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[Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth)

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Identité : Diane Geyer
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MessageSujet: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Dim 26 Jan 2014, 20:02


    La nuit était en train de tomber. Un plan du quartier fut négligemment balancé sur le siège passager l'avant, par notre chère Sveda. Sa conduite était plus musclée que souple ce qui pouvait la rendre un tantinet dangereuse. Elle débuta les manœuvres pour se garer à une rue de la maison de mr Toscas. Oh, si ça n'avait tenu qu'à elle, les voitures, n'auraient pas existé soyez en sûrs ! Cela ne vous rappel pas un certain monarque déchu ? Mais, elle ne pouvait nier le côté pratique de ce moyen de locomotion. Le moteur arrêté, la ceinture détachée, elle eu un sourire soulagé.

    Après avoir enfilé sa veste, et récupérer les deux sacs à l'arrière, elle ferma la voiture à clé et marcha en direction de la maison. Le claquement sec des talons trahirent l'empressement qu'elle avait à retrouver son ami. Pour sa défense, ils n'avaient pas pu se revoir, depuis la soirée à l'Opéra, qui avaient lieu depuis plus de quinze jours. Or, il s'en était passées des choses depuis ! Plus que ne le disait la dernière lettre de la dame.

    20h19. Une voix aux accents joyeux brisa la sérénité du quartier résidentiel.

    " Livraison de vin pour Mr Tosca !"

    Sveda n'était pas repassée à l'appartement pour se changer. Elle portait l'un de ses jeans taille haute et un chemisier blanc, à la fois simple et pratique pour l’hôpital. Un style qui lui allait bien. Cela dit, je vous met au défi, d'en trouver un qui ne lui aille pas... Quant à ses cheveux, ses beaux cheveux dorés, ils étaient tout le temps attachés, les jours où elle passait en salle d'Op. Aujourd’hui c'était en chignon. Un chignon aussi parfait que celui des danseuses du grand ballet de Moscou. Car oui, entre autre chose, elle avait essayé la danse... dans les années 1950.  Mais ça n'avait pas vraiment abouti.

    La porte s'ouvrit. Deux yeux d'un bleus flamboyants se fixèrent sur la silhouette du marin. Hélianthème est une femme attentive. Elle observe beaucoup les gens car le corps en dit parfois plus long que les mots. Davos avait l'air un peu fatigué voir préoccupé. Mais il le cachait bien et son amie -notre héroïne- était bien assez fine d'esprit, pour ne rien montrer dans un premier temps. Certains sujets doivent être abordé, uniquement par celui qui les concerne. Aussi la mutante entama-t-elle ces retrouvailles, d'un ton enjoué.

    " Bonsoir ! J'ai un peu d'avance... j'avais peur de me perdre... " Elle fit un pas et embrassa chaleureusement le vieux corsaire sur les deux joues. "Ah enfin ! "

    La complicité qui relie ces deux mutants peut se voir, rien qu'à leur façon de sourire, en se regardant. C'est plutôt attendrissant, quant on a une vague idée, de ce qui les attend tous les deux. C'est une chance qu'ils ne se soient, finalement, jamais perdu de vu. Car un soutien peut prendre de grandes proportions.

    Ils ne restèrent pas longtemps sur le palier. Il faisait encore frais en cette saison. Et ils ne voulaient pas perdre une minute de leur soirée. Ils avaient raison d'en profiter.

    Il faisait bon dans la maison de Seaworth. Sa belle invitée se débarrassa rapidement des vêtements de trop, en demandant où les mettre pour ne pas déranger. Puis, elle reprit ses sacs, et proposa à son guide de lui montrer où était la cuisine. Tout se fit avec le plus grand naturel. Eh bien oui, c'était la première fois, qu'ils se voyaient ici. Mais comme dit l'adage: tout vient à point ! Retarder cette découverte, était aussi un bon moyen de retenir notre nomade sur le territoire américain. Rien n'arrive au hasard dans cette histoire. Mais vous vous en doutiez !

    " Comme je ne savais pas ce que tu as prévu pour le plat, j'ai pris un blanc et un rouge. " Elle sortit du premier sac deux bouteilles. Des bons crus. Je le sais car madame a passé deux ans sur une propriété viticole et a beaucoup apprit sur ce met de roi. " Je n'ai pas eu le temps de faire la salade de fruit. Mais j'ai trouvé les premières mangues de l'année. Avec un peu de glace ce sera parfait !  "  

    Aussitôt dit, et apparurent deux grosses mangues et trois pots de glaces artisanales, sur la table.  Sveda plia les sacs vides et les rangea dans son petit sac de voyage avant de se redresser et de jeter un œil aux fourneaux. La curiosité faisait pétiller ses yeux. Elle se tourna avec souplesse vers son hôte. On eu dit une jeune fille. Elle voulait se fondre dans ce décor amical, y trouver une place, y trouver SA place. Nul doute qu'elle y parviendra vite d'ailleurs ! Davos est homme à mettre à l'aise. Il ferait bien de s'y mettre.

    Regardez... Quel plaisir, de la voir quitter son air sérieux, et ses expressions solennelles. En fait, c'est simple, la perspective d'une soirée de détente, influençait d'or et déjà son attitude. Si peu de choses peuvent combler un être. Il en était toujours ainsi, quand la gardienne du désert, se retrouve près de ceux qui lui sont chers. Pour ça il faut encore, que ces derniers, en ait l'envie. Ce qui n'est pas gagné pour la plupart.

    " Est-ce que je peux t'aider ?"

    L'aider à quoi ? Bien sûr à finir de préparer ce dîner... Mais quoi d'autre ? L'un comme l'autre avait vue leur vie personnelle être bouleversée, en quelques mois. Ils étaient à croisement. Et, pour une fois ils y étaient ensemble.

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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Ven 25 Avr 2014, 01:31



Si l'on pouvait dire une chose de la maison de Davos, c'était qu'elle était accueillante. Certes, ce n'était pas la plus ancienne qu'il possédait, ou dans laquelle il avait pu vivre, mais il l'affectionnait assez, de l'étage réservé aux chambres et aux souvenirs, jusqu'au garage bondé de souvenirs chers également, jusqu'au jardin à l'extérieur. Davos n'avait nullement la main verte, aussi il ne fallait pas s'attendre à un potager ou des fleurs, mais au moins c'était un endroit reposant où on entendait moins les bruits de la rue, et où on pouvait se couper du monde pendant quelques instants. Quant à l'intérieur, ma foi, Davos n'était ni bordélique ni maniaque, nous dirons qu'il y régnait un ordre assez naturel, qu'il rangeait lorsque cela devenait trop hasardeux. Quant à la décoration, il n'y avait pas fait d'efforts particuliers ; il voulait seulement que ce soit chaleureux, et sympathique ; aussi avait-il veillé à ce que les murs soient peints en couleurs qui l'étaient.

Il avait déjà préparé la table, et s'occupait du repas du soir, quant il entendit la voix joyeuse et rayonnante de Sveda résonner à l'extérieur. Prenant le temps de s'essuyer les mains et de baisser le feu, il se dépêcha d'aller ouvrir, un sourire sur ses lèvres éclatant quand il vit la jeune femme en face de lui, certes assez encombrée de ce qu'elle avait voulu amener. Habillée simplement, sans que cela la rende pour autant banale, il lui souhaita la bienvenue, avant de l'entourer de ses bras pour la serrer contre lui, affectueusement. Les soucis qui pouvaient peser sur les traits de Davos s'évaporèrent – momentanément. Tout ce qui pesait sur lui, que ce soit lié à Rafael ou Floria, il le mit de côté pour l'instant. Il était simplement heureux de revoir sa meilleure amie. Elle avait une présence solaire dont il ne se lassait pas, et qui était tout à fait adaptée à la personne de cette femme, tant par l'esprit que par la nature mutante.

