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Take Me to Church – Le frère fantôme

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Identité : Rachel Baldwin-Reid
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MessageSujet: Take Me to Church – Le frère fantôme Lun 21 Sep 2015, 22:10


« We were born sick. »


Y a quelque chose de vraiment bizarre quand on apprend que le grand frère chéri des années auparavant, n’est vraisemblablement pas mort. Disons que j’en étais même pas sûre, en plus, et les incertitudes ne me plaisent pas vraiment, parce que ça fait des inconnues dans une équation où je suis censée fiche la pagaille, mais quand même. Certes, j’ai toujours su me débrouiller et m’adapter. Mais se retrouver avec un élément comme ça, nouveau, suite à la lecture de mon dossier à la Division – mauvais. Parce que je suis déjà pas mal âgée moi-même, certes de dix ans de moins que lui, mais il en demeure qu’il devrait avoir dans les quatre-vingts ans ou qu’il devrait être mort. En toute logique, il est donc un vieillard, ou un mutant. Ça me fait sourire sans joie, parce qu’il avait beau être moins raciste que Joel, il en avait une belle couche aussi.

Il a aussi une belle couche de choses qu’il me doit, par le fait de s’être fait passer pour mort, depuis un peu près trente ans. Dans la famille Baldwin, tirez les cartes des deux frères : aucun ne rachète l’autre. Il est autant responsable de ce que je suis, que Joel, ce qui est pas peu dire.

Bref, j’ai mené ma petite enquête. Suis allée voir Drake et il semblerait que le frère mort soit un fantôme ou un mort-vivant, puisqu’il l’a rencontré et même causé avec. Depuis quand les langues des morts s’agitent, quand ils devraient être enterrés depuis trente ans ? Qu’est-ce qu’il a foutu ? Et pourquoi nous a-t-il – m’a-t-il – abandonnés ? On dit que les gens reviennent en esprit pour se venger, mais j’ai bien plus à venger que lui, croyez-moi. Et il a également bien plus à payer qu’il ne le pense. Croit-il que les dettes s’effacent quand on disparaît purement et simplement ? Me suis renseignée. J’ai stalké un peu. J’ai fait ce que je sais faire de mieux : l’infiltration, l’espionnage. (On ne parle pas encore ici de sabotage ou assassinat, même si ça peut venir.) J’ai donc pu voir qu’il créchait chez quelqu’un – un homme qui ressemble au Père Noël – ce qui lui ressemble pas vraiment. Rafael a toujours veillé à son indépendance, dans mes souvenirs. (Mais ma mémoire n’est plus ce qu’elle était.) Mais bon. Le Père Noël le laissait rarement seul. Je me suis donc installée provisoirement chez le voisin d’en face, qui devait être parti en vacances, pour observer les allées et venues depuis une fenêtre, tout en faisant une razzia dans son congélateur.

J’ai vu Rafael relativement jeune. Du moins celui qui ressemblait à Rafael, parce que je suis sceptique mais que je veux bien croire à la théorie des fantômes. Peut-être que l’autre homme en est un aussi ; ça explique pourquoi ils se quittent pas et qu’on vient pas leur rendre visite. Je doute que les fantômes en aient en effet peur d’un couvre-feu né à cause des enlèvements de mutants des derniers jours. Un soir, vers dix-sept heures, je mangeais un pancake recouvert de confiture aux groseilles, quand j’ai vu enfin le frère fantôme quitter la maison, seul. J’ai pas vraiment de patience, alors j’ai mâché aussi vite que possible mon pancake, j’ai enfilé ma parka verte par-dessus mon jean et mon haut blancs, et je suis sortie de la maison pour le suivre. Comme d’habitude, j’avais aussi mon couteau, même si j’avais pas d’arme de service de la Division, ça me dépannait toujours bien. J’ai mis la capuche sur mon visage pour que le fantôme ne décide pas que j’avais une face connue dont il devait se venger, et je l’ai suivi. Il s’est arrêté une vingtaine de minutes plus tard devant une église. C’est peut-être moi qui imagine des choses, mais pendant le trajet, j’ai trouvé qu’il traînait parfois un peu la patte. La demi-heure a sonné. Bientôt la foutue messe. Il hésite toujours. Je n’ai pas autant de patience que lui. (Jamais eu autant.) Je prends quelques minutes pour observer les lieux. J’essaye d’imaginer, comment c’est à l’intérieur, avant de finalement le dépasser, et de me retourner vers lui.

« Vous voulez entrer ? » je demande, d'un ton un peu traînant, et certes toujours aussi rauque.

Personne aux alentours. Ma capuche toujours rabattue sur les yeux, je le vois hésiter sur sa réponse. Il hésite quelques secondes de trop. Je me rapproche d'un mouvement vif et lui fiche un coup de coude dans le nez, quitte à le faire un peu craquer. Il titube et je le retourne dos à moi sans traîner, l'entraînant vers l'église et l'empêchant de se débattre. Je ne prends que le temps nécessaire de regarder autour de moi, avant de l'entraîner dans une aile privée, qui correspond à une petite chapelle pour je ne sais qui ou que dans certaines occasions. J'profite qu'il soit à moitié assommé pour l'emmener contre la croix installée dans le sol, au bout de la petite chapelle, et l'y plaquer. Un coup d'oeil aux alentours. J'ai dû aller à la messe étant petite, j'crois. Une petite mélodie qui n'a rien à voir, mais qui me revient en tête, naît du bout de mes lèvres et je la fredonne. Le son résonne avec un écho que je trouve merveilleux et que d'autres qualifieraient de glauque, dans ces murs anciens. Y a tant d'histoire dans des lieux comme ça. Plus que les gens ne le croient.

Je récupère une corde qui sert à dresser un cordon de sécurité pour empêcher les touristes d'entrer pendant la messe, pour le ligoter à la croix. Ça fait, je m'approche de la porte par laquelle on est entrés, pour briser le loquet et mettre une chaise contre la porte. Doit y avoir des grognements de douleur de sa part. (Aucune importance.) La tête penchée sur le côté, je reviens vers lui, cette fois, l'examinant d'une certaine distance. Je sors le couteau de la poche de ma parka, effleurant sa joue de la lame étincelante, interrompant enfin ma petite chanson. Je n'en demande que mieux, avec une méfiance claire dans mon timbre :

« Qu'est-ce que t'es exactement ? Une sale petite imitation d'un ancien être vivant ? T'es un foutu fantôme ? »

Mon visage est toujours dissimulé par la capuche, le laissant dans l'ombre, même si quelques mèches blondes peuvent s'en échapper. Tendance à me tenir voûtée, aussi. Mais il ne faut pas croire que j'en suis moins intimidante, car mon regard a cette particularité de ne pas exprimer grand-chose.


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MessageSujet: Re: Take Me to Church – Le frère fantôme Ven 16 Oct 2015, 01:00

Quand on devenait soi-même fantôme, on oubliait que ce qui avait été abandonné, par le passé, pouvait resurgir à tout moment, et influer le présent. Je n'avais hélas pas beaucoup de mérite, ni grand chose que je pouvais me targuer d'avoir accompli. J'étais surtout un grand pécheur, qui était quelque part trop lâche pour oser imaginer quelles étaient les conséquences de ses actes, ou encore pour imaginer que je pouvais manquer à quelqu'un. J'avais été contraint à repenser à ma famille, lorsque j'avais croisé la route de Kobal. Mon neveu avait-il eu le temps de parler de moi à sa mère, avant de disparaître ? Je n'en savais rien. J'étais scindé en deux : j'ignorais si j'avais envie de les voir revenir vers moi, ou si je préférais rester « orphelin ». Je ne savais pas si leur affection me manquait, ou si je me figurais que je ne méritais que leur dédain, et leurs punitions... Après tout, même si je pensais ne pas avoir le choix à l'époque... Je les avais abandonnés. Et je n'avais jamais cherché à leur faire comprendre que j'étais vivant, tant un amour triste m'avait rendu aveugle et égoïste. J'éprouvai du regret, envers et contre tout. Mais j'étais encore un peu égoïste. Davos, pour ne citer que celui-ci, représentait ma famille maintenant. Je n'avais pas envie que l'ancienne vienne gâcher le bonheur encore fragile que nous étions en train de bâtir. Les supporterait-il seulement ? Mon frère, Joel, s'entendait avec moi, et me respectait un tant soit peu, mais il était de plus en plus ingérable. D'aucuns le qualifieraient d'enfoiré. De toute façon, il détestait les mutants, et encore plus les homosexuels. J'avais été également proche d'Oliver, même si ce frère-là ne l'était que par alliance. Malgré ses excentricités et ses roueries, il était quelqu'un de généreux... Agréable à petite dose. Et puis il y avait Rachel, bien entendu. Quelque part, elle avait toujours été ma préférée, et ma protégée, bien sûr. Mais je l'avais abandonnée. J'avais détesté mon père de l'avoir fait avec nous, mais je ne valais pas mieux que lui, au contraire. S'il n'y avait que la fratrie... Parler de mes enfants serait autrement plus long et malheureux.
Ces derniers jours, on avait vécu normalement avec Davos, sans se douter que nous étions épiés. Enfin, normalement... Compte tenu des derniers événements, on se quittait fort peu et on était quelque peu repliés sur nous-mêmes. Avions-nous l'air d'un couple fiancé, vu de l'extérieur ? On essayait de rester discrets, et de ne pas avoir l'air de sortir du lot, qu'il s'agît d'homosexualité, de mutation ou même d'infirmité.
Enfin, nous ne pouvions pas vivre en ermites. Un soir, j'avais moi-même besoin de prendre l'air. J'adorais Davos, et cela ne me dérangeait pas de passer tout mon temps avec lui, mais il était quelquefois irritant, en ce moment. Du moins avais-je besoin d'un peu de solitude, ce soir-là, et même de me consacrer à des activités qu'il n'approuvait pas. Nous ne nous étions certes pas disputés. Je fumai une des rares cigarettes que j'avais encore en ma possession, tout en marchant lentement vers l'église la plus proche du quartier. Je ne sais pas trop de quoi j'avais l'air. Il était vrai que j'étais désormais habitué à marcher avec une prothèse, et que je devais juste avoir l'air de boiter un peu, du moins quand je n'étais pas fatigué, et que je ne faisais aucun mouvement trop exagéré. Les gens auraient du mal à imaginer que le pan du pantalon dissimulait une prothèse. Celles de la dernière génération avaient un aspect esthétique et un peu futuriste, elles étaient par ailleurs confortables, mais elles n'imitaient pas, ni ne remplaçaient, un véritable membre. C'était un manque que je ne comblerai probablement jamais.
Bref, je me retrouvai devant une église, et j'eus l'air quelque peu hésitant. Je pensais depuis des jours, non des semaines, que je manquais à mes devoirs en boudant ce lieu, mais d'un autre côté, il ne me manquait pas forcément, et même si je m'en sentais coupable, je savais que je n'avais plus vraiment ma place ici. J'avais pris conscience que vivre une relation homosexuelle était le moindre de mes défauts, aux yeux de la religion chrétienne. Pourquoi étais-je venu jusqu'ici ? Pour savoir ce que je voulais, et en quoi je croyais ? Simplement pour réfléchir, pour renouer ou plus vraisemblablement pour faire mes adieux ? Je l'ignorai moi-même, tout comme si j'attendais un signe quelconque du destin, de la fatalité. Et je n'allais pas être déçu...
Une voix m'interpella, me demandant si j'allais me décider à entrer, ou non. Je me tournai vers une silhouette frêle ; son visage était caché et sa voix étrangement rauque. Je n'eus pas le temps de répondre quoique ce soit que l'étrangère me flanqua un coup dans le nez, dont je me souviendrai. Je reculai évidemment, un peu sonné par la douleur cuisante qui venait de naître, en plus du sang qui se déversait sans avarice. Le nez était quelque chose qui saignait très facilement... Cette personne m'incita alors à me diriger vers une chapelle privée, et sinistre, du bâtiment. La douleur et l'enchaînement rapide des événements ne me permirent pas de me débattre, ou même de longuement m'interroger sur l'identité de cette nouvelle ennemie. Cette dernière se mit à chanter, si du moins on pouvait appeler cela comme tel. La mélodie trouva des échos au sein de la salle, apportant une ambiance relativement angoissante. Je ne pouvais m'empêcher d'avoir l'air particulièrement inquiet. Je venais m'interroger sur ma foi, en venant ici, et c'était ça le signe qu'on m'envoyait ? A croire que je n'étais vraiment plus le bienvenu, entre ces murs.
Je la regardai fermer la porte, impuissant, puisqu'elle venait de me ligoter contre une croix de deux ou trois mètres de haut. Je tentai de m'en écarter ou de dénouer les liens, mais elle n'avait rien laissé au hasard. J'ignorai si elle m'avait carrément cassé le nez, quoiqu'il en soit, respirer par là n'était pas très commode. Or, j'étais beaucoup plus long à cicatriser que ne l'était Davos, ou d'autres.
L'ennemie se rapprocha. Je tentai de reconnaître sa voix, ou le bas de son visage, en vain. Après tout, ma sœur avait beaucoup changé, à force de souffrir. Des boucles blondes et épaisses dépassaient de la capuche, mais cela aussi, ne m'évoquait rien. Elle prononça alors des paroles inattendues.

« Qu'est-ce que t'es exactement ? Une sale petite imitation d'un ancien être vivant ? T'es un foutu fantôme ? »

Je l'observai, commençant à ne vraiment plus rien comprendre à la situation. J'avais rarement, voire jamais, été traité de fantôme. Cela peut paraître idiot, mais j'étais loin de faire fonctionner ma logique, pour comprendre qu'une... très vieille connaissance avait retrouvé ma trace. Pire encore, j'étais incapable de reconnaître ma sœur, pour le moment. Et pourtant, j'étais indirectement responsable de toutes ses séquelles. J'allais avoir du mal à me le pardonner.
Je n'étais ni une copie, ni un spectre, du moins, pas que je savais. La raison m'encourageait à l'expliquer calmement à cette fille, sûrement droguée, mais j'étais trop angoissé et en colère pour cela.


Je suis rien de tout ça, rétorquai-je, la regardant avec méfiance et sévérité. Mais c'est moi qui suis le plus en droit de m'interroger, non ? J'hésite entre l'attardée mentale, la junkie et la catin. Remarque, c'est peut-être les trois à la fois. Tu fais bien d'avoir honte de montrer ton visage, après ce que tu viens de faire, dans une église de surcroît, conclus-je.

J'avais un talent certain pour dire ce qu'il ne fallait pas, au moment où il fallait l'éviter. Pour ma défense, je dirais que c'était volontaire, en l'occurrence. Je la provoquais, pour en apprendre davantage, et peut-être pour ne pas trop perdre de temps. De toute façon, si elle représentait une réelle menace, ou si elle me mettait trop en colère, l'état dans lequel elle me plongerait l'inciterait à prendre ses jambes à son cou.

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MessageSujet: Re: Take Me to Church – Le frère fantôme Mer 21 Oct 2015, 23:14



Comme pour ne pas améliorer la situation... Un bruit résonne soudain, dans un recoin de la chapelle privée, derrière Ruzica, qui ne perçoit ni son, ni présence, pour l'instant. De l'ombre surgit alors une étrange créature, au visage par ailleurs plutôt jeune et joli. Un visage de jeune femme, mais nullement radieux ou souriant, et qui semble se déplace de manière hésitante, avant d'aller plus rapidement. Et elle est étrangement basse.


Quand la créature arrive dans la lumière, Roxas peut alors se rendre compte qu'il s'agit d'une femme, pire que cul-de-jatte. Il lui manque tout simplement la partie inférieure du corps, à partir de la taille, et elle se déplace en s'appuyant sur ses coudes, provoquant un son étrange qui lui donne son nom : Teke Teke. La légende, dit qu'elle a été coupée en deux par une rame de métro, en tombant par accident. La mort a été si violente, qu'elle en a gardé une immense rancune, et depuis, erre à la recherche de gens... à tuer. Inutile de dire que Rafael fait figure de choix, lui à qui il manque déjà une jambe : c'est toujours très agréable de se retrouver confronté au cauchemar de son futur...

La créature ne dit pas un mot, les yeux fixés sur Rafael, mais quand elle s'approche plus rapidement, Ruzica semble également percevoir sa présence, bien qu'elle ne soit pas venue pour elle, mais pour son frère. Et la voix de la femme, gutturale, finit par résonner :

"Où sont mes jambes ?"

Une question qui plaît sûrement à Rafael.



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1 : Le Maître du Jeu a toujours raison
2 : Même quand le MJ a tort, il a raison
3 : Si un joueur a raison , la règle 1 s'applique prioritairement .
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MessageSujet: Re: Take Me to Church – Le frère fantôme Ven 23 Oct 2015, 09:55



Il faut croire que l'église dans laquelle se trouvent Ruzica et son frère porte malheur. Mécontente de percevoir l'esprit venu hanter Rafael, la femme à la crinière blonde perçoit en outre un bruit, derrière elle. Une brume écarlate se dégage du sol, avant de prendre progressivement forme, et devenir de plus en plus tangible. Est-ce un fantôme flottant dans l'espace, ou un cadavre ambulant, fortement décomposé, qui s'acharne à ramper sur le sol ?
L'être est défiguré, sec, angoissant. Ses pupilles sont vides. Il (mais cela a visiblement été une femme, de son vivant), tente de parler. C'est impossible. Sa langue pend et s'agite lamentablement, créant une vision qui produit un malaise. La créature continue à ramper vers Ruzica, demandant peut-être de l'aide, demandant peut-être à se venger...



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MessageSujet: Re: Take Me to Church – Le frère fantôme Mar 24 Nov 2015, 23:25


Le passé, c'est quelque chose qui me quitte jamais vraiment. Je parle pas vraiment de mon passé, qu'est plus ou moins refoulé. Je parle surtout de ma capacité, mon bon génie, comme on dit, à pouvoir saisir l'historique des objets. Je l'ai au quotidien dans la tête. Alors, voir apparaître un fantôme, n'est peut-être qu'une simple conséquence, après tout. J'ai été mise au courant, pour mon frère fantôme, plus par la Division que par ma famille, même si j'ai fait quelques recherches. Je hacke très bien les ordis, quand je le veux. Grisant. Qu'est-ce que je veux de ma famille, exactement ?

Forme-t-on une famille quand on a été déchirée plusieurs années ? Bonne question. Est-ce que je veux encore de Rafael, le frère, s'il est vivant ? Ma famille, c'est Oliver, mes enfants. Pourtant, j'aime pas laisser les choses en suspens, en interrogation. Tous les mâles Baldwin ont quelque chose d'atroce dans le sang, qui vous poignarde dans le dos. Alors, je préfère porter le premier coup, moi-même. J'préfère Rafael à Joel. J'préfère ma sœur à Rafael.
J'préfère peut-être la solitude à la famille. Mais j'aime pas que les cadavres surgissent sans que j'puisse le prévenir. Alors j'ai agi, je l'ai suivi, pour mieux voir si c'est vraiment lui, ou pas. Mes sentiments envers Rafael, sont pour le moins mitigés. Voir qu'il cohabite dans la même maison qu'un autre, me laisse indifférente, si ce n'est que j'me demande si c'est aussi une maison hantée, en plus du reste. Peut-être ai-je pénétré dans la dimension qui permet de voir les morts dans le même espace que les vivants. Pour un mort, c'pendant, je remarque qu'il boîte, ce qui est peu usuel. Sans pour autant me douter de ce que ça veut dire vraiment. L'église, c'est plus commun. Mais ça doit être ordinaire, les fantômes qui vont à l'église. Ma dernière confession n'a pas été reçue depuis très longtemps, et la dernière fois que ma langue a touché une hostie, je l'ai sans doute recrachée. L'hostie, pas la langue. Pour moi, c'est juste...un lieu pas trop mal dont les architectes étaient cool.

Quand je vois mon frère fantôme, avant de le frapper, j'suis un peu surprise, un instant. Il n'est pas si vieux que ça...ses traits sont même bien reconnaissables. Il...n'a pas vieilli. Comme moi, presque. Les traits sont plus tirés et plus soucieux. Il s'est tué au travail, c'est sûr, car je doute que ce soit la honte de l'abandon, qui ait fait tel effet. Les quelques sentiments en moi se raidissent. Tout ça est lointain, très lointain, une brume des années en arrière, mais il y a encore quelques échos. Au moins, il me reconnaît pas, pour l'instant.

J'ai pas cassé le nez, pas encore. J'aurai pu, mais j'aimerais bien l'entendre parler sans un son trop nasillard non plus. Il a l'air pas mal surpris par ma question, au milieu du silence de la chapelle tout juste éclairé. Comme s'il savait pas. Il reconnaît pas ma voix, mais ça m'étonne pas non plus. Au moins, l'angoisse se lit sur ses traits, ce qui est pas trop mal. Ma lame quitte sa joue, même si je reste en face de lui, mon visage caché près du sien.

« Je suis rien de tout ça. Mais c'est moi qui suis le plus en droit de m'interroger, non ? J'hésite entre l'attardée mentale, la junkie et la catin. Remarque, c'est peut-être les trois à la fois. Tu fais bien d'avoir honte de montrer ton visage, après ce que tu viens de faire, dans une église de surcroît. »

Je n'ai pas de réaction. Pas tout de suite. J'ai pas peur. Le temps n'est pas compté pour moi. Je peux l'utiliser comme je veux. J'aime pas trop les appellations qu'il donne. Mon corps ne bouge pas et mes doigts ne se referment pas sur le couteau que je tiens. Ses mots me rappellent Joel, et pas vraiment mon frère aîné, lui-même. Bien que ce soit pas son double, et qu'il sache pas qui je suis, c'est d'une similarité renversante, ces qualificatifs. Attardée mentale, asile. Junkie, bah, chacun traîne des trucs louches. Catin, enfants hors mariage. Sa provocation sur mon visage honteux m'effleure pas. Je n'enlève pas ma capuche pour l'instant.

« Me moque de ce que tu penses, » je fais, traînante. « T'as perdu ce droit. La question, elle est posée à toi. » Je le saisis au col, le soulevant légèrement.

Mes doigts effleurent le tissu et la texture de ses habits. Je ressens des émotions diverses, des visions qui n'ont de signification que pour moi. La machine à laver et le fer à repasser de la maison que j'ai espionnée. Les caresses, sur ces mêmes vêtements, de la main d'un autre homme, de l'autre fantôme. Certaines émotions du frère fantôme sont incrustées dedans : un pot-pourri de colère, d'austérité, d'amour, de surprise, d'angoisse. Je dis rien, mes traits devenant pensifs. Certaines choses sont familières, d'autres non. Je le repose sans trop de précaution, avant de m'apercevoir de quelque chose qui ne va pas : le contact avec une partie du corps, qui n'est pas humaine. Fronçant les sourcils, je palpe le torse, la hanche, la jambe. Sous le pantalon, je sens l'armature métallique de la prothèse. Je relève un peu le bout du pantalon qui abrite la prothèse, examinant les entrelacs dignes de film SF. Je suis pas super intelligente, mais je suis pas super idiote non plus.

« Qui t'a fait ça ? »
Je demande, sans intonation. Mais la question est là. Elle pèse dans l'air, dans le regard que j'adresse au fantôme.

Du moins, elle est là, jusqu'à ce que j'entende deux bruits suspects derrière moi. Je me retourne vivement, brandissant mon arme. Mon regard accroche alors une créature qui se déplace sur ses mains, le bas du corps ayant été arraché. Une autre interrogation est posée, plus glauque que la mienne (si, c'est possible). Puis je vois une brume soudaine se soulever du sol, prendre une forme précise, celle d'un cadavre de femme, qui se met à ramper en ma direction. Y a pas d'yeux. D'ailleurs, il manque pas mal de morceaux de peau. La langue s'agite comme pour parler, réduite au silence par des anciennes tortures, peut-être. En tout cas, elle vient vers moi.

Mon défaut, c'est de me croire invincible, ou presque. J'sais pas si elle demande de l'aide ou quoi, mais elle me met mal à l'aise, et je vais pas laisser cette impression durer. Quand on sent ainsi une mauvaise intention, on a pas envie de rester. Je perds pas de temps et je m'avance vivement vers l'apparition rougeâtre. Mon seul geste est de lever le pied pour l'écraser sur sa tête, pour finir de réduire son crâne en bouillie, crispée malgré tout. Mais à peine ai-je le temps de voir la forme s'écraser encore plus lamentablement sur le sol, d'avoir l'impression d'entendre des os se briser, la femme disparaît. Cela ne dure que quelques secondes. Je me retourne vers Rafael et l'autre apparition, qui s'est avancée près de lui.

« Tes petites copines ? T'en as toujours eu pas mal, » je fais, dédaigneuse. Je lance le couteau d'un geste précis, pour que ça aille se plonger dans le cou de l'autre créature. Mais peut-être a-t-elle touché Rafael, pour mieux disparaître, elle aussi. « Alors, qu'est-ce que tu fous là ? »

Cette fois, j'enlève la capuche, laissant mes cheveux blonds et frisés sortir de leur carcan. On verra bien s'il me reconnaît. Moi, j'ai des questions à poser, et il partira pas avant. Car l'air qu'affiche mon visage n'est clairement pas tout à fait raisonnable, et encore moins dépourvu de joie de le revoir, si du moins il me remet. J'reviens vers lui, le pas souple mais le regard averti, fixé sur lui. Ma manière de me déplacer est particulière. Suis bien à l'aise dans mon corps, détendue, malgré ce qui vient de se passer. J'ai déjà repéré les différentes sorties en cas de problème. Avec quoi assommer mon prisonnier, si besoin. Ou encore comment aller le suspendre, tête en bas, depuis la chaire où un quelconque prêtre prononce ses sermons de temps en temps.



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MessageSujet: Re: Take Me to Church – Le frère fantôme Sam 12 Déc 2015, 22:17

J'étais en bien mauvaise posture, c'était le moins que l'on pouvait dire. Les églises n'étaient pas toujours rassurantes, et il était difficile d'y trouver la moindre paix religieuse, lorsqu'on avait été kidnappé. J'étais enfermé auprès d'une inconnue qui ne me voulait pas du bien. J'étais ligoté, et ma prothèse m'empêchait de toute façon d'être trop vif ou agile. J'ignorai ce qu'on me voulait encore, mais je me doutais que cela pouvait mal finir. Pourtant, je ne pus m'empêcher de me montrer insultant à l'égard de l'étrangère à la voix rauque. Cela vous est déjà arrivé, de regretter des mots, dès qu'ils ont été prononcés ? Cela m'arrivait fréquemment, et pourtant, je continuais ainsi. L'inconnue demeura immobile, silencieuse, et j'ignorai si c'était de bon ou de mauvais augure. Je ne savais pas du tout de quel pied danser avec elle.

« Me moque de ce que tu penses. T'as perdu ce droit. La question, elle est posée à toi. » dit-elle enfin, en me tirant par le col.

Je fronçai les sourcils, non pas à cause de l'indifférence de mon interlocutrice, mais parce que je la comprenais de moins en moins. Cette voix ne m'était pas familière, alors quel droit pouvais-je avoir perdu avec quelqu'un que je ne connaissais pas ? Me prenait-elle pour un autre ? Après tout, elle m'avait demandé si j'étais un spectre, et j'avais dû nier cela.
Elle resta méditative un instant. Un malaise s'empara de moi. J'étais loin d'imaginer tout ce qu'elle était capable de percevoir, à travers le contact de mes vêtements, mais quelque part, je sentais bien qu'elle cherchait à me juger, ou du moins, à lire en moi comme dans un livre ouvert. J'eus l'air certes agacé, tandis qu'elle « palpait » différentes parties de mon corps, et je perdis sans doute le peu de couleurs qui me restaient, lorsqu'elle parvint à la prothèse. Celle-ci ne me permettait pas seulement de marcher, mais aussi de faire oublier au monde que j'étais diminué. De l'oublier moi-même. Je n'avais pas encore totalement accepté ce qui m'était arrivé, et j'eus l'air sans doute un peu honteux. Je détournai un instant les yeux tandis qu'elle se permettait de soulever le pantalon, afin d'étudier la prothèse. Et elle me posa de nouveau une question, comme si la dernière fois que l'on s'était vus, j'étais intact. Cependant, je ne l'avais jamais rencontrée. Peut-être n'était-ce que le fruit de mon imagination... Habituellement, on demandait aux gens quel avait été l'accident qui leur avait fait perdre un membre, et non pas qui les avait attaqué. Cette fille était trop perspicace, ou en savait trop.


Qu'est-ce ça peut te faire ? demandai-je, peu enclin à parler d'Arlathan.

Notre drôle de conversation fut interrompue par des éléments surnaturels. Après quelque bruit, nous tournâmes la tête vers deux silhouettes qui avaient pris forme, dans un fond de l'église. Deux créatures rampaient vers nous, avec probablement des intentions hostiles. Je tentai instinctivement de me libérer mais les liens tenaient trop bien. Je sentis mon cœur manquer un battement dans ma poitrine, alors que les silhouettes devenaient plus distinctes. La première apparition était pire que tout ce que je redoutais, dans la réalité comme dans les films d'horreur tant aimés par Davos. Il ne lui manquait pas seulement deux jambes, mais elle n'était qu'une moitié de femme, contrainte à ramper sur le sol, comme ces serpents bannis du paradis perdu. Comment cela ne pouvait-il pas être une image de hantise, pour moi, après ce qui était arrivé ? La créature me posa alors une question singulière, mais j'étais trop hanté par la faux qu'elle semblait avoir attaché, derrière son dos, ou par la seconde apparition.
J'ignorai s'il s'agissait d'un fantôme ou d'un mort-vivant, mais j'avais rarement vu quelque chose d'aussi cauchemardesque. Mon regard tanguait entre la langue spectrale qui s'agitait vainement, et la moitié de corps qui continuait à avancer vers moi. Mes peurs les plus enfouies se concrétisaient en face de moi, et je continuai à m'agiter, silencieux, certes, mais complètement bouleversé par l'angoisse. Si c'était un cauchemar, je voulais me réveiller. Et Seigneur, je ne voulais pas que ces choses avançassent davantage !
Je regardai la femme encapuchonnée avec surprise, voyant qu'elle se dirigeait directement vers le fantôme agonisant. Elle écrasa son pied sur sa tête et l'apparition disparut. Mais qu'est-ce que c'était que ce truc ? Je me demandai si je n'allais pas faire une attaque, considérant que la fille sans jambe était à présent tout près. Ma respiration n'était en tout cas pas tranquille, et généralement, je finissais par me transformer, lorsque j'étais dans un tel état... Effrayé, je ne réagis pas à la remarque de la fille, qui me parlait de mes anciennes amantes, non sans ironie. De toute façon, la bague de fiançailles qui brillait à l'une de mes mains, était assez probante.
C'était le jugement dernier, ma parole, durant lequel mes péchés me sautaient à la figure, et où j'allais être emporté par cette créature infâme ?
Je sentis des frissons glacés remonter le long de mon échine lorsque le monstre m'effleura, mais un couteau plongé dans le cou plus tard, elle disparut, elle aussi. Ruzica me laissa peu souffler puisqu'elle me demanda aussitôt ce que je faisais ici, comme si de rien n'était.
Mais nom de Dieu, elle n'était pas plus choquée que cela ? Et puis, elle n'était pas au courant que c'était elle qui m'avait conduit ici ? Enfin, j'en avais assez qu'elle fasse comme si elle me connaissait depuis toujours, alors qu'il n'en était rien.
Finalement, avant d'avoir eu la moindre réponse, elle consentit à dévoiler son visage. Je découvris d'abord une épaisseur massive de cheveux blonds, avant de percevoir ses traits. J'ignore si je l'ai reconnue tout de suite, ou si j'ai longuement hésité. Les traits de son visage n'avaient pas vraiment changé, ni son regard, si l'on omettait ses airs de prédatrice. Et pourtant, quelque chose ne collait pas. On aurait plutôt dit un sosie de celle que j'avais connue, avec une attitude très différente. Elle semblait trop usée par le temps, et par de tristes expériences. Elle semblait étrangère à elle-même, et pourtant, elle se souvenait de moi, de nous. Je la regardai, sans plus détourner les yeux. Je ne pouvais pas dissimuler que j'avais compris qui elle était. L'un des fantômes les plus menaçants du passé ; l'un des plus douloureux. La culpabilité finit de me bouleverser, et je gagnai sans doute la respiration d'un asthmatique, et pourtant, Dieu savait que je n'avais aucune envie de me transformer en face d'elle. Je ne voulais pas la mettre en danger. Je ne voulais plus lui faire de mal.
Que pouvais-je dire ? Que je croyais qu'elle avait disparu ? En fait, je n'avais jamais vraiment pris la peine de chercher. Malgré mes hésitations et mes inquiétudes, j'avais été le pire frère, le pire tuteur qui soit. Je l'avais ni plus ni moins abandonnée. J'avais longuement considéré que ma fuite était une nécessité, et que quelque part, je leur rendais service, mais je me mentais à moi-même. N'était-il pas trop tard pour faire preuve de mauvaise foi, ou pour s'excuser ? J'étais face à une impasse, et j'ignorai pourquoi elle ne m'avait pas encore châtié, en réalité. Je tentai tant bien que mal de me calmer, afin de prendre la parole.


J'ai fait semblant de mourir pour fuir, c'est... compliqué, dis-je finalement, mon éloquence ayant certes fondu comme neige au soleil.

Je suis tellement désolé, Rachel, repris-je, comme un misérable.

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MessageSujet: Re: Take Me to Church – Le frère fantôme Dim 03 Jan 2016, 19:43


Les insultes, ça me passe au-delà. Les insultes, ça a jamais été le pire auquel j'ai été confrontée, bien au contraire. Ce sont des mots qui m'atteignent pas : les actes ont fait bien pire, même si ça a rien à voir avec Rafael, directement. M'en tout cas, moi, je m'en moque, et je pète pas de crise d'hystérie à cause de ça. Mais faudrait que le frère apprenne à réfléchir avant de laisser parler sa langue, dans son propre intérêt.
Les différents infos données par ses vêtements, m'éclaircissent un peu, sans que je puisse pour autant en faire vraiment usage dans l'immédiat. Disons que c'est plus les sensations qui y sont infiltrées, qui sont intéressantes. Comme quoi, il n'est pas resté un solitaire cynique voyant tout en noir, enfin, pas tout à fait. La prothèse, elle me fournit fort peu d'infos et c'est bien pour ça que je pose une question avec laquelle il réagit encore avec agressivité. Hum. Va vraiment falloir qu'il apprenne à réviser son mode de fonctionnement. J'ai en effet guère conscience, ou si peu, qu'il n'est pas vraiment dans une posture agréable face à moi, même si j'veux pas le tuer ou lui faire du mal. (C'est à voir.) Son air honteux est en tout cas légitime.

Mais on a par la suite d'autres chats à fouetter. Moi avec l'espèce de fantôme à la langue pendouillante, lui avec la cul-de-jatte, que je neutralise d'un coup de couteau. La peur m'est relativement étrangère : disons juste que je me crois un peu trop invincible. Et que simplement, quand je vois une menace qui a même pas l'air humaine, mon réflexe est de la neutraliser, voilà. Tant pis si je fais pas dans la dentelle et la subtilité, surtout quand c'est aussi dangereux. Un meilleur réflexe aurait p'têt-été de détacher Rafael pour le laisser se défendre, mais ça lui aurait permis de s'enfuir, donc non. Et puis, tout s'est bien terminé : même si je manquerai pas de raconter ce genre de trucs à Oliver, histoire d'avoir son avis. Rafael est devenu bien cardiaque, mais je reviens ensuite vers lui, quand les deux apparitions disparaissent. J'ai p'têt le cœur et la respiration qui vont plus vite, j'avoue, mais je suis pas là pour ça. Je suis solide. Ma question, je la répète, car je veux comprendre pourquoi il est encore de ce monde, même si une réponse bien plausible est un gène mutant.

Finalement, je dévoile malgré tout mon visage. Pour qu'il comprenne enfin l'erreur et le gouffre dans lequel il vient de tomber. J'observe les différentes nuances et palettes de son visage, les émotions par lesquelles les yeux passent. Je remarque aussi l'éclat brillant à son doigt. Il ne suffirait que d'une caresse pour que je sache qui l'a demandé en fiançailles, mais ça peut attendre, attendre le temps que je savoure de voir ses émotions bouleversées. Car pour lui aussi, j'suis revenue d'entre les morts, non ? Et bien que je sois changée, je n'ai que très peu conscience d'à quel point mon visage doit sembler différent, car moi, j'ai pu m'y habituer jour après jour, à l'asile, quand les traitements, autant que mon pouvoir, me détruisaient.

De la perplexité passe sur son visage, puis de la compréhension, de la reconnaissance – uniquement dans le sens facial du terme, bien sûr. Au moins, y détourne pas les yeux, pas comme un lâche. Ceci dit, sa respiration indique bien à quel point il est bouleversé, et j'ai un bref signe de main, pour lui signifier de se calmer. A priori, je vais pas lui faire de mal, après tout. Je sais pas exactement ce qui m'envahit, en voyant qu'il me reconnaît. Pas vraiment du soulagement, pas vraiment de la reconnaissance. Car fantôme ou pas, il m'aurait reconnu, de toute façon. Mais quelque part, je pense que j'ai une mèche de colère et de rancoeur qui s'allume, car il m'a abandonnée, après tout, et la suite n'a pas été une longue histoire tranquille. Bien au contraire. Ça avait pas été rendre service. Ça avait contribué à massacrer ma vie, indirectement. Enfin, ses lèvres remuèrent, pour parler.

« J'ai fait semblant de mourir pour fuir, c'est...compliqué. Je suis tellement désolé, Rachel. »

Je n'ai pas d'expression particulière sur le visage alors que j'le fixe. J'ai ainsi une partie d'explication, et ainsi, il est mutant, comme moi. Et il est désolé, à rebours, bien sûr. Bien sûr.

« Ouais, fuir, » je répète lentement. « Fuir qui, quoi ? Qu'est-ce qui était assez fort pour faire en sorte que t'abandonnes ta famille pendant quarante ans, sans donner le moindre indice ? »

Je souffle au reste. J'ai détourné le regard un instant, comme si la dernière remarque me démangeait. Ça ressemble à quelque chose comme ça. J'ai une sainte horreur de ce prénom, car il correspond plus à rien, il correspond à ce que j'ai été, ce que je suis plus, ce que j'ai perdu, ce qu'Oliver a perdu.

« M'appelle plus comme ça, » je réplique, avec un brin de menace non voilée dans la voix. « Mais Ruzica. Peut-être bien que t'es désolé, oui. »

Je reprends sa main, celle à laquelle la bague de fiançailles est, et je l'effleure. Juste pour savoir. Oui, c'est l'autre homme de la maison, qui lui a donné. Beaucoup de joie, là-dedans. Et une vague odeur d'iodé, bizarre. Je relève les yeux vers Rafael, finalement, l'air beaucoup plus sombre qu'avant. Mes mots s'emmêlent car mes idées sont comme un fleuve trop puissant, ce qui me fait partir dans tous les sens.

« Donc t'es pas un fantôme. T'as survécu. Un mutos qui a viré sa cuti. Mais tu pues aussi le stress et la culpabilité, donc je doute que tu te sois sorti de ces fameuses complications. Alors, maintenant ? Tu devrais être désolé pour avoir abandonné ta famille. » Je l'avais pas vraiment prévu, mais ma voix se resserre par la colère et la rancune, cette soif du mal, le souhait de vengeance, tout ce qui remue et tord les entrailles. « Parce que je suis ce que Joel a fait après ton départ. Sans toi, il a cherché à tout contrôler. Et s'il est sans doute pire que toi, c'est pas un compliment que je te fais pour autant. Alors, dis-moi pourquoi t'en vaudrais la peine. Sa maison, je l'ai cramée. Je peux recommencer. Avec la tienne. »

Ou pire, car il y a toujours pires choses à faire.

