XMH : The After Years
 
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Ruz - Rachel Baldwin-Reid

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Messages : 72
Date d'inscription : 14/09/2015
Identité : Rachel Baldwin-Reid
Dons : Reproduction mutante - Régénération rapide - Psychométrie

MessageSujet: Ruz - Rachel Baldwin-Reid Lun 14 Sep 2015, 22:55


   
RUZICA

   

   


   
♣ Nom  : Baldwin-Reid

♣ Prénom : Rachel

♣ Age : 66 ans – Une trentaine d'années en apparence

♣ Nationalité (origines) : Américaine ; origines françaises

♣ Orientation sexuelle : Trouble

♣ État civil : Mariée, mère

♣ Taille et poids : 1m63, 55 kilos

♣ Profession : Élément chaotique – Vagabonde – Membre de la Blood Brigade de la Division

♣ Groupe : Neutre

♣ Rang: A voir par le staff

♣ Capacités :

« Mother » - Tous les enfants dont Rachel a accouchés, et accouchera, sont mutants et dotés d’un excellent système immunitaire. La grossesse est accélérée dans son métabolisme, réduisant neuf mois à quatre. La transmission du gène X est, chez elle, automatique, comme si l'une de ses principales raisons d'être était de veiller à perpétrer le gène mutant.

« Immortalité » - Rachel dispose de cycles sanguins plus accélérés et plus intenses que les humains, sans que pour autant cela corresponde réellement à une capacité d'immortalité, comme pour certains mutants. La raison à ces cycles de sang est de pouvoir lui donner la capacité d'enfanter pendant très longtemps. Sa vie dure donc plus longtemps que la moyenne, bien que nul ne sache quand elle se terminera, tôt ou tard. Elle est physiquement bloquée à l'âge de trente ans environ.

« Psychométrie » - En touchant un objet, de petite ou grande taille, Rachel ressent et aperçoit les émotions, savoirs, qui y sont liées. Cela lui permet ainsi de connaître le passé d'un objet ou d'une maison, mais également de savoir conduire une voiture ou encore comment utiliser un engin complexe. Ce savoir est momentané et ne peut durer plus de quelques minutes ou quelques heures (selon l'objet touché), et il ne reste en aucun cas de manière définitive et claire ensuite dans l'esprit de Rachel. Ce savoir dépend de l'objet et des dernières personnes l'ayant touché. Ainsi, elle ne percevra rien venant d'un objet fabriqué par une machine, mais si elle utilise l'ordinateur d'un expert informatique, elle sera connectée au savoir de ce dernier en relation avec l'objet, par exemple. Plus elle touche longtemps un objet, un mur, plus elle remonte dans l'historique de ses « émotions » et de son passé. La raison de la brièveté de ces savoirs est que si elle devait tout garder en mémoire, elle serait de plus en plus instable et agitée psychiquement, jusqu'à un black-out menant à des amnésies, temporaires ou permanentes, voire dans le pire des cas, la mort. Elle ne peut connaître « le passé » de personnes en les touchant ; seulement, de temps en temps, s'ils dégagent des auras plus ou moins bienveillantes.

    ♣ Ambition : Manger. Sa famille. Errer de ci et de là. Faire plaisir à la Division de temps en temps, parce que la Division la paie en partie en tickets restos, vous comprenez.

    ♣ Aversion : La nourriture de mauvaise qualité. Les hôpitaux et prisons.
   

   



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Date d'inscription : 14/09/2015
Identité : Rachel Baldwin-Reid
Dons : Reproduction mutante - Régénération rapide - Psychométrie

MessageSujet: Re: Ruz - Rachel Baldwin-Reid Lun 14 Sep 2015, 23:21


   
Le personnage

   

Avant, bien avant tout aujourd'hui, Rachel était une jeune femme brillante, au sens lumineux du terme. Pas plus intelligente ni plus bête que la moyenne. Charmante, le plus souvent joyeuse, elle contemplait le monde et les autres avec un sourire, souvent bienveillant, parfois moqueur, mais en tout cas avec lumière. Elle était aussi espiègle et malicieuse, prompte à répondre, franche et déterminée. Tout ce qu'elle voulait, elle n'en démordait pas, avant de finir par l'obtenir. Elle n'était pas du genre à rester les bras croisés, ni à s'avouer vaincue, même si elle appréciait également les moments de détente et de paix. La situation pouvait être difficile, elle restait persuadée que l'esprit humain finissait toujours par se relever.
Dernière des frères et sœurs Baldwin, elle adorait ses aînés – Rafael et Gabrielle – tout en s'entendant beaucoup moins avec son frère jumeau. Au-delà d'une complicité d'enfance, rien n'est resté. Son frère jumeau virant très progressivement, mais très certainement, doté des antipathies et des haines les plus extrêmes – battant même Rafael à ce niveau – elle ne put rester en bon contact avec lui. Joel soupçonnait d'ailleurs sa sœur d'être mutante, depuis très longtemps, ce qui n'a guère amélioré leur relation. Certains jumeaux sont fusionnels : eux étaient des contraires qui ne s'attiraient pas.
Peu douée pour les études et les théories, Rachel interrompit vite ses études, pour vivre de petits travaux avant de devenir agent immobiliser. Il est bien entendu certain que cette manière d'être, pratique, concise et matérielle, tenait probablement de ses pouvoirs et de sa nature mutante. Rachel a mis très, très longtemps à comprendre qu'elle en était une, et que les facilités dues à son don de psychométrie, n'étaient pas la preuve d'une sorte de semi-génie, mais bel et bien d'un gène biologique différent. Déni ou ignorance, ce ne fut véritablement qu'après son séjour psychiatrique, qu'elle prit conscience de ce qu'elle était. En attendant, sans pour autant railler ou mépriser les mutants, elle ne se sentait pas à l'aise avec eux. Ce qui ne manque pas d'expliquer qu'elle se retrouva une fois prise dans les affaires du FME, de manière très trouble.
Les tenues de cette époque, féminines avant tout – trace de son éducation – étaient mises et arrangées avec soin, sans pour autant être sophistiquées. Elle demeurait quelqu'un de simple, de passionné, de vivant tout simplement. Contrairement à Rafael, cependant, elle ne fut jamais réellement croyante en une quelconque religion.


Tout cela, bien entendu, étant néanmoins avant. Avant son passage en hôpital psychiatrique. Ce ne fut pas la seule cause ; enfermée, interdite de sortie, questionnée et médicamentée surtout, la psychométrie prit de plus en plus d'ampleur chez elle, rendant son esprit instable, et sa mémoire vacillante. Si elle put reconstruire celle-ci peu à peu, et encore, pas entièrement, l'esprit ne fut pas vraiment guéri. Encore à ce jour, il n'y a bien que deux personnes capables de la raisonner : son mari, Oliver Reid, et son chef, Perceval Rose. Sombrant quelque part entre la psychose et l'autisme, elle retrouva progressivement des forces en sortant de l'hôpital, en étant soignée et soutenue par son mari. Mais il ne reste guère grand-chose de la personnalité d'autrefois. Imprévisible, presque sauvage, raisonnant avec une logique bien à elle, agissant parfois comme une enfant, elle est cependant capable de réagir avec agressivité et colère, sans qu'on s'y attende réellement. L'air vague est parfois la première chose que l'on voit chez elle, mais il ne faut pas se dire qu'elle est devenue faible d'esprit pour autant ; elle est au contraire très débrouillarde. Les rouages du cerveau fonctionnent toujours, et si elle n'est pas vraiment discrète, elle ne sait pas moins se tenir quand cela est nécessaire, ou veiller à faire des choses correctement.
Sa voix est également considérablement plus rauque qu'auparavant ; les cheveux paraissant souvent en bataille. Au niveau vestimentaire, elle fait également bien moins attention, pour ne pas dire qu'elle s'habille avec les premières choses qui sortent de son sac, et sans veiller à l'harmonie des couleurs. Ce n'est pas vraiment quelque chose qui la touche. Rachel n'a toutefois pas perdu sa détermination, et démontre même parfois de l'humour, bien qu'elle ne saisisse plus vraiment l'ironie. Capable d'idées fixes comme d'oublier rapidement ce qu'on lui dit, elle peut avoir du mal à se concentrer, ou alors démontrer de la plus grande attention. Tout dépend de la personne en face...
Si chaotique demeure un maître mot pour la décrire, elle demeure loyale et fidèle aux siens, si on excepte sa mauvaise manie d'avoir eu plusieurs enfants en-dehors de son mariage. Sa famille est probablement le seul pilier fixe de sa vie.