« Tu m'aurais appelé, sinon. Je ne t'aurais pas laissée te perdre.... Même si c'est plutôt tranquille ici. »

Lui souriant avec affection, il l'invita à entrer. Il n'avait jamais eu d'amie plus fidèle au cours du temps – Stannis appartenait à une catégorie différente – et savait qu'il n'en retrouverait pas d'autres. De cette première rencontre en Chine, jusqu'au Titanic, et passant par encore bien d'autres lieux et d'autres époques – parfois par hasard, parfois par rendez-vous. Sans oublier cette correspondance qui n'avait jamais cessé, dès lors qu'ils se posaient quelque part pour plus de deux mois. C'était des souvenirs aussi précieux, de moments vécus ensemble, que partagés par le biais d'une plume et d'une lecture.

Il lui désigna une chaise où elle pouvait poser sa veste, prenant un de ses sacs par politesse, avant de la mener à la cuisine. C'était certes la première fois qu'elle venait, mais elle avait connu d'autres demeures de Davos, souvent plus humbles et plus petites. Il la regarda sortir les bouteilles avec amusement, puis les mangues. Puis la glace. Il ne put s'empêcher de rire, tout en mettant les pots au frais, pour ne pas qu'ils fondent.

« Encore un peu plus et tu aurais pu t'occuper du repas au complet. Heureusement que tu m'as laissé quand même un petit quelque chose ! » Mais c'était une pure plaisanterie. Il la remercia d'une bise sur la joue. « Le vin blanc ira très bien avec le risotto. C'est aux fruits de mer. J'ai pensé que ça te rappelerait quelques souvenirs. »

Que ce soit de leur première rencontre ou après d'ailleurs. Ils avaient toujours eu la mer et ses rivages en commun après tout. Et il appréciait de retrouver ce regard chaleureux qu'elle avait, elle qui s'était déjà adaptée à cette maison et son ambiance, s'y sentant comme chez elle. Elle était chez elle. Sveda était une membre de la famille à ses yeux, après tout. Cela faisait tant de temps qu'ils se connaissaient, et même si leurs avis différaient parfois, ils ne pouvaient nier qu'ils avaient souvent les mêmes pensées, le même altruisme envers le monde, le même positif.

« Est-ce que je peux t'aider ? »

Davos fut un instant troublé par le double sens de la question ; mais il choisit d'en ignorer la signification plus absolue, et se contenta de hausser les épaules en souriant.

« C'est presque fini de cuire, ça ira, et l'entrée est aussi prête. Peut-être veux-tu faire un tour du propriétaire avant. Tu prendras tes marques, et repéreras la chambre d'amis, comme ça, » ajouta-t-il en lui souriant, avec un clin d'oeil. « Nul doute que tu es celle qui y sera la plus bienvenue. »



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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Dim 11 Mai 2014, 23:21


    Un simple feu pouvait créer un foyer. Le four allumé, dégageait une chaleur agréable, qui prêtait à la détente et au confort. Le genre de détail, qui pour des voyageurs comme eux, avait le goût du luxe. Ils s’étaient retrouvés dans des endroits beaucoup plus délabrés au quatre coins du globe. Je vous en épargne le récit ce soir. Un peu de douceur leur fera le plus grand bien.

    Sveda, qui avait remarqué l’hésitation de Davos, s’approcha de lui et lui attrapa fermement la main, pour la serrer entre ses doigts magiques. Elle attendit qu'il la regarde dans les yeux avant de parler, de cette voix tendre qu'elle quand elle s'adressait à l'un des siens.

    " Tu sais, heureusement que tu sois installé ici, sans ça, je me sentirai complètement perdue, dans cette gigantesque ville. “

    Le souvenir des derniers mots planaient encore dans l’air alors que la silhouette longiligne de la mutante, passait le seuil de la cuisine.

    Son sac de voyage dans une main, elle s’aventura, dans les différentes pièces du rez-de-chaussée. Parfois, son regard s’arrêtaient sur un objet, qu’elle avait l’impression de reconnaître. Mais c’était rare. Son propre appartement était encore plus dépossédé de trésors du passés. Trahissant le caractère temporaire de cette vie à New-York. Toute aide qu'elle pu apporter à Absalon, ou au X-Men, ne pouvait la contraindre à demeurer sur ce continent de fous. Elle avait besoin du désert.

    Et puis, Hélianthème, n’avait jamais eu l’âme sédentaire. Cela aussi elle l'avait écrit. Elle avait de la famille en Russie, au Brésil et même en Egypte, mais elle ne s’était implantée nulle part.

    Éclairée, par les premiers rayons rouges du soir, elle monta l’escalier et progressa dans un long couloir. La chambre d’amis était juste là. Elle referma la porte derrière pour mieux savourer l’atmosphère paisible de cette pièce. Tout était là. Jusqu’à la serviette de bain propre, pliée et posée, sur le bord du lit. Intentions toute en délicatesse que ces vieux amis partageaient d’ailleurs. Ne ventait-on pas leurs égards et leurs attentions, au cours depuis des siècles ? Quel dommage dans le fond qu'ils soient tous les deux du même bord. Je suis sûr que celui là n'aurait pas laissé tombé notre petite Sveda.

    Un quart heure - à peu-près- avait du s’écouler lorsqu'elle se montra de nouveau. Seaworth occupé l’entendit-il passer derrière lui, pour lui tendre un objet rectangulaire, par dessus son épaule ? C'est ce qu'elle fit, avec un soupçon d’espièglerie enfantine, qui contrastait agréablement avec son attitude publique. Comme tout à chacun, dans la sphère privée, la grande Externel, abaissait volontiers ses barrières. Spécialement, face à une personne de confiance.

    Un tissu au motif coloré avait servi d’emballage. Mexique, Indes, l'origine n'était pas facile à trouver au premier abord ? Il sentait les épices et la terre chaude.

    " Tiens. Ça fait deux fois que j’oublie de te donner ça, quand on se voit. Une vieille sorcière hindou m’a aidée à améliorer la recette. La plupart de mes ingrédients de base ne pousse plus, que dans de rares endroits, ne gaspille pas. “

    Avant d'être un chirurgien Sveda avait été un médecin. Elle avait acquit assez de savoir pour pouvoir confectionner des remèdes maison plutôt efficaces ! Il était juste que le marin, qui l'avait un jour soigné, reçoive chaque fois, un peu de sa réserve. Une façon comme une autre de s'assurer de son bien-être, même lorsqu'ils étaient séparés.

    Elle remarqua, les deux verres, qui leurs avaient été servis et en attrapa un pour en goûter le contenu avec gourmandise. Appuyée contre la table de la cuisine, avec une certaine nonchalance, elle scrutait attentivement le visage de son ami. Il y avait tant de sujets, qu'ils pourraient abordés ensembles, anciens comme nouveaux. Comment allaient-ils faire pour se lancer ? Comme ils l'ont fait, parfois, dans les moments les plus complexes de leur existence.

