles de Nikolas - qu'il accompagna d'un petit hochement de tête signifiant à son interlocutrice qu'il serait ravi de se laisser surprendre - ou si ce sourire avait une toute autre signification. Difficile à dire chez un personnage aussi impénétrable que notre jeune homme.
    La conversation observa une petite pause tandis qu'on s'agitait non loin. Imperceptiblement, la duchesse avait donné le signe pour passer à la suite. Ils furent alors invités à passer à table. Alexander fit honneur au nectar servit en portant une dernière fois son verre à ses lèvres avant de l'abandonner comme l'avait fait son hôte.
    Ils entrèrent dans la pièce où serait servit le repas. Il remarquait d'autant plus le port de reine de Nikolas, l'élégance de sa démarche, sa droiture, une vie tout entière n'aurait pas suffit à acquérir une telle allure... Le jeune homme esquissa, pour lui même cette fois, un nouveau sourire.
    La magnificence du lieu était, semblait-il, à l'image du reste de la demeure. Alexander savait apprécier ce luxe raffiné, qui n'était jamais trop empreint de noblesse. Peu étaient ceux qui avaient su conserver ces symboles qui faisait la différence entre les gens de qualité et le bas peuple.
    Nikolas s'installa à table et Alexander l'imita, bien qu'il fut resté dans son fauteuil. Il avait toujours cette sensation étrange plutôt indescriptible, qu'il savait maintenant intimement lié aux pouvoirs de son hôte.
    La question qu'elle lui posa ensuite était purement rhétorique, il le savait. Par politesse pourtant, il acquiesça. La métaphore qu'elle mis ensuite en place et l'état des choses qu'elle laissa entrevoir à demi mots n'échappa pas à la perspicacité d'Alexander. Le discours sous jacent était plutôt radical mais peu importait ce que lui même pouvait en penser, il n'était pas ici pour débattre du point de vu de la duchesse de Lampedusa, mais en pour répondre à ça demande.
    Elle ne s'encombra pas plus longtemps de faux semblants, formulant sans détours ce qu'elle voulait.
    Alexander garda pour lui son haussement de sourcil si caractéristique. Dire qu'il ne s'était pas attendu à ça serait mentir, il savait toujours à quoi s'attendre. c'était l'une de ses caractéristiques, non ?
    Il n'aurait pas non plus le moindre mal à ce procurer ce que Nikolas recherchait. Il pouvait absolument tout obtenir. Il n'avait pas non plus beaucoup de doute quant à l'utilisation qu'elle voudrait en faire. Non, ce haussement de sourcil était davantage lié à une sorte d'auto-satisfaction. Il s'était cependant bien retenu de montrer quoi que ce soit de ce sentiment.
    Alexander répondit sans autre fioritures :
    -Considérez cela comme fait. Mes délais seront les plus courts possibles. Je vous épargnerai cependant les détails des frais engendrés ainsi que de mes honoraires.
    Un sourire étrange illumina ses lèvres.
    Il était tout à fait impoli de parler argent à table, surtout en présente d'une femme. Ce dernier détail était pour le moins un brin misogyne, d'autant plus qu'on ne parlait pas de n'importe qu'elle femme... Mais que l'externelle ne s'y trompe pas, Alexander était un homme d'argent et il ne ferait pas d'exception pour la duchesse. À moins, peut être, d'un autre arrangement dont il caressait l'idée depuis quelques années maintenant...
    Alexander avait beau s'efforcer à garder une parfaite neutralité politique, il n'en était pas moins parfaitement au fait d'une certaine monté en puissance des extrémistes anti mutant - ce qui n'était pas vraiment pour lui plaire- ni de l'existence dudit sérum, capable d'annihiler les effets du gène X. Pour autant, Alexander ne voyait pas véritablement ces gens comme une réelle menace. Ou plutôt comme une réelle menace personnelle. Il n'émettait pas les mêmes réserves à propos de tous autres mutants lambda. Mais il fallait reconnaître que depuis quelques temps, notre génie nourrissait sur le sujet des idées bien à lui, qui n'allaient certes pas contre les propres idées de Nikolas mais dont la conception de l'application était peu différente.