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MessageSujet: Re: Take Me to Church – Le frère fantôme Mer 03 Fév 2016, 12:06

Elle était ma sœur. Je veillais sur elle. Aujourd'hui, elle était cette femme que je reconnaissais à peine, et qui menaçait de me tuer, consciemment ou non. Certes, je mesurais jusqu'à quel point je m'étais fourvoyé, mais je me demandais surtout si je n'allais jamais finir de payer pour mes crimes. Les fantômes auxquels Ruzica et moi avions été confrontés n'étaient rien, rien à côté de la pesanteur de son regard à elle, qui allait probablement décider de la suite. Être jugé, surtout lorsqu'on se sent si lâche et coupable, n'a rien de réjouissant. Je tâchai toutefois de ne pas trop détourner les yeux, bien conscient que de si simples explications ne lui suffiraient sans doute pas. Je blêmis sans doute à vue d’œil, tandis qu'elle me rappelait les fautes pour lesquelles elle m'en voulait.

J'ai... fui un mutant qui voulait ma peau, mais ça n'excuse rien, dis-je.

Oui, combien d'occasions avais-je de donner des signes de vie, ou même de revenir, surtout depuis quelques années, ou les choses s'étaient apaisées ? J'avais trouvé je ne savais combien de prétextes pour ne jamais revenir en arrière. Je me plaisais à croire que c'était mieux pour eux, que je n'étais de toute façon plus que l'ombre de moi-même. La vérité était que j'avais été lâche, égoïste. Je ne voulais pas que mon passé me rattrape, y compris le bon, y compris mes devoirs. Je n'osai pas imaginer quel serait le regard de Davos, s'il apprenait tout cela.
Je fronçai les sourcils tandis qu'elle révélât ne plus répondre au prénom de Rachel, mais uniquement à celui de Ruzica. Je me contentai de hocher la tête, peu en position de la juger. Je me crispai tandis qu'elle prenait ma main, pour effleurer l'anneau. Je n'avais guère envie de lui révéler tout ce qui avait changé, peut-être à cause d'une honte mal placée, ou parce que je ne méritais sans doute pas ce bonheur. J'étais bien loin d'imaginer la nature de ses capacités...

« Donc t'es pas un fantôme. T'as survécu. Un mutos qui a viré sa cuti. Mais tu pues aussi le stress et la culpabilité, donc je doute que tu te sois sorti de ces fameuses complications. Alors, maintenant ? Tu devrais être désolé pour avoir abandonné ta famille. Parce que je suis ce que Joel a fait après ton départ. Sans toi, il a cherché à tout contrôler. Et s'il est sans doute pire que toi, c'est pas un compliment que je te fais pour autant. Alors, dis-moi pourquoi t'en vaudrais la peine. Sa maison, je l'ai cramée. Je peux recommencer. Avec la tienne. » dit-elle alors.

Je ressentis une pointe au cœur et baissai les yeux, tandis qu'elle me traitait de mutant. Pour une raison ou une autre – peut-être me suivait-elle depuis longtemps – elle savait que je vivais avec un homme. Il allait être très difficile d'affronter son regard dorénavant. Davos et Sveda devaient juger que j'étais meilleur qu'avant ; mais sans doute à tort plus qu'à raison, je me sentais trop différent, et inférieur, maintenant que Ruzica me sortait tout cela, ainsi.
Quant aux complications auxquelles j'étais mêlé... Ma foi, c'était peu de le dire. Elle continua quoiqu'il en soit à me rappeler mes torts. Je sentais, dans son intonation et sa voix, que la rage était de plus en plus grondante. Mon air abattu ne devait faire que attiser le brasier qui tordait les entrailles de ma sœur. Je relevai les yeux vers elle, avec gravité, alors qu'elle me révélait ce que Joel avait osé faire. Mon Dieu, jusqu'où était-il allé ? J'avais conscience d'avoir longtemps été le seul rempart contre la discorde totale, dans cette famille, mais tout de même... Serais-je devenu autant criminel que Joel, à cause de mon absence ? Est-ce qu'elle était en train de me demander si elle devait m'épargner ou non ? Je ne savais vraiment pas où elle voulait en venir, au final, et il était compliqué de rester calme. Un vent de panique souffla en moi quand elle me menaça de brûler la maison. Cela ne tuerait probablement pas Davos, mais c'était hors de question. Cela le mettrait en danger. Il ne supporterait pas de perdre ce qu'il avait rassemblé en ces lieux, qu'il s'agît de souvenirs concrets ou abstraits. Il avait assez souffert.
Je regardai « Ruzica » avec plus de détermination, voire de colère. J'en avais assez de payer, même si j'étais l'auteur de monstres. J'en avais par-dessus la tête !


Qu'est-ce qu'a fait Joel qui ait pu justifier que tu mettes en danger sa famille ? demandai-je. Est-ce qu'ils sont... ? Je n'osai pas terminer ma phrase, craignant le pire. Ruzica, je suis désolé. Tu n'as pas idée à quel point je peux l'être, mais quoique j'ai fait, quoiqu'il ait fait, tu ne dois pas devenir une pyromane, une meurtrière ! Tu ne peux pas t'en prendre à Davos ou à son foyer, il n'y est pour rien !

Je la regardai d'un air désespéré, et pourtant, je souhaitais être entendu. Il fallait qu'elle m'écoute. Si elle s'obstinait, je risquai simplement de péter les plombs, et alors, nous nous entre-turions.

Tu veux vraiment finir de tout détruire ? demandai-je, d'un ton entre la supplication et la mise au défi, signe que je ne me laisserai pas faire.

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