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On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces

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Identité : Alexander Feuerbach
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MessageSujet: On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces Dim 09 Aoû 2015, 20:10

    Un soleil timide se levait sur la ville, le bleu profond de la nuit se retirait doucement pour laisser place à la douceur dorée des premiers rayons de la journée. La ligne noire des buildings, elle, se découpait en ombres chinoises sur un ciel dégradé de l'azur au rose et parfaitement dégagé. Il était très tôt. Cette l'heure où, dans la ville qui ne dort jamais, une torpeur douillette s'installe. Quand l'agitation nocturnes touche à sa fin et que les âmes de la nuit rentrent se coucher tandis que s'éveillent, paresseusement, ceux à qui appartient l'avenir. Le temps semble alors s'arrêter pour quelques courtes minutes comme un calme avant la tempête. C'était dans ces instants précis, après une nuit où le sommeil l'avait dédaigné, qu'Alexander s'installait sur la terrasse panoramique de son appartement et fumait une cigarette. Enveloppé dans un plaid de cachemire, l'air, à son apogée de fraîcheur, vivifiait son visage. Il avait travaillé toute la nuit. Il regardait sans les voir, les arbres de Central Park, dont les feuillages sombres se coloraient peu à peu de reflets ambrés à mesure que l'astre du jour s'élevait sur le monde, sur son monde. Dans ces moment de détente, le jeune homme ne pouvait empêcher ses pensées de se propager et de proliférer dans son esprit. Les yeux perdus dans le vide, il ressemblait à n'importe quel individu perdu dans de douces réflexions. Son front était lisse de cette ride soucieuse qui ne le quittait que rarement.
    Hayden apparue sur le seuil de la baie vitrée, le tirant ainsi de sa rêverie. Elle lui sourit doucement avant de prendre quelques secondes pour admirer la vue dont il était impossible de se lasser. Elle se dirigea ensuite d'un pas svelte vers son employeur pour venir lui prendre avec un geste précis la cigarette des doigts, comme s'il s'était agit d'un rituel. Elle tira longuement dessus à deux reprises, recrachant dans l'air la fumée avec une sorte de mélancolie. Six heures sonnaient. Elle écrasa le mégot dans un petit cendrier d'ivoire avant de hocher la tête en signe d'approbation à une question silencieuse. Elle se retira sans rien dire de plus et Alexander regarda une dernière fois le paysage urbain avec un air indescriptible, un rictus étrange campé sur les lèvres.
    Il quitta la terrasse et la fraîcheur du matin pour retrouver le salon lambrissé de bois d'acajou. Dans un coin, sur une large banquette de cuir blanc, l'attendait son infirmière. Il s'agissait d'une jeune femme dans ses âges, à la peau chaude et aux yeux sombres. Micaela. Ils n'entretenaient pas de relation autre que celle se limitant aux soins qu'elle lui prodiguait. Pourtant, lorsqu'il la regardait, il pouvait la voir dans son extrême entièrement.
    De la tête aux pieds, il semblait pouvoir la déchiffrer, dans son allure et chacun de ses gestes mais aussi dans la profondeur de son être, de son histoire. A peine s'étaient-ils rencontrés qu'il était littéralement rentrée dans sa vie. Il en connaissait les moindres détails, des plus banaux aux petits secrets que l'on garde précieusement enfermés à double tours dans un tiroir chez soi. Sans gène aucune, il s'était approprié le contenu de son ordinateur. Il lisait régulièrement ses mails, faisait défiler les photos de ses dernières vacances à Cuba et observait les fluctuations de ses maigres revenus sur son compte bancaire. Il savait quels musique elle écoutait, les films qu'elle téléchargeait. Il la regardait se tenir éloignée des réseaux sociaux et étudiait son agenda au jour par jour. Il avait une copie de son extrait de naissance, les noms des membres de sa famille, de ses amis les plus proches. Il avait étudié son génome et observait l'évolution de sa prescription de médicaments comme le rapprochement des ses rendez-vous chez les médecins. Il avait également haussé un sourcil lors de découvertes un peu plus intéressantes à base de fausses identités et de zones de troubles dans son passé : des histoires qu'on avait volontairement passé sous silence.
    Mais tout ces détails, il les gardaient pour lui. Au chaud, dans un recoin de son esprit.
    Il s'approcha de la jeune femme, faisant rouler son fauteuil sur le marbre blanc de Thassos qui recouvrait le sol. Il lui tendit une main franche et un sourire des plus crédibles illumina ses lèvres.
    -Mademoiselle Gomez, j'espère que vous vous portez au mieux ce matin. Il n'écouta pas la réponse, si réponse il y avait, même si sa mine avenante montrait le contraire.
    Il savait que son assistante personnelle s'était occupée de l'accueillir avec son plus beau sourire lorsque les portes de l'ascenseur s'étaient ouvertes sur le 18ème étage de la bâtisse. Elle l'avait débarrassée, au besoin, de ses effets personnels tel que sa veste, son sac, ses clés, son téléphone portable. Seul son biper, si la jeune femme en possédait un, avait eu le droit de passer la porte du vestibule, au cas où une urgence l'aurait appelé à les quitter précipitamment. Hayden, qui avait invité l'infirmière à passer dans la pièce attenante au hall d'entrée, l'avait suivit dans l'antichambre en poussant devant elle un petit chariot avec le matériel médicale dont elle aurait besoin. Elles étaient alors entrées dans le salon et sa collaboratrice avait invité Micaela à s’asseoir à l'endroit désigné avant de venir le chercher. Il était maintenant là. Hayden s'était retirée, les laissant seul à seul. Mais le rituel leur était connu.
    Alexander s'extirpa ensuite de sa chaise roulante pour s’installer dans un fauteuil plus confortable où il devrait rester pendant que la cubaine s'occuperait de faire ce qu'elle avait à faire et le temps d'une nouvelle perfusion. Avec un petit sourire qui se voulait un peu fatiguée et une voix douce, il s'adressa à Micaela :
    -Je vous laisserais faire les examens habituels. Puis-je également vous demander de vous occuper de placer l'intraveineuse. ? Vous trouverez la poche, là. Il désigna un tiroir du chariot de soin.
    A l'endroit indiqué, elle trouverait un flex non étiqueté qui sortait directement de son laboratoire privé, dans lequel un liquide parfaitement translucide flotait. La composition, légèrement retravaillée par ses chercheurs, était de lui. En plus du soluté, une nouvelle et énième molécule sur laquelle il avait travaillé pour ralentir les effets de sa mutation. Il continua avec un ton des plus avenants :
    -Pour cette dose, la perfusion devrait être vide en une heure, mon assistante vous offrira un café à la cuisine, j'ai également demandé au chef de préparer des viennoiseries.
    Sans plus attendre, il retroussa la manche de sa chemise en polycoton et lui tendit son bras à la pâleur extrême où le bleu de son réseau veineux ressortait presque comme un tatouage.


Dernière édition par Verstand le Dim 25 Oct 2015, 10:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces Mar 11 Aoû 2015, 19:40



The best way to a man's heart is through the fourth and fifth rib.



Six heures...une heure bien matinale, mais Faces n'était pas du genre à se lever tard. Au contraire, elle avait été du genre à toujours se réveiller plus tôt que son réveil, et à ouvrir les yeux à l'aube. Conséquences de vieux rituels d'entraînement, ou de la peur du temps qui passait. Qui plus est, depuis un moment déjà, cette heure était celle du travail, chez un « richard » comme elle l'appelait, qui demandait sa présence de façon aussi régulière et précise. Les mécanismes des horloges et des montres – comme celle à gousset qu'elle portait autour du cou – étaient comme des règles médicinales à suivre. Telle heure, tel traitement. Dans les hôpitaux, ça ne différait pas. Aussi passait-elle une partie de son temps dans ce coin du côté de Central Park, dans les San Remo Apartments, des lieux qu'elle n'aurait jamais fréquentés, si ça n'avait été pour un travail.

Pour elle, l'aube paraît souvent plus rouge qu'autre chose, quand elle se lève. Et dans cette lumière, elle ne saurait dire si cela réchauffait pour autant ce qu'elle voyait comme une froideur aseptisée, de ce genre de lieux trop luxueusement propres et décorés. Pas un lieu où elle était à l'aise. Ceci dit, elle avait appris à s'y faire, d'une part parce qu'elle était compétente, d'autre part parce qu'elle s'adaptait, et d'une troisième part, parce qu'elle ne se laissait pas impressionner si facilement. Plutôt qu'un côté indompté, c'était plutôt un côté farouche qui existait chez elle, davantage dans le sens sauvage qu'apeuré.

Bref. Du cuir blanc. Du marbre lisse. De l'acajou. Elle aurait pu avoir un soupir intérieur. Mais elle n'avait pas à critiquer les chez-eux des patients qu'elle avait. Restait que ça demeurait une sacrée richesse, sans doute quelque peu ostentatoire, à ses yeux. Elle se releva quand Feurebach s'approcha, dans son fauteuil roulant. Elle ne se laissait pas impressionner par ça non plus. Tout comme elle n'avait pas de pitié pour elle-même, elle n'en avait pas pour les autres, et malgré ses sourires et ses airs cordiaux, elle n'était jamais vraiment à l'aise en compagnie de cet homme, qui par ailleurs, ne disait parfois pas grand-chose d'autre que des banalités polies et supérieures. Ça avait d'ailleurs bien le don de l'exaspérer, des fois. Elle aurait été dans un état bien plus rageur, sans doute, si elle avait su que ce monsieur Riche en avait profité pour enquêter à son sujet et s'approprier de nombreuses informations, dont certaines qui n'avaient absolument pas besoin d'être dévoilées au grand jour. Il était chanceux qu'elle ne soit pas douée plus que cela en informatique.

