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Muffins, reproches et culpabilité [Faces]

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Date d'inscription : 12/07/2015
Identité : Irina Swarani Thorn
Dons : Création organique - Biokinésie indirecte - Liens psycho-empathiques

MessageSujet: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Mar 04 Aoû 2015, 23:39

Après avoir envoyé quelques messages restés sans réponse à son frère, Irina fini par se décider à lui rendre visite, non pas chez lui comme on pourrait s'y attendre, mais à l'hôpital. Elle savait en effet d'expérience que son frère n'était pas vraiment du genre à rester longtemps enfermé entre quatre murs, il aimait sortir et rencontrer de nouvelles têtes quand il ne comptait pas simplement profiter du grand air ou s'adonner au sport. Même en se renseignant au préalable sur ses jours de repos, se rendre chez lui comportait donc le risque de se retrouver seule face à une porte close, ce qu'elle préférait s'éviter.

Elle avait donc opté pour l'hôpital et avait aussi réussi à obtenir quelques renseignements sur son emploi du temps, histoire de ne pas prendre non plus le risque de devoir l'attendre pendant qu'il sauvait une vie au bloc.

Jusque là d'ailleurs, son petit stratagème fonctionna comme prévu. Une fois arrivée au point d’accueil du bâtiment, on eu la gentillesse de lui indiquer où elle avait le plus de chance de le trouver, elle réussi également à ne pas se perdre dans son dédale de couloirs et, signe que la chance était avec elle, elle tomba même directement sur ce dernier à deux doigts de l'endroit indiqué.

Les choses se déroulèrent néanmoins beaucoup moins bien par la suite. Lui d'habitude si souriant ne se dérida même pas lorsqu'elle l'interpella par son prénom avec son plus beau sourire. Il n'eut même pas la politesse de lui retourner son salut et préféra lui demander tout de go ce qu'elle faisait là. Elle avait rétorqué qu'elle venait seulement le voir, tentant encore d'ignorer la froideur inhabituelle dont il faisait preuve à son égard. Elle avait ensuite cru bon de signaler qu'il ne lui avait pas répondu et qu'elle avait donc jugé préférable de passer au cas où... elle avait oublié le suite de sa phrase qu'elle n'avait de fait pas eu le temps de la prononcer. Il la trouvait gonflée de lui faire ce genre de reproches -alors que ce n'était pas son intention, pour quelqu'un qui n'avait envoyé qu'une petite carte pour donner des nouvelles en deux ans -elle avait été plus occupée qu'il ne le pensait, et ne s'était même pas donné la peine d'appeler pour lui dire qu'elle était sortie saine et sauve du bourbier où elle s'était mise en Ukraine -pourquoi l'aurait-elle fait, puisque leur oncle s'en était chargé ? Il va de soi que ce n'était pas les retrouvailles qu'elle avait imaginée et les paroles de son frère lui firent donc l'effet d'une douche froide. Elle savait bien sûr qu'elle n'était exempt de reproches -elle n'aurait pas amené de muffins sinon, mais elle aurait clairement préféré qu'il évite de les lui mettre trop clairement sous le nez. Elle venait pour reprendre contact et rattraper un peu du temps qu'ils avaient perdu, pas pour un grand déballage et encore moins pour se disputer. Cela faisait en effet partie des activités qu'elle goûtait peu et qu'elle préférait généralement éviter quitte à acquiescer avec un demi-sourire même quand elle était persuadée que son interlocuteur était en tord ou disait n'importe quoi. A ces yeux toutefois, elle n'agissait pas ainsi par lâcheté, mais par commodité. Elle n'aimait pas perdre son temps or le genre de discussions stériles où son frère avait tenté de l'entraîner était justement l'un des meilleurs moyens d'en perdre à ses yeux.

Ses tentatives d'évitements ayant échouées les unes après les autres, Irina fini par ailleurs par battre en retraite. Après les reproches son frère tenta à moitié de lui faire la morale, poursuivre la conversation ne servait donc à rien et elle y coupa court. De tout évidence, venir ici avait été une erreur. Elle le lui dit et -clou du spectacle, il en convint, puis tourna les talons.

Ce fut la première -et seule, fois où ils furent d'accord, mais Irina ne parvint à s'en réjouir. Prenant sur elle pour ravaler sa fierté, elle dû mettre quelques secondes pour se reprendre puis rebroussa chemin à son tour. Elle se demanda vaguement si quelqu'un les avait entendu, tout en espérant que non et évita de prêter trop attention autour d'elle pour ne pas obtenir la confirmation du contraire. Elle se sentait assez minable comme ça pour se passer de témoin, mais refoula malgré tout assez efficacement son envie de balancer rageusement son panier de muffins dans une poubelle. Elle se mit ensuite à accélérer légèrement le pas, comme souvent lorsqu'elle était énervée, cela semblait l'aider à se calmer.

Dire qu'elle se sentait bien lorsqu'elle arriva au point d’accueil -après avoir fait sans le savoir un détour inutile, aurait toutefois été exagéré. Irina n'était pas une sainte et le savait, mais comme toute personne normalement constituée, sa conscience la rappelait parfois à l'ordre et elle était assez familière avec la culpabilité sans que qui conque ait besoin d'en rajouter. Elle en était à peu près là de ces réflexions, lorsqu'elle s'arrêta un instant pour faire une petite pause près du point d’accueil. Elle se rendit alors compte qu'elle n'était pas essoufflée mais presque et qu'elle avait donc dû marcher un peu plus vite que prévu. Inquiète à l'idée d'être entrée en trombe dans la pièce sans raison apparente valable, Irina jeta alors un léger coup d’œil circulaire à la pièce ainsi qu'aux individus qui s'y trouvaient.

Si elle fut alors rassurée quant à l'indifférence générale qui semblait l'entourer -personne ne la regardait bizarrement, ni avec un air réprobateur ni avec l'envie de l'aborder, son regard se sentit aussi obligé de revenir sur l'un des visages sur lequel il venait de passer avec l'impression de l'avoir déjà vu quelque part. Bien mal lui en pris, car si un visage pouvait suffire à faire rejaillir sa culpabilité c'était probablement celui-ci. Elle ne pensait plus le revoir autrement qu'en photo néanmoins, parce qu'il appartenait à une morte. Il appartenait aussi à une femme incroyable pour laquelle ses sentiments n'avaient pas toujours été très clairs -même avec le recul, tout en ayant surement été plus profonds que la plupart de ceux qu'elle éprouvait habituellement. Accessoirement cette femme lui avait sauvée la vie... et avait perdu la sienne à cette occasion.

Si elle avait été dans son état normal, son cerveau se serait surement mit en branle en quatrième vitesse afin de trouver une explication rationnelle à sa présence ou plutôt à cette vision. Télépathie vicieuse, métamorphe mal intentionné, gaz hallucinogène... Les explications probables ne manquaient pas, pourtant aucune n'effleurèrent son esprit et Irina se contenta de fixer la jeune femme qui lui faisait face en se demandant comme la chose était possible tout en se répétant qu'elle ne l'était pas. Elle était surement en état de choc, mais l'était un peu trop pour s'en apercevoir ou s'en faire la remarque. Littéralement bouche-bée, les lèvres légèrement entre-ouvertes, son visage avait perdu le peu de couleur qu'il avait et affichait clairement l'expression de stupeur matinée de terreur que l'on peut avoir lorsque l'on croise un fantôme, a fortiori lorsqu'on se sent responsable de sa mort.

Si cet instant lui paru durer une éternité, il fut néanmoins relativement bref. Éclipse fini en effet très vite par la regarder à son tour, croisant même son regard avec une expression qu'elle ne pu déchiffrer, ce qui la fit passer du choc à une anxiété tendant vers la panique. Qu'allait-elle faire ? Qu'allait-elle lui dire et surtout que pourrait-elle lui répondre ? Son cerveau ne fut même pas capable d'ironiser une suggestion qui ne franchirait jamais ses lèvres, mais Irina commença à reprendre un peu ses esprits, assez en tout cas pour se rendre compte qu'elle était en train de perdre ses moyens. Cherchant à reprendre sa respiration comme si l'air venait soudain à lui manquer, elle détourna enfin brièvement les yeux de son visage, avant d'y revenir comme un guêppe attirée par du miel. Elle se rendit alors compte qu’Éclipse se dirigeait vers elle et reprit une nouvelle bouffée d'oxygène -l'air lui paraissant toujours aussi rare, tandis que sa main droite agrippait le rebord du comptoir, où elle avait posé son panier de muffin quelques instants plus tôt, comme si sa vie en dépendait.

- Tu es morte, parvint-elle finalement à lâcher lorsqu'Éclipse arriva à sa hauteur. Elle ne l'avait pas dit très fort néanmoins, elle avait même parlé à voix basse comme s'il s'agissait d'une confidence que les autres ne devaient pas entendre, plus que d'un rappel évident de ce que son interlocutrice aurait certainement du mal à oublier.

C'était idiot bien sûr, mais présentement, elle ne pouvait pas faire beaucoup mieux.


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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Sam 08 Aoû 2015, 21:28



Elle est en colère c'est tout. En deuil. C'est vieux comme le monde. Sidération, culpabilité, colère. La valse à trois temps. La danse de ceux qui restent.



La famille n'était pas exactement un des plaisirs auxquels Faces avait pu se confronter jusque-là. Disons qu'elle avait sa part de famille, mais plutôt lointaine. Pas de frère, pas de sœur. Ces liens-là, elle n'y avait pas eu droit ; elle ne connaissait que les disputes et réconciliations entre parents et cousines. Ne parlons pas d'enfants non plus. Mais, par son caractère et son affection, elle n'était véritablement fâchée avec personne, et d'ailleurs, la vie était trop courte pour cela. Les retours à Cuba, sa ville natale, se faisaient de temps à autres, quand elle avait suffisamment d'économies de côté, et elle était toujours heureuse d'y aller, jamais en colère.

Aussi, si ce n'était par le regard extérieur et sceptique, qu'elle posait sur les autres, les conflits familiaux lui étaient presque inconnus, ne les ayant jamais expérimentés elle-même. Toutefois, elle n'y serait sans doute pas froide et étrangère, si on les lui expliquait, ou si on venait lui demander, ironiquement, des conseils. Elle connaissait effectivement le frère d'Irina, c'était, après tout, un collègue ; mais si jamais il avait évoqué une sœur, elle n'y avait jamais prêté attention, profondément, en tout cas. Le travail était le travail, même si elle pouvait parfois y lier des amitiés, ce n'était pas forcément son but principal.