    Si le sérum n'était pas en sa possession pour le moment, il était certain que cela ne tarderait plus. Peu lui importait ce que Nikolas avait l'intention de faire avec, il n'était lui même nullement obligé de lui faire part du fait qu'il qu'il avait pour cette chose des intentions déjà bien arrêtées.
    Mais cela ne l'empêcherait pas de lui proposer un tout autre service :
    -Libre à vous de me dire ou non ce que vous comptez faire de cette petite bombe -car c'en était une.
    Alexander imaginait sans peine trouver un contre-sérum, ou même et pourquoi pas, modifier la formule pour le rendre encore efficace, plus contrôlable, limiter où non des effets dans le temps, une arme qui pourrait permettre de distinguer les mutants doté d'un tel pouvoir des autres. L'adage n'était il pas "diviser pour mieux régner ?" Assurément, Alexander ne voulait pas régner, du moins pas au sens où l'on pourrait l'entendre, mais d'autres aurait se désir pour lui. Il ne resterait qu'à voir qui serait le plus offrant.
    Mais nous en étions pas encore là. Alexander n'avait laissé divaguer son esprit que quelques milli-secondes. Il était maintenant de nouveau prêt à reporter toute son attention, ou presque, il y avait toujours quelques partie de son esprit occupées à autre chose, à sa très distinguée hôte.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Mer 28 Oct 2015, 15:51

Car l’esprit domine la matière.


Les lumières dans la pièce décrurent légèrement et prit une teinte safrans. L’atmosphère tamisée qui se créa se renforça, quand dans le fond de l’air, flotta la mélodie d’un piano. Le son était à un niveau si ténu, qu’il fallait tendre l’oreille, pour entendre la musique.
- Bien sûr oui.[/i] Concéda la Duchesse avec une minuscule inflexion dans la voix. Le regard qu’elle porta alors sur son très jeune interlocuteur était amusé. Elle l’observait autant qu’il l’étudiait, et suivait toutes ces infimes métamorphoses. Il prenait le rôle du filleul, de la pupille, dont il est coutume de prendre soin.
La femme couva son jeune allié d’un œil plus pragmatique. Elle l’évalua. Elle rappela en cela le médecin face à son patient. Le changement de point de vu, suggéra qu’un autre rapport allait s’installer, entre ces deux individus. Il ne fut cependant pas mis en place dans l’immédiateté. Le jeune riche revêtait l’habit de l’apprenti, comme beaucoup d’autres l’avaient fait avant lui, au côté de The Assistant.
[/i]Eh bien, faire en sorte que le concerto qui se prépare soit le plus grandiose, que cette Terre n’a connu. Réitéra l’hôtesse de la Villa, tout en prenant la serviette de lin, pour la poser sur ses genoux.
- Quelles mines graves. Il est temps d’écarter les affaires. Ainsi s’annonça l’homme de la demeure.
Il s’était changé. Un parfum de fleur émanait de lui. Il caressa le dos de la chaise où se trouvait sa compagne, en allant prendre place. Il avait la lenteur des anciens, mais préservait l’assurance, des jeunes hommes du beau monde. Un domestique approcha pour remplir son verre. Une fois le liquide vermeil écoulé, le personnel se mit en branle, pour débuter le service des entrées. Un essaim d’abeilles qui gravita tout autour des trois nobles.
La cuisine était digne d’un établissement étoilé. Le luxe se retrouvait dans absolument tout. Les couleurs chatoyantes dans l’assiette régalaient les cinq sens.