    " Bois avec moi Davos. J'ai certaines choses à te raconter et pour ça il vaut mieux un petit verre avant.“

    Sans marquer le moindre signe d'inquiétude pour autant, notre belle blonde, se tourna vers la panière à pain pour voler une tranche et la croquer.

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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Sam 24 Mai 2014, 20:29



Ils avaient en effet beaucoup erré au cours des siècles, et un certain confort pouvait se résumer à quelques meubles et mots parfois. Outre la chaleur humaine, la proximité de gens chers et simplement d'avoir un chez-soi, ce dernier n'était pas forcément pour autant plus rempli qu'une chambre d'hôtels. Mais un four, de l'eau chaude, ou même simplement un fauteuil, étaient des conforts particuliers qu'il aimait bien retrouver. Parfois, l'air maritime lui manquait ; il se reprenait à faire de courtes ou longues excursions sur son bateau, et il fallait bien dire que cela n'était pas toujours du plus grand confort. Mais cela lui plaisait. Il avait toujours aimé cette vie, et maintenant, c'était toujours mieux qu'au XVIIe siècle, croyez-le.

Il hocha doucement la tête quand elle parla. Le marin était bien heureux qu'elle soit là ; cela faisait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas croisés, plus de quelques jours, aux hasards du globe et du temps. Avec elle ici, Floria et Stannis...il avait l'impression que tous ces gens formaient une famille qui pour une fois, n'était pas complètement dispersée sur une impulsion ou une autre.

« Je t'aiderai autant que je peux. Tu peux même me considérer comme un guide, vu le temps que d'habite ici, » ajouta-t-il, avec un clin d'oeil.

Il la laissa s'aventurer dans les pièces, faisant quelques commentaires selon l'endroit où il l'entendait aller. Mais dans l'ensemble, parfois, rien ne valait le plaisir d'une découverte comme celle-ci, seul. Ses murs étaient loin d'être impersonnels, il avait des bibelots, des souvenirs un peu partout, comme dans une vitrine, cette dague et cette boussole maritime du XVe siècle, et d'autres un peu plus partout (même si la buanderie gagnait à ce niveau, un vrai bric à brac digne d'Ali Baba). Cependant, pour tout œil extérieur et pas trop expert – le contraire de celui de Sveda, donc – cela n'apparaissait que comme des reproductions ou des objets de collection au mieux.

Seaworth, absorbé par sa cuisine, ne fut conscient de son retour que quand elle tendit par-dessus son épaule un objet rectangulaire, qui dégageait des odeurs agréables, un mélange d'arômes d'épices et de terre étrangère. Surpris mais avec un sourire, il prit le paquet, se retournant. Voir Sveda ainsi enfantine et malicieuse, lui amenait également une lumière dans le regard. Il appréciait la jeune femme pour ce qu'elle était : un rayon solaire. Il déballa doucement le tissu, observant le contenu parfumé avec un mélange d'émotion et de reconnaissance ; d'ailleurs, il fit une bise chaleureuse à Sveda, pour la remercier.

« A me demander ce que je ferais sans toi. Tu es un peu d'un ange gardien, ma belle. Ce sera utilisé à bon escient. Merci infiniment... »

D'ailleurs, ce ne serait peut-être pas si lointain, compte tenu de la prochaine personne qui débarquerait, et très bientôt, dans cette maison. Il alla mettre le précieux sachet dans la pharmacie de la salle de bain, avant de revenir vers elle, au moment où elle buvait une gorgée de vin.

« Tu ne sais pas qu'on est censé attendre le maître de maison, petite mal-élevée ? » fit-il d'un ton léger. « Assieds-toi, je t'en prie. » ajouta-t-il en lui tirant une chaise, geste d'un ancien temps certes.

Mais la légèreté n'était plus forcément de mise, bien que Sveda affichât un visage tout à fait tranquille. Au contraire de Davos, qui avait arrêté la cuisson de son plat, laissant les bouillons s'apaiser, et qui tournait désormais vers elle un visage grave. Echanger des souvenirs, ils y étaient habitués, mais ici, les choses semblaient soudain plus sérieuses. Cependant il s'exécuta en prenant une gorgée de son verre, et s'asseyant en face d'elle, le regard consciencieux, et toutefois, plus déterminé et attentif que jamais. Sa main mutilée, tout comme l'autre, entouraient son verre, alors que son regard d'argent devenait plus concentré.

 « Je t'écoute. C'est au sujet de ta famille ? »

Connaissait Sveda comme il la connaissait, c'était fort probable qu'un des fameux sujets importants, y soit lié.



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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Dim 25 Mai 2014, 18:31


    Davos la connaissait en effet bien... Ce qui provoqua un fugace sourire aux lèvres de Sveda. Les personnes à qui elle pouvait sincèrement se confier étaient peu nombreuses. Celles-ci pouvaient même se compter sur les doigts de la main -mutilée- du marin. Ce qui rendait chaque lien plus précieux.

    " Oui... et ce n'est pas très encourageant.“

    Les lettres leurs avaient permi d'évoquer les grandes lignes de leur vie présente. Mais un morceau de papier ne suffirait jamais pour retranscrire la multitude des enjeux, dans laquelle étaient imbriqués des existences comme les leurs. Il y avait tellement de choses accumulées. Il aurait fallu plus d'une nuit pour tout raconter. Ils en avaient au moins une devant eux pour commencer. Sveda tenait elle aussi son verre entre ses mains, et s'octroya deux gorgées de plus, avant de se lancer, dans une explication. Elle avait besoin de délivrer son esprit.

    " J'ai enfin retrouvé Kim. Il est à Tokyo avec une équipe sous ses ordres. Comme je le soupçonnais, il travaille avec son père, à la solde de Daemonicus. On dit que c'est le nouveau leader des Ombres. Elias l'a apprit, via ses propres contacts, il y a deux jours, et il veut les mettre tous les deux hors d'état de nuir. J'ai peur de ne pas réussir à le dissuader, cette fois.“

    Guerres intestines. Fratricide.

    Des abominations, pour un esprit comme celui d'Hélianthème. Elle ne pourrait jamais supporter de voir ses fils se détruire l'un l'autre. Cela ne pourrait certes pas la tuer. Mais, la détruire ? Depuis deux cent ans, elle faisait tout son possible, pour atténuer le penchant inquisiteur d'E. et la soif de noirceur de son cadet. Un travail de Titan. Mais la tension entre eux ne faisait que s’accroître. Leur mère savait que, quelque soit son choix, les conséquences de celui-ci, seraient malheureuses. Plus se déployait les fils de ce drame et plus, le désarroi maternel, apparaissait sur son beau visage.

    " Que je protège l'un ou arrête l'autre, je risque de les blesser. Si je ne fais rien, ils seront blessés. J'ai beau y réfléchir, je ne sais pas quoi faire. Ni comment empêcher que ça arrive. Ça fait si longtemps qu'ils se surveille tous les deux. Et ce n'est pas leurs pères, qui pourront régler ce problème. Jao tuerai Elias sans hésiter. Et Absalon, je ne suis pas sûre, qu'il se soit réellement intéressé une seul fois à eux.“ Une pointe d'amertume apparue enfin dans le fond de cette douce mélodie.