Chanceux, car sinon, il se serait pris un poing dans sa belle figure pâle et délicate comme de la porcelaine, depuis un moment. Il avait au moins le bon sens – pour l'instant – de garder cela pour lui. C'était plus prudent. Ainsi ne le voyait-elle que comme un patient duquel elle devait s'occuper.

Le fauteuil s'arrêta devant elle, et naturellement certes, un sourire répondit à celui de son employeur, de même qu'une poignée de main franche, bien que brève. Signe qu'elle faisait confiance, pour l'instant. Quant au sourire, eh bien, ce n'était pas parce qu'on était soi-même condamné, qu'il fallait s'en empêcher. Malgré l'air avenant, peut-être n'était-elle pas dupe, depuis le temps, de s'il écoutait vraiment, ou pas. Après tout, ces moments de soin, ça demeurait comme si deux mondes se frôlaient, rien de plus, et étrangement, celui de Feurebach était toujours beaucoup plus distancié et silencieux que le sien. Elle avait appris à s'y faire.

« C'est à vous que la question devrait être posée, monsieur. » Pas un « monsieur » forcément cérémonieux, mais neutre. C'était une question pour la forme, rien de plus.

Elle était déjà délestée de ses affaires personnelles, y compris son téléphone – elle n'avait pas de bipper. Encore une autre sensation froide qui faisait croire qu'elle était tombée dans un monde parallèle. Cette idée la fit sourire, d'ailleurs, d'un air amusé, sans qu'elle expliquât pourquoi. Il n'aurait sûrement pas compris. On passait toujours comme dans une autre dimension, ici.

Le chemin était déjà connu, et machinalement, elle avait suivi l'assistante – parfois aussi silencieuse, froide et souriante que son patron – dans l'antichambre qu'elle commençait à bien connaître, ainsi que tout le matériel médical qui s'y trouvait. Bien qu'elle soit invitée à s'asseoir, Micaela préféra aller vérifier le matériel du chariot, les quantités, les instruments. Bien sûr, il était peu probable qu'ils soient à court ou oublient d'acheter certaines choses, mais elle était là pour faire son travail, non ? La nouvelle demande, cependant, l'intrigua d'autant plus que c'était la première fois, et que le flex n'avait pas d'étiquette, ni même un signalement quelconque sur son composant. Elle leva le flex à la lumière, examinant le liquide translucide avec attention, en vain. Sans se laisser toutefois charmer par le blabla avenant, la voix douce et le sourire fatigué qui aurait pu vouloir signifier une demande capricieuse – les gens d'une certaine classe étaient comme ça, faire passer la pilule de cette manière – elle se retourna vers Feurebach, le regard perçant. Si l'assistante ne semblait guère donner de réaction à sa propre mutation, lui non plus, par moments...elle se demandait si c'était également de la politesse feinte.

« Y a quoi là-dedans ? C'est ni éthique, ni pro, de vous donner une solution liquide, quelle qu'elle soit, sans que je sois au courant de quoi ça se compose. »

Reposant le flex sur le chariot, elle se rapprocha après avoir saisi un morceau de coton et du désinfectant, nettoyant le futur endroit de la piqûre. Toutefois, elle ne risquait pas encore de lui donner la dose prescrite, tant qu'il n'aurait pas répondu. Elle aurait dû sûrement être polie, et remercier pour le café et les viennoiseries – au passage, que des trucs mauvais quand on faisait des entraînements de boxe réguliers comme elle – mais pour l'instant, elle se contentait d'affronter le visage pâle de son employeur, non sans être frappée, comme à chaque fois, de la froideur de cette peau, justement. Les veines ressortant provoquaient parfois presque une sensation de répulsion. Et si elle savait que le cas de l'homme était grave, elle ne connaissait sûrement pas toutes les subtilités non plus.

« Aucun changement positif ressenti, d'ailleurs ? »

De toute manière, après, il passait à la prise de tension, la prise de sang, et quelques autres trucs nécessaires.

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MessageSujet: Re: On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces Ven 21 Aoû 2015, 15:12

    Après s'être assurée que la jeune infirmière n'avait besoin de rien - une fois que celle-ci eut contrôlé le chariot - Hayden lui avait de nouveau sourit avec cette politesse retenue qu'impliquait sa position. Les consignes de son employeur avait d'ailleurs été des plus strictes quant au sujet de miss Gomez – et notamment de sa mutation. Il l'avait mise en garde contre les effets perturbants du gène X chez la jeune cubaine et lui avait expressément recommandé - pour ne pas dire ordonné - de fermer au maximum son esprit, de balayer ses obsessions en sa présence. Mais si elle n'en montrait rien à la concernée, force était de constater qu'elle n'était pas aussi douée qu'Alexander à ce petit jeu d’omission. Elle savait que ce dernier lui faisait suffisamment confiance pour la laisser gérer seule ses démons, mais elle était également parfaitement consciente qu'il n'accepterait aucune faiblesse de sa part, encore moins qu'elle se laisse avoir par le pouvoir de Faces.
    D'autre part, Hayden s'amusait de voir à quel point son employeur pouvait se montrer avenant avec la jeune femme. Tout était relatif, évidement, mais son comportement était suffisamment rare pour être noté. Il ne finirait jamais de la surprendre lorsqu'il avait une idée derrière la tête.
    Sans pouvoir dire pourquoi, Hayden avait une sorte de sympathie pour cette infirmière qui venait maintenant régulièrement. Était-t-elle seulement au courant des intentions d'Alexander ? Probablement pas, mais en tant qu'assistante, elle n'était pas là pour juger les actes peu recommandables de son patron. Elle s'était alors retirée silencieusement.
    Alexander, pour sa part, s'était laissait porter par des réflexions plus ou moins liées à ce qui l'entourait. Il portait un œil désintéressé sur chacun des gestes de la jeune femme. De l'autre, il tapotait du bout d'un doigts sur son smartphone. Le temps d'écrire un SMS et de prendre en note le protocole matinale, déjà le mobile était à nouveau glissé dans la poche de son pantalon. Il reporta un peu plus attentivement son attention sur Micaela tandis qu'elle exposait à la lumière matinale, la poche à perfusion. Geste, en soi, tout à fait naturel, mais également tout à fait inutile. Les gens, semblait-il, étaient comme ça parfois. Parfaitement conscients que leur geste serait vain, ils l’exécutait tout de même. Comme si, par un certain miracle de la nature, la conséquence évidente en serait modifiée. Alexander ne pouvait dire s'il en était amusé ou atterré.
    Il avait déjà préparé sa réponse à la question qui allait tomber. Et elle ne tarda d'ailleurs pas. Une seconde avant que la demoiselle ne l'interroge, il avait relevé le visage vers elle, venant à la rencontre du regard perçant qu'elle lui lançait à présent. D'un œil impénétrable, il la dévisageait tandis qu'elle parlait.
    - Y a quoi là-dedans ? C'est ni éthique, ni pro, de vous donner une solution liquide, quelle qu'elle soit, sans que je sois au courant de quoi ça se compose. 
    Son intérêt pour la mutante n'allait, à vrai dire, pas plus loin que ce qu'il pourrait tirer d'elle. Mais il devait admettre qu'il n'avait rien à redire sur le professionnalisme dont elle faisait preuve, et ce en toutes circonstances. Tout dans son comportement révélait qu'elle n'était pas du genre à se laisser impressionner : une force de caractère non négligeable aux yeux d'Alexander. Sa capacité d'adaptation, sa ponctualité et sa minutie prouvaient également au jeune homme le génie dont il avait fait preuve en l'employant, au delà de ses motivations moins respectables.
    Sa réflexion ne dura qu'un millième de seconde, avant qu'il ne réponde du tac au tac.
    -Il s'agit d'un traitement sortit de mon laboratoire. J'ai moi-même travaillé sur la molécule qui le compose, ainsi que quelques grands chercheurs. Il ajouta, un peu plus sèchement pour lui faire comprendre que s'il acceptait son professionnalisme, elle se devait de rester « à sa place ». Je vous épargnerais le détail de la formule de cette molécule, qui, je ne crois pas me tromper en l'affirmant, est bien au delà de vos compétences.
    Son air impassible était indéchiffrable, il ne semblait ni dur ni doux, simplement parfaitement neutre. Seul le ton de sa voix, avait été sans appel. Son regard, qui n'avait pas un seul instant quitté celui, scrutateur, de Faces, s'assombrit l'espace d'une seule et unique seconde. Dans un éclair révélateur, elle avait pu soudainement voir l'aura de la vraie personnalité de son interlocuteur. Une manipulation comme une autre pour lui laisser entrevoir le fond de son âme, histoire de la tester et de, pourquoi pas, l’intimider.
    La seconde suivante, il retrouvait un air neutre, presque affable.
    -Vous n'avez donc aucun soucis à vous faire.
    A ces mots, il avait de nouveau baissé les yeux sur son bras nu, observant distraitement sa veine médiane qui ressortait particulièrement à force d'être l'objet répété de piqûres et autres prises de sang. A bien y regarder, elle avait légèrement gonflée et des petits points violacés entourés de bleu -le sang avait, sur lui, la fâcheuse tendance à s'épancher légèrement autour du point d'entrée de l'aiguille- parsemaient la veine en divers endroits. Il observa ensuite d'un air songeur l'aller et venu du coton imbibé d'alcool qui parcourait le creux de son coude. L'éthanol, semblait-il, avait cette caractéristique de créer sur la peau une sorte d'humidité mate – dû notamment à son évaporation presque instantanée – mais qui laissait pour quelques secondes l'épiderme satiné.
    - Aucun changement positif ressenti, d'ailleurs ? 
    Alexander resta silencieux un temps à cette nouvelle question. Il aurait pu précisément lui faire l'état des changements qui s'opéraient dans son organisme. Il calculait lui-même, chaque jour, les prévisions de l'évolution de sa dégénérescence physique en fonction des traitements qu'il s'imposait. Les résultats n'étaient d'ailleurs, et n'avaient jamais été, très glorieux. C'était sans compter sur les effets secondaires parfois violents dus à une automédication intense et à l'agressivité de la thérapie expérimentale. A dire vrai, la majorité des souris de dernière génération et porteuses de son gène étaient, en ce moment même, à un stade critique de paralysie. Aucun des traitements envisagés ne permettaient une rémission complète et seulement quelques rongeurs supportaient le ralentissement forcé de la mutation.
    Parler de changements positifs serait donc revenu à nier l'évidence, Alexander n'avait pas cette lâcheté. Mais s'avouer vaincu n'était pas non plus dans les habitudes du jeune homme, comme d'exposer ses faiblesses d'ailleurs. Et puisqu'il aurait été malvenu pour ses affaires de laisser quiconque apprendre la véritable situation actuelle de son état, elle devrait se contenter d'un petit mensonge :
    -Rien de négatif en tout cas.
    Il invita mademoiselle Gomez reprendre où elle s'était momentanément arrêtée, se plongeant à nouveau dans ses multiples pensées. Lorsque son téléphone vibra deux fois dans sa poche, un rictus carnassier illumina ses lèvres. Dans trois heures exactement le NYSE ouvrait. Au même moment, Hayden était entrée dans le salon très silencieusement, comme à son habitude. Elle s'approcha d'Alexander avant de lui tendre d'un geste délicat une tablette numérique dernier cri. Sans la prendre, il laissa ses doigts parcourir avec dextérité l'écran, lisant d'un seul coup d'oeil les différents contenus qu'il faisait glisser de droite à gauche.
    Il réussit à retenir un hoquet de douleur lors qu'un éclair fulgurant parcouru son bras tendu qui se crispa sans qu'il ne puisse le bouger. L'influx nerveux anormal faisait trembler son membre douloureux. Il dut inspecter toutes les pensées qui fonctionnaient comme des processus en arrière plan pour retrouver comment maîtriser à nouveau ses muscles défaillants. Il finit par récupérer le contrôle de son propre corps. De rage, la tablette tactile vola plus loin, tandis qu'il étouffait un râle d'agacement. Il serra la mâchoire pour contenir sa fureur et tenta de décrocher un sourire tordu à Micaela pour lui assurer que tout allait bien, mais la tension dans la pièce avait subitement montée d'un cran. Il n'avait pas loupé le regard noir de son assistante qui s'affairait déjà à rassembler l'électronique partie en morceaux, elle désapprouvait cet emportement. Ils eurent une rapide conversation mentale avant qu'elle ne tourne les talons pour sortir sans ouvrir une seule fois la bouche. Le calme retomba doucement sur la pièce.
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MessageSujet: Re: On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces Lun 07 Sep 2015, 21:08