Alexander. Je peux vous appeler Alexander ? Ma chère femme vous a parlé de ma peinture, mais je suis certain qu’elle n’a rien dit à propos de ma seconde passion… en dehors de celle des femmes, bien sûr. La course automobile. Je suis un grand amateur de voiture de course et de course également. J’ai entendu que vous n’êtes vous-même pas totalement étranger à ce milieu. Le sourire du Sicilien était franc. Un homme puissant perd peu à peu la nécessité de mentir ou de tricher. Vito Lampeduza ne redoutait rien ni personne. Il n’était pas tant Duc, que prince de la nuit, ce qui lui conférait une influence difficile à délimiter. Nous devrions aller ensemble assister à une performance, un de ces jours. Je suis persuadé, que vous serez de bien meilleure compagnie, que tous ces avocats bedonnants.
La décomplexions dont faisait preuve l’homme pouvait froisser les esprits les plus guindés. Le Duc pouvait passer pour un fanfaron en comparaison avec madame. Il ne démontrait ni gêne, ni embarras. La femme n’était ni agacée, ni raide. Le voile qui entourait le couple se relevait par endroits. Ils partageaient un peu de leur intimité. Une faveur dont seuls les plus grands monstres de l’Histoire s’étaient vue les gagnants.
- Ceux ne sont que quelques chevaux sous le capot. La course d’un cerf m’a toujours plus émue que vos tours de manège. Un éclat de malice passa dans la pupille de la femme. Il fut furtif et pourtant. Le rire vif et imposant de son époux vrilla les tympans. - Ne vous y trompez pas jeune homme. Cette femme a été l’une des meilleures pilotes féminines de son temps. Le ton était amical. L’amitié n’était qu’un outil supplémentaire, pour actionner des leviers invisibles. Le monde des chasseurs étaient ainsi fait. Les apparences étaient ici, plus qu’ailleurs, loin d’être réelles. Les dangers eux se trouvaient derrière chaque sourire.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Dim 01 Nov 2015, 16:22

    La Duchesse semblait se faire de plus en plus avare de paroles à mesure que la soirée avançait. Il en fallait plus à notre génie pour s'en trouver dérouté. Pourtant, il ne pouvait cesser de se demander à quoi pouvait bien rimer tout ceci. L'invitation, le repas, ce petit aperçu de leur intimité. Il y avait certes eut la requête de Nikolas, cette transaction à venir, mais la pièce que ce jouait dans ce magnifique salon à l’atmosphère tamisé laissait dans la bouche de notre milliardaire une amertume, celle de la pièce manquante dans son puzzle.
    Alexander fixa une nouvelle fois son interlocutrice d'un âge antique comme s'il avait tenté de lire en elle. Elle savait aiguiser sa curiosité aussi bien qu'elle savait le maintenir dans un flou calculé. Elle se jouait de lui et il pouvait le sentir.
    Elle se laissa aller à une nouvelle réflexion tintée d'un voile de mystère. Ils furent cependant coupés dans leur discutions, bien avant qu'Alexander ne puisse saisir plus justement ce qu'elle pouvait avoir à l'esprit, par le retour du Duc et de sa bonhomie. Le maître de maison s'était rafraîchit.
    Il les rejoint à table et on pu commencer le service. Il s'adressa à Alexander avec une aisance et une franchise dû à son âge et à son rang. D'un hochement de tête convenu, le milliardaire signifiait à son hôte qu'il ne voyait aucun inconvénient à être appelé par son prénom en ces lieux.
    Un mince sourire s'étira sur les lèvres de notre protagoniste alors que Vito, parlait de ses passion. Une politesse. Et si Feuerbach ne pouvait saisir son goût pour les femmes, il pouvait davantage saisir celui qu'il pouvait porter aux voitures et à la vitesse.
    -Ce serait avec plaisir. Avait-il répondu avec une courtoisie toute retenue. Et en effet, je prends goût à côtoyer les bords des stands de F1, tout comme j'ai pu le prendre à faire crisser le pneu sur l'asphalte.
