XMH : The After Years
 
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[CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu

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MessageSujet: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Mer 04 Sep 2013, 21:46



« Hier, ma vie avait pris une direction. Aujourd’hui, elle en prend une autre. »


L’air marin me soufflait délicatement sur le visage, soulevant légèrement mes cheveux et emplissant mes poumons d’une odeur iodé. Pour rien au monde, je n’avancerais le temps que durait la traversé de Staten Island au sud de Manhattan. J’aurais plutôt tendance à le retarder, tant j’appréciais ce parcours en ferry. Cela relevait d’une certaine habitude, un peu comme ces gens qui empruntaient les transports publics chaque jour pour se rendre à leur travail. Cela ne me concernait évidemment pas, mais je trouvais que cette routine avait quelque chose de fascinant et de rassurant. Symbole que tout allait pour le mieux. C’était sans doute exagéré de ma part d’y voir autant dans un événement aussi banal, mais je n’y pouvais rien. Un rien m’émerveillait. Il fallait tout de même admettre que la vue sur l’océan était particulièrement enchanteresse, même pour les plus insensibles, et que la brise marine revigorerait même l’âme la plus épuisée. Comment cela, j’exagérais encore ? Quoiqu’il en soit, à chaque fois que j’empruntais le bateau, je m’installais au même endroit, à tribord. Quel que soit le temps, je m’appuyais contre la rambarde et observais le décor défiler devant mes yeux.

L’après-midi touchait doucement à sa fin, mais la température extérieure restait parfaite. Trop parfaite pour que je reste enfermé à l’institut. Je n’avais pas de travaux particulièrement urgents à régler, et personne n’était venu en catastrophe pour quémander mon aide en matière d’informatique. A dire vrai, l’établissement était étonnamment calme en cette journée, ce qui me décida à sortir pour me promener. J’avais, qui plus est, certaines courses à faire en ville, prétexte parfait pour une petite ballade jusqu’en début de soirée. Si, par malheur, une catastrophe informatique devait s’abattre sur l’institut Xavier –l’informatique étant, après tout, très capricieux-, j’avais toujours mon portable sur moi, mais je préférais penser que la journée allait se terminer comme elle avait commencé : dans une agréable tranquillité. Même si, je devais avouer que je reviendrai toujours au pas de course si jamais mon aide était nécessaire, même pour des affaires mineures ou n’ayant rien à voir avec mon rôle d’informaticien. J’étais heureux de pouvoir aider qui en avait besoin, surtout parmi les élèves. C’était devenu un peu le sens de mon existence, et rien ne me plaisait plus que de me sentir utile.

Je détournais un instant le regard de l’horizon et croisais le regard intrigué d’une jeune femme un peu plus loin sur le pont. Une jeune blonde d’une vingtaine d’années qu’il m’avait semblé croiser à plusieurs reprises sur le ferry. Quittant mon air neutre et posé, je lui souris gentiment, avec malice mais sans arrière-pensées aucunes. Elle avait le même âge que certains élèves à l’institut, c’était tout de même un peu jeune pour qu’il y ait autre chose que de la simple sympathie dans mon geste. Elle me rendit d’ailleurs timidement mon sourire, avant de retourner à l’intérieur du bateau, ne souhaitant peut-être pas déranger l’être solitaire que je semblais être. Il y avait une certaine grâce dans ses mouvements et dans son sourire, détails qui accrochaient directement mon regard. J’aimais trouver des spécificités à chaque individu que je croisais, le petit quelque chose qui les rendait différent et qui faisait la grande diversité du monde. Cette image fugace resta quelques temps dans mon esprit, avant que le cours de mes pensées soit à nouveau absorbé par des réflexions plus poussées et plus profondes. La mer avait toujours eu cet effet, que cela soit maintenant ou des siècles auparavant. Certaines choses ne changeaient pas.

Une fois Manhattan atteint, je marchais tranquillement à travers les rues, flânant ici où là tout en prenant la direction des magasins où je devais me rendre. Le premier fut rapidement atteint, il me fallait des câbles pour remplacer ceux que certains –maladroits- avaient endommagés et qui arrivaient bientôt en fin de parcours. Ce faisant, je sortis à nouveau dans les rues de la ville afin de me rendre dans une vieille librairie d’occasion où j’avais mes habitudes depuis quelques temps déjà. Pour ne pas dire années. Tout cela ne me rajeunissait décidément pas. Tournant un peu au hasard de mes envies dans les ruelles à la lumière tamisée de fin de journée, je pénétrai dans une rue qui m’était, à ma connaissance peu connue. Néanmoins, je continuais ma route, l’inconnu n’étant plus vraiment ce que l’on pouvait appeler une angoisse pour l’homme que j’étais. Depuis le temps, j’en avais vu d’autres. Quoique, plus j’avançais dans la rue, plus le décor me semblait, comment dire… étrange. Il me fallut arriver devant un établissement particulièrement équivoque pour comprendre d’où provenait cette étrange sensation.

Aha.

Le diable rouge. Un léger sourire amusé apparut sur mon visage. Quoique chic, l’endroit laissait peu de doute quant à ses activités. Activités qui, soit-dit en passant, ne m’intéressant pas le moins du monde. Ce n’était pas que je n’appréciais pas de voir une belle femme se déshabiller, mais… il y avait certaines choses du monde moderne que je peinais encore à comprendre. Et ce genre d’endroits était bien trop vulgaire à mon goût, sans parler du bruit et du côté absolument pas privé de la chose. En un mot, très peu pour moi. Tout comme la boîte de nuit adjacente d’ailleurs. C’était là des loisirs dont je me passais bien, trouvant que j’étais à présent bien trop vieux –ou trop jeune, allez savoir- pour de tels amusements. Sans critiquer ceux qui s’y adonnaient, chacun ses plaisirs après tout, même si le non-respect évident de l’être humain dans certains établissements n’était nullement pour me plaire. Plongé dans mes réflexions, je restais néanmoins devant l’établissement, ne remarquant sans doute pas la présence d’une tierce personne à mes côtés. Comme quoi, même les choses les plus éloignées de mon mode de vie parvenait à m’amener dans un mode de pensées tout autre, bien plus sérieux, expliquant sans doute pourquoi je semblais avoir bien souvent ce côté pensif et mystérieux.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Lun 09 Sep 2013, 22:14

=>…

Plus je regarde mon corps se déformer, plus j’exècre la maternité. Autant Louise n’arrête pas de s’épanouir, autant je la vois grossir et je suis lentement ce chemin en me demandant si je ne vais pas finir par virer folle. Je n’aime pas voir mon ventre s’arrondir, même s’il n’a pris qu’une légère rondeur, déformant sa ligne fine, je n’arrive plus à remarquer autre chose. Tout ce que je mange, va à l’enfant. Je ne me nourris pas en temps normal, je n’éprouve pas la sensation de faim, je n’ai pas faim, mais enceinte, c’est autre chose, je dévorerais plus que de raison, tout et n’importe quoi. Je m’empiffre littéralement.
Je n’aime pas voir mes seins se développer, enfin, si, ça passe encore, mais quand même. La maternité n’a rien de beau, l’accouchement est une phase atroce, pleine de douleur, de sueur, de sang, de cri, de mioches qui braillent. Quand j’entends les éloges sur ce moment merveilleux, j’ai envie de dire : non mais vous foutez pas de ma gueule.

Installée dans la baignoire, une cigarette dans une main, un verre de jus de coco dans l’autre, je pousse un soupir. J’ai l’impression que ce n’est franchement pas la joie en ce moment, cela ne l’est pas : je suis enceinte ! Je me répète ? Qu’importe !
J’ai besoin de m’en aller un peu du manoir, de rentrer chez moi, de m’installer devant la baie vitrée de l’appartement et d’observer le monde, voir la peur flotter au-dessus de la ville sans m’en nourrir. Voilà une vision qui ne peut que calmer mon esprit passablement frustré. Arlathan saura bien où me trouver, il n’ignore pas où je me trouve et encore moins que je reviendrais.

Juste quelques heures…

Je m’habille assez rapidement. Assez proche du corps je l’avoue, mais je n’ai pas d’affaire de grossesse et encore moins coutumière. Enfin, qui passe inaperçue. Un pantalon de cuir souple fera bien l’affaire, ainsi qu’un tee-shirt noir. Par-dessus un long manteau, mes habituelles bottes à talon et j’enfourche la moto sans chercher à comprendre.
Je roule assez vite, j’avale la route qui me sépare de ma tanière, si je peux la nommer ainsi, jusqu’à me glisser dans le parking souterrain dans lequel je loue un box. Glissant à travers ses allées sombres, j’allume une autre cigarette, sortant du parking pour parvenir à l’entrée du club.

Je m’arrête.

Une silhouette connue est posée là devant elle, je fronce les sourcils, réfléchissant un court instant. Je ne m’approche pas immédiatement, mais je finis par séparer les pas qui me séparent de lui. Je me pose près de lui et regarde la devanture de mon petit domaine, strip et boite de nuit. Je réfléchis un instant avant de soupirer et de souffler.