Eût-elle su où elle mettait les pieds, il n'était pas sûr que Micaela serait revenue aussi quotidiennement chez cet homme. Si elle commençait à être habituée de son caractère neutre et impassible, presque supérieur, de l'attitude docile et plus que pro de son assistante, elle ne pouvait s'empêcher de remarquer à quel point certaines choses étaient étranges ici. L'apparente flegme de son employeur, pour commencer, ou cette étrange relation presque fusionnelle qu'il semblait entretenir avec son assistante – elle ne se doutait pas de la présence de télépathie chez Hayden. Ajoutez à cela les quelques éclats qui surgissaient parfois, comme lors de cette scène, et il n'en fallait pas plus pour que l'esprit, certes normalement intelligent de la jeune femme, et son instinct, ne lui soufflent que quelque chose se tramait, et que ce ne serait pas forcément sûr et sain, pour elle, de rester ici. Mais il y avait des gens qui faisaient preuve d'un courage insensé, ou qui ne parvenaient pas, comme Alexander, à avoir suffisamment de déduction pour comprendre immédiatement le traquenard dans lequel ils étaient tombés. C'était bien pour quoi les surfaces polies, sophistiquées, étaient à la fois les plus attrayantes et dangereuses, nul doute.

Son employeur était déjà occupé – comme d'ordinaire – à pianoter sur son portable, tout en observant la jeune infirmière. Elle avait déjà remarqué cette capacité à faire plusieurs choses à la fois, chez lui, et la sensation d'être surveillée lui était après tout habituelle. Quel patient n'observait pas ce que le médecin allait lui faire, après tout ? Elle ne se doutait en revanche point des marques de mépris, de futilité, dont l'affligeaient l'esprit de cet homme, même si elle pouvait se douter que tout ce qu'elle faisait, était loin d'être une source de fascination pour lui. De toute façon, ce n'était pas un ami qu'elle était venue chercher, chez lui, bien au contraire. Il n'y avait pas deux mondes plus éloignés que les deux leurs.

Elle faillit avoir un sursaut de surprise, en voyant qu'Alexander avait relevé la tête vers lui, avant même qu'elle ne pose sa question, comme ayant deviné ses pensées. Ce n'était sans doute pas très difficile, mais il y avait quelque chose de glaçant et de nouveau dans le regard que Monsieur Riche lui adressait. Il n'était, quant à lui, jamais démonté par les remarques qu'elle pouvait faire parfois, ni surpris par aucune de ses attitudes. Et il se contrôlait, comme son assistante, suffisamment bien pour que le gène X maudit qui était le sien, ne les dérangent. Ce qui était...plutôt impressionnant.

« Il s'agit d'un traitement sorti de mon laboratoire. J'ai moi-même travaillé sur la molécule qui le compose, ainsi que quelques grands chercheurs. Je vous épargnerais le détail de la formule de cette molécule, qui, je ne crois pas me tromper en l'affirmant, est bien au-delà de vos compétences. »

Ce genre de discours monsieur-je-sais-tout avait tendance à faire grincer Faces des dents, et elle ne se serait pas gênée pour le faire, si elle n'avait pas été captivée par la lueur véritable qui apparaissait soudain dans le regard de son employeur. Ou plutôt qu'une véritable lueur, une noirceur, accentuée par son air inquisiteur, en dépit de l'impassibilité du reste de ses traits. C'était là quelque chose qui lui faisait soudain froid dans le dos, comme si le masque affable qu'il se composait ne dissimulait qu'un être plus dangereux, et doué d'une intelligence, d'un côté calculateur, tels qu'on n'en trouvait que chez les...psychopathes ou les génies, et les deux se mêlaient parfois. Et ce n'était pas le côté apparemment calme d'Alexander qui contribuait à éliminer la première thèse, au contraire.

Tout cela n'avait duré qu'une seconde, mais c'était une seconde suffisamment marquante, pour que Micaela ne réponde pas immédiatement à ce discours, sur lequel elle bondissait en temps ordinaire. Ce mec avait eu, contrairement à d'autres, l'amabilité de faire comme si elle n'avait jamais été typée, ou sortie d'une classe bien inférieure à la sienne, mais ce rappel à la réalité n'en était pas moins désagréable. Car si elle n'était pas devenue médecin, ce n'était pas par manque de capacités, mais par manque de temps. Quand on savait n'avoir plus qu'un certain temps à vivre, on laissait tomber les cinq années restantes de médecine, pour faire autre chose. De même, il aurait certainement été surpris – là encore elle se trompait, puisqu'il savait plus de choses qu'il ne le montrait – d'apprendre qu'elle avait elle-même travaillé en laboratoire, quand elle cherchait avec d'autres un antidote au virus Freya, la cause de bon nombre de ses malheurs. Mais pour l'instant, l'envie de répliquer avait été ravalée par ce seul et unique regard qui avait glacé, pendant une seconde, la chaleur et la vivacité qui animaient d'ordinaire l'infirmière. Face à l'air de nouveau affable, neutre, de Monsieur Riche, elle n'avait plus qu'un air méfiant et réservé, désormais, presque sur la défensive. Intimidée, sur l'instant, oui, elle l'avait été, et saisie, captivée, en même temps, les deux n'étant pas si éloignés. Car alors il semblait bien plus qu'un simple homme plus riche et plus intelligent que la moyenne, malade et se déplaçant en fauteuil roulant : il y avait plus, bien plus, dans l'espace de ce regard, un espace intérieur plus riche, plus passionnant peut-être, mais infiniment plus dangereux que ce qu'elle supposait.

Et comme chez Micaela, ce qui primait, était l'instinct de survie, il ne fallait pas être dupe du fait qu'à cet instant, les mécanismes de son propre cerveau se mettaient en marche, et qu'elle allait peut-être plus soigneusement peser ses paroles. Pas qu'elle manquât de courage ou de caractère – mais la survie avant tout. Le pas qu'elle avait en s'avançant vers l'homme, pour préparer le flex, parcourir le bras de l'homme du coton d'éthanol, était plus mesuré, plus prudent, comme celui d'un animal qui se tient sur la défensive, prêt à reculer ou à bondir, selon la réaction de l'ennemi en face. L'aiguille entra dans la peau de l'homme, et le liquide incolore, doucement, commença à se déverser. Car il avait beau lui dire qu'il n'y avait rien à craindre, ce nouveau traitement la mettait peut-être mal à l'aise, encore qu'elle ne prenait pas la fuite.