    Une distraction qui lui manquait d'ailleurs cruellement. La conduite lui était désormais impossible, du moins, pas tant que son prototype reviendrait du vieux continuant. Mais Alexander gardait un air d'une neutralité à toute épreuve.
    La remarque que Nikolas eut était teintée de malice mais Alexander ne douta pas un seul instant qu'elle pouvait parfois trouver les hommes et leur jouets un peu futiles et on ne parlait pas ici seulement de voiture. Le rire qui se déploya de la gorge du Duc était sincère et sonore. Le mari et la femme étaient aussi assortis que différents et en ce sens se complétaient avec une perfection rare. Le génie les observaient avec une curiosité mêlée d'un respect étrange.
    La révélation de Vito sur sa femme valut à Alexander un nouveau sourire en coin. La duchesse était, à n'en pas douter, une femme pleine de surprise mais pour le moment, il n'arrivait pas vraiment à savourer cette rencontre, trop teintées de non-dits.
    L'allemand allait se saisir de son verre miroitant d'un vin à la robe d'un rouge aussi profond que l’émeraude mais son mouvement s'arrêta au milieu de sa course. Son bras frêle et livide avait eu une sorte de contraction infime, une impulsion nerveuse indésirable et douloureuse. Par chance, il avait à peine effleuré le verre de cristal qui n'avait subit aucun dommage, mais ses doigts s'étaient crispés sous la douleur. Il avait serré la mâchoire pour réprimer un signe du mal qui le prenait.
    Il dut focaliser son attention sur son mouvement. Dépeindre dans son esprit le mouvement à réaliser, trouver quels muscles actionnaient quels mouvements. La crise fut passagère, déjà, il se décontractait de nouveau, son cœur retrouvait un rythme normal et il retrouvait une agilité plus naturelles. Il porta finalement son verre à ses lèvres. L'un des seuls avantages à côtoyer un monde tel que le leur, dans ce genre de situation, était que la bienséance et les bonnes manières s'évertuait à passer sous silence ce genre de petits événements embarrassants, chacun fermait généralement les yeux et passait avec flegme à autre chose.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Mar 01 Déc 2015, 15:16

Car l’esprit domine la matière.



- Excellent ! Maurice, notre intermédiaire entrera en contact avec votre assistante, le moment venu. En réalité M. Lampeduza n’était pas moins fourbe que sa compagne. Il profitait seulement d’un faciès et d’un charisme plus avantageux. Il était le visage et elle l’esprit.
Tandis que le premier plat s’achevait dans le calme, une domestique entra. Elle portait avec elle un petit coffret en bois. La finition de l’ouvrage était à couper le souffle. Les dorures étaient si délicates qu’elles semblaient dessiner par les mains d’un ange. Les gravures avaient dû être peintes d’antan. La jeune femme déposa l’objet à la droite de la Duchesse et se retira.
- Alexander, nous avons la conviction que plusieurs de nos buts converges. Une phrase d’ouverture qui suspendit les couverts des deux Siciliens. Vito eut un léger sourire probablement par anticipation à ce qui allait suivre. Il fixa attentivement le jeune millionnaire, toute bonhomie disparue, au profit de la concentration, quasi religieuse. Vos capacités, alliées à vos moyens, font de vous un splendide cavalier. La métaphore de l’échiquier était ancienne. The Assistant était encore plus ancienne que cela. Ce discours, elle l’avait fait des dizaines de fois déjà, au cours des siècles. La seule différence de celui-ci était qu’il se faisait sur deux accords, à deux voix, telles que furent les soixante dernières années.
- Je précise tout de même que je suis celui qui vous a remarqué en premier. C’est dire combien vous intriguez. Le Sicilien avait croisé ses mains sur la table. Il n’avait plus rien d’un peintre fantasque. Il dévoilait le visage d’une pègre aussi utile que dangereuse. D’ailleurs, le personnel s’était retiré du salon. Ils n’étaient plus que trois à se faire face.