-Généralement à cette heure ci, c’est fermé tu sais. Je connais bien la patronne, elle peut te faire rentrer.

Je souris amusé.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Dim 15 Sep 2013, 14:39


D’ordinaire, je ne me serais sans doute pas arrêté devant pareil établissement, même pour réfléchir profondément comme j’étais en train de le faire. Mais la rue étant actuellement plutôt déserte –plutôt normal à cette heure-ci-, je me permettais donc de m’arrêter ici sans que l’on se pose trop de questions quant à me présence devant un lieu que les hommes semblaient d’ordinaire apprécier. Après tout ce que j’avais vécu, l’existence de tels endroits m’apparaissait toujours comme… irréelle. Je n’avais pas toujours eu cette vie tranquille, où je pouvais me balader ainsi sans trop penser au lendemain. Vivre insouciant, s’amuser avec frivolité ; jamais je n’avais imaginé que cela pourrait m’être possible un jour, et pourtant. Il me suffisait d’attendre quelques heures et de traverser cette porte, cela semblait si facile. Mais, quand bien même cela m’était possible, j’avais également le choix de refuser. Faire des choix personnels, cela était toujours une liberté à laquelle j’avais accès non sans un certain regard en arrière, à l’époque où de telles possibilités ne m’effleuraient même pas l’esprit. Le temps, les changements, l’homme ; c’était là des choses bien étonnantes et merveilleuses.

Quoique, un lieu tel que celui devant lequel je me trouvais me prêtais à réfléchir plus amplement à cette constatation. De tous temps, il semblait que l’homme prenait plaisir à dominer et à asservir la femme, ne pouvant apparemment pas se défaire de ses instincts primaires et basiques. Et depuis mon ouverture sur le monde, la création de ma propre volonté, j’avais toujours trouvé cela contraire à mes principes. Oh bien sûr, j’aimais les femmes, je n’échappais pas à cette règle. Mais j’étais persuadé que ce n’était pas incompatible avec le fait de les respecter, et qu’au contraire, cela allait même de pair. Je ne prenais donc aucun plaisir à les voir se déhancher de manière sensuelle sur une scène, un peu comme des bêtes de foire et entourés d’autres hommes qui n’étaient guère mieux niveau bestialité. Et personnellement, je n’aimerais pas non plus être à leur place et m’exposer de cette manière, ni ne souhaitais que mes futurs potentiels enfants –si un jour cette chance m’était donnée- ne fassent de même. Cela suffisait amplement. Mais j’avais cependant conscience qu’on ne se défaisait pas d’une habitude vieille de plusieurs millénaires en un tour de bras, et que si ces femmes étaient traitées avec dignités et bien payées, c’était toujours cela. Nous n’étions pas encore dans un monde où les personnes pouvaient avoir d’autres choix de travail, comme j’avais pu avoir le choix de ma vie. Mais cela valait donc la peine de continuer à se battre pour atteindre un tel objectif. Et en attendant, cet endroit avait au moins le mérite de ne pas paraître trop glauque.

Pendant que j’étais tout à ma méditation, une voix s’éleva soudain à mes côtés, me signalant que je n’étais plus seul. Quelque peu surpris, je me tournais vers l’inconnue, plutôt calmement n’ayant finalement rien à me reprocher. Mais lorsque ce visage connu apparut dans mon champ de vision, je ne pus cacher une surprise plus grande encore. Il ne me fallut pas bien longtemps pour reconnaître mon interlocutrice, car si j’avais croisé de nombreuses personnes durant ma courte mais mouvementée existence, il était des visages que je ne pouvais oublier si aisément. De manière positive, dans le cas présent, ce qui m’amena tout de même à esquisser à mon tour un sourire, une fois la surprise passée. Le monde et le temps pouvaient sembler infinis et vastes, ils n’en demeuraient toutefois pas moins petits, étonnamment. Je répondis donc, non sans une pointe d’humour :

ʺVraiment ? C’est gentil à toi, mais ce n’est pas le genre de divertissements que j’affectionne… Sans vouloir te vexer.ʺ

Mieux valait le préciser. Après tout, si une dizaine d’années s’était écoulée pour moi depuis notre dernière rencontre, cela ne devait pas être son cas. Quoique, quand on vit depuis si longtemps, la notion de temps est toute relative. Je suis bien placé pour le savoir. Mais cela ne m’empêche nullement d’apprécier avec tout le plaisir qui se doit l’instant présent et la douceur d’une rencontre inopinée entre vieilles connaissances. Mon sourire perd donc de son humour pour devenir simplement sincère et heureux. J’inclinai respectueusement la tête pour la saluer, conscient qu’après tout ce temps, le baisemain n’était sans doute plus de mise ou était tout simplement inapproprié.

ʺCela faisait longtemps, Shâlimar. Très longtemps. Mais je suis content de te revoir. Comment te portes-tu ?ʺ

La notion de temps est vraiment toute relative. Mais quand il s’agit de personnes appréciées, le temps ne peut paraître que plus long en leur absence.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Sam 21 Sep 2013, 13:26

Je garde un sourire sur mes lèvres, incapable de le faire partir, je regarde le Diable rouge en me disant que l’endroit ne lui vas pas tellement pas. Je ne vois pas Alex dans ce lieu plein de filles en petites culottes se trémoussant dans tous les sens pour faire cracher à l’homme un peu de liquide. Et non pas le liquide que vous pensez, mais de l’argent. Ah…le sexe a toujours mené le monde et les hommes, et sans le savoir, quand un mec redevient le primitif qui s’extasie devant une femelle il est tout à notre merci.
Y en a qui y voit que le coté péjoratif. J’ai jamais autant bien mené des missions qu’en me faisant passer pour une pute, enfin pardon, escort girl. Parce que quoi qu’on en dise, quand un mec à son pantalon sur les chevilles, il nous appartient. Pas plus compliqué. Que les féministes ne me fassent pas chier avec leurs arguments, moi, je suis fourbe. Donc j’ai pas peur d’assumer qui je suis, une femme, au besoin.

Une petite moue traverse mes lèvres, je ne le regarde pas encore. J’observe mon entreprise, mon petit lieu de vie sans détourner le regard.

-Ah ouai ? Je t’ai pas bien éduqué alors. Ou je ne t’ai pas fais assez de show privé pour que tu en veuilles d’autres.

Mes lèvres étirées en un sourire de lionne tentatrice, je tourne mon visage vers lui, révélant mon regard pétillant, bordé d’une jolie couleur de miel aux creux des pupilles. Ah Alex…je l’ai connu dans sa jeunesse, perdu dans le temps, perdu dans mes draps. Est-ce que je l’ai aimé ? A ma façon, bien entendu et j’ai gardé pour lui une affection tendre. Lorsque l’on a éveillé un jeune homme au plaisir on ne peut pas l’oublier.
Je le taquine. J’aime bien taquiner. Je le regarde avec ce sourire insolent et joueur sur les lèvres. Un simple hochement de tête ? Je ris doucement en me rapprochant légèrement et posant ma main sur une de ses joues pour aller embrasser l’autre, laissant mes lèvres entrer en contact délicatement avec sa peau.

-Cela fait longtemps mais ce n’est pas obligé d’oublier mes vieilles habitudes, pas vrais ? Je caresse sa joue de mon pouce avant de reprendre ma place. Je vais bien, enceinte mais en forme. En espérant que ce calvaire se termine bientôt. Si on allait discuter à l’intérieur ?

J’attrape sa main, tout simplement pour l’entrainer à ma suite vers une petite porte pour ne pas le faire passer dans le club mais le faire monter à mon appartement, sans me soucier d’une quelconque opposition de sa part.
Les marches sont gravies avec lenteur, sans avoir besoin de parler. Et dire qu’il y a quelques temps en arrière, le même geste avait été fait pour l’entraîner vers la fin de sa vie de gosse. Que le temps passe vite en y pensant…tellement. Je pénètre dans l’appartement, déposant mon manteau presque immédiatement.

-Et toi alors mon chéri ? Tu as retrouvé ta place dans le temps et l’espace ?
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Mar 01 Oct 2013, 22:09


C’était à la fois étonnant de retrouver un visage connu dans pareil endroit, mais également pas si surprenant. J’en venais parfois à penser que le hasard n’existait pas dans ce monde… Mais au final, qu’importe ? Le résultat était le même, je me retrouvais à présent devant une personne que j’avais connue… il y a des années de cela. Voir des siècles, si on le prenait de l’autre angle et assez littéralement. Mais là encore, nul besoin de s’étendre des heures durant quant à cette question. D’une certaine manière, j’avais toujours su que nous finirions par nous recroiser, le monde n’était pas si petit. Il n’y avait que le temps qui était infini. Et à bien comprendre, ce n’était pas étonnant que nous ne nous soyons pas croisés plutôt ici même, puisque je n’avais aucune raison à venir ici ni affinité à de tels lieux. Jusqu’à maintenant. Enfin cela, je ne le précise qu’implicitement en lui déclarant franchement que ce n’est pas un endroit où j’ai mes habitudes, mais non sans un certain humour. Nous n’en sommes après tout plus au stade des civilités.