« Testez les compétences, et on verra ensuite si vous avez raison. Vous pourriez être surpris, même s'il faut pas douter que j'admire tous ces chercheurs. »

C'était presque une marque de défi, bien qu'elle n'ait pas dit cela avec provocation. Elle marchait à l'endurance, au challenge relevé, après tout. Nullement agressive, juste sur ses gardes. Et elle répondait de manière bien moins rebelle qu'elle ne l'aurait fait, sans cet étrange regard qui avait été, pendant une unique seconde, le reflet véritable du miroir de l'âme de cet homme.

La question qu'elle posa ensuite, demanda visiblement plus de temps de réflexion. Elle en profita pour prendre sa tension, silencieusement, et commencer à préparer la prise de sang. Elle était bien loin de se douter, la Cubaine, de tout ce qui pouvait passer dans l'esprit de ce surdoué. Du peu de chances de survie qu'il se voyait, de la perte progressive de tout son corps, de ses mouvements, et de ce refus de s'avouer vaincu. Pourtant, s'il avait daigné en faire part, il aurait été presque sûr que cela aurait été le seul aspect sur lequel la vie de ces deux mutants se croisaient, et se comprenaient peut-être vraiment. Mais cette porte était fermée. Et il ne viendrait pas à Faces l'idée de l'enfoncer aussi brutalement, face à un homme aussi neutre et impénétrable, qui agissait comme si les émotions et sentiments étaient des données secondaires à la vie de tous les jours.

« Rien de négatif en tout cas. »

En dépit du malaise qui l'avait prise l'instant d'avant, Micaela observa un long moment le visage de cet homme, à cette réponse. Petit mensonge, petite vérité, car il avouait aussi de cette façon que rien n'évoluait, très positivement, en tout cas. Il en disait plus qu'il ne le souhaitait, malgré tout. Elle se contenta de hocher la tête.

La tension fut prise. Rien d'alarmant, même si cela échoua à prévoir ce qui allait arriver ensuite. La prise de sang elle-même fut effectuée avec soin, et si Micaela était méfiante, à aucun moment, ses mains ne tremblèrent, peut-être par défi, sûrement pour montrer qu'elle n'était pas faible. Si cet homme voulait l'impressionner...eh bien, il y arrivait, mais elle n'allait pas se laisser faire.

La suite des événements fut plus imprévisible. Monsieur Riche-mêlé-de-psychopathe-ou-génie consultait sa tablette numérique – qui coûtait sans doute deux fois le salaire mensuel de Micaela – quand son bras se crispa soudain, avant d'envoyer voler le précieux objet. Ses traits se contractèrent pour ne pas montrer la douleur, mais elle n'en demeurait pas moins visible par cet effort, et le sourire plus que crispé qu'il adressa ensuite à l'infirmière. Celle-ci avait reculé d'un pas, le coton imbibé de désinfectant dans la main, mais elle n'avait pas besoin d'être surdouée pour sentir comment la tension de la pièce venait de se resserrer d'un coup. L'assistante s'en alla. Alexander gardait le même sourire crispé. Comme si tout allait vraiment bien. La mutante n'était nullement dupe, et ce fut sans doute en connaissance de cause qu'elle choisit de mettre les pieds dans le plat. Elle avait sans doute déjà pu apercevoir des spasmes de douleurs, tout aussi contrôlés, auparavant. Elle avança doucement la main pour désinfecter la fine plaie laissée par l'aiguille de la prise de sang, passant le coton sur le bras d'Alexander, avant de rester là où elle était, proche certes, plantant ses yeux sombres dans les siens.

« Rien de négatif, hein... » Son ton était au départ narquois, mais il redevint simplement inquiet, attentif, ensuite. « Je sais reconnaître des douleurs musculaires et c'est pas la première fois que vous en avez. »

Une pause. Elle finit d'aller jeter le coton dans une petite barquette prévue à ce qui était usagé, avant de se retourner vers Alexander, le fixant toujours, un air déterminé inscrit sur ses traits. Son attitude n'était pas moins tendue que celle de tout à l'heure, et elle s'appuyait légèrement sur le rebord de la table, derrière elle.

« C'est le nouveau produit qui fait ça ? » Elle désigna, d'un geste de main, le flex qui se vidait progressivement en se déversant dans le réseau sanguin de son employeur.  « Permettez-moi de dire que les effets semblent pas hyper appropriés. Et vous m'avez montré que vous êtes suffisamment intelligent, pour le savoir. »

Bien sûr, elle faisait référence à ce regard perturbant de tout à l'heure. Elle se jetait peut-être dans la gueule du loup, mais elle n'était pas non plus du genre à faire l'autruche. Advienne que pourra.



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MessageSujet: Re: On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces Sam 12 Sep 2015, 15:06