- Oui. Vous nous intriguez. C’est cela. Nous pensons que vous avez les moyens de devenir l’un des prochains leaders mondiaux Alexander.
- Malheureusement, Nikolas et moi n’avons pas eu d’héritiers. Notre nom va s’éteindre avec nous. Le ton de l’homme était resté totalement neutre. Cependant, le regard des Lampeduza changea distinctement, le temps d’un battement de cil. Le regret était un aiguillon dont ils partageaient la douleur.
La sensation passa et la dame reprit le flambeau sans sourciller.
- Cependant, notre connaissance… serait une grande perte pour la race mutante. Le nom commun avait été fermement appuyé. Le terme n’était pas choisi au hasard dans la bouche de la Duchesse. A la veille d’un nouveau conflit, la réaffirmation de leurs pouvoirs étaient essentiels. Il n’y avait aucun sursaut d’orgueil dans ces dires.
Dans les arcanes les plus cachés, ce couple était reconnu, être les gardiens de l’un des fonds les plus importants concernant l’Histoire des mutants. Nikolas en était la principale propriétaire. Certains des documents qu’elle avait conservés étaient susceptibles de faire basculer l’ordre, déjà en péril.
- Vous pourriez être l’un de nos ayants droits.
- Nous n’attentons qu’une seule chose en échange.
- Une petite… contrepartie, disons. Confirma l’artiste avec l’œil rieur. Il semblait convaincu que l’accord qu’ils proposaient n’allait pas faire débat. Il était lui aussi un riche homme d’affaires. Il connaissait les motivations et les méthodes de leur jeune interlocuteur. Le premier, il avait fait un pari sur cet infirme à l’esprit retard. - Le moment venu, quand nous ferons appel à vous, vous devrez nous soutenir, par tous les moyens. Un marché prenait toujours ce genre de forme. Ne vous y trompez pas. Notre objectif est avant tout la survie des mutants, dont vous faites partie. Pour contrer les ennemis qui s’annoncent, vous allez avoir besoin de ce que nous avons. Aucun nom ne fut invoqué directement. Le message de la Duchesse était clair. La guerre n’était plus qu’à quelques pas de leur porte. Les plus forts d’entre eux devaient se préparer au combat.




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MessageSujet: Re: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Mer 09 Déc 2015, 21:29

    Le repas fut ponctué par l'arrivée d'une domestique qui déposa, aux côtés de la Duchesse, un coffret. Cette dernière n'avait, d'ailleurs, pas fait le moindre geste pour le toucher ou l'ouvrir. Elle savait jouer avec les attentes mais l'allemand, lui, savait travailler sa patience : tout venait à point à qui savait attendre.
    Alexander avait, très naturellement, porté un œil connaisseur sur la petite boite dont il admettait aisément la magnificence. La délicatesse de l'ouvrage, la finesse du travail, la noblesse des matériaux ; il s'agissait là d'une véritable œuvre d'art et d'artisanat dont la facture devait remonter à plusieurs siècles. Mais jusqu'ici, rien qui ne correspondait à l'environnement dans lequel ils évoluaient.
    La cassette demeura pour le moment sur la table sans que la maîtresse de maison ne daigne y porter son attention et notre protagoniste reporta alors toute la sienne sur le couple pour le moins atypique.
    Nikolas avait repris la parole avec ces phrases parfaitement calculées qu'elle maniait pour savamment piquer la curiosité de ses interlocuteurs. Le génie l'écoutait avec politesse, même s'il aurait désirait qu'elle en vint au fait. Il avait, à l'image de ses hôtes, posé ses couverts pour donner la marque de sa profonde attention. Alexander pouvait en partie deviner où la conversation allait les mener mais, par respect, il n'en montrait rien. Il nota soigneusement dans son esprit le choix des tournures qu'elle employait, des mots, l'attention qu'elle portait à introduire leurs propos communs. Il n'avait pas non plu manqué le sourire bref du mari qui avait laissé place à un air sérieux qui ne laissait plus de doute - bien qu'Alexander n'en avait pas eu le moindre - sur l'importance de ce qui allait ce jouer autour de cette table.