A l'accueil, elle était en train de se préparer pour rentrer chez elle. Ses heures de service étaient terminées, et à moins d'une urgence, il était temps de rentrer chez elle, pour se reposer. Elle en avait besoin, sentant ses nerfs à vif. Il fallait admettre que ses patients, dont un certain Rafael, n'étaient pas toujours de la plus grande amabilité qui soient, même si elle faisait avec. Néanmoins, alors qu'elle prenait son sac, adressant quelques mots à une de ses collègues qui partait en même, quand elle sentit un regard étranger peser sur elle. Il paraît qu'il existe réellement un sens pour sentir quand quelqu'un nous fixe, y compris dans le noir. Sans doute le même sens qui permet de deviner si quelqu'un se trouve dans la même pièce que vous, que vous soyez aveugle ou dans l'obscurité totale. En tout cas, ce fut cette sensation étrange, qui démange l'échine, qui la fit se retourner vers la personne qui venait d'entrer dans la pièce.

Les yeux bruns de Faces se plantèrent donc dans ceux de la jeune femme blonde qui la dévisageait, bouche bée, et elle connaissait trop cette expression pour douter un seul instant. La pâleur soudaine, cette expression de comme si on venait de voir un fantôme... L'infirmière eut un sourire, bref, et en tout cas clairement ironique. Encore quelque âme perdue qui voyait en elle, l'expression de l'obsession la plus chère ou la plus désirée que cette femme réservée avait dans la tête. Cela ne cesserait jamais. Elle en était lasse, mais d'un côté, elle ne pouvait la laisser continuer à avoir un semblant d'arrêt cardiaque, qui n'allait sûrement pas tarder à arriver. Elle ne savait pas de qui elle avait l'apparence, à cet instant, mais son visage se raffermit et elle avança d'un pas décidé vers l'inconnue, passant son sac en bandoulière.

Micaela prit quelques secondes, pour observer l'inconnue de haut en bas, et particulièrement son visage pâle comme la mort, qui se teintait maintenant d'un air de panique. Pendant une seconde, le regard de l'inconnue se détourna, comme si elle allait fuir, mais à vrai dire, comment quelqu'un pourrait-il se détourner si facilement de sa plus chère obsession ? C'était comme mettre un plat en face d'un glouton, en lui ordonnant de ne pas manger. Faces s'arrêta en face de sa « victime » du hasard, mais avant qu'elle n'eût pu dire un moment, ce fut une phrase fatale qui sortit des lèvres de son interlocutrice.

« Tu es morte. »

Le cœur de Faces tomba un peu, dans sa poitrine, comme un soubresaut las, et pourtant douloureux. Combien de fois s'était-elle déjà pris cette explication ? Combien de fois l'avait-on fixée comme si elle revenait d'entre les morts, ou bien avec passion, ou au contraire, avec l'animation de la plus grande haine qui soit ?
Le ton bas, témoignait cependant peut-être d'à quel point l'interlocutrice tenait à celle qu'elle voyait. Soeur, fille, mère, amie, amante ? Allez savoir. En tout cas, elle n'évoquait a priori, pas de haine. Elle aurait pu aller dans sa tête, mais elle était suffisamment fatiguée pour renoncer à cet effort. Pourtant, son ironie, elle ne put la retenir, tant elle la pensait.

« On me le dit souvent, ouais, » dit-elle, et il était vrai que sa voix avait exactement les intonations d'Eclipse, qu'elle n'avait jamais connue. Triste sort, en vérité. Faces posa légèrement sa main sur celle qui agrippait le rebord, comme pour se retenir de chuter. C'était en un geste d'apaisement, comme pour dire à l'inconnue de se calmer. En tout cas, elle en avait besoin, pour l'instant.

« On devrait parler dehors, » ajouta-t-elle, relâchant la pression de sa paume sur la main de l'inconnue, non sans désigner, d'un regard, l'extérieur.

Elle ne tenait pas à ce que ses collègues sachent, pour son pouvoir. Elle avait déjà assez de problèmes au quotidien avec ce foutu gène X. Et les choses, seraient plus faciles à expliquer, de façon plus isolée et moins stressante.

« Viens, calme-toi. »

Son regard s'appuyant sur elle un instant, elle montra cependant le chemin, l'entraînant près du parking silencieux – pour l'instant – de l'hôpital. Elle vérifia que personne n'était aux alentours, avant de se retourner vers son interlocutrice, croisant légèrement les bras, l'air interrogateur. En vérité, elle n'avait jamais su s'il valait mieux arracher le sparadrap tout de suite, ou non. Certains éprouvaient parfois un...soulagement de parler aux morts. D'autres pas. Quoiqu'il en soit, dans l'instant présent, l'important était surtout que sa nouvelle connaissance reprenne une respiration, et des couleurs normales. Si cette femme semblait bien réservée, presque méfiante et distante, ses traits plaisaient toutefois un peu à Faces.


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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Mer 12 Aoû 2015, 00:36

« On me le dit souvent, ouais, » Irina cilla légèrement en l'entendant lui répondre avec son sempiternel accent du sud. Elle ne s'attarda pas sur ce détail néanmoins, mais tenta au contraire de se raccrocher au sens de ces paroles en espérant peut-être y découvrir celui de cette situation qui continuait à heurter son bon sens, même si ce dernier avait été momentanément mis sur la touche.

Elle commençait néanmoins à encaisser le choc, peut-être grâce à ce début de conversation, et commença aussi à retrouver un semblant de pensée cohérente.

On le lui disait souvent donc, cela signifiait-il qu'il s'agissait réellement d’Éclipse ? Que d'autres l'avaient également cru morte et qu'ils avaient été tout aussi surpris qu'elle en la revoyant ?

Une partie d'elle refusait toutefois d'admettre cette idée : elle ne l'avait pas vue mourir, mais elle l'avait sentie s'éteindre. Elle savait donc pertinemment qu'elle était partie, et pourtant, il n'était pas impossible qu'une autre partie d'elle ait aussi commencé à espérer, aussi fou que cette hypothèse puisse paraître.

La pression de sa main sur la sienne l'encouragea d'ailleurs en ce sens. Il émanait même une certaine chaleur de sa peau, alors qu'elle l'avait bêtement imaginée froide. Mais non. Si Éclipse ne l'avait pas contredite au sujet de sa mort, elle semblait néanmoins bel et bien vivante. Un bref coup d’œil autour d'elle lui confirma d'ailleurs qu'elle ne parlait pas dans le vide pour son entourage immédiat, même si cette perceptive continuait à se heurter à sa raison.

« On devrait parler dehors » suggéra alors son ancienne amie, ce qui la surprit et l'inquiéta peut-être aussi un peu. Sur le moment, en Ukraine, Éclipse lui avait donné l'impression d'agir de son plein gré et en toute connaissance de cause. Elle ne semblait pas non plus avoir formulé de reproches à son encontre ou nourri la moindre rancœur à son égard, mais son propre sentiment de culpabilité lui fit craindre que la situation ait pu changer et Irina n'était pas sûre de pouvoir encaisser décemment ses reproches, qu'elle saurait, pour le coup, parfaitement mérités. Éclipse n'avait pas l'air hostile néanmoins et parler à l'abri des regards et oreilles indiscrets, compte tenu des circonstances, était surement une bonne idée. Elle fini en outre par penser qu’Éclipse voulait peut-être seulement lui donner des explications sur sa présence ici et sa survie inespérée. Soulagée par cette idée, elle acquiesça donc d'un léger signe de tête et obtempéra, lorsque Éclipse l'encouragea à nouveau à l'accompagner.

Toujours un peu secouée, mais déjà plus calme, elle eu aussi la présence d'esprit de reprendre en passant le panier qu'elle avait posé sur le comptoir et entreprit machinalement n'en tripoter l'anse avec l'un de ses doigts. "Réflexe auto-calmant" aurait surement dit un psy, mais Irina ne s'attarda pas sur cette idée et, un fois n'étant pas coutume, n'essaya même pas de s'en empêcher. Elle avait toutes les raisons du monde d'être nerveuse et, à moins qu'elle n'ait radicalement changée, Éclipse serait surement la dernière à le lui reprocher.

Une fois qu'elles furent toutes les deux dehors, elle la suivit par ailleurs jusqu'à ce qu'elle finisse par s'arrêter pour se retourner vers elle. Elle ne reprit pas la parole néanmoins et l'explication à laquelle elle s'était attendue ne vint pas. En fait, Éclipse semblait également dans l'expectative et Irina fini par se sentir obligée de meubler pour combler le silence.

- Tu as l'air d'aller bien, dit-elle alors. *Pour une morte* ne pu s'empêcher d'ajouter une petite voix dans son esprit -peut-être plus pour lui rappeler qu'elles pouvaient surement faire mieux que s'échanger des banalités que pour le pur plaisir de faire de l'ironie lorsque la situation ne s'y prêtait pas.

- Et c'est bien, renchérit-elle alors, *mais ?* poursuivit la voix, mais je dois avouer que j'ai du mal à comprendre.

Irina refit une pause. Elle tripotait toujours l’anse du panier et jetait des regards de ci de là comme s'ils pouvaient l'aider à trouver la suite du fil de sa pensée. Elle s'arrêtait aussi régulièrement sur le visage de l'ancienne confrériste -comme pour s'assurer qu'il était toujours là ?, mais avait visiblement du mal à le fixer longtemps sur elle.

- Comment as-tu pu, je veux dire, comment as tu fait pour survivre à ça ? C'est une bonne chose bien sûr, mais...

Certes, on aurait pu s'attendre à un peu plus d'effusion, mais ce n'était pas le genre d'Irina. Exprimer ce qu'elle ressentait n'avait jamais été son fort et présentement le poids de la culpabilité pesait un peu trop lourdement sur elle pour lui permettre de sauter de joie à l'idée qu'elle n'ait en réalité pas été responsable, même indirectement, de sa mort. Elle avait besoin de comprendre en outre, c'était quelque chose qui la quittait rarement et qu'elle faisait même souvent primer sur le reste. Cela avait d'ailleurs aussi l'avantage de lui permettre de se concentrer sur autre chose que sur ce qu'elle pouvait ressentir ce qui se vérifia à nouveau.

Elle réussi en outre à se convaincre qu’Éclipse pourrait surement comprendre. Elles s'étaient souvent comprises en Ukraine, parfois même sans se parler, et pourraient surement trouver un moyen pour y parvenir à nouveau, malgré ce qui s'était passé. Elle n'avait jamais été particulièrement démonstrative non plus du reste, ce que confirmait d'ailleurs la façon relativement neutre dont elle avait réagit en la revoyant.

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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Dim 16 Aoû 2015, 17:33


Là se posait toute la question, en ce qui concernait Faces. Jouer le jeu, ou ne pas jouer le jeu ? Il fallait certes pour cela, avoir un but, une idée derrière la tête. Parfois, c'était juste purement fatiguant d'être pris pour quelqu'un d'autre, et c'était encore le plus simple pour écourter une conversation, le plus facile. Le facile étant parfois l'ennemi du bien. Quelquefois, elle avait de la compassion, et accordait une chance à ceux qui souhaitaient avoir l'illusion de s'entretenir avec un disparu ou un mort. D'autres fois, elle s'en fichait tellement, était tellement énervée, qu'il n'y avait presque rien de plus satisfaisant que démontrer à l'autre, point par point, qu'il avait tort et se trompait de personne. Et par là, soit on la croyait, soit on ne la croyait pas. Cela pouvait être dangereux.