    Sveda bu encore un peu de son verre. Cela lui faisait tout de même du bien de pouvoir parler de ce problème avec quelqu'un. Quelqu'un qui ne pouvait être ni sa fille chérie, ni Georges Foster, ce charmant journaliste, qui serait dans l'incapacité de l'aider, pauvre homme bien trop... humain. Ils n'auraient pas écoutés. Ils n'auraient pas comprit. Pourquoi s'acharner à vouloir sauver Kim ? Lui qui avait choisi son camp depuis bien longtemps.

    " J'étais si heureuse, quand j'ai compris qu'ils ont hérité de mon immortalité. Mais, face à ça, je me demande si c'est réellement une bonne chose. J'ai tout de même perdu Joachim, et maintenant je risque de perdre les deux autres. Si cela arrive, je ne sais pas ce que je vais faire Davos. “

    Peau blême et gorge sèche, Hélianthème, retenait à grand prix, les larmes qui voulaient s'épancher. Cette situation aurait eu lieu. C'était inéluctable étant donné le fonctionnement de ces deux garçons. Il n'y avait pas grande différence avec l'exemple des Lannister dans tout cela. Pourtant Sveda n'avait d'autre choix que d'espérer. Comme elle le faisait pour tout. La douleur provoqué par la mort d'un fils était déjà difficile à vivre. Deux de plus et l'on abordera ensemble la pure et simple folie.

    " J'ai été si égoïste Davos. J'ai toujours été la seule à désirer ces enfants. Même Joachim. Je n'arrive plus à les protéger. J'aurai du me retenir. “

    Chacun à sa faiblesse. Elle la bâtarde, élevée par une vieille femme, puis protégée par un monstre, avait voulu créer une famille. Sa famille. Un désir innocent en apparence, mais dont les répercutions, allaient la place face à l’inhumanité de sa propre race. Mais, par chance, elle avait une épaule sur laquelle venir pleurer avant ça. Je suis personnellement reconnaissant envers Seaworth de s'être montré sur son chemin de croix.

    Cette fois elle acheva son verre cu sec, avant d'adresser un pauvre sourire désolé à son vieil ami.

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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Sam 16 Aoû 2014, 20:55



Les existences qui se mêlaient aux leurs se dissipaient malheureusement trop vite dans leurs vies immortelles. Ils pouvaient avoir des amis solides, le temps d'un demi-siècle, mais certains étaient irrévocablement voués à la poussière. Cela rendait la présence d'êtres comme Hélianthème, encore plus précieuse. Lui aussi pouvait compter les personnes qui restaient et en qui il avait confiance, sur les doigts d'une main. Peut-être que beaucoup de mortels enviaient les vies de certains mutants, sans se rendre compte de ce qu'une régénération continue signifiait totalement.

Ainsi, lorsque Sveda sembla confirmer qu'il s'agissait de mauvaises nouvelles, Davos eut un air plus grave, ses yeux d'argent passant de la joie optimiste à un intérêt plus attentif, et plus douloureux aussi. Leurs vies avaient été longues, comme dit précédemment, et précisément parfois parce qu'il y avait des choses mauvaises que eux-mêmes ne savaient pas régler, en dépit de leur expérience cumulée. De plus, il était également conscient que les lettres, mêmes régulières, n'étaient qu'une partie de ce qu'ils pouvaient se dire. Que ce soit par secret ou par intérêt envers leurs buts respectifs, il y avait des choses qui ne devaient être déclarées que face à face. L'ancien marin remarqua la nervosité sourde de Sveda, qui nécessitait un peu plus d'alcool. Cela ne lui paraît guère de bon augure. Il avait raison. Sveda, il le savait, était membre des X-Men, sans que cela ait jamais été l'ombre d'un conflit entre eux – mais que Kim soit à la solde des Ombres...Davos subissait une certaine distorsion à laquelle il n'était pas totalement habitué depuis le temps : entre les sentiments du cœur et le devoir.

Et alors que les mots de Sveda coulaient, un à un, il réalisait totalement, sans avoir besoin de l'entendre directement, ce que cela voulait dire. Que la lutte des pouvoirs et le jeu des trônes mènerait à une autre guerre déchirant une famille, une famille que Sveda aurait tant souhaité unie. C'était d'autant plus problématique qu'il s'agissait de Kim, qui n'était qu'un petit bébé sur un bateau, il y avait très longtemps...en voyant le désarroi s'inscrire sur le visage de la mutante, Davos posa son verre sur la table et prit ses mains, les serrant avec force dans les siennes.

« Toi et moi savons qu'il n'y a rien à attendre de Jao, ou surtout d'Absalon. S'ils avaient réellement été intéressés, ils l'auraient fait savoir il y a longtemps déjà. Ne te préoccupe pas d'eux. Ils n'ont pas à entrer dans tes choix... »

Incroyable mais vrai, il ne vomissait pas sur Absalon plus que nécessaire pour une fois. Il la laissa détacher une de ses mains, des siennes, pour qu'elle puisse reboire une gorgée de vin ; elle en avait besoin, sans nul doute. Il avait souvent regretté que Tosca soit fille unique, mais pour autant, il n'aurait jamais voulu avoir fondé une famille qui, comme celle de Stannis, se terminait en fratricide ou haine millénaire. Il serra la main qu'elle avait laissée dans la sienne, avec plus de force, la laissant parler et l'écoutant en premier, mais il ne fallait pas croire qu'il était inattentif, bien au contraire. Il espérait que sa présence permettait au moins un peu d'apaisement, et au moins ces confessions la libéraient-elles un peu.

« Sveda...malgré tout ce que nous essayons de faire, tant bien que mal, et de guider ceux que nous aimons, tu dois te mettre dans la tête que tu n'es pas responsable du chemin qu'ont pris Kim et Elias. Ils sont frères. Et outre l'éducation que tu leur as donnée, tout ce que tu as pu leur apporter, la route qu'ils choisissent est la leur avant tout. Il arrive un point, à un moment, auquel tu ne peux plus rien. Ils ont leur volonté propre. Tu n'es pas fautive. »

L'immortalité était certes un problème. Plus qu'un problème. Pour eux, cela était presque toujours source de douleur ou de peines. Et il comprenait aisément pourquoi elle se refusait à les perdre comme Joachim. Non seulement parce qu'ils étaient ses enfants, mais aussi parce qu'aucun parent ne devrait avoir à enterrer son enfant, à lui survivre. Il prit conscience de la pâleur de sa peau et du ton saccadé de sa voix, des écailles qui voulaient tomber des yeux de la mutante ; cette fois il lui prit doucement le verre de vin des mains, avant de l'enlacer un moment contre lui, comme un frère ou un meilleur ami l'aurait fait. Nulle ambiguïté là-dessus. Sveda était de sa famille et par conséquent, les pertes qu'elle évoquait, étaient aussi importantes pour lui que pour elle, dans le sens où il connaissait un peu ses fils, et également parce qu'il serait le premier, ou l'un des premiers, à voir et comprendre la douleur que leur mort occasionnerait, sur Sveda.