    Le milliardaire n'en demeurait pas moins d'une placidité troublante. Son visage était un masque, ses yeux d'une lueur indéchiffrable. Son regard se portait tour à tour sur les deux Siciliens selon leur prise de paroles. 
    Que pensait-il de cette place de "cavaliers" que voulait lui attribuer Nikolas ? S'il préférait définitivement se tenir hors de l'échiquier pour en bouger lui-même les pions, il existait un intérêt indéniable à jouer, pour un moment du moins, sur le damier de l'externelle... Les Lampeduza évoluaient sur un plan très différent de celui du génie, ce n'était là qu'un moyen d'élargir les sphères.
    Lorsque Vito précisa que c'était lui-même qui avait remarquer l'allemand, Alexander esquissa un sourire poli, bien qu'un peu crispé. Mentalement, son rictus était tout autre. Notre protagoniste savait que, d'une façon ou d'une autre, il n'était pas le premier à entendre ce discours.
    La Duchesse poursuivit et les voix du mari et de la femme se répondaient, se complétaient. Pourtant, pour la première fois depuis qu'ils étaient passé à table, l'homme d'affaire laissa transparaître une réaction. Il avait haussé un sourcil. Ne s'était-il pas attendu à cela ? Il ne s'était surtout pas attendu à la tournure qu'avait donné Nikolas à sa phrase.
    Le Duc n'avait pas tardé à renchérir mais les paroles de sa compagne étaient restées comme suspendues dans l'espace quelques secondes encore.
    Pour une très brève seconde, le regard du couple s'était tintée de cette lueur caractéristique de la nostalgie mêlée de doubleur alors qu'il mentionnait l'absence d'héritier. Un battement de cil plus tard, tout avait disparu, mais rien n'avait échappé à l’œil du génie qui ne pouvait que supputer la raison de ce changement. Alexander savait où Nikolas voulait en venir et lorsqu'elle le formula, il s'y était préparé. Comme il s'était préparer à la condition sine qua non à cette offre, ou devait-on dire, ce marcher.
    Le jeune homme les avait écouté jusqu'au bout sans sourciller, sans intervenir avant qu'ils n'eurent finis leur discours si soigneusement préparé. Un temps s'était écoulé entre les paroles jointes du couple et la réponse de notre génie. Il avait fallut la moitié de ce temps à Alexander pour préparer ses mots, l'autre pour leur donner du poids. Il savait pertinemment qu'il n'allait pas fournir ce que les Lampeduza voulaient entendre, mais il avait une vision à défendre et surtout une ambition légèrement différente. Il avait alors pris la parole avec une pointe étrange dans la voix. De la défiance ? Pas vraiment, plutôt autre chose...
    -Estimez-vous que je devrais nourrir l'ambition de diriger un monde insignifiant ? Cette demande trahissait son mépris pour leur civilisation ainsi que le fait qu'il aurait pu se froisser d'une telle déclaration, était-ce vraiment cela qu'ils attendaient de lui ? Si c'était le cas, c'était, au mieux, très décevant.
    -Comme vous l'avez fait remarquer, j'ai en effet les moyens d'être un leader, mais comme tous les hommes qui disent gouverner nos pays, ils n'en sont pas moins dérisoires et interchangeables... j'ai pour ma part bien plus encore...
    Son ton était légèrement plus froid, laissant transparaître son désappointement qu'on puisse à peine le comparer à cette vermine. Il reprit d'un air plus pragmatique :
    -Je vous prie alors de m'excuser si je vous déçois, mais je n'ai pas la moindre aspiration à diriger... seulement celle de dominer. A cela, faites ce qui vous semblera le mieux. Je ne suis pas inconscient quant aux bouleversements qui risquent de s’opérer plus vite qu'on ne le pense...