Qu'est-ce qui faisait pencher à cet instant la balance, d'un côté ou de l'autre ? Rien, absolument rien, en vérité, pour l'instant. Si ce n'était que Faces se protégeait, et que pour elle, ça signifiait aller parler hors de son lieu de travail. C'était pourquoi elle avait emmenée la femme blonde, jusqu'au parking. Elle ignorait encore qui elle était à ses yeux, aussi ne pouvait-elle que jouer sur l'ambiguïté. Les bras croisés, les yeux fixés dans ceux de sa chanceuse interlocutrice, elle l'observait avec détermination et acuité. Encore une fois, elle avait les traits, la voix et l'odeur d'un mort. D'une morte, précisément. Dont le retour ne semblait d'ailleurs pas forcément plaire à la personne en face, mais après tout, il y avait des gens qui peinaient à exprimer leurs émotions par les gestes, sans pour autant être autistes.

Si l'autre femme cillait et paraissait perplexe, Faces ne prit pas la peine d'expliquer davantage, pour l'instant. D'ailleurs, les traits de son interlocutrice semblèrent se teinter d'une certaine culpabilité, ou d'une inquiétude ? Qu'est-ce que cela signifiait donc ? Puis du calme. Il était assez fascinant de voir, malgré la grande perturbation que venait de subir cette femme, qu'elle demeurait pour autant raide, assez inexpressive, comme si elle avait du mal à quoi savoir faire de ses sentiments. Ce n'était probablement pas la seule dans cette ville, mais cette sorte de maladresse comportementale, fit sourire Faces, sans méchanceté toutefois. Elle remarqua qu'elle tripotait son panier de muffins, comme pour calmer de la nervosité. Ainsi, c'était une rencontre qui procurait du soulagement, mais aussi de l'anxiété. Eh bien, la dernière entrevue avant la mort de la personne dont Micaela avait pris l'apparence, ne devait pas être de tout repos.

Faces se contenta de hausser les épaules à la remarque sur sa santé. Non, elle n'allait pas forcément très bien, mais tant pis...la nervosité, la façon dont les doigts de la femme blonde trituraient le panier, avaient quelque chose de presque hypnotique. Faces renonça à la blague qu'elle aurait pu sortir, reportant son attention sur les traits calmes, sans doute sereins en d'autres circonstances, de cette femme. Ce regard-là la fuyait. La raison n'était pas forcément évidente à savoir, car il y avait tant de possibilités.

« On survit comme on peut. » répondit-elle, simplement, faisant quelques pas pour se rapprocher. « Pourquoi sembles-tu si anxieuse ? Tu as quelque chose à me dire ? »

Il n'y avait pas trente-six façons d'être coupable, face à un mort qui marchait soudain. Les hypothèses étaient diverses mais limitées : trahison, responsabilité du décès, manque de prévoyance, serment non respecté, choses non faites...

Peut-être que des fois, il y avait besoin d'adresser quelques dernières paroles qu'on aurait souhaité dire, malgré tout. Sans pour autant être voyeuse, Faces était intriguée par l'attitude de la femme en face d'elle. Pas démonstrative, pour autant, les sentiments qui l'animaient, semblaient forts. C'était sans doute une réaction logique quand on revoyait un mort, mais il y avait aussi davantage, elle le ressentait.

« Des derniers mots que tu aurais pensé vouloir prononcer ? »


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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Mer 26 Aoû 2015, 01:07

« On survit comme on peut. »

- Non, répondit-elle alors, du tac au tac, quoi que sans véritable précipitation, tandis qu'elle se remémorait les derniers instants d’Éclipse avec plus d'acuité qu'elle ne l'avait fait depuis longtemps.

Bien qu'elle se les soit longtemps repassé en boucle après son retour en Angleterre ou dans le bateau qui l'y conduisit, ces souvenirs faisaient désormais parties des choses auxquelles elle évitait soigneusement de penser. Elle n'avait pu les bannir totalement de son esprit néanmoins et ces derniers étaient même restés particulièrement vivaces. Trop à son goût, bien sûr, mais assez pour qu'elle perçoive le décalage entre ces derniers et la réponse de la jeune femme qui lui faisait face.

A la fin, Éclipse avait su autant qu'Irina qu'elle allait mourir. Sitôt les représentants de l'empire en fuite, les anciens résistants avaient pu mettre la main sur des armes beaucoup plus performantes que celles qu'ils avaient utilisées jusque là et ses créations n'étaient pas assez robustes pour leur résister longtemps. Éclipse non plus. Sa seule chance résidait dans la fuite, mais on ne lui laissa pas l'occasion de la saisir. Lors d'un énième bombardement de la zone où elle se trouvait, un éclat d'elles ne sauraient probablement jamais quoi avait en effet atteint son dos et sa colonne. Ce fut du moins ce qu'elles déduisirent lorsqu'elles se rendirent compte que plus aucune sensation ne parvenait de son corps à l’exception de ce que percevait son visage. Bien évidement, ses tentatives pour bouger autre chose que sa tête furent aussi des échecs. Un coup d’œil à son abdomen lui indiqua cependant qu'elle avait aussi été touchée au flanc gauche et qu'elle se vidait progressivement de son sang. Elle ne pouvait par ailleurs s'attendre à aucune aide venant de l'extérieur. Ses troupes étaient alors en pleine dispersion, tentant elles aussi, d'échapper aux impacts meurtriers des bombes, le plus souvent avec autant de succès qu'elle. Elles étaient faites pour tuer, protéger et défendre en outre, pas pour soigner, et le seul autre signe de vie qu'elle percevait provenait des aller-retours aériens des avions. Il n'y avait même pas de troupes au sol ou de reporters de guerre téméraires, personne chez qui éveiller un soupçon de pitié ou de compassion, seuls quelques pilotes hors d'atteinte. Alors, elle avait su qu'elle était foutue. Et Irina aussi.

- Non, reprit-elle, en revenant presque brusquement à la situation dans laquelle elle se trouvait, la voix moins blanche et plus ferme, parce qu'elle était plus sûre d'elle et de ce qu'elle avançait, pas quand on est paralysée au milieu d'une zone en plein bombardement. Pas...

Elle faillit dire "pas quand on est l'ennemi public n°1 local du moment", mais une forme de vieux sentiment de bienséance ou d'instinct de conservation la retient et elle fini sa phrase par un soupire. Le dire à haute voix aurait rendu les choses plus réelles -trop réelles, ce qui lui paru dangereux. Bien que cela pu paraître secondaire dans un tel moment, Irina ne tenait pas à être associée publiquement à ce type d'individu -publiquement et communément honni, même s'ils étaient sensés être morts. Plus maintenant, aurait voulu ajouter une petite voix, mais une part d'elle douta ensuite de sa véracité et elle balaya ces idées de son esprit, non sans une pointe d'agacement, parce qu'elle n'aimait pas ce que cela pouvait laisser penser d'elle.

Éclipse reprit ensuite la parole, empêchant momentanément la suite de ses souvenirs de lui revenir en mémoire.

"Pourquoi sembles-tu si anxieuse ? Tu as quelque chose à me dire ?"

Sa réplique -ces deux phrases en fait, la surprirent et la piquèrent un peu au vif. C'était peut-être le but d'ailleurs et ce n'était pas forcement idiot, surtout face à une personne comme Irina, qui, à moins d'être au pied du mur ou le nez à côté de la source de l'odeur qui l'incommode, fera tout ou presque pour faire celle qui ne voit ni ne sent rien, histoire ne pas se confronter trop directement à ses problèmes. Ce n'est pas qu'elle les fuyait -ou du moins, elle ne voyait pas tout à fait les choses sous cet angle, c'est juste qu'elle préférait éviter d'y penser en public, même si ce dernier était sensé lui être favorable.

Piquée à vif donc, Irina passa par ailleurs à côté d'une évidence : ce genre d'attitude ne ressemblait pas à son ancienne amie. Bien qu'elle chercha brièvement à se demander ce qui lui prenait ou ce qu'elle cherchait à faire, elle n'attendit toutefois pas de pouvoir esquisser un début de réponse ou d'hypothèses pour lui répondre.

- Tu es morte Éclipse ou tu ne l'es peut-être pas, mais cela fait plus de deux ans que je suis persuadée du contraire.

N'était-ce pas une raison suffisante pour être nerveuse ? Elle faillit expliciter ses propos et même demander à Éclipse si fréquenter les morts était une pratique courante dans le sud des États-Unis, avant de lui signaler que c'était quelque chose de nouveau pour elle, mais elle estima que ce n'était pas nécessaire.

Son ton n'avait pas été agressif en outre, mais il avait encore gagné en fermeté et ses sourcils, s'ils ne s'étaient pas froncés, en avaient esquissé le mouvement. Quelque chose clochait, cela n'avait peut-être pas encore fait tilt dans son esprit, mais c'était comme si son corps et son inconscient en avait déjà conscience et réagissaient en conséquence sans attendre qu'elle se réveille.

" Des derniers mots que tu aurais pensé vouloir prononcer ? " reprit Éclipse laissant d'abord Irina coi avant qu'elle ne commence à s'inquiéter pour sa propre sécurité.

Qu'en attendait-elle en effet par ses "derniers mots" ? Si une réponse s'imposa avec une certaine évidence dans son esprit -assortie d'une violente envie de fuir, une partie d'elle refusa néanmoins de lui accorder complètement son crédit, parce qu'elle refusait d'envisager que cela soit simplement possible.

Si elle avait une part de responsabilité indéniable dans sa non-mort, Irina ne l'avait toutefois contrainte en rien. Avant de s'éteindre, Éclipse avait d'ailleurs semblé particulièrement calme, bien plus qu'Irina d'ailleurs, qui elle, avait été complètement paniquée par l'idée de sa mort prochaine. Elle avait donc du mal à comprendre comment quelqu'un qui avait fait face à la mort avec autant de sérénité et stoïcisme pouvait désormais nourrir des envies de vengeance alors même qu'elle avait finalement survécu.

Bien que la situation manqua cruellement de cohérence à ses yeux, elle ne s'en sentie pas moins directement menacée par son sous-entendu et jeta même machinalement un regard autour d'elle comme pour évaluer ses chances. Malheureusement pour elle, le parking était toujours désert et si Éclipse était toujours aussi douée qu'elle l'avait été, elle n'avait aucune chance de s'en sortir ni dans un affrontement direct ni dans une tentative pour prendre la poudre d'escampette. Son pouvoir -ou du moins les aspects de son pouvoir qu'elle maîtrisait à peu près, ne lui était par ailleurs d'aucune utilité. Elle n'avait en effet pas pour habitude de sortir en ville avec ses créatures comme on promène son chien et ces dernières se trouvaient donc toutes chez elle, où elles ne pouvaient être d'aucun secours. Il ne lui restait donc plus qu'une option.

