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Des entrailles du soupçon naît la Jalousie... / Gabrielle

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Identité : Nikolas Cnossos
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MessageSujet: Des entrailles du soupçon naît la Jalousie... / Gabrielle Dim 17 Jan 2016, 23:08

Des entrailles du soupçon naît la Jalousie...



La propriété était excentrée. Le hasard ne menait pas dans ce coin du pays. Il fallait un moyen de transport personnel pour arriver sur le territoire des Lampeduza. Un exil qui pour beaucoup de newyorkais auraient été vue comme une punition. Cependant, la paix du foyer ne voulait pas dire l’ennui. Une intense et vibrante vie habitait cette terre. A la nuit tombée une peuplade d’animaux campagnards faisaient retentir leurs cris. Aux quels répondaient régulièrement rires et chants humains. Là, du chenil s’élevait une choral d’aboiements. La meute de chien était constituée de plus d’une douzaine de chiens de race.
Une silhouette longiligne s’extrayait de l’endroit, lorsque le bruit d’un moteur retenti, à l’entrée des grilles. Ainsi, comme lors de leurs premières rencontres les deux femmes se saluèrent au grand air. La Duchesse prit les devant pour arriver sur le seuil de la Villa avant son invitée. Elle portait des vêtements très sobres en comparaison de ses dernières apparitions en Ville. Les tenues de grands couturiers avaient été mise de côté, pour habit plus basique. Il lui sied néanmoins avec la même élégance affectée. Elle pénétra dans un des salons d’ordinaire fermés aux invités. Il était de taille plus modeste, cosy, avec tapis persans et couleurs chatoyantes aux murs. Une odeur d’encen en parfumait l’air.
Le majordome de la demeure se posta dans la pièce. Les mains gantées posées contre le bas ventre. Il darda un regard curieux sur la femme blonde.
- Servez nous un verre Maurice. Deux boissons étaient déjà posées sur un plateau en argent. Le liquide ambré avait de profondes nuances dorées. La qualité était identifiable rien qu’à la réfraction de la lumière sur la surface. La dame alla ouvrir un petit coffret en ébène posé sur une table. Elle saisie délicatement un cigare. Elle prit ensuite la double guillotine, pour en couper en la tête d’un geste quasi chirurgical. Une flamme jaillit vive se refléta dans ses prunelles sauvages. L’infirme indice d’une force domptée par l’éducation.
- Mettez vous à votre aise, Gabrielle. Le Duc s’excuse de ne pas être présent pour vous recevoir. Mais il m’a fait promette de vous donner son bonjour et d’être douce avec vous. La pointe d’ironie ne manqua pas de faire tiquer le majordome. Il regagna sitot une expression neutre. Nikolas s’installa de biais, sur le canapé et croisa les jambes avec une décontraction marquée. Elle remercia son bras droit pour le verre tendu et en dégusta une première gorgée. La pupille se dilata sous le coup d’un plaisir gustatif. La gourmandise faillit lui en faire boire une seconde lampée.
- Comment allez-vous depuis le Gala ? Un second plateau fut porté à l’intention des dames. Un assortiment d’amuse-bouche était joliment présenté. Les mets étaient délicats. Pourtant, la Duchesse les dédaigna d’un vague mouvement de main. Je veux des olives noires. Elle aspira ensuite une longue bouffée du succulent présent reçu par le Duc. Un cuisinier ne tarda pas à se présenter avec un nouveau plateau qu’il présenta à la critique. La Maîtresse de maison acquiesça et le fit disposer.
Pendant que l’on s’activa autour d’elles pour rendre le salon encore plus intimiste, Madame étudiait la jeune femme. Une douce mélodie s’éleva des quatre coins de la pièce. Les lamenti d’une soprano italienne vibrèrent dans un murmure secret. Les pas de velours d’un domestique s’éloignaient discrètement. Puis, les portes furent closes, laissant les deux femmes seules dans un huis clos nocturne.
Partageons un moment toutes les deux. Une trêve pour la femme-serpent n’était jamais que la résultante d’un nouveau calcul.

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MessageSujet: Re: Des entrailles du soupçon naît la Jalousie... / Gabrielle Mar 19 Jan 2016, 20:12

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Rix ayant eu le feu vert de pouvoir venir en civile – keffieh, blouson, jeans, bottes, ce qu'on lui connaissait de base -, sans avoir besoin de porter quoi que ce soit de trop restreignant, elle avait donc finalement accepté l'invitation à manger chez la Duchesse. Tout en se demandant ce que cela allait leur apporter à toutes les deux. Pour le moment, elle avait plus de mal à la supporter que l'inverse, leur monde respectif était chacun bien trop à l'opposé de l'autre et pourtant... pourtant elles faisaient des efforts, rien que de se voir comme ça. Enfin, pour le moment, rien ne disait que tout ceci allait bien finir.

On lui avait donné le chemin à suivre pour rejoindre la villa, la moto roulait à plein régime, elle profitait des routes un peu moins bondée pour pousser le moteur à fond et profiter des chevaux qui se trouvaient dans le moteur. Certes, sa conduite pouvait paraître dangereuse, elle vous répondra seulement qu'elle aimait parfois le faire de façon un peu sportive. Elle mit donc sans doute beaucoup moins de temps que prévu pour arriver. Le bruit du moteur annonçait son arrivée et elle reconnut bien rapidement la silhouette de la Duchesse s'approcher d'elle, tandis qu'elle mettait pied à terre et enlevait son casque. Une main passée dans les cheveux pour tenter de les remettre un peu en ordre et Gabrielle salua son hôte, avant de la suivre à l'intérieur de la villa.

La maison était à l'image de ses propriétaires, somptueuse. Ce qui faisait se demander à notre agent, s'ils ne finissaient pas par s'emmerder dans cette cage dorée. Quoi que... les goûts et les couleurs. Silencieuse donc, elle entra à son tour dans le salon. Observant toujours, avec curiosité il est vrai, la pièce. Découvrant un peu plus l'intimité de ce couple. Même si le Duc n'était pas présent à l'instant. Elle resta presque surprise de voir Nikolas prendre si facilement ses aises, elle qui semblait d'ordinaire si... coincée. A croire que Rix avait touché juste en offrant les cigares à Vito, c'était bien évidement, un présent pour les deux. Un léger sourire furtif fit son apparition, avant qu'elle ne hoche de la tête. Se mettre à l'aise. Elle posa son casque à l’entrée, sur une table basse, enleva son blouson de cuir, qu'elle laissait sur le dossier d'un des fauteuils et s'installa dessus, remerciant le majordome du verre qu'il lui tendait. Tout en écoutant les dires de la dame.

- Hum et vous êtes du genre à tenir vos promesses faites au Duc?

Kreizler avait le droit d'en douter un peu, non? Et puis, elle estimait ne pas avoir besoin de la protection du vieil homme pour s'en sortir face à sa sorcière d'épouse. Ce n'était pas cette femme qui lui faisait peur. Bien au contraire. Le liquide ambré tourna un instant dans le verre.

- On ne peut mieux. Ce n'est pas ce genre d'événement qui gâche mes journées. Jetant un regard vers elle. Et vous? Oui, elle était éduquée, parfois. Et puisqu'elles étaient en terrain... "neutre".

Observant alors le petit manège de la maîtresse de maison avec son cuisinier. C'était bien parce qu'elle avait le pouvoir et l'argent qu'elle pouvait se permettre d'être aussi exigeante. Rix accepta ce qu'on lui mettait devant elle, n'ayant pas non plus une faim de vorace, elle était prête à grignoter quelques amuse-bouche. Surtout que ceux-ci, avaient l'air particulièrement bon. Tout comme l'alcool dans lequel elle venait de tremper les lèvres.

- Excellent. Mais elle n'apprenait sans doute rien à la propriétaire.

Elles finirent par se retrouver en tête-à-tête. Gabrielle se permit de s'installer plus confortablement, croisant les jambes, tenant toujours son verre dans une main. La remarque de la Duchesse lui fit hausser un sourcil, alors qu'elle la fixait du regard.

- Un moment? Elle porta le verre à nouveau à ses lèvres. De quel genre?

Ne voyez pas là une invitation à quoi que ce soit de la part de la profileuse. Elle se montrait juste intéressée par les idées qui pouvaient passer par la tête de son interlocutrice. Il semblait que la hache de guerre était enterrée pour le moment. Allez savoir combien de temps cela durerait.

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MessageSujet: Re: Des entrailles du soupçon naît la Jalousie... / Gabrielle Mar 02 Fév 2016, 20:28

Des entrailles du soupçon naît la Jalousie...



La maisonnée se mura dans le silence. Le personnel était d’une discrétion exemplaire. Une sélection d’hommes et de femmes débauchés des meilleures maisons d’Europe pour servir les Lampeduza. L’homme de main, de madame, se chargea des effets personnels de l’invitée. Le casque et la veste disparurent du paysage comme par enchantement. Il revint ensuite, prendre sa place habituellement, devant les portes closes du petit salon.
- Le Duc n’est pas l’unique gardien de mes promesses. Déclara tranquillement la dame.
Les affaires de madame étaient dérobées au regard importun. Une signature apparaissait parfois sur des documents officiels. Une encre qui ne pouvait cependant jamais la confondre devant la Justice. Le couple magnait les lois à leur avantage depuis des décennies. Ils connaissaient et maîtrisaient chaque faille. Les dettes n’étaient pas plus que des accords temporaires, que chaque vie effaçait les unes après les autres. Les promesses existaient, mais se faisaient dans l’Ombre, ou dans des langues inconnues du commun des mortels.
- Ainsi, que l’on menace la vie de votre amant ne vous affecte point. Ce n’est pas là la marque d’une grande passion amoureuse. Doit-on y voir une indifférence de votre part ? La questionna-t-elle avec soupçon.
Il y avait dans les yeux de Nikolas une lueur de pure intelligence. La lucidité s’apparentait même à de la fourberie dans son sourire. Une femme qui demeurait perpétuellement consciente de ses forces et de ses faiblesses, surtout. On ne l’imaginait pas laisser la main au hasard ou commettre une maladresse, tant elle donnait une impression parfait contrôle. La voir au repos était un cadeau dispensé avec attention.
Je vais bien, je vous remercie de le demander. Bien que les derniers événements survenus au manoir compliquent davantage une situation délicate. Conclu-t-elle sans juger utile d’aller dans le détail . Une recrue du FBI se tenait évidemment au fait des événements.
Initiatique. Déclara ensuite la dame, tout en se penchant pour déposer son verre, sur la table basse.
La femme avait une sorte de masculinité dans sa façon de bouger. Le définir eu été impossible. Les éléments étaient impalpables. Elle aspira une bouffée du cigare avec délectation. La saveur acre du tabac ne la déstabilisait pas. Elle était même gagnée par le charisme que partageaient les hommes d’une autre époque.
Puisque vous êtes la compagne d’un Externel, il vous faut prendre connaissance de certains… points, disons. Les yeux de Nikolas épiaient les réactions de la jeune femme. Ambrosio vous a-t-il expliqué en quoi consiste le titre d’Externel ?
La jambe croisée surélevait un pied, qui formait des cercles dans le vide. Le mouvement rotatif lent et répété pouvait faire penser à la queue d’une panthère qui attendait que son repas sorte du terrier. Un sourire se dessina au coin de ses lèvres félines.
Servez-vous, surtout. Si vous désirez quelque chose en particulier mon cuisinier peut vous le préparer. A cet instant, une magnifique chienne arriva, de la porte du fond du salon. Elle était grande, musclée, le poil lustré et le regard vif. Le frottement de ses pattes sur le tapis était très délicat. Elle s’étendit au pied de la Duchesse avec délicatesse. A l’image de celle qui l’avait élevée, elle était calme, élégante, dangereuse.


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MessageSujet: Re: Des entrailles du soupçon naît la Jalousie... / Gabrielle Ven 05 Fév 2016, 12:01

La réponse de Nikolas ne la surpris guère, elle eut même un petit regard amusé. Au moins se rejoignaient-elles sur ce point. Elles n'avaient guère besoin des hommes, pour savoir ce qu'elles voulaient et comment y parvenir. Voilà bien longtemps que Gabrielle s'était détachée de l'influence qu'ils pouvaient avoir sur elle. Elle aimait leur compagnie, pour ce qu'ils pouvaient apporter, surtout le côté amusant, mais c'était tout. Simon avait été l'exception, bien entendu. Mais maintenant qu'elle était passée du côté obscur, ce trait de caractère était sans doute plus marqué. Percy et Stannis, même s'ils pouvaient quelque peu chambouler son esprit sur certains points, n'auront jamais plus la place qu'elle acceptera de leur laisser. Si un jour cela se faisait. Voilà aussi, pourquoi, elle n'était pas aussi choquée que cela par ce qu'il s'était passé au gala.