    Sa phrase demeura en suspens. Du point de vue du jeune homme, la race mutante était la seule qui serait capable de faire évoluer leur civilisation, la seule donc, qui valait vraiment la peine. Le savoir antique que possédait son hôte était, dans ce sens, vital à conserver.
    Mais face au conflit qui allait bientôt éclater, seuls les plus forts, mutants ou non, pourraient s'en sortir.
    Le génie et milliardaire aurait voulu se tenir à l'écart de la tempête qui allait se préparer. Au delà de conserver une parfaite neutralité, rien de tout cela ne l'intéressait réellement ; les querelles entre mutants et humains. Il y avait, dans une situation comme l'autre, toujours de l'argent à faire, du pouvoir à prendre, de l'influence à gagner. Il passerait entre les gouttes avec aisance.
    Pourtant, derrière le choix de s'allier aux Lampeduza, il y avait la véritable ambition, l'ouverture à des sphères qui lui permettraient d'étendre encore plus son pouvoir tentaculaire... Cela contre sa loyauté à toute épreuve ? Il pouvait tout à fait la leur donner, comme il pouvait tout autant la leur reprendre, cela ne lui faisait pas peur et tant qu'il ne verrait pas la nécessité de se détourner d'eux ou leur planter un couteau dans le dos, il pouvait bien rester un temps sous l'aile de l'externelle. Il dédaignait intérieurement l’œil rieur du Duc et n'avait pas quitté son impassibilité. Calmement, il avait répondu sobrement :
    -Vous pourrez compter sur mon appui.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Lun 28 Déc 2015, 17:25


Car l’esprit domine la matière.


Un long silence s’installa à la grande table de la Villa Sofia. Le temps fut figé. La demeure tout entière s’arrêta de vivre. L’harmonie trembla. L’instant fut cristallisé, à l’égal de ceux qui précèdent un bouleversement. Une balance invisible menaça de chavirer vers le conflit. C’était du moins ce qui semblait le plus logique étant donné les paroles du jeune impertinent.
Les hôtes échangèrent un regard. Ils n’exprimaient aucune émotion particulière sur leurs visages. Il n’y avait ni surprise, ni colère, et encore moins de rancune apparente. Cependant, une lueur brilla dans leurs yeux. Une flamme fugitive qui s’estompa aussi vite. La femme reporta son attention sur son invité. Elle inclina brièvement le menton à son attention.
Ensuite, seulement, naquit un léger sourire, sur sa bouche carmin.
- Nous comprenons. Paroles de non-agression, quand une tension invisible les maintenait droits.
Madame Lampeduza n’était pas une femme à insister. Elle laissa le refus du mutant filer, comme s’il eu refusé un simple présent. Aucun esclandre ne viendrait briser la bienséance du couple. Ils étaient néanmoins dotés d’une grande mémoire.
- Il semblerait que je me sois trompé. Souligna tranquillement le Duc avec un courtois sourire.
Un employé emporta le coffret. Le dîner se poursuivit comme s’il n’avait pas été interrompu. Les époux reprirent sur un sujet beaucoup plus neutre. Ils évoquaient, le prochain concert de la grande soprano Floria Tosca. Cela sans évoquer son identité mutante, ou encore son affiliation à un groupuscule dit terroriste. Plus une seule fois, ils n’abordèrent des questions d’affaire avec l’Allemand.
L’entremets fut servi un peu plus tard. Le raffinement était toujours mit à l’honneur. La coupe de glace était aussi belle que la saveur était puissante. L’artiste vanta les qualités de ce grand glacier italien, grâce auquel il retrouvait les saveurs de son enfance. Il parla de la façon dont l’industrialisation à outrance mettait en péril le savoir-faire des artisans.