- Tu as agi de ton plein gré Éclipse et je ne t'ai contrainte à rien, dit-elle alors, tandis qu'une partie d'elle se révoltait intérieurement contre l'absurdité de toute cette situation.

Exprimer sa reconnaissance ou lui faire part de ses regrets auraient surement été une bonne idée, mais c'était précisément le genre de chose qu'elle avait du mal à faire et ce d'autant plus que cela n'avait jamais paru nécessaire jusque là. Elles s'étaient toujours facilement comprises, parfois même sans parler, et le lien instauré entre leur deux esprits avaient encore accru ce phénomène. Ce qui passait par la tête de l'une, passait aussi par celle de l'autre et vice versa. Il était difficile dans ces conditions de se cacher quoi que soit et redondant de mettre des mots sur ce que l'on avait échangé de cette façon.

- Tu semblais en avoir conscience d'ailleurs. Qu'est ce qui a changé aujourd'hui ?

Quitte à devoir rendre des comptes, autant savoir pourquoi. Irina savait bien sûr qu'elle n'était pas toute blanche, mais reconnaître ouvertement ses tords ne faisaient pas partie de ses habitudes. En toute honnêteté d'ailleurs, elle ne voyait sincèrement pas ce qui aurait pu provoquer ce revirement de situation. Elle s'était presque immédiatement blâmée pour sa mort, mais elle savait qu’Éclipse n'en avait pas fait de même et nageait donc dans une certaine confusion presque plus pénible à ses yeux que les sentiments contradictoires qui l'animaient.

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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Lun 07 Sep 2015, 21:12



La réponse de la blonde la surprit. La deuxième, également. Faces ne se priva pas de froncer les sourcils, bien que ce soit probablement contraire au personnage dont elle prenait la place. Comment aurait-elle pu deviner, après tout, la force intime des liens qui unissaient son interlocutrice et la décédée, ou encore les circonstances de la mort de cette dernière ? D'aventureuse, Faces bascula légèrement sur la réserve, la prudence, alors que son interlocutrice se remémorait les derniers souvenirs d'Eclipse, le contexte de son décès. Une chose était sûre : Micaela aurait détesté mourir dans les mêmes conditions que celle dont elle avait actuellement le visage. Elle ne serait pas morte non plus en paix. Sans doute se serait-elle débattue inutilement, aurait tempêté, aurait tout fait pour montrer qu'elle vivrait encore, en vain. La mort était l'une des choses qui faisait le plus peur à Faces, et en aucun cas, elle ne l'aurait accueillie avec sérénité, comme une vieille amie.

Contrairement à celle dont elle avait les traits.

« Non, pas quand on est paralysée au milieu d'une zone en plein bombardement. Pas... »

L'air sembla tourner légèrement autour de Faces, comme si elle était prise d'un léger vertige. Une paralysie, une mort brutale, inévitable. Comme elle aurait haï une mort pareille. Comme elle aurait lutté jusqu'au bout. Elle se demandait parfois si elle n'empruntait pas un peu de destin à chaque visage pris. Elle ne le souhaitait pas. La femme en face d'elle ne termina pas sa phrase, soupirant, le front visiblement ombragé par un nuage de réflexion sombre. Les yeux de Faces ne quittaient pas ce visage qui lui semblait au départ apaisant, et était désormais traversé d'inquiétude et de tourments. Cependant, elle garda le silence, laissant l'autre femme déverser un peu plus de ce qu'elle avait sur le cœur, c'est à dire pas beaucoup. La réserve semblait faire partie d'elle comme un masque difficile à arracher. D'ailleurs, elle semblait se sentir de plus en plus attaquée, et l'illusion que Faces maintenait, n'allait visiblement plus durer très longtemps.

Ne souhaitant guère fouiller dans la tête de cette femme, elle ne cherchait en effet pas à percevoir les traits, la personnalité, de la morte à qui elle ressemblait. Et elle apparaissait de plus en plus contradictoire avec l'image – le souvenir – que l'inconnue gardait d'elle. L'infirmière hésita un instant...hésita à jouer le jeu, ou non. Car après tout, la paix, ou les excuses, n'étaient pas forcément données à tout le monde, et elle avait déjà pris un certain parti, pas vrai ?

« Tu es morte Éclipse ou tu ne l'es peut-être pas, mais cela fait plus de deux ans que je suis persuadée du contraire. »

Et tu as raison, sembla dire le regard de Micaela. Après tout, qui, à part une mutante très puissante, aurait pu survivre à un bombardement, en étant paralysée ? Elle comprenait sans doute davantage les tourments qui agitaient l'âme en face d'elle. Difficile d'évacuer une paralysée en pleine guerre ou au milieu d'un combat. Et difficile, davantage encore, de ne pas s'en vouloir après, d'avoir laissé quelqu'un de vivant sur le champ de bataille. Cette femme ne tarderait pas à devenir agressive, cela se sentait, ou à en tout cas laisser ses émotions éclater en quelque chose de plus gros qu'une simple question ahurie.

Micaela n'avait par ailleurs pas demandé si elle avait des derniers mots, pour la menacer, même si avec le recul on y pensait forcément. Mais on n'avait pas tous les jours l'opportunité de s'entretenir avec une personne décédée, après tout...c'était là la seule et unique raison. Pas de vengeance venue d'outre-tombe comme dans un film d'horreur, quel qu'il soit. Juste...une espèce de dernière chance, d'apaiser un peu sa conscience. Restait à savoir si l'infirmière allait continuer à jouer un rôle, ou dévoiler la supercherie. Elle aurait pu, en tout cas, presque rire, en voyant la blonde regarder autour d'elle comme pour trouver une porte de sortie. Elle aussi, calculait ses chances de survie. Si Faces eut un sourire entendu et plutôt amical, elle ne fit pas un pas de plus, ni un geste menaçant.

« Tu as agi de ton plein gré Éclipse et je ne t'ai contrainte à rien. »

« Je sais, » fit Micaela, d'un ton plus apaisant, plus rassurant. « C'est pas là la question. T'as rien à craindre, vraiment. »

Elle hocha, presque machinalement, la tête à l'affirmation suivante. Elle ne pouvait pas lire les pensées de cette femme, encore moins partager avec elle l'incroyable connexion que cela semblait avoir été avec la décédée, pour autant, Faces prit la main libre de son interlocutrice, la serrant doucement.

« Je suis pas là pour me venger ou quoique ce soit. T'es pas responsable de ce qui est arrivé. »

Un instant de flottement. Que pouvait-elle dire d'autre ? En tant que elle, ou en tant que l'autre, le fantôme de cette femme qui se dressait entre eux. Son interlocutrice semblait nager dans la perplexité, les idées vagues et contraires, incapable de savoir où elle en était. Aussi finit-elle, par laisser tomber le masque, quoique peut-être avec un certain regret.

« Je suppose qu'elle t'en veut pas, pour sa mort. Mais t'as l'air d'avoir un sacré paquet de culpabilité et de regrets à décharger...et c'est difficile à faire, quand la personne concernée, est plus là. »

Le ton déterminé et compatissant de Micaela avait beau résonner à ses oreilles avec ses intonations propres, hélas, ses mots ressortiraient toujours avec le timbre d'Eclipse, à son grand dam.


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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Mar 22 Sep 2015, 21:08

Non, bien sûr, Faces n'avait aucune raison de se douter ni du lien qui avait uni Irina et Éclipse, ni des conditions dans lesquelles cette dernière était morte. Pas plus d'ailleurs qu'Irina n'en avait de s'imaginer que ces informations aient pu lui manquer... pour la simple et bonne raison qu'elle n'existait simplement pas à ses yeux ou du moins pas encore.

Elle croyait toujours s'adresser à Éclipse et ne remarqua pas outre mesure sa surprise lorsqu'elle lui divulgua une partie des informations qui lui manquaient ou bien elle le remarqua, mais n'y prêta pas plus d'attention que cela, mettant davantage ce qu'elle capta sur le coup du désagrément lié au rappel de ces souvenirs que sur celui d'une véritable surprise que son esprit n'aurait pas su expliquer. Elle n'avait jamais été particulièrement observatrice en outre et était encore trop accaparée par ses propres émotions pour faire ne serait-ce que de son mieux dans ce domaine.

"Je sais. C'est pas là la question. T'as rien à craindre, vraiment".

Si jusque là les paroles de Micaela avaient semées une certaine confusion dans son esprit, ces dernières phrases lui donnèrent au contraire l'impression de retrouver celle qu'elle connaissait. Ce simple fait suffit d'ailleurs à l'apaiser, au moins partiellement, et son attitude eu donc largement l'effet escompté, même si Irina restait encore retournée par ces retrouvailles.

Le fait qu’Éclipse prenne sa main l'ébranla également, comme lorsqu'elle l'avait touchée à l'intérieur de l'hôpital, ce fut comme si la chaleur de sa peau ancrait davantage cette rencontre dans la réalité ou lui donnait plus de poids. Pourtant, Irina ne doutait plus vraiment de la véracité de ce qu'elle vivait, un peu comme si les doutes qui avaient commencés à l'assaillir inconsciemment semblaient s'être rendormis. Cela aussi ressemblait à Éclipse en outre. Elle faillit quand même retirer sa main sur le coup de la surprise, mais se retint à temps et tenta de se concentrer sur ce qu'elle lui disait, la regardant dans les yeux, par la même occasion, peut-être pour la première fois depuis le début de leur conversation.

"Je suis pas là pour me venger ou quoique ce soit."

Maintenant, qu'elle entendait ces mots, cela paraissait presque évident et un léger sourire se dessina même sur son visage, comme en signe d'excuse. Elle ne dit rien en revanche et continua à la laisser parler.

"T'es pas responsable de ce qui est arrivé."

Irina apprécia moins ces derniers mots que l'on aurait pu le croire.

Autant elle avait eu du mal à faire face aux sous-entendus vaguement accusatoires avec lesquels elle l'avait accueillie -ou avec ce qu'elle avait pris pour des sous-entendus vaguement accusatoires, autant elle avait également du mal à entendre qu'elle n'était pas responsable de ce qui était arrivé. C'était paradoxale, certes, mais ça n'en était pas moins vrai. Là aussi néanmoins, on retombait dans quelque chose qu'elle connaissait : Éclipse qui ne lui en voulait pas, Éclipse qui se voulait même rassurante, tandis qu'elle essayait de se dépatouiller avec une culpabilité collante dont elle ne parvenait pas à se défaire.