   
L'histoire

   



1961-1999 : I think strange things which I dare not confess to my own soul.



« Je me rappelle de mes parents, bien sûr. Enfin...je n'avais que dix ans, quand ils sont morts, tu sais ? Mais je me souviens des odeurs, des visages, des rires ; des énergies qu'ils dégageaient. Rafael a pris le relais, ensuite. Il s'est occupé à lui tout seul des trois enfants qu'on était, et pourtant, il était jeune, tu te rends compte ? Il avait tout juste vingt ans. Il a pas forcément été le plus doué. Mais il a réussi. A nous élever tous, à nous soutenir pour les études, même s'il a été déçu que j'arrête les miennes aussi tôt. J'y peux rien, tous ces trucs théoriques, ça me parle pas, moi, c'est le concret, le pratique, qui me parle. De toute façon, je suis bien tombée après niveau job, le pote d'une amie, qui vit au Mexique aujourd'hui, tout près de la frontière californienne, qui m'a aidée, et voilà. Tu sais la suite. Mais Rafael a jamais cessé ses trucs scientifiques, lui. Je me demande vraiment la passion qu'il y trouve, en fait...
« On a pas été gâtés, ni rudoyés. Il nous traitait justement. Parfois on le faisait tourner en bourrique, surtout Gabrielle et moi. Il cédait toujours, ou presque. Joel, comme d'habitude, était le plus renfermé, ça a jamais cessé. Mais il nous adorait, ça se voyait... il avait beau essayer de le cacher, ça se voyait. Et après, il y avait quelque chose qui n'a pas tourné rond, malgré tout. Quelque chose qui est entré dans sa vie, ne l'a plus lâché, et il n'était pas le même. En surface, ça ne se voyait pas, mais moi je sens ce genre de choses, tu sais. Et puis c'est mon aîné ; je le connais. Les choses ont changé. Il est devenu plus dur et plus amer, plus triste comme homme. Plus...taciturne. »

« Mais toi, pendant tout ce temps ? »

« Mais j'étais une gamine ! Je souriais, tu sais. Ado, je crapahutais, j'étudiais un peu, je faisais du sport, comme tout le monde, toutes les filles de mon âge. J'adorais les travaux pratiques, j'y excellais, alors que le reste, c'était quasiment la catastrophe. Pendant que Gabrielle brillait à l'université, et que Joel récoltait les félicitations à chaque fin d'année de lycée. Je rêvais un peu. Mais j'étais l'élément brillant de la famille, ça, je le voyais. Parce que je réussissais toujours à dérider et faire rire Rafael, et qu'on pouvait pas me quitter triste. Comme un soleil que tu transportes. »

« C'est toujours le cas. »

« Oui, sauf que je ne suis plus ado, plus enfant, et que la vie est passée par là comme tout le monde. »


1971.
-Celui-là, il est pour toi, et rien qu'à toi.
Le ciel était gris. La pluie continuait de se déverser. Quelques jours avaient passé, depuis l'enterrement de Cyrus et Goldie Baldwin. Le temps était toujours le même, comme pour accompagner la tristesse des membres qui restaient. Rachel avait tout juste dix ans, rendant l'épreuve encore plus douloureuse. Accompagnée d'apathie, de solitude, de vide. Les présences de ses frères et sœurs étaient heureusement bel et bien là, et cela soulageait, brièvement ; cela aidait un peu à surmonter la douleur.
Elle reçut au creux des mains, une petite libellule argentée. Un bijou en broche.
-L'emblème de la famille, c'est l'éclair...mais sur une broche, ce n'est guère joli. Cependant les libellules ont parfois des couleurs électriques...et puis, le côté vif, coloré, aérien, te correspond bien, Rachel. Garde-le précieusement.
Elle serra le bijou entre ses doigts, mais l'étreinte qu'elle donna à Rafael en remerciement, était bien plus forte, plus désespérée, plus puissante. L'émotion pouvait donner une étrange force, contribuant à forger le caractère de la petite soeur fragile.
-Je te le promets.



1993.

