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Sometimes just one time can be enough | Roxas

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Identité : Floria Ysé Tosca
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MessageSujet: Sometimes just one time can be enough | Roxas Mar 27 Oct 2015, 20:23


Jamais deux sans trois, n'est-ce pas ? Je dois avoir un grain en moins, dans la tête, pour retourner encore une fois à la Maison Tosca, essayer de me venger de Rafael. Mais pour dire la vérité, ce n'est pas tout à fait cela. J'ai vu les éclats provoqués entre lui et Bobby, à l'enterrement de Sveda : j'ai vraiment eu du mal à digérer son décès, et j'ai parfois une douleur dans le ventre, en y pensant. Mais disons qu'avec le profil qu'il a, Rafael, ça ne m'étonnerait pas que cet homme l'ayant agrippé si vivement, n'ait raison. Je crois que ce ne serait même pas son premier meurtre. Au contraire. Et même si j'étais vraiment brouillée avec Sveda, je ne la méprisais pas assez, pour ne pas essayer de lui rendre justice, surtout face à une ordure pareille.

Un argument qui arrange bien, me direz-vous. Ce serait pas faux. En tout cas, désormais, ce n'est plus seulement mon intérêt personnel, mais aussi le souhait de bon nombre de gens, qu'ils se doutent ou non que cela soit la faute de Rafael.

Il est assez tard : j'ai choisi une heure aussi noire, et aussi avancée dans la nuit, justement pour éviter que le chien de garde de Rafael – mon cher père adoptif – ne vienne vite le défendre. Je sais que Davos a le sommeil lourd, contrairement à Rafael, et qu'il faut parfois forcer pour le réveiller. De cette manière, j'attirerais l'assassin, sans même l'en obliger : il sera trop éveillé par la curiosité, ou l'anxiété, pour rester au lit. C'est à ça qu'on reconnaît les lâches, ou ceux faisant preuve d'une trop grande curiosité.

J'ouvre la porte de devant, avec la clef que je possède toujours de la maison : heureusement qu'ils n'ont jamais changé les verrous. Je marche silencieusement, au départ, pour observer les lieux. Je suis vêtue de façon pratique, un pantalon noir, un haut assorti, une veste en cuir. Dans l'une des poches de celle-ci, se trouve un nouveau poignard à la lame jamais testée : on ne change pas une arme qui gagne. Toutefois, je ne tarde pas à me rendre compte qu'il va falloir plus que ça, pour inviter Rafael à venir se jeter dans la gueule du loup. Je marche donc plus bruyamment dans la maison, mais dans un but précis, d'une manière particulière : un peu comme les rats qui grouillent le long d'un mur, ou comme un esprit qui marche avec des bruits de pas répétitifs. Je m'amuse à garder le même rythme avec le même nombre de pas : histoire de le faire flipper un peu. Avec de la chance, ça le déconcentrera, ou lui ferait tellement peur, qu'il n'aura pas la maîtrise – ou la rage nécessaire, de se transformer.

L'idée de me retrouver face à une bête prête à me bouffer, me fait froid dans le dos, mais je continue mon manège, toujours dans l'obscurité. C'est bien ça le plus flippant. Surtout quand on commence à le faire sur les marches de l'escalier, qui monte à la chambre.



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MessageSujet: Re: Sometimes just one time can be enough | Roxas Ven 06 Nov 2015, 16:09

Les récents événements avaient vraiment été éprouvants. J'en étais venu à regretter véritablement Norfolk, en constatant que les rouages de la machine infernale fonctionnaient encore plus vite, pour nous écraser plus sûrement. L'annonce du décès de Sveda avait été un coup difficile, quand bien même je savais que c'était une comédie. D'abord, j'ignorais si se plonger dans ce genre de sommeil était vraiment sans risque. Ensuite, il était particulièrement pesant de garder ce genre de secrets, surtout quand des gens comme Bobby Talbot venaient à vous menacer. Pour finir, Davos s'était senti trahi par deux proches, quelque part, et j'avais dû en payer le prix. Mais heureusement, il commençait à laisser tomber cette rancune et cette distance qui me rendaient malade. Peut-être comprenait-il enfin que nous n'avions guère eu le choix. Même si nous avions eu tort de le tenir à l'écart, il n'en restait pas moins la première personne au courant. Au moins n'avait-il pas essayé de nous en empêcher. Il était bien trop protecteur. C'était comme ces fois où il insistait pour m'aider à enfiler la prothèse ou pour porter du matériel alors que je tenais à me débrouiller seul. C'était à la fois sa force et sa faiblesse. Mais en tout cas, dans cette période de stress et d'incertitudes, j'avais vraiment besoin de son soutien et de sa chaleur.
Cette nuit-là, nous dormions l'un dans les bras de l'autre, comme souvent, surtout quand nous avions bien des raisons de nous faire du souci. A moins d'avoir connu soi-même la sensation de sécurité que l'on éprouve, lorsque l'on se retrouve étendu contre la personne qu'on aime, il paraît sans doute difficile de comprendre cela. Je fus toutefois tiré de ce sommeil apaisant par des bruits caractéristiques, provenant du rez-de-chaussée. J'ouvris les yeux, même si cela était peu utile dans la pénombre. Je fronçai les sourcils, réalisant, pour mon plus grand malheur, que ces sons n'étaient pas le fruit de mon imagination. Il y avait quelque chose – ou quelqu'un – qui se déplaçait en bas. Je me crispai un peu, songeant que j'éprouvai la même crainte irrationnelle que lorsque Davos me forçait à regarder l'un de ses films d'angoisse. Mais c'était plus terrible, dans le sens où je savais que nous avions des ennemis faits de chair et d'os, qui n'hésiteraient pas à venir nous menacer jusqu'ici...


Davos... l'appelai-je, en le secouant légèrement par l'épaule. Il se passe quelque chose, en bas.

Il n'eut d'autre réaction que de se retourner, en se repliant un peu sur lui-même. Il prononça quelques mots qui ressemblaient à "ce n'est rien" ou "je vais chercher la gamelle", mais je n'en étais pas certain, tant il parlait dans sa barbe. Autant dire qu'il était encore plongé dans le sommeil, et que je ne pouvais pas faire grand chose contre cela, à moins de lui verser un seau d'eau glacé sur la tête.
Je me redressai, me demandant si je ne devenais pas fou ou paranoïaque. Je réalisai que j'avais stupidement oublié que Faust était dans la maison, et qu'il lui arrivait de faire du bruit, la nuit. Je me trouvai relativement stupide, sur le moment. Je songeai à passer outre lorsqu'un craquement issu de l'escalier parvint à mes oreilles. Dans mes souvenirs, le chien n'était pas si lourd, et ne cherchait pas à monter les marches doucement. Je sentis des frissons remonter le long de mon échine, lorsqu'une forme remua, aux pieds du lit. Faust était endormi, dans la chambre.


Davos, tu devrais te lever, le prévins-je.

Il marmonna quelque chose qui ressemblait à "j'arrive", mais je n'en étais pas très sûr. D'autre part, je le suspectai parfois de parler en dormant. Je soupirai et pris mon courage à deux mains, avant d'enfiler la prothèse, rapidement, ainsi que des vêtements. Le tee-shirt n'avait rien d'élégant mais c'était loin d'être une source de préoccupation. Il avait en plus fallu que cela tombe une nuit où nous étions nus. L'oreille tendue, je cherchai maladroitement, dans la chambre, quelque chose qui pourrait faire office d'arme de défense. Je ne trouvai qu'une canne en bois, qui m'aidait parfois à marcher, mais c'était assez solide pour assommer quelqu'un.
Je sortis de la chambre, prudemment, me demandant si j'étais téméraire, ou simplement un gros trouillard. Je m'avançai jusqu'au bout du couloir, qui aboutissait sur le haut de l'escalier. Heureusement, l'angle me permettait de rester caché. C'est lorsque j'entendis un bruit sur la dernière marche, et entrevis une ombre menaçante, que je me tins prêt à frapper l'intrus avec la canne, comme s'il s'était agi d'une batte de base-ball. J'allais frapper, mais mon geste se figea dans le vide, lorsque je reconnus cette silhouette mince, vêtue de noir. C'était Floria Tosca. Je restai immobile un instant, ignorant si je devais en être soulagé, ou au contraire, paniqué. Dans le doute, je n'attaquai pas, mais je gardai "l'arme" prête à frapper.


Qu'est-ce que tu fabriques ici ? demandai-je, sur un ton peu aimable. De quel droit tu t'infiltres chez quelqu'un, d'autant que tu es loin d'être la bienvenue, dans cette maison ?

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MessageSujet: Re: Sometimes just one time can be enough | Roxas Lun 23 Nov 2015, 22:12


Le poisson mord à l'hameçon, et c'est tout ce que je demande. Pas aussi vite que je l'espérais, certes, mais peut-être faut-il ça pour le tirer du sommeil. Je patiente donc, continuant simplement mon manège, peut-être avec quelque amusement, malgré l'absence de cœur. C'est un certain plaisir que de jouer aux revenants (tant qu'on n'en rencontre soi-même pas un). Le plaisir d'être effrayé, sans doute. Bref, je ne vais pas m'étendre en métaphysique alors que je surveille le moindre son annonçant la venue de l'un ou l'autre des deux hommes. Certes, j'ai plus envie que l'un se manifeste, que l'autre, et Davos n'étant pas le moins du monde superstitieux avec ses films d'horreurs, je parie donc sur mon cher ex-amant. Un pas après l'autre, je crée l'angoisse digne d'un quelconque remake de Psychose, sans doute un film que j'aime beaucoup, si vous voulez mon avis.

Je crois percevoir quelques murmures, là-haut, mais je ne m'arrête pas pour autant. Mieux vaut jouer le jeu jusqu'au bout, n'est-ce pas ? Des sons de pas étouffés résonnent enfin. J'ai vécu assez longtemps avec Davos, pour savoir que ce ne sont pas les siens. Dans l'obscurité, j'ai un sourire satisfait, encore qu'il ne soit pas encore terrible. Je sors soigneusement le couteau de ma poche, prête à l'utiliser. Une extension de mes mains, peut-être, encore est-il que je me suis toujours sentie bien plus familière avec ce type d'arme, qu'avec d'autres. L'éclat de la lame pourrait presque renvoyer quelque reflet étincelant, si nous n'étions pas dans l'ombre.

Je ne perçois pas tout de suite la silhouette de Rafael : seulement au moment où il lève le bras, portant une canne, le brandissant comme une batte de base-ball. J'ai un mouvement de recul, machinal, mais il se fige avant de frapper. Il ne doit certes pas s'attendre à me revoir, depuis la dernière fois où j'ai failli me faire dessus, quand il a essayé de me bouffer. Je n'oublie pas cet événement, mon regard devenant plus sombre et plus dangereux. Il ne baisse pas l'arme en me reconnaissant, et il a bien raison.

« Qu'est-ce que tu fabriques ici ? De quel droit tu t'infiltres chez quelqu'un, d'autant que tu es loin d'être la bienvenue, dans cette maison ? »

Cette manière de parler me tape sur les nerfs. A l'en croire, ce serait sa maison, ici. Or, j'y ai vécu bien plus longtemps que lui, et si quelqu'un peut prétendre en être maîtresse – sans préjugé aucun, bien entendu – c'est moi. Je monte une marche de plus, la main tenant le couteau, le long de mon corps, le fixant avec une intensité dérangeante. L'obscurité est pesante, pour autant, je vois qu'il n'est que simplement vêtu, notamment d'un t-shirt assez horrible qui ne reflète pas du tout son style habituel. Il est tombé bien bas, s'il se croit suffisamment à la maison pour se pavaner de façon aussi confortable. Je ne doute pas non plus qu'il vient de quitter le lit de Davos, mais j'essaye de ne pas y penser davantage pour ne pas avoir d'images désagréables et perturbantes en tête. J'ai assez à faire sans me rendre malade en imaginant ça.

« On croirait que c'est chez toi, ici. Tu n'es qu'un inconnu accepté parce que Davos a pété un câble, passagèrement, » je murmure, sans hausser la voix, mais le reproche est très clair dans ma voix, et presque glauque, mauvais. « Dois-je te rappeler que tu es le violeur de sa fille ? Entre autres crimes ? »

Car ce n'était ni le premier, ni le dernier. Je me rapproche encore d'un pas, parlant pour garder son attention fixé sur moi, pour qu'il ne voie pas l'arme dont je vais faire usage. Car cette fois, je ne suis pas assez folle pour croire que je peux le blesser grièvement : mais je compte bien laisser ma marque, même si elle ne sera pas aussi probante que celle qu'on a donnée à l'Homme qui rit.

« Et tu as tué Sveda, »
j'assène, grimpant une marche de plus, la dernière, étant enfin à sa hauteur. « Tu crois vraiment que cela, par-dessus, tout, va rester impuni ? Si Davos le savait, il t'aurait déjà rejeté ! Voire pire !»

J'ai essayé de ne pas élever la voix, mais ça a été plus fort que moi, cette fois. Hélianthème est un symbole suffisant, assez pour qu'on la venge. Il y a des personnes à ne pas toucher, du moins si on veut rester sain et sauf. Je suis hélas bien trop loin de me douter que c'était une fausse mort. Pour moi, la mort de la rose des sables est inévitable, et réelle.

« Vengeance et justice. » Je termine simplement, froidement, sans l'avoir quitté des yeux une seule seconde, silhouette vêtue de noir dans l'obscurité.

Et le seul éclat argenté, bref, de lumière, est celui de la lame que je plante dans la joue de Rafael, peut-être pas assez profondément pour atteindre quelque chose de vital, mais clairement assez pour que le sang se déverse.


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MessageSujet: Re: Sometimes just one time can be enough | Roxas Mer 09 Déc 2015, 18:56

J'étais lâche. Et paradoxalement, c'était cela qui m'incitait souvent à agir de façon inconsidérée. J'étais plus sensible que Davos à tout ce qui pouvait représenter une menace, du simple son à une obscurité anormale. Il fallait bien avouer que les récents événements, ou que les films de pacotille qu'il m'incitait à regarder, n’arrangeaient rien à mon imagination fertile et pessimiste. Je n'eus, cette nuit-là, pas affaire à quelque créature, mais à une succube bien réelle.
Je lançai un regard ô combien noir et méfiant à la Tosca, la questionnant, non sans continuer à la menacer de frapper. J'eus l'air probablement déstabilisé, voyant qu'elle continuait à grimper quelques marches, pour autant, mes mains se crispèrent sur la canne. Elle n'avait pas intérêt à avancer davantage. Les yeux sombres de la cantatrice ne pouvaient que me mettre mal à l'aise. Elle me considérait comme un cloporte, comme un intrus au mieux, et cela rappelait un passé qui n'était confortable pour personne. Heureusement qu'elle n'était pas allée jusqu'à notre chambre. Si elle nous avait trouvés dans la tenue que l'on avait, elle nous aurait sans doute poignardés sur place. Mais ça ne recommencerait pas ; j'avais assez donné avec les couteaux !
La « jeune » femme émit quelque commentaire assassin, et cela m'ébranla plus que j'aurais pu le soupçonner. Elle prenait soin de me rappeler que je n'étais pas chez moi, et que si Davos ouvrait un jour les yeux, tout cela prendrait fin. Je lui lançai toutefois un regard brûlant. Davos n'était pas fou, il éprouvait des sentiments. C'était si difficile à comprendre ? Je me demandai si elle avait eu vent des fiançailles, et si elle voulait nous en empêcher. Je savais quoiqu'il en soit qu'aux yeux de Floria, je resterai, à jamais, un homme au parcours jonché d'erreurs. Et pas des moindres. Quelque part, si je détestais tant Floria, c'était autant parce qu'elle m'avait agressé, que parce qu'elle me renvoyait à mes fautes.