Il était en effet certain qu'elle n'avait pas voulu sa mort, mais il était tout aussi certain qu'elle était responsable, au moins partiellement, des circonstances dans lesquelles elle s'était déroulée. Elle avait donc bel et bien une part de responsabilité dans sa mort elle-même, même si celle-ci n'avait été ni directe, ni intentionnelle.

Sans lâcher sa main, Irina détourna par ailleurs momentanément les yeux, non en raison de son malaise -lequel fut d'ailleurs amoindri par la familiarité que revêtait la situation à ses yeux, mais parce qu'elle éprouvait le besoin de réfléchir. Dire quelque chose aurait surement été une bonne idée, mais comme souvent elle ne parvint pas à trouver quoi que ce soit d'approprié. Tout ce qui lui venait à l'esprit lui paraissait réchauffé ou d'une platitude ou d'une mièvrerie qui lui faisait repousser ses idées avec d'autant plus de force qu'elle préférait encore se taire plutôt que donner dans l'un ou l'autre de ces registres.

Éclipse l'interrompit néanmoins dans ses réflexions lorsqu'elle recommença à parler.

"Je suppose qu'elle t'en veut pas, pour sa mort."

Dans un premier temps, Irina ne comprit pas de qui Éclipse parlait, ce qui ne l'empêcha pas de reporter son attention sur elle et sur ses yeux bleus.

En Ukraine, elle avait en effet provoqué la mort d'un certain nombre de personnes. La plupart d'entre elles devaient être des hommes, mais il devait bien y avoir quelques femmes dans le lot... A sa connaissance toutefois , aucune n'avait retenue son attention -ou celle d’Éclipse, plus qu'une autre.

"Mais t'as l'air d'avoir un sacré paquet de culpabilité et de regrets à décharger... et c'est difficile à faire, quand la personne concernée, est plus là."

Pour Irina, la situation recommença à manquer quelque peu de cohérence. La première phrase était trop directe pour Éclipse et elle ne parvenait toujours pas à comprendre de quoi ou de qui celle-ci parlait, ce qui lui fit ressentir un certain inconfort. Pourtant, elle ne parvint pas à saisir ce que Micaela essayait de lui faire comprendre. Il faut dire aussi qu'elle ne cherchait pas vraiment au bon endroit, comme si son esprit, qui commençait tout juste à s'habituer à l'idée de l'avoir -vraiment- retrouvée, refusait à présent d'envisager le contraire.

- De qui ou de quoi parles-tu ?

Elle n'avait jamais vraiment su combien de personnes étaient mortes dans les environs de Pripyat. Elle s'était déjà posée la question, mais n'avait pas voulu se renseigner et croyait même avoir réussi à se convaincre que cela n'avait pas d'importance.

Il n'y en avait de toute façon qu'une qui avait vraiment comptée et elle se trouvait juste en face d'elle. Une fois n'étant pas coutume, elle fini d'ailleurs par le lui dire.

- Tu as été la seule mort que j'ai regretté, Eclipse, les autres...

Irina secoua légèrement la tête, en signe de désapprobation. Les autres avaient bêtement voulus détruire ce qu'elle avait créé, sans même chercher à comprendre de quoi il retournait, et une partie d'elle était toujours intimement convaincue qu'ils avaient mérité leur sort. Une autre part d'elle-même détestait aussi cette idée, de même qu'elle était loin d'en être fière, mais elle ne s'attarda pas longtemps sur ces pensées, parce qu'il lui semblait qu'elle avait mieux à faire.

- Mais maintenant tu es là, ajouta-t-elle ainsi, comme pour conclure toute forme de débat avec elle-même, comme avec Éclipse.

Elle parvint même à sourire, tandis qu'elle commençait à envisager cet état de fait non plus comme un problème, mais comme une opportunité, même si ses contours lui semblaient encore flous. Elle commençait aussi à se sentir soulagée, même si elle n'en avait pas encore tout-à-fait conscience.

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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Dim 25 Oct 2015, 16:08


Le terrain devenait de plus en plus glissant, et Faces sentait, au sens figuré, le sol s'effondrer sous ses pieds. Plus la conversation avançait, plus elle se rendait compte d'à quel point il allait être difficile pour elle de se sortir de ce pétrin. Elle n'en pouvait plus. Elle arrivait à un moment de saturation, ça ne pouvait plus décemment continuer comme ça. Il lui restait pas beaucoup de temps à vivre, mais bon sang, allait-elle tenir comme ça jusqu'à la fin ? Malgré ses sourires, elle en était fatiguée. Car arrivaient toujours des moments comme ceux-ci, où elle ne savait pas ce qui était le plus douloureux, entre laisser l'illusion croître, ou la détruire, rayer d'un trait les espoirs de ses victimes. C'était la question du facile et du bien, sans doute, mais les deux relevaient de la plus pure douleur, de toute façon.

Elle hésitait et vacillait, ce doute perceptible dans ses yeux, même si ses pieds restaient fermement ancrés sur terre. Parfois, elle manifestait un peu plus d'étonnement, sans que cela trouble son interlocutrice. C'était prévisible. L'esprit réparait lui-même les erreurs qu'il voyait, et les interprétait à une sauce qui l'arrangeait. Ainsi, l'illusion était progressivement parfaite. Tout pouvait s'expliquer, avec le meilleur déni du monde. Elle eut brièvement un sourire sarcastique, qui disparut, car son cœur éprouvait aussi de la compassion envers la souffrance et les sentiments d'Abysse, qui avait l'unique de chance de reparler à une personne chère, même si tout n'était qu'une illusion. Et il y avait des illusions dont on ne pouvait, ni ne voulait, se débarrasser. De toute manière, elle voyait bien que plus elle parlait, plus elle s'enfonçait. C'était quasiment en-dehors de son contrôle. Valait-il mieux jouer le jeu jusqu'au bout, puis disparaître ? Cela semblait être la seule solution. Une solution qui avait par ailleurs déjà fait ses preuves. Tant qu'à s'enfoncer...

Bien sûr, Faces ignorait tout ce qui s'était passé, et pour l'instant, elle ne voulait pas aller dans la tête de cette femme. Aussi marchait-elle, et parlait-elle, au hasard, espérant que cela collerait, restant aussi suffisamment vague, comme elle le pouvait. Mais elle ne pouvait forcément prédire laquelle de ses paroles serait le plus, ou le moins, appréciée : elle marchait sur du verre en disant ce que l'autre avait envie d'entendre. Et dans ce genre de moments, on avait envie d'oublier le passé, et de se dire que le plus dur s'était écoulé, que c'était le renouveau qui arrivait, désormais. Micaela la laissa reprendre ses esprits, gardant doucement sa main sur la sienne. Elle essaya ensuite de suggérer la vérité à la jeune femme qui lui faisait face, mais bien entendu, celle-ci ne comprenait pas. L'esprit ne voyait que ce qu'il voulait. Qu'importait les morts du passé dans des circonstances que Micaela ignorait totalement.

« De qui ou de quoi parles-tu ? »

Micaela resta silencieuse un instant. Pour tout dire, elle ne répondit pas, préférant détourner le regard. Elle ne répondrait pas à des questions auxquelles elle n'avait aucune réponse. Elle attendait les déclarations suivantes, retournant son visage vers Abysse. La façon dont elle parlait signifiait vraiment que cette « Eclipse » avait été une amie très chère, voire plus. Elle ne l'aurait pas deviné au premier coup d'oeil, mais c'était possible. Elle se permit cependant d'intervenir, ne pouvant se résoudre à lier totalement sa langue.

« Les autres sont morts tout de même. Et on met du temps à faire la paix avec le passé. Comme tu viens de me le prouver. »

Encore une fois, elle ignorait tous les détails, mettait peut-être les pieds dans le plat ; mais elle n'avait pas forcément le choix non plus, tout simplement. Elle ne pouvait pas rester sans rien dire, au risque d'être suspecte.

« Mais maintenant tu es là. »

C'était dit comme une conclusion. Avec un sourire. Un soulagement certain. Faces ne put s'empêcher de sourire en réponse, car il semblait qu'ainsi cette femme parvenait un peu à faire la paix avec elle-même. Ce qui pouvait, après tout, demeurer une bonne chose. Si l'on omettait tout le reste, autrement plus périlleux et dangereux, bien entendu. Cette femme semblait décidément plus du genre intellectuel et pensif, qu'autre chose, mais ça n'était pas pour lui déplaire.

« Oui...j'ignore seulement pour combien de temps. Cela change tout pour toi ? »

Le sortilège ne semblait pas près d'être levé. Faces serra sa main, doucement, avant de la relâcher. Elle préféra détourner la conversation, sur un sujet où elle serait plus à l'aise, et plus apte à déguerpir si...le besoin était échéant.

« Depuis combien de temps es-tu là ? Que fais-tu ? Et pourquoi cet hôpital ? »

Après tout, mieux valait savoir si elle risquait de retomber sur elle, à un moment ou à un autre. Elle pouvait essayer de disparaître dans la nature, mais ça ne changeait rien au facteur hasard, qui pouvait être un sacré s*laud, de temps à autre. Elle devait soigneusement choisir ses mots, et les économiser.


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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Mar 10 Nov 2015, 17:52

- Les autres sont morts tout de même.

Irina ne fit aucun commentaire. Qu'aurait-elle pu dire ? Leur mort était indéniable qu'elle ait été justifiée ou non de son point de vue et, si son regard se durcit momentanément, ce fut uniquement parce qu'elle se rappelait à nouveau pourquoi ils l'étaient.

Bien qu'elle ait fait partie de la confrérie, Irina savait néanmoins qu’Éclipse ne prenait pas la mort à la légère a fortiori quand c'était elle ou un "proche" qui devait la donner.

Elle se souvenait même de l'époque où cela l'avait surprise, parce qu'elle avait longtemps préféré penser que tous les confréristes étaient nécessairement de dangereux sociopathes assoiffés de sang ou peu s'en faut et n'avait jamais pu confronter cette croyance à la réalité.

Cela faisait partie des choses qu’Éclipse avait changées, mais elles en avaient assez longuement parlé par le passé pour qu'elle n'éprouve davantage pas le besoin de revenir sur ce sujet.

- Et on met du temps à faire la paix avec le passé. Comme tu viens de me le prouver.

L'espace d'un instant, Irina eu un sourire légèrement amer. Elle ne pouvait néanmoins qu'être d'accord et acquiesça d'ailleurs en hochant légèrement la tête.

- Je sais.

Elle ne fit d'abord pas d'autre commentaire, elle aurait peut-être pu, mais elle s'abstint et la conversation dériva sur un autre sujet.