Tout ce temps, Nikolas n’intervint que succinctement. Elle fit appeler son garde du corps personnel. L’homme se pencha pour entendre son ordre. Il revint quelques minutes plus tard et déposa un étui devant le souffreteux milliardaire. La forme cylindrique abritait un récipient en verre clos. Un liquide bleuté le remplissait aux 4/5.
- C’est un produit de ma composition. Il pourra ralentir certains symptômes. L’affirmation était une fois encore faite sur un ton très calme. Elle n’avança aucune formation scientifique. La femme n’en dit pas plus, non plus, sur les propriétés de sa préparation. Je ne saurais que trop vous conseiller de prendre contact, avec Walter Rayleigh, du Centre Ernie Smuntz. Ses recherches pourraient vous intéresser. Un sourire passa entre les Siciliens. - Oui, dites-lui que nous vous l’avons recommandé. Son père était un vieil ami. Il se fera un plaisir de vous aider.
Le fil de la conversation commença à s’étioler. Les trois convives savaient que la soirée ne se prolongerait pas de beaucoup. Une boisson chaude fut bien entendu proposée pour achever ce repas de maîtres.


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MessageSujet: Re: [CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand Ven 22 Jan 2016, 19:59

    La réponse donnée n'avait pas été ma réponse attendue. 
    Le fil tendu entre les trois protagoniste vibrait dans l'air comme une corde sourde. Les uns voulaient tisser leur toile, l'autre marchait sur un filin au dessus du vide. Mais ce dernier devait voir jusqu'où il pouvait tirer la guinde avant qu'elle ne rompe. Les filaments du lien souffraient de l'affront. 
    Alexander était parfaitement conscient que les Lampeduza n'accepteraient pas un refus. Pourtant, à demi-mots, c'était ce qu'il leur avait servit. Dans le jeu complexe des relations, le génie affirmait sa place. Ses aînés ne l'accepterait peut-être pas mais c'était le risque à prendre. Il avait eut leur curiosité. Leur vexation passée, ils n'auraient d'autre choix que de revenir vers lui pour ce qu'il était le seul à pouvoir leur offrir. 
    Mais le savoir et les probabilités des issus de cette rencontre ne faisait pas tout. Alexander, comme un enfant gâté un peu malmené, observait un sourire courtois mais dénué de joie. Sentiments d'aigreur refoulé des deux côtés. 
    La suite du dîné se déroula dans autres véritables attraits que des mets raffinées et des conversations convenues. Les bases avaient été établies, bien que ni la Duchesse ni Feuerbach n'eurent réellement obtenus ce qu'ils voulaient de ce repas. 
    La boîte mystérieuse repartie et une fiole fut apportée. D'un remerciement courtois, Alexander accepta le présent et nota dans un coin de son esprit le nom donné. Avec une curiosité parfaitement dissimulée, l'allemand s'intriguait du contenu "miraculeux" du petit récipient. Notre génie, contrairement à Nikolas, ne croyait pas aux trucs de bonne femme. D'ailleurs, la science trancherait d'autant plus rapidement, ce qui, par ignorance avait été appelé pendant des siècles de la sorcellerie. N'en résidait probablement pas moins dans cette "science occulte" des savoir oubliés que Verstand ne demandait qu'à redécouvrir. 
    La soirée toucha à sa fin dans un calme apparent, celui des convenances. Alexander prit congé de ses hôtes avec de derniers remerciements d'usage avant qu'une voiture ne soit avancée dans la cour de l'élégante demeure. Une fois la porte refermée sur le jeune homme, il fit un bilan de cette rencontre en se remémorant avec une précision parfaite chaque instant et chaque scène. Il avait ensuite contacté plusieurs personnes pour pouvoir, le plus rapidement possible, honorer le contrat passé avec la Dame, son hôtesse. 


Sujet clôt

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[CLOS] Car l’esprit domine la matière cher M. Feurebach. / Verstand

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