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[CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos]

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Identité : Rafael Baldwin
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MessageSujet: [CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos] Jeu 02 Mai 2013, 01:20

« Amour, amour !
Ton véritable nom est jalousie. »



La soirée avec Floria s'était relativement bien déroulée, malgré tous les non-dits et tout ce qu'il s'était passé. Certes, mieux vaut ne pas revenir sur ce qui était arrivé au manoir Spencer. Malgré nos attitudes naturellement méfiantes et secrètes, nous parvenions finalement à nous connaitre et à nous apprivoiser, peu à peu. Elle me parlait d'art avec passion, elle critiquait telle ou telle cantatrice qui était de ses collègues. Elle semblait faire partie d'une famille à laquelle elle tenait beaucoup. C'était de son père, du moins, qu'elle parlait le plus. Un homme bien sous tous rapports, juste, loyal et honnête, disait-elle avec fierté. Je lui répondais avec un sourire alors que j'avais le cœur prêt à mourir. Pourquoi fallait-il que l'homme qu'elle admirait tant, fût tout ce que je n'étais pas ?
J'étais certes moins loquace même si je commençais à percevoir, qu'elle avait besoin de plus de réponses. C'était là le problème avec la majorité des femmes ; incapables de poursuivre une relation sans tout connaitre de leur partenaire. Curieusement, j'étais de plus en plus pessimiste vis-à-vis d'elle, sans pour autant vouloir cesser quoique ce soit. C'était probablement égoïste mais... Elle avait su rendre mon existence un peu moins terne et sinistre.
Nous avions du nous quitter, après la fin du diner. Floria semblait décidément être une femme très demandée. Je la soupçonnais d'avoir d'autres occupations que l'opéra, mais je préférais m'abstenir de poser toute question. En effet, je n'étais pas exempt d'activités nébuleuses, moi-même. En l'occurrence, cette soirée demeurait tranquille ; aussi ai-je décidé de m'attarder au restaurant. Le bâtiment était relativement luxueux et l'étage était orné d'une terrasse destinée aux fumeurs. Je m'y aventurai et j'observai le panorama, de haut, tout en m'allumant une cigarette. A vrai dire, il y avait longtemps que je n'avais pas connu une telle quiétude.
Ce sentiment de tranquillité ne pouvait pas durer.
J'avais, en effet, depuis plusieurs minutes, la désagréable impression d'être fixé. Je préférais ne pas me tourner, et toutefois, il me semblait avoir repéré la personne qui me suivait un peu trop du regard. Je n'aurais su dire si mes craintes étaient fondées, ou si l'heure tardive me jouait des tours. Je n'aurais su dire s'il venait du ciel, ou de l'enfer, cet inconnu au regard insistant. Peut-être me fallait-il l'aborder, pour mettre fin à toute interrogation. Malheureusement, l'élan de bravoure requis pour envisager une telle action s’essoufflait toujours, avant que je n'aie esquissé le moindre mouvement. Plus le temps avançait, plus je me disais que je n'avais aucune envie qu'il m'abordât le premier. Je n'avais pas précisément la conscience tranquille. J'observai ma cigarette se consumer et, lorsqu'elle fut terminée, je n'envisageai qu'une seule chose : partir. Aussi esquissai-je le geste pour m'en aller.



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MessageSujet: Re: [CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos] Sam 18 Mai 2013, 22:35

Il fallait admettre que Davos avait clairement échoué lors de sa mission, ces derniers jours. Observateur sans le montrer, il avait fini par deviner et comprendre que sa chère fille avait à nouveau quelque prétendant dans sa vie. Si Angelo avait encore été là pour le raconter, nul doute qu'il aurait narré avec amusement ses premières rencontres avec Davos, tout en continuant à peindre le tableau ou le décor qu'on lui avait demandé. Le fiancé que la Tosca avait eu douze ans dans sa vie avait bien dû apprendre à connaître Seaworth et les questions indiscrètes qu'il posait, envers quiconque sortait avec sa fille. L'homme était en effet doué d'une jalousie et d'une possessivité parfois gênante, peut-être d'autant plus étrange et inquiétante quand on considérait l'âge de sa fille. Si Davos était en effet de ces gens pour qui l'amour envers les autres était bienveillant, jamais dirigé vers une personne en particulier ou presque, il demeurait imperturbablement jaloux, sans que cela puisse véritablement s'expliquer. Ou du moins, cette explication, ne l'accordait-il jamais aux autres et uniquement à lui-même, dans le silence et la solitude des nuits d'insomnie, ou quand il errait, rêveur et mélancolique, dans certains endroits, ou peut-être en repassant dans la chambre d'enfant vide que Tosca avait eue chez lui.
Malheureusement donc, Angelo n'était plus pour conseiller Rafael. Sans quoi il lui aurait signalé cet homme habillé de manière assez simple, pantalon et veste gris, avec une casquette dans l'ancien style, à bord court, qui n'était autre que Davos, ayant décidé de suivre Floria pour savoir qui était ce mystérieux homme la courtisant. Il avait d'abord fait une erreur monumentale en prenant Algernon pour celui-ci, mais le quiproquo s'était finalement plus ou moins résolu.
Il ne savait pas s'il se sentait toutefois plus rassuré, que ce soit cet homme ou non. Floria pouvait dire ce qu'elle voulait, physiquement, il avait une quinzaine d'années de plus qu'elle. Un regard turquoise clair et pourtant en partie indéchiffrable. Rafael lui laissait une sensation étrange et ineffable, tout du long qu'il les observa, assis à une table plus à l'écart, quand il n'était pas empêtré dans les différents couverts propres au luxe du lieu - étalage inutile auquel il était bien peu habitué, et dans lequel il faisait certainement tache. Toutefois, Floria était partie, sans pour autant le repérer. Sans doute avait-elle trop le coeur au bonheur par le dîner et la conversation qui venaient d'avoir lieu, pour se rendre compte qu'il existait un monde en-dehors d'elle et de Rafael, lors de ce dîner. Elle souriait plus et avait davantage de lumière dans les yeux, c'était vrai, depuis quelque temps, mais...Davos ne faisait automatiquement pas confiance à cet homme. C'était un mécanisme de défense paternel qui revenait, mêlé à un sentiment de jalousie et de farouche appartenance. Tosca était sa fille, et toute adulte qu'elle soit, à ses yeux, elle était encore une enfant.
Aussi, sa fille absente, Seaworth avait gardé son attention fixé sur l'homme, le fameux prétendant. S'il le ressentait, Davos ne pouvait le dire, mais en tout cas, il était vrai qu'il avait un regard quelque peu sombre, tentant de le juger par son apparence physique. Il n'était pas vilain homme, et pourtant, il avait toujours cette étrange impression qui s'en dégageait, qu'il ne saurait dire. Il ne savait pas si c'était une répulsion physique, ou simplement un sentiment de malaise ou de paranoïa, ou encore autre chose. Il lui semblait que niveau hommes plus âgés, sa fille en avait suffisamment bavé et souffert avec Scarpia. Davos l'observa finir sa cigarette, laissant tomber la cendre dans le petit récipient prévu à cet effet. Il fit alors un geste indiquant qu'il allait bientôt partir. Davos se releva à ce moment-là, bien déterminé à ne pas le laisser s'en aller seul, maintenant qu'il était certain d'avoir trouvé le bon homme - et non pas Algernon, comme il l'avait cru. Qu'il soit pourvu de bonnes ou de mauvaises intentions, il saurait bien s'il comptait, oui ou non, faire durer sa relation avec sa fille, ou s'il n'était qu'un imposteur et un manipulateur de plus. Il lui emboîta le pas, tranquillement, et attendit qu'ils soient sortis du restaurant pour s'approcher, neutre, à la limite de l'affabilité.

"Excusez-moi, auriez-vous une cigarette, s'il vous plaît ? Tous les bureaux de tabac sont fermés et je n'en ai pas racheté. Je vous la rembourserai, si vous voulez."

C'était triste à dire, mais c'était la seule idée qui lui était venue pour aborder cet homme sans parler de Tosca d'abord, quand il l'avait vu s'attarder pour fumer sur la terrasse. Son regard gris clair n'avait rien d'un argent fondant et et aimable ; il tenait désormais plus de l'acier dur, alors qu'il observait davantage ce "rival" dont le visage avait du mal à lui laisser une impression claire. S'il n'était pas transparent, ce n'était pas forcément le mieux pour Rafael. Les hommes innocents n'avaient rien à se reprocher, et cela se lisait sur leurs traits. Et il n'en faisait pas partie, sans que pour autant il parvienne à décider s'il était là pour la perte ou le bonheur de Floria.

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MessageSujet: Re: [CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos] Dim 09 Juin 2013, 14:04

Parce que la relation menée avec Tosca n'était pas suffisamment compliquée, il avait fallu que la fatalité ajoutât un obstacle supplémentaire. Mécontent de nous séparer par une appartenance à des groupes adverses, des intentions probablement contraires, ou encore l'ombre omniprésente d'une fatale enchanteresse, le destin avait jugé bon d'ajouter à l'équation un père sur-protecteur, jaloux et possessif. J'ignorai, sur le moment, qui il était et quelles étaient ses intentions, et je n'éprouvai toutefois nul désir de le découvrir. D'anciennes rencontres et des conflits d'un temps passé avaient contribué à me rendre vigilant. Il faut préciser que si j'avais tout de suite su ce qu'il m'attendait avec un homme tel que Davos Tosca, j'aurais certainement mis le plus de distance entre lui et moi, sans jamais chercher à le revoir, d'une quelconque façon que ce soit. Et si Floria devait compter parmi les sacrifices, il en serait ainsi. Qu'importe, les accusations de traitrise ou de lâcheté ne me faisaient plus éprouver la moindre honte depuis longtemps ; une once de culpabilité, peut-être, mais quelqu'un avait dit que l'on s'habituait à, et s'ennuyait de tout, car c'était là une loi de la nature. Je savais pertinemment que je n'attirais jamais la sympathie ou la confiance d'autrui, et je ne pouvais décemment leur donner tort ; il était donc naturel de fuir cet inconnu, sans chercher à en savoir davantage. Si la curiosité avait longtemps compté parmi mes défauts, j'avais appris à m'en défaire. Malheureusement, l'objet de tous mes tourments finit par parvenir à m'aborder, à l'extérieur du restaurant :

"Excusez-moi, auriez-vous une cigarette, s'il vous plaît ? Tous les bureaux de tabac sont fermés et je n'en ai pas racheté. Je vous la rembourserai, si vous voulez."