Elle ne s'était jamais réjouit d'avoir à vivre en sachant qu'elle avait ne serait-ce qu'indirectement provoqué la mort d'autant de monde et ne l'oubliait en un sens jamais tout-à-fait, pourtant, ce qu'elle avait dit à Éclipse n'en était pas moins vrai : elle ne regrettait pas ces morts là. Elle regrettait parfois de ne pas avoir pu anticiper davantage certaines choses, mais pas la façon dont elle avait réagit lorsque la situation avait dégénéré.

- Oui...j'ignore seulement pour combien de temps.

Irina tiqua visiblement en entendant ces mots et, songeant au lieu où elles s'étaient retrouvées, fini par craindre qu’Éclipse ne puisse être grièvement malade. Cette dernière continua néanmoins à parler et Irina n'eut pas le temps de l'interroger sur le sujet.

- Cela change tout pour toi ?

La question était plutôt bonne, mais Irina n'eut pas besoin de réfléchir longtemps pour lui répondre.

- Tout peut-être pas, lui dit-elle alors, songeant tour à tour à Adil, à ses créatures et à sa fille, le tout avec un sourire triste. Son ton s'était par ailleurs fait plus doux, comme si elle craignait de blesser cette dernière avec ces paroles, mais espérait que la douceur de son ton en adoucisse l'impact. Mais c'est indéniablement un poids en moins à porter.

Elle n'allait pas s'excuser d'avoir continuer à vivre néanmoins et pensait que ce n'était pas ce qu’Éclipse aurait voulu.

Comme pour lui confirmer ce qu'elle pensait, Éclipse, changea ensuite de sujet pour se renseigner plus simplement sur ce qu'elle était devenue.

- Je suis revenue il y a seulement quelques semaines, commença t-elle alors, après avoir légèrement haussé les sourcils, tandis qu'elle se demandait par où commencer. J'ai été mariée, mais il est mort. Alors... rester là-bas, enfin, j'ai, il m'a semblé préférable de m'installer ailleurs.

- Et mon frère travaille ici, ajouta t-elle, en désignant l'hôpital. On est un peu brouillé, développa-t-elle, ensuite. D'où les Muffins, précisa-t-elle encore en désignant d'une main le petit panier qu'elle tenait toujours de l'autre, même si ça n'était pas forcement nécessaire, mais ça ne s'est pas vraiment bien passé. Du coup, si tu en veux...

Irina lui tendit légèrement le panier, afin qu'elle puisse se servir, puis vint s'appuyer contre le capot d'une voiture, ses pieds commençant à lui faire savoir qu'elle était restait trop longtemps debout sans porter de chaussures adéquates.

- Et toi ?

Elle attendit ensuite sa réponse avec un intérêt sincère. Elle ne lui avait pas dit comme elle avait survécu en Ukraine, mais peut-être serait-elle plus loquace sur la façon dont elle s'en sortait ici ? Outre le fait qu'elle se souciait sincèrement du tour qu'avait pris sa vie, une partie d'elle avait aussi besoin d'entendre qu'elle allait bien ou mieux et avait réussi à se retrouver, comme elle, un semblant de vie normale.

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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Dim 29 Nov 2015, 23:15


Visiblement cette histoire de morts, de meurtres ou de massacre travaillait beaucoup la jeune femme blonde. Faces n'aurait su dire exactement ce qui s'était passé, mais d'un certain côté elle n'avait peut-être pas envie de le savoir, au risque de se retrouver avec des dommages collatéraux. D'ailleurs, rien que le regard durcissant ne l'encouragea pas à poser davantage de questions, ne souhaitant pas faire de frais indésirables. Cette jeune femme avait déjà, pour Micaela, quelque chose de dangereux, qui tenait peut-être à l'austérité de ses traits et à sa froideur apparente. Alors, si en plus elle avait su qu'Eclipse avait fait partie de la Confrérie, quelles fréquentations... La femme en face d'elle était peut-être tout aussi dangereuse. Comme d'autres, la Cubaine n'en avait que des préjugés, mais cela suffisait, honnêtement. Elle ne chercherait pas à en savoir davantage, de crainte de se plonger dans des eaux trop profondes pour elle.

Ce fut pourquoi elle préféra glisser le sujet vers d'autres horizons, histoire d'éviter de s'enfoncer lamentablement si soudain elle laissait échapper une énormité. N'importe quoi d'autre, pour que ce soit suffisamment vague. Son cœur battait fort, mais même son anxiété à elle était dissimulée par les traits d'Eclipse. Dans quoi venait-elle de se fourrer, sans possibilité immédiate d'en sortir ?... Elle crut même l'avoir vexée, en voyant qu'elle tiquait, et elle se précipita peut-être pour rectifier son erreur.

« C'est pas contre toi. Je sais jamais où m'appellent mes projets. »


Une précision inutile, comme elle le vit par la suite. Irina mentionna en effet suffisamment de choses pour que Micaela se rassure : même si leur rencontre était plus qu'hasardeuse et pouvait mener à plus, son interlocutrice avait de quoi s'occuper suffisamment, pour qu'elle puisse disparaître sans prévenir. C'était une solution de lâche, mais elle n'avait guère le choix. Ou laisser tomber le masque. L'éternel dilemme. Et elle s'en serait voulu de faire disparaître telle douceur dans la voix d'Irina. Pas sûr qu'elles se seraient entendues en-dehors de ça, mais il fallait faire avec.

« T'as pas à vivre toujours avec ce poids. Au bout d'un moment...ça t'empêche juste d'avancer. »
Une pause, alors qu'elle écoutait le reste, indéniablement plus joyeux, quoique... Certaines parties la firent sourire, d'autres moins.

« Oui... c'est difficile de rester là où on a vécu avec quelqu'un. Je suis désolée pour toi. » (Du moins elle supposait, n'ayant guère d'expérience en la matière. Cela rayait par ailleurs sa thèse selon laquelle Irina était amoureuse de cette Eclipse.) « Oh...tu as eu des enfants, aussi ? »

Une question qui pouvait être logique. Elle écouta la suite, sur le frère, et Micaela se demanda rapidement si elle le connaissait. Il allait donc falloir qu'elle quitte ce travail à l'hôpital bientôt, au risque de se faire prendre pour quelqu'un d'autre encore, ou que Irina ne revienne la chercher. Elle hésita, mais accepta le muffin tendu, le tournant dans ses mains avec hésitation. Elle essayait tout de même de cacher sa nervosité, alors qu'une nouvelle question tombait. Son interlocutrice s'était installée sur le capot d'une voiture, ce qui déterminait aussi qu'elles en avaient encore pour un bout de conversation. Faces tâcha de prendre son courage à deux mains, et elle essaya d'imaginer ce qui serait plausible, sans lui causer trop de problèmes.

« J'suis là depuis quelques mois. J'ai revu... des amis...et là je passais pour voir quelqu'un qui travaille côté infirmier. La vie a repris doucement son cours, en somme, et guérit un peu l'âme. Je suis restée assez seule. M'occupant de mes affaires. Ca vaut peut-être mieux quand on voit tout ce qui arrive par les groupes de mutants dernièrement. Les guerres civiles, y en a eu assez. »

Et de prier, mentalement, qu'Irina accepte de partir sur ce sujet.


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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Dim 17 Jan 2016, 19:43

" C'est pas contre toi. Je sais jamais où m'appellent mes projets".

Irina acquiesça et la remercia avec un simple sourire.

« T'as pas à vivre toujours avec ce poids. Au bout d'un moment...ça t'empêche juste d'avancer. »

Elle acquiesça à nouveau, le regard néanmoins un peu plus sombre, comme toujours lorsque l'on évoquait ce sujet. Elle ne trouva toutefois rien à dire et laissa donc Éclipse poursuivre sans rien ajouter d'autre.

« Oui... c'est difficile de rester là où on a vécu avec quelqu'un. Je suis désolée pour toi. »

Irina se força à sourire poliment quand Éclipse eut fini, mais n'ajouta rien là encore.

« Oh...tu as eu des enfants, aussi ? »

Cette phrase élargit le sourire qu'elle s'était forcée à afficher, tout en le redant plus sincère.

Même si ce sujet était délicat pour elle et même si elle ne pouvait certainement pas prétendre au rôle de mère modèle, elle n'était pas restée indifférente à la naissance de sa fille. Malgré la distance qui les séparait, une partie d'elle s'y était même attachée et elle se sentait d'autant plus responsable de son sort qu'elle avait laissé à une autre le soin de remplir son rôle de mère auprès d'elle.

- Une petite fille, dit-elle ensuite, confirmant surement ce que son sourire avait laissé entendre.

Cette dernière faisait partie des choses dont elle n'aimait pas parler, mais pas assez pour nier son existence suite à une question aussi directe. Et puis, Éclipse méritait surement bien cet aveux, ne serait-ce que parce qu'elle avait indirectement permis sa naissance en lui sauvant la vie.

Irina n'en dit cependant pas plus. En parler davantage aurait amené d'autres questions, y compris le genre de questions auxquelles elle ne pourrait pas vraiment répondre ou du moins pas sans avoir à en révéler plus qu'elle ne le souhaitait, même à Éclipse, ou pas sans avoir à broder sur des sujets qu'elle maîtrisait mal, ce qu'elle ne voulait pas davantage. Elle avait par ailleurs toujours eut du mal avec ces femmes qui s'extasiaient sur leurs propres rejetons -souvent aussi insignifiants qu'elles, comme s'il s'agissait de la huitième merveille du monde et n'avait aucune envie de les imiter. Elle avait bien une photo sa fille dans son portefeuille, mais elle ne l'y avait pas mise pour l’exhiber aux yeux de qui que ce soit.

Bref, la maternité était devenue un sujet délicat pour elle -comme bien d'autres d'ailleurs, et Irina espérait un peu qu’Éclipse saurait assez le sentir pour ne pas creuser davantage dans cette direction. *Pas aujourd'hui du moins* ne pu-t-elle s'empêcher de penser en songeant qu'à l'avenir, elle pourrait peut-être s'ouvrir davantage à elle à ce sujet comme sur bien d'autres.

Irina sourit ensuite lorsque sa vieille amie pris un muffin, un peu comme une gamine qui vient d'avoir une bonne note -ou peut-être pas, mais ce fut néanmoins l'image à laquelle elle associa sa propre réaction. Elle se rendit ensuite compte qu'elle avait faim et se servit donc également.

Elle hésita par ailleurs moins que sa compagne avant d'entamer son propre muffin, en songeant qu'il aurait définitivement été criminel de gâcher ce dernier.

Elle songea ensuite qu'elle aurait aimé pouvoir prétendre qu'elle les avait fait elle-même, mais ses éventuels talents culinaires relevaient pour le moment du fantasme.

- Ce n'est pas moi, qui les ait faits, dit-elle alors avec un léger sourire, qui se voulait entendu.