Mon sourire s’étendit un peu plus à sa réponse teintée de souvenirs d’un temps si lointain. Du temps où je n’étais pas encore celui qui se tenait à présent devant elle. S’en rendait-elle compte ? Cela devait certainement être le cas, elle avait contribué en grande partie à ce changement. Je n’étais qu’un enfant en la rencontrant, et entre ses bras, j’étais devenu un homme. Il y avait donc bien plus qu’une relation charnelle entre nous, du moins à mes yeux. A sa manière, elle m’avait aidé lorsque j’avais perdu mon chemin, m’avait guidé vers ce que j’étais devenu aujourd’hui. Aussi, la revoir ne pouvait que me réjouir tendrement, malgré la séparation temporelle qui avait séparé nos routes. Est-ce que les liens traversaient les siècles ? Il fallait croire que oui. Quant à la nature de notre relation actuellement… Qui savait ? Avant, je la considérais comme un guide, une adulte qui m’apprenait la vie. A présent que j’avais grandi, je gardais la même affection et le même respect, quoique toutefois légèrement différents. De l’amitié, peut-être ?

ʺOu peut-être que tu m’as au contraire trop bien éduqué ? Tu as placé la barre très haut, on ne t’arrive pas facilement à la cheville, tu sais...ʺ

Je continuais à la regarder, volontairement joueur autant dans mon regard que dans le ton de ma voix. Sans doute pour lui montrer que j’avais grandi, depuis le temps, mais que je n’oubliais toutefois pas ces bons moments passés ensemble, ni tout ce que je lui devais. Mon regard croisa le sien lorsqu’il se redirigea à nouveau vers moi, et l’espace d’un instant, les années semblèrent s’envoler au loin. C’était comme si le contact de sa peau contre la mienne remontait à hier encore. Il est certain détails que la mémoire ne peut pas oublier si rapidement. J’inclinai une nouvelle fois la tête, feignant de me montrer honteux de mon manque de savoir-vivre, tout en approuvant cependant ses paroles. J’attrapai doucement la main qui avait effleuré ma joue pour y déposer un baiser à mon tour, en tout bien tout honneur. Je la laissais ensuite reprendre sa place, sans me départir de mon sourire un tantinet charmeur, mais néanmoins sincère. Le reste de sa phrase me fit hausser les sourcils de surprise, sans toutefois me faire abandonner ma bonne humeur.

ʺEnceinte, vraiment ? Eh bien c’est plutôt… inattendu. Mais félicitations, et bon courage à toi.ʺ

L’information était en soi assez étonnante, mais le fait qu’elle semblait le prendre comme une corvée me rassurait quelque peu. C’était plus la Shâlimar que je connaissais. Mais je n’eus pas le temps de l’interroger davantage sur cet heureux événement –heureux oui, tout de même !-, que déjà elle me prenait par la main pour m’entraîner à l’intérieur. Mon sourire ne tarda pas à revenir, à voir ainsi cette femme me guider à nouveau, comme au bon vieux temps. Il y avait vraiment des choses qui ne changeaient pas. Je me laissais docilement mener jusqu’à son appartement, n’osant tout de même pas émettre la moindre protestation, toujours à cause de ce respect que j’avais gardé pour elle et plus nouvelle par courtoisie. Et surtout parce que cela ne me dérangeait finalement pas, bien au contraire. Tandis qu’elle se débarrassait de son manteau, je restais simplement debout dans l’entrée, sans la quitter de mon regard amusé.

ʺEn effet, je suis revenu. Tout ne s’est pas passé comme prévu, mais… je crois que c’est mieux ainsi. J’ai tiré un trait sur mon passé, ou du moins, j’essaie. Mais j’ai eu la chance d’avoir d’excellents maîtres pour m’aider, alors je suis plutôt confiance. Et leur en suis très reconnaissant.ʺ

Nouveau sourire joueur à son attention, même je pensais sincèrement ce que je disais.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Jeu 10 Oct 2013, 15:03

Des siècles pour moi, bien moins d’années pour lui au final non ? Le passé appartient au passé, c’est ce qu’on dit, moi je dis simplement que le passé fait partie de nous. Je ne peux pas oublier Alex et laisser de côté ce que j’ai pu vivre avec lui. Oh, pas une grande et furieuse histoire d’amour, nouée par la colère et le désir, par le besoin vitale et omniprésent de l’autre, nan pas un truc à la con du genre. Mais une petite histoire d’une femme qui apprend tout à un jeune homme, qui lui apprend à se connaître et à aimer, apprécier, désirer, toucher, effleurer, milles choses, milles rôles possible pour la maîtresse d’un gosse à peine sortie de son adolescence. Le fantasme même de tous les puceaux on pourrait dire. Au final, niveau cougar, je bats peut-être tout le monde sur cette petite terre en perdition.
Petit record perso ? Oh, il y aura bien une vielle Externelle pour vouloir le flambeau et se faire un petit jeune et tout lui apprendre. Mais on s’en fout…je m’en fous. Alex…je souris.

Il a changé. Forcément tout le monde change, je me souviens d’un jeune homme perdu, récupéré, protégé. Cela peut paraître loin pour un mortel, un simple souffle à peine pour un immortel. Quelque chose qui au final me semble être arrivé hier. Hier que je le trouvais et que je l’aidais à changer. Pourquoi m’être attardé à le guider ? Pourquoi avoir eu cette envie ? Qui sait ? Moi-même je ne cherche pas à comprendre mes comportements, ni à établir une ligne de conduite précise dans mes attitudes. Je fais, je vis l’instant, je réagis à l’instinct. Une chose faite peut changer, un comportement qu’on pourrait croire continuel devient occasionnel, rien n’a besoin d’être écrit. Tout se vit tout simplement, en démesure de préférence.
C’est aussi simple que cela.


Aujourd’hui, qui est-il pour moi ? Etrangement, il est l’ami, gardant toujours sa place d’élève, mais les élèves dépassent souvent les maîtres.

-C’est une invitation pour dire que tu rentrerais uniquement si c’était moi qui me dénudait ? hum ?

Taquineries. La même façon de répondre qu’il le fait. Je lui souris avec délice, délaissant dans mon regard une lueur de provocation. Ah la provoc’ ! Mon surnom de mutante est la preuve indéniable que j’aime provoquer. C’est dans ma nature, si je ne le faisais pas, c’est que je serais probablement morte. Et encore, je suis certaine que pour un beau final, j’arriverais à provoquer l’assassin ou les assassins.
Il a grandis. Comment dit le dragon dans le dessin animé là ? Boh, je sais plus. Mais est-ce qu’il serait capable de tenir la cadence ? Je n’ai pas de limite dans la provocation et s’il amorce ce terrain, il a intérêt d’être à la hauteur. Je n’ai pas de limite. Se limiter c’est chiant.

Le rapprochement rappelle de délicieux souvenir, une petite chambre, un bon feu et les corps alanguis entre des draps salis de nos présences essoufflées.
Je pousse un souffle, haussant les yeux au ciel.

-Félicitation ? Tu parles ! Clov aurait pu se tenir. Dès que ça va naître, ça va chier partout, réclamer mon sein et je vais faire office de vache laitière. La beauté de la grossesse et d’enfanter, mon cul. Si je n’avais pas un don auto protecteur, je l’aurais fait partir. J’ai essayé tellement de façon pour d’autres…mais après les médecins finissent la bave aux lèvres en gagatant, limite ils se pissent dessus. J’espère finir cette putain de corvée rapidement. Et après je sais pas ce que je vais en faire de ce moutard, j’ai pas la fibre maternelle. Y a trois gosses en vie encore et je peux pas dire que ce soit le bonheur avec. Benedict, Waylander et Sasha. Nan c’est la merde.

Toujours le même discours. Ça me fait chier d’avoir un gosse. Je lui avais bien souvent demandé de faire attention dans le passé, pour ne pas vivre ça. Il était trop jeune et moi…moi m’embarrasser de neuf mois à être une dose d’hormones ambulantes, merci bien.

Je l’entraîne dans l’appartement. Déserté depuis quelques temps. Oh j’y viens souvent, mais j’avoue préférée me retrouver près de Clov pour l’obliger à sortir de ses expériences en me baladant dans une petite tenue pour jouer. Infirmière, secrétaire, policière, militaire…plein de petits costumes et le voir tout fou. Le prochain coup, ce sera …hum je ne sais pas encore. Je n’aime pas l’idée qu’il me voit enceinte, ce ventre qui s’arrondit va devenir plus gros et cette idée me déplait. Heureusement que je perds vite.