« Il n'y a pas beaucoup de choix..tu peux les avertir une dernière fois de ce qu'ils risquent de faire, puis te retirer du jeu. Il est difficile de choisir de n'en protéger qu'un au détriment de l'autre...mais à partir du moment où aucune bonne solution n'est envisageable – les plonger dans le sommeil ne servira à rien – c'est de toi qu'il faut te préoccuper. Tu es aussi celle qui souffre dans tout cela. Et si cela te détruit trop, il faut que tu t'éloignes... On ne peut pas forcer quelqu'un à changer, sans qu'il ait un minimum de désir de le faire. Il y a des moments où en dépit de toute notre volonté, on ne peut plus rien faire. A part se faire détruire, et je refuse que cela t'arrive. Même pour tes fils. »



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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Lun 08 Sep 2014, 12:28


    Hélianthème était une femme forte. Elle avait grandi dans des terres arides. Le désert, brûlant et assassin lui avait apprit à savourer la vie, dans ce qu'elle a de plus simple. Elle s'était faite seule, faisant face au danger des les premières heures de sa vie. D'ailleurs, ils étaient tous à la même enseigne, ces vieux de la vieille. Marche ou crève aurait pu être la maxime de beaucoup d'entre eux. Alors, vous vous doutez bien, qu'il n'était pas courant de la voir vulnérable, comme elle l'était en cet instant.

    L'histoire de Kim était révélatrice.

    Privée de son sourire, de son optimise, de tout ce qui lui permettait d'avancer, l'Externelle n'était plus qu'une âme triste, qui se laissa aller contre la poitrine de son vieil ami. Les larmes, retenues depuis des mois, s'écoulèrent une à une, sans le moindre bruit. Là où la belle savait qu'il n'y aurait ni jugement, ni rejet, devant sa faiblesse. Sveda versait ces larmes salées, témoins de toutes les émotions, qu'elle gardait en elle, par désir de vivre, pour ne pas se briser. Mais, voilà, elle était comme tout le monde.

    " J'ai peur Davos... j'ai peur de les voir disparaître encore. “

    Toutes ses croyances étaient refluées par cette angoisse sourde, constante, qui la hantait souvent le soir venue. Je peux même dire, que parfois, elle la dévorait. L'impression que quoi qu'elle fasse, quoi qu'elle espére, elle finirait par les perdre les uns après les autres. Cette angoisse terrible parfois la surpassait tellement, qu'elle ne pouvait plus respirer, penser, correctement. Son corps délicat était délicatement secoué par des sanglots silencieux et libérateurs. La douce se raccrochait à la présence chaleureuse du marin, sortant lentement le poison de son coeur.

    " Je ne tiendrais pas Davos... pas sans eux. “

    Une raison d'être. Une raison d'exister. Une raison de vivre.

    " Parfois, je ne vois plus le sens de tout ça Davos... J'ai l'impression de poursuivre un mirage. Je le fais depuis des années... “

    Nous y voilà. Idéalisme fêlé. Il faut bien que cela arrive de temps en temps. Les mots des uns et des autres avaient prit siège, dans une petite partie de cet esprit lumineux, l'envahissant d'ombres dévoreuse. L'espoir avait besoin d'un foyer dans lequel s'épanouir. Parfois, les convictions personnelles ne servaient plus à l’alimenter. Alors tout s’essoufflait, pour ne laisser qu'une réalité triste et morne. Hélianthème était arrivée devant l'un de ces points de faiblesse. Elle avait besoin que quelqu'un l'aide à continuer sur sa voie.

    " Davos...“ La voix se craquela. " Ce monde ne changera jamais. Je sais que je dis le contraire, et au fond de moi, je veux y croire. Mais je ne suis plus sûre... Il y aura toujours une raison de plus de faire la guerre, de tuer, de faire du mal. Plus l'on avance et plus des choses pires arrivent. “

    Le pleur encouait sa voix, épuisait ses nerfs, et la poussait à parler encore et encore, jusqu'à une aporie complète. Parce qu'il fallait que cela sorte. Il fallait qu'elle dise, qu'elle avoue, que les paroles de ses proches avaient un effet sur elle. Ils parvenaient à la miner. Les déceptions n'étaient pas plus facile à vivre avec un sourire pour bouclier.

    " Si je ne peux sauver ni ceux que j'aime, ni cette planète, à quoi cela sert-il de rester ? De les regarder tous s'éloigner de moi ? Ça fait si mal... “

    Question échecs sentimentaux, il est vrai, que Sveda n'avait pas été aidée. Mais finalement, son problème était le même que pour les trois quart de la population, elle voulait un but ? Quelque-chose à faire qui puisse la remplir. Elle ferma les yeux quelques secondes et laissa ses larmes se tarir en emportant cette amertume avec elles. La présence physique de l'italien l'aidait à reprendre peu à peu pied. A travers la fatigue, la culpabilité se montra, rendant Sveda à Sveda.

    " Excuses-moi, je ne pensais pas que j'allais te dire tout ça, ce soir. Je dois être plus fatiguée que ce que je croyais... “

    Elle se redressa, et se releva vivement, pour aller prendre de quoi s’essuyer les yeux, mettant un point à sa mélancolie. Une catharsis de courte durée... Mais c'était finalement ce qui leurs correspondaient le mieux.


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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Sam 27 Sep 2014, 00:08



Ils avaient en effet des environnements hostiles en commun. Toutefois, le désert était bien plus dangereux – du moins cela semblait-il être le cas aux yeux de Davos – que l'océan. Certes, la mer pouvait être aussi nourricière que meurtrière, et c'était bien pour cela qu'elle terrifiait et apportait de la vie, dans le même laps de temps. Mais ils avaient survécu, mieux encore, s'étaient imprégnés, chacun d'un élément différent, qui avait aussi forgé en partie leurs traits de caractère, leur vie. Nul ne pouvait manquer de remarque la beauté de Sveda, qui cachait des choses pourtant dangereuses, et qui n'était pas non plus que soleil. Alors oui, ils avaient tous deux autant de faiblesses que de forces, tout mutant qu'ils étaient. Et puis, le mutant n'était qu'une amélioration de l'être humain, rien d'autre.

Voir Sveda dans un tel état lui faisait mal. Pour tout dire, il l'avait sans doute vue, plus que bien des gens, ainsi, mais ce n'était pas pour autant que tel spectacle était plus aisé à voir. Il était même persuadé du contraire, que parfois, chaque nouvelle douleur paraissait plus forte que celle précédente, au point qu'on en oubliait les affronts et peines passés. Aussi ne la repoussa-t-il pas quand elle chercha refuge dans ses bras, et au contraire, lui offrit une étreinte de consolation, effleurant doucement son épaule et le haut de son dos. Davos jugeait certes, mais pas pour les douleurs, quant au rejet, il fallait aller loin pour qu'il parvienne à cette extrémité. Et puis...l'émoi était aussi la preuve d'humanité. Rien n'était pire que les psychopathes.

« J'ai peur Davos...j'ai peur de les voir disparaître encore. »

Hélas, à cela, que pouvait-il répondre ? Ils étaient mutants. C'était leur lot, en acquérant une longue vie, plus longue que celle d'aucun homme. Et même quand leurs enfants étaient semblables à eux, ils leur étaient arrachés, par le hasard ou par un fatalisme intérieur. Il n'y avait parfois pas de raison, aux événements qui arrivaient. Et c'était sans doute le plus dur d'arriver à l'accepter.