Irina savait apprécier la bonne cuisine. Elle savait même distinguer la bonne de l'excellente, pourtant quand elle se mettait devant les fourneaux, elle devenait d'un basique qui aurait pu choquer même certains cuisiniers du dimanche. Tout le monde l'avait d'ailleurs très vite comprit en Ukraine et l'on s'était rapidement empressé de lui faire passer son tour dans ce domaine, afin d'éviter de se confronter à ce qu'elle était capable de préparer.

Elle laissa ensuite Éclipse poursuivre, en l'écoutant avec attention.

« J'suis là depuis quelques mois. J'ai revu... des amis...et là je passais pour voir quelqu'un qui travaille côté infirmier. "

Elle acquiesça légèrement, comme pour l'inciter à poursuivre, sans cacher toutefois le soupçon d'inquiétude, qui l'avait traversée en l'entendant parler de ses "amis".

Éclipse avait peut-être entamé une partie de ses préjugés concernant la confrérie, mais elle n'en demeurait pas moins méfiante à l'égard de ses anciens confrères éventuels. Elle n'était donc pas enchantée à l'idée qu'elle ait pu en revoir, même si rien dans son discours ne laissait vraiment supposer que ce pu être le cas. Pour autant qu'elle le sache, Éclipse n'avait toutefois pas fréquenté grand monde à part eux et quelques "anciens" de l'armée, que ses craintes soient fondées était donc plus que plausible.

" Ca vaut peut-être mieux quand on voit tout ce qui arrive par les groupes de mutants dernièrement. Les guerres civiles, y en a eu assez."

Irina acquiesça également, sombre à nouveau, les mutants et leurs "mutations" faisant également partie de ces sujets qu'il lui était parfois difficile d'aborder. Elle se demanda en outre si sa remarque n'était pas une façon de la sonder, bien qu'elle ne se risqua pas à formuler des hypothèses quant à la raison de cette éventuelle démarche.

- C'est certain, fit-elle alors, mordant ainsi à l'hameçon jeté par Michaela.

Elle n'était pas sûre de vouloir en savoir plus, pourtant, une partie d'elle voulait aussi savoir et le voulait même assez pour qu'elle ait l'impression qu'elle risquait de s'en vouloir par la suite de ne pas avoir demandé.

- Ça a toujours été compliqué, poursuivit-elle, cherchant ses mots, qu'elle voulait justes, tout en essayant de prendre des gants, mais j'espère que tu es prudente.

Lorsque Éclipse était morte -ou avait cru mourir, Irina avait été marquée -entre autre chose, par l'une des pensées qu'avait eut la jeune femme : celle qu'elle mourrait comme elle avait toujours cru mourir -en se battant, et le souvenir de cette dernière lui fit un instant craindre le pire. Et si, elle avait continuer à se battre ? La confrérie n'existait plus pourtant et elle ne la voyait pas rejoindre les initiés, qu'elle voyait encore comme des fanatiques ou des illuminés, alors qu’Éclipse avait toujours eut un côté plus modéré et plus pragmatique.

Elle lui avait dit que la vie avait reprit son court pourtant... Mais si, elle avait reprit le court de son ancienne vie n'y avait-il pas justement matière à s'inquiéter ?

- Est-ce que tu as aussi revu ton frère ? lui demanda t-elle ensuite, a priori sans raison apparente.

En fait, Éclipse en avait quatre, deux plus vieux et un plus jeune. Elle n'avait toutefois conservé d'affection que pour son cadet et c'était donc à lui qu'Irina pensait en lui posant cette question. Cette dernière n'avait rien d'anodin en outre car Éclipse avait volontairement coupé les ponts avec ses proches après son engagement dans la confrérie. Irina doutait donc qu'elle ait reprit contact avec lui si elle avait poursuivit sur sa route.

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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Mar 02 Fév 2016, 20:48

La maternité, ou paternité, était quelque chose qui restait un peu un mystère aux yeux de Faces, même si cela allait changer quand elle rencontrerait Elektra. Même si elle avait vu ce petit miracle chez d'autres personnes, à commencer par son meilleur ami, Genko. Elle avait vu le changement que cela faisait, ce qui était étrange et surprenait à la fois, pour ne pas dire parfois un peu effrayant. Enfin, au moins elle voyait au moins quelque chose qui parvenait un peu à dérider son interlocutrice, qui le faisait afficher une expression plus sincère et spontanée, au lieu de la prudence réservée de ses traits. Non pas que cela l'énervait : mais elle la trouvait diablement dure à lire, et parfois, ça pouvait l'agacer, quand elle était irritée. Bref, ça n'était pas le cas pour l'instant, et elle était soulagée de voir que le sujet devenait moins sensible, moins prompt aux glissements pouvant la trahir. Elle essaya de fournir une réponse satisfaisante.

"Tu dois être heureuse. Avoir une famille, ça change tout, et bien souvent dans le bon sens." Un sourire passa sur les lèvres de Micaela, et elle espéra qu'Eclipse avait malgré tout un peu l'habitude de sourire, qu'elle n'était pas complètement fermée.

Il ne fallait pas qu'elle se grille avant que la fin de la conversation ne finisse. Elle pouvait le faire. Elle l'avait déjà fait, certes, avec des gens qu'elle avait connus mieux que cette femme, mais elle l'avait fait. Malheureusement, la conversation ne se tourna pas vers cette fille, comme elle l'aurait souhaité. Elle commençait cependant à s'habituer à ces réponses laconiques, qui laissaient planer un mystère. Ce n'était pas si souvent qu'on rencontrait quelqu'un de cette trempe après tout, et cela forçait un peu l'admiration.

Le muffin était bon en tout cas, même si ce n'était pas Irina qui les avait fait personnellement. Elle aurait en tout récriminé le fait que les fantasmes culinaires resteraient des fantasmes. Tout le monde pouvait progresser, dans un sens ou dans l'autre. Mais elle ignorait que les capacités culinaires d'Irina n'étaient pas vraiment très bonnes. Alors que la Cubaine parlait, elle remarqua le soupçon d'inquiétude qui traversait son regard. C'était à ce genre de détails, qu'il fallait faire attention dans son cas. Le moindre indice permettait d'avancer et de ne pas faire d'erreur. Elle était tendue, et ne se permettait par ailleurs pas de relâcher sa tension, ou sa concentration. Quand on commençait à être trop en confiance, on baissait sa garde, on se faisait avoir, comme en boxe. C'était aussi simple que cela. Eclipse avait-elle fait partie des Ombres, des Invisibles, des Initiés, ou de quoique ce soit d'autre ? Faces ne se risquerait pas à poser la question, ou à s'enfoncer. Le changement d'expression de son interlocutrice jouait en sa faveur, et enfin, elle lui permettait de rebondir. Il n'y avait là nulle intention de "tromper" Irina (même si c'était déjà fait d'une certaine manière), ou de la manipuler en sondant son opinion sur tous les groupes en ville.

Il était étrange de voir comment son interlocutrice hésitait tant à répondre, et elle se demanda si c'était par pudeur, ou si c'était de la prudence. Auraient-elles été à ce point dans une situation sombre ?... Quoiqu'il en soit, Micaela se rapprocha un peu, mangeant enfin un peu de muffin, ses yeux cherchant ceux d'Irina.

"Que crains-tu au juste ? J'crois que nous avons tous appris des erreurs et des batailles passées. Tu es pas en danger ?"

N'était-ce pas ce qu'une amie, proche ou non, aurait demandé ? Elle ignorait comment réellement danser avec elle, et même si cela arrivait, elle n'était pas sûre de savoir qui mènerait les différents pas. Faces était en tout cas encore loin de se douter que ses mots, loin d'être rassurants, commençaient à aviver de l'inquiétude chez Irina, et peut-être lui faire commencer à éprouver des soupçons. Elle ignorait après tout, tout des bagages que portait celle dont elle avait pris l'apparence.
Ce fut pourquoi la question sur le frère, qui arrivait comme un cheveu sur la soupe, la surprit à ce point. Elle ne put s'empêcher d'avoir une expression surprise, passagère, avant qu'elle ne retrouve le contrôle de ses traits. Plus nerveuse, elle mordit de nouveau dans son muffin, profitant du temps de mastication et de déglutition, pour reprendre une constance appropriée. Elle tâcha de reprendre un air plus assuré, comme si cela n'avait pas été une surprise, ou une mauvaise question. Cette fois, elle choisit d'avoir un très léger haussement d'épaules, plus inquiet qu'indifférent. Pourvu qu'elle ne soit pas en mauvaise relation avec "ce frère".

"Non. Il a disparu. Impossible de le retrouver. Et, eh bien, y a eu tant de morts anonymes. J'ai cessé de chercher."


Hélas, Micaela s'enfonçait désormais sur une pente dangereusement glissante, d'autant qu'elle ne pouvait se permettre de reposer la question en retour, car elle ignorait tout de la famille de son interlocutrice, contrairement à cette dernière, ou du moins en-dehors de ce qui avait été dit. Elle préféra prendre les devants, pour éviter de se faire acculer. Ses réflexes devenaient plus défensifs.

"Tu préfères rester seule, je suppose ? Pas d'alliances, pas de nouveaux ennemis ? La prudence ? C'est ce qui te ressemble le plus."

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MessageSujet: Re: Muffins, reproches et culpabilité [Faces] Lun 08 Fév 2016, 21:03

- Que crains-tu au juste ? J'crois que nous avons tous appris des erreurs et des batailles passées. Tu es pas en danger ?

Irina écouta la réponse d'Eclipse avec une attention accrue, hochant vaguement la tête à sa réflexion sur la leçon que l'on apprenait tous de nos erreurs passées. Elle se sentie presque soulagée aussi de l'entendre prononcer ces mots, parce qu'elle cru d'abord qu'il s'agissait pour elle d'une façon de lui dire qu'elle n'avait pas renoué avec son ancien mode de vie.

Sa dernière phrase lui montra néanmoins qu'elles ne s'étaient pas autant comprises qu'elle l'avait d'abord cru. Éclipse avait bien perçu son inquiétude, mais pas la raison de celle-ci.

- Non, répondit-elle alors, toujours calme malgré sa surprise. Ou du moins pas que je sache.

Il y avait bien eu un semblant d'enquête après l'Ukraine. Les événements qui avaient entourés Pripyat avaient été trop "gros" pour passer inaperçus, même outre manche... mais les membres de la commission chargée d'étudier le dossier avaient eu la gentillesse de croire à leur version des faits et Irina n'avait pas été davantage inquiétée par ces événements.

- C'est plus pour toi que je m'inquiète, lui dit-elle ensuite. J'ai pu comprendre tes anciens choix, mais ...

Irina marqua une pause, cherchant à nouveau ses mots. Elle avait réellement compris Éclipse et ses choix, mais ce n'était pas pour ça qu'elle les approuvait.

- Mais ça n'enlève rien aux risques qu'ils entrainent.