Les choses peuvent être différentes de ce que tu penses, dis-je, décidément bien moins éloquent.

Pauvre fou, je la laissai continuer à approcher, comme hypnotisé par le venin de ses paroles. Je restai cloué sur place lorsqu'elle m'accusa du meurtre de Sveda. Je regardai mon interlocutrice avec effroi, et certes pas d'un air innocent. Comment savait-elle cela ? Je ne pouvais pas m'innocenter sinon, le plan de Sveda tombait à l'eau !
Elle me parla de punitions, du rejet éventuel de Davos, mais était-elle vraiment venue simplement pour me mettre en garde ? Je n'eus pas le temps de dire quoique ce soit, et encore moins de réagir face à ce qui suivit. La silhouette enveloppée de noir finit d'avancer pour m'accorder un baiser fatale. Lorsque j'aperçus l'éclair d'argent, qui représentait la lame du couteau, il était trop tard. Le froid mordant de la lame me déchira la joue, et s'enfonça de façon relativement profonde.
Je reculai, stoppé par le mur du couloir, avant de commencer à glisser sur le sol, ce qui ne se fit pas sans bruit. J'ignorai quelle douleur était la plus déchirante, entre celle qui me perçait la joue, et celle qui me martelait le crâne. J'étais aveugle de l’œil gauche, et de toute façon, je n'avais plus équilibre, ni certitude. Je restai dans cet entre-deux sordide, où vous restiez en vie, et conscient, mais où vous étiez incapable de vous relever ou de penser à autre chose qu'à la douleur. Du sang se déversait sur le sol de la maison, une nouvelle fois.

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MessageSujet: Re: Sometimes just one time can be enough | Roxas Sam 09 Jan 2016, 21:36


Si cette haine envers Rafael ne disparaissait pas, je devais bien admettre que c'était aussi parce qu'il représentait tout ce que je n'aimais pas chez moi. Parce qu'il avait été le point de départ vers la chute dans laquelle je m'étais enlisée, et que je crevais peut-être, tout au fond, de le voir avoir un bonheur avec Davos – qu'il aurait pu avoir avec moi. Pourquoi les choses avaient-elles divergé à ce point ? Ce qui reste uniquement à présent, c'est de la haine, de la rancoeur, des émotions négatives, rien de plus, rien de moins, ou du moins c'est ce que je m'acharne à croire. Tout cela changera quand je serai redevenue moi-même. Tout ce qui me reste, en attendant, c'est le sentiment de haine qui brûle les entrailles, et qui s'apaise à peine par un baiser fatal.

Bien entendu, il cherche à se défendre, comme l'en blâmer ? Mais tout cela ne passe pas. Je ne ralentis pas mes pas, et les mots que je sors, sont venimeux. Il est en effet tant mieux que je ne les ai pas trouvés nus au lit : je ne suis pas certaine que j'aurais eu la décence de traîner Rafael ailleurs pour le poignarder à l'écart. Et ce n'est que la suite du long cauchemar de ces derniers mois. Ce regard brûlant, autrefois, il me pétrifiait sur place. Plus maintenant, car je savais parfaitement les doutes qu'il avait, et il me faut donner un coup de pied dedans, pour réveiller ses remords et ses incertitudes, pour le déstabiliser. Et puis, on ne peut pardonner à celui qui vous a fait une chose pareille, pas vrai ?

« Les choses peuvent être différentes de ce que tu penses. »

« Parce que Davos se refuse à voir la justice et voit trouble, quand il s'agit de toi, »
je réponds aussitôt, avant d'enchaîner sur Sveda, sur l'accusation qui lui a été portée.

Je vois que cela fait son petit effet, et que sa surprise est teintée d'horreur. Que surtout, il ne cherche pas une seconde à se défendre. C'est là la dernière preuve de sa culpabilité, s'il en fallait une. Je frappe et la larme s'abaisse, directement dans sa joue. J'admets qu'il est presque plus tentant de le faire souffrir encore, que de le tuer. A ce rythme il ne sera plus que plaies et prothèses. Mes mouvements suivent les siens, alors qu'il glisse contre le mur. Malheureusement, je ne prête que guère attention au bruit que tout cela produit, trop occupée à le garder sous contrôle, même si je me doute que je ne vais pas devoir traîner. Sans doute anéanti par la douleur, il ne prononce pas un mot et s'écroule complètement. Ses gestes attirent alors mon œil, je perçois un éclair argenté sur une de ses mains : une bague de fiançailles, à la main gauche, là où on aurait mis une bague de mariage.

Les serpents dans mes boyaux tirent davantage, comme si un venin commençait à me lacérer de l'intérieur. C'est pire, que tout ce que j'avais imaginé, je crois. Avec violence, sans réfléchir, je saisis sa main gauche et lui retire la bague, la glissant dans ma poche.