« Je ne tiendrais pas Davos, pas sans eux. Parfois je ne vois plus le sens de tout ça Davos...J'ai l'impression de poursuivre un mirage. Je le fais depuis des années. »

Comment était-il possible de répondre à cela ? Après tout, Davos avait une âme similaire à celle de la mutante ; il était peu probable qu'il n'ait jamais éprouvé les mêmes gouffres, les mêmes troubles, et les mêmes pointes de désespoir. Du moins il ne les faisait pas voir aux autres. C'était comme une punition, à chaque fois, pour son optimisme débridé, et il préférait souffrir seul. Il était défectueux comme bien d'autres. Cependant, il n'appesantirait pas le fardeau de Sveda.

« Je ne suis pas certain, qu'il y ait un sens final à tout cela. C'est pourquoi on devrait vivre dans le présent, même si c'est dur. Et puis malgré tout cela un a sens pour toi. La perte, c'est notre lot. Par nature. Mais ils ne disparaissent pas tous, et en aucun cas, ce n'est de ta faute. »

Enfin, ces mots étaient-ils suffisants ? Sans doute pas, vu que la douce blonde enchaîna, malgré tout. Il ne pouvait que tenter de l'aider, c'est tout ce qu'il avait été capable de faire, jusqu'à présent. Et parfois, cela marchait. Il resserra seulement son étreinte autour d'elle, la laissant y puiser un réconfort chaleureux, quelque remède, quelque oubli ; choses nécessaires quand il percevait la craquelure dans la voix de son amie.

« Davos...Ce monde ne changera jamais. Je sais que je dis le contraire, et au fond de moi, je veux y croire. Mais je ne suis plus sûre...Il y aura toujours une raison de plus de faire la guerre, de tuer, de faire du mal. Plus l'on avance et plus des choses pires arrivent. »

Il était impossible de ne pas reconnaître la vérité dans ces mots, et cependant la laisser dévorer tout le reste, sans quoi, on ne faisant que tomber dans la noirceur, le vide, et même alors, à quoi servait-il de vivre ? Le problème du pessimisme était qu'il reflétait trop le désespoir qui menait à mettre fin à sa vie, et Davos ne voulait absolument pas de cela. Sans pour autant nier qu'une part de réalité, sombre, existait, certes....

« Il y a des choses qui en valent la peine, Sveda. La beauté, l'amour, l'amitié, pour ne citer que ça. Même si ça te paraît bien peu face au reste. Il vaut toujours mieux avoir vécu, que n'avoir pas existé. On ne peut pas regretter toute une vie...ce n'est pas que les choses empirent. C'est qu'on apprend davantage à s'en rendre compte. »

Bien sûr, il était aussi vrai que c'était la confrontation avec les autres qui menaient parfois à de tels moments de désespoir et de lassitude, ces mêmes autres qui pouvaient enrichir et apporter beaucoup. C'était à double tranchant, comme toujours. Il la sentant fragile, et trembler entre ses bras, mais au moins vidait-elle son sac, sa fragilité et tout ce qui la tourmentait. Cela ne pouvait qu'être utile.

« Si je ne peux sauver ni ceux que j'aime, ni cette planète, à quoi sert-il de rester ? De les regarder tous s'éloigner de moi ? Ça fait si mal... »

Sveda avait eu une vie amoureuse un peu près aussi heureuse que la sienne, c'était à dire, pas beaucoup, bien qu'il se soit pour sa part souvent contenté de chasteté. Cela lui faisait vraiment mal de l'entendre dire de telles paroles. Le plus difficile à trouver quoi répondre, c'est face aux sentiments humains, quand on ne sait pas la recette magique, soi-même. Impossible alors de ne pas s'en vouloir, quand on n'arrive pas à aider.

« Ils ne s'éloigneront pas tous de toi. Beaucoup de choses ne dépendent pas de nous, ou se mélangent à beaucoup de causes extérieures. Vivre pour nous, c'est déjà quelque chose, Sveda... »

Que pouvait-il dire d'autre ? Son cœur était serré et ses yeux reflétaient la compréhension, et la compassion, et sa volonté d'aider, mais il se sentait impuissant. Mais au moins ne la laissait-elle pas cuver son chagrin seule, et il lui offrait une épaule amicale. Au moins, toute cette confession paraissait la remettre un peu d'aplomb, la calmer doucement...

« Il n'y aucun problème. Je suis aussi là pour ça. »

Il était sincère dans ses mots, et la laissa aller se rafraîchir.




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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Mar 09 Déc 2014, 16:27


    Plantée face au miroir de la salle de bain, Sveda aspergea son visage d’eau froide, dans l’espoir d’apaiser sa peau chauffée par les larmes et le vin. Elle fixait son reflet avec intensité. Des traits qu’elle connaissait par cœur, pour les avoir observés, siècle après siècle. Il lui arrivait parfois de vouloir en changer. Elle voulait voir, les effets du temps modifier ces traits qui lui semblaient trop lisses, trop plats.

    Son vœu s’était finalement réalisé. De micro changement intervenaient enfin. Si minime que seule une personne amoureuse aurait pu les remarquer. Le regard bleu s’attarda sur un cheveu blanc semé parmi le blond. Oui, il était bien là, caché, mais présent, la preuve directe que cette vie finirait par s’achever, d’une manière ou d’une autre. Elle ferma l’arrivée d’eau. Sentant ses pensées sombres disparaître peu à peu.

    Tosca avait raison. Vivre en soi était un acte.

    Hélianthème regagna le salon, d’un pas paisible. Elle avait retrouvé son calme habituel. Ses yeux brillaient de nouveau de leur douce lueur. L’équilibre était de retour. Les deux amis allaient pouvoir reprendre la soirée dans la paix et la bonne humeur. Puisqu’il était hors de question pour des esprits comme les leurs de demeurer dans un mode de pensée négatif. Ils étaient faits pour la joie. Optimistes avant tout.

    " Et cette entrée ? “

    Les verres furent rapidement remplis de vin rouge. Chacun retrouvant son propriétaire. Après tout, les conditions étaient idéales pour profiter de la soirée. Aucun d’eux n’avait plus à conduire. Ils étaient en sécurité. Et un bon repas les attendait. De quoi, rebondir en peu de temps. Sveda retourna à la cuisine, verre aux lèvres, pour aller voir comment devait être servie cette entrée. Souvent, après avoir pleuré, elle avait une faim de loup.

    " J’aime ce que tu as fait de cette maison. On s’y sent bien. “

    En passant prés de son ôte Hélianthème s’arrêta pour lui embrasser la joue avec affection. Elle retrouvait déjà toute son énergie positive naturelle. Parler, semblait l’avoir allégée, d’un poids invisible. Elle voulait lui dire sa gratitude sans plus les retenir dans ces peines. Peut-être se sentait-elle un tantinet coupable d’avoir ainsi gâché le début de leur rendez-vous. Mais, Sveda savait aussi que Davos, ne lui ferait pas de reproche. Sur cette bon dieu de planète, il était peut-être le seul devant, qui il était possible de sentir vulnérable sans prendre de risque. Un luxe.

    A présent, l’atmosphère était aussi détendue qu’à son arrivée. Tandis que les premières assiettes furent placées sur la table, la nomade déposa son verre et fila en direction de la discothèque de l’italien. Elle aimait la musique. D’ailleurs, le fait de n’avoir jamais su jouer d’un instrument correctement la chagrinait parfois. Sveda aurait voulu être une grande artiste. Mais, ses capacités s’étaient révélées dans d’autres domaines. Elle choisit un disque de swing dont le nom lui rappelait l’un de ses séjours en Europe.

    " Tu te souviens… “

    Un sourire malicieux embellit le visage de l’immortelle. Son corps bougea petit à petit en rythme avec la mélodie, pendant qu’elle étudiait le boité. La désinvolture de ces mouvements avait quelque-chose de gracieux. Leur lot était de vivre toutes les guerres, mais toutes les paix aussi. Sveda avait adoré la fin de la Belle Époque. Elle s’était enivrée de l’effervescence du début du XX siècle. Il n’y avait pas un cabaret, un salon, une soirée, à laquelle elle n’avait pas épuisé ses pieds à danser. Ça avait été la période la plus frivole et la plus délurée de ses longues années de service.

    " Où étais-tu allé après votre voyage en Orient ? “

    Curieuse, Sveda tenait entre ses mains une statuette dont elle reconnaissait la marque orientale. Le souvenir de leur hasardeuse rencontre à bord de l’Orient Express, lui donnait envie de rire. Abygael était encore une enfant à ce moment là. Une enfant espiègle et vive. Comme elle l’était resté pendant tout le siècle suivant. Malgré tout, ils en avaient eu des bons moments à eux. C’était une bonne chose, que de ne jamais les perdre totalement de vue…


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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Dim 11 Jan 2015, 00:44



Seaworth l'avait laissée prendre le temps de se calmer et de se rafraîchir, dans la salle de bains. Elle était comme chez elle et ne souhaitait pas qu'elle s'y sente mal. Aussi le laissa-t-elle faire comme elle le souhaitait. Même les mutants vieux comme eux avaient leurs crises existentielles, sans doute plus répétées d'ailleurs que n'importe quel être humain dans sa vie. Lui, n'aurait certes pas vu le cheveu blanc dans la chevelure de Sveda, même s'ils se connaissaient bien. Il était trop habitué à voir les traits autour des autres mutants immortels, ne pas changer, autour de lui. Ils n'avaient que cela à faire, de toute manière, n'est-ce pas ? Vivre. C'était tout ce qu'ils pouvaient faire, dans le temps qui leur était accordé, et si ce temps semblait démesurément long et éternel, cela devait être pour une raison. Il pensait de cette manière car il savait que sinon, il était bon pour un ticket sans retour chez les Ombres ou les mutants mégalos.

Il l'observa revenir avec un sourire, soulagé de voir à nouveau la lumière si familière dans ses yeux. Les choses pouvaient reprendre. Bien sûr ils pouvaient être faibles, comme tout le monde, mais néanmoins, c'était l'optimisme qui l'emportait chez eux. On ne pouvait pas vivre éternellement dans la peur. Il eut un hochement de tête, se relevant une fois les verres de vin remplis.

« Je m'en occupe, » fit-il, léger, en se dirigeant vers la cuisine.

Italien avant tout, il avait fait une entrée qui en tenait. Heureusement que le quartier de Little Italy existait, sinon, il aurait fallu qu'il souffre de fréquents allers-retours de l'Italie à New York, pour avoir tout ce dont il avait besoin. Bref, tout serait italien ce soir, depuis l'entrée jusqu'au dessert (il n'avait pas fait de tiramisu depuis longtemps, mais cela était l'occasion. Il faudrait qu'il en garde une part pour Stannis, ça le changerait des choses toutes faites, par ailleurs.)

Il s'occupait des assiettes, alors que Sveda faisait la remarque sur sa maison. Davos eut de nouveau un sourire, mais il haussa les épaules.

« On est ici depuis un moment, ça valait le coup de la décorer. » Il reçut la bise sur la joue de Sveda avec un sourire dans le regard. Elle savait certes, qu'elle pouvait tout montrer devant lui, il ne faillirait pas. C'était l'avantage des ancres. « Des bibelots du passé...des photos...on garde beaucoup de trucs en mémoire, mais les objets nous ramènent aussi à ce qu'on a vécu, à nos racines. »

Mieux valait ne pas parler du garage qui débordait d'objets maritimes et de classeurs de timbres. IL déposa les assiettes sur la table, l'observant farfouiller dans son étagère de musique. Beaucoup de choses appartenaient à Floria, en vérité, mais il y en avait aussi des personnelles à l'italien. Il n'était pas forcément cultivé, mais il appréciait certaines musiques, surtout celles d'époques particulières, chères à son cœur ou sa mémoire. La mélodie diffusée ne fut pas sans lui rappeler des souvenirs, alors qu'il observait ses pas de danse.

« Oui. J'avais même essayé de le jouer avec mon accordéon, tu te souviens ? Mais je ne suis pas toujours très doué. »

Il le ressortait rarement, mais c'était vrai, malgré que Tosca soit l'artiste de la famille, il avait un accordéon dont il tirait quelques mélodies, de temps à autre. Sveda l'avait déjà entendu, lui et ses fausses notes, mais cela n'altérait pas les souvenirs de l'entre-deux-guerres. Il l'invita à s'asseoir, tirant la chaise pour la mutante, lorsqu'elle aurait fini de danser, avant de prendre place en face d'elle sur une chaise.

« Tu as toujours le rythme ! » Il eut un instant d'hésitation, avant de répondre. Les années folles avaient été si courtes et si remplies à la fois...avec tant de nouvelles choses découvertes, dont le fameux voyage dans l'Orient-Express. Il savait que Sveda s'était arrêtée certes bien plus loin que lui, avec Abygael.

« Je suis retourné en Italie. Dans la petite île que m'a donné Stannis, tu sais ? Un lieu de repos. Je suis resté là-bas un moment, un peu en pèlerinage dans le pays. Mais ensuite, j'ai eu du mal à partir. J'ai fait la Seconde Guerre avec les Italiens. Floria était en Espagne, bloquée. Rien de tout ça n'était juste, mais c'était mon pays quand même. »

Il y avait une certaine tristesse dans sa voix. Même les mutants censés être bienveillants, se retrouvaient parfois du mauvais côté. A lutter pour des causes qui paraissaient justes pour diverses raisons. C'était leur histoire, le hasard, le passé, les racines...

« Et toi ? Quelles recherches ou voyages mystérieux as-tu faits ? » demanda-t-il, taquin.


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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Sam 24 Jan 2015, 12:26


    L’image du marin tentant de domestiquer les touches de l’accordéon sauta devant les yeux d’Hélianthème. Elle se souvenait aussi des longues soirées, des rires, et du vin. Cela lui fit du bien. Chassant les dernières traces de l’inquiétude dans son esprit de mère. Aucun miracle n’aurait lieu ce soir là. Un doux sourire aux lèvres, Sveda songea à cette agréable période du passé. Elle revit même Joachim vêtu à la mode de l’époque, qui venait la faire danser, dés qu’ils se retrouvaient ensemble.

    " Oui… même tes fausses notes nous faisait danser. “

    Le regard pétillant, Sveda, le remercia pour la chaise et s’asseyait face à lui. Il est vrai qu’elle restait une bonne danseuse. Il y avait une sensualité et une complicité dans la danse, qui lui plaisait beaucoup. Plus d’une fois, se retrouver au plus proche d’un autre corps pour danser, l’avait troublée plus que de raison. Dans ses élans de romantisme exacerbés, elle rêvait de retrouver les pas d’un homme qui parviendrait à renverser son cœur. Mais c’était encore un autre sujet. Elle l’écouta, tout en dépliant la serviette en tissu pour l’étendre sur ses genoux.

    " Non c’est vrai, mais aucune de ces guerres ne m’a jamais semblée juste. Certains arrivent à rester neutres… regardes le frère de Stannislas.“ Ils échangèrent un regard entendu. " J’ai essayé aussi. Plusieurs fois même. Mais je n’y arrive pas. J’ai l’impression que je n’ai pas le droit de rester à l’écart pendant que des gens meurent. Peu importe que leur chef se revendiquent sauveur ou punisseur. Les peuples, eux, ils n’ont jamais le choix. “

    Les deux anciens se tournèrent vers les années 1920. Il fallu un petit moment à la nomade pour retrouver ce qu’elle faisait alors. Pour la défendre, il faut savoir qu’elle avait souvent utilisé ce moyen de transport dans ses débuts. Le train avait été le moyen le plus rapide de se déplacer pendant des années. De plus, Sveda n’aimait pas particulièrement prendre de l’altitude et dénigrait souvent l’avion pour des transports terrestres. A chacun ses angoisses, n’est-ce pas ?

    " Je suis allée jusqu’au bout de la ligne, à Bucarest. Je n’étais pas encore allée en Roumanie. Je voulais rencontrer l’un des conseillers en médecine du trône. Il avait une sacrée réputation. La rumeur disait qu’il était un peu sorcier. “ Elle bu un peu plus avant de poursuivre son histoire. " Tout ce qui a trait au mysticisme dans la médecine m’intrigue beaucoup. Je n’arrive toujours pas à savoir si la foi a vraiment un impacte sur la guérison. Si la sorcellerie existe. Si nous cohabitons avec des forces surnaturelles.“

    Elle n’était pas certaines que les pistes de Capra et Hagelin à propos de la physique quantique pouvaient tout expliquer enfin de compte. Pendant une courte période Hélianthème s’était même renseignée sur le culte suivi par Fran chez les Initiés. Mais elle n’avait pas obtenu les réponses qu’elle cherchait. En fait, ses idées s’apparentaient plus à celles des Alchimistes de l’Histoire. Ceux qui croyaient au lien intrinsèque entre le spirituel et la science. Paracelse avait été le premier à l’inspirée dans cette voie. Raison pour laquelle elle avait, finalement rejoint les Iluminatis. C’était quelque-chose que très peu de ses proches savaient.

    " J’aime à penser que partie de ce monde est influencée par des forces qui nous échapperont toujours. J’ai déjà vue tellement de choses inexplicables. “ Un rire s’échappa de ses lèvres. " Si Elias m’entendait, il dirait encore que je suis une vieille « allumée ». “

    Ils mangèrent et Hélianthème retrouva avec plaisir la cuisine de son vieil ami. Elle ne manqua pas de les resservir tous deux en boissons, laissant les flots de leurs verres et de leurs paroles se seconder pendant ce diner. Ils parlèrent encore, tant et plus, comme ces deux copains bavards qu’ils étaient souvent une fois réunis. Ils n’abordèrent plus de thèmes trop sensibles. Le plus important était de vivre selon l'adage: Carpe diem.

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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Mer 25 Fév 2015, 22:53


Le passé avait des charmes qu'ils évoquaient parfois ensemble. C'était là l'attrait d'une longue amitié. Au moins avaient-ils eu de quoi rire, entre les guerres, humaines et mutantes, et les conflits de famille, ainsi que les séparations. C'était des moments précieux qu'il gardait à l'esprit, et qu'il n'aurait échangé pour rien au monde. Ces souvenirs n'avaient, après tout, aucune raison d'être amers. Ils n'avaient pas été ternis. Il eut un rire lorsqu'elle le complimenta, d'une certaine façon.

« J'en ferais encore plus aujourd'hui. Mais c'était la chaleur humaine qui en ressortait, avant tout. »

Et elle savait effectivement danser, beaucoup mieux que lui. Après tout, les femmes préféraient souvent cela, par rapport aux hommes. Et la rose des sables savait se tourner et virevolter au moindre souffle de vent, au bruissement le plus simple d'une musique joyeuse. C'était quelque chose qu'il appréciait beaucoup. La chaleur, davantage que la sensualité. Bien sûr, ces souvenirs n'étaient probablement pas sans évoquer certains liés à Axel. Il y avait toujours des ellipses, dans leur vie, qu'elles s'appellent Absalon ou Stannislas. Les choses fonctionnaient ainsi. Ils n'auraient pas eu la même construction de vie, sans ces personnes.

Le sujet de Xehanort, était cependant plus tendu, même s'ils en avaient discuté auparavant. Seaworth avait simplement du mal à comprendre (ne parlons pas d'apprécier) cet homme. Pour lui, on ne pouvait rester insensible au monde, jamais. Ni à ce que souffraient les autres. A moins qu'on soit dépourvu de cœur, psychopathe, ou semblable à de la matière noire. Viktor ne semblait pas entrer dans une de ces catégories.

« Je suppose que certains ont plus une âme d'opportuniste, que nous. Qu'ils parviennent à rester détachés. Il y en a qui disent qu'il faudrait vivre la vie ainsi. Mais j'ai toujours du mal à y croire, perso. »

Vivre au-delà des passions, comme une œuvre d'art. Dans une harmonie miraculeuse. On devrait s'aimer en-dehors du temps, de l'espace...détachés. Cela lui était personnellement impossible, malgré que cela était le fruit d'un esprit italien, de son pays. Il n'avait décidément pas le cœur fait pour ça, il était trop simple, trop terrestre, et d'une certaine manière, Sveda l'était aussi.

« Ce sont toujours des gens qui meurent, et personne ne devrait être autorisé à avoir le droit de vie ou de mort. »

On l'aura compris, Davos n'était pas spécialement pour la peine de mort. Bien entendu, comme tant d'autres mutants ayant roulé leur bosse, il avait déjà tué, quand il le fallait. Cela ne voulait pas dire que c'était la solution qu'il préférait et qu'il s'y ruait tête baissée. Il préférait pardonner que tuer, mais il n'y avait pas toujours le choix.

Puis ils parlèrent de l'Orient-Express. Années folles, mais pas moins déboussolées que d'autres. Davos ne l'avait souvent empruntée, cette ligne, que pour les mêmes trajets. Hélianthème, aventurière dans l'âme, avait donc fait bien plus. Et puis, il comprenait parfaitement l'angoisse de la mutante au sujet de l'avion. Lui-même détestait les voitures, motos, avions, et ne sentait à l'aise que dans les trains, ou alors, sur les bateaux. Mais les transports d'un continent à l'autre avec ce moyen de transport, étaient désormais rares et exceptionnels, convenant plus à du transfert de marchandises. Il fronça cependant les sourcils à son explication. Bien qu'il ait été superstitieux en tant que marin, il n'avait jamais vraiment accordé foi à la sorcellerie ou la religion, quelle qu'elle soit. Cela était fait pour remplacer les contes que les mères racontaient aux enfants, le soir avant de dormir. Rien de plus.

« Et l'était-il vraiment ? » demanda-t-il, plutôt intrigué, et sceptique à la fois. « Je pense que la volonté a de la force. Mais pour le reste, je n'y crois pas. »

Bien sûr, il avait beaucoup moins étudié que Sveda. Il restait quelqu'un de très terre à terre, malgré tout. La mutante lui fournit la réponse, par la suite. Il ignorait sans doute qu'elