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[CLOS] Un petit secret de famille. ( Davos )

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Date d'inscription : 03/09/2012
Identité : Anne Woods
Dons : Métamorphe / Mémoire génétique/ Cris

MessageSujet: [CLOS] Un petit secret de famille. ( Davos ) Mer 06 Mar 2013, 19:52

Anne, accoudée à la rambarde du pont artificiel, fixait l’étang avec intensité. Nul ne pouvait dire ce qui retenait spécifiquement son attention. En place depuis un bon quart d’heure elle paraissait totalement coupée du reste du monde. Impression accentuée par la présence d’écouteurs dans ses oreilles –sans son- et de cette mine résolument fermée, qui n’avait d’autres buts que de décourager tout individu à l’aborder.
Les lieux et heures de rendez-vous étaient toujours très différents. Moyen propre à tout paranoïaque, de garder le contrôle tout en enrayer la tentation des habitudes, car les habitudes sont dangereuses. D’ailleurs, chez les Woods les habitudes sont proscrites. Anne avait mis un peu de temps à comprendre qu’il s’agissait d’une mesure de sécurité supplémentaire. Elle l’avait donc intégré et fait sien ce comportement.
Grâce à cela, personne ne pouvait anticiper ses déplacements, ni obtenir d’informations fiables concernant sa vie privée. Un autre avantage, bien moins grand celui-ci, était que cette jeune new-yorkaise connaissait les recoins de cette ville. Elle avait choisi le Jardin botanique pour sa neutralité et son calme. De fait, en heure creuse la fréquentation baissait substantiellement, de sorte que l’on pouvait -presque- penser en paix.

Les sujets de réflexions ne manquaient pas. En premier plan il y avait son rendez-vous du lendemain. La carte de Jack Crawford se trouvait dans la poche arrière de son jean depuis six jours. Elle avait fait des recherches sur le « Domaine Dantès » sur internet. Le peu d’information qu’elle avait pu trouver n’était pas concluant. Depuis cette rencontre avec le leader, des Ombres Anne étaient aux aguets. Pire que cela, elle voyait dans chaque passant un espion d’Ascheriit. Plus approchait la date de la présentation et plus la suspicion augmentait. Avec les vieux rêves remontaient une cohorte d’angoisses qu’elle avait crues disparues.

Aussi, ses doutes concernant son père avaient-ils redoublé, au cours des derniers jours. L’enquête, qu’elle avait débutée –six mois plus tôt-  à son entrée chez les Initiés, piétinait. L’absence de réponse devenait un problème qui prenait d’étonnantes proportions. L’attitude de Jeremy Woods n’aidait en rien, puisque celui-ci refusait de reconnaître son lien direct avec la lignée de Mélusine. Le voile qu’il posait sur ses origines et son passé avait toujours exaspéré sa fille. A présent il l’insupportait.
Un infime mouvement d’air lui fit détourner le regard.

Seaworth remontait le pont dans sa direction. Anne se détacha de la rambarde avec la souplesse de sa jeunesse. Elle fit un mouvement pour replacer le sac à dos accroché à son épaule droite, comme à chaque fois qu’ils se voyaient. Ils ne s’étaient pas vus depuis presque un mois. La plus part du temps Ligèia se contentait de prendre les instructions par messages électroniques. Elle maintient ses distances avec le reste du groupe.
Davos lui avait déjà octroyé quelques conversations informelles. Il est un interlocuteur beaucoup plus agréable que celui qu’il sert. En l’observant, la jeune femme repensa à cette étrange rencontre faite l’autre soir. Richard et Davos avaient quelque chose de commun. C’était dans la présence… la façon d’être. Le fait qu’ils lui inspirent confiance, chacun à leur façon, la rendait sans doute un peu plus… attentionnée.

- « On marche ? »

Elle enchaîna en quittant le pont pour rejoindre l’un des chemins du jardin. Ce n’était pas la saison des fleurs. Il y avait une sorte de beauté dans le camaïeu végétal d’ocre et de rouge. Une petite brise faisait remonter les parfums automnaux. Un cadre propice à la détente et la conversation. Il s’agit surtout d’un lieu dont Woods connaît chaque sortie et reste à leur périphérie.
Une tension sous-jacente se devine sous son visage neutre. Quoi qu'il en soit, elle n’est pas connue pour être une fille drôle.  Bien qu’ici elle ne se montre pas directement agressive.

- « Merci de t’être déplacé. »

Ils n’ont jamais décliné aucune de leurs entrevues. Cette stabilité était rassurante. Elle était également l’une des raisons qui avait motivé la jeune mutante à se lancer. Ses parents ignoraient tout des liens qu’elle entretient avec les Initiés. Tout comme le groupuscule ignore que Ligèia a des proches.
Elle prenait donc un risque, mais un risque calculé.

- « Ça va ? »

Question formelle que Woods ne manque jamais de poser. Malgré son attitude sauvage, elle demeure une jeune fille bien élevée, quand la carapace se soulève.
Les médias ne parlaient plus de l’agression du président. Les choses sont à peu près rentrées dans l’ordre… de ce côté-là. Anne sait que Davos a une fille. Mais elle n’en sait pas beaucoup plus sur sa famille. Tout comme elle ignore une partie des enjeux dans lesquels sont pris les différents mouvements mutants. Cette méconnaissance peut s’avérer problématique à présent. Tant qu’à devenir une bonne élève, la sirène préférait que ce soit sous la tutelle du marin.

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Dernière édition par Ligéia le Lun 15 Sep 2014, 15:32, édité 1 fois
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Identité : Davos Tosca
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MessageSujet: Re: [CLOS] Un petit secret de famille. ( Davos ) Dim 07 Avr 2013, 21:54

Autrui est secret, parce qu’il est autre.
-Jacques Derrida.


La jeune sirène avait choisi un lieu susceptible de leur plaire à tous deux, pour ce rendez-vous. Le jardin botanique était un espace vert de liberté comme on en trouvait peu dans la ville, ou tout du moins, on pouvait y respirer avec un peu plus de légèreté. Cela n’était pas pour déplaire à Davos, qui ne s’était jamais totalement accoutumé aux capitales, lui qui avait été pendant des années nourri et élevé à l’air libre de la mer, vaste espace bien plus infini, à l’horizon plus lointain que ne pouvait l’offrir n’importe quel gratte-ciel de la ville. Mais il s’adaptait, peut-être plus vite que d’autres, ce qui n’était pas négligeable. Il savait être plus en avance que Stannis, ou Wyrm, qui avait encore beaucoup à apprendre. Chose à laquelle il essaierait d’aider de son mieux, quoique Floria aurait été la mieux placée pour cela, elle qui vivait sans difficulté avec le monde qui l’environnait. Il ne l’enviait pas spécialement. Il préférait parfois échanger ses souvenirs avec d’autres diplodocus, plutôt que de se frotter aux nouvelles dynamiques d’un monde qui allait par trop vite pour lui.
Anne n’avait jamais donné de lieu identique pour ses divers rendez-vous, quand elle se déplaçait toutefois, puisqu’en général, elle communiquait davantage par des voies électroniques. (Nous ne dirons pas combien de temps Davos avait mis pour maîtriser un ordinateur, et encore moins où en était Zexion dans tel apprentissage.) C’était toutefois compréhensible, pour éviter tout habituel itinéraire qui puisse être ensuite repéré, pour une raison ou une autre.
Seaworth s’arrêta un instant au bord de l’étang artificiel, contemplant qui n’était agitée que de très légers remous, provoqués par des poissons ou des insectes. L’artificialité des lieux arrivait relativement bien à recréer une atmosphère normale, naturelle, mais on voyait tout de même que tout était figé par l’industrie, par le mécanisme. Il suffisait de relever les yeux vers le ciel pour s’en rendre compte. Le marin finit par repérer, au bout d’un moment, où était la jeune fille, accoudée sur la rambarde du pont surplombant l’eau. Il eut un léger sourire. Il n’en attendait pas moins de la jeune sirène qu’elle était. Il comprenait cette attirance pour l’eau, alors qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’ils ne partagent rien de spécial en commun, et pourtant…parfois, cela arrivait quand on s’y attendait le moins. Comme par exemple cette rencontre avec Richard qu’il n’aurait jamais pu prévoir sans elle, ni même imaginer, par ailleurs.
Il s’avança dans sa direction, remontant le pont. Il la vit la rejoindre avec nonchalance, cette légèreté que seuls les jeunes comme elle ou comme Tosca, avaient encore. Il ne se plaignait pas pour autant de la sienne, mais elle était passée depuis longtemps, il fallait le dire.


« On marche ? »

Il hocha la tête à sa question, lorsqu’elle fut parvenue à sa hauteur. Il l’observa de son regard d’argent, le regard habituel de l’homme gris, qui ne témoignait certes pas de jugement particulier, mais gardait une attention et une scrutation permanentes. Cela ne voulait pas dire que ce regard était toutefois dénué de douceur ou de gravité. Ils marchèrent sur l’un des sentiers tracés dans le jardin botanique. Malgré la beauté végétale qui les entourait, il pouvait sentir que tel lieu calme n’était pas apte à tranquilliser la jeune mutante. Elle semblait rester constamment aux aguets, et en vérité, il ne se souvenait pas ne l’avoir jamais vue sans cette tension intérieure, comme si le monde était en permanence en attente de la piéger. Il pouvait comprendre cela. Néanmoins, il savait aussi qu’on ne pouvait vivre avec de la peur au ventre chaque heure de chaque jour.

« Merci de t’être déplacé. »

« C’est normal », se contenta-t-il de répondre.

Elle n’était pas ouvertement agressive, mais la tension qui émanait de ses pores n’y changeait rien. Elle dégageait de l’anxiété, inconsciemment, l’obligeant à se tenir lui aussi en alerte. Il observa à nouveau les lieux, plus attentivement. Il ne vit que des visiteurs, des travailleurs en quête de repos, des flâneurs, quelques amoureux de la nature et des amoureux tout court. Il se demanda quelle allure ils donnaient. Sans doute les prenait-on pour un père et une fille, et cette éventualité le fit sourire, machinalement. C’était sans doute au fond un peu de ce qu’il ressentait pour Anne ; la différence d’âge le faisait, irrévocablement. Davos avait déjà tendance à trop protéger Tosca ; une aussi jeune recrue demandait une attention qui tenait parfois de la protection paternelle, bien qu’il ne l’ait jamais dit en face. Il ne se doutait pas, en ayant telle pensée, qu’il effleurait de si près le sujet à venir.
Davos continua à marcher tranquillement à ses côtés, d’une assurance tranquille. Jusqu’à ce que ce soit elle qui reprenne la parole. Il avait remarqué que la jeune mutante était assez taciturne, pour ne pas dire secrète. Il était suffisamment habitué à Stannis pour savoir qu’il ne servait parfois à rien de forcer les murailles qu’elle avait choisies d’établir entre elle et les autres. Parfois.

« Ca va ? »

« Très bien, » dit-il doucement. « Tu as choisi un beau lieu de rencontre. Mais je te retourne la question. Tu n’as pas l’air trop tranquille. »

Certes, c’était l’attitude habituelle qu’elle donnait. Sous la neutralité, il y avait des regards trop perçants, trop directs, pour ne pas laisser deviner sa tension, surtout à un homme aussi tranquille que Seaworth. Il n’y avait nul reproche dans sa voix, seulement une question sincère. Le tutoiement, il ne l’utilisait sans doute que parce qu’elle avait choisi de le faire. Ils ne se connaissaient que peu, comme des collègues, sauf qu’ils appartenaient à un groupuscule et non à un simple lieu de travail commun et ouvert à tous. Là était leur différence. Il avait essayé, tout comme à Wyrm, de lui expliquer des choses sur les Initiés, sur le monde actuel des mutants, sans pour autant savoir si elle avait parfaitement tout saisi. Mais cela ne concernait en rien la vie privée qu’ils avaient. Les deux avaient des secrets, l’un pour l’autre.
Il finit par s’arrêter près d’un banc, un peu à l’écart, entouré de végétation, non loin d’une sortie.

« Si cela te dit de t’asseoir. »


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Ce n'est sûrement pas de briller qui nous empêchera de tomber,
Ce n'est sûrement pas de tomber qui nous empêchera de rêver.

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Identité : Anne Woods
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MessageSujet: Re: [CLOS] Un petit secret de famille. ( Davos ) Lun 29 Avr 2013, 10:41

Anne baissa les yeux vers le banc. Il était en bois probablement pour ajouter une touche rustique au lieu. Il lui en rappelait un autre. Un lointain souvenir, quelque part dans son enfance, derrière la maison de sa grand-mère... L'odeur acre du chêne brûlé lui revenait au nez. Comme si l'oncle était à nouveau dans son dos à rugir comme un lion en colère.
Pauvre maison... coupable d'avoir hébergée cinq générations de mutants. La suie avait formé un étrange dessin sur les restes du banc. Il était encore gravé dans sa mémoire. Pendant longtemps cette marque laissée par le feu avait été un mystère que son esprit avait cherché à résoudre, sans jamais y parvenir. Certaines questions devaient-elles demeurer sans réponses ?
Assis l'un à côté de l'autre alors que la mutante préférerait rester en mouvement. Mais ne voulait pas aller contre l'envie de son interlocuteur qui devait rester dans les meilleures dispositions à son égard, pour que cette conversation soit productive. Elle retrouva d’instinct la posture de l’écolière. A son corps défendant Anne n’arrive pas à oublier tout ce qu’elle avait apprit pour pouvoir devenir l’une des leurs. Grand bien lui en avait fait à l’époque.
Aujourd’hui elle s’en sert contre eux … les humains.

« Je ne suis jamais "tranquille". C'est une sale habitude. Enfin, ce n'est pas un temps pour baisser la garde. »

L'épaule déchargée du bagage retrouva une partie de sa souplesse naturelle. Les trapèzes étaient encore un peu raides après un passage en salle de musculation. Notre jeune Woods avait récemment ressenti le besoin d'aller plus loin dans le maintient de sa forme physique. Elle ajoutait donc à la natation et la course à pied, des exercices musculaires hebdomadaires. (La fatigue est un puissant libérateur d'esprit. Il y avait ces quelques minutes où elle ne pouvait plus penser à rien après un intense effort.)
Cette allure fluette dont l'avait doté ses ancêtres dissimulerait bientôt un corps d'acier. L'enjeu était d'autant plus urgent depuis le pacte avec le diable. Il lui fallait des moyens de se défendre. Elle avait d'ailleurs envisagé de demander des cours d'escrimes à Richard. La perspective de devoir fournir des explications la retenait encore.

Depuis que le monarque lui a donné son opinion concernant les traîtres, Anne cherche à limiter les situations qui la pousseraient à se dévoiler, devant lui. Pour une fois -la toute première-, elle redoute un conflit avec un autre. Cette nouveauté augmente son malaise généralisé. Elle a l'impression de devenir de plus en plus faible maintenant qu'elle approche ses confrères et qu’elle les apprécie.

« Je ne veux pas te faire perdre ton temps, alors je ne vais pas... tourner autour du pot. Ça va faire quoi... cinq, six mois, que je suis dans votre groupe et je n'ai toujours pas eu de réponses. Il faut que j'avance... mais... J'ai l'impression qu'on ne veut pas m'aider, qu'on se méfit de moi ici aussi. J'ai pensé que tu pourrais peut-être m'aider toi... tu es l'un des plus anciens membres obtenir des réponses te sera plus facile. Si... tu es d'accord, avec ça. C'est à propos d'un membre du groupe. Un ancien membre. Jeremy Woods.

Anne et Davos n’ont encore jamais parlé de leurs vies privées respectives. Ça ne changerait pas. Elle espérait qu’en donnant des données brutes, une recherche factuelle, un caractère neutre à tout ceci, ils pourraient rester sur une conversation banale.
Mais en prononçant le nom de son père, la mutante se sentit projetée trois mois plus tôt, lors de leur dernière conversation en tête à tête. Il l'avait surprit dans son bureau. La réaction paternelle n’avait fait qu’attiser un peu plus la curiosité d’Anne. Ils l’avaient fait grandir loin du monde. Ils avaient créé en elle une véritable soif de connaissance. La Sirène voulait s’abreuver à toutes les sources pour enfin comprendre ce qui lui avait échappé.

« Il y a un an j'ai trouvé des documents qui prouvent qu'il a fait partit de cette organisation dans les années 1980 mais tout s'arrête brusquement en 2002. J'ignore pourquoi. Je veux savoir pourquoi. Un Initié peut... "démissionner" ?

La tension qui sourde dans ces propos trahit leur importance. Impossible de savoir lequel de la colère ou du méprit est le plus fort. La fêlure se dévoilait mot après mot. Une fêlure sur laquelle quelqu’un avait mit une vulgaire glue pour ne plus y faire attention.
Cette enquête a permit à Anne de découvrir le fonctionnement de la communauté mutante. Une communauté qu’elle n’avait jamais imaginée si grande et complexe. Ses parents, l'en avait toujours si soigneusement écartée –de eux aussi-, qu'elle était tombée dénue. Même à ce jour, elle ne saisissait pas très bien qu'elle était la véritable différence, entre les XMens et les Initiés. En voulant la protéger ils l’avaient tous rendue faible et inapte. Anne voulait rattraper tout ce temps bêtement perdu.
Même lorsqu’elle prenait la parole Ligeia parvenait à suivre ce qui se passait autour du banc. Elle n’a pas besoin de voir le danger.

« Il n'aurait pas agit ainsi sans raison. Et je suis sûre qu'il n'est pas question de morale là dessous. Seulement je ne peux pas en discuter avec lui. Il ignore que je suis… ici. Je tiens à ce que ça reste comme ça...

Les deux dernières années avant que la demoiselle ne quitte le cocon familial avaient été une suite de conflits qui ne prenaient pas fin avant qu'une porte n’ait claqué. C'est en voulant faire de sa fille une guerrière que le mutant aquatique en avait fait une étrangère.
Peut-être qu'en pouvant donner un sens à tout cela Anne pourrait réparer les choses ? Même si ça n’avait jamais été sa priorité dans le fond …

« Je ne pourrais pas totalement m'impliquer ici tant que je ne saurais pas ce qu'il a fait. Peut m'importe ce que c’est… quelque chose de mal ou pas. Je veux juste savoir.

Mr et Mrs Woods avaient étés les seuls garants, protecteurs, de la conscience de leur fille unique. Jeremy avaient longtemps été Poséidon roi et maître en toutes choses. Mais il était possible qu'il ait fauté. Si tel était le cas, alors, le cadre qu'il imposait depuis toutes ces années devenait caduc. Anne n'aurait plus à obéir à un insensé code d'honneur. Elle n'aurait plus à culpabiliser, quand elle rêverait à un monde sans les humains.

Ligèia pourrait enfin s'accomplir.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Un petit secret de famille. ( Davos ) Sam 18 Mai 2013, 20:43

La personne qu'était Ligéia était un mystère aux yeux de Davos. Celui-ci se targuait humblement de savoir scruter les gens, d'ordinaire, savoir comprendre et analyser leurs principes comme les tourments de leur âme ; il était aussi bien homme-lige que conseiller, et intérieurement, aussi quelque peu humaniste. Certes, le respect de l'autre l'emportait avant tout, et il ne se serait jamais permis de poser des questions qu'il ne fallait pas, sauf en des circonstances le nécessitant ; soit dangereuses pour les Initiés et les proches, soit dans un climat de confidence. Si l'homme gris était discret et ne manifestait pas ouvertement de curiosité, il n'empêchait que derrière son impassibilité se tenait souvent une réflexion continue et une observation des autres. Le bien était à examiner, tout comme le mal, pour savoir de quoi les gens étaient faits.

Le contact du banc le gardait dans la réalité, tout comme les divers bruits de conversation des gens autour d'eux. Il entendait l'eau artificielle qui bruissait, quelques pépiements d'oiseaux, les échos des pas sur le sol, la respiration de la jeune mutante à côté de lui. Il continuait à la dévisager, doucement, sans insistance aucune, ni accusation. Son regard d'argent était d'ordinaire tranquille et doux pour bien des personnes, et rares étaient ceux qui l'avaient devenir d'un acier brûlant et colérique. Ligéia entrait bien entendu dans la première catégorie. Il la vit prendre une posture d'écolière, et se demanda pourquoi cet instinct soudain. La jeune mutante gardait son passé secret et bien gardé, comme si elle redoutait - à l'instar de Stannis - que quiconque puisse l'atteindre, en en sachant plus sur elle, comme si le passé était barricadé dans son coeur, comme un trésor secret à ne jamais dévoiler. A moins qu'il ne s'agisse de l'inverse, d'un enfer dont il était préférable de ne voir aucun éclat, l'enfer dans les yeux, le regard plongé dans un passé dont il n'y avait rien à regretter et tout à perdre et oublier, excepté la construction de l'être d'aujourd'hui. Ainsi était Ligéia pour Davos, une énigme d'acier, en quelque sorte ; elle avait des traits juvéniles, mais ce qui aurait dû être douceur n'avait que le reflet du métal, le tranchant d'un couteau plutôt que sa beauté. De là venaient son silence empli d'un mystère ineffable, et son expression perpétuellement impassible, comme si le monde n'existait pas autour d'elle. Il plaignait le fait qu'une personne si jeune en soit arrivée à cette extrémité.
Tout cela, c'était aussi la première tirade de défense, qu'elle avait lancé, qui le lui inspirait. Elle n'était jamais tranquille, disait-elle. Soit. Le problème était que si elle ne se sentait jamais en sécurité, nulle part, auprès de quiconque, toutes ses réactions seraient sur la défensive, la négation, au prix de laisser passer tout ce qui pourrait être bénéfique. Bien sûr, les périodes troublées, entre les Ombres, la police, le FBI, rien n'incitait à la négligence. Et pourtant, Davos se demandait s'il arrivait parfois à la jeune fille à côté de lui, de laisser ses défenses instinctives tomber un instant, un seul, pour respirer et exister, contempler l'instant dans sa beauté, et non dans le danger qu'il pouvait receler. C'était les gens qui décidaient de faire de leur vie un enfer - parfois par excès de prudence ou de paranoïa.

L'ancien contrebandier écouta en silence - ce silence attentif qui n'appartenait qu'à lui, ses yeux ne se détachant pas de celle qui le côtoyait - ce qu'elle avait à dire. Elle demandait des réponses, des réponses qu'on ne voulait pas lui donner. Il fallait bien admettre que Zexion n'était pas d'un naturel bavard ; Tosca était directe et franche, mais ne savait pas la totalité de bien des choses. Si on demandait quelque chose à Fran, il y avait de fortes chances qu'elle se mette à parler des mystères laissés par R'Hollr pendant dix minutes et la nécessité de laisser dans l'ignorance les non croyants au Dieu de la Lumière, avant de redemander quelle était la question. Davos était ainsi l'un des seuls à pouvoir donner une réponse nette et claire, s'il était en mesure de la donner, évidemment. Il ne pouvait se vanter de savoir tout, et ne le ferait certainement jamais. Il réfléchit quelques instants à la réponse qu'il pouvait lui offrir. Les gestes de cet homme comptaient parfois bien plus que les paroles qu'il prononçait. Il y avait des choses qui se faisaient, plus qu'elles ne se disaient.

"La méfiance est de rigueur chez les Initiés, Ligéia," dit-il, ne voulant pas mentir - Stannis haïssait le mensonge. "Si tu étais indigne de confiance, Zexion te l'aurait déjà fait comprendre. Néanmoins, à ses yeux, tu dois faire tes preuves, et sans doute est-ce pour cela qu'il te paraît si hermétique. Son silence ne veut pas dire qu'il ne veut pas de toi ou qu'il te considère comme inutile. Crois-moi, il vaut se méfier de sa colère, que de son mutisme. Il est droit et franc, direct et honnête. Il est seulement plus réservé et plus taciturne que bien d'autres."

Il n'était pas sans songer que Ligéia lui ressemblait, d'une certaine façon. A sa manière, elle ressemblait également à une parcelle de fer et d'acier, préférant se taire que de dévoiler ses vraies pensées, se casser plutôt que de plier. Davos était loin de se douter de l'amoralité ou de la potentielle noirceur qui pouvaient posséder la jeune fille, mais il était relativement bon juge de l'âme des gens ; et il ne pensait pas avoir en face de lui le visage d'une traîtresse.
Jeremy Woods. Le nom lui rappela de lointains souvenirs, des échos dans sa mémoire, une voix particulière, un visage fermé ; pendant ce temps, la jeune fille continuait à parler. Elle avait donc fouillé dans les archives des Initiés, dans les quelques documents qu'ils possédaient, pour obtenir des renseignements. Pourquoi cet homme l'intéressait-elle tant ? Puis, le nom lui fit faire le lien. Il fit un rapide calcul d'âge, mais il était vrai qu'avec les mutants, cela ne signifiait pas vraiment grand-chose. Mais il était bien possible que cet homme soit affilié par le sang, d'une façon ou d'une autre, à la mutante à côté de lui. Et cela était plus que probable, car on ne s'intéressait que presque jamais aux étrangers complets.
Comme indice supplémentaire apparaissait la fêlure dans la voix de la jeune fille. Colère, dédain, mépris peut-être, il n'aurait su définir, sur les traits impassibles de la jeune figure près de lui, quel était ce qui l'emportait. Mais si elle avait espéré que cela passerait comme une demande neutre d'information, cela échouait, pour cette simple raison. Il s'interrogea sur la nuance qu'elle avait établi sur le mot démissionner. Etait-ce une simple question théorique ou pratique ? Croyait-elle que tout Initié voulant se retirer, finissait avec la tête coupée ? Tout dépendait de la personne qui partait alors. La réponse lui importait ; la question n'était pas si innocente. Voilà ce que Davos, dans son esprit simple, en déduisait.
Le reste des paroles de la jeune mutante parlèrent pour elle. Oui, elle était liée à ce Woods. Peut-être son père. Probablement son père. On n'avait cette tension ténue mais présente, ancrée, dans la voix, que lorsqu'on s'approchait des choses auxquelles on tenait. En somme, si ce n'était son ton, c'était la manière de parler de Ligiéia, qui la trahissait. Elle n'avait jamais parlé de sa vie privée, certes, mais il en devinait quelques aspects, quelques échos dans les mots semi-avoués qu'elle disait. Si Jeremy Woods ignorait qu'elle était ici, c'était qu'il aurait dû le savoir, qu'il était bel et bien son père, et qu'elle ne lui avait jamais parlé de son "initiation." Pourquoi voulait-elle en revanche qu'il ignore tout ? Les relations entre eux deux n'étaient pas au beau fixe. Mais il ignorait tout ce que cet homme avait tenté de transmettre à sa fille.
Seaworth se redressa légèrement, détournant son regard pour la première fois depuis qu'ils étaient assis, d'Anne. Son regard attiré par l'eau comme les fibres de son corps à elle l'y appelaient également, il répondit calmement, posément, avec objectivité :

"Jeremy Woods a été soupçonné et accusé de vouloir rejoindre les Invisibles en quittant les Initiés, par le passé. Tu sais la Grande Guerre qu'il y a eu. Zexion ne pouvait évidemment tolérer une chose pareille. Il l'a renvoyé, voilà tout. Un Initié peut démissionner, s'il garde le secret à vie de tout ce qu'il a fait parmi nous. Nous ne sommes pas une secte, ni une cage. Si Woods est toujours en vie, c'est qu'il n'a jamais rien dévoilé. Il est parti avant d'être remercié. Et j'espère pour lui qu'au grand jamais il n'a approché les Invisibles, auquel cas il serait de nos ennemis, comme les Ombres aujourd'hui."

Il releva le regard vers elle, ses yeux gris l'examinant avec attention. Il se demandait ce que ce père avait jamais raconté à Ligiéia, des Initiés. Suffisamment pour qu'elle soit au courant de leur existence, en tout cas. Mais si elles les avait rejoints, cela tenait désormais également de la quête d'identité, non du simple choix d'appartenance à un camp.

"Le monde n'est pas blanc ou noir. Il n'a rien fait pour nous porter préjudice, mais nous avons préféré l'éloigner avant qu'il ne le fasse. Et quoiqu'il en soit maintenant à son sujet, Zexion garde peut-être le silence à cause de cela, envers toi, plus que vers les autres ; mais une fille n'est pas le reflet exact de son père. On ne saurait tenir ses fautes sur ta personne."

Il ignorait, bien entendu, tout du double jeu d'Anne ; il ignorait à quel point certaines de ses explications pouvaient rendre son esprit plus assombri encore, sa personne devenant de plus en plus prisonnière d'un double jeu choisi par elle-même, d'une cage ou d'un piège dressé par ses choix, se refermant autour d'elle avant d'avoir pu décider qui elle était, et de ce que serait sa destinée.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Un petit secret de famille. ( Davos ) Lun 27 Mai 2013, 00:00

Anne écouta les réponses données une à une. Ces révélations étaient moins graves que ce à quoi s’était préparée la mutante. Elle se rendit compte qu’elle avait bien choisi. Davos se montra clair et franc. Autant que nécessaire, pour briser les dernières illusions, de l’enfant qui agonisait en elle. La morsure de la vérité fut douloureuse et pourtant elle la soulagea. Pour cette honnêteté elle fut reconnaissante. Peut-être un jour, l’occasion se présenterait-elle, où la Sirène se dévoilerait au marin ?
Mais il eu d’abord un repli. Ligéia n’avait pas la possibilité de montrer ses réactions. Cela même face à une personne en qui elle pouvait dire, qu’elle avait un peu confiance. Physiquement présente elle s’éloigna par l’esprit, allant dans le sanctuaire psychique, qu’elle avait élaboré pendant son enfance.
Elle ne fut pas étonnée par l’acuité de son interlocuteur. Tosca, autant père que fille, étaient intelligents. Il était très probable que Zexion ait –en effet- fait le lien entre les deux Woods. (Ce qui l’amènerait à faire plus attention à son comportement devant lui à l’avenir.) Ainsi y auraient-ils deux hommes dans la confidence. C’était trop mais Anne s’en accommoderait. Comme elle s’accommodait de toutes les a autres contraintes qui régissaient son existence. Déjà, elle sentait les liens se resserrer autour d’elle.

Les propos de Davos ouvraient un puits sans fond. La jeune fille avait l’impression de se tenir juste au-dessus. Elle hésitait entre le saut ou la fuite, tandis que tout son être était paralysé par un éclat de lucidité. Son regard était bloqué sur un point invisible qui se trouvait droit devant eux. Anne comprenait qu’ils finiraient par devoir l’éliminer. Plutôt, que de lui faire peur, cette réalité la rassura. Car elle avait enfin un moyen de choisir son bourreau. Une personne lui ait voulu du bien pour pouvoir agir avec mansuétude.

Il lui fallut un temps, avant de faire un geste ou de prononcer un mot.

Elle avait du mal à déterminer quelle était son opinion à présent.
Etait-ce de la déception, ou de la tristesse, qu’elle ressentait ? L’introspection n’était pas l’un de ses talents. C’était l’instinct plus que l’esprit qui dominait son être. Pourtant, sur ce banc, elle se sentait terriblement humaine. Incapable de comprendre les intentions qu’avait eues son père à l’époque. Surtout choquée, à l’idée qu’il ait été –soit ?- un acolyte d’Ascheriit et qu’il soit si vindicatif devant elle. Lui et ses interminables discours à propos d’indépendance et de sécurité, de foyer et de prudence. Il s’était bien gardé de lui dire.

« Je le sais. Je sais aussi que chaque individu est seul responsable de ses actes. Mais ça peut ouvrir un terrain… (Ligéia détacha enfin son regard du vide. Une rage froide se logeait entre ses côtes. ) S’il a travaillé avec les Invisibles, je le découvrirais. Mais j’en doute. Il est trop paranoïaque pour s’allier à ce genre de groupe. »

Il n’était pas question d’aider les Initiés mais bien de lever le mystère paternel. Cette conversation était sensée mettre fin à des soupçons provoquait l’effet inverse. Les Woods avaient évolué dans un mensonge plus grand et profond que ne l’avait supposée leur fille. En faisant cela ils avaient prit le risque de créer la situation qui se dessinait en ce jour. A présent, Anne avait besoin de savoir jusqu’où ils étaient allés dans le mensonge et la manipulation. Elle ne s’étonnait plus de maîtriser la dissimulation. Il s’agissait probablement d’un cadeau génétique.

« L’as-tu côtoyé à l’époque ? (Les deux mains blanches se décolèrent des genoux où elles étaient accrochées.) En fait, c’est peu probable. Mais peut-être qu’il y en a eu d’autres… »

Anne douta que ce mutant dur et fermé ait attiré beaucoup de ses confrères à lui. Jeremy Woods n’est pas le genre de personne que l’on peut qualifié de sociable. C’était pire depuis la migration à la campagne. Ce fut un miracle qu’il arriva à séduire son épouse actuelle. Il était tellement différent de Louise. Difficile ensuite de reprocher à la descendance l’introversion et le mutisme. Pourtant, il n’avait eu de cesse d’exiger un dialogue, pendant toutes ces années. L’hypocrisie était de mise parmi eux.
Ligèia interpréta d’une tout autre façon certains éléments de son passé. Elle leur en voulait car en plus de l’avoir cloitré ils l’avaient prise pour une idiote.

« Quoi qu’il en soit vous êtes en sécurité. Il ne parlerait même pas sous la torture. (Le visage s’abaissa vers les mains. Anne pouvait presque sentir la chaleur d’un ancien feu faire bouillir ses veines.) C’est l’une des choses utiles qu’il m’a enseigné. Zexion s’en rendra rapidement compte. Je suis un bon soldat Davos. »

L’ambition avait toujours été plus grande chez la fille que chez le père.
Un point qui était resté sous silence depuis le retour des humains au pouvoir. Un secret jalousement gardé et protégé par les barrières mentales de la mutante. La colère alla se tapir dans l’ombre de ses pensées. L’heure viendrait où l’élève dépasserait le maître. Pour l’instant, une envie aussi subite que puissante de retourner dans l’eau, pressa la jeune mutante. L’eau était le seul endroit où elle pouvait réfléchir en paix.

Anne prit conscience que son attitude pouvait paraître impolie voir inquiétante. Elle tenta de s’adoucir.

« Tu es toujours là quand il faut. J’espère qu’un jour je pourrais te rendre service à mon tour. »

Ce qui était une forme de remercîment en soit. Même si les chances d’exécuter cette proposition s’amenuisaient de plus en plus.

Ils avaient abordés le sujet principal de ce rendez-vous. Il n’y avait rien de plus à dire sans avoir à franchir la limite relationnelle qui était fixée. Ligéia pressentait chez son allié trop de finesse d’esprit pour avoir envie d’aller plus loin. Les jeux étaient déjà faits. En attendant qu’ils soient devant le fait accompli il était plus sage –et plus agréable- de s’en tenir au petit service rendu. Wood n’étant pas une adepte des banalités elle garda le silence et se pencha vers son sac et la bouteille d’eau.
Lorsqu’elle se redressa son front était plissé. Les émotions trop intenses déséquilibraient son système interne. Ce qui était fréquent depuis quelques temps. Elle sentit les premiers picotements le long de ses bras. C’était le premier signe du manque d’eau… La lassitude se lu alors sur tout son être, elle cherchait de mémoire, le chemin le plus court pour regagner l’océan.

« Il me faut un plongeons. C'est le meilleur moyen d'y voir plus clair. »

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MessageSujet: Re: [CLOS] Un petit secret de famille. ( Davos ) Dim 22 Sep 2013, 21:42

Spoiler:
 

Cette honnêteté était-elle forcément bonne à prendre ? Davos se souciait avant tout des Autres, pour ne pas dire de l'Autre ; eût-il su les conséquences de ses révélations dans l'esprit de Ligéia, peut-être n'en aurait-il pas dit autant, quoiqu'il n'y aurait pas eu moyen de répondre à ses questions avec plus de tact, sans camoufler la vérité. Il n'avait pas voulu tuer ses dernières bribes d'enfance ; et cependant il n'en était pas conscient, d'être assis à côté de la dernière innocence qu'il venait de détruire sans le vouloir. Anne aurait certainement signalé qu'elle n'était pas à sa première désillusion. La jeune femme était constituée davantage de fer que de porcelaine. Tout son être et son attitude clamaient l'enfant qui avait grandi trop vite, avant d'avoir pu profiter réellement de ce qui aurait dû être sa vie. Il le regrettait. Chaque être devait faire son choix, sans cependant maturer trop vite, au détriment de tout ce qu'il pouvait expérimenter. Et elle était par trop distante, de toute façon. Tout comme Stannis, elle restait silencieuse et à l'écart, là sans jamais l'être, l'esprit perdu dans ses pensées et le regard dans l'eau, plutôt que le feu. Elle possédait autant de mystère que le chef des Initiés.

Devraient-ils vraiment éliminer le père de la jeune fille ? Rien n'était moins sûr. Il n'avait pour l'instant porté aucune atteinte aux Initiés, quand bien même ils devaient garder un oeil sur lui de temps en temps. Bien sûr, s'il avait su de quel côté était Jeremy Woods à présent...nul doute que la question aurait été directement tranchée. Et que Stannis aurait été plus que méfiant désormais avec la fille d'un traître, allant jusqu'à l'interroger ou le garder enfermée quelque temps. La fille devait-elle pour autant suivre le chemin du père ? C'était au destin - aux personnes concernées - de décider. S'il respecta son silence, il ne pouvait s'empêcher de s'en interroger sur les raisons. L'apparence métallique de la jeune fille ne l'y aidait guère. Il ne peut s'empêcher de remarquer à quel point il avait du mal à la considérer comme une jeune femme. C'était qu'au-delà de son apparence froide, elle devait lui inspirer de l'affection, et un sentiment protecteur, presque paternel. Il ignorait le tourbillon que la vérité faisait naître en elle. De la honte, de l'incompréhension, du refus ? Aucune trace d'émotion n'apparaissait pourtant sur son visage, telle une statue de marbre. Mais elle finit par se retourner vers lui, pour répondre. Davos examina avec soin son visage, sans pouvoir deviner la rage qui naissait dans son ventre.

"Les Invisibles n'ont plus d'importance désormais. Mais s'il a rejoint les Ombres, nous devrons nous intéresser de nouveau à lui. Et agir en conséquence."

C'était autant une constatation qu'un avertissement. Si le pire devait arriver, Ligéia devrait se battre contre son propre père, au nom des Initiés. Or, le devoir n'était parfois pas assez fort pour vaincre les liens du sang. Il se promit de se tenir au courant de toute rumeur, et de surveiller Ligéia, plus par affection cependant, que par méfiance.

"Si tu découvres quelque chose, fais-m'en part immédiatement. Je ne voudrais pas que tu te retrouves à lutter contre quelqu'un de ta famille, Anne. Mais parfois les chemins pris ne nous donnent pas le choix. Les idéaux, les principes, sont parfois plus importants."

Il imaginait désormais mieux la tempête qu'il devait y avoir dans la tête de la mutante. Il ne savait comment lui dire qu'il y était sensible, et qu'il comprenait à quel point cela devait être dur pour elle. Alors il choisit de faire un geste tout simple, probablement inhabituel pour une personne si peu habituée aux contacts : quand elle décolla ses mains de ses genoux, il prit sa main la plus proche dans la sienne, et la serra doucement, en signe de compréhension. Comme pour dire qu'il était là. Il tâchait d'y transmettre la chaleur de son appréciation pour la jeune fille.
A ses questions, il resta silencieux un autre moment, fouillant ses souvenirs. Les choses lui revenaient peu à peu en mémoire.

"Cet homme avait une passion pour la mer, les bateaux, je crois. Il n'est pas impossible que nous ayons discuté ensemble là-dessus, étant le seul à être ainsi lié par l'eau. Mais très honnêtement, je ne garde pas de grands souvenirs de lui."

Comme un certain alter ego littéraire, la mémoire lui faisait parfois défaut. Il fallait bien quelques défauts à cet ancien marin. Si elle l'assura de la capacité à se taire de son père, il n'en répondit rien. Craquer était toujours possible, songea-t-il, alors qu'elle baissait le regard sur ses mains. Il ôta la sienne doucement, de peur de l'avoir agacée ou offensée. Quant à sa propre assurance, il devait avouer qu'elle l'inquiétait peut-être plus qu'autre chose.

"Zexion est-il au courant de tout cela ?..." Il comprit ce que signifiait le sous-entendu. A nouveau il voulut prendre sa main, mais renonça. "Zexion a besoin d'une "armée", mais ne crois pas totalement qu'il ne s'agit que de cela. Des hommes ne peuvent suivre un leader, s'ils ne l'estiment pas, que ce soit un simple respect ou de l'amitié, de la loyauté. Pour ma part, je t'avoue que te voir aussi renfermée, ne me plaît guère. Tu es tellement plus jeune que la plupart d'entre nous."

Peut-être fut-ce cela qui la poussa à le remercier, d'une certaine façon. Qu'elle s'excusa en partie de sa sécheresse. Il acquiesça d'un signe de tête, son regard la remerciant, même s'il ne souriait pas. Il aurait voulu dire qu'il n'était nullement question de services, mais c'était ainsi que certains qualifiaient les conséquences de l'amitié. Il ne pressentait pas la méfiance qu'elle pouvait entretenir à son égard. La télépathie aurait été parfois bien utile à Seaworth. Il devait se contenter des paroles et des gestes, des expressions faciales, en espérant que cela serait suffisant. Elle finit par dire qu'elle avait besoin d'un plongeon. Il en savait suffisamment sur sa mutation pour comprendre.

"Veux-tu que je t'accompagne ?"

C'était une simple question. Il était sûr qu'elle dirait non. Mais ce n'était pas sa faute s'il était lui aussi amoureux de l'océan, à sa manière. Et pour tout dire, plus que de percer les secrets et les mystères d'Anne, il aspirait à pouvoir lui permettre de quitter quelques instants son masques, son silence - qu'elle se sente libre et non plus opprimée, comme cela semblait tant être le cas quand il la voyait. Elle était décidément difficile à déchiffrer, pour lui.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Un petit secret de famille. ( Davos ) Sam 05 Oct 2013, 21:36


De tempêtes, Ligéia, doit à présent en affronter deux simultanément. Celle de son esprit et celle de son corps.

« Donc, à partir de maintenant, je dois considérer que tu es mon supérieur direct ? »

Anne préfère –largement- avoir Tosca, plutôt que Lannister, comme interlocuteur avec le groupe. La raison en est simple. Le premier est plus facile à comprendre et à satisfaire que le second. Mais la jeune femme se garda de partager cette opinion avec le bras droit du leader. Le nombre de confidence a déjà dépassé le seuil critique dans cette conversation. Elle ne connait pas le degré d’impartialité du marin. Elle ne prend jamais de risque inconsidéré. Sait-on jamais ce qui peut être rapporté au pyromane …

Quant à la question de dénoncer ou pas un père. Anne Woods sait très bien qu’elle n’en est pas capable. Ça ne se place ni en terme de loyauté, ni en terme de sentiment. Jamais on ne lui fera vendre la vie de l’homme qui l’a préparée à venir dans ce monde hostile. Cela même si les reproches existent. Même s’il avait fait des erreurs. -Ni Davos. Ni même Richard pour qui elle conçoit pourtant aussi une sorte de loyauté.-  Le père et la fille ont beaucoup à régler. Mais c’est entre eux. Ça ne regarde personne. Le sombre mutant a au moins une garantie … la dévotion de sa fille unique. Malheureusement Grégory Woods n’est plus. Plus personne, sur cette planète, n’est en mesure de prévenir la Sirène, que cet indéfectible –et dangereux- sens de l’honneur ne vient pas de son propre fait. Il s’agit d’un autre secret de famille. Un secret encore plus noir et destructeur que tout ce que peut savoir l’Initié.
Ainsi vint la réponse la plus honnête que la jeune femme peut se permettre dans sa situation.

« Ne t’en fais pas pour moi. J’ai grandi avec un militaire. Je sais que c’est qu’un idéal. Il n’y a que ça pour justifier un combat et des morts. Ils passeront devant le moment voulu. … Je n’en ais pas. Mais je respecte ceux du groupe. »

Stannis en témoigne d’ailleurs. Il a engagé une jeune femme qui ne croit en rien. Anne ne s’en était pas cachée. Le deal avait été très clair dès le départ. Elle offrait ses services et lui sa protection. En temps de conflit c’est suffisant.
La fille d’un gradé s’était retrouvée mercenaire de son plein gré.

Quoi que le geste d’affection de Seaworth fût fait avec bonne intention, il demeura une agression, dans le psychisme complexe de sa protégée. Davos, ne du qu’au sang-froid et à l’entrainement de sa consœur, de ne pas avoir le dos de la main attaquée.
Sous le masque de fer de sa voisine sourde l’un des soldats de Tutor. Elle n’était pas la meilleure des disciples mais elle savait se défendre avec efficacité. Il faut dire aussi que cela faisait très –très- longtemps que plus personne n’a essayé de toucher cette jeune femme. Elle n’a pas besoin de dire quoique ce soit, pour que les gens comprennent, qu’elle ne voulait pas de contact physique. Aucun. Jamais. C’était très bien comme cela. Elle laissait ce mode de communication aux autres.

Anne avait pourtant eu droit à toutes sortes preuves d’affections. Ses parents s’étaient occupés d’elle. Mais dans cette famille, aucune caresse n’est donnée, gratuite, il fallait l’obtenir, comme une récompense. Ce n’était, qu’une fois les devoirs accomplis, que l’enfant pouvait s’approcher des bras de sa mère. Jeremy et Meredith avaient agis avec discernement. Ils avaient ainsi fait comprendre la chose la plus essentielle à leur fille : il ne faut absolument rien attendre des autres. Pas même un geste tendre. Surtout pas un geste tendre. Peu à peu l’enfant, puis l’adolescente, s’étaient insurgées contre ce système injuste. Mais, puisque tout le monde restait sur ses positions, les éléments s’étaient mit en place. Ils ont fait leur œuvre monstrueuse. Ligèia avait peu à peu dénigré l’aspect charnel des relations entre êtres humains.  Il n’y eu alors plus que Grégory, son parent le plus proche, pour s’opposer aux méthodes de son frère. Il avait offert une épaule à Anne contre laquelle pleurer. En étant tué, ce mutant avait privé sa nièce d’un pilier affectif, dont lui-même avait minimisé l’importance.

« Une chance pour moi que j’ai eu des écailles plutôt que des plumes ...  »

La voix manqua d’ironie pour avoir la forme d’une véritable plaisanterie. Peut-être parce que malgré son amour Jeremy n’a eu de cesse d’avoir des exigences envers la chair de sa chair, jusqu’à oublié qu’il y a des choses plus importante qu’une puissance de frappe ou une capacité d’analyse. Ce n’est pas ce qui occupe les pensées de la demoiselle.

Voilà qu’aujourd’hui, un homme, dont Woods ne sait presque rien, a le même comportement avec elle. C’est si inattendu, si troublant, qu’elle se sentit presque abandonnée lorsque l’italien retira sa main dessus la sienne.  

« Je ne sais pas. S’il le sait ce n’est pas de moi. D’après mon père le fait qu’il soit un bon résistant psychique est connu de ses ennemis. Enfin c’est ce qu’il dit. Tutor. C’est son alias et il ne l’a pas volé. »

Pour la suite Anne se contenta d’abord d’hausser des épaules. Tout ce qu’elle peut dire il doit s’en douter.

« Je respecte Stannis Lannister. Sinon je serais allée voir les X-Men. (Mais c’aurait été pire que de l’hypocrisie. Ici au moins les intérêts sont –en partie- partagés. Davos n’est pas le premier à lui faire la remarque. Il s’entendrait bien avec la mère de la petite Sirène.) Jeune et mortelle oui. Ce n’est pas une question d’âge. J’ai toujours été comme ça. Je sais que ce n’est pas évident à gérer pour les autres. Parfois j’aimerai bien être plus… expansive. Mais je ne sais pas faire. On m’a plutôt apprit à garder les choses pour moi. C’est comme ça. Tu sais… tout ça, pour moi, c’est… enfin, c’est déjà beaucoup en fait. … Et puis l’expérience prouve souvent que plus tu aimes plus tu souffres. Je ne suis pas très résistante à la souffrance. »

Cette –longue- explication n’avait eu qu’un seul objectif celui d’apaiser le marin. Apaiser, voilà la seule générosité de cette jeune fille. C'est à ça qu'elle passe son temps. Ligèia, n’attend pas de sauveur… ni de père de substitution. Elle ne veut pas que ce sympathique mutant s’encombre l’esprit avec son « cas ». Il y a des choses autrement plus importantes. Aucun d'eux ne devaient se préoccuper d'elle. C'est bien trop risqué.
Aussi déclina-t-elle sa proposition d’un sourire poli légèrement plus doux.

« Je vais dans des endroits inaccessibles.   »

En tous cas pour la majorité des mutants…
La malchance lui a déjà fait perdre une cachette. La nouvelle est encore en cours d’aménagement. Celle-ci personne d’autre ne la connaîtra. Absolument personne.

Anne attrapa son sac à dos, le lança sur son épaule, puis se leva. A présent elle a hâte de rejoindre l’océan. Mais elle ne précipita rien. La précipitation est une erreur. Elle fixa le marin pendant quelques secondes. Le temps de marqué cette rencontre dans sa mémoire. Et comme dans un rêve, Ligèia, tendit lentement son bras vers lui, pour une poignée de main. Ce geste, à nul autre pareil, prouva que le corsaire venait de remporter une –petite- victoire contre la forteresse de la demoiselle de fer.

« A bientôt. Passe le bonjour à Floria.  »

Un quart de tour et la silhouette s’éloigna d’une foulée vive et déterminée, pour répondre au chant de l'eau, la voix de son âme qui s'enfonça un peu plus dans les abysses.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Un petit secret de famille. ( Davos ) Mer 27 Nov 2013, 23:40

Au risque que certains prennent l'esprit du marin comme particulièrement lent, il fallait bien avouer que l'attitude de Ligéia rendait Davos parfois bien songeur et perplexe. L'ancien contrebandier n'était pas dénué d'intelligence, loin de là ; par certains égards il était plus apte que d'autres à saisir l'âme des gens. Mais il devait bien reconnaître que comme d'autres, sa compréhension était assez limitée, quand il s'agissait d'opinion qui différaient sensiblement des siennes. Cela ne l'empêchait pas d'essayer de comprendre l'autre, non ; mais une barrière se dressait alors, même s'il ne demandait qu'à l'abattre.

« Donc, à partir de maintenant, je dois considérer que tu es mon supérieur direct ? »

Davos esquissa mentalement une moue. Il ne s'était jamais considéré comme le supérieur, direct ou indirect, de quelqu'un, et cela continuerait ainsi. Il n'était qu'un fils de pêcheurs et rien d'autre, là où dans le groupe des Initiés on trouvait des gens de plus haute lignée. Il était le plus bas parmi les plus bas, niveau rang. Et il ne se considérait pas comme supérieur à qui que ce soit d'autre, même à une jeunette qui semblait avoir parfois un cœur de fer au lieu de sang. Certes, il était plus facile à satisfaire, peut-être. Mais il était aussi de ceux qui étaient les plus imprévisibles, si jamais l'on venait à abuser de sa confiance.

  « Stannis reste ton supérieur. Tu peux me parler de ce que tu veux, mais je ne suis pas ton chef. »

Tant pis si elle espérait le contraire ; il ne pouvait lui mentir en dépit de son affection pour elle. La hiérarchie était ce qu'elle était, et il ne se serait nullement risqué à se croire plus supérieur qu'il ne l'était. Les choses étaient ainsi faites. Entre Stannis et lui, le choix était vite fait. Bien entendu, il n'attendait pas d'elle qu'elle livre son père. Le contraire l'aurait probablement étonné ; il imaginait à quel point le cœur de Ligéia devait être tiraillé entre deux sens inverses, sans savoir que cet organe était fait, pour la sirène, du même matériau que celui de Zexion. Elle était elle aussi une militaire et faisait passer le devoir avant tout. Davos était capable de comprendre cela, sans jamais pour autant y adhérer complètement. Il était plus un homme de cœur, que de fer, voilà tout. C'était ce qui le différencierait pour toujours de Stannis. Il savait dans quelles conditions Anne s'était engagée auprès de Stannis.
Seulement il voyait à côté de lui, une jeune fille, la naissance d'une jeune femme, et non un soldat. Et cela ne risquait pas de changer. Ce fut pourquoi il effleura sa main, sans se douter d'à quel point elle dut se maîtriser car elle percevait cela comme une pure agression directement dirigée contre elle, et non un geste d'affection. Lui qui avait été toujours ouvert et tactile avec Floria, il se voyait mal agir d'une autre manière envers quelqu'un qui aurait pu être sa fille. Il ne saisit pas la plaisanterie, mais il comprenait seulement qu'Anne ne le rejetait pas, en dépit de ce geste, en dépit qu'elle eût peut-être l'air troublé, une fraction de seconde.

Il nota qu'elle parlait beaucoup de son père, évidemment, maintenant que le tabou était brisé. Comme si cela avait libéré quelque chose en elle, non seulement la parole bien entendu, mais aussi un petit flux de souvenir, une explication peut-être, de ce qu'elle était. Ce type de relations n'était jamais simple. Seulement, ce père apparaissait lui aussi de fer, et la conséquence de tout cela était la froideur et l'inaccessibilité de la jeune fille. Plus que jamais, il se prit à regretter que la destinée d'Anne ait pris telle direction – elle aurait eu le droit de vivre autant que toute autre. A sa tirade il ne répondit qu'une chose, qu'il avait apprise avec les années.

« C'est de l'amour qu'on tire les plus fortes expériences et significations, Anne, quelque soit le genre d'amour d'ailleurs. Il n'y a pas de plus belle chose. Cela illumine l'âme. On peut souffrir après, oui, et même beaucoup. Mais cela en vaut la peine – c'est une des choses qu'on peut pourchasser, de crainte de voir ces sentiments s'enfuir sans jamais les rattraper. L'amour nous définit, Ligéia, chacun à notre manière. »

Se sentait-il apaisé ? Pas vraiment. Une part de lui continuerait à s'inquiéter pour la jeune fille. Mais à sa phrase suivante, il ne put retenir un sourire. Il voyait, compte tenu de la parenté de leurs dons, de quel genre d'endroit elle voulait parler. Et plus qu'un autre, il savait cette attirance pour la mer. C'était un élément aussi invincible que la vie, de bien des manières. Les vagues murmuraient toujours le nom des souvenirs précieux ou qu'on voulait oublier.
Anne toucha à son tour sa main, après s'être relevée. Elle lui serra la main, simplement, sincèrement, et si cela ne lui serra pas le cœur inexplicablement, un sourire dans son regard apparut envers elle, bienveillant, et chaleureux. Peut-être n'était-ce que le premier pas d'une meilleure compréhension entre eux deux, et simplement, il s'était approché de la sirène sans être refoulé. Ni repoussé, ni critiqué. Oui, c'était une petite victoire.

 « A très vite, petite sirène. »

C'était à la mer qu'elle appartenait. A cette déesse-mer elle appartenait en effet, plus que Davos ne pourrait jamais le dire pour lui-même, en dépit du temps passé sur les navires. Si cela les rapprochait en partie, cela les éloignait aussi. Tout amoureux qu'il soit de l'océan, jamais il ne pourrait en supporter l'entière et froide solitude au fond de l'eau, d'une eau emplie de secrets, certes. Mais c'était là un mystère trop obscur pour lui-même ; la lumière grise disparaissait dans l'obscurité totale, et bien habile serait celui qui pourrait y percevoir la lueur des sentiments, ces sentiments dont l'ancien contrebandier se servait comme d'une ancre pour survivre au fil des siècles qui défilaient, et qui défileraient encore.


Fin


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