Je me tournai finalement vers lui, pour lui faire face, et pus enfin le contempler à ma guise. Si je le dépassais, il était loin d'être un homme à l'apparence chétive ou vulnérable. Son visage marqué avait beau inspirer la bienveillance, il paraissait évident qu'il appartenait au nombre des hommes qu'il valait mieux ne point mettre en colère. Il était bien connu qu'il fallait se méfier des gens apparemment calmes et bien élevés, par dessus tout. Sa tenue vestimentaire était simple, tout en manquant de naturel et en discordant avec les lieux. Il faut croire qu'il avait recherché une apparence discrète avant d'entreprendre de me suivre, et que cela était visiblement un échec. Si j'étais certain de ne l'avoir jamais vu, je m'efforçai de remarquer le moindre détail, pour m'en souvenir sans peine. De toute évidence, sa main droite avait souffert de quelque amputation, et je n'aurais su dire s'il était question d'un accident ou non. Cette barbe dont il s'entichait le faisait sans nul doute paraitre plus âgé qu'il ne l'était réellement, quoique j'avais appris à ne point tenir rigueur des apparences, à force de côtoyer des immortels à répétition. Son regard était, en définitive, ce qui m'avait fait la plus forte impression. Il avait beau m'avoir abordé avec sérénité et courtoisie, ses yeux étaient ni plus ni moins faits de métal. Je ne doutais pas qu'ils pouvaient se faire plus chaleureux, mais je n'avais personnellement droit qu'à leur froideur et leur suspicion. Cet homme se méfiait de moi et me détestait, sans encore me connaitre. Et ma foi, lorsqu'il aurait appris à le faire, il comprendrait que les premières impressions étaient toujours fondées. Pour ma part, j'ignorai encore quoi penser à son égard. Curieusement, il ne m'inquiétait plus et il m'inspirait davantage de curiosité qu'autre chose. S'il paraissait robuste, un je ne sais quoi lui donnait un air par trop naïf et honnête. Ce type de personne était aisé à manipuler. Je n'en demeurai pas moins déstabilisé, pour ne pas dire troublé, et j'étais bien en peine de comprendre pourquoi et comment un type aussi quelconque me faisait éprouver des émotions si contraires.


Bien sûr, répondis-je finalement, en lui tendant une cigarette.

Je lui prêtai également du feu et ne détournai pas une seconde mon regard de lui. Je n'allais pas tarder à savoir s'il s'agissait réellement d'un fumeur étourdi comme on en rencontrait peu, tant cette substance rendait dépendant, ou si cette demande n'était qu'un prétexte.


Et je ne suis pas à une cigarette près, ajoutai-je, aussi détaché que possible, sans pour autant parvenir à sourire.

Quelque chose clochait avec cet homme-là. Je n'osai toutefois pas lui demander directement ce qu'il attendait de moi, et d'ailleurs, cela aurait été fort imprudent de ma part. Mieux valait évaluer le rival au maximum, avant de se risquer à l'affronter explicitement. J'avais de toute façon une longueur d'avance, tant il semblait convaincu, que je ne l'avais jusqu'alors pas repéré.


Je crois que vous sortez également du restaurant. Vous diniez donc seul ? demandai-je, ce qui, il faut l'avouer, était une habitude rare.

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MessageSujet: Re: [CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos] Mer 24 Juil 2013, 19:02


Nulle fatalité n'existait ; Davos faisait partie de ces quelques hommes qui n'avaient jamais cru au destin, malgré la présence de Fran parmi les Initiés. Et en vérité, si Tosca était séparée de Rafael par toutes ces ombres, ces fantômes, dont il soupçonnait l'existence sans encore la voir de manière réellement concrète, il n'était pas faux de remarquer que c'était ces mêmes variations qui le maintenaientt en tant qu'ennemi de Davos. Même s'ils avaient une chose en commun, que l'un avait assouvi, c'était le fait d'aimer ou d'avoir aimé Fran. Cette femme qui était tour à tour un ange ou un démon, les obsédait tous les deux, quoique de manière différente, et de plus, ils en étaient également venus à la haïr. Cela, plus le fait qu'ils étaient reliés à Tosca, était sans doute la seule similitude entre eux. Jamais on n'avait trouvé, sinon, de natures et d'idéaux plus contraires et opposés. Du moins, quand on excluait l'aspect de jalousie, et de possessivité.
Et Seaworth ignorait tout du futur ; aussi n'était-ce pas dans le présent, qu'il allait pour une fois reculer, et manquer au devoir qu'il s'était fixé. Sa confiance envers Roxas, tout comme une simple cordialité, frôlaient le degré de nullité ; l'humain ne devait qu'à Tosca, le fait de s'être fait aborder de manière un peu près aimable pour l'instant. C'était par respect envers elle, que Davos tâchait de prendre des gants, pour l'instant, avec cet inconnu. Il savait parfaitement que dès que Tosca serait au courant, il ne manquerait pas d'avoir une scène de colère et de reproches, à supporter ; mais pour l'instant, il était libre, et incertain même de ses propres réactions. Tout dépendrait de la manière de réagir, du prétendant actuel de la cantatrice. Et Davos n'apprécierait certainement pas que sa fille soit considérée comme un sacrifice ou un simple moyen. Doutes, épée de Damoclès, dont Roxas se serait sans nul doute bien passés.

L'ancien marin avait du moins réussi à aborder l'homme, sans trop éveiller de soupçons, du moins l'espérait-il. Comme quoi, même après six cent ans d'existence, on pouvait rester crédule, voire émerveillé, pour des choses anodines et insignifiantes, aux yeux de la plupart des gens. Il subit l'examen de Roxas sans ciller, gardant son apparence tranquille et son regard tranchant. S'il avait déjà pu l'observer de loin, ce « rapprochement » lui permettait de confirmer ses impressions sur l'homme. Au-delà du regard turquoise de Roxas, planait la vérité que Davos pouvait voir, de manière imaginaire peut-être, dans les yeux de tous les humains : qu'il était voué à la poussière, plus tôt que les autres. Il y avait là une sorte de gravité clairvoyante, de lucidité qui semblait apparaître au creux des prunelles de l'humain, par ce fait ; et cependant, Davos n'était pas homme à le prendre en pitié, pour l'instant. L'intérêt premier était celui de sa fille, avant tout. Et il était loin d'imaginer que Roxas, dans son observation de lui-même, pensait qu'il faisait partie des personnes aisées à influencer. Cela était certes parfois le cas, encore que le mutant savait déceler la vérité du mensonge, et il n'était pas d'attitude hypocrite, qu'il ne pût repérer et détourner, voyant parfois mieux dans l'âme des gens, que ceux qui prétendaient avoir un tel pouvoir.

« Merci », fit-il, en faisant bien attention à prendre la cigarette entre les doigts de sa main mutilée, sans qu'elle ne puisse glisser.

Il avait eu assez de présence d'esprit pour songer, au dernier moment, qu'il ne pourrait utiliser un briquet, qu'avec sa bonne main. Il eut un autre hochement de tête, pour remercier Roxas de l'objet. Néanmoins, l'assurance qu'il avait, de par sa personne et de sa certitude d'être dans le juste, ne pouvait être que dérisoirement démentie, par le fait qu'il mit plus de quelques secondes qu'un fumeur normal, à allumer la cigarette. Quant aux bouffées, n'en parlons pas. Davos n'était certes que ridicule à cet instant ; il n'avait jamais fumé de sa vie, pour autant qu'il s'en souvienne, et il mit un temps à aspirer le parfum nocif, comme il se convenait de le faire. La demande n'était à la fois qu'un prétexte, mais aussi une demande faite par un étourdi, vierge de toute substance toxique auparavant, excepté peut-être l'alcool. Et encore, même cela, il n'en avait jamais consommé à outrance.

« Et je ne suis pas à une cigarette près. »

Seaworth perçut l'absence de naissance du sourire sur les lèvres de Rafael, à sa seconde phrase ; il en déduit qu'il était autant sur le qui-vive, que lui. Se doutait-il, ou n'était-ce qu'une attitude naturelle ? Pourquoi Tosca l'aimait-il donc ? C'était en tout cas quelqu'un de patient. Davos savait que des deux catégories extrêmes de femme, certains n'auraient pas hésité à pousser la cantatrice vers le champ  « frigide ». Cela témoignait d'un certain effort de volonté ; il n'était cependant pas un libertin, ou du moins un séducteur, qui se serait acharné jusqu'à vaincre, quel qu'en fût le temps demandé.

« Merci de votre obligeance », concéda-t-il, poliment, en lui rendant le briquet.

Quelle drôle de situation, de commencer par les politesses, ce qui allait virer en conflit ; de montrer un masque souriant, quand les pensées étaient toutes autres.
Un silence s'écoula cependant, pendant que l'un et l'autre étaient plongés dans leur méfiance et réflexions respectives ; Davos jetait quelques regards de biais à Rafael, tâchant de lire ce qu'il pouvait de lui. Il aurait évidemment tellement plus simple de demander des explications à Floria ; il aurait été alors évident pour elle, de ne raconter que ce qu'elle voulait. Où qu'ils en soient dans leur relation, Davos ne pouvait imaginer jusqu'où ils avaient été.

« Je crois que vous sortez également du restaurant. » finit par reprendre l'homme à ses côtés. « Vous dîniez donc seul ? »

Davos ne pouvait dire qu'il s'était attendu à une question en particulier ; néanmoins, il haussa les épaules, tout en continuant à tirer maladroitement sur sa cigarette, conscient qu'il allait devoir finir jusqu'au bout ce bâton infect, s'il ne voulait pas perdre toute crédibilité. C'était censé détendre, il ne voyait pas en quoi, certainement pas en irritant la gorge.

« J'étais seul », approuva-t-il. « Parfois, on n'a nulle envie de compagnie, ce qui n'était pas votre cas, me semble-t-il. Le courant n'est pas passé avec la personne qui vous accompagnait ? L'oiseau s'est envolé ? » (Quel humour.)

Certes, c'était dire qu'il l'avait observé, mais après tout, pourquoi pas ? Quant on était dans un café ou un restaurant, n'observait-on pas, conservant une mémoire limitée d'eux, les gens dans la salle ? Ce n'était pas forcément la preuve qu'on était psychopathe, ou simplement trop jaloux. Le marin s'efforça de garder une allure tranquille, même si intérieurement, il luttait parfois pour ne pas tousser, écoeuré et peu coutumier de ce qu'il inhalait.

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MessageSujet: Re: [CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos] Lun 05 Aoû 2013, 23:30


L'on ne se rend pas toujours compte immédiatement, que l'on vient de rencontrer son parfait contraire. Tout dans nos idéaux et nos aptitudes semblait nous opposer. Néanmoins, il arrive que deux extrémités se rejoignent, et que la limite les opposant soit plus trouble et équivoque qu'on se le figure. Davos Tosca n'était pas venu me trouver parce qu'il était un Initié, et parce que j'appartenais aux Ombres ; peut-être n'était-il pas même venu pour protéger sa fille. Non, il était là parce que Tosca était la chose la plus précieuse au monde qui lui restait, après l'abandon de Fran. Nos parcours avaient beau être différents, sur ce point, nous nous rejoignions. Mes intentions n'étaient pas honnêtes, c'est vrai, mais il était surtout hors de question que je renonce à Tosca, pour le bien-être d'un père dont l'amour virait à l'obsession quelque peu malsaine. Davos devait d'ailleurs penser la même chose que moi, à peu de choses près. Ainsi, malgré toutes les différences du monde, l'on trouvait toujours un moyen de se comprendre, en matière de passion et de jalousie ; se comprendre, et non pas s'accepter. La rumeur prétendait que deux forces opposées et équivalentes ne pouvaient que s’idolâtrer ou se haïr ; je vous laisse imaginer quelle pouvait donc bien être l'issue de cette conversation, ainsi que ses conséquences.
Nous n'accordions pas une once de confiance à l'autre, et sans doute avions-nous raison. Malgré tout, force était de constater que nous nous abordions sans animosité apparente et que nous cherchions avant tout à nous jauger. Je me demandai, non sans curiosité, quelle serait la réaction de Tosca, lorsque je lui aurais appris -par mégarde- ce qui était en train d'arriver. Il était certes distrayant de prendre celui qui croyait prendre, puisque mon interlocuteur n'avait visiblement pas idée qu'il était repéré depuis un moment. Je demeurai malgré tout sur mes gardes, ignorant quand il se déciderait à jouer cartes sur table ; d'autre part, j'ignorai jusqu'où il serait prêt à aller.
Il me remercia et je l'observai prendre la cigarette de sa main mutilée, avec un intérêt non dissimulé. Malgré la diversité des individus qui arpentaient New York, on ne croisait pas tous les jours des mutilés de guerre, ou que sais-je encore. Ce qui était curieux, c'est que l'amputation de chaque doigt paraissait parfaitement nette. Mon regard s'était ainsi donc attardé sur sa blessure, sans gêne, même si j'avais conscience que c'était, -comme me l'avait prouvé une femme brûlée, une fois-, la chose la moins délicate à faire. Certains préféraient pourtant expliquer ce qui leur était arrivé, plutôt que de s’effaroucher de manière déraisonnable. Qui était dénué de cicatrices physiques, ou psychologiques, après tout ? Malgré les questions que je me posai, je demeurai un tant soit peu alerte. L'homme, quel qu'il soit, mit plus de temps qu'il n'en faudrait à un habitué, pour allumer la cigarette. Quand il se mit à fumer, j'acquis la certitude qu'il ne l'avait jamais fait de sa vie, ou très peu, même si l'effort fait par lui était respectable. Je constatai que mes craintes se confirmaient, plutôt que de savourer le fait d'avoir eu raison. Et toutefois, si je savais, de source sûre, que son besoin de fumer n'était qu'un prétexte, le reste demeurait bien mystérieux. Il me remercia une seconde fois, parce qu'il était poli à outrance, ou simplement par manque de naturel, tout en me rendant le briquet.


Ce sont des cigarettes fortes, ne pus-je m'empêcher de commenter, avec une pointe de sarcasme.

Mon regard se détournait rarement du sien ; s'il était suffisamment perspicace, il ne tarderait pas à savoir que je n'étais pas totalement dupe. Un silence s'ensuivit, mais l'on pouvait difficilement parler d'ange qui passe. La tension dans l'atmosphère était palpable, tant nous nous examinions et semblions attendre le moment propice pour que survienne quelque chose. Mais quoi ? Je l'observai terminer difficilement sa cigarette, avec une ironie dénuée d'amusement ou de bienveillance. Il souhaitait encore préserver la façade, mais pour combien de temps encore ?
Il prit la parole, et si je m'attendais à un quelconque retournement de situation, ce ne fut pas encore le cas. L'homme était bien patient, à moins qu'il ne soit pas lui-même certain de ce qu'il advenait de faire.

« J'étais seul. Parfois, on n'a nulle envie de compagnie, ce qui n'était pas votre cas, me semble-t-il. Le courant n'est pas passé avec la personne qui vous accompagnait ? L'oiseau s'est envolé ? »

Je demeurai impassible, le regard toujours inquisiteur. Je me retenais de dire que, effectivement, je n'avais -dans l’immédiat- aucune envie de compagnie. Malgré son air de rien et sa courtoisie, il n'avait pas tourné autour du pot. Tosca semblait être la seule raison de la venue de cet homme jusqu'à moi. Pour tout dire, les questions posées étaient quelque peu contrariantes et je ne le dissimulai pas. Prenait-il donc ses désirs pour des réalités ?


Parfois, on a envie de compagnie, mais la personne aimée a simplement, pour notre malheur, d'autres préoccupations, répliquai-je, en lui lançant un regard pénétrant et probablement un peu sec.

Cet état de fait correspondait à Tosca, qui écourtait chaque soirée pour s'envoler je ne savais où, mais aussi à Fran, que je n'avais jamais pu atteindre, comme je l'espérais. Davos pouvait comprendre où je voulais en venir : les filles n'avaient plus d'yeux pour leur père, dès lors qu'elles rencontraient un amant sérieux.


Et néanmoins, la soirée s'est bien passée, repris-je, avec une pointe de défi. Il lui tarde que nous nous revoyions, me semble-t-il. Je suis navré de vous décevoir, n'en doutez pas, osai-je ajouter.

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MessageSujet: Re: [CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos] Ven 30 Aoû 2013, 02:52


Qui aurait pu oser parler de ressemblance entre eux deux ? Davos, à son humble manière, était autant lumière que Roxas était nuit. L'un vivait pour les autres, ou du moins le tentait - comme avait prouvé la rencontre avec Algernon - l'autre n'existait que pour lui-même, dans un désespoir d'avidité de ce qu'il ne posséderait jamais. Davos était bien placé pour le savoir. Peut-être avait-il eu Fran une nuit ; jamais il n'aurait pu pourtant se targuer qu'elle ait été sienne, véritablement. Elle était une femme qui attisait autant l'amour que la haine, l'incrédulité comme la foi absolue ; elle était, en sorte, une de ces femmes sur terre qui avaient une part de divinité en elle, allumant autant le courroux que l'adoration. Et elle-même était peut-être prisonnière de sa propre nature, ne sachant jamais les intentions de ceux qui l'approchaient, excepté Stannis, le mari légitime. Davos se surprenait parfois à penser que la situation de Fran n'était donc pas enviable, ni aussi idéale qu'on pouvait le supposer.
L'ancien marin n'avait aucune idée des liens liant actuellement les Ombres à Roxas, et il valait mieux qu'il ne le sache pas pour l'instant, en vérité. Dans d'autres circonstances, peut-être aurait-il aidé ce pauvre humain à se sortir de leurs griffes, s'il l'avait pu ; mais les circonstances n'étaient pas autres, Roxas n'était pour le moment que le prétendant actuel de sa fille, et c'était tout à fait suffisant. Nous l'avons déjà dit, rare était la rancune de Davos, cependant, quand elle existait, elle se murait et se changeait en une fournaise ardente, mêlée de rancoeur, de jalousie et tant d'autres sentiments parfois contraires. Même un homme aussi intègre que lui, avait des recoins sombres qu'il évitait soigneusement de montrer aux autres - surtout à ceux qui comptaient le plus. Personne ne pouvait donc se vanter de le connaître entièrement. Y compris lui-même. C'était parfois de là que pouvait venir le danger, par ailleurs. Et les plus grandes surprises.
Davos ne renoncerait en effet pas à Tosca comme cela, c'était certain. Même si Fran en venait un jour à revendiquer son droit de mère sur elle, il ne la laisserait pas partir seule et sans défense, c'était sûr.

Occupé que Davos était à essayer de fumer en ayant l'air normal, il ne pouvait s'empêcher de sentir le poids du regard de Rafael sur lui. Il tenta d'avoir l'air encore plus naturel, mais cela ne faisait sans doute qu'accentuer son air maladroit. Et il osait fixer également sa blessure - bien entendu, le regard des gens était inévitable attiré par sa main mutilée. S'il avait appris à le supporter, il n'aimait pas pour autant qu'on touche forcément sa main, et il n'était pas de ceux qui allaient dire si aisément à quoi il devait cette blessure de "guerre". Il ne racontait guère la véritable histoire, sauf aux gens de confiance. Pour les autres, il disait qu'il avait été à l'armée, et cela suffisait, en général. Rien de plus, rien de moins..il tenait à demeurer discret.

"Ce sont des cigarettes fortes," commenta le prétendant de Floria.

Comme s'il ne l'avait pas remarqué, il était suffisamment occupé à ne pas s'étrangler avec la fumée. Il releva les yeux vers lui, lui jetant un bref regard perçant ; cette fois il fut moins certain d'être aussi incognito qu'il l'avait voulu. Tosca l'avait-elle jamais décrit ? Ou se doutait-il simplement, si elle avait parlé de son caractère possessif, qu'un jour ou l'autre, il rencontrerait le père ? Allez savoir. Néanmoins, il ne lancera pas la première remarque pour se découvrir, c'était certain. Il finit par venir à bout du bâton empoisonné, avec soulagement. Cela ne lui donnait en tout cas ni le calme nécessaire pour continuer à jouer un parfait double jeu, ni l'agressivité suffisante pour attaquer directement Roxas. Il n'était pas un homme violent, à la base, après tout. Il parla donc avec autant de détachement qu'il le pouvait, non sans noter que ses mots avaient le don, visiblement, d'agacer Roxas. Cela le fit sourire à moitié. Si seulement cet homme savait ce qui l'attendait, au-delà de cette simple rencontre...