« Comment peut-on être assez fou pour vouloir se marier avec un être aussi détestable que toi ?! »


Ces mots n'ont tellement pas de sens, considérant que j'ai été amoureuse de lui, à une époque, après tout. Le drame de la jalousie et de la haine : c'est si classiques dans les tragédies, mais cela m'arrive, bien entendu. Je me relève et retire mon pied avant que du sang ne tombe sur ma chaussure, mais je ne résiste pas à l'envie de lui filer un coup de pied dans les hanches. Mais j'entends brutalement un bruit, et une exclamation entre la surprise et la rancoeur. Et j'ai à peine le temps de lever les yeux pour apercevoir Davos, qu'une intense douleur parcourt mes yeux, et que ma vue se voile de manière laiteuse, ne me laissant plus qu'une espèce de grand flou lumineux. Le pire est la sensation de froid qui se répand sur mes paupières et mes pupilles, et c'est là le seul indice dont je dispose : Davos vient de me geler littéralement les yeux. Bien inutilement, je porte la main à mon visage pour essayer de frotter et d'enlever la pellicule de glace qui me brûle, en vain. Cela ne fait que renforcer la sensation de douleur.

Perdant le sens de l'orientation, je recule et me raccroche à la rampe de l'escalier, manquant de tomber en arrière. Mes autres sens ne sont pas défectueux, eux, et je l'entends très clairement me dire de dégager, ou qu'il ne s'arrêtera pas là. Je ne m'attendais tellement pas à ce qu'il agresse sa propre fille que rien ne me vient pour répliquer. Mais le message est bien trop perçu, et je recule, faisant appel à mes souvenirs de quand je vivais ici, pour rejoindre la sortie. Le blanc devient mes yeux devient légèrement flou, me permettant de revoir partiellement des couleurs ou des formes, vagues, mais c'est tout. Je dois me cogner à au moins deux endroits, alors que j'entends des grognements de douleur provenant sans doute de Rafael. De mon côté, je serre les dents, m'interdisant de laisser échapper quoique ce soit. Cette fuite est déjà assez humiliante, et la douleur est si présente que j'en pleurerais, si du moins la glace me permettait de pleurer.

C'est ainsi que je disparais, une deuxième fois vaincue, bien que non sans avoir porté un coup, de la maison Tosca. La victoire a une couleur amère.

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MessageSujet: Re: Sometimes just one time can be enough | Roxas Dim 10 Jan 2016, 00:01


C'était cette fois le bruit brutal et sourd de Rafael heurtant le mur, qui l'avait réveillé. C'était suffisamment inhabituel et brusque pour que cela le sortît de son sommeil, là où Rafael n'avait pu le faire émerger, quelques minutes auparavant. Tout pouvait donc basculer en quelques minutes... Il avait à peine pris le temps d'enfiler un short ou un boxer, avant de ressortir précipitamment.

Et de se retrouver face à ce genre de scène qu'on n'espère ne voir qu'en cauchemar. Son regard, en premier, avait été attiré par Rafael affalé au sol, incapable de se relever et sur le point de tomber entre les pommes, mais surtout blessé à la joue par un poignard qui en sortait encore. Et vu la proximité avec les yeux, le sang qui coulait, Davos ne doutait pas qu'il était aveuglé d'un œil ou qu'il ne voyait plus grand-chose.

Ce fut peut-être cela qui poussa le déclic, ou alors, il craignait trop que Tosca refrappe. Car c'était encore elle, bien sûr : le cœur du marin commençait à hésiter entre la colère, la haine, et le fait qu'il se sentait coupable, compréhensif, envers ce que devait ressentir sa fille. Il ne l'avait pas vu prendre la bague de fiançailles, mais il ne lui laissa pas le temps d'agir davantage. Levant la main vers elle, il déposa soigneusement un voile de glace sur les yeux de la cantatrice, en écho avec ce qu'elle venait de faire à Rafael.

« Sors de cette maison, pour la DERNIERE fois ! »

Le marin n'avait pas contrôlé son exclamation ; il sentait son cœur sur le point de déborder, et il en avait assez, que tous les ennemis, ce soit sa propre fille qui montre le plus de ténacité. Il ne demandait pas à une utopie, mais à une pause, un ralentissement. Il en avait assez d'avoir le cœur déchiré à ce point. Assez de voir deux des personnes qu'il aimait le plus, se déchirer sans cesse. Il vit Tosca qui serrait les dents pour contenir la douleur, puis reculer à tâtons pour retrouver son chemin. Dès lors, il ne fit pas plus attention à elle, et se précipita vers Rafael, posant l'une de ses mains sur ses épaules, mais il hésitait encore à retirer le couteau. Son cœur battait la chamade, et il essayait de ne pas paraître affolé en lui parlant. Mais il était certain qu'il était paniqué, encore une fois.

« Rafael. Rafael, elle est partie... Je vais t'enlever le couteau maintenant...tu vas guérir... »


Ils ne feraient pas la même erreur deux fois, en allant à l'hôpital. La blessure était profonde et peut-être handicapante, mais à cet instant, il savait qu'un mutant comme eux pouvait en réchapper. Même s'ils mettraient du temps à guérir. Mais il était hors de question de refoutre les pieds à l'hôpital pour qu'ils enlèvent un œil à Rafael. Il ne songea même pas à une infirmière comme Micaela. Non, il anesthésia comme il put, la chair autour de la blessure, par le froid, avant de retirer le poignard à la fois aussi délicatement et fermement que possible. Cela eut pour effet immédiat de faire jaillir davantage encore le sang, mais il y appliqua sa main, pour faire pression. Il ne fallait que quelques minutes, peut-être, pour que la plaie se referme légèrement. Il tâcha d'y faire couler un peu d'eau, également, pour améliorer davantage la pression qui empêcherait le sang de couler. Ça ne signifiait pas que c'était moins douloureux, mais il faisait tout son possible.

« Je suis là...tu vas t'en sortir... »

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Ce n'est sûrement pas de briller qui nous empêchera de tomber,
Ce n'est sûrement pas de tomber qui nous empêchera de rêver.

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MessageSujet: Re: Sometimes just one time can be enough | Roxas Mer 03 Fév 2016, 17:45

La Tosca et moi nous haïssions. On ne se détestait même plus à cause de notre passé commun, ou d’événements extérieurs. Nous nous ressemblions trop pour pouvoir tolérer l'autre. Nous nous renvoyions mutuellement tout ce qui nous déplaisait chez nous-même. Elle représentait l'être noir que j'avais été, et je représentais la rédemption qu'elle aurait pu obtenir. Nous n'étions hélas pas du genre à nous entraider, pour passer outre le passé. Si je l'intimidais autrefois, ce n'était plus le cas à présent. Elle était plus forte, et moi, disons que le temps où je n'avais plus rien à perdre était révolu. Elle me connaissait désormais trop bien, pour ignorer les paroles susceptibles de me faire flancher.
Mais elle était loin de ne s'en être tenue qu'aux mots. La lame de la Tosca avait une fois de plus frappé. A moitié aveuglé, je me traînai par terre, souillé par mon propre sang. J'étais tout à fait à sa merci. Elle en profita pour s'emparer de la bague de fiançailles, d'un geste sec, dégoûté.

« Comment peut-on être assez fou pour vouloir se marier avec un être aussi détestable que toi ?! » s'écria-t-elle.

Je reçus un autre choc, dans la mesure du possible. Ce n'était pas la première fois que j'avais l'impression que le bonheur apporté par Davos n'était qu'un rêve, une illusion, que je ne méritais même pas d'ailleurs. Il y avait toujours quelqu'un pour me ramener à la réalité, et me rappeler ce que je valais. Qu'avais-je à répondre à cela, hélas, même si j'en avais eu la force ? Rien du tout. Elle avait pris l'anneau, signe qu'elle était défavorable à cet union, qui finirait peut-être par ne jamais se réaliser, au rythme où allaient les choses. Comme si je n'étais pas assez abattu, elle jugea opportun de me donner un coup de pied, près des côtes. Je finis de m'écrouler au sol, crachant un jet de sang.
Il semblait que c'était la fin, lorsque la cantatrice poussa une exclamation. Je remuai légèrement, n'osant croire que Davos était arrivé à temps, enfin. Je me retournai, non sans difficulté, à cause de la douleur, et plissai mon unique œil valide, pour entrevoir ce qu'il se passait. La Tosca semblait paniquer, visiblement aveuglée par la glace. L'ennemie prit la fuite, mais je n'étais guère en mesure de m'en réjouir.
Après coup, je réaliserai combien Davos avait fait preuve de courage, et de ténacité. La fureur qu'il avait éprouvée était le synonyme des sentiments qu'il éprouvait à mon égard. Néanmoins, il devait être déchiré d'avoir dû bannir sa propre fille, de sa maison. Parfois, j'aimerais lui promettre qu'il n'y aurait plus ce genre de conflit interne, à l'avenir, mais c'était impossible. Après tout, même quand je ne frappais pas le premier, les gens me méprisaient assez pour ne pas m'oublier.
Je sentis Davos venir auprès de moi. La souffrance était telle que j'avais l'impression qu'on me sciait la tête en deux. Je ne voyais rien de l’œil gauche, et à vrai dire, je ne percevais plus que du flou, du second. C'était tout juste si je saisissais véritablement ce qu'il me disait, entre deux gémissements. D'ailleurs, ces gémissements redoublèrent lorsqu'il retira le couteau de ma chair, et ce malgré les précautions prises. Je sentis désespérément le sang s'écouler, avant qu'il n'applique la paume de sa main sur ma joue, pour faire pression.
Il se passa un temps indéfinissable durant lequel il resta ainsi, s'efforçant d'aider la plaie à se refermer ne serait-ce qu'un peu, tout en murmurant des mots encourageants. Je restai immobile, mon sort entre ses mains, la respiration rapide, et le corps parfois tremblant. J'ignore combien il a fallu de temps pour que ma respiration commence à devenir plus régulière, tandis que le sang s'écoulait un peu moins. La douleur était encore terrible, mais surmontable. Peut-être avais-je perdu connaissance, quelque peu, mais j'étais incapable de m'en souvenir. En tout cas, j'y voyais plus clair, au moins de l’œil droit, et Davos était toujours là, presque nu, le visage décomposé. Il avait malgré tout un immense sang froid, (sans mauvais jeu de mots), pour avoir géré cela, sans faillir. Ma plaie avait dû se refermer un peu même si elle restait profonde et inquiétante. L’œil encore invalide devait être totalement injecté de sang, et peu agréable à regarder. Je pris la main de Davos, l'air à la fois grave et reconnaissant.


Elle me croit coupable pour Sveda, dis-je, abattu. Elle me croit perdu, peut-être qu'elle a raison... Elle a pris la bague...

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MessageSujet: Re: Sometimes just one time can be enough | Roxas Sam 13 Fév 2016, 19:22


Davos aurait été plutôt incapable de comprendre ce qui se passait réellement entre Rafael et Tosca, pour saisir la nature exacte de la haine qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre. Comme d'autres, il ne pouvait comprendre que la surface, rien de plus, sans pouvoir accéder à la nature intime de cette haine, ou des reflets passés et futurs. Peut-être que dans l'avenir, l'un d'eux lui expliquerait ; pour l'instant, il ne pouvait que faire avec l'urgence de la situation, et sans s'encombrer de questions métaphysiques. Il savait seulement que plus jamais il ne pourrait permettre à Floria de s'approcher, désormais. La blessure-là était celle de trop, celle définitive, qui avait conduit le marin à fermer, peut-être temporairement, son cœur à la cantatrice. Elle était sa fille, adoptive oui, il l'avait élevée et chérie comme sa propre enfant, mais il ne supportait plus d'être tourmenté et écrasé en deux par deux personnes qu'il adorait. Floria s'était exclue du jeu toute seule, en venant encore une fois se venger, et en réussissant, cette fois. Et s'il avait entendu le venin de sa fille envers son fiancé, il en aurait eu le cœur davantage révulsé encore, avec un cran supplémentaire dans sa colère et sa rancune. Il y avait un moment où cela devenait impossible de dire à quelqu'un de continuellement choisir entre deux extrémités, à la manière d'un chantage, mais Floria s'était retirée du jeu avec cette dernière attaque. Tant qu'elle ne serait pas revenue à la raison, il ne l'accueillerait plus. Il pensait cela tout en songeant qu'il avait un cœur faible.

Les instants suivants furent appesantis d'angoisse et de précipitation. Le marin tâchait d'anesthésier du mieux qu'il pouvait les blessures de Rafael, pour qu'il sente moins la douleur lui vriller la peau et le crâne. Ensuite, il enleva la lame près de l'oeil, non sans arracher des gémissements à Rafael, inévitablement. Il pressa immédiatement sa main dessus, pour arrêter le flot de sang qui jaillissait, et attendre avec anxiété que le pouvoir de Rafael agisse de nouveau. Certes, celui-ci n'avait rien de naturel et lui avait été inoculé par une expérience, mais malgré tout il était censé faire effet. Les murmures d'encouragement ne cessèrent pas de couler de ses lèvres, même si son fiancé les entendait peu, et même si c'était toujours quelque chose qui semblait inutile dans ces moments si horribles. Son autre main libre caressait et serrait l'épaule de Rafael, comme pour lui prodiguer un encouragement supplémentaire, une preuve physique qu'il était là. Il le vit malheureusement perdre connaissance, pendant quelques minutes, mais il refusa de le secouer violemment, de crainte que cela n'aggrave le débit de sang qui coulait encore. Ce dernier devenait moins important de minute en minute, mais restait présent. L'ancien contrebandier le vit donc ensuite avec soulagement reprendre ses esprits, et il passa sa main libre sur sa joue, encourageant et apaisant à la fois.

"Tu vas t'en sortir...cela va guérir dans quelques minutes."

Son regard s'appesantissait tout de même sur l'oeil blessé de Rafael, qui était rouge à force d'être infecté de sang. Il aurait pu craindre que des éclats métalliques y soient restés, mais la lame n'avait pas été aussi près de sa cible. La plaie commençait à se refermer un peu, mais du sang coulait encore. Toutefois c'était l'oeil qui le préoccupait le plus, et il passa brièvement sa main devant, pour voir si la pupille suivait le mouvement ou y était totalement insensible. Cela n'avait pas été aussi grave que lors de l'assaut d'Arlathan, mais cela n'empêchait pas son cœur de se soulever d'indignation. Il respira un peu mieux, tout juste, quand Rafael prit sa main. C'était un signe que cela commençait à aller mieux, petit certes, mais présent.

Les mots qui tombèrent alors firent échouer son cœur un peu plus bas dans sa poitrine, tandis que l'angoisse renaissait. Il serra plus fort la main de Rafael, mais outre l'expression tourmentée de ses yeux gris, ce fut le seul signe qu'il se permit pour extérioriser son inquiétude.

"Elle n'a aucune preuve. Et si elle écoutait deux secondes son pouvoir sans qu'elle soit aveuglée par la vengeance, elle saura que c'est faux. Personne ne l'écoutera, mon chéri."


La suite était plus difficile à encaisser, d'autant que c'était quelque chose de plus personnel. Malgré tout, ils auraient à prévenir Sveda, d'une façon ou d'une autre, en ce qui concernait la nouvelle possible menace de Floria pour son secret. C'était essentiel. Il retourna son attention vers Rafael, effleurant machinalement le doigt qui avait porté l'alliance. Il ne sut quoi dire, pendant un instant, avant de se décider à déclarer, doucement :

"Je retrouverai la bague ou nous aurons bientôt celles de mariage. C'est...dur, mais ne t'inquiète pas pour cela, d'accord ?..." Il avait volontairement gardé le plus complexe, pour la fin. Il s'agissait, quoiqu'elle ait pu lui dire avant son arrivée, de convaincre Rafael qu'il était toujours sur la bonne route. "Tu n'es pas perdu. Tu es au parfait endroit où tu dois être, tant que tu en éprouves le désir. Tout ce qu'elle dit est fait pour te tourmenter et t'enfoncer, et c'est faux à chaque fois, tu le sais. Comme une gamine qui se venge. Ne la crois pas. Ce ne sont que des mots, et ils sont faux. Je t'aime et je t'assure que tu n'es pas perdu."

Certes, ce n'était que son point de vue à lui, mais on ne pouvait nier que Rafael avait tout de même progressé depuis le temps. Et il ignorait certes à quel point Floria réussissait à appuyer sur les bons boutons, à chaque fois qu'elle parlait à Rafael, il ignorait la partie immergée de l'iceberg. Mais il était malgré tout sûr et certain qu'elle ne disait ces mots que pour décourager Rafael, précisément parce qu'il était à l'endroit exact où il devait être. Ce n'était pas le moment de faillir.

"Je vais te ramener au lit. Tu es prêt ?"


Il le laissa prendre le temps d'inspirer à fond, peut-être de se redresser un peu, avant de le prendre dans ses bras. Il l'aida à marcher jusqu'au lit de leur chambre, ignorant clairement la traînée de sang derrière eux. Le marin déposa aussi doucement que possible Rafael sur les draps. Faust, qui s'était caché sous le matelas, ressortit d'un air inquiet, gémissant un peu et venant lécher la main de Rafael. Davos lui dit de rester tranquille, alors qu'il allait chercher à la salle de bain de la gaze pour faire un bandage, et du produit désinfectant. C'était peut-être ce qui manquait le plus pour que la plaie se referme vraiment. Mais il restait une question essentielle, alors qu'il nettoyait la plaie avec toutes les précautions possibles, l'air attentif, et les yeux inquiets.

"Est-ce que...qu'est-ce que tu vois exactement ?"

Il priait de toutes ses forces pour qu'il ne devienne pas aveugle : il ne savait pas si un pouvoir mutant de régénération était capable de sauver même cela.

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MessageSujet: Re: Sometimes just one time can be enough | Roxas Mer 17 Fév 2016, 13:37

L'instant durant lequel j'avais été inconscient n'avait pas été si reposant. Je ne me souvenais pas exactement des rêves sanglants que j'avais faits, mais ils étaient sans doute emplis de silhouettes féminines menaçantes, armées de couteau. On ne tutoyait pas une lame de si près, sans en tirer quelque traumatisme. Cependant, malgré la douleur qui me sciait la tête en deux, il était fort apaisant de se réveiller dans les bras de Davos. Je ne percevais pas grand chose, mais ses deux prunelles d'argent semblaient scintiller d'inquiétude et de tendresse à la fois. Ses mots et ses gestes étaient réconfortants. A moitié conscient à vrai dire, et même à moitié aveugle, ma rétine ne réagit sans doute pas vraiment au test improvisé de Seaworth. Je parvins toutefois à prendre sa main, ayant besoin de m'accrocher à une enclume, au sein de cette tempête. Hélas, les mots de Floria avaient été également venimeux, et les mots, ça restait suspendus dans l'air ; ça ne guérissait pas. J'étais dans un état de faiblesse certain, et le fait que Davos réfutât immédiatement les affirmations de la Tosca, me toucha énormément. Mon regard était quasiment humide, tandis qu'il m'appelait de façon affectueuse. Je n'étais pas encore habitué à avoir cette enclume, à savoir que, même dans les instants les plus sombres, et il ne me lâcherait jamais. Je l'adorais, tout simplement. Après quelques paroles au sujet des alliances, il ajouta :

« Tu n'es pas perdu. Tu es au parfait endroit où tu dois être, tant que tu en éprouves le désir. Tout ce qu'elle dit est fait pour te tourmenter et t'enfoncer, et c'est faux à chaque fois, tu le sais. Comme une gamine qui se venge. Ne la crois pas. Ce ne sont que des mots, et ils sont faux. Je t'aime et je t'assure que tu n'es pas perdu. »

Je l'écoutai m'affirmer que j'étais à ma place, ici. Malgré le temps que nous avions passé ensemble, il m'arrivait d'en douter. Je doutai certes plus de moi-même que de Davos. Le chemin de la rédemption était semé d’embûches. J'aurais pu sourire, en temps normal, de l'entendre parler de la puérilité de Floria, mais en l'occurrence, le cœur n'y était pas. Tous les enfants ne vous plantaient pas un couteau sur le visage. Je tâchai de croire les paroles de Davos sur parole, évidemment réconforté par sa déclaration. Je ne dis rien, mais je consentis à lui adresser un sourire, douloureux, mais aimant.
Nous mîmes de toute façon fin à cette discussion, pour retourner vers le lit. Il n'avait pas été aisé de me redresser et de marcher, malgré son soutien, dans la mesure où je ne percevais pas grand chose, et que j'avais l'impression que le décor tournait autour de moi, fragilisant mon équilibre.
J'eus un bref sursaut lorsque Faust réapparut mais au moins était-il réconfortant, lui aussi. Je restai pour ma part étendu sur le lit, tâchant de me reposer, et inconscient du sang qui maculait la maison. Je serrai un peu les dents tandis qu'il désinfectait la plaie, mais le laissai faire. Davos posa une nouvelle question, la gorge un peu serrée par la peur. Je ne répondis pas tout de suite.


Je ne vois pas grand chose...

Je n'osai rien ajouter. Admettre cela m'avait mis la peur au ventre. Certes, j'avais guéri de tout jusqu'à présent, mais s'il y avait un défaut, cette fois ? Si l’œil était un organe trop complexe ? Un estropié aveugle, ce serait fameux. Davos ne s'encombrerait pas d'un tel fardeau. Je blêmis sans doute à vue d’œil, ne sachant plus quoi dire, ni quoi faire. Je me demandai tout ce que pouvait endurer un homme, avant de flancher.

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