    Toute personne avec quelques valeurs morales pourrait avoir quelques scrupules quant au fait de manipuler quelqu'un dans des intentions on ne pouvait moins respectables. D'autant plus lorsque ce quelqu'un – était, certes, payé pour son travail et sa présence et ce d'une façon plutôt généreuse – avait pour mission de prodiguer des soins, travaillait avec un professionnalise tout à fait acceptable et semblait être d'une nature foncièrement bonne. Une honte, donc, que de se servir d'une âme aussi charitable. Mais, vous l'aurez compris, Alexander était loin d'être du genre scrupuleux. Pas le moins du monde. En outre, il ne croyait pas un instant que l'Homme, dans son essence, puisse être fondamentalement et exclusivement motivé par des actions louables.
    Notre jeune infirmière ici présente, n'était-elle pas, elle-même, motivée par la perspective d'un salaire alléchant et plus que respectable alloué par notre jeune génie ? Aurait-elle acceptée sa proposition pour un salaire de misère, et si elle l'avait fait, combien de temps et avec quelle assiduité aurait-elle supporté Alexander – qui se montrait, il fallait l'avouer, sous son meilleur jour – ainsi que les décalages flagrants qui semblaient séparer leurs mondes respectifs ? Assurément pas. Il ne fallait pas croire, elle n'était pas uniquement motivée par son seul altruisme. Cette réflexion n'était pas un jugement de valeur, une simple constatation.
    L'altruisme réel et sincère n'existait pas. Rien d'étonnant, non plus, dans le fait que le motif de l'argent était récurant. C'était presque cruel de voir à quel point son manque pouvait pousser les gens à faire tout et n'importe quoi, jusqu'à les pousser à renier leur propre éthique. Quelle belle société capitaliste où l'argent était au centre de l’existence...
    Mais nous en étions certes pas là. Pas encore. Quoi qu'il en soit, Alexander refusait de placer Micaela en victime de ses petites manipulations, elle n'était pas différente d'un autre, pas plus victime que coupable. Rien de plus qu'un pion sur son échiquier personnel. Il n'en était pas moins utile de voir jusqu'où la jeune femme pourrait aller. Que ça soit dans les limite de sa patience, sa capacité à encaisser les coups – en adepte de kickboxing, serait-elle aussi pugnace moralement que physiquement? -, sa ténacité, sa loyauté, ses forces et ses faiblesse et surtout, les extrêmes de ses principes. Du reste, peu importait. Ses origine, son sexe faible, sa classe sociale, son métier, ses goûts, ses aversions, ses ambitions... n'étaient qu'un ensemble d'informations qui la formatait dans ses réactions et dans les limites déontologiques qu'elle se fixait.
    Il avait attentivement observé sa réaction, ou plutôt sa non-réaction. Lorsque ses yeux avaient trahi pendant une seconde son envie de répliquer, de se défendre de cette petite attaque - qui n'était rien d'autre que particulièrement mesquine – son corps avait sembler faire le mouvement inverse, signe qu'elle avait assimilé ce qui venait de se passer. Peut-être même l'avait-elle compris. Lorsqu'elle sembla enfin surmonter la surprise et la méfiance des premières secondes, son visage se teinta de cette expression qui révélait une application à réfléchir avant d'agir et notamment de parler. Alexander garda son sourire pour lui. Elle ressemblait à une biche apeurée. Il ne pouvait lui en vouloir, puisqu'il était la cause de cet état. Dire qu'il s'amusait de la situation aurait été cruel. Il s'en satisfaisait davantage. Elle avait d'ailleurs placé la perfusion avec une maîtrise de ses gestes qui contrastait avec sa retenue, preuve que si elle avait été déstabilise, elle gardait parfaitement le contrôle. Verstand ne pouvait en demander plus.
    Le jeune homme avait alors tourner le regard pour vérifier la fréquence du goutte à goutte, alors que le produit s'infiltrait maintenant dans son organisme.
    C'est à peu près vers se moment qu'elle choisit de se défendre. Son ton n'était pas impertinent mais on pouvait y sentir une pointe de défi. Alexander avait alors haussé un sourcil. Vraiment ? Dans ses yeux, une petite lueur moqueuse. Un sourire en coin s'était dessiné sur ses lèvres mais il s'était bien gardé de répondre. Pour le moment. Une idée avait germée dans son esprit. Elle voulait être testée ? Elle risquait d'apprendre bien rapidement et à ses dépends que notre jeune génie refusait rarement un défi. Bien au contraire. Les challenges étaient fait pour être relever.
    Après tout, à en juger par le dossier qu'il avait constituer sur la jeune femme, elle non plus n'était pas du genre à reculer devant la difficulté. Et puis, ne faisait-elle pas partie de ces personnes qui n'ont plus rien à perdre ?
    En outre, répondre à son défi serait un moyen de lui donner l'opportunité de se dépasser. Après tout, il pourrait se servir à son avantage de ce côté flatteur de la proposition, comme le fait de laisser transparaître une certaine marque de confiance. De là à affirmer qu'Alexander faisait confiance à Micaela, c'était un bien grand mot, il ne faisait confiance à personne. Mais dans la relativité de toute chose, lui laisser croire une telle chose ne pourrait être qu'à son profit.
    D'autre part, lui faire miroiter la possibilité de chercher un remède au mal qui la dévorait serait peut être décisif, qui ne voulait pas prolonger un peu son existence ? Travailler sur un remède ou deux, cela ne changerait guère les choses.
    Il restait cependant deux choses à prendre en compte. La moindre : serait-elle prête à accepter ses principes de médication, elle ne semblait pas vraiment partisane de ses méthode, qu'en serait-il se sa propre survie ?
    La principale : révéler qu'il était au courant de sa contamination par le virus revenait à lui avouer qu'il savait tout, ou à peu de choses près, sur elle. Une décision qu'il ne pouvait donc prendre à la légère au risque de faire capoter son plan...
    La tension fut prise, 12/7, parfait. Micaela choisissait maintenant les tubes qui serviraient aux prélèvements. Elle avait l'habitude desquels choisir et combien en prendre. Elle le piqua sans sourciller et sans qu'il ne puisse même sentir l'aiguille rentrer dans sa veine.
    Il avait repris ses occupations avant que ne frappe le petit événement déplorable que l'on connaît. Alexander n'appréciait guère de perdre le contrôle. Que ce soit d'une situation comme de son propre corps et encore moins de son tempérament. Ces écarts, où il se laissait emporter par la colère, n'étaient que très rare. Mais on ne pouvait plus nier qu'ils étaient de plus en plus fréquent depuis qu'il perdrait peu à peu ses facultés motrices. Il gérait de moins en moins bien le fait qu'il se trouvait chaque jour un peu plus au pied du mur. L'impuissance n'était pas censée faire partie de ses caractéristiques.
    Son employée avait fait un pas en arrière. Par peur, ou par prudence. Elle était loin d'être naïve, elle savait exactement que malgré les piètres apparences, Alexander souffrait. Elle avait repris son geste coupé dans sa course, mais cette fois, ce fut le regard de la jeune femme qui vint se planter dans celui du génie.
    -Rien de négatif, hein... 
    Cette petite réplique dans laquelle perçait un ton goguenard, laissa notre protagoniste de marbre. Peut-être l'avait-il mérité. Il se contenta de soutenir son regard, puisqu'elle voulait jouer à ça. Cependant, elle avait rapidement reprit un air concerné. Elle lui confirma ce qu'il savait déjà. Elle ne le quittait plus des yeux et n'était légèrement adossé à la table derrière elle. D'un geste un peu trop nonchalant au goût d'Alexander, elle avait désigné la perfusion qui coulait toujours avec une régularité parfaite.
    - C'est le nouveau produite qui fait ça ? Permettez-moi de dire que les effets semblent pas hyper appropriés. Et vous m'avez montré que vous êtes suffisamment intelligent, pour le savoir.
    La mâchoire d'Alexander se crispa légèrement de nouveau, non plus sous la douleur, mais sous l'agacement. Il semblait que notre chère petite infirmière avait retrouvé suffisamment sa langue et son courage ? Il inspira profondément avec calme. Peu importait ce qu'elle pouvait bien penser. Placide, il regarda son bras perfusé avant de contracter son poing une ou de fois comme pour faire circuler son sang avant de se reconcentrer sur Micaela. La nouvelle molécule n'était pas censée avoir ces effets, loin de là. Non, cette réaction secondaire était forcément lié à autre chose. Verstand balayait rapidement dans son esprit les formules, les calcules, les réactions en chaîne.
    Sans répondre à sa question, ni même relever sa petite observation, il reprit avec une voix parfaitement sereine et sérieuse :
    -Vous vouliez être testée ? Je vous offre cette opportunité. Que diriez-vous de trouver vous-même ce qui a provoqué ses contractions musculaires involontaires ? Ce n'est pas comme si j'avais un laboratoire à disposition. Je vous permets de l'utiliser et d'avoir accès à toutes les informations que j'ai sur le sujet.
    Avec un ton qui se voulait maintenant beaucoup plus ironique, bien que ses dires toujours aussi sérieux, il ajouta :
    -Je suis même prêt à mettre sous vos ordres quelques uns de ces chercheurs que vous admirez tant...
    Ce n'était pas forcément un cadeau, ce qu'il venait de lui proposer là... Mais après tout, si elle acceptait, ça servirait tout aussi bien ses intentions et dans le pire des cas, si elle déclinait, ça lui rabattrait un temps son caquet. Elle avait maintenant les cartes en main.
    Est-ce qu'Alexander attendait une réponse particulière de sa part ? Non, pas vraiment. Qu'elle accepte lui prouverait sa détermination, sa fierté aussi, et permettrait au jeune homme de vérifier ses réelles capacités. Qu'elle refuse serait la preuve que la cubaine savait parlait plus qu'elle ne savait agir. Cela ne remettrait aucunement en cause ce qu'il avait prévu à la base. Il ajouta avec pragmatisme :
    -Cela induirait évidement une augmentation considérable de salaire. Ainsi que, il va de soi, de vos heures de travail.
    Qu'elle ne s'y méprenne pas, ce n'était pas, et de loin, une proposition en l'air. Certes, sous l'apparente entière liberté dont elle disposerait, elle serait surveillée de prêt. Et puis, si elle se révélait aussi douée que pouvait le laisser entendre sont véritable CV, peut-être en viendrait-il à lui proposer d'autres travaux... A voir.

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MessageSujet: Re: On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces Sam 24 Oct 2015, 22:15


Alexander se faisait beaucoup d'illusions sur ce qu'il croyait être les motivations de Micaela. Celle-ci serait loin d'être la première à dire que l'homme était fondamentalement bon : elle avait été capable d'actes terribles, à certains moments de sa vie. Mais pour autant elle ne croyait pas l'humanité purement néfaste. Peut-être bien...simplement neutre, après tout, et capable ensuite de dériver sur le bord le plus approprié, alléchant, ou le plus proche. C'était ce qui arrivait à tous, n'est-ce pas ? Mais Verstand lui donnait l'âme bien plus noire qu'elle ne l'était pas. Quand on choisissait un métier comme infimière, ou médecin, il fallait avoir les nerfs et le cœur à cela. Si on recherche un boulot tranquille et bien payé, autant faire comptable, ou quelque chose dans l'informatique, donc des choses très ennuyeuses ne nécessitant pas le contact humain. Tout ce que croyait Alexander, était à tort. Car elle aurait supporté son attitude, le décalage entre leurs mondes, sa froideur même, y compris pour un salaire de misère. Ça avait beau ne pas être un jugement de valeur, même dans les constations, le génie n'était pas toujours aussi fort qu'il croyait.

Elle n'était peut-être pas encore une de ses cibles, mais on ne pouvait nier que le jeune homme allait tendre un sacré piège, à Micaela, sous quelques instants. De quoi la refroidir un moment, au sens figuré, non littéral, bien entendu. Le mutant se rendrait peut-être compte qu'il ne fallait pas pousser une femme comme elle à bout, encore qu'elle pouvait se révéler moins dangereuse que la Tosca, en cas de pétage de câbles. Qu'il fasse donc ça, à ses risques et périls. La situation tendait déjà assez la jeune femme, et bien qu'elle demeurât en apparence cordiale et neutre, cette tension se voyait dans la crispation de ses muscles, dans la légère sécheresse de ses mouvements, ou encore dans le tranchant de son regard, qui n'était pas empli de pitié ni de compassion, pas plus qu'il n'était condescendant ou fatigué. Elle n'était pas du genre à essayer de montrer « qu'elle avait déjà tout vu » mais elle pouvait être indubitablement un œil sceptique dans certains cas. Car elle était en effet aussi prompte à encaisser les coups physiques, que moraux, nul doute. Elle n'avait pas choisi la boxe au hasard, de même que son pouvoir avait forcément forgé son mental.

Pas son genre de voir les gens, programmés comme des machines, comme c'était le cas du monde entier aux yeux de Verstand, qui se prenait pour un visionnaire, ou pour Dieu. Il attendait de placer le prochain coup, ne se priverait pas pour le faire, mais en attendant, elle gardait le contrôle d'elle-même, agissant comme un animal farouche, sur ses gardes.

Les deux regards s'affrontaient. Le calme presque inhumain, teinté d'un sourire ironique dans les yeux, qui contrastait avec la défiance de l'infirmière. A se demander s'ils allaient tous deux sortir vivants de la bataille, ou non. La réaction de Micaela...promettait d'être intéressante, par la suite. Sans se douter que quelle que soit sa réponse, elle ne ferait que davantage tomber entre les pattes de l'araignée qu'elle s'acharnait à essayer de soigner, depuis des mois. Une araignée qui présentait un sourire bien aimable, pour mieux dissimuler son poison. Elle n'était cependant, ni dupe ni naïve. Toutefois, elle était humaine, ce qui signifiait autant de faiblesse, que de force, voilà tout.

Elle continuait à s'occuper de lui, en ne soupçonnant que légèrement, d'après son sourire, qu'il commençait à traficoter des choses pas catholiques dans sa tête. En apparence, la jeune femme n'était pas perturbée, et elle n'avait jamais laissé ses émotions prendre le dessus sur son travail, de toute façon. Ce qui devait être fait, le serait, et c'était tout. Mais elle n'appréciait guère que Verstand se comportât comme s'il était presque indifférent à sa santé, alors qu'en plus il subissait des crises, visiblement récurrentes. Lui, comme elle, savaient que cela pourrait finir par l'emporter, et qu'il ne bénéficierait plus que de l'état de scaphandrier impossible à mouvoir. Un esprit dans une boîte, une âme dans un corps. A sa place, elle se tirerait une balle, mais elle n'était pas à sa place. Fort heureusement. Tout aussi égoïste que soit cette pensée.

Loin des pensées critiques de son employeur, elle disait son avis, pur et dur, parce que n'était pas né celui qui la ferait se taire contre son gré. Certaines choses étaient parfois difficiles à dire et à entendre, mais ça ne l'avait jamais arrêtée. Elle était d'un tempérament trop battant pour ça, encore que Verstand n'y ait pas trop droit, car quand elle était au travail, elle était plus neutre qu'au quotidien. Elle le vit contracter ses muscles, rétablir la circulation et la maîtrise de ses muscles. Ce n'était que le calme avant la tempête déclenchée par les paroles malheureuses et défiantes de l'infirmière, mais aussi le calme, le répit, avant que la maladie ne finisse par vaincre cet homme. Elle pouvait se voir en lui comme un miroir, et cela donnait à ses yeux une expression insondable, presque désespérée, comme lorsqu'on voit le futur qui nous est réservé. Mais elle reprit contenance, se redressant, quand il lui adressa la parole, a priori sur un complet autre sujet.

« Vous vouliez être testée ? Je vous offre cette opportunité. Que diriez-vous de trouver vous-même ce qui a provoqué ces contractions musculaires involontaires ? Ce n'est pas comme si j'avais un laboratoire à disposition. Je vous permets de l'utiliser et d'avoir accès à toutes les informations que j'ai sur le sujet. »

De lancinant, le regard de Micaela se teinta de perplexité, et un haussement de sourcil vint renforcer sa méfiance, comme sa surprise. Qu'est-ce que cet oiseau lui chantait là ? Avait-il perdu la tête, en plus du contrôle de ses muscles ? Manquerait plus qu'il se mette à ne pouvoir retenir sa vessie, elle n'avait pas forcément signé pour être garde-malade à ce point. Mais c'était pas fini, loin de là.

« Je suis même prêt à mettre sous vos ordres quelques-uns de ces chercheurs que vous admirez tant... »

Ce fut au tour de la jeune femme d'avoir un sourire ironique. Il avait beau être sérieux et froid comme un linceul, il se foutait clairement de sa gueule. Aucune solution autre possible. Il croyait lui faire peur comme ça ? Alexander Verstand n'était pas l'homme qui la ferait plier. Elle avait l'air plus que carrément sceptique, et elle eut même un léger rire, presque sarcastique, alors que résonnait la dernière parole de Verstand. Il voulait jouer à ça ? Il était finalement plus crétin qu'il n'y paraissait. Elle ne se doutait pas qu'il avait sans doute prévu toutes ses réactions à l'avance.

« Cela induirait évidemment une augmentation considérable de salaire. Ainsi que, il va de soi, de vos heures de travail. »

« Ça vous amuse, de vous payer ma tête ? » fut finalement la première réponse de la Cubaine, le regard non pas noir, mais clairement semi-amusé, semi-irrité. « Je suis pas de l'espèce de femmes, qu'on achète, même si dans votre univers, tout s'achète avec de l'argent, des services aux objets, de l'amour aux investissements immobiliers. »

Disons que c'était plus, finalement, la dernière déclaration de l'homme en fauteuil, qui l'avait offusquée, finalement. Comme quoi, ça frappait toujours là où on ne le pensait pas, en premier. Elle s'était redressée complètement, quittant son perchoir, pour s'avancer vers lui de quelques pas. C'était peut-être lui le boss ici, mais en attendant, debout, elle demeurait plus grande que lui. Elle avait croisé les bras un bref instant, avant de les laisser retomber. Sang chaud ou pas, elle parlait parfois indubitablement avec les mains, sans s'en rendre compte, c'était le cas.

« Cette proposition, M. Verstand... Pourquoi moi par rapport à d'autres ? Quelqu'un qui a pas terminé ses études de médecine, par rapport à d'autres savants brillants ? Qui irait quoi, commander à des doctorants, des gens de renom ? C'est absurde. Ouais, j'aime les défis. Mais vous avez vraiment envie de placer votre vie, au prix d'un défi ? Jouer à la roulette russe comme ça ? »

En son for intérieur, la question pourquoi elle? pouvait avoir une raison logique, c'était qu'ayant elle-même fait des recherches sur un autre virus affectant les mutants, peut-être avait-elle un bagage intéressant là-dedans, en plus de sa détermination. Mais ça, pour elle, son employeur ne pouvait le savoir : elle ignorait qu'il avait peut-être plus qu'une longueur d'avance, sur elle.

« Si c'est simplement pour voir si oui ou non, j'suis effrayée par le regard que vous avez lancé...la réponse est non. Un test ? Okay. Mais votre vie à la roulette russe, j'y réfléchirai à deux fois. C'est un sacrée preuve de confiance, et tous ceux comme vous, ne croient pas les gens comme moi. Alors, pourquoi ? »

Oui, elle était prête à relever le défi. Même l'attitude de son corps le prouvait, tournée comme elle était vers Verstand, son attention fixée sur lui. Mais elle gardait la tête froide, en dépit de cette offre qui en aurait ravi plus d'un. Mais elle sentait, comme lorsqu'elle avait vu son âme véritable dans son regard, que cela cachait plus.

« Maintenant, la vraie question est : qu'est-ce que vous espérez vraiment? »


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MessageSujet: Re: On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces Mar 10 Nov 2015, 21:23

    Les yeux sombres de Verstand n'avaient pas quitté une seule seconde l'infirmière. Le génie avait écouté chacune de ses paroles et observé ses différentes réactions avec placidité. Sans laisser transparaître la moindre opinion ou sentiment sur ce qu'elle avait pu dire, il l'avait étudier, détaillé, analysé de même qu'il l'avait regardé ironiser, s'offenser, s'échauffer tout à tour sans faire le signe d'une quelconque réaction. Seuls ses yeux brillaient de cette lueur étrange et presque habituelle, qui contrastaient avec la pâleur et la neutralité de sa physionomie. 
    Ce qu'il pensait de cette réplique septique ? Peut être s'en agaçait-il un peu, je l'avoue, mais je n'irais pas jusqu'à l'affirmer. 
    -Ça vous amuse, de vous payer ma tête ?
    Il avait arqué un sourcil. En donnait-il l'impression ? En fait, Alexander espérait surtout que la question fut rhétorique. D'une part, parce qu'il avait beau pouvoir se payer absolument tout ce qui avait un prix et même ce qui n'en avait pas, la tête de Micaela ne faisait pas partie de la liste de ses acquisitions potentielles. D'autre part, parce qu'il avait mille choses plus importantes à faire que s'abaisser à ça. Le ton mi-figue, mi-raisin cachait un questionnement sous-jacent. 
    Le génie souleva davantage les paradoxes qui pointaient dans les des termes qu'elle employait. Et puis, évidemment qu'elle était du genre que l'on achète, mais le fait qu'elle soit une femme n'avait que peu d'influence dans cet état de fait. 
    Il se serait presque amusé, s'il n'avait pas été aussi sérieux, de la voir chercher, manifestement, à fixer une limite entre son monde et le sien. Était-elle si fière de se distinguer de lui, tandis qu'elle s'était redressée et rapprochée de quelques pas, le toisant de toute sa stature ? La belle affaire que de lui être physiquement supérieure... 
    L'allemand n'avait toujours pas détaché son regard de la cubaine. Il savait parfaitement que la question n'était pas là. L'interrogation ne tarda d'ailleurs pas être formulée de la bouche de son infirmière. Pourquoi elle ? Voilà ce qui la taraudait. Il l'avait laissé parler sans rien répondre. Il la sentait prête, mais également lucide. Son agitation l'avait rendu gestuelle mais trahissait une sorte d'incertitude qui contrastait avec l'assurance qu'elle voulait laisser paraitre.
    -Maintenant, la vraie question est : qu'est-ce que vous espérez vraiment?
    Il avait gardé encore quelques secondes ce silence analytique, l'œil peut-être un peu plus noir que quelques minutes auparavant.
    -Peu m'importe ce que je vous inspire. La roulette russe dont vous parlez est truquée depuis longtemps car c'est cinq balles qu'il y a dans le barillet. Si j'avais la moindre solution, ne croyez-vous pas que j'aurais tout fait pour la mettre en œuvre ? Je suis au pied du mur.
    Il n'avait pas sourcillé. Son ton impassible pouvait poussé à se questionner sur son degré de sincérité. Dur à estimer. Mais il fallait garder à l'esprit que les discours du jeune homme étaient souvent teintés d'absolues vérités pour mieux dissimuler la réalité. 
    -Pourquoi vous ? Parce que je ne suis plus à une absurdité près. Ce qui, sur ce point, n'était pas si faux. Mais surtout parce que j'ai horreur d'avoir tord au sujet de quelqu'un. Vous avez raison de dire que je n'ai confiance en personne, sauf en moi-même. Mais maintenant, mon propre corps me trahit. Ce que vous ne comprenez pas, c'est que je n'espère rien, de personne. Il ajouta d'une voix lointaine. Qui n'espère plus rien est capable de tout .
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MessageSujet: Re: On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces Dim 29 Nov 2015, 23:06


Le travail chez Verstand aurait-il pu continuer encore longtemps sans tourner à l'affrontement ? Probablement impossible, au vu des deux caractères, même si jusque-là le quotidien avait réussi à aller plus ou moins sans heurts. Pour sa part Micaela supportait difficilement cette impression, ce fait d'être jugé, étudié comme un animal qu'on surveillerait. Elle n'était la propriété ou l'expérimentation de personne, et pourtant il agissait comme tel. Autrement dit, c'était très très loin de lui plaire, et elle ne se gêna pas pour le faire savoir. On avait le sang chaud ou non. Et pourtant, ce qui pouvait la déstabiliser le plus, c'était bel et bien de le voir sans réaction, toujours pâle, avec une lueur trop étrange dans le regard pour être décrite. Peut-être bien qu'il n'y avait pas Axel qui se prenait pour un Dieu, sauf que Verstand lui faisait beaucoup plus penser à un vampire, en fait. Il en avait carrément l'allure en plus du mental. Bien évidemment, il n'exprimait pas grand-chose pendant que Micaela en faisait des tonnes, niveau expressions, préférant garder son air mystérieux insondable. Ça devait être typiquement le genre de gamin à qui on avait fait tous ses caprices, enfant.

Et en fait il attendait, patiemment. Ce n'était pas du tout le tempérament de la belle, mais en voyant qu'il restait immobile et impassible, elle comprit qu'il ne servait à rien de s'énerver, ou de s'indigner. D'une part c'était la réaction à laquelle il s'était sûrement attendue, de l'autre, ce n'était pas ça qui le ferait bouger. Elle se résigna donc à prendre une grande inspiration et à se calmer, laissant ses gestes devenir moins virulents. Mais son regard aurait pu foudroyer sur place, c'était sûr. Et elle en était venue aux faits. A la vraie question qui importait vraiment, même si elle faisait un sacré effort pour ne pas laisser éclater sa colère. Mais au vu du regard noir et silencieux que lui lançait son employeur, elle pouvait être sûre qu'il ressentait la même chose, à son égard, si du moins ce type pouvait ressentir autre chose que du mépris envers les gens.

« Peu m'importe ce que je vous inspire. La roulette russe dont vous parlez est truquée depuis longtemps, car c'est cinq balles qu'il y a dans le barillet. Si j'avais la moindre solution, ne croyez-vous pas que j'aurais tout fait pour la mettre en œuvre ? Je suis au pied du mur. »

Là encore, elle pouvait se demander s'il se foutait de sa gueule, car personne ne pouvait parler de sa fin prochaine avec tant de détachement, ou du moins, elle le croyait. Cependant, après ce qui s'était passé et après avoir révélé qu'il n'était pas aussi indifférent qu'il pouvait le montrer, mais dangereux, au contraire, ç'aurait été idiot de sa part, de mentir. Micaela respirait plus calmement, mais c'était à elle qu'on devait la majorité, si ce n'était la totalité, de la tension régnant dans la pièce. A force, cela finirait par avoir une odeur de métal brûlé. En revanche, ce qu'elle comprenait désormais, c'était qu'il était quelqu'un comme elle : qui avait cinq balles dans un revolver et dont il savait que ça serait plus assurément la fin, que le début d'une nouvelle existence. Une existence cramponnée à un fil dont chaque filin se desserrait peu à peu. Le regard de Faces devint légèrement différent, une sorte de compréhension, mais plus intellectuelle qu'affective.

« Pourquoi vous ? Parce que je ne suis plus à une absurdité près. » Elle se garda de relever ce qui aurait pu être une insulte. « Mais surtout parce que j'ai horreur d'avoir tort au sujet de quelqu'un. Vous avez raison de dire que je n'ai confiance en personne, sauf en moi-même. Mais maintenant, mon propre corps me trahit. Ce que vous ne comprenez pas, c'est que je n'espère rien, de personne. Qui n'espère plus rien est capable de tout. » Avec quelque chose d'éloigné dans la voix qui suggérait qu'il était déjà passé au-delà.

Si elle croisa les bras, ce fut plus parce que ça l'aidait à réfléchir, que pour se tenir sur ses gardes. Elle le fixa un long moment, les yeux essayant encore une fois et très vainement, de percer l'âme de l'homme en face d'elle.

« Tort à propos de quelqu'un. En quoi pensez-vous avoir tort, sur moi ? »

Oui, quand le corps même trahissait, on se sentait impuissant, comme face à cette fatalité qui disait, à 90 %, que cela serait fini plus tôt qu'on ne le pensait. Pour une fois, elle songea qu'ils n'étaient peut-être pas si éloignés, en matière de pensée, mais cette pensée ne l'apaisait pas. Au contraire.

« Et pourtant vous me demandez ces choses. Ces expériences. A moi. Le monde est trop petit pour que la frappe du hasard soit là. » Sa voix s'était faite plus dure. « Vous saviez, avant même de m'engager, que j'étais malade ? Malade comme vous. Et que par conséquent, une mourante aurait rien à perdre et pourrait qu'accepter une offre pareille ? »

Verstand pouvait faire attention à ce qu'il allait répondre, mais indubitablement, le regard de l'infirmière s'était fait bien plus brûlant. Cette fois, il pourrait peut-être y laisser des plumes.

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MessageSujet: Re: On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces Lun 07 Déc 2015, 22:26

    C'était un don presque naturel pour Alexander - puisqu'il n'y portait aucun effort particulier - que de pousser les gens dans leur retranchements. Irait-on jusqu'à affirmer qu'il prenait un plaisir certain à nourrir, à travers son comportement, les réactions d'antipathie à son égard ? Il se satisfaisait, au moins, d'entretenir un rapport complexe entre la plupart des hommes et lui-même ; celui de n'être apprécié mais respecté, de susciter l'aversion mais étouffée par la crainte. Un marque de sa supériorité qui instaurait une distance raisonnable entre le monde de l'insignifiance et sa personne.
    Et puis, parfois, les âmes s'échauffaient, se rebiffaient, rongeait leur frein, face à son attitude détachée et hautaine, froide, à ses réflexions dont la franchise n'avait d'égale pour son mépris. C'était immanquablement le cas de son infirmière alors que leur petite routine prenait, ce jour là, une tournure bien particulière.
    Alexander pouvait saisir les hésitations de la jeune femme, cette réticence qu'elle avait à son sujet, cette méfiance et cette incertitude. Elle cherchait de ce regard perçant qu'il soutenait sans mal à le sonder, tirer quelque chose de lui, pourtant si bien fermé. Et puis il y avait eu peu à peu un l'éclat d'une compréhension nouvelle de la situation. On avançait.
    -En quoi pensez-vous avoir tort, sur moi ?
    Micaela avait réussit à se calmer ou tout du moins, à arrêter de gesticuler dans tous les sens. Il serait bien laborieux de décrire ce qui venait à cet instant animer l'esprit du génie, mais il fallait comprendre que dans les plans qu'il avait pu former, la situation ne s'éloignait que peu de ce qu'il avait pu espérer depuis le moment où la conversation, pourtant habituellement si formelle et vide de tout réel sens, avait pris une tournure plus personnelle.
    Quelques secondes s'écoulèrent et l'allemand se garda de répondre. Alexander ne doutait pas qu'une autre question n'allait pas tarder suivre et la jeune femme répondrait presque d'elle-même à sa propre interrogation.
    -Et pourtant vous me demandez ces choses. Ces expériences. A moi. Le monde est trop petit pour que la frappe du hasard soit là.
    A croire qu'elle non plus, ne croyait pas aux coïncidences. Elle était plus lucide qu'elle n'y paraissait.
    -Vous saviez, avant même de m'engager, que j'étais malade ? Malade comme vous. Et que par conséquent, une mourante aurait rien à perdre et pourrait qu'accepter une offre pareille ? 
    Elle était animée d'un calme bouillonnant qui pouvait très bien cacher la tempête.
    -Non, je ne le savait pas, avait répondu le milliardaire avec son aplomb habituel. J'ai simplement fini par comprendre certaines choses à votre sujet, à mesure de vous côtoyer. Je peux être... très observateur. Mais avant que vous ne le confirmiez vous-même à l'instant, ce fait ne demeurait, pour moi, qu'une hypothèse.
    Le génie n'en ajouta pas davantage pour le moment. Il aurait pu prendre un air contrit, lui avouer qu'il n'avait pas eu l'intention de la pousser à révéler un tel pan de sa vie, un détail aussi personnel, il aurait pu la prier de l'excuser pour son comportement, lui exprimer le fait qu'il nourrissait l'espoir que leurs situations lui fasse échos, que sa demande était déplacée mais désespérée, etc.
    Mais les mensonges les plus courts étaient toujours les plus efficaces.
    De plus, la cubaine avait suffisamment pu saisir son caractère pour ne pas se laisser duper par de telles paroles superflues.
    Il fixa encore un instant Faces avant de reporter ses yeux sur la perfusion, maintenant bientôt vide, qui déversait toujours son contenu dans l'organisme du milliardaire. Il ouvrit et ferma le poing plusieurs fois de suite pour aider le produit à s'insinuer plus rapidement dans ses veines endolories. Il refoula l'agacement, la fatigue, la frustration... il n'avait pas d'autre choix.
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MessageSujet: Re: On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces Mar 12 Jan 2016, 21:57


C'était difficile de penser que ces deux-là auraient pu se supporter, s'ils n'avaient pas été liés par une relation de travail. Verstand incarnait pas mal de choses qui insupportaient Micaela, et sans doute la trouvait-il très ennuyeuse, tout comme elle le serait pour un certain Xehanort par la suite. Mais en attendant, elle ne pouvait que voir à quel point leurs mondes étaient séparés, et toutefois communicant par une unique passerelle, fragile, qui venait de s'établir. Que cet homme prenne plaisir à la prendre de haut n'était pas une pensée qui la tourmentait : dans un certain sens elle n'en avait rien à foutre, ou tout simplement c'était bien le moindre de ses soucis. Verstand avait cependant réussi son coup, dans le sens où il l'intimidait et qu'elle y réfléchissait à deux fois avant de dire une parole ; qu'elle l'épiait comme si cela avait pu suffire à le déchiffrer. Elle n'était pas fan des énigmes vivantes, mais peut-être prendrait-elle plaisir à tâcher d'en résoudre une, pour une fois. En tout cas, il ne la laissait pas indifférente – et certainement pas dans le sens romantique du terme. Et lui, eh bien...il n'avait pas la moindre peur d'elle. Il attendait simplement que les liens se fassent. Il n'avait pas tort, mais elle n'aimait pas qu'on la prenne pour une imbécile.

Aussi avait-elle sauté à pieds joints dans les conclusions que tiraient peu à peu son cerveau. Posé les questions qu'il fallait, même s'il avait fallu du temps pour y arriver, un temps sans doute bien long pour le génie ici présent. Peut-être cependant que les choses allaient encore prendre une direction différente de ce qu'il avait espéré. Car le sang de Micaela commençait à rugir dans ses veines, et si elle se tenait immobile et droite, bientôt, l'équilibre naturel, le mouvement, viendrait reprendre le dessus. C'était ce qui arrivait quand on opposait une flamme à une roche.

« Non, je ne le savais pas. J'ai simplement fini par comprendre certaines choses à votre sujet, à mesure de vous côtoyer. Je peux être...très observateur. » (Micaela eut presque un reniflement méprisant.) « Mais avant que vous ne le confirmiez vous-même à l'instant, ce fait ne demeurait, pour moi, qu'une hypothèse. »

Et le silence s'établit. La Cubaine pouvait être sûre d'une chose : il adorait se payer sa fiole, mais de ce qu'elle savait du personnage, finalement, ça ne l'étonnait pas tant que ça. D'autant qu'il ne rajouta rien qu'un humain aurait normalement dit en temps normal, et que d'autre part, cette même lueur insondable ne quittait pas les yeux de l'homme, cette impression de sûreté et de sécurité d'avoir tout prévu à l'avance, ce genre de regard qui devenait presque prédateur, mais était en vérité presque aussi effrayant par la sensation donnée d'avoir tout planifié depuis longtemps. Après tout, c'était ce que faisaient souvent les serial killers.

Elle hésita, pendant une seconde, réellement. Mais de ce qu'elle avait vu, elle savait que ces paroles étaient du flan. Ou pire, elle le sentait. La distance qui les séparait fut brisée en deux secondes à peine, par quelques pas souples. La jeune femme n'ôta pas la perfusion, mais elle posa ses mains directement sur les joues de Verstand, ayant besoin d'un contact physique pour mieux se concentrer. La pression qu'elle exerçait n'était pas forte, mais elle demeurait solide. Les leçons rouillées qu'elle avait eues de Fantôme se remettaient en marche. Elle ne demanda nulle permission pour commencer à s'immiscer dans la tête du malade, cherchant à voir exactement depuis combien de temps il savait, comment, s'il l'avait espionnée d'une façon ou d'une autre. A voir à qui elle le faisait penser, pour au besoin s'en servir. Micaela n'était pas une experte télépathe et si sa démarche demeurait maladroite, elle faisait preuve d'une puissance relative. Par contre, psychiquement, cela devait faire plutôt mal à Verstand, d'être ainsi forcé à faire défiler des souvenirs ou des savoirs, parce qu'elle ne croyait désormais plus en aucun mot de ce qu'il racontait. Et aussi parce qu'elle n'y allait pas en douceur. Son visage était inhabituellement fermé, et elle ne prononçait pas un mot.
Chez une femme comme elle, c'était plutôt mauvais signe.

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MessageSujet: Re: On attrape pas les mouches avec du vinaigre | Faces Ven 22 Jan 2016, 18:16

    Le silence qui s'installa à nouveau entre les deux protagonistes ne présageait rien de bon. Il était le calme avant la tempête, lourd comme une chape de plomb, électrique comme une fin de journée étouffante en été. L'air s'était épaissi, chargé de toute cette tension installée entre eux, presque physiquement visible. Ces "ondes" oppressantes, générées par la confrontation entre le sang bouillant de la cubaine, qu'Alexander avait su exciter d'une main de maître, et la froideur implacable du détachement de l'allemand vis-à-vis de la situation, étaient comme un orage sur le point d'éclater. 
    A ce moment précis, Feuerbach dû reconnaître deux choses. 
    La première : qu'il avait peut-être poussé un peu loin cette petite... "expérience" - à défaut de trouver un terme plus juste. Il avait conscience de jouer avec le feu, mais il ne savait agir autrement. Sans cesse dans ce besoin de tester les limites, les siennes et celles des autres, sûr de parfaitement savoir où se trouvait la ligne à ne pas franchir.
    Un excès de confiance - hybris inspiré par l'orgueil, s'il en était – que cette conviction de pouvoir toujours tout contrôler grâce à ce sentiment de puissance insufflé par l'argent et l'influence et qui lui assurait une immunité à ses (rares) dérapages. Agissements d'un gamin pourri gâté ou audace de la jeunesse ? 
    La seconde : qu'il n'avait pas pronostiqué à sa juste valeur la réaction de Faces. En quelques pas, elle était sur lui. Il aurait dû savoir qu'elle agirait ainsi. Où l'avait-il su ? L'affirmer serait un peu osé, mais allez savoir, avec ce personnage. Ses deux mains chaudes étaient venues prendre le visage du jeune homme sans que celui-ci ne puisse faire le moindre mouvement pour l'en empêcher. Qu'aurait-il pu tenter pour l'esquiver, cloîtré comme l'handicapé qu'il était, dans ce fauteuil ? Il n'eut ni le temps de détester un peu plus sa condition débilitante, ni celui d'être répugné par ce contact indésirable entre son infirmière et lui.
    La sensation douloureuse qui irradia sous son crâne presque instantanément le laissa grimaçant et paralysé par cette soudaine intrusion dans son esprit tandis que ses pensées semblaient lui échapper, attiré vers Micaela par le contact de ses mains. Cette sensation inconnue n'avait rien d'agréable. Alexander avait l'impression qu'on fouillait dans son cerveau en remuant le tout, sans le moindre ménagement et avec une petite cuillère rouillée. 
    Quant à ce que miss Gomez risquait de trouver dans cet esprit hors du commun, notre génie ne serait très probablement pas le seul à sortir de cette expérience avec la migraine. 
    Était-il nécessaire de rappeler que le fonctionnement du cerveau de Verstand était bien différent de la normale ? Que son activité était incommensurablement plus importante et dense, de même que le nombre d'informations traitées et stockées, le flux constant de pensées qui cheminaient dans son esprit était comme plusieurs courant parallèle ? On pouvait retrouver dans le cerveau du génie un fonctionnement comparable à une machine, un ordinateur dans lequel un nombre surprenant de processus pouvaient fonctionner en même temps.
    Micaela allait pouvoir entrevoir tout cela pour quelques secondes, percevoir son monde, voir à travers ses yeux.
    Elle serait tout d'abord probablement assaillie par les pensées directement liées à leur conversation et le moment présent, elle se verrait probablement à travers ses yeux dans une atmosphère grisée et mouvante, des phrases isolées qu'elle avait pu prononcer plus tôt flottait encore, comme attendant d'être rangée, dans un paysage complexe de diagrammes oscillants et de schémas mathématiques qui représentait l'évolution des probabilités de la tournure des événements.
    Mais cela n'occupait qu'une infime partie de ce qu'il y avait derrière les yeux noirs de l'allemand. 
    La cubaine y trouverait aussi des ribambelles de chiffres dans des gammes chaudes allant du rouge au jaune et se suivant sans réelle logique apparente, pronostiques journaliers de la bourse qu'il estimait depuis son ouverture quelques minutes plus tôt. Des statistiques diverses qui s'organisaient sous formes de graphiques et de diagrammes dans lesquelles courbes en couleurs et variables compliquées s'entremêlaient. Il y avait aussi, quelque part, des segments d'ADN avec leurs deux hélices entrecroisées, qui se déroulaient pour isoler tour à tour différent éléments où s'illuminaient certaines séquences nucléiques spécifiques. Formules, calculs, représentations moléculaires, se modifiaient comme d'elles mêmes pour améliorer la composition du produit qui circulait au même moment dans ses veines, tentant déjà de créer une nouvelle formule plus efficace. Il y avait aussi des pensées, dans diverses langues, anglais et allemand en priorité, des visages, des plans, des idées en germination, des cartographies numériques, des couleurs et des sons, des odeurs et des goûts, des désirs... et une mémoire extraordinaire. Images, précises comme la réalité, stockées avec soin et ordre, savamment triées, dans de larges salles d'archives mentales, propres et entretenues, lumineuses et calmes qui matérialisaient ses moindres souvenirs...

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