« Je déposai un baiser sur ses lèvres.
-Tout va bien aller, ok ?
-C'est pas moi qui stresse le plus, plaisanta-t-il, non sans lui voler un nouveau baiser.
-A cause de lui, ouais.
-Il ne me fait pas peur, ton frère jumeau.
-Tant mieux, c'est un con.
-Arrête, Rachel.
J'eus un rire, et l'entraînai vers le restaurant auquel nous étions attendus tous deux. Je n'eus pas de mal à repérer la table occupée par la famille Baldwin, et en serrant dans ma main celle d'Oliver, je m'approchai d'eux. Joel, mon jumeau, avait toujours une tête aussi...bref. Disons que quand on l'approchait, soit on sentait une froideur terrible, une distance mêlée de snobisme, soit il ne donnait que l'impression qu'on l'ennuyait profondément. Rafael fut le seul à se redresser, peut-être par mécanisme, étant donné qu'il avait depuis longtemps pris la place de nos parents, et qu'il se comportait davantage en paternel qu'en fraternel. Ses yeux turquoise détaillèrent Oliver de haut en bas, et celui-ci garda son air tranquille, se laissant aller à son jugement. L'aîné de la famille dut être satisfait de cet examen superficiel, puisqu'il salua poliment Oliver, avant de l'inviter à s'asseoir. Seule Gabrielle lui tendit la main, pour la serrer chaleureusement. Elle était accompagnée de son mari, Cormag Murdoch, que je saluai avec affection. J'aurais pu m'en douter, mais histoire de ne pas déroger aux traditions familiales, Rafael avait choisi un restaurant français, comme pour me rappeler un pays d'origine où je n'étais pas née. Seuls lui et Gabrielle étaient nés en France, après tout.
-Il faut prendre des escargots, dis-je à Oliver, histoire de bien le dégoûter de la cuisine française.
Il répondit par un léger mouvement de tête négatif, alors qu'il se tournait vers Joel, qui n'avait pas encore prononcé un mot. Lui n'était pas avec sa petite amie, grand bien lui fasse...cela faisait longtemps que j'avais cessé de me mêler de ses affaires. Chez certains, les jumeaux, c'était carrément de la fusion, mais on ne pouvait guère le dire de nous deux, et cela depuis des années. Il était un peu près aussi ouvert et tolérant que j'étais mauvaise et râleuse. Autrement dit, on était le jour et la nuit, et il n'allait pas décrocher une médaille en matière de politesse de sitôt. Hélas, je ne pouvais pas lui interdire de venir, surtout à la première réunion familiale où j'emmenais Oliver.
Des amabilités furent décrochées et discutées, le temps que chacun passe sa commande et que le serveur s'éloigne. Comme j'aurais pu m'y attendre, ce ne fut qu'une fois que nous étions assurés d'être tranquilles un instant, que le feu de questions commença, même si ce n'était pas par la personne que j'attendais en premier. Oliver avait certes du courage, dans cette situation... L'ambiance n'était pas tendue, pour autant, je savais qu'elle ne tarderait pas à l'être. Les Baldwin n'étaient pas forcément la plus heureuse des familles, même si je tenais absolument à inverser le sort.
-Ça fait un bon moment que Rachel nous parle de vous, Oliver...qu'est-ce que vous faites dans la vie ?
Je vis Joel qui jouait un peu trop avec sa fourchette, sans doute excédé que Gabrielle parle en son nom, alors que j'avais absolument fait attention à ne pas trop lui parler d'Oliver, justement. Heureusement que je ne ressemblais pas vraiment à mon jumeau.
-Dans la finance, entendis-je Oliver répondre. J'ai repris une branche familiale...
-C'est vrai que vous vous êtes rencontrés alors que Rachel tentait de vous vendre un appartement un peu trop cher ? demanda Rafael, non sans une certaine ironie pince-sans-rire.
-Et qu'elle a parfaitement réussi à me faire acheter, sourit Oliver. (J'eus un léger rire.) Elle est très douée à ça, visiblement.
-Qui l'eût cru, lança Joel, comme un cheveu sur la soupe, ce qui ne m'étonna pas de lui.
Je me tournai vers lui, les mains jointes sous mon menton.
-Si tu le dis. Et tes amis anti-mutants, ils sont toujours aussi doués ? J'ai vu à la télé qu'ils ont conduit un être humain normal au commissariat. Ils ne se sont pas sentis trop cons ? demandai-je, avec un air innocent sur le visage.
Il n'apprécia visiblement pas la pique, et Rafael eut l'air de contenir un soupir, devant une scène à laquelle il avait déjà assisté. Le sujet mutant, c'était encore assez nouveau, mais ça faisait ravage, surtout dans des têtes aussi obstinées et intolérantes que...mes deux frères. Bah, je n'accueillais pas non plus à bras ouverts ces monstres, mais je savais ne pas faire preuve de trop d’imbécillité, et de cumuler un racisme de plus à un autre. Oliver eut un toussotement gêné, et pressa sa main sur la mienne, comme pour me signifier de me calmer. C'était vrai qu'on n'était même pas à l'entrée... et qu'il le veuille ou non, il goûterait aux escargots, puisque j'en avais commandé.
Rafael nous observait avec un air impénétrable, que j'aurais toutefois peut-être qualifié de songeur, alors que Gabrielle entreprenait de discuter avec Oliver, lui posant des questions sur son parcours, sa famille. Ce n'était pas d'elle que j'avais le plus à craindre.
-Ton travail se passe bien ? demandai-je.
-Eh bien, toujours aussi occupé...
-Tu prendras des vacances, bientôt. T'es plus pâle que d'habitude...
Il avait beau se montrer parfois distant, ou d'humeur sombre et désagréable, il n'en demeurait pas moins qu'il veillait sur nous, sur moi, depuis la mort des parents, et je ne pouvais lui ôter ce sacrifice, sachant qu'il avait dû aider à nous élever. Et je savais cette dette envers lui, tout comme je l'aimais beaucoup, et me préoccupais de sa santé. Ces derniers temps, son travail semblait lui mettre une telle pression, qu'il semblait souvent au bout du rouleau. Enfin. Autant que cela pouvait dire quelque chose pour lui. Il donnait souvent l'impression d'être à bout, et par tout ce qu'il avait fait pour nous, le poids d'être l'aîné d'une petite fratrie, il avait comme vieilli prématurément. Cela faisait déjà quelque temps que je constatai à quel point il avait l'air terriblement fatigué, pris dans ses soucis.
Il haussa simplement les épaules, à ma suggestion.
-Tu promets de prendre des vacances et de te reposer ? insistai-je, mon regard brun plaqué dans le sien, avec une défiance presque obstinée.
-Si tu promets de t'assurer que c'est un homme bien, avant de te fiancer et de fuguer avec, comme le dernier, fit-il, non sans une certaine sécheresse.
La remarque ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd, et lui-même ne se rendit compte de la gaffe qu'il avait fait, qu'après un contre-temps. Mon frère était extrêmement intelligent, pour autant, il se révélait un vrai boulet, quand il en avait l'occasion. Un silence gêné se répandit autour de la table, alors que mon air attentionné avait viré en un éclair dans mon regard, destiné à Rafael, bien entendu. Gabrielle n'eut pas le temps de jeter de l'eau sur le feu, que Joel choisit de renchérir, avec ce ton superbe acquis au cours de la dernière décennie, qui me portait sur les nerfs.
-Oui, Oliver, vous savez sans doute qu'elle a un fils ?
J'eus à peine la seconde nécessaire pour me tourner vers mon jumeau, un sourire crispé et large sur mes lèvres, forcé, que mon compagnon prenait la parole à son tour, ne se laissant pas démonter. Je l'avais prévenu que ce n'était pas une famille de bisounours, avec raison.
-Elle m'en a parlé, oui. D'ailleurs, dans deux semaines, c'est son tour de visite, je l'accompagnerai, je pense.
Le sourire forcé ne disparut de mon visage que lorsque je vis que cette réponse donnée avec franchise, et un certain avertissement dans le timbre, retint mon jumeau de davantage ébouillanter la conversation. Toutefois, le regard que je posai sur Oliver était plus songeur, cette fois, et plus respectueux encore. Car je savais parfaitement que n'importe qui n'aurait pas bien accepté de se mettre avec une femme, non seulement âgée d'une dizaine d'années de plus que lui, mais qui avait également donné naissance cinq ans plus tôt à un petit garçon, qui était resté avec le père – le précédent petit ami, d'une relation de trois ans. Le sujet m'était particulièrement douloureux, je n'avais pas été mariée, légalement, rien ne me permettait d'avoir un droit de garde ; l'homme – Edward Dierden – gardait juste assez de cordialité envers moi pour me donner l'autorisation de voir mon fils, de temps en temps.
Et rien que pour cela, je me rendais compte de la chance et du bonheur que j'avais, d'être tombée sur un homme tel qu'Oliver, qui passé le premier moment de jalousie et de tempête, avait fini par laisser la bienveillance et mes souhaits prendre le dessus. Ne me demandant pas d'y renoncer, et faisant avec. D'ailleurs, Rafael avait exagéré : je n'avais pas été fiancée à Dierden, seulement en couple, disons que la grossesse avait été...inattendue.
Un baiser déposé sur ma joue par Oliver me fit revenir à la réalité, me tirant de ce sombre entrelacs de pensées que j'avais parfois. Seulement profiter de la chance d'aujourd'hui...j'étais en paix, malgré les commentaires acerbes de Rafael et de mon jumeau. Les objets que j'effleurais étaient froids et sans histoires. J'avais le meilleur petit ami au monde. J'avais trente-deux ans, et en dépit d'être sans parents, je n'étais pas seule, j'avais une famille, pas la meilleure, mais une famille. L'air sombre et distant, voire méprisant, de Joel, était compensé par les sourires affectueux de Gabrielle, et à ça, je ne pouvais que répondre avec une lumière dans le regard. Même Rafael se radoucissait, parfois.
Je garde la lumière et la bulle de ce souvenir, comme les derniers événements heureux avant la tempête des années suivantes.
Je garde ce souvenir, parmi d'autres qui seront arrachés, piétinés, oubliés partiellement, perdus. »

Hiatus 1999-2001. Most days my demons are silent, but when they talk, oh, God, how they scream.


R. Baldwin-Reid | Session 1 | 12 février 1999. (Extraits vidéo du River Hudson State Hospital. )
Motifs d'internement : menaces envers sa propre famille, visions/délires psychotiques ou de dissociation. Autisme ? Demande menée par Joel Baldwin, le frère jumeau de Rachel.