Je me dirige dans l’appartement pour ouvrir le frigo et en ressortir deux bières. Le frigo est plein. Hum…Dougy a dut le remplir au cas où. Dougy c’est le gardien de l’endroit. Le veilleur de nuit dans le genre d’idée. Il a accès à l’appartement et il veille à remplir le frigo de denrée non périssable généralement. J’aime pas faire les courses.
J’entends mon jeune padawan et je redresse la tête, pour lui sourire d’un air espiègle.

-Tu as été un charmant élève. Je dirais même plus, l’un des meilleurs coups que j’ai pu éduquer et un jeune homme très intéressant. Tu as changé, tu as vieillis, mais tu restes, un petit jeune pour moi. Qu’est-ce que tu deviens maintenant ? Je parierais que tu es un valeureux super héro ! Je ris. Avec le slip par-dessus le super costume. Je ris seule de mes bétises, lui ramenant une bière avant de lui enlever son manteau et le pousser, gentiment vers le salon ouvert sur une méga baie vitrée avec vue sur la ville. Dis-moi tout… Souriais-je en le faisant s’installer, sans lui laisser le choix et m’assaillant alors près de lui, les jambes élancées et galbées se posant sur ses genoux.


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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Dim 27 Oct 2013, 15:45


Nous ne sommes plus les mêmes, c’est certain. Il y a plus que des années entre nous, c’est presque comme si nous étions deux individus complètement différents. Enfin, surtout en ce qui me concernait. Et malgré tout, rien ne semblait avoir changé, ou presque, c’était assez étonnant. Mais cela importait peu, au final. Notre relation avait toujours été ainsi, libre, mais tout de même solide. Sans doute plus solide que ce que nous avions imaginé au départ, mais aucun de nous deux ne donnait l’impression de s’en plaindre. Tout avait été d’une simplicité entre nous, comme on en voudrait plus dans nos existences. Mais cela n’avait pas rien eu de la simple nuit éphémère, bien au contraire. Elle avait fait de moi un homme plus sûr de moi et plus mature, et de mon côté, j’espérais avoir pu lui donner quelque chose en retour. Mais au final, cela tenait plus du respect mutuel que de la passion pure, de l’affection plus que de l’amour. Aussi, notre séparation fut elle aussi simple. Tout comme l’étaient à présent nos retrouvailles. Simples, mais toujours chaleureuses.  Et malgré les années, la taquinerie restait de mise. Naturellement.

J’éclatai franchement de rire à sa nouvelle boutade, me prenant totalement au jeu de la provocation. Une fois mon rire évanoui dans les airs, je replongeai mon regard dans le sien, définitivement heureux de cette rencontre imprévue. Cela m’avait tout de même manqué, cette manière qu’elle avait de jouer. Shâlimar était décidément irremplaçable, et je ne prenais que davantage conscience de la chance que j’avais eu d’avoir pu la côtoyer comme je l’avais fait.

ʺJe préfère les endroits un peu plus… intimes. Mais surtout, je ne voudrais pas avoir de problèmes avec tous tes prétendants. Je me fais vieux, je crains de ne plus pouvoir me battre correctement pour les beaux yeux d’une demoiselle.ʺ

Fut un temps lointain où c’était le cas. Des siècles auparavant. Shâlimar et les événements de la vie m’avaient fait voir la chose d’une autre manière, et à présent, je me voyais mal faire le coq pour conquérir une femme. C’était… trop bestial et trop peu raffiné à mes yeux. Je préférais à présent la délicatesse et la subtilité, quoique j’imaginais que cela plairait moins à mon interlocutrice. C’était certes plus ennuyant. Mais il était également clair que je n’avais désormais plus les mêmes objectifs que par le passé. Néanmoins, je ne me fis pas prier pour suivre la jeune femme dans son logement, heureux de pouvoir ainsi continuer notre conversation. Nous avions après tout plusieurs siècles à rattraper. Et encore, j’étais encore loin de me douter des surprises qu’elle me réservait encore.

Si je fus surpris par l’annonce de sa grossesse, je le fus moins par sa réaction. Je ne devais sans doute pas, mais je ne pus m’empêcher de sourire de manière amusée en l’entendant se plaindre. Cela ne semblait pas être drôle, ni pour elle ni pour son enfant, mais d’un autre côté… C’était bien elle, ça. Et je ne m’en faisais pas trop pour elle, je savais qu’elle finirait par traverser cela comme elle l’avait toujours fait. Peut-être étais-je un peu naïf, mais j’avais passé une bonne partie de ma vie à l’admirer, et je ne pouvais pas m’empêcher de continuer.

ʺA t’entendre, je dirais que ce petit sera aussi résistant que sa maman. Mais ce ne sera peut-être pas si horrible, tu ne veux pas lui laisser sa chance, à cet enfant ? Comme tu l’as fait pour moi ? Et Clov, je suppose que c’est le père ? Et trois autres enfants ? Dis donc, j’en ai raté des choses !ʺ

Je n’avais jamais eu la prétention de la connaître au-delà de ce que nous avions vécu, mais à présent que j’étais plus mature –du moins, je l’espérais !-, je me disais qu’il était peut-être temps que nous en apprenions plus l’un sur l’autre. Du moins, en ce qui concernait ce genre d’informations. Pouvais-je lui parler de mon fardeau ? Je ne voulais pas l’ennuyer avec mes ennuis, surtout alors que nous étions encore dans la joie de nous retrouver et de nous taquiner subtilement. Je préférais lui parler de ce qu’elle avait été pour moi, de l’aide qu’elle m’avait offert, des instants passés ensemble et gravés à jamais dans ma peau. Et je fus comblé d’entendre que cette expérience fut également plaisante pour mon interlocutrice. Je m’inclinai donc respectueusement, sans me départir de mon air espiègle.

ʺJ’en suis honoré alors, moi qui craignait ne t’avoir pas laissé un souvenir si mémorable, à la hauteur de ce que tu as été pour moi.ʺ

J’attrapai la bière qu’elle me tendait, et me laissai ensuite guider par mon hôtesse, sachant très bien qu’il n’y avait pas à discuter. De toute manière, je n’en avais nulle envie. Je m’installais donc devant une magnifique vue de la ville, riant doucement une nouvelle fois de la clairvoyance et de la présence de mon interlocutrice. Certes, j’avais toujours été plutôt docile, mais dans le cas présent, c’était par choix.

ʺC’est tout à fait ça. Mise à part que le slip par-dessus le collant ne m’allait étonnamment pas plus que ça. J’ai rejoint les X-men il y quelques temps de cela, et j’essaie de vivre ma petite existence comme elle vient. Avec les objectifs que je me suis fixés.ʺ

J’entrepris d’ouvrir ma bière afin de trinquer avec la jeune femme, avant de lui retourner la question avec un sourire charmeur :

ʺEt toi ? A part la grossesse, qu’as-tu fait d’intéressant ces derniers siècles ?ʺ
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Lun 04 Nov 2013, 19:24

Alex a toujours été différent du simple amant, il a pris une place, jamais attribué, d’élèves, d’apprentis. Je lui ai enseigné ce que tout jeune adolescent rêve d’apprendre d’une femme plus âgée, plus mûre et malgré cela, malgré le temps, si l’on peut dire, nous avons gardé notre complicité. Sans l’entraver de choses compliquées ou autre, sans la rendre misérables en y plongeant trop brutalement des sentiments imbéciles et amoureux. Non. Il a accepté la simplicité et il l’a vécu. Je ne voulais en aucun cas rajouter autres choses. Faire simple. Sans border les instants de choses complexes qui parsèment l’esprit de doute et d’inquiétude. Peu de monde peut apprendre ce genre de chose, je suis contente qu’il y soit parvenu.
Sinon aujourd’hui ne serait pas tel qu’il est. Et cela serait dommage. Avouons-le. Le taquiner, le titiller, le provoquer, jouer. Le jeu est une notion qu’on oublie quand on est différent de la norme de ce monde quand on est mutant. Il y a le trop dark dans le genre Ascheriit. Il y a le trop illuminé, genre Zexion, le taré complet comme la sainte nitouche, tout ça pour au final avouer, qu’on se prend trop au sérieux. Il ne faut pas trop mettre de sérieux, sinon on s’ennuie à travers les siècles et les siècles. Amen.

Je soutiens son regard. Alex est un beau garçon, il l’a toujours été, je ne sais pas si c’est son regard ou son sourire, mais les deux vont divinement bien ensemble. Et je souris en le regardant, féline, provocatrice charmeuse aussi, je ne le cache pas, laissant s’envoler un soupire amusé, rieur.

-Je n’ai plus autant de prétendant que lorsque tu étais tout jeune mon chéri. Disons que j’ai fait le tri. Je n’ai gardé que l’homme dont je t’ai toujours parlé. Et les autres…on s’en fout. Dis-je d’un air détaché, laissant ma main faire signe que oui, on s’en fou. Puis je pince son ventre, qui n’a, toujours pas un centimètre de gras mais je trouve un peu de peau et lance. Tu t’empâte mon cher ? Les poignets d’amour, c’est pas mal. Je ricane avant de soupirer et effleurer sa hanche. Non…toi tu préfères la galanterie et les mots doux. Tellement pas mon genre…trop provocatrice, trop moqueuse. Tu te fais vieux en fait. Et moi pas ! Le comble !

Je souris, amusée. Eternelle adolescente, éternelle casse-pied et lui qui vieillit, qui devient sage. J’en prendrais presque un coup de vieux ! Mais dans un sens, je lui ai appris certaines choses pour qu’il forge son caractère tel qu’une femme aimerait avoir un homme dans ses bras. Se faire courtiser à du bon, même si je fais semblant d’aimer plus les bétises qu’autres choses, je pourrais rougir face à un galant qui me surprendrait. Enfin, encore faut-il me surprendre. Ce qui n’est pas chose aisée avec le temps. Même Clov pourrait ne plus y arriver.

Je l’entraîne dans l’appartement et la grossesse ne passe pas inaperçue. C’est mon super sujet de préoccupation première.

-Clov est le père des jumeaux. Charles Xavier celui de Sasha. Celui là est de Clov. Oh, raté mes grossesses où je deviens disgracieuses en prenant ce ventre énorme et un décolleté qui fait trois fois sa taille habituelle. Heureusement que j’aime trop les hommes pour vouloir en devenir hein. Souriais-je lascive. Sinon je serais forcément gay. Une œillade aguicheuse, joueuse, taquine, je ris. Sa chance, il l’aura. Le corps s’autoprotège au sujet de la descendance. Avorter est une notion impossible. Mais je ne vais pas te faire un tableau ! Et on ne va pas déblatérer sur le sujet.

Oh non ne le faisons pas !Un sourire, une bière, je m’installe, soupirant d’aise en le regardant. Parler des banalités de nos existences, cela me fait bizarre. Je le regarde, je l’observe, tranquillement.

-Moi ? Je suis une vilaine mercenaire. Je fais ce pourquoi on me paye. Ça ne change pas trop hein ? Héhé…j’ai tué, j’ai terrifié. Je terrifie bien les gens. Lançais-je dans un clin d’œil. Pendant la guerre, j’ai fais ce pourquoi on me payait, je n’ai toujours pas plus de morale que cela. Le plus offrant remporte la mise. La morale c’est chiant. Mais…on papote comme deux vieilles rombières à la retraite et j’ai la sensation que tu ne me dis pas tout. Je le pousse gentiment avec le pied débotté. Qu’est-ce que tu ne me dis pas chéri ? Tu sais que je resterais toujours la même, que je t’ai toujours écouté et que mes…fabuleux conseils de dépravés seront toujours là pour toi. Alors…parle ou embrasses-moi. Ça me rendra moins curieuse.

Je ris encore une fois, portant la bière à mes lèvres en le regardant.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Dim 24 Nov 2013, 21:31


Il n’y avait bien qu’elle pour faire faire rire ainsi, et pour étirer mes lèvres de cette manière si curieusement complexe, mélange délicat d’amusement et de séduction contrôlée. L’éclat de ma voix comblait le fossé qui nous séparait, qui nous avait toujours séparés. C’est pour cela que, malgré toutes nos différences, nous en sommes toujours là, à nous sourire et à nous titiller. Il faut croire que l’honnêteté et la simplicité de notre relation nous convient à tous les deux. Elle, si séductrice, si légère, si belle, si fascinante, si femme. Si loin de ce que j’avais été, de ce que j’étais. Mais elle possédait ce petit quelque chose qui annihilait les frontières, et me ramenait encore vers elle. Peut-être car elle restait la femme, la première, et sans doute la seule. Le passé était certain, l’avenir moins. Ce qui a été m’appartient, ce qui sera ne le sera peut-être pas. Le présent est l’intermédiaire et possède la beauté de l’éphémère, du possible. Il convient donc d’en profiter tant qu’il est encore là et ne nous file entre les doigts. Malgré tout, voir qu’elle n’a pas changé est un bonheur, un point d’ancrage dans ce monde qui bouge sans cesse.

ʺOn dirait bien que c’est ta propre définition de l’amour, non ? Ça y ressemble, en tous cas.ʺ

Je laissai sa main parcourir mon corps sans détacher mon regard d’elle, riant légèrement lorsqu’elle saisit la peau de mon ventre, encore plus en entendant ses commentaires. Elle n’avait pas tort non plus. Je m’empâtais peut-être, pas dans mon corps mais dans ma tête. Je ne pouvais donc pas la contredire, et me contentai donc de continuer à lui sourire, plus tendrement cette fois.

ʺJ’espère que je ne te déçois pas, après tout ce que tu as fait pour moi… Mais le destin a son humour, il faut croire.ʺ

Oh oui, un humour pas toujours évident à comprendre… Peut-être aurais-je dû être comme elle, profiter de la vie, sans contrainte. Moins sérieux, concerné, altruiste. Mais je n’y parvenais tout simplement pas. S’il y avait bien une chose dont je profitais, c’était de choisir ce que je faisais de ma vie. Même si mes actions paraissaient futiles, elles ne l’étaient pas à mes yeux. Lorsqu’elles sont comptées, c’est tout ce qui importe. Alors que lorsqu’on a l’éternité devant nous… normal de vouloir vivre autrement. Shâlimar restait comme elle l’avait été, c’était parfait et mieux ainsi. Je la suivis jusque chez elle, heureux d’une telle invitation ainsi que de pouvoir continuer à discuter avec elle. Être vieux devait aussi avoir ses avantages, et j’en profitai pour l’interroger davantage sur sa grossesse. Là aussi, il était étrange de constater à quel point nous étions opposés. Et pourtant, je la comprenais, sa logique tenait. Peut-être était-ce elle, ou moi, mais la différence de pensée ne me choquait pas.

Sa vie était remplie et mouvementée, mais encore une fois, je n’en étais pas surpris. Ni du fait qu’elle semblait en être presque blasée. L’éternité, ça a de quoi blaser. Je lèvai tout de même un sourcil étonné à la mention du prédécesseur de Morgorth, et d’un de mes comparses. J’avais cru le comprendre, mais venant de la bouche de la principale intéressée… Mais soit, je n’allais pas davantage l’ennuyer avec cela. Le temps ne devrait pas être utilisé pour ennuyer les demoiselles à discuter de sujets qu’elles n’apprécient pas. Je me contentai donc d’un nouveau sourire taquin et amusé :

ʺToi, disgracieuse ? C’est un oxymore, voyons. Si le destin nous offre la chance de nous croiser à nouveau dans un futur proche, j’espère pouvoir voir comment cela se passe, pour vous deux. Je te souhaite en tous cas que cela soit le moins négatif possible.ʺ

Je ne pouvais vraiment pas lui en vouloir de ne pas partager mes pensées. Je ne voulais pas me laisser envahir par des émotions si négatives, si violentes, si inutiles. Voir le monde sans porter la haine dans mon cœur, voilà tel était mon objectif. Elle disait ne pas avoir de morale, mais ne serait-ce pas lassant d’en avoir, à sa place ? Alors que je la voyais à présent, resplendissante comme toujours, pouvais-je réellement souhaiter qu’elle soit autrement ? Cela me semblait bien cruel de lui imposer mon point de vue et mon style de vie. C’était elle, tout simplement, et c’était aussi pour cela que je l’appréciais.

Elle semblait pourtant tout aussi bien me connaître, remarquant ces pensées significatives qui agitaient en permanence mon esprit. Je ne pouvais que sourire de sa perspicacité, malgré la situation qui ne s’y prêtait pas vraiment.

ʺAh, je ne peux pas faire les deux ? Quel choix cornélien ! Mais je sais que tu es toujours la même, et que tes fabuleux conseils seront toujours là pour moi…ʺ

Alors quoi ? Pouvais-je lui dire ? L’impliquer là-dedans ? La réponse fut étonnamment rapide. Et ce qu’elle venait de me dévoiler sur elle me sembla tout à coup être un signe. Je détournai la tête vers l’horizon et réfléchis quelques instants à l’idée qui venait de me venir à l’esprit, tout en faisant tourner la bouteille de bière entre mes mains. Le fait que je sois aussi confiant me troublait quelque peu, mais je finis tout de même par me lancer. Toujours en fixant au loin, je lui demandai sur un ton inhabituellement sérieux :

ʺCrois-tu qu’on agit pareillement devant l’éternité comme devant la mort ? C’est pourtant dans les deux cas l’inconnu total qui se dresse devant nous.ʺ

Je tournai à nouveau mon regard vers elle, lui souriant doucement. La volonté, je l’avais à présent. Mais le moment venu ? Rien n’était moins sûr. J’étais humain après tout, je n’étais pas sans tare. Le courage pouvait toujours me faire défaut, autant le parer quand je le pouvais encore. Mourir, même par devoir, même pour le bien, même pour ses objectifs ; ce n’est jamais un choix facile. Je le savais pertinemment.

ʺMe prendrais-tu comme client ? Pas pour ta boîte, mais comme mercenaire ? Accepterais-tu… de me tuer, si un jour je te le demandais ? J’y mettrais le prix qu’il faut, tu me connais. Je suis désolé de te demander une telle chose, et de t’encombrer avec mes problèmes mais… je crois que tu es la seule personne en qui j’aie assez confiance pour cela. Même plus qu’à moi-même…ʺ

Il me restait à espérer que le temps qui me restait encore serait suffisant pour accomplir encore une bonne partie de ce que je m’étais fixé. Je voulais croire que oui. Mais je ne pouvais m’empêcher de penser à cette bombe qui vivait en moi et qui pouvait toujours exploser à tout moment. Je voulais simplement que personne n’ait à en souffrir trop.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Mer 11 Déc 2013, 23:21

Ah…Alex…il a beau avoir grandi, vieillit, le temps a eu beau nous séparer. Il reste le jeune homme que j’ai eu entre mes bras et pour qui j’ai joué la vieille maîtresse. Celle qui apprend tout et laisse s’envoler l’oisillon devenu aigle. Mais il reste toujours ce jeune homme hésitant, ignorant les affres du plaisir et les découvrant dans des draps enhardi d’une chaleur complice. Il reste l’adolescent découvert par hasard. Je pourrais aisément le voir différemment, mais j’ai envie de continuer comme ça. Le titiller, le provoquer, nouer la complicité, qu’il sache parfaitement qu’il n’est que l’amant occasionnel, qu’il sache pour Clov, ce genre de chose. Je ne lui promets rien, rien de plus en tous cas que quelques jours, quelques heures, rien de plus. Si les choses nous le permettent, si le temps nous l’accorde. Etcétéra…etcétéra…

Je souris, diablesse aux regards de miel, cherchant uniquement à le titiller plus que de raison.

-Il y a une définition tu crois pour l’amour ?

Demandais-je avec malice. Faut-il vraiment croire que cela s’abdique à des descriptions précises, avec le temps je dis que non. Regardez, j’aime Clov et pourtant je peux tomber sous le charme d’autres et les aimer un instant. Le temps d’une vie ou d’un soupir, rien n’est jamais cadré selon moi. Sinon qu’est-ce que je me ferais chier dans ma vie. Etre immortelle (ou presque) et devoir tout rentrer dans des cases…pfou, Dieu merci, pas ça…

Je souris.

-Disons que j’ai fais de toi un homme comme en rêve les femmes. Une sorte de fantasme à fille, beau, séduisant, romantique, tout ça…je ne peux pas être déçu. Je t’ai appris à être un amant parfait avec tous les bons codes. J’aurais pu faire l’inverse, mais tu vaux tellement plus.

M’amusais-je à dire avec tendresse. Rha…Dastan, que ferais-je si je tombais amoureuse de toi encore ? Je t’ai aimé, à ma façon, dans le temps, j’ai voulu que tu sois le garçon rêvé des femmes, l’homme rêvé, c’est marrant. Comme si je n’avais jamais voulu que tu sois un vilain garçon…non tu n’aurais pas pu être un bon vilain garçon mon chéri…

Je fais la moue, quand même, être enceinte c’est virer dans des formes moches et pas du tout plaisantes, un truc qui ressemble à rien. Je ne préfère pas répondre, me contentant d’une bouille toute triste. Y a quoi de plaisant à donner la vie ? Sérieusement ? C’est pas comme si…c’était youpi tralalala !

Virons plutôt sur ce qu’il ne dit pas. Ce sera mieux que d’en venir à se demander quel nom on pourrait lui donner à ce marmot ? Arlathan et Dieu ont la joie de vous annoncer la venue de…Razmokett (c’est bien pour un bébé). Cela pourrait être sympa sur le fairepart de naissance. On l’enverrait à Benedict, Sacha et compagnie. On pourrait même demander à Ascheriit d’être le parrain ou Roxas, voir Fran la marraine. Ou comment faire pencher les pires tarés sur le berceau du bébé. La belle au bois dormant et sa quenouille qui l’endort milles ans, à côté c’est rien. Putain pauvre gosse. Non…je sais !
Roxas en parrain et Fran en marraine ! Nan je suis vache, il m’a rien fait ce gosse…pas encore. Enfin si, il est là quoi. Mais je fous volontiers la faute sur Arlathan et ses idées de gros pervers lubriques ! Parce que hein ! Pas toujours que moi ! Vous voulez que je lui résistes comment quand il arrive en tenue de prêtre hein ? J’ai toujours un petit faible pour défroquer les religieux, j’y peux rien !

Bon ça suffit les conneries !

Je le regarde, prenant un air sérieux lentement, l’écoutant, avec attention, sans pour autant m’éloigner de lui, continuer et faire ce que je devais faire, puis je soupire.

-Si tu veux crever, y a pas de souci, juste faudra me dire comment ? Je pourrais être affolée d’entendre cela, cruellement peinée, l’injurier, le secouer dans tous les sens mais je le regarde, tortillant mes lèvres dans tous les sens et soupirant. Je peux savoir pourquoi ? Au moins ? Que je sache si ta raison ne me poussera pas à te tuer avant parce que t’auras fait une grosse connerie. Racontes-moi…mon petit amour ?

Il sait que je veux savoir et tous les moyens seront bons pour le faire parler. Je le regarde, un sourire sur les lèvres. Je veux savoir, alors zoup…aux aveux vilains garçons. Je ne m’énerverais pas s’il veut garder le silence, pour je ne sais quelle raison stupide…alors.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Dim 22 Déc 2013, 21:39


Ah, une définition de l’amour…  Je ne savais pas si j’étais l’homme le plus à même de répondre à cette question. Je pouvais toutefois lui donne ma vision des choses, avec un charmant sourire et une légère intonation amusée dans la voix, voix de laquelle transparaissait tout de même un certain sérieux.

ʺSans doute pas une, mais des milliards. Une pour chaque histoire.ʺ

Il était clair qu’entre Shâlimar et moi, cela avait été de l’amour. Pas le même qu’elle entretenait envers son Clov, ni celui qui me liait à chaque femme qui avait partagé mes draps. Car j’avais aimé chacune d’entre elles, d’une manière différente certes, mais j’avais toujours une certaine affection pour elles. Cela ne ressemblait sans doute pas à l’idée générale qu’on se faisait de l’amour, mais il fallait croire que ma conception de ce dernier était assez libre. Ou plutôt, je ne me laissais d’autres alternatives. Et il se trouvait que la liberté faisait partie de notre propre définition, à Shâlimar et à moi, chose qui nous avait tout à fait convenus. Et qui nous convenait toujours. J’avais beau avoir vieilli, mon affection à son égard n’avait pas pris plus de rides que ses charmes. Je ne pus toutefois pas m’empêcher de lever un sourcil, surpris de la définition qu’elle semblait me donner et des buts qu’elle avait eu à mon égard. Non sans abandonner mon sourire. Il était indiscutable que sans elle, je n’aurais sans doute pas été le même aujourd’hui. Mais de là à me lancer tant d’éloges… On me pardonnera d’être plus sensible aux charmes des autres qu’à ce que je vois chaque jour devant le miroir. Je n’avais tout de même pas la prétention de me croire supérieur ou meilleur en quoique ce soit, surtout dans ce domaine. Mais puisque mon amie le disait… Elle était bien plus experte que moi, il n’y avait pas à tergiverser.

ʺSi tu es satisfaite de ton travail, alors je le suis également. Merci d’avoir cru en mon potentiel.ʺ

Humour, toujours. Cela ne me dérangeait pas d’être ainsi traité comme une sorte de cheval de course, l’autodérision étant plutôt chose commune chez moi. Et puis tout cela n’était que jeu. Léger et provocateur, comme les regards et les sourires en coin que nous nous lançons. Mais elle jouait dans une toute autre catégorie que moi, c’était d’une évidence criante. Outre le fait qu’elle avait été un mentor, certains évènements ne semblaient pas nous toucher de la même manière. Être enceinte semblait être une corvée, un fardeau. C’était une conception qui était fort éloignée de ce que je me faisais de la parenté, mais je ne cherchais pas à comprendre, ni à la juger. Je me contentais donc de lui témoigner de ma bienveillance et de mon optimisme, même si elle ne donna pas vraiment l’impression d’être convaincue. Devant sa grimace et son silence triste, je me tus également, me contentant de caresser doucement sa joue en souriant, sincèrement et tendrement cette fois-ci. Ma manière de lui témoigner de mon soutien, malgré tout. Nous vivions dans des mondes différents, et j’étais peut-être bien trop vieux et bien trop sérieux pour elle. Mais cela ne m’empêchait pas de l’apprécier énormément.

De l’apprécier au point de lui demander un service immense. Si l’espace d’un instant, la crainte qu’elle me repousse, se mette en colère ou s’indigne me prend, je fus vite soulagé de constater qu’il n’en fut rien. Elle avait toute ma confiance, et c’était bien pour cela qu’elle était la seule à qui je puisse faire une telle demande. Son ton direct me fit doucement sourire, apaisé que cela reste très terre-à-terre. Peut-être n’en pense-t-elle pas moins, ses soupirs pouvaient en tous cas le faire penser. Mais je lui étais infiniment reconnaissant de ne pas le dire, pour l’instant du moins.

ʺDe la manière qui te conviendra le mieux. Je te fais également confiance sur ce point.ʺ

Toujours aussi curieuse. Riant doucement devant sa curiosité, je l’observai dans les yeux quelques secondes et n’hésitait pas bien longtemps avant de lui avouer. Je ne pouvais vraiment pas lui refuser quoique ce soit, pas à elle.

ʺUne partie de l’âme du Seigneur des ténèbres est en moi. Et pour les buts que je me suis fixés, il faut qu’elle soit détruite, à tout prix.ʺ

Sérieux, mais avec un léger sourire quelque peu coupable, je finis par ajouter :

ʺEst-ce que c’est une grosse connerie d’être prêt à mourir pour ce qu’on défend ? J’ai entendu dire qu’être gentil et altruiste, ce n’était ni gratifiant ni facile tous les jours… Mais je dois être un peu bête et borné pour continuer quand même. Pardon de ne pas être aussi parfait sur ce point et de te mêler à mes histoires, Shâlimar…ʺ

Si je donnais l’impression de traiter tout cela avec légèreté, c’était loin d’être la réalité. Mais je ne voulais pas être trop sérieux, la rendre trop sérieuse. Elle ne méritait certainement pas cela.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Mar 31 Déc 2013, 22:24

Je souris à sa définition. C’est pas faux. Milles façons de définir l’amour, pour des tas d’histoires différentes, jamais semblable, jamais identiques, l’amour à la Roméo et Juliette ou bien à la Morticia et Gomez. Des amours toujours différents, pour vivre des tas d’histoire sans jamais se dire, que cela a les notes identiques du passé.
Je lui souris. Oui, j’aime cette idée et je ne dis même rien, me contentant de l’observer d’une œillade complice. Nous avions eu une histoire d’amour. A l’époque, je connaissais Clov déjà, mais nous n’étions pas ensembles. C’était un instant de vie loin de lui, comme il y en a eu des milliers, parce que c’est toujours mieux de se séparer pour se retrouver, on finit par s’ennuyer quand on est trop ensembles, il faut l’avouer, la surprise des retrouvailles est toujours une sensation délectable. Et je l’ai rencontré, Alex, perdu et je l’ai aimé. Comme une femme d’un certain aime un jeune homme, de manière un peu folle, pour lui apprendre des choses, faire de lui un homme et lui donner quelques lettres de noblesse qu’il gardera à tout jamais.
Loin de moi l’idée de lui rendre un éloge, au contraire, je dis toujours ce que je pense et Alex a des teintes de gentilhomme, qu’on ne fait plus. Il n’est pas l’amant fou et déraisonnable qui se plait dans les vices comme Clov, au contraire, il appartient entièrement, le temps qu’il le faut, à l’autre. Il m’avait appartenu. Et je ne reviendrais pas plus sur cela.

Je ricane.

-Vois-toi comme un surdoué. Ou un très bon élève, surtout.

C’est cela, un élève, un être à qui l’on a appris en l’aimant avec fougue et surprise, cherchant à le faire rougir, à le tirailler sans cesse, pour qu’il perde, entièrement ses moyens. Se réveiller à ses côtés en ayant l’air d’une adolescente…et en sourire, heureuse, le temps que cela dure.
Délaissant le reste, je lui souris. Puis viens l’élément crucial, on pourrait dire, de l’instant. Mes questions viennent et s’étiolent sur mes lèvres, curieuse, je veux savoir pourquoi. Il peut se taire, mais je redemanderais encore, parce que je ne peux concevoir de ne pas savoir. Et puis…

Je pousse un soupir.

-Non mais sérieux, vous avez quoi tous avec le seigneur des ténèbres et son âme ? On dirait que c’est une nouvelle collection. Comme avoir la collec des cartes pokemon ! Tu m’étonnes qu’il ait une tronche décalqué ce vieux con.

Je ne suis pas en colère. Pas du tout. Mais sincèrement, c’est un truc qui commence à m’exaspérer. J’ai l’impression que c’est un effet de mode. Tiens…et si j’avais un morceau de l’âme de tronche de cake ? Pour la préserver, pour mieux le détruire, sérieusement.

-Comment t’as fait ça ? Tu l’as croisé au supermarché, entre le rayon fruit et légume, tiens salut, un bout de mon âme. Oh trop cool ! Faut m’expliquer à force non parce que j’ai l’impression de pas être à la mode quoi !

Je bougonne un peu quand même. Parce que mine de rien ça m’agace. Arrêtez de lui prendre un bout de son âme à ce con, ce sera plus simple.

-Nan mais je critiques pas, mais où est la logique. Arrêtez de faire ça, laissez-le avec toute son âme. C’est quoi le but à la fin ? Plus tu l’émiettes, mieux c’est ? J’ai jamais compris. Enfin, je sais pas, quand t’as une colonie de cafard, tu vas pas les disperser dans diverses maisons pour t’en débarrasser ! Tu fous une boulette, tu en laisses un en bouffer pis ils finissent par crever.

Je dodeline de la tête.

-Petit con va !

Je lui fais une pichenette sur le front, d’un air boudeur. Je suis pas en colère, pas fâché, mais par principe simple, voilà. Je m’en fous, totalement, des principes d’Alex, c’est débile. C’est tout.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Lun 03 Fév 2014, 19:39


Un surdoué ou un très bon élève ? Cette définition a le mérite de faire s’échapper un nouveau petit rire léger. Je ne me serai pas décrit de la sorte, mais il serait faux de dire que cela n’a pas son petit effet. Il est toujours bon de se faire remarquer que l’on a pas toujours été inutile. Non, cela faisait même du bien. Et elle avait toujours eu cet effet sur moi. Moi qui quand nous nous étions rencontrés n’était rien ou pas grand-chose, elle avait tout de même porté son attention sur le jeune homme inexpérimenté de tout que j’étais à l’époque et m’a donné une chance comme on en a rarement dans une vie. Dans ses bras, je me sentais enfin spécial, à la hauteur. Quelqu’un croyait en moi, et cela me donnait le sentiment de pouvoir déplacer des montagnes. Il était loin ce temps, et il s’en était passé des choses depuis. Mais c’était là un départ idéal dans la vie. Une nouvelle fois, je lui offris un sourire en remerciement, car il était évident qu’il n’y a jamais vraiment de surdoué sans d’excellents professeurs.

L’avantage de notre séparation était que cette même relation de professeur-élève a pu évoluer d’elle-même, avec nous. Chacun de notre côté. Et à présent, je pouvais espérer être autre chose pour Shâlimar. Un homme qui pouvait enfin se montrer un peu plus à sa hauteur -même si je ne l’égalerai jamais, j’en étais bien conscient-. Un lien où je pourrai lui donner autant qu’elle me donnait. Un ami, en sommes. Ou peut-être la considérais-je comme tel depuis le moment où mon regard s’était posé sur elle. Peut-être était-ce pour cela que je me confiais à elle aussi rapidement, non sans pouvoir me départir de cet air d’enfant qui a fait une bêtise. Était-ce égoïste de ma part d’en demander tant ? Il fallait croire que la maturité faisait peu à peu ignorer ce genre de culpabilité. Quoiqu’il en soit, j’avais pleinement confiance en elle. Qu’elle accepte ou refuse, cela ne changerait rien. Mais si elle acceptait… un poids me serait ôté de la poitrine, c’était certain.

Sa réaction ne me déçut pas, au contraire, c’était tout à fait elle. Et une nouvelle fois, ça me rassura. Elle me rassurait. Elle avait le regard des siècles que je n’aurai jamais, et qui aidait à remettre tout en perspective. Alors, je l’écoutai se plaindre et bougonner contre moi, avec un léger sourire et même un petit rire. Est-ce que je ne prenais pas tout cela au sérieux ? Si, terriblement. Mais elle avait cette manière de présenter les choses… cela me faisait tellement de bien. Je tentai toutefois de me calmer, ne voulant certainement pas qu’elle croit que je me moquais d’elle ou n’en avait rien à faire de son avis.

ʺJe pense qu’il n’y a pas de logique, ou en tous cas, je ne sais pas où elle se trouve. Je crois que je suis celui qui comprend le moins dans toute cette situation… Il faut dire qu’on ne m’a pas vraiment demandé mon avis, et tu sais comment j’étais à l’époque. Encore plus faible et idiot qu’aujourd’hui.ʺ

Je la regardai en souriant doucement. Pourquoi moi ? Cela avait toujours été la grande question. Mais avec les années, n’ayant jamais vraiment trouvé de réponses satisfaisantes, j’avais cessé de chercher. Il devait y avoir quelque chose en moi qui poussait les gens comme Shâlimar ou le Seigneur des ténèbres à s’intéresser à mon cas, mais sans doute ne saurais-je jamais quoi. Je ris une nouvelle fois lorsqu’elle m’envoya une pichenette sur le front. Il fallait dire que c’était bien mérité. Je ne voulais pas l’ennuyer avec mes idéaux et mes buts. Elle ne les partageait pas, tout comme je ne partageais pas ses points de vue. Mais je ne voulais pas que cela importe entre nous deux. Je me penchai en avant afin de déposer un baiser sur son front. Quand elle donnait l’air de bouder comme ça, je ne pouvais tout simplement pas résister. Un de ses grands charmes.

ʺCela veut dire que tu acceptes d’aider un petit con, encore une fois ?ʺ

Parce que j’avais toujours besoin d’elle. Cela ne changerait sans doute jamais. J’inclinai doucement la tête, toujours en souriant tendrement.

ʺMais assez parler de ça. On a plusieurs années à rattraper -ou plusieurs siècles, selon le point de vue-, mieux vaut passer à autre chose, non ?ʺ

Heureusement de mon côté, j’avais d’autres expériences à raconter. Et elle certainement encore plus. Quoique je me doutais bien que sa vie avait été bien plus passionnante que la mienne. C’était comme ça, et aussi pour ça que je l’aimais.

ʺJe suis vraiment heureux de t’avoir retrouvée, Shâlimar.ʺ
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Sam 08 Fév 2014, 17:18

Dastan a été l’amant d’une vieille maîtresse. Oui vieille, car j’ai l’âge de mes artères, même si cela ne se voit pas. Il faut l’avouer, c’est aussi simple, il n’a pas été n’importe qui, n’importe quand et n’importe où. J’ai voulu lui donner quelque chose, j’ai voulus faire de mon mieux parce qu’il était spécial. Et quoi que puisse en dire des milliers d’imbéciles, il restera toujours à cette place à mes yeux. Le jeune homme perdu que j’ai pris sous mon aile, en l’aidant du mieux que je le pouvais. Voyez-moi, comme un mécène pour les jeunes hommes ! Non ? Oui, ok, faut pas pousser. Son sourire me fait sourire et j’ai envie de ne jamais perdre ça avec lui. Je l’ai aimé, pas comme une amoureuse, et je l’aimerais toujours, comme ça. Ne foutez pas de mot sur tout. C’est chiant. Il faut se contenter de ça. Je l’aimerais toujours, parce que c’est Alex.

Comme d’habitude, mes réactions ne manquent pas de mesure. Et ça le fait rire. Je le vois bien. D’un coté, tant mieux, il aurait fait la gueule je n’aurais pas été contente. C’est fou…ce côté, immortel je m’en détache complètement, je n’arrive pas à avoir la mesure des choses, je ne sais pas l’avoir, qui plus est. J’en suis incapable d’être sérieuse, je n’ai pas cette sagesse-là. J’ai la sagesse des excentriques, si ça existe. Voilà le truc.

-Vuai, idiot, tiens, ça t’apprendra ! Je pince son épaule, d’un air faussement méchant. Va vraiment falloir que Clov me donne des éléments de réponse sur l’autre tête de nœud ! Parce qu’il a touché à Alex. Oui, oui je le reconnais, pas Alex. Je ne suis pas d’accord. Foutu ombre. Ce groupuscule m’agace terriblement. Ils peuvent pas aller vivre en autarcie en Patagonie ? Un truc comme ça ? Ah bah non, chui conne. Et la domination du monde ! Tsss, c’est vrai, je suis bête !

Je prends mon air boudeur et j’ai droit à un baiser sur le front. Je le regarde, sans démordre de ma bouderie, enfin, si, un tout petit peu.

-Muai…j’accepte. Je suis bien obligée, tu sais toujours pas t’occuper de toi tout seul j’ai l’impression ! Va falloir grandir mon petit.

De la taquinerie, pure et dure, nullement pensé et affective, je pousse un soupir, décroisant les bras, laissant retomber mes épaules au rythme du lourd soupire. Bien bien. Passons passons. Je me glisse sur le côté, restant près de lui, ma tête rencontre son épaule contre laquelle je me pose.

-Tu m’as manqué quand même tu sais ? la note sincère est parsemée d’une bêtise rapidement. Tu faisais bien le thé. Je ricane doucement, je me mets à rire en fait avant de soupirer encore, cherchant sa main pour enlacer ses doigts des miens. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi quand même ?

J’embrasse sa main, jouant avec ses doigts ensuite, du bout des miens. Je me sens bien avec lui, comme ça.
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MessageSujet: Re: [CLOS] Forever is just a minute to me || Dieu Ven 14 Fév 2014, 11:42

Dans le fond, je suis rassuré malgré tout. Car, indépendamment du fait qu’elle accepte ou non ma requête quelque peu insensée, notre lien était resté intact. Oh, nous n’étions plus les mêmes qu’au jour de notre rencontre, surtout pour mon cas, mais l’affection était toujours là. Et je trouvais ça assez merveilleux, que des sentiments de sympathie puissent ainsi traverser les siècles sans se dégrader comme beaucoup de choses en ce monde. Même des sujets sérieux ou graves semblaient être plus légers tout à coup. Peut-être parce que j’avais grandi, et peut-être parce qu’elle était toujours jeune, quoi qu’on puisse en penser. C’était assez amusant d’ailleurs, ce renversement des rôles, fusse-t-il éphémère. Ou peut-être était-ce simplement parce que nous fonctionnions ainsi ensemble. Dans tous les cas, cela me convenait. Et malgré ses airs boudeurs, j’espérais que c’était pareil pour mon interlocutrice.

Mon rire ne la sort pas définitivement de sa bouderie, et je lâchai un léger « Aïe » lorsqu’elle me pinça l’épaule, tout en continuant à sourire. Je méritais bien qu’elle se venge ainsi, je le savais pertinemment. Mais je ne pouvais pas m’empêcher de rester joueur et léger, surtout devant sa moue. Je n’avais pas envie d’être sérieux, de lui infliger cela en plus de ce que je venais de lui demander. Et j’avais assez d’autodérision pour éviter de tomber dans le pathos, pour une fois que cela suffisait à autre chose que de me cacher derrière mes doutes et mes incertitudes… D’une certaine façon, je me sentais à présent un peu responsable d’elle. Non pas que Shâlimar ne sache pas s’occuper toute seule d’elle-même, loin de là. Mais j’avais tellement changé –en partie grâce à elle, c’était vrai-, et elle, elle était restée la même. Et je ne voulais pas qu’elle se métamorphose comme je l’avais fait. Elle était déjà parfaite avant et l’était toujours maintenant. Et puis, nouveaux liens, nouvelles responsabilités. Parce que je la considérais à présent comme une amie, aussi. Une amie particulière, après tout ce que nous avions vécu.

Sa bouderie flancha légèrement, et elle accepta de m’aider, m’arrachant un nouveau rire avec son ton faussement maternel. Mais j’étais une nouvelle fois bien obligé de lui donner raison, en dehors de toute plaisanterie : j’avais peut-être gagné en maturité, mais j’étais encore incapable de me débrouiller seul. Le serai-je un jour ? C’était encore des doutes que je ne souhaitais pas imposer à Shâlimar. Pour clôturer cette discussion, je lui répondis donc simplement, avec un sourire sincère :

ʺMerci.ʺ

Je posai ma tête contre la sienne après qu’elle se soit blottie contre moi, profitant simplement de sa présence apaisante à mes côtés. Presque comme un vieux couple, pourrait-on dire. Mais nous étions au-delà de cela, et certainement pas aussi conventionnels. Et cela nous allait tout à fait. Sa déclaration sincère est rapidement suivie par une nouvelle plaisanterie à laquelle je ne mis pas longtemps à rire. Mais sa sincérité n’en était pas pour autant passée inaperçue, bien au contraire. Je l’observais avec tendresse s’amuser avec mes doigts, heureux de voir que je n’étais pas le seul à me poser cette grande question : que faire de moi ? Mais je lui faisais bien plus confiance à moi-même pour trouver une solution à ce problème épineux.

ʺSi ce n’est que ça, je peux t’en refaire quand tu veux, du thé. Il suffit de me sonner, comme les vieux domestiques anglais toujours à l’affût pour ce genre de choses. Et si un jour tu trouves la réponse à cette question, je serais intéressé de connaître la réponse.ʺ

Léger humour, toujours. Même si je devais admettre que ma fierté britannique se trouvait flatté d’entendre que j’étais au moins doué à réaliser l’une de nos grandes tâches nationales. C’était toujours cela de gagné. Me blottissant un peu plus contre elle après avoir déposé un nouveau baiser sur sa chevelure, je savourais la quiétude de cet instant. C’était au moins un des seuls avantages de ma situation : chaque instant était aussi précieux qu’il pouvait être le dernier, et donc vécu pleinement. Quand bien même je savais que cela n’allait certainement pas être la dernière fois que je croisais Shâlimar, maintenant que nous nous étions retrouvés.

ʺTu m’as manquée aussi.ʺ

Sujet terminé ♥️
Merci  :pink:
 
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