Le liquide ambré tourna encore dans sa prison de verre, tandis que l'agent fixait son interlocutrice sans ciller. Cherchait-elle à voir si son "amour" pour le leader des Ombres était véritable? Il l'était sans doute, quelque part. Torturé et étrange, mais bien là, à l'image de leur relation. Elle ne haussa pas les épaules, mais elle aurait pu très bien le faire après la remarque de son hôte.

- Ambrosio est un grand garçon, qui sait parfaitement bien se défendre tout seul. Il n'a pas besoin d'une hystérique à son bras, dès que quelqu'un tente de l’assassiner. Je sais que ce gala était aussi une provocation, pour faire sortir les loups du bois. Maintenant que les ennemis sont identifiés, pour certains, il sera plus simple de s'en occuper.
Prenant une gorgée de la boisson. Ce n'est pas de l’indifférence, mais je sais parfaitement avec qui je suis, alors je n'en suis pas étonnée.

The Assistant avait sans doute fait quelque chose de juste, montrer à Kreizler qu'elle pouvait être autre chose que ce cul coincé qu'elle rencontrait le plus souvent, la faisait être moins directement sur la défensive. Elle était prête à discuter ainsi. Elle parlait sans doute des racines qui avaient envahies le manoir.

- Hum... il fallait bien s'attendre à quelques répliques. D'un ton plutôt neutre. Tout cela lui semblait normal. Et en nana un peu intelligente, elle n'essaya pas d'en savoir plus sur la situation délicate dont parlait Nikolas - pas de suite en tous les cas -.

Son regard se teinta un instant de curiosité, un moment initiatique? Cela ne répondait guère à sa question. Il y avait plein de façons de passer ce genre de chose. Rix eut un léger rire quand elle vint alors sur le sujet de ces mutants immortels. Finalement, pourquoi cela ne l'étonnait pas? Après tout, cette grande dame, depuis le départ, tentait de la faire atteindre l'idéal de la compagne parfaite. Elle secoua légèrement la tête, un sourire toujours en coin, reprenant une gorgée d'alcool.

- A tous porter ce délicat parfum de formol?
Après en avoir apprécié profondément le goût. Du whisky, pas du formol - elle n'avait rien de Sherlock Holmes à ce niveau -.

Oui, Gabrielle avait fini par identifier très clairement cette odeur qui flottait sur un certains nombres de mutants qu'elle avait pu croiser. De Stannis à Percy, en passant par Davos, Ben', The Assistant, bref... cette dernière ne manquera sans doute pas d'éclairer un peu plus sa lanterne, puisque sa réponse démontrait bien que non, son compagnon ne lui avait sans doute pas dit. Sans doute aussi, parce qu'il n'avait pas la même vision de sa place que la duchesse. C'était bien là tout le problème entre ces deux Ombres.

Peut-être n'était-ce pas non plus le meilleur des mouvements, de dévoiler quelque peu, une partie de sa mutation, mais il faudrait pour cela que la noble tilt sur le fait que pouvoir sentir les "âmes" des gens, en était une, de mutation.

- Merci, mais je pense qu'avec ce qu'il y a déjà sur la table, je devrais trouver mon compte. Se penchant pour attraper quelques mets. Son regard fût attiré par l'animal qui venait de rentrer dans la pièce. A croire que tous ces grands esprits dangereux, aimaient être accompagnés par des animaux, entre Benedict et ses félins et Nikolas et ses canidés, ils étaient servi. Vous aimez les chiens, n'est-ce pas?

Gabrielle était parfaitement consciente d'avoir sorti une évidence, mais c'était simplement pour entretenir une discussion et montrer que même si elle s'était permis un petit trait d'humour, que son interlocutrice avait gouté ou pas, elle ne cherchait pas la guerre avec elle ce soir.

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MessageSujet: Re: Des entrailles du soupçon naît la Jalousie... / Gabrielle Mar 09 Fév 2016, 19:01



Le pied de la duchesse s’arrêta de tourner une fraction de seconde. La ritournelle recommença comme si de rien était.
- En effet. D’ailleurs, en tant que sa compagne officielle, vous êtes à présent une cible de choix. La dame aspira une autre bouffée. Le Duc et moi-même nous proposition de vous mettre sous la protection de l’un de nos hommes. Le temps que les rancœurs se calmes. La formulation était faite de façon qu’il ait été grossier de l’éconduire. La femme abordait ce point comme une formalité dont elle l’informait par commodité, plus que par obligation.
Le regard de Nikolas se fit plus vif. Il n’y eut pas d’étonnement, mais de la curiosité. Le chasseur ayant discerné un mouvement dans les fourrés et calcul son prochain pas. La dame hocha du chef et partagea un sourire avec la jeune femme, acceptant de bonne grâce sa petite saillie.
J’y associe plus volontiers une odeur de cendre chaude. La confession était cela dit quelque peu intime. Le monde des sens appartenait au corps, à la chair, au privé. La boutade les amena à effleurer des secrets plus anciens que ne l’était la sorcière elle-même.
Il serait périlleux d’y voir une décrépitude. La plupart de ces individus sont plus vifs d’esprits, que ne le sont tout vos Einstein, Turing, Dizhou, ou autre « génie » contemporain. « Contemporain » dans la bouche de la femme semblait avoir un sens différent du sens commun.
Le temps n’influençait pas ses pensées et ses actes comme il le faisait avec un être mortel. Le recul donné par l’infini, était tel, qu’il réduisait en lambeaux les concepts les plus fondamentaux à l’Humanité. Un esprit humain de nature devenait progressivement inhumain. Un processus auquel aucun des Externels ne pouvaient se soustraire. The Assistant avait intégré ce fait. Elle le faisait sien. Elle avait très vite assumé d’être en dehors des normes. À ce jour, elle achevait prés de sa trente-troisième existence. Elle en avait oublié une bonne moitié et conservait de l’autre que des brides.
Il vous faut comprendre que... quant bien même, ils vous gardent prés d’eux. Vous n’aurez ensuite pas plus de force qu’un parfum, ou un geste agréable.
La chienne comprit qu’elle était le sujet de leur conversation.
Oui. Ils ont des aptitudes tout à fait fascinantes. Quand on parvient à les exploiter. Ainsi qu’un sens de la loyauté dont peu d’humains peuvent se targuer. Un regard en biais de la Duchesse. Elle retroussa ses lèvres en un sourire mesquin. Pour autant, je suis certaine que vous savez comment vous attacher la loyauté de vos pairs, Gabrielle. Le cigare alla reposer sur le bord d’une coupole.
La femme échangea la nicotine contre un goût de son pays d’adoption. Elle piqua une olive avec une étrange délicatesse et s’en délecta. Nikolas passa son pouce à la commissure droite de ses lèvres. Elle s’installa ensuite dans une posture de repos. Une expression amusée sur le visage lui donnait un air de louve mutine. Elle entonna un petit discours.
Vous savez Gabrielle… je ne crois pas beaucoup à toute cette psychologie moderne. Quelques névrosés qui cherchant à justifier leurs erreurs. Exactement comme des croyants qui justifient leur petitesse par le divin. Une critique acerbe et discutable qui lui servait visiblement d’introduction.
Le liquide doré dansa dans le verre quand la Duchesse le porta vers sa bouche.
Je ne crois pas non plus que votre idylle soit mue par un sentiment amoureux. Oh, je ne nie pas, une passion malhabile, une excitation sexuelle, voir même une tendresse désaxée. Mais, aimer un homme comme Benedict, reviendrait à être une déséquilibrée mentale. Madame Lampeduza reposa alors tranquillement le récipient. Elle cultivait les mots autant que les silences qui les séparaient les uns des autres. Je crois au contraire que vous savez parfaitement ce que vous faites. Je me trompe ? La questionna-t-elle sur le ton de la conversation.


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MessageSujet: Re: Des entrailles du soupçon naît la Jalousie... / Gabrielle Sam 13 Fév 2016, 23:24

Gabrielle resta silencieuse quelques instants. En effet, elle avait bien compris le sous-entendu de cette prétendue proposition. Pourtant, elle estimait n'en avoir guère besoin. Elle secoua très légèrement la tête.

- C'est bien gentil de la part du Duc et vous-même, mais je pense que je sais parfaitement me défendre moi-même. De plus, je ne dis jamais non à un entraînement improvisé. Je ne tiens pas à avoir un garde du corps qui me suit dans mes moindres déplacements. Mais merci d'y avoir pensé. Fit-elle avec un sourire poli, elle refusait donc et il valait mieux que Nikolas n'insiste pas trop sur ce point, notre profileuse serait intransigeante. Je ne tiens pas à ce que nos ennemis pensent que nous leur donnons raison en montrant ne serait-ce qu'un signe de peur.

On lui opposera sans doute l'argument que ce n'était pas montrer un état de faiblesse que de faire attention. Mais elle ne voudra rien savoir, parce qu'elle estimait qu'elle avait besoin de sa liberté et qu'un homme qui la suivrait 24h sur 24, risquerait d'avoir les yeux et les oreilles là où elle ne le souhaite absolument pas.

- Hum... si vous le dites. Sans vouloir aller plus loin dans la discussion, même si elle aurait pu la convaincre que ce n'était pas une association, mais bien l'odeur réelle qu'ils avaient tous, bons ou mauvais et que ça n'avait pas été, pour le coup, une pique lancée pour le plaisir. Même si ça pouvait en avoir l'air. Pourtant sur la suite... je n'ai pas dit cela pour vous rentrer dedans Duchesse, cette odeur, elle vous suit, tous autant que vous êtes. Je ne pense pas que les autres et même vous, êtes vraiment capable de vous en rendre compte, mais c'est une sorte de marque de fabrique, concernant les... "Externel", comme vous les appeler. Comme ça que je les perçois en tous les cas.

Reprenant une gorgée de sa boisson. Elle se moquait bien de ces mutants sans âge. Ils pouvaient avoir toute l'expérience, tout la sagesse qu'ils voulaient, ça ne changeait pas grand-chose à sa vision. Elle préférait ne pas avoir l'éternité devant elle. N'être que de passage sur cette terre lui convenait parfaitement et elle se foutait finalement des autres. Elle haussa les épaules.

- Qu'importe, je me moque finalement pas mal de savoir ce qu'ils pensent, ce que je serais pour eux, vous, une fois que je ne serais plus sur cette terre. Ça n'a absolument aucun intérêt à mes yeux.

Rix observait la chienne, tout en écoutant la réponse de sa patronne, relevant ensuite les yeux sur elle, quand il fût question de loyauté et de sa propension à savoir le faire. Légèrement - même - l'un de ses sourcils marqua une sorte de curiosité à ses paroles.

- Vous croyez? Qu'est-ce qui vous fait dire cela?

Oui, elle avait le droit de vouloir en savoir plus, non? Bien entendu, l'agent savait parfaitement que cette femme qui lui faisait face, ne disait jamais les choses à la légère et qu'il devait sans doute y avoir quelque chose derrière. Ça se confirma assez rapidement avec la suite. Tiens-donc, pensait-elle avoir cerné notre profileuse? Sa question lui tira un petit sourire, amusé, presque complice, comme si la duchesse avait démasqué quelque chose et pourtant...

- Pourquoi ne serais-je pas simplement une déséquilibrée mentale? Benedict m'a fait découvrir quelque chose qui existe chez moi depuis bien longtemps. Faisant une petite moue respectueuse. Il a juste su faire sauter les bons verrous, voilà tout. Se penchant en avant pour attraper un amuse-bouche et s'en délecter. Elle jouait sans doute un peu, mais c'était dans sa nature depuis longtemps, simplement exacerber maintenant qu'elle avait lâché les rênes et cela permettait aussi de voir comment l'autre avançait ses pions sur l'échiquier. Ce genre de discussion pouvait être extrêmement dangereuse, quand on ne savait pas tout à fait où l'autre voulait en venir. Je ne peux que le remercier de m'avoir ouvert les yeux sur ma vraie nature. Avec un nouveau sourire, tandis qu'elle s'enfonçait à nouveau dans le fauteuil et croisait les jambes, avec une certaine aisance.

Finalement, elle aussi, savait jouer les reines.

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MessageSujet: Re: Des entrailles du soupçon naît la Jalousie... / Gabrielle Jeu 18 Fév 2016, 01:31

Des entrailles du soupçon nait la jalousie.



La Dame n’argumenta pas plus loin en faveur de son offre de protection. Elle ne réitérait jamais ses propositions. Une personne rusée se devait de réagir sans cela. Elle avait en tête d’autres stratégies pour garder un oeil sur la nouvelle concubine. Elle reprit donc la conversation comme si ce sujet n’avait pas été abordé.
Les propos de la visiteuse parurent confirmer une opinion. Les mains de madame Lampeduza se figèrent. Elle sembla sourire pour elle-même cette fois.
- Un don de détection qui peut s’avérer dangereux étant donné le vivier implanté dans cette ville, depuis quelques années. Nikolas fixa plus intensément son vis-à-vis. Gardez ce talent pour vous. Conseil prodigué avec des accents de sagesse. Il était comme un échos aux intuitions. Un rapport différent s’instaurait.
La suite plaça les deux femmes à priori dans deux camps distincts. Il n’y eu aucune tension. Le calme du salon La Duchesse ne disait rien sur les mortels. Elle les côtoyait quotidiennement sans sembler en être indisposée. Elle était dure avec son personnel et ses associées. Les exigences qu’elle imposait autour d’elle, lui valait parfois de savoureux surnoms. La vie aux côtés de l'italien avait pourtant eu des effets sur elle. Aucun ne pouvait se figurer, que cette femme, qui portait un nom et une alliance, était une incarnation adoucie d’une âme noire. Une âme forgée par une suite de morts et de renaissances, de passions et de pertes.
Vous avez raison. Seule l’opinion que vous avez de vous-même a du sens. Êtes-vous satisfaite de vous-même Gabrielle ? Poursuivit-elle ainsi le déroulé d’une pensée.
Un sourire énigmatique accueillit la curiosité de la jeune femme. Nikolas ménagea un temps de pause. Elle se cala un peu plus confortablement et inspira une bouffée de son cigare.
Vous et mon époux partagez un point commun. Une chose qui fait de vous les plus beaux et les plus talentueux des conquérants. Le charisme. Je ne parle pas de l’attraction physique. Je parle parle du kharisma. “La Grâce”. Qui vous donne cette capacité d’influencer autrui. Benedict a du le percevoir.
Mmm. Oui. J’ai sus votre histoire. Malheureuse. Elle pousserait une femme à céder à la facilité de la folie. Il est vrai aussi que Benedict ne fait pas naître le mal, il le cultive. Pourtant… je sens chez vous une résistance. La vieille chienne au poil roux releva la truffe en direction de The Assistant. Toutes les deux échangèrent un regard. La connivence sembla possible entre une bête et une femme. Madame ne masquait pas une affection naturelle pour les animaux. Elle se concentra néanmoins sur son invitée. Vous ne désirez pas sincèrement du baiser de Lucifer, Gabrielle. Une affirmation déclamée non sens une pointe d’ironie. L’émancipation ne suffisait pas à faire d’un être quelqu’un de nouveau. Il n'y avait pas encore d'accusation portée. La dureté n'était pas non plus présente. La Vipère avait rangé ses crocs.
Le temps ne manquait pas encore. La Duchesse était une femme douée de patience et de mystère. Elle savait attendre le moment opportun avant d'agir. Les dernières interactions avec la policière lui avait apprit certaines choses. Elle en prenait acte et agissait en conséquence.
Comment vous projetez-vous dans les années à venir ? Une question, encore une fois d'apparence anodine. Il n'en était rien. Madame Lampeduza démontrait une ferme détermination à soulever le voile d'ombre qui recouvrait sa cadette.


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MessageSujet: Re: Des entrailles du soupçon naît la Jalousie... / Gabrielle Ven 19 Fév 2016, 12:25

Ce n'était pas généralement une chose dont elle parlait comme ça, si facilement. Et si The Assistant avait compris son sous-entendu, tant mieux pour elle. Un petit mouvement de la tête de la part de Rix, démontrait qu'elle l'avait parfaitement entendu et que oui, ce n'était pas une partie de sinécure ce pouvoir-là, aussi. Les odeurs de certains avaient de quoi rendre malade. Car il n'y avait pas que des mutants tarés qui se baladaient dans les rues de New-York. Enfin, elle avait appris à vivre avec depuis le temps et reconnaître à quoi correspondait chaque odeur. Ou presque.

- Tout est dangereux par ici, Duchesse. Fit-elle avec raison.

La question la laissa silencieuse quelques instants. Etre satisfait de soi-même. Voilà bien une question à double tranchant. Elle n'en était pas sûre, certainement même, qu'elle ne l'était pas du tout. Il y avait des erreurs et des regrets qu'il lui était difficile d'accepter. Les fautes qu'elle ne se pardonnait pas, ne lui offrait pas la meilleure image d'elle. Pourtant, elle vivait avec, jusqu'à ce que son but soit atteint. L'agent haussa les épaules.

- Autant que l'on peut l'être. Qui s'aime vraiment, sans complexe? Hum? Avec un léger sourire. Oui, elle pouvait être philosophique parfois.

Et bien, Gabrielle ne s'attendait vraiment pas à une telle explication de la part de son interlocutrice. A croire qu'elle l'avait en plus haute estime, que ce qu'aurait pu croire notre protagoniste. Comme quoi, on pouvait se tromper. Mais elle se demandait pourquoi elle se faisait ainsi caresser dans le sens du poil. Ce n'était pas rien, quand même, d'être comparée au Duc. Après tout, il devait être celui que The Assistant respectait réellement, de tout son entourage. Rix but une nouvelle gorgée de son verre, se demandant ce que tout cela pouvait cacher, toutes ces paroles n'étaient pas dites simplement pour son bon plaisir quand même.

- Je ne pense pas avoir la capacité d'influencer qui que ce soit. Vous voyez peut-être ce que vous avez envie en moi. Mais je ne suis pas comme ça.


Après tout, Kreizler était plutôt du genre effacée, qui préférait se faire oublier rapidement. Elle n'avait pas d'équipe sous ses ordres et faisait son boulot dans son coin. Ne se mêlant que très peu au reste de la population. Hum, elle n'appréciait, par contre, guère le fait que son aînée parle de résistance, car si elle avait cette réflexion, ce n'était sans doute pas la seule à le percevoir. Pourtant, elle avait tout fait pour plonger le plus profondément possible.

- Une résistance? Vraiment? Pourtant, je n'ai plus de raison d'en avoir. Je me sens plus libre ainsi. Elle parlait avec assurance et ne démordrait pas de ça. Après tout, il lui fallait croire à ses propres paroles, pour être assurée de s'en sortir, dans ce panier de crabe. Elle eut un léger sourire aux dernières paroles de la dame. Hum, je fais plus que simplement me laisser embrasser par Lucifer.

Au fond, il n'y avait rien à en être fière. Mais c'était le rôle qu'elle avait endossé. Simon devait se retourner dans sa tombe. Que devait-il penser de tout ça, si quelque part, il était capable de suivre son évolution. Il n'aurait sans doute pas apprécié. Mais c'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour mettre une bonne fois pour toute, Benedict hors du circuit.

Il serait difficile à The Assistant de percer l'armure que portait Rix. Après tout, elle ne s'était plus ouverte à personne depuis longtemps. Seul peut-être, Percy, avait pu la voir un peu plus libre. Mais c'était tout. Elle portait des masques, des protections, pour ne pas risquer de se faire toucher trop profondément. La question lui tira un air sans doute un peu plus ironique. Se relevant alors pour aller se servir à nouveau, elle répondit alors que le liquide se répandant dans son verre.

- Je ne me projette pas. Je vis au jour le jour. C'est déjà pas mal. Se retournant pour lui faire face, posée contre le bar. Et vous? Quels sont vos visions du futur?

Pariant que contrairement à elle, Lampeduza devait réellement en avoir. Des plans, des idées, de ce qu'elle voulait pour son futur, voir même le futur de tout le monde. Puisqu'elle estimait tirer les ficelles de pas mal de choses. Benedict rêvait sans doute d'avoir le monde à ses pieds, il n'était pas le seul. Même si cette grande dame jouait dans l'ombre, ne faisait-elle pas un peu la même chose?

En tous les cas, Gabrielle ne semblait pas démontée par cet interrogatoire sous-jacent, elle avait sans doute une réponse à tout. Ou presque. Mais toucher à ses points sensibles n'était pas aussi simple que cela. Elle était blindée et préparée, quoi que l'on dise. Revenant s'asseoir face à la dame, elle attrapa quelques olives, pour les manger.

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"It's only just a crush, it'll go away
It's just like all the others it'll go away
Or maybe this is danger and you just don't know
You pray it all away but it continues to grow

I want to hold you close
Soft breath, beating heart
As I whisper in your ear
I want to fucking tear you apart"
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