Abysse marqua une nouvelle pause. La peur avait toujours été un frein important chez elle et elles le savaient tous les deux. Le nombre de chose qu'elle n'osait pas entreprendre à cause des risques que cela entraineraient étaient nombreuses et Irina en avait souvent cruellement conscience. Une partie d'elle s'était aussi toujours demandé si elle n'avait pas volontairement diabolisé la confrérie après la découverte de ses pouvoirs, pour mieux se prémunir contre la tentation d'adhérer à une partie de leur discours qu'elle aurait pu éprouver. Se battre pour sa propre survie, qui pourrait ne pas trouver cet argument sensé ? En un sens d'ailleurs, c'était la décision qu'elle avait prise en Ukraine, et la façon dont certains mutants avaient été traités avant la guerre avait largement eu de quoi en révolter plus d'un. Repenser à la confrérie lui avait fait repenser à tout ça et Irina avait donc éprouvé le besoin de souffler un peu avant de reprendre.

- Je pense aussi que ce genre de combats n'a plus sa place actuellement. Toutes les tensions n'ont peut-être pas disparues, mais... les raviver alors qu'elles semblent s'atténuer seraient la pire et la seule chose que vous pourriez parvenir à faire.

Bien que leur conversation remuait plus de choses qu'elle ne l'aurait pensé, Irina parla là encore avec calme et sans animosité. Ça avait toujours été le cas entre elles, même lorsqu'elles n'étaient pas d'accord, et elle ne voyait pas pourquoi cela aurait changé. Elle ne fit par ailleurs qu'exprimer son opinion sans qu'il y eu quoi que ce soit de réprobateur ou de moralisateur dans son ton. En un sens, elle avait émit une opinion, pas un jugement -ce qu'elle se sentait d'ailleurs rarement en mesure de faire.

Elle n'évoqua par ailleurs délibérément pas le nom de la confrérie. La peur, encore. Avoir été la fille d'un ambassadeur signifiait aussi que l'on était souvent surveillée "pour son propre bien" et Irina en avait gardé l'impression quasi-paranoïaque que toutes ses conversions pouvaient être entendues. C'était surement faux et elle le savait, mais une partie d'elle avait toujours un doute et ce doute était suffisant pour rendre certains mots, comme celui de la confrérie, tabou, surtout dans ce contexte, alors qu'elle s'adressait à l'un de ses anciens membres. C'était surement idiot et une partie d'elle le savait, mais "on est jamais trop prudent" aurait pu être sa devise et elle l'appliquait parfois peut-être un peu trop bien ce précepte.

Éclipse répondit ensuite à sa question sur son frère et le visage d'Irina s'assombrit à nouveau en apprenant la nouvelle de sa mort probable. Elle s'était attendu à tout ou presque sauf à ça...

- Je, je suis désolée, lui dit-elle ensuite, je ne savais pas.

Irina détourna ensuite un moment le regard. Elle-même avait parfois songé à essayer de retrouver sa trace et à lui proposer son aide s'il se trouvait dans le besoin. Elle ne l'avait jamais rencontré, mais il lui avait parfois semblé qu'agir de la sorte aurait été la moindre des choses. Ca n'aurait certes pas fait disparaître sa culpabilité, mais ça lui aurait donné l'impression de rendre, au moins partiellement, la monnaie de sa pièce à Éclipse et peut-être que cela aurait contribué à alléger un peu sa conscience.

Elle n'avait jamais rien enclencher en ce sens néanmoins. Faute de temps peut-être ou bien peut-être encore à cause de cette satanée peur ? Et qu'aurait-elle pu lui dire pour justifier son approche ?

Trop préoccupée par ses propres pensées, Irina n'avait par ailleurs pas vraiment capté la surprise de Micaela où plutôt elle l'avait mal interprétée. Elle avait en effet d'abord cru qu'elle avait réussi à la prendre au dépourvu en lui posant la "bonne" question, ce qui avait ravivé un instant ses craintes, puis elle avait mis sa réaction sur le compte de l'émotion qu'elle avait peut-être un peu trop brutalement ravivée avec sa question sortie de nulle part.

- Tu préfères rester seule, je suppose ? Pas d'alliances, pas de nouveaux ennemis ? La prudence ? C'est ce qui te ressemble le plus.

Irina esquissa un sourire en l'entendant d'abord un peu rieur (chose rare), puis plus songeur, ses dernières remarques faisant curieusement écho à ses précédentes réflexions.

- Je ne dirige pas de pays, dit-elle alors, ou du moins pas encore.

La dernière partie de sa phrase se voulait être de l'humour. Ça n'avait jamais été son fort, mais ça ne l'empêchait pas de temps en temps de laisser échapper certains traits, à la façon des anglais, soit sans en avoir l'air, ce qui ne les rendait pas toujours intelligibles pour tout le monde. Pour le coup, Éclipse aurait surement compris l'allusion. Micaela, elle, aurait surement plus de mal, Irina faisant vaguement allusion à ses créatures dont le nombre croissait régulièrement, mais dont la jeune infirmière ne soupçonnait probablement même pas l'existence.

- Plus sérieusement, Eclipse, je ne sais pas si j'ai jamais considéré quelqu'un comme un ennemi et ce genre de choses sont surtout valables en temps de guerre. Alors de là à m'en faire de nouveaux...

Irina soupira. Sa réponse pourrait paraître étrange compte tenu de ce qui s'était passé en Ukraine, pourtant Irina n'avait jamais vraiment regardé leurs assaillants comme de véritables ennemis. Ils leur et ils lui avaient été hostiles, mais il lui avait aussi semblé que cela n'avait rien eu de personnel. Elle les avait parfois détesté pour ce qu'ils avaient fait, tenté de faire ou l'avaient contrainte à faire en retour, de même qu'une partie d'elle ne décolérait pas à l'idée qu'une telle chose se soit produite, mais là encore ces sentiments avaient été tournés vers la masse informe de ceux qui s'en était pris à eux et non vers l'un ou chacun d'entre eux en particuliers. C'était le groupe qu'elle avait détesté et non les personnes qui l'avaient composé. Une partie d'elle avait même éprouvé un semblant de compassion ou pitié pour ces individus, parce qu'en un sens ils s'étaient fourvoyés et étaient morts en pensant défendre une "bonne cause" alors qu'ils se trompaient complètement de cible. Paradoxalement d'ailleurs, elle les avait plus détesté pour la bêtise dont ils avaient fait preuve, que parce qu'elle avait eu le sentiment qu'ils avaient volontairement agir dans le but de lui nuire personnellement.

Pour autant qu'elle sache, elle n'avait donc pas d'ennemis et s'obstina à trouver curieux l'emploi de cette expression.

- J'aimerais parfois reprendre des recherches, ajouta-t-elle, pour répondre à la suite de ses questions. Malgré la façon dont ça a fini, le professeur Jenner m'a aussi beaucoup apporté.

Irina jeta alors un léger coup d'oeil mal assuré à sa vieille amie, parce qu'elle redoutait quelque peu sa réaction face à cette perspective, précisément à cause de la façon dont les choses s'étaient finies.

- Mais je n'ai pas de projets concrets dans ce domaine. Ce serait... compliqué à mettre en place et comme tu l'as si bien dis, la prudence me tient toujours à cœur.

La solitude toutefois n'avait jamais été un véritable choix. C'était plus une option choisie par défaut, la moins pire parmi celles qu'elle pensait avoir. Si se lier et faire confiance lui était difficile, Irina aurait adoré qu'il en soit autrement. Elle pensait toutefois encore que cette situation était préférable à celles dans lesquelles elle aurait pu se retrouver si elle avait fait confiance à la mauvaise personne. La prudence encore une fois... ou peut-être la peur ou un semblant de lâcheté ? Irina se crispa légèrement à cette pensée, qu'elle refoulait plus ou moins depuis qu'elle avait repensé à la confrérie, mais qui avait fini par rejaillir.

Il lui était déjà arrivée de se demander si sa manie de toujours se cacher derrière cette sacro sainte prudence ne tenait pas un peu d'une forme de lâcheté, même si cette idée, par égard pour son égo, peut-être, n'avait jamais vraiment réussi à s'imposer dans son esprit.

- Mais qu'importe, je ne suis jamais vraiment seule de toute façon, ajouta t-elle encore en haussant légèrement les épaules.

Elle pensait bien évidement à ses créatures.

- Elles ont presque toutes survécus, précisa t-elle ensuite en souriant légèrement.

Ces dernières ou une partie d'entre elles sembleraient peut-être monstrueuses ou ridicules à beaucoup, mais Irina y était malgré tout très attachée. Trop, peut-être, mais c'était quelque chose qu'elle ne parvenait pas à contrôler. Elle faillit aussi ajouter "grâce à toi", mais quelque chose l'en empêcha et ces mots ne franchirent pas ses lèvres.

- D'ailleurs, je suis sûre qu'elles seront contentes de savoir que tu t'en es aussi sortie.

*Même Lothar* pensa-t-elle ensuite en songeant à celle de ses créatures qui avaient surement le moins bien vécu tous ces événements *Et même s'il faudra un jour que tu me dises comment tu t'y es prise*. Cette pensée diminua le grand sourire qui était né sur son visage alors qu'elle prononçait ces mots et Irina, dont le regard s'était momentanément perdu dans le vague, reporta aussi ce dernier sur Éclipse. Elle n'osa pas revenir directement à la charge sur ce point néanmoins. Quelque soit la façon dont les choses s'étaient passées, elle pouvait comprendre qu'elle ne souhaite pas y repenser ou du moins pas maintenant.

- C'est bien aussi que tu ais retrouvé ton visage. Ça a dû être un soulagement.

Pour autant qu'Irina l'ait su, Éclipse n'avait jamais été très féminine ou du moins elle ne l'avait jamais été au sens où on l'entend habituellement, ça n'avait cependant jamais empêché Irina de la trouver incroyablement belle. Elle l'était toujours d'ailleurs et ce fut cette pensée qui l'amena à réaliser qu'elle avait retrouvé le visage qu'elle lui avait connu... avant que la structure ne la transforme en autre chose. Éclipse avait paru accepter ce changement, mais elle l'avait peut-être fait d'autant plus facilement qu'une partie d'elle pressentait déjà qu'elle allait y rester. Se battre sous cette apparence pouvait assurément sembler avantageux, mais avoir à "vivre" ainsi... Irina ne pu s'empêcher de réprimer un frisson à cette idée -et dire qu'elle aurait aussi pu être responsable de ça..., dans le même temps pourtant elle s'étonna aussi que cela ne l'ait pas frappée plus tôt. Ce sentiment était toutefois encore vague comme si le plaisir de pouvoir à nouveau goutter au contact de sa vieille amie avait momentanément anesthésié la partie la plus vigilante ou du moins la plus soupçonneuse de son être.


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