"Parfois, on a envie de compagnie, mais la personne aimée a simplement, pour notre malheur, d'autres préoccupations." fit-il sèchement.

Il demeura silencieux, cette fois. La phrase avait un trop fort écho en lui pour qu'il y réponde, et surtout pour éviter qu'il ne jette un regard d'un gris sombre comme un ciel de tempête, à Rafael, n'appréciant nullement le sous-entendu. Floria passait évidemment tellement moins de temps avec lui, depuis que cet homme était dans sa vie. Pourquoi ? Pourquoi avait-elle choisi celui-là ? Il lui en voulait, en voulait à Tosca, pour des raisons obscures qu'il ne parvenait pas à éclaircir lui-même.
Une chose était sûre : il ne supporterait pas d'être seul, même s'il s'évertuait à faire croire que le bonheur des autres passait avant lui.

"Et néanmoins, la soirée s'est bien passée."

Voilà qui défaisait ses espoirs ; il avait espéré que Floria s'ennuyait, malgré le sourire qu'elle avait adressé à Rafael avant de partir. Hélas ! Ce n'était point le cas. Pourquoi Floria aimait-elle cet homme ?

"Il lui tarde que nous nous revoyions, me semble-t-il. Je suis navré de vous décevoir, n'en doutez pas."

Il était évident que sa dernière phrase était fausse ; il devait au contraire exulter intérieurement et bien rire de lui. Les traits de son visage se crispèrent, à cette simple idée ; il avait beau être calme, il avait parfois du mal à cacher ses sentiments.

"Tant mieux pour vous", se força-t-il à articuler.

Il mit la cigarette consumée à la poubelle, avant de se retourner vers lui, son regard gris pâle toujours inquisiteur, alors qu'il le détaillait.

"Pourquoi navré de me décevoir ?" fit-il, aussi naturellement qu'il le pût. "Vous avez belle allure, de beaux yeux turquoise, visiblement assez mature pour ne pas être un aléatoire jeune premier idiot venu. Des mains fines de musicien. Vous savez vous habiller mieux que moi, puisque vous portez le costume avec élégance. J'ajouterai même que si vous avez l'air réservé, vous avez des traits assez singuliers et peut-être plutôt doux. Et puis vos prunelles ne mentent pas sur ce qu'elles disent, je crois, elles sont très expressives. Comment ne pas comprendre alors que Floria ait cédé à vos charmes et vous ait donné une chance ?"

Il se tut, l'air pensif ; mais le regard qu'il retourna ensuite vers Roxas n'était pas aussi aimable que les compliments qu'il venait de lui décerner. Non, c'était bel et bien le regard d'un père qui n'aimait pas savoir sa fille tomber entre les mains de n'importe qui ; l'homme en face de lui était autant un ennemi, qu'un rival, susceptible de la blesser et de la trahir. Et quand elle était aveuglée par l'amour, il n'y avait rien à y faire. Or Davos n'ignorait pas que sa fille était amoureuse, même si elle pouvait encore sembler assez distante à Rafael. Il ne faudra pas longtemps avant qu'elle se mette à lui sourire plus souvent, à être plus expressive et naturelle, et tout ce qui viendrait ensuite après...Il y avait quelque chose en lui qui se refusait obstinément. Un bloc lui comprimait la poitrine, encore qu'il ignorait tous les sentiments confus qui le formaient, mais il était certain de pouvoir le briser, si Roxas s'éloignait. A moins que justement, ne sachant alors ce qu'il ferait puisqu'il ne l'aurait pas sous les yeux, cet étau ne ferait que se resserrer.
Ce fut pourquoi il ajouta d'un ton aussi sec, et empli d'avertissements par ailleurs autant palpables dans son regard, que dans la tonalité de son timbre :

"Mais Floria est ma fille, et la chose la plus précieuse au monde pour moi. Si vous avez la moindre intention de l'abandonner une fois vos nuits prises, le moindre désir de lui faire du mal et de la trahir alors qu'elle vous aime, vous ne pourrez pas partir sans avoir eu affaire à moi. Or, je suis capable de vous balancer par la fenêtre du cinquième étage si vous me paraissez décevant. Est-ce clair ?"

Davos avait beau être diplomate, il n'ignorait pas que certains avertissements se devaient d'être totalement clairs et nets. On ne pouvait faire mieux, à cet instant.


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MessageSujet: Re: [CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos] Mar 03 Sep 2013, 21:24


Je n'étais sans nul doute pas sensible aux histoires de lumières et de ténèbres auxquelles croyait Davos Tosca. Les gens prétendus lumineux n'avaient pas moins besoin des autres que nous, pour subsister. C'est une chose que de demeurer dans l'ombre, dans l'attente avide de profiter de la générosité des autres, c'en est une autre de ne pas pouvoir s'empêcher de secourir autrui. Je les laissais pleurer pour me sentir aimé, mais les gens tels que Davos ne parvenaient simplement plus à exister dès lors qu'ils se sentaient inutiles, dispensables, remplacés. Les altruistes étaient égoïstes à leur manière. Les pires êtres humains demeuraient certainement ceux qui maintenaient des flammes d'espoir, qui ne se révélaient être en réalité que des mirages moqueurs. Fran en faisait partie. Aussi ne pouvais-je accepter ni d'elle, ni de personne, un secours pour échapper à l'influence d'Ascheriit. D'une part, je savais que ce mutant ne tolérait pas la traîtrise et me retrouverait -où que j'aille-, d'une autre, je leur crachais leur pitié au visage. L'on pouvait me considérer comme un être faux et perdu, sans que j'en prenne ombrage. L'homme qui me faisait actuellement face n'était pas irréprochable, non plus. Si j'avais compris à quel jeu il jouait, malgré mes doutes, depuis le début, il ne manquait pas de poursuivre cette comédie médiocre. S'il avait l'intention de me tuer, ou que sais-je encore, il aurait été louable de sa part de ne pas tourner autour du pot des heures durant. Certes, une certaine impatience, unie à de l'animosité, devaient consumer mon regard, malgré le détachement et la courtoisie que je m'évertuai à maintenir. Au regard étrangement scrutateur qu'il me lança par la suite, je compris qu'il commençait à réaliser combien sa mascarade était flagrante. Mes propos sur la cigarette qu'il peinait tant à terminer n'étaient pas dénués de sarcasme. Il aurait été sage de sa part, de ne pas se couvrir de ridicule, s'il était dans ses intentions de m'intimider. Je n'étais pas le plus brave des hommes, certes, mais on n'a plus froid aux yeux, quand on a tout perdu.
Je finissais par lui apprendre ce qu'il voulait savoir, non sans déplaisir, car la conclusion de cette soirée ne semblait aucunement l'enthousiasmer. Le malheur provoqué par la solitude, c'est certes plus comique chez les autres, surtout quand on a enfin trouvé une compagnie, soi-même. Malheureusement pour Tosca, je ne pouvais pas la qualifier d'autre chose, pour le moment ; et sans doute ne le pourrai-je jamais. Après ce qu'il s'était passé dans l’Église du Crépuscule, je ne parvenais pas à faire le deuil de Fran ; fallait-il qu'elle mourût pour de bon, afin d'atténuer mes tourments ?

« Tant mieux pour vous. » dit-il avec la plus grand peine du monde.

Je parvenais de moins en moins à dissimuler l'ironie que m'inspirait le caractère pathétique de cet homme. Il bouillonnait tant de l'intérieur, que ses traits en étaient crispés. Son ton enrobé de venin aurait pu me faire sourire, s'il avait subsisté la moindre raison au monde, à mes yeux, d'être gai. Le faiseur de troubles se délesta de la cigarette ennemie, avant de reprendre, plus longuement :

« Pourquoi navré de me décevoir ? Vous avez belle allure, de beaux yeux turquoise, visiblement assez mature pour ne pas être un aléatoire jeune premier idiot venu. Des mains fines de musicien. Vous savez vous habiller mieux que moi, puisque vous portez le costume avec élégance. J'ajouterai même que si vous avez l'air réservé, vous avez des traits assez singuliers et peut-être plutôt doux. Et puis vos prunelles ne mentent pas sur ce qu'elles disent, je crois, elles sont très expressives. Comment ne pas comprendre alors que Floria ait cédé à vos charmes et vous ait donné une chance ? »

Je l'observai, cette fois plus perplexe que méprisant. Curieusement, je n'étais pas très sensible à ses compliments, lesquels faisaient certainement office de calme, avant la tempête. L'homme était observateur et voyait juste ; malheureusement, il ne pouvait guère plus analyser que les apparences, pour ne m'avoir jamais connu. Je devais malgré tout me demander si son regard si particulier n'était pas à même de déchiffrer les pensées, ou que sais-je encore. A l'entendre, je représentais donc l'amant idéal, et pourtant, jamais il n'avait été aussi sombre depuis notre rencontre, et un je ne sais quoi de déplaisant subsistait dans sa façon de parler. S'il énumérait ces attributs, c'était certainement pour me prouver -ainsi qu'à lui-même-, que Floria était attirée par une belle surface, sans se douter de la pourriture qui régnait à l'intérieur. Ceci étant compris, je ne pouvais définitivement plus m'enorgueillir de son discours, et d'ailleurs, je l'observai avec méfiance et froideur, tandis qu'il finissait de parler.
Avait-il conscience, cet homme-là, qu'il ne faisait en outre qu'éclairer et renforcer nos oppositions ? Ses propos étaient-ils imprégnés de jalousie et d'envie ? Je pouvais comprendre cela, ayant moi-même maudit plus d'une fois les hommes que je jugeai plus jeunes, plus heureux ou plus attrayants que moi. Si son regard n'était pas moins clair que le mien, il paraissait nettement plus difficile à déchiffrer. J'avais beau le fouiller, je n'y lisais que de la méfiance et de la froideur rancunière, depuis le départ. C'était un regard qui semblait lire dans les âmes, certes, mais qui n'en demeurait pas moins opaque, conservant jalousement les secrets de sa propre âme. Peut-être était-il capable d'élégance et de douceur, mais pour l'instant, je ne pouvais que le percevoir comme un individu brusque et rude, qui n'avait guère l'habitude de se rendre dans de tels restaurants, ou d'aborder les autres de la sorte. Je l'imaginais plus volontiers avec une quelconque arme à la main, qu'auprès d'un piano. La tenue qui devait l'inciter à passer incognito manquait cruellement de grâce, ses traits étaient durs et fermes, en somme, je comprenais que Tosca ne soit plus charmée par l'individu, et se soit lassée de lui, bien que j'ignorai encore son identité. Malgré toutes les pensées négatives ou le mépris que j'entretenais, je ne pouvais m'empêcher de penser que cet homme m'impressionnait un peu trop, pour quelqu'un que je jugeai ridicule. Je le traitai volontiers de grotesque, et plus encore, néanmoins, il était doté d'un je ne sais quoi qui imposait le respect. Il n'était pas aguichant, mais charismatique. Ses mots marquaient beaucoup, malgré leur simplicité apparente. Il avait beau me déstabiliser, je ne perdais pas de vue qu'il était ni plus ni moins un ennemi, voire -pis encore- un rival. J'étais resté parfaitement silencieux, mes pensées se heurtant, lorsqu'il ajouta :