La caméra ne laisse apercevoir que le dos du psychiatre, et on voit Rachel de face, les cheveux blonds lissés, âgée de 34 ans. Elle est vêtue d'un tee-shirt ample à l'effigie d'un groupe de rock, et elle a toujours son alliance à la main gauche. Une table sépare les deux interlocuteurs.
Le psychiatre : Alors, Rachel. Tu as conscience que nous sommes là pour t'aider ?
Rachel : Oui. J'ai pas besoin d'aide.
Le psychiatre : Ton frère a dit que...
Rachel a un mouvement de dédain : Mon frère ! Mon jumeau ! Il sait rien du tout. Il m'envoie ici en prétextant que c'est pour le bien de mon mari, de mes enfants ? Il sait rien du tout. (Elle semble énervée.) Les prétextes qu'il a donnés, c'est du flan ! J'ai rien à faire ici !
Le psychiatre : Rachel, Joel a dit que tu avais menacé tes enfants...que tu les avais mis en danger.
Rachel : Je sais comment ça marche, c'est tout ! Je sais comment ça marche, mieux que vous ! Ils sont...ils vont vulnérables. Je dois les protéger, c'est tout. Alors je leur montre, je leur apprends. Je les protège. (Ses traits sont déterminés, son regard brillant.)
Le psychiatre : Ton frère jumeau...dit que tu as des sortes de visions. Depuis longtemps. Depuis la naissance de ton premier enfant. Elle a cinq ans, maintenant, c'est cela ?
Rachel a un rire méprisant : Joel, il est comme Rafael. Ils s'en foutent ! Un qui lâche ses frères et sœurs du jour au lendemain, qui meurt, comme ça ! L'autre qui essaye de me faire interner. Je n'ai pas menacé mes propres enfants ! Je veux parler à mon mari.

R. Baldwin-Reid | Session 6 | 30 Mai 1999


Toujours la même scène, le même espace. Rachel est en chemise blanche, les traits plus émaciés.
Le psychiatre : Ton frère a dit que tu étais une sorte de surdouée...
Rachel reste silencieuse, le regard noir, le fixant.
Le psychiatre : Que tu pouvais très bien jouer de la musique, par exemple. Mais que tu étais incapable de résoudre un problème de maths ou de logique compliqué...tout en sachant très bien comment faire des recettes de cuisine complexes, dans certaines conditions.
Rachel : C'est être pratique, c'est tout. J'ai une bonne mémoire visuelle.
Le psychiatre : Non, il insiste...il insiste sur le terme de surdoué. Vous...n'avez pas entendu parler d'un institut pour surdoués ?...
Rachel : Jamais. J'ai fini mes études depuis longtemps. (Elle ricane.) J'étais pas très douée, justement.
Le psychiatre : Qu'est-ce que tu ressens ?
Rachel : Je veux parler à mon mari. Je veux sortir. J'ai des enfants, bon sang !!
Le psychiatre : Tu ne peux pas les voir, tant que tu es dangereuse. Tu peux leur écrire, si tu veux. Mais pour l'instant, c'est tout. Ton frère...est revenu sur son jugement...il dit que tu as toujours eu des facilités depuis ton adolescence, un peu près. [...]

R. Baldwin-Reid | Session 31 | 24 octobre 1999

Le psychiatre : Tu es très silencieuse, aujourd'hui.
Rachel, après un temps de silence, fixant la table : Deux par deux, les mains bleues.
Elle se renferme dans le mutisme, le regard fixe, les cheveux en bataille.
Le psychiatre : Le surveillant a dit que tu parlais pourtant beaucoup, dans ta cellule. A quelqu'un qui n'était pas là.
Rachel : Mais il était là. Je parlais aux murs. Celui qui a fait les murs. Un travail conséquent.
Le psychiatre : ...
Rachel : Et cette table, hein ? Vous savez qui l'a fait ? Vous savez par combien d'endroits c'est passé ?
Le psychiatre, plus apaisant : Rachel...les objets ne parlent pas. Tu as vu les nouvelles, à la télévision ?
Rachel : Des images dans une boîte. Les images, elles ne me parlent pas. Depuis ici, tout me parle bien plus. Vos fichus cachets. Je sais toute la composition. (Elle rit.)
Le psychiatre : Ton frère...
Rachel se mordille un ongle : Il est mort. Rafael, il est mort. Il nous a abandonnés. Il nous a tous abandonnés. (Elle donne un coup contre la table, violemment.)
Le psychiatre, plus apaisant : Je parle de Joel. Il pense que tu serais...comme tous ces gens dont on parle...les mutants...
Rachel : J'suis pas une mutante. Je déteste les mutants. Ils n'ont rien à voir avec moi. Je suis normale. C'est vous qui me rendez folle, à me laisser ici !! Je veux voir mes enfants !
Le psychiatre : Tu sais que tu ne peux pas les revoir.

R. Baldwin-Reid | Session 65 | 12 décembre 1999

Rachel a la voix considérablement plus rauque que lors des toutes premières sessions, et les traits plus tirés encore. Elle arpente la pièce de long en large, agitée, face au psychiatre qui reste immobile.
Le psychiatre : Calme-toi...
Rachel : Me calmer ? Mais je sais tout ce qui se passe. (En dépit de ses pas vifs, sa voix est très calme.) J'ai vu Oliver. Pourquoi préférer la parole de mon jumeau à celle de mon mari ? Noël n'est pas dans si longtemps. Vous ne pouvez pas me laisser ici pour une telle période, alors qu'Elliott...elle m'attend.
Le psychiatre : Oliver essaye de nous convaincre que tu n'es pas dangereuse, oui. Mais Joel a déposé un témoignage fort, tu le sais. Et ton attitude ici..
Rachel s'immobilise devant la table, s'appuyant des deux mains sur le bois, le fixant avec froideur.
Rachel : Joel attendait ça depuis longtemps. Rafael me protégeait, jusque-là, j'ai compris. Mais lui parti...tout part en vrille. A la dérive. Joel a juste attendu que...sur quoi il repose son témoignage, bon sang ? Des histoires d'adolescence ! De la suspicion alimentée par le courant anti-mutant ! Comme si j'étais anormale !
Le psychiatre : Pourtant, tu racontes des histoires...qui sont parfaitement vraies. Sur des choses que tu ne peux pas savoir.
Rachel secoue la tête et hausse les épaules.
Rachel : Des choses que je sais, que j'invente...
Le psychiatre : Personne ne peut inventer la vérité. Et il y a aussi - [L'enregistrement s'arrête là.]


2002-2015 : May the bridges I burn light the way


Notes d'Oliver Reid durant ces années.

« Sortie de l'hôpital. En bien piteux état, bien sûr, bloquée physiquement...je ne pardonnerai jamais à Joel d'avoir craint et méprisé sa jumelle au point de vouloir faire ça. […] Les gestes ne sont plus les mêmes. Envolée, l'attitude solaire, les rires, les sourires joyeux, la curiosité dévorante, la complicité. Il n'a pas que pris sa santé mentale, il a aussi enlevé la personne que je connaissais. Je ne le pardonnerai pas. »

« Elle est sortie de l'apathie. Je lui parle tous les jours, mais je vois bien tout ce qui a été déglingué, et cela me rend furieux. Elle n'a plus les même souvenirs qu'avant – pourtant, les électrochocs sont interdits désormais ! Mais non. Je ne sais pas si c'est les traitements, ou ses pouvoirs, qui lui ont fait cela, ou un mélange des deux. Elle me raconte des souvenirs, parfois ils sont intacts, parfois vides, parfois déformés ou faux. Amnésie partielle. Presque pire que l'amnésie totale. Je lui fais raconter tout ce dont elle se rappelle. J'essaye de stimuler sa mémoire, tout ce qui est jouable, tout ce qui pourrait la ramener. En vain. »

« Pourtant, plus le temps passe, plus son comportement d'animal effrayé cesse. Elle agit, bouge, différemment par rapport à avant. On dirait presque deux personnes différentes, sauf que je la retrouve, très lentement. Je revois son âme sous la souffrance et les énigmes, sous l'attitude étrange et parfois violente. Elle n'est pas folle non. Juste....une logique bien à elle, une logique propre, qui ne fait pas sens au premier abord. Je crois qu'elle est sortie de là avec encore plus de haine encore, contre les mutants. Je la protège comme je peux, mais elle en est une, après tout...Pas question qu'elle soit fichée, encore moins qu'on lui découvre un gène X publiquement. Pendant tout ce temps, avant l'asile, je crois, elle n'avait juste probablement pas conscience d'en être une...ou le refusait. »


Rapport à destination de l'Institution Akatsuki, par Rafael Baldwin, le 13 décembre 2005.
Sujet n°68518B. Provenance : Maternité du Coney Island Hospital, Etats-Unis.