« Mais Floria est ma fille, et la chose la plus précieuse au monde pour moi. Si vous avez la moindre intention de l'abandonner une fois vos nuits prises, le moindre désir de lui faire du mal et de la trahir alors qu'elle vous aime, vous ne pourrez pas partir sans avoir eu affaire à moi. Or, je suis capable de vous balancer par la fenêtre du cinquième étage si vous me paraissez décevant. Est-ce clair ? »

La solution de toute cette énigme se présentait enfin à moi. J'ignorai si j'étais soucieux, car la menace était palpable, ou si j'étais soulagé de connaître le fin mot de cette histoire, lequel ne se révélait pas aussi terrible que j'aurais pu l'imaginer. A vrai dire, j'ignorai que ce genre d'interventions paternelles hostiles existait encore au vingt-et-unième siècle, d'autant que Floria n'était plus une adolescente depuis longtemps. D'après lui, sa fille était amoureuse, et pourtant, elle ne m'en avait rien dit elle-même. Je ne m'attardai pas sur cette interrogation, car les états d'âmes de la Tosca n’interféreraient en rien sur mes intentions à son égard. D'une certaine façon, son père me connaissait trop bien, sans m'avoir jamais parlé au préalable. Il ne fallait pour autant pas qu'il me prenne pour un quelconque épicurien amateur de donjuanisme, car l'activité nocturne à laquelle il faisait référence, ne m'avait pas vraiment occupé ces dernières années.


Et c'est tout, répliquai-je froidement, l'air presque déçu. Malgré vos grands airs, vous n'êtes qu'un père mécontent de voir sa fille bien-aimée, et ô combien ingrate, sourire à un autre. C'est idiot, mais j'ai cru un instant, avant que vous ne vous présentiez, que vous étiez amoureux de Floria. J'aurais pu m'inquiéter d'un rival, mais d'un père esseulé et frustré... Vous n'avez donc plus de femme ? Mon regard glissait vers sa main gauche, dénuée d'alliance. Apparemment non. Faites attention, on pourrait croire que vous cherchiez à combler ce manque d'affection sur votre propre fille, ce qui serait relativement ignoble.

Ignoble, tel était le terme qui convenait au sous-entendu que je venais de faire, mais il fallait bien que cet homme comprenne combien son intervention était inappropriée et déplacée. Et puis, ce n'est pas ma faute, si je ne parvenais pas à me montrer autrement qu'infect, avec les personnes qui menaçaient de me défenestrer.

Et qu'est-ce qui vous dit, d'ailleurs, que je n'ai pas déjà pris mes nuits ? ajoutai-je, avec défi, bien que ce fut entièrement faux.

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MessageSujet: Re: [CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos] Lun 09 Sep 2013, 01:13


Les pensées de Roxas, si Davos avait pu les entendre, n'auraient sans doute pas laissé l'Initié indifférent. Au-delà de sa méfiance envers Rafael, motivée uniquement par le désir de protéger sa fille - quoique... - il n'aurait probablement pas hésité à voir cet homme, comme une âme perdue à qui il aurait fallu redonner un peu de confiance, un peu...d'espoir. Certes, Davos ne parvenait plus à exister, quand on n'avait plus besoin de lui ; c'était pourquoi, même s'il prétendait pouvoir vivre seul, il s'accrochait peut-être tant aux gens, là où d'autres auraient vu Stannis comme une cause perdue d'avance, incompréhensible. Il lui semblait avoir un immense péché qu'il devait à tout prix rattraper ; mais comme tous ceux ayant vécu dans l'ombre et le gris, et ayant décidé d'atteindre la rédemption, il n'ignorait pas, inconsciemment, qu'on luttait toujours, sans jamais pouvoir se racheter. Telle quête était perdue d'avance, d'autant plus que Seaworth n'était pas le pire des hommes, sans pour autant en être le meilleur. Il entretenait les flammes d'espoir que Roxas méprisait tant, sans le vouloir. Tant qu'il y avait de la vie, il y avait de l'espoir, aurait dit Seaworth ; tout comme il était vrai qu'il était difficile à un condamné et exécuté à mort, de pouvoir tenter de se racheter et de changer. Et pourtant, s'il avait su la position de Roxas, peut-être que Davos lui aurait proposé une échappatoire, pour se libérer d'Ascheriit - encore que l'humain ne l'aurait certainement pas accepté.

Ainsi c'était autant un duel silencieux que verbal, qui opposait les deux hommes ; leurs regards étaient autant empreints d'avertissements et de sous-entendus, que leurs paroles. Cependant, il était clair que par ce langage ambigu, aucune action ne pouvait véritablement se décider, avant que les cartes ne soient mises sur table. Fort heureusement, cela ne tarda pas à arriver, Davos ayant compris que ses stratagèmes peu subtils, en réalité, n'avaient nullement dupé l'humain. Et pourtant, la réaction de son rival ne se fit pas aussi violente qu'il l'avait prévue, du moins, pas tout de suite. Ou était-ce que Tosca n'avait pas pris un homme normal, pour amant, cette fois ? Pourquoi Davos était-il tant incapable de supposer que Floria n'était pas tombée sur un psychopathe, cette fois ? Il fallait dire que la plupart des hommes entourant la jeune femme étaient loin d'être complètement sains, et que Davos lui-même paraissait devenir étrange, par moments. Il n'était qu'un homme gris, après tout. Et donc bien placé pour savoir que la belle apparence de Roxas pouvait n'être en effet qu'un déguisement. Encore que ce masque-là ne fonctionnait pas avec un sourire hypocrite et une assurance feinte, déstabilisante par sa gaieté ; non, il fonctionnait davantage avec le stoïcisme et la réserve, semblable à Zexion. Roxas n'était pas de ces hommes vers qui on se serait tourné au premier abord pour demander un renseignement ; son attitude austère pouvait rebuter. Et cependant, cela témoignait peut-être de la gravité et du sérieux ; témoignait qu'il n'était pas volage, ni intéressée par Tosca uniquement pour des actes peu spirituels. Davos n'avait aucun moyen de trancher cela ; à part par cette discussion et cette rencontrer. Malheureusement, l'opinion de Davos était alors loin d'être positive.
Etait-il imprégné de jalousie et d'envie ? Sans doute. Ce qui était quelque peu inquiétant, quand on considérait la nature de sa relation avec Tosca, comme n'allait pas tarder à le faire remarquer Roxas. Mais Davos était convaincu de n'agir que par intérêt paternel ; seul l'avenir pourrait dire si cela était totalement vrai. En attendant, il était obstinément fermé et obscur pour toute déduction plus poussée que Rafael aurait pu faire de sa personne ; et il tenait à garder cette impénétrabilité. Son rival pouvait donc se faire tous les films qu'il voulait, il ne changerait point d'attitude, pour autant.

Lorsqu'enfin Davos établit clairement ces menaces, il y eut un léger silence. Sans doute l'homme en face de lui essayait-il à toute vitesse de voir quelle était la réponse la plus sage à donner, comme tous les autres qui avaient eu droit à ce genre de scène, précédemment, et qu'importait l'âge de Floria, en vérité. Seaworth le fixait avec toute l'acuité dont il était capable, guettant la moindre de ses réactions, le moindre mouvement qui aurait pu trahir une quelconque pensée que Roxas n'aurait point formulé à voix haute. Il était loin de se douter qu'il était aussi près de la vérité, en ce qui concernait les intentions de cet homme ; l'eût-il su, il serait sûrement passé à l'étape supérieure, qui ne devrait de toute façon guère tarder à arriver. Car la réponse de Roxas était loin de le décevoir tout à fait, quoiqu'au fond de lui, il aurait sans doute préféré être agréablement surpris.

"Et c'est tout. Malgré vos grands airs, vous n'êtes qu'un père mécontent de voir sa fille bien-aimée, et ô combien ingrate, sourire à un autre. C'est idiot, mais j'ai cru un instant, avant que vous ne vous présentiez, que vous étiez amoureux de Floria. J'aurais pu m'inquiéter d'un rival, mais d'un père esseulé et frustré... Vous n'avez donc plus de femme ?"

Il ne sut comment prendre exactement cette première déclaration ; c'était en tout cas certain que ça ne lui avait pas plu. Tosca était-elle ingrate ? Peut-être le pensait-il tout au fond, sans se l'avouer. Une chose était fiable : le fait qu'il lui en veuille, d'une certaine façon, de se détourner ainsi de lui, le laissant sans nul doute à abandonné à la solitude, quand la fin viendrait, quand il mourrait seul. C'était une pensée qui lui remuait les entrailles, et qui lui était d'une intolérable tristesse. Il ne savait s'il serait capable d'y faire face, sans égoïsme aucun.
Il nota le regard qu'il glissait à sa main gauche ; s'il y avait peut-être eu une alliance jadis, du temps où il croyait n'être qu'humain, nul doute qu'elle avait disparu depuis des siècles, en même temps que la vie de la femme qu'il avait autrefois aimée, elle qui n'avait eu qu'une brève vie mortelle. Il s'en souvenait parfois à peine, préférant ne pas toujours remuer les souvenirs du passé, qui n'étaient pas nécessaires.

"Apparemment non. Faites attention, on pourrait croire que vous cherchiez à combler ce manque d'affection sur votre propre fille, ce qui serait relativement ignoble."

Davos crut voir rouge, à ces mots. Il n'était pas si différent de Roxas après tout ; seulement, il refusait de même imaginer qu'il pouvait faire une projection de Fran sur Floria ; il abhorrait cette dernière, et cependant il ne pouvait s'empêcher de voir dans les yeux de sa fille, le regard de la mère. Aussi avança-t-il de quelques pas vers Roxas, et ce même s'en rendre compte, sur l'insulte qu'il lui faisait, le regard empli de colère. Et le bouquet final tomba.

"Et qu'est-ce qui vous dit, d'ailleurs, que je n'ai pas pris mes nuits ?"

Roxas se retrouva attrapé par une main de fer, à peine eût-il fini la phrase ; puis plaqué brutalement contre la rambarde de la terrasse du restaurant. Peut-être y eut-il même un craquement, témoin de la violence que Seaworth y mettait. Le vide n'était pas bien grand en dessous ; suffisamment en tout cas pour qu'un escalier de bois, près d'eux, nécessite en tout cas une petite vingtaine de marches. Les doigts de Davos, ceux qui n'étaient en tout cas pas mutilés, le tenaient avec acharnement par les pans de sa veste ; le regard gris du marin avait viré à un ciel d'orage sur le point d'éclater.

"Ma fille n'est que ma fille," articula-t-il avec une colère contenue. "Et c'est mon devoir de la protéger, au-delà de tous les soupçons pervers de votre esprit !"

Cela semblait en dire long, par ailleurs, sur ce qui pouvait se tramer dans l'esprit de l'humain ; pas des pensées innocentes en tout cas. Ce fut ce qui l'amena à rajouter, penchant dangereusement Roxas par-dessus la rambarde - bien qu'il aurait encore fallu une forte poussée pour véritablement le faire basculer :

"Et si vous l'avez déjà aimée," rétorqua Davos avec une certaine hargne possessive, menaçante, "Alors vous avez tout intérêt à continuer, et à la chérir et à rester à ses côtés aussi longtemps qu'elle voudra !" (C'était paradoxal, il en avait conscience.) "Car si je la vois en train de pleurer à cause de vous, je vous retrouverai, et vous ne ferez pas long feu, et vous vous maudirez de l'avoir prise pour une simple conquête ! Vous avez compris ?!"

La menace était on ne pouvait plus claire, tout comme la force que mettait l'Initié dans cette étreinte ; il n'était pas sûr néanmoins qu'il saurait pour autant déchiffrer totalement l'hypocrisie de Rafael.

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MessageSujet: Re: [CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos] Mer 02 Oct 2013, 16:35


« You'd see the truth, but you close your eyes. »


Cet homme avait beau m'inspirer la plus haute méfiance, j'étais encore incapable d'imaginer ce qui le rendait si singulier, et -de prime abord- si difficile à comprendre. Davos Tosca se vouait entièrement aux autres, au point d'en être dépendant. Il était prêt à tout pour secourir l'âme dans le besoin, tout en étant capable de rester en retrait lorsque la personne -même aimée- ne paraissait plus avoir besoin de lui. Mon univers dépendait tout autant de certaines personnes, qui, comme celles entourant Seaworth, avaient la fâcheuse tendance de se montrer des plus distraites ou ingrates. A l'inverse de cet homme, j'étais incapable de me lamenter en silence, tout en conservant une apparence aussi impassible que digne ; quoique la colère et la frustration commençaient dangereusement à se dégager de sa personne. Quoiqu'il en soit, il paraissait évident, à mes yeux, que la personne incapable de rendre l'amour qu'on lui vouait, qu'elle fût ingrate ou tout simplement aveugle, ne méritait ni respect, ni quiétude.
Elle allait payer.
Je n'aurai pas de repos tant qu'elle n'aurait pas compris tout ce que j'avais enduré, à la fois pour elle et à cause d'elle. Le reste n'avait malheureusement plus une once d'importance, qu'il s'agît de Floria, de son père, ou même de la victoire potentielle des Ombres. J'avais rarement été aussi pessimiste, et c'était peu de le dire ; malgré tout, je ne voyais toujours pas la mort comme une quelconque délivrance. Elle me faisait horreur comme au premier jour ; peut-être ces grandes douleurs avaient-elles fini par devenir complaisantes.
L'hostilité inévitable mettait curieusement beaucoup de temps à se mettre en place. Pourquoi Diable hésitait-il à m'attaquer, si je le répugnais tant ? Il n'allait pas me faire croire, cet homme esseulé et jaloux, qu'il avait pris la peine de venir jusqu'ici, pour rien. Il avait des idées bien arrêtées avant même de m'avoir adressé la parole ; il aurait été injuste de ma part de le décevoir, en lui faisant une meilleure impression. Je pouvais tout autant me demander pourquoi je ne prenais pas d'ores et déjà la fuite, face à un individu de plus en plus fulminant. J'avais conscience de ne pouvoir m'attirer ses bonnes grâces, et même de n'être capable que de baisser davantage dans son estime, dans la mesure du possible. Peut-être prenais-je un plaisir malsain, certes, et quelque peu périlleux, à savourer, pour une fois, la vision des douleurs solitaires d'un autre homme. Il ne supportait pas que je puisse lui dérober sa précieuse fille, comme un autre m'avait volé Fran à jamais. Je comprenais, désormais, à quel point Stannis Lannister devait se sentir tout-puissant et assuré. Tout lui était dû, la femme était sienne de façon imméritée, et la souffrance des tiers personnes n'étaient pas à même de l'émouvoir.
Floria n'était pas une finalité, à mes yeux, et ne l'avait jamais été. Tout juste était-elle un moyen pour me ménager, quand bien même j'avais du respect pour sa grâce, son esprit et son talent. On ne pouvait pas appeler cela de l'amour, mais de la satisfaction d'avoir, pour la première fois, quelques droits sur une femme qui ne se doutait encore de rien. Je ne laisserai pas son père abréger ce bonheur, aussi méprisable et illusoire était-il. Qu'importe si une innocente devait en pâtir, du moment que j'étais, cette fois, le bourreau et non pas la victime. Hélas, c'était elle, et les autres qui m'avaient définitivement abîmé. Si j'avais eu des ambitions et des rêves autrement plus sains et humains, ils s'étaient étouffés depuis longtemps. Certes, je n'étais ni volage, ni faussement gai, ou aimant, comme Davos aurait pu le craindre. L'affection que je vouais à Floria était sincère, même si elle était plus destinée à se consumer en la brûlant, qu'à s’accroître. J'ignorai si la jeune femme imaginait un avenir à mes côtés, mais c'était loin d'être mon cas. J'étais parfois tenté de la sauver, de faire preuve d'abnégation, mais je ne parvenais jamais à m'y résoudre, tant par égoïsme que par lâcheté. Je portais un masque différent, mais qui n'était probablement pas moins dangereux. La gravité est-elle moins inquiétante qu'une quelconque folie ? Qui est le plus capable de tout laisser choir, de l'homme impitoyable par nature, ou du désespéré ? Quant au père de Floria, quel masque portait-il donc ? J'étais certain d'avoir d'ores et déjà éclairci plus d'un point obscur, et malgré tout, un mystère insondable continuait de errer tout autour de sa personne. Comme dit plus haut, nous simulions la patience et le respect, alors que nous avions les pensées les plus hostiles, en tête. Qu'est-ce qui nous incitait donc à retarder le conflit final, pour se sonder à ce point ? Éprouvait-il de l'indulgence, et moi de l'espoir, envers et contre tout, ou était-ce encore autre chose ?
Jamais un ennemi ne m'avait fait aussi forte impression. Ses prunelles étaient ni plus ni moins des blocs de glace, perçants comme des lames de métal. Cherchait-il à me tuer du regard, ou à percevoir, malgré tout, une once de bonté derrière le sarcasme et le dédain ? C'était la grande question que je m'étais toujours posé, au sujet des gens énigmatiques ; venait-il du Ciel ou de l'Enfer ? Allait-il causer mon salut ou ma perte, en m'éloignant définitivement de Floria ? Sans doute ma disparition serait-elle un grand bienfait pour l'humanité, et me soulagerait-elle de plus d'un tourment, malheureusement, j'étais encore loin d'y être préparé. Alors pourquoi m'évertuais-je à le provoquer, tandis que son regard était de plus en plus menaçant et qu'il avançait vers moi ? Peut-être une partie de moi aspirait-elle à expier définitivement toutes ces fautes, et aussi surprenant que cela puisse sembler, je ne parvenais pas tout à fait à détester cet homme. La haine était un sentiment dont j'étais coutumier et que je vouais facilement à plus d'un homme, aussi aurait-il du y avoir droit. Cependant, je ne pouvais m'empêcher de comprendre ce qu'il ressentait, et de me dire que ma réaction ne serait pas différente de la sienne, si nos rôles avaient été inversés. J'éprouvai davantage de la compassion et que sais-je encore, à son égard. Malgré la suspicion qu'il m'inspirait, j'étais d'avis qu'il était de ces hommes capables de décider du sort des misérables comme moi. Qu'il juge et frappe.
Et je n'avais pas besoin de formuler ce désir auto-destructeur, pour qu'il l'assouvisse. Son calme froid et apparent n'était décidément qu'une apparence, puisqu'il m'empoigna le col avec une vitesse et une force que je n'aurais pas pu soupçonner. En quelques mouvements, il avait su m'immobiliser brutalement contre la rambarde de la terrasse, qui avait l'inconvénient fâcheux de mener droit sur le vide. Je tâchai de passer outre la douleur, pour me dégager de son étreinte, mais sa main était de fer, et j'avais trop peur de basculer en arrière. Il paraissait évident que quelques personnes avaient été témoins de la scène, mais aucune ne réagirait, comme à chaque fois qu'un crime éclatait dans les cités. J'étais de toute façon focalisé sur le regard ténébreux qu'il abattait sur moi. Malgré toutes mes suppositions, j'avais été loin d'imaginer qu'il puisse être capable d'une telle noirceur. J'avais la certitude qu'il ne tentait pas de me leurrer mais qu'il était bel et bien capable de mettre ses menaces à exécution.

« Ma fille n'est que ma fille. Et c'est mon devoir de la protéger, au-delà de tous les soupçons pervers de votre esprit ! » gronda-t-il.

Blême, j'étais parfaitement incapable de répondre quoique ce soit. Je constatai que j'étais allé trop loin, en élaborant de telles calomnies, même si j'avais vraisemblablement heurté un point sensible. Une part de moi était tentée de le provoquer davantage, puisque cela le mettait dans une rage noire, mais une fois de plus, le courage me fit défaut. La majorité de mes pensées se focalisaient de plus en plus vers le vide, dont il semblait vouloir me rapprocher. Si je tâchai de demeurer un tant soit peu neutre et digne, je ne m'y trompais pas : je paniquai intérieurement.

«Et si vous l'avez déjà aimée, alors vous avez tout intérêt à continuer, et à la chérir et à rester à ses côtés aussi longtemps qu'elle voudra ! Car si je la vois en train de pleurer à cause de vous, je vous retrouverai, et vous ne ferez pas long feu, et vous vous maudirez de l'avoir prise pour une simple conquête ! Vous avez compris ?! » poursuivit-il.

Ses mots, cette fois, m'interpellèrent suffisamment pour retrouver le don de parole. Ses attentes n'avaient ni queue, ni tête. Persuadé, jusqu'ici, qu'il attendait impatiemment la preuve que je n'étais pas digne de sa fille, pour m'en écarter ou me neutraliser, par quelque élan de jalousie et de possessivité ; je m'apercevais désormais qu'il ne voulait que son bonheur, quand bien même il était factice. Pourquoi demandait-il à un homme qu'il suspectait d'être un scélérat, de rester auprès de sa fille ? Il n'était pas aussi désespéré que je me le figurais, à moins qu'il ne tînt simplement à sur-protéger Floria, quand bien même il fallait, pour se faire, poursuivre une relation mensongère.


Non, je n'ai pas compris, répliquai-je, entre l'arrogance et le défi.

De toute évidence, vous ignorez tout à fait si je suis l'homme qui convient à Floria, ou non. Vous tentez de lui éviter toute peine de cœur dans l'avenir, mais ne croyez-vous pas, qu'en agissant ainsi, vous allez précisément provoquer ce que vous redoutiez tant ? Si je suis le bourreau que vous croyez, il me sera aisé de retourner Floria contre vous, après une telle scène. Si je l'aime sincèrement, vous pourriez très bien avoir refroidi tout enthousiasme, répliquai-je, sans me douter de la nature de ses capacités mutantes. Et qui se maudira le plus, après cela ? Je dois donc rester auprès d'elle tant qu'elle le désirera ? Est-ce là la conception que vous avez de l'amour ? Au vu de vos agissements, il apparaît que vous n'y connaissez rien. Êtes-vous à ce point incompréhensif à force de solitude, ou est-ce votre stupidité qui vous assure le célibat ? poursuivais-je, perdant le peu de patience que j'avais su conserver.

Vous ne comprenez rien ! Vos méthodes ne font que lasser Floria et la dégoûter de vous, plutôt que de vous rapprocher d'elle. Vous ne la protégez pas, vous l'incarcérez, et vous vous mêlez de ce qui ne vous regarde en rien ! Qui est donc le plus à même de la faire pleurer ? conclus-je, croyant peu à tout ce que je vociférai, mais seulement désireux de le blesser autant qu'il ne l'avait fait.

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MessageSujet: Re: [CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos] Mar 12 Nov 2013, 22:51

Il était plus qu'étrange de voir à quel point ces deux hommes se ressemblaient, quand bien même leur but et leur existence étaient on ne pouvait plus différents. L'un ne cherchait que le bonheur de ceux qu'il aimait, l'autre ne recherchait que son propre bonheur égoïste, en cherchant à avoir une femme qui ne serait jamais sienne. Fran était comme un catalyseur qui désinhibait toutes les émotions et réveillait les luttes ; jamais femme n'avait été aussi prisée ni aussi recherchée, et simplement aimée et adorée, entre trois hommes qui avaient fait d'elle leur enchanteresse alors qu'elle restait au fond une simple femme, certes beaucoup moins ordinaires que la moyenne. Stannis, Davos, Rafael ; si le premier avait la chance de l'avoir comme femme, les deux autres l'avaient aimée et détestée tour à tour, mettant sur elle tous les signes de leur désespoir et de leurs fautes, au lieu de s'en prendre à eux-mêmes. Jamais femme n'avait été autant à la fois prisonnière et maîtresse de trois destins. Elle était la responsable d'une partie de la situation d'aujourd'hui, et de sa perdition. A cela se rajoutait également la destinée de Floria, plus liée à sa mère qu'elle ne voudrait jamais le soupçonner. Mais ceci était une autre histoire. Cependant, tant que Fran continuerait ainsi à exacerber les passions, il ne pourrait en résulter que du malheur. Et c'était ce qui se produisait à l'heure actuelle, alors que les chemins auraient pu être tout autre.

Désormais, le chemin de Davos et Rafael, en se croisant, ne faisait que naître perte et fracas. Ils étaient là tous deux à se considérer en ennemis, au nom de Floria qui n'aurait sans doute rien demandé d'autre qu'ils soient amis et s'apprécient l'un l'autre. Davos avait ses préjugés de plus en plus renforcés, à chaque minute qui passait ; et Rafael ne faisait strictement rien pour améliorer cela, bien au contraire. L'ancien marin ne pouvait deviner distinctement à quel point l'amant de Floria prenait plaisir à voir un autre homme souffrir autant que lui, grâce à lui, pour une fois ; pas plus qu'il ne supposait les doutes de Rafael, et également à quel point son rival considérait que le monde n'avait été créé que pour lui nuire. En d'autres circonstances, Davos n'aurait certes pas hésité à lui démontrer le contraire ; à essayer de lui montrer que le monde n'était pas que noirceur et tristesse, que l'amour n'était pas que rongé par la jalousie, et que les gens ne se dévoraient pas forcément toujours les unes et les autres dans l'unique volonté de faire du mal. Mais c'était trop tard, peut-être, pour que leur relation prenne cette tournure. Elle était trop placée sous le signe de l'affrontement, pour virer de bord aussi brutalement ; en tout cas, pas sans réflexion de la part d'eux deux. Et il arriverait toujours quelques tragédies, avant d'en arriver là. Floria en souffrirait, et sans doute d'autres, mais elle particulièrement, qui ne se doutait nullement qu'elle n'était qu'un jouet, une sorte de passe-temps, bien que Rafael ne soit pas totalement dénué d'humanité ou de sincérité. La réaction de la mutante ne serait alors que plus terrible. Les dominos s'enchaîneraient sans nulle seconde de retard, et il était impossible de savoir où cela s'arrêterait. Mais ce faux bonheur serait détruit, irrémédiablement, tout comme il était né sur une rencontre assez suspecte, bien que née du hasard.

Les hommes désespérés étaient les plus dangereux, car ils ne savaient où étaient les limites de leur propre désespoir ou nature, alors que l'homme impitoyable les connaissait depuis bien longtemps. Il n'y avait pas de fin au bien comme au mal ; il était faux de croire qu'on pouvait toucher le fond. Il n'y en avait pas, en particulier au désespoir. Si Davos ne serait jamais porté au désespoir à ce point, dans l'état actuel, il ne fallait cependant pas douter qu'il pouvait lui aussi se montrer terrible. Il cherchait toujours la bonté chez les autres, mais savait aussi parfois comprendre qu'il y avait des cas irrécupérables. Rafael en faisait-il partie ? Allez savoir. Il y avait des mystères dans l'âme même de Davos, et des choses que lui-même ne comprenait pas chez lui. Ainsi, en cet instant, alors que son regard dans celui de l'homme se faisait davantage inquisiteur et de plus en plus froid, il ignorait s'il voulait vraiment qu'il s'éloigne à jamais de Floria, ou s'il devait au contraire rester, s'il devait lui apporter un bonheur, même de courte durée. Certains états d'âme n'étaient en effet pas toujours durables, et on n'y pouvait rien. Ils faisaient néanmoins partie des expériences de toute vie et aidaient à se construire, sans aucun doute. Rafael pensait-il la même chose ? Peut-être.

Cependant Davos était, comme tout être, moins prompt à se juger et à se comprendre lui-même, que les autres, et c'était pourquoi il avait autant de mal à identifier les mécanismes et les sentiments qui ébranlaient son être, et l'avaient poussé à se saisir de Roxas pour le plaquer contre la rambarde de la terrasse, sans douceur aucune. Sa force était égale à sa volonté, et malgré tout l'aspect terrible qu'il pouvait avoir, il ne fallait pas douter que les mots de Rafael sauraient être assez insinueux, pour semer l'incertitude dans son âme grise. Personne autour ne réagissait, et son rival restait donc seul à essayer de se débattre vainement de la poigne de Davos. Ce dernier n'avait cependant jamais été faible, et ce n'était pas ces quelques mouvements, à moitié rendus inefficaces par la peur, qui allaient changer quelque chose. Oui, Davos ne jouait pas, mais agissait pour de vrai. Ce qui tombait bien, comme Rafael n'était pas non plus à parler pour ne rien dire, au contraire. Cet homme était allé trop loin, voilà tout, et Davos réagissait en conséquence, son tempérament d'ordinaire posé se nourissant de la colère provoquée par les remarques acerbes de cet homme, la peur de perdre Floria, et celle de s'être trompé toute sa vie, sur ce qui était juste et ce qui ne l'était pas. L'homme dont il tenait la vie entre ses mains restait un peu près calme, mais il sentait parfaitement qu'à l'intérieur, il paniquait. Qui ne l'aurait pas fait, surtout en étant humain et mortel ?

« Non, je n'ai pas compris. De toute évidence, vous ignorez tout à fait si je suis l'homme qui convient à Floria, ou non. Vous tentez de lui éviter toute peine de cœur dans l'avenir, mais ne croyez-vous pas, qu'en agissant ainsi, vous allez précisément provoquer ce que vous redoutiez tant ? Si je suis le bourreau que vous croyez, il me sera aisé de retourner Floria contre vous, après une telle scène. Si je l'aime sincèrement, vous pourriez très bien avoir refroidi tout enthousiasme. Et qui se maudira le plus, après cela ? Je dois donc rester auprès d'elle tant qu'elle le désirera ? Est-ce là la conception que vous avez de l'amour ? Au vu de vos agissements, il apparaît que vous n'y connaissez rien. Êtes-vous à ce point incompréhensif à force de solitude, ou est-ce votre stupidité qui vous assure le célibat ? »

L'homme perdait de plus en plus patience, et Davos aussi. Il n'avait jamais subi autant de provocations et de vérités à la face, même de la part de Stannis. Non, jamais personne n'avait osé lui balancer tout cela. Même Erik n'avait pas été aussi offensif, ou alors d'une autre manière. A cet instant, ce que Rafael disait était de nature à le remettre totalement en question, et surtout de revoir totalement sa façon de voir et de penser. Il croyait agir bien, mais le faisait très mal ? A force d'agir ainsi, de traiter Floria comme une gamine, n'allait-il pas finir par perdre totalement sa confiance et donc la perdre elle ? Telle idée lui était littéralement et physiquement insupportable. Ne faisait-il que se condamner à recevoir ce qu'il cherchait tant à éviter, provoquant le destin et l'amenant à lui, au lieu de le repousser ? C'était là toute la tragédie et l'ironie de la fatalité, y compris quand elle prenait un visage souriant.
Il ne pouvait même supporter d'imaginer la tête que ferait Floria, quand elle découvrirait ce qui s'était passé. Elle risquait de lui faire la tête pendant un peu plus d'une semaine. Et c'était peu dire....Si cet homme osait la retourner contre lui...Davos vit peut-être encore plus rouge qu'il ne le voyait déjà, et n'écoutait plus qu'à moitié un discours qui n'était hélas que trop vrai. Les insultes personnelles ne le touchaient pas, mais tout ce qui touchait à Floria, oui. Et il se demandait si la façon dont il l'avait éduquée n'était pas une formidable erreur depuis le début.

« Vous ne comprenez rien ! Vos méthodes ne font que lasser Floria et la dégoûter de vous, plutôt que de vous rapprocher d'elle. Vous ne la protégez pas, vous l'incarcérez, et vous vous mêlez de ce qui ne vous regarde en rien ! Qui est donc le plus à même de la faire pleurer ? »

Et les visions qu'il imaginait revenaient devant ses yeux, toujours les mêmes images d'un futur vide et solitaire, où il mourrait seul. Il n'aurait su dire pourquoi cette idée l'obsédait tant, peut-être parce que c'était la seule fin qu'il voyait pour lui. Il avait toujours su que Floria partirait un jour, sans pouvoir se retenir de souhaiter que cela n'arrive jamais. Désir qu'il refoulait totalement, car il souhaitait également le bonheur de sa fille. Mais les extrémités que lui dessinaient Rafael étaient trop pour lui. Il ne pourrait supporter d'être détesté de sa propre fille – peut-être parce qu'il savait que cela arriverait fatalement un jour, quand elle saurait la vérité au sujet de Fran. C'était inévitable. Cette sorcière avait-elle donc raison depuis le début ? Le destin était-il écrit et impossible à éviter ? Tout ce qu'il gagnerait de Floria alors, à la fin, serait des larmes, et de la colère...Des sentiments impossibles à déraciner et qui dureraient éternellement. Davos ne connaissait peut-être pas sa fille aussi bien qu'il l'aurait voulu, ni l'homme en face de lui.
Tout ce qu'il redoutait, en somme.
Aussi ce fut avec un regard chargé de colère et de désespoir, comme si toute la mesure du chagrin et de la fatalité à venir pesaient définitivement sur ses épaules, comme s'il s'en rendait enfin compte, qu'il redressa légèrement Rafael, le décollant de quelques centimètres de la rambarde de la terrasse. Le regard de Davos n'était plus féroce ou nourri uniquement de rancune ; il était plutôt empli d'une immense tristesse, et un homme triste pouvait être plus dangereux qu'un homme empreint de fureur.

« Probablement moi. Mais vous n'aurez aucune victoire à en savourer. A part celle de la rendre heureuse comme elle mérite, peut-être. »

Mais au lieu du vide qui menaçait Rafael depuis tout l'heure, ce fut l'escalier en bois à peu de distance qu'il rencontra. Si Davos n'aurait nullement eu le cœur à pleinement le jeter par-dessus la rambarde, une solution intermédiaire n'était pas négligeable, car malgré tout, il ne pouvait s'empêcher d'en vouloir, et davantage encore, à cet homme qui prenait possession de sa fille. La destinée de Rafael correspondait donc à une volée de marches en bois, désormais, dans lesquelles Davos le projeta. Cela ne donnerait sans doute rien de très grave, mais ce serait douloureux. L'ancien marin le considéra encore un instant, silencieux, avant de partir, sans prêter attention aux gens qui avaient assisté à la scène. Nul ne connaissait son identité ici. Et les hommes gris étaient bien trop souvent vus comme des fantômes ou des statues de pierre dont seul le cœur renfermait la vie – et on ne leur prêtait que trop rarement attention ou sympathie.

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MessageSujet: Re: [CLOS] « Amour, amour ! Ton véritable nom est jalousie. » [Davos] Ven 22 Nov 2013, 00:43


Le sort avait été bien cruel pour faire cette femme, cette fatale enchanteresse, aussi séduisante, et me la rendre inaccessible à jamais. Pis encore, la fatalité avait incité Fran à céder à d'autres hommes, qui n'étaient pas foncièrement meilleurs que moi. Que trouvait-elle à ce Lannister ? Comment Diable avait-elle pu se donner à Axel ? Y penser me rendait malade, et encore, j'ignorais qu'elle était allée jusqu'à accorder un instant de bonheur à l'homme qui me faisait face. Aussi bienveillant et chaleureux pouvait-il paraître, auprès de certains, il me paraissait incapable de véritablement aimer. Il se consacrait à chacun, mais à  personne en particulier. Il était étranger aux rangs de l'humanité, lui aussi, à sa façon. Peut-être dissimulait-il une noirceur insoupçonnée. Quelque chose me dérangeait chez cet homme, même si je peinais à mettre un mot dessus. Aurions-nous pu nous entendre ? Cela me paraissait peu probable, car nous étions trop différents, même s'il me semblait parfois percevoir, dans son regard, une solitude et une mélancolie susceptibles de le corrompre et de le détruire. … Les mêmes qui étaient susceptibles d'envenimer la jalousie que nous portions à l'égard de Floria. Tant qu'aucun de nous ne renoncerait à elle, il paraissait évident que nous ne parviendrons pas à nous entendre ; ce qui m'incitait à me questionner sur la nature des sentiments de Davos Tosca.
En quelques mots, j'étais si certain du caractère irrévocable de notre inimitié, qu'il me paraissait inutile de faire le moindre effort. Il n'avait, quant à lui, pas non plus fait bonne impression, et cela, dès le départ. Ce n'était pas parce que je me permettais de suivre, de temps à autres, certaines personnes, que j'appréciais que l'on fît de même avec moi. Je ne voulais ni de sa haine, ni de son réconfort, d'ailleurs. J'avais depuis longtemps renoncé à l'idée de voir l'univers autour de moi s'arranger, ou le monde s'améliorer. Il était corrompu de fond en comble et sombrait vers la décrépitude et la pourriture. Je le quitterais volontiers si je ne soupçonnais pas l'enfer d'être autrement plus redoutable.
Pour l'heure, l'enfer, c'était lui. Je peinai à détourner mon regard du sien, quand bien même il me crispait et me troublait. Il était aussi froid que celui de la statue du Commandeur ; et malgré tout cruellement vivace et inquisiteur. Je ne doutai pas que, pour un temps incertain, mon destin était entre ses mains. Certes, il ne tenait qu'à lui de me lâcher, de me laisser choir depuis l'étage, et toutefois, mon mauvais sentiment allait bien au delà de cela. Nul, aux alentours, n'osait réagir, ce qui n'était pas sans confirmer mon idée que le monde n'était que déchéance et égoïsme. Son regard n'était pas éloigné du mien, et je saisissais la moindre tempête qui s'y reflétait, sans avoir la prétention de le cerner tout à fait. Il était animé par la colère, la jalousie, l'indignation et malgré tout le doute. Certaines accusations avaient eu suffisamment d'échos en lui pour l'inciter à se remettre en question. Avais-je raison ? Je n'en avais pas la moindre idée, cependant, j'esquissai un sourire vengeur ; peu m'importait l'issue de cette rencontre tant qu'il n'en sortait pas indemne. Il sombrait davantage dans le désespoir et le pessimisme, c'était perceptible, puisque j'étais moi-même déjà au fond du gouffre. Je ne le plaignais guère, car c'était finalement la chute qui était la plus difficile. Une fois qu'il aurait accepté sa condition de fantôme, il se laisserait tomber, sans résistance aucune, et éprouverait peut-être quelque jouissance, à se tourner vers le mal. Ce n'était qu'une question de temps. Si j'avais perdu contre la fatalité, je ne voyais pas pourquoi il en serait autrement pour lui.
Je fus quelque peu soulagé de le voir m'écarter de la rambarde. Son regard ne vibrait plus, il était seulement éteint... Se serait-il enfin calmé et laissé abattre ?

« Probablement moi. Mais vous n'aurez aucune victoire à en savourer. A part celle de la rendre heureuse comme elle mérite, peut-être. » répondit-il.

Je haussai un sourcil, quelque peu surpris par ce fair-play. Était-il à ce point capable d'abnégation ; me laisserait-il vivre, heureux, avec sa fille, quitte à se mettre en retrait ? Pourquoi permettrait-il cela, alors qu'il paraissait me détester ? Et il me connaissait bien mal... J'avais pris conscience, avec les années, que l'on acquérait plus de succès et de délires de joie, par la vengeance que par le sacrifice ou les élans du cœur.
Mais sans doute avais-je crié victoire trop vite, et tel était le drame perpétuel de mon existence. A peine avais-je estimé être tiré d'affaire, que mon interlocuteur se montra une nouvelle fois imprévisible. Il me saisit de nouveau au col, avant de me pousser ni plus ni moins par l'escalier. Voilà une image de tout ; c'était précisément quand je croyais avoir trouvé plus faible que moi, que je me retrouvais à choir plus lamentablement encore. Je restai un bref instant au sol, avant de me redresser lentement. Un passant se rapprocha pour m'aider à me soutenir mais je le repoussai aussitôt. Il était un peu trop tard pour que le monde se décidât à me considérer avec clémence ou pitié. Lorsque je relevai les yeux, l'homme avait disparu, tout comme s'il n'avait jamais existé. Cependant, mes blessures témoignaient de sa présence, et je ne doutai plus que, d'une façon ou d'une autre, je finirai par obtenir une revanche.



FIN

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