Contenus reliés au sujet : un échantillon de sang, une mèche de cheveux, un morceau de placenta, ainsi qu'un échantillon de sang du second sujet (l'enfant).

Analyse :


-Le sujet est âgé d'environ quarante-deux ans. On trouve dans l'ADN la présence du gène mutant dit « X ». L'échantillon de sang permet d'observer la présence de nombreux globules, supérieure à celle trouvée en moyenne chez les humains, ce qui suppose une influence de la mutation génétique, mais fait également penser à la constitution du sang chez les femmes enceintes. Le morceau de placenta, récupéré peu après l'accouchement du sujet, est quant à lui étrangement « cicatrisé » aux extrémités. L'échantillon du second sujet (l'enfant) révèle qu'il possède aussi le gène X, et a priori une constitution solide. […]

Conclusions :


-La présence de nombreux globules est probablement dû à l'état du sujet – enceinte – même si leur constitution peut faire penser au don de régénération présent chez certains mutants. Ce qui expliquerait en partie pourquoi le placenta semble avoir « cicatrisé » de manière un peu étrange. Le sujet semble simplement soumis à des cycles accélérés et plus intenses de renouvellement de son sang – comme le sont les femmes lors des périodes menstruelles. On ne peut pas penser à un don « d'immortalité » comme chez certains.
-La capacité à enfanter sans visibles problèmes physiques à cet âge est probablement due aux cycles de sang accélérés et intensifiés par la présence du gène X.

Remarques :


-Le second sujet – l'enfant – est décédé quelques heures après sa naissance. D'après le témoignage de l'hôpital, sa peau était grise et étrangement lisse, et il possédait des membranes palmaires aux mains et pieds. Le décès est dû à une incapacité respiratoire. Peut-être un mutant qui n'aurait pu survivre que dans un milieu aquatique.
-Le sujet principal – la mère – s'est échappée de l'hôpital en prenant le corps de l'enfant, ainsi qu'une infirmière en otage, pour partir sans être arrêtée.

Annotations de la main de Rafael Baldwin, sur un feuillet séparé :


C'est une pondeuse ou... ?
A une époque, ça aurait pu être dans les faits divers morbides. La mère qui s'enfuit avec son nouveau-né mort à la naissance, pour l'offrir à Dieu sait quoi. Quelle blague. Ça reste un mutant fou furieux dans la nature.



Suite des notes d'Oliver.

« Je dois bien être la seule personne capable de la calmer, et de lui faire entendre raison. »
« Partie. Le jour anniversaire du mariage ? Je ne comprends pas, même si je....suis fatigué. Je crois qu'elle était de nouveau enceinte, ça se voit si vite chez elle...
Au vu de la carte bancaire, elle est en Europe... »

« J'ai revu Joel. J'ai éclaté. Il ne sait pas où elle, mais a priori, elle lui a rendu visite avant de quitter le sol américain. Toute sa maison était dévastée et sa famille avait la frousse. Encore heureux qu'elle n'ait tué personne – je sais qu'elle a blessé gravement quelqu'un, à l'asile. Peu importe les détails, l'accident ou non, mais il a eu du pot. Terminé, la famille Baldwin. S'il la refait interner, s'il l'approche de nouveau, je le dénoncerai, et cette fois, il payera. »


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MessageSujet: Re: Ruz - Rachel Baldwin-Reid Lun 14 Sep 2015, 23:25


   
L'histoire




2007. Quelque part en Europe.

-C'est une petite demoiselle, sourit la femme médecin, une blonde aux yeux bleus, comme on en voyait rarement.
Quelque part, ça a donné un drôle d'écho dans mon cœur. Elle me faisait penser à quelqu'un, celle-là. Mais j'ai pas vraiment eu le temps d'y penser davantage. Je me retrouvai avec un bébé dans les bras. Un bébé de neuf mois, quand il en avait passé que quatre dans mon ventre. J'ai souri. Déposé un baiser, sur la tempe de la petite.
-Amy, j'ai murmuré, caressant sa joue du bout des doigts.
J'étais un peu plus en paix. Ou en tout cas, le cœur et le corps, réchauffés, comme jamais avant. Je ne savais pas pourquoi : j'ai toujours eu l'impression de cet instinct maternel, de protection, plus puissant chez moi que n'importe qui d'autre.
Elle avait déjà les yeux d'Oliver, et j'ai souhaité qu'elle les garde, la petite demoiselle. J'ai vu que la médecin restait là, m'observant.
-Je dois vous dire quelque chose d'important. Vous avez donné une nouvelle vie, et c'est...inestimable. Mais celle-là est différente des autres.
J'ai relevé les yeux vers elle, mi-méfiante, mi-attentive. Qu'est-ce qu'elle en savait, la femme blonde ? Mais je fus rassurée ; elle avait une aura plutôt positive. J'ai donc souri. Tout en cachant davantage, sous mon coude, la lame subtilisée que j'avais prise lorsqu'ils étaient occupés à couper le cordon ombilical avec une autre.
-J'ai un bon feeling avec ça. Et je doute pas...qu'elle soit dotée, de, vous savez..le fameux gène X. Vous devez faire attention. Elle pourrait...
-Je sais, j'ai dit doucement, continuant à regarder avec tendresse la petite dans mes bras. C'est pas un problème. Ses frères et sœurs sont comme ça aussi. Y seront tous comme ça.
Cette foutue voix rauque ne m'avait jamais quitté, depuis l'asile. Le visage de la médecin s'éclaira, cette fois, et elle serra ma main dans la sienne. J'eus un air surpris, sans comprendre cette affection soudaine. Pourtant, elle avait exactement la tête de quelqu'un qui voyait un miracle, ou en tout cas, une...une parcelle du monde dont elle rêvait.
-Vous êtes très courageuse, dit Hélianthème.



2015.


-Combien de personnes tu as tuées, et pourquoi ?
J'ai relevé la tête, lentement, dévisagé mon prisonnier.
-Personnes ? Tu veux parler de mutos, ou d'humains comme toi ? (Même pour moi, ma voix est dure et rauque. Ainsi que dépourvue de la moindre sensiblerie.)
-Les deux.
Pas besoin de le toucher pour savoir qu'il transpire la peur. Peut-être que j'en ferais autant, à sa place, dans une cellule de la Confrérie des Mutants. Surtout face à moi. Enfin, j'sais pas. On a pas beaucoup l'occasion de se croiser soi-même. Haussement d'épaules de ma part.
-Je compte pas.
-T'as pas de famille ?
J'ai un sourire. Qui passerait pour presque chaleureux, s'il était pas empreint d'une moquerie.
-Un mari. Et beaucoup, beaucoup d'enfants.
-Ils approuvent ce que tu fais dans cette bande d'anarchistes ? Que tu tues des innocents ?
Je hausse un sourcil. Oliver est purement humain, mais Magneto a semblé comprendre que s'il essaye de m'en détacher ou de l'approcher, il ne restera pas vivant. Seule faiblesse qu'il tolère. C'est pas parce que j'ai l'air dans les nuages qu'il faut me prendre pour une débile, comme cet humain essaye de le faire.
-Tu es le mec au service du Président Foster, qui a décidé qu'un bon mutant est un mutant mort, et a préféré laisser son fils se faire lyncher sur place, que l'défendre. T'es un père de merde, conclus-je. (Non sans lui cracher dessus.)
L'homme détourne les yeux. Oui, on se sent merdique, dans ce genre de cas. On a sans doute envie de s'en vouloir, sauf quand on a des principes tous aussi merdiques et une raison d'Etat qui vaut mieux que son propre sang.
-Vous êtes des terroristes. Vous voulez tuer les humains pour que seuls vous, restiez à régner.
La politique me passe par-dessus la tête. Je réponds quand même, traînante :
-Mutos et humains, c'est pareil. Mais y en a des mêmes pires parmi vous. Des pâles copies de ce qu'Dieu aurait voulu créer, j'assène. Peut-être des semi-humains. Mutos et humains, pas de différence. On meurt tous à la fin.
-Non, vous êtes des monstres !! finit par cracher l'homme en face de moi.
- …
Bizarre, il se tait à mon silence, alors qu'il est si enflammé un instant avant. Peut-être qu'il comprend que ça sert à rien de raisonner comme ça. Je me relève, étirant un peu mes membres, tandis que lui est condamné à rester assis par terre, les mains liées derrière le dos. Je ne bouge pas, restant immobile à le fixer.
-Vous avez essayé de traiter les mutos comme s'ils étaient malades, j'articule. Vous donnez des gens comme moi, à vos gens, et vous nous transformez en petits monstres. La première pierre, c'est vous qui vous la jetez.
L'a pas l'air de comprendre, mais je compte pas vraiment donner davantage d'explications. Tout est dit et succinct. Je n'ai aucune cure de ses instants de réflexion, pendant que je le regarde, la tête penchée sur le côté. Pas d'expression particulière sur mon visage, même si je sais que mon regard a tendance à mettre les gens mal à l'aise. Ils savent plus où regarder après. C'est comme si se détourner de quelque chose le faisait ne pas exister. Un jeu de gamins. J'ai un claquement de langue, agacé, cette fois. Parce que même s'il ferme les yeux, il est encore ici, à croupir dans cette cellule. J'avance pour m'accroupir en face de lui, mon visage à hauteur du sien.
-C'est vous qui avez lancé la guerre. (La lame que je sors de ma poche, effleure sa joue, sans pénétrer la peau.) Tu veux être un exemple, hein ?
-Quoi ?
L'adrénaline lui fait pas grand bien, et voyant qu'il essaye de bouger pour échapper à l'argent de la lame, je le saisis par le col cette fois, pour l'empêcher de ramper davantage. Ramper ventre à terre, a jamais empêché une proie d'être une proie.
-Tu t'es vanté en bon citoyen américain d'avoir laissé ton fils crever, parce qu'il était mutant. Avec ça, il faut accepter la suite du modèle. La suite du modèle, c'est assumer ses actes. Son infanticide. (Tout est logique pourtant.) Ta tête, on va la renvoyer à la Maison Blanche, sans le reste.
-Votre chef...votre leader...
J'ai un instant de flottement, avant de comprendre ce qu'il essaye de dire. Pour sauver sa peau.
-Personne ici est connu pour éprouver de la pitié, ou pour penser qu'on va pas répondre par la loi du talion, je fais.
Et la lame s'enfonce dans le corps vivant, et le sang du père se répand sur le sol, comme l'a fait celui de son fils, trois mois plus tôt, sur une place publique de Brooklyn.


Témoignage de Micaela Gomez au Centre de Police de New York, le 22 mars 2016, sur l'affaire 874562F (attentat du 5 mars 2021). Archive transférée à la Division.

[Début de l'enregistrement]
… ….

Inspecteur John Edwings : ...Je peux vous confirmer que ce témoignage ne sortira des dossiers de la police que lors d'un éventuel procès. Merci de bien vouloir vous laisser enregistrer.
Micaela Gomez : Ça va. Merci.
J.E. : Vous affirmez donc avoir reconnu à la télévision et sur les journaux, une des personnes qui seraient à l'origine de l'attentat du 5 mars 2016.
M.G. (ton nerveux) : Ouais, c'est ça. La fille blonde.
J.E. : Redécrivez-la-moi.
M.G. : Blonde. Même pas sa vraie couleur. Des yeux marrons, petite taille, genre 1m60, 65. Pas plus lourde que...55, 58 kilos ? Environ. Une démarche un peu traînante. Une voix rocailleuse, un peu rauque. Une façon de parler bien à elle. Les traits, euh...américains, quoi, caucasiens.
J.E. : Vous avez l'air précise au niveau du poids et de la taille...
M.G. (toujours le même ton) : ...Ouais, je suis habituée à jauger les gens comme ça, un peu près, pour les compétitions de boxe. Le poids, la taille, ça entre dans les calculs pour savoir comment on va se battre.
J.E. : Je vois. (Pause.) Vous l'avez donc rencontrée...
M.G. : Dans un bar. (Bruit indiquant qu'elle remet sa chaise en place.) J'passais la soirée là avec un ami, y avait pas grand-monde, genre 5 ou 6 personnes.
J.E. : Le bar en question ?
M.G. : Nina de Fuego, c'est dans le quartier hispanique de Brooks.

[…]

J.E. : Vous êtes rentrées ensemble ?
M.G. (gênée) : Ça ira nulle part, ça, hein ?
J.E. : Je vous l'ai confirmé.
M.G. : … Ouais, elle m'a dit qu'elle avait juste un squat, alors je l'ai invitée à rentrer chez moi. Je sais pas où était son squat. On a mangé un peu chez moi, on a parlé. Elle passait un peu du coq à l'âne elle avait pas toujours des propos cohérents, mais je trouvais ça amusant, et puis elle avait du charme, elle était sympa. Elle changeait des autres gens. Elle...(hésitation)
J.E. : Vous avez passé la nuit ensemble ?
M.G. : ….
J.E. : Personne n'ira vous accuser de complicité. Vous ne saviez pas qui elle était. Vous ne craignez rien.
M.G. : Ouais, on a passé la nuit ensemble. (Pause.) Elle est partie le lendemain matin tôt, vers 7h, parce que moi j'allais travailler, elle avait des trucs à faire, qu'elle a dit, elle m'a embrassée, elle est repartie. Pas de nouvelles depuis.
J.E. : Vous saviez qu'elle était mariée ?
M.G., après un silence : Disons que je m'en serais doutée. (Un ton ironique.)
J.E. : A aucun moment elle n'a fait allusion à un travail qu'elle aurait, un groupe à rejoindre ?
M.G. : Nan, elle parlait pas de son passé, pas perso en tout cas.
J.E. : Rien ne vous laissait supposer qu'elle était mutante, humaine, anti-mutant, etc ?
M.G. : ...Non. J'aurais pas du tout pensé qu'elle était anti-mutant, même si elle était bizarre. Combien de gens sont morts ?
J.E. : Deux morts, deux mutants. Un humain blessé, trois autres mutants blessés.
M.G. : L'enflure. Si j'avais su...
J.E. : Vous savez bien que c'est le problème du FME, on ne connaît pas tous leurs visages, et encore moins leurs noms.
[…]



Hiatus 2017-2022 : I'm not your weapon


Carte postale accompagnée d'une lettre, datées de 2018.

« Chère Elliot,

Ensenada, tu as vu ? Je t'avais parlé de mon amie qui vit au Mexique depuis longtemps, maintenant. Elle a la gentillesse de nous laisser sa maison pour les vacances d'été, avec Oliver. On profite de la ville, on fait tout et n'importe quoi. Il est aussi adorable que d'habitude, même s'il veille à ce que certains hommes ne s'approchent pas trop (!). Tu connais ton père. J'espère que tu profites de ton été.
Je ne sais plus si tu as gardé contact avec Gabrielle. Ne lui parle pas de cette carte. On revient en septembre, on se verra à New York. Je t'embrasse. Prends soin de toi.

Rachel
PS : Tu as parlé de déménager au Canada. Je ne saurais que trop te le conseiller. Ça commence à sentir vraiment mauvais à New York.
PPS : Ton demi-frère Samuel est à New York cette semaine. Profite-en pour le voir. »

« Ma Elliot,
Tout se passe bien ici. Fort heureusement, ta mère se calme doucement, et se stabilise un peu. En fait, c'est même la période la plus calme que je lui connais depuis des années, donc on en profite, et j'essaye de la faire reparler, de lui faire se souvenir de choses plus précises, mais ses amnésies partielles persistent. Qu'importe. Ça progresse doucement, et là au moins, je ne la perds pas. Je ne la perds pas. Plus jamais Tu vois, ne serait-ce qu'à sa façon d'écrire, qu'elle est mieux.
Comme tu le sais, ne parle pas de tout cela à Gabrielle ou Joel, ta mère ayant définitivement rompu les liens avec eux, surtout Joel. Tu connais l'histoire...Elle veut revoir tous ses enfants, enfin s'occuper d'eux, après le grabuge de toutes ces années. C'est ce qu'on va faire. Et récupérer notre temps ensemble.
(Je ne sais pas qui est le Samuel dont elle parle...)
Plus sérieusement, j'ai vu les actualités et j'entends beaucoup de rumeurs et de murmures. PARS de New York dès que tu peux. Nous, on se débrouillera à notre retour, même si on doit tomber au milieu d'un régime destiné à favoriser les mutants et encore...oui tu l'es, mais quitte les Etats-Unis quand même. Tant que je suis avec ta mère, je ne risque rien de mon côté. J'espère que tout cela va retomber et qu'aucune querelle civile ne va éclater.

On t'aime. Fais attention.

Oliver »


2022-2027. And turned into some little monster.



Rapports de Perceval Rose durant ces années.

« 06/06/2022.
Première rencontre avec Rachel Baldwin-Reid. Elle est détenue pour un procès qui met en jeu le cambriolage d'un musée. Considérant son apparence et ses capacités – elle a infiltré le système de sécurité sans le moindre problème et sans être en contact avec un membre de l'établissement – je ne doute pas d'être enfin retombé sur celle qu'on surnommait Ruzica du temps où elle travaillait dans la Confrérie des Mutants. Elle était déjà réputée pour ses capacités d'infiltration et de manipulation de divers objets. Ça ressemble à de la psychométrie, mais j'ai besoin de l'interroger davantage pour en être sûr. L'état mental est toutefois un peu surprenant, car elle donne des réponses dignes d'une gamine, et l'instant d'après, a une maturité presque psychotique. Impossible de réellement prédire à quoi elle pense ou comment les relations entre les choses se font, dans sa tête. Je ne pense pas que ce soit un masque : d'après ce que j'ai trouvé, elle a vraiment été internée pendant presque trois ans. Toutefois, si son don est réellement de la psychométrie, cela a pu également lui faire péter les plombs, dans un endroit aussi refermé. Je lui ai parlé. Les talents sont plus qu'utiles. Après avoir discuté cinq minutes de la couleur des murs et des boutons de mes vêtements, elle a fini par m'accorder toute son attention, redevenant plus sérieuse. Et elle a un regard clairement plus effrayant dans ces moments-là. […]
Je peux la tirer du procès où elle est entraînée. Elle a participé au cambriolage pour payer les études d'un de ses enfants, de ce que j'ai compris.
Ce qu'elle demande, c'est l'argent nécessaire à l'éducation de sa famille. La sécurité de son mari et de ses enfants. C'est a priori la chose la plus importante pour elle. En échange de quoi, elle accepte de s'engager dans la Division.
Oh, et des tickets-restos. Ça me plairait presque. »

« 09/12/2022.
Mission catastrophe de la Sword Brigade. Échec lamentable. Ruz (comme on l'appelle) n'est pas particulièrement intelligente, ni particulièrement stupide. Elle est douée, dans ce qu'elle sait faire, mais en revanche, la discrétion n'est nullement son fort, et son sens du bien et du mal a tendance à être biaisé. Inadaptée socialement, sans doute, folle, non. Mais avec une telle logique, elle ne peut rester là. Transfert à la Blood Brigade. Malheureux, certes.
Mais au moins, c'est un mutant meurtrier qui est canalisé, et non pas libre dans la nature. »

« 26/01/2027.
Envoyée pour observer et sentir les énergies dans la foule à l'hommage aux X-Men. Rapport intéressant. Elle a parlé avec vivacité d'Hélianthème, qu'elle a connue il y a plusieurs années, semble-t-il, encore que je ne comprends pas les circonstances exactes. Voir le rapport suivant. »

« 15/07/2027.
Du remous côté FME. Surveiller qu'elle n'aille pas y retrouver des relations ? Ou l'y envoyer en surveillance, elle ? »


Message téléphonique:
 


2027.
-Elle a l'air conne, comme ça.
-Elle a surtout l'air autiste.
-Shh ! Elle pourrait t'entendre.
Les deux informaticiens firent semblant d'être occupés à manger leur repas de midi, alors que Ruzica dépassait le couloir qui menait à la salle du déjeuner de la section informatique de la Division. Seul Declan, qui s'était installé à une autre table de la salle, ce jour-là, ne baissa pas les yeux, observant la nouvelle venue avec un sourire froid et faussement cordial. Le pas traînant qu'elle avait n'était en effet pas la meilleure marque d'énergie qui soit, bien que les deux hommes ne le firent absolument pas remarquer, tout à leurs sandwichs. Ce ne fut que lorsqu'elle se retrouva en face du brun, que ce dernier se sentit obligé de relever les yeux.
-Salut, Ruz, marmonna-t-il, finissant sa bouchée.
Elle répondit par un simple hochement de tête, ses yeux le dévisageant ainsi que son collègue, et pour finir, le dessus de la table.
-J'peux ? demanda-t-elle, en désignant la boîte de donuts que l'autre avait achetée, pour le repas de midi.
Ils échangèrent un regard, avant que le brun ne hausse les épaules.
-Oui, sers-toi.
Un donuts passa dans les mains de Ruzica, bien qu'elle ne le mangeât pas tout de suite. Elle le faisait tourner entre ses doigts, en silence, le regard dans le vague, si bien qu'il se sentit obligé de reprendre la conversation.
-Tu bosses sur quoi, en ce moment, Ruz ?
Un mince sourire étira les lèvres de la mutante, presque moqueur.
-Pas comme si je pouvais en parler.
-Je suis sûre qu'elle doit en effet accomplir des tâches très secrètes, intervint Declan, l'air parfaitement concerné. Si elle te racontait...laisse-moi deviner, Ruzica...tu serais obligé de le tuer, non ?
Elle tourna la tête vers le comptable de la Division, le dévisageant un instant d'un air songeur, avant de hocher la tête.
-L'homme-chat dit vrai.
-Pardon ?
-Tu as un sourire de chat satisfait.
Declan se permit de rire, alors que les deux autres hommes avaient l'air aussi perplexe qu'embarrassé.
-Je te remercie pour le compliment, c'est bien la première fois qu'on me le fait.
Eût-elle été sensible à l'ironie, Ruzica aurait compris que cet homme se fichait d'elle, mais peut-être n'en avait-elle en fait pas besoin, pour le savoir. L'un des informaticiens remua, désireux de mettre un terme à cet échange moqueur à un sens, avant qu'elle ne se rende compte de la fausse amabilité qu'il lui portait.
-Alors, le dernier truc que t'as fait.
Un moment de réflexion.
- 'Suis allée sur l'ancien QG des Initiés. Chercher des indices et des infos.
Declan haussa un sourcil, mais ce fut sa seule réaction.
-Le quartier est toujours sécurisé, non ?
-Oui, j'ai dû crever quelques yeux au passage, expliqua-t-elle, sans manifester d'émotions particulières, alors que les deux hommes ne pouvaient retenir un mouvement de recul instinctif.
Elle en haussa les sourcils, avant de commencer à expliquer l'acte, avec force de gestes des mains, très explicitement et avec les grimaces qui en résultaient.
-Tu sais pas ce que c'est ? C'est comme dans la vieille série, tu sais, quand la Montagne fait exploser la tête de...
-Non non, c'est bon, on visualise très bien, Ruz !
Ladite Ruz se décida finalement à entamer la pâtisserie, songeuse.
-Ceux-là, je les aime bien. (Les donuts étaient parfaitement ordinaires.) Je peux regarder mes mails ?
L'informaticien finit par hocher la tête, crispé, et se releva juste pour taper le mot de passe déverrouillant sa session. Ruzica attendit sagement qu'il lui laisse le siège, avant d'ouvrir une fenêtre de navigation internet, et de commencer à écrire dans le moteur de recherche, lentement. L'informaticien retourna s'asseoir près de son collègue, baissant la voix.
-Tu crois qu'elle a vraiment tué des agents de sécurité là-bas ?...
-La Blood Brigade c'est...tu sais bien.
-Ouais, mais quand même...
-Le chef dit que c'est la meilleure pour s'introduire quelque part. Malgré sa case en moins. Ou grâce à. Je sais pas, mais en tout cas...
-Elle attire certainement plus l'attention qu'autre chose.
La conversation dura encore une vingtaine de minutes, avant que Ruzica ne réapparaisse, l'air toujours aussi vague.
-J'ai fini, je te l'ai éteint.
L'informaticien ne put retenir un soupir, se relevant :
-Il ne fallait pas...
Il s'interrompit, son portable vibrant dans sa poche. Le temps qu'il décroche, la mutante s'était déjà éclipsée, repartant d'où elle était venue. La voix du chef de service retentit à son oreille, virulente :
-Bordel, Brendan, qu'est-ce que t'es en train de foutre ? Tu m'as effacé et bloqué des données sur une fiche d'un des agents de la Blood' ! Je peux même plus y changer quoique ce soit ! T'as viré des trucs qu'on a mis des mois à récupérer comme infos ! Et t'as marqué des conneries dessus !
-Mais j'ai rien touché à ça, j'ai... on était en train de manger !
-Tu viens de le faire depuis ton pc, tu m'as bloqué le dossier de Ruzica !!


------------ DOSSIER DE L'AGENT A LA DIVISION ------------

Rachel Baldwin-Reid
« Ruzica »

Statut : Membre de la Blood Brigade après un passage désastreux à la Sword Brigade.
Spécialité : Assassinats, infiltrations et sabotages.
Langues parlées : Anglais, espagnol, français.
Gène X : Psychométrie | Reproduction mutante accélérée | Guérison « rapide »
Date de naissance : 13 mars 1961
État civil : Mariée, Mère
Parents : Cyrus et Goldie Baldwin (décédés)
Mari : Oliver Reid
Partenaires connus : Peter Huysmans (décédé), Micaela Gomez (vivante), Edward Dierden (vivant)........ …... …. [Données effacées (???)]
Enfants connus : [Données effacées (???)]
Frères et sœurs : Rafael Baldwin (???????), Gabrielle Murdoch, Joel Baldwin (frère jumeau)
Situation financière : Inexistante (ou en tout cas répertoriée dans aucune banque)
Sécurité sociale : Inexistante depuis le 1er séjour psychiatrique
Domicile fixe : Inexistant (Domicile du mari : [Données effacées (???)])
Casier judiciaire : Pris en charge par la division depuis le 15 septembre 2022.
Premier contact avec la Division : Perceval Rose la rencontre le 6 juin 2022, après s'être intéressé à son passé dans la Confrérie des Mutants et avoir essayé de la retrouver pendant son temps d'incarcération. Il ne retrouve trace d'elle que lorsqu'elle réapparaît à New York en 2022 et qu'elle participe à un cambriolage dans un musée. Il l'extirpe d'affaire après qu'elle accepte de travailler avec la Division.

Antécédents judiciaires :
-Incarcérée d'avril 2016 à avril 2017 à la Prison de New York en tant que membre reconnu de la Confrérie des Mutants. Évasion organisée par les membres de la Confrérie, peu après l'évasion de Magnéto de sa prison de plastique. Ruzica disparaît cependant de la circulation et de la Confrérie des mutants, environ un mois après. [L'homme-métal commençait à perdre les pédales. Me suis tirée avec le gosse, qu'est placé en famille d'accueil maintenant. Oliver a pas vraiment aimé le petit copain au sein de la Confrérie. Au revoir, jolie famille de mutants.]

Antécédents médicaux :
-Premier séjour à l'Hudson River State Hospital du 12 février 1999 au 15 juillet 2001. Demande d'internement par Joel Baldwin. [Intervention d'Oliver Reid pour sa sortie.]
-Deuxième séjour au East Pyschiatric Hospital, du 15 septembre 2025 au 30 décembre 2025. [Intervention d'Oliver Reid pour sa sortie.] Je me suis fait un coupain !!!

Antécédents politiques :
-Sujet du projet Sentinelles II en 2016 (période correspondant à son incarcération pénitentiaire), avec tentative de reproduction de ses pouvoirs ainsi que de ses « dons » maternels et biologiques. On ignore les résultats donnés par cette expérience. Je les retrouve, je les castre.
-Membre de la Confrérie des Mutants entre 2010 et 2017 environ, avec des périodes d'absence.
-Activité durant la Grande Guerre : une première période où elle semble s'être terrée avec son mari, pour prendre soin de ses enfants. Puis, résistance discrète. Morts non expliquées qu'il est possible de relier à son profil.
-Relation plus que trouble avec le FME avant la Guerre. A surveiller vu les derniers remous du groupe actuellement. Mutos = Humain



UP TO YOU. FIRST I EAT, THEN WE FIGHT.



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MessageSujet: Re: Ruz - Rachel Baldwin-Reid Mar 15 Sep 2015, 12:14

Quelle belle fiche!^_^ Re-bienvenue à toi, Percy est toujours ravi d'accueillir un nouvel agent! cheers

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MessageSujet: Re: Ruz - Rachel Baldwin-Reid Mar 15 Sep 2015, 13:52

Bienvenue... je crois.

(Bon retour ! o/)

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MessageSujet: Re: Ruz - Rachel Baldwin-Reid Mar 15 Sep 2015, 17:59

Wow, rebienvenue *^*

On se croisera certainement, entre Das et Persona :red:
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MessageSujet: Re: Ruz - Rachel Baldwin-Reid Mar 15 Sep 2015, 22:27

*Salue son chef en faisant le signe V des doigts*

*Considère Ligéia et Dastan avec méfiance*

Merci des bienvenues o/

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MessageSujet: Re: Ruz - Rachel Baldwin-Reid Mer 16 Sep 2015, 17:49

Excellente fiche. J'en connais deux qui sont contents de la voir débarquer.

La fiche est validée.

Tu peux désormais réserver ton avatar et lister tes capacités. Si tu as besoin de quoique ce soit, ou des questions à poser, n'hésite pas à passer par ici.

On te conseille ardemment de jeter un œil à ce topic, afin de voir qui est libre pour jouer, ou faire tes propres demandes. Des scenarii sont également proposés aux joueurs. Je te conseille de poster une fiche de liens pour t'intégrer au mieux ; les référencements de sujets, eux, sont par .

Voici un récapitulatif de tous les liens utiles du forum, et de tout ce que tu peux faire, pour t'intégrer au mieux.

Il ne me reste plus qu'à te souhaiter officiellement la bienvenue et surtout, un excellent jeu. Smile

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MessageSujet: Re: Ruz - Rachel Baldwin-Reid Mer 16 Sep 2015, 19:08

Deux que j'ai hâte de voir. :akhad:

Merci pour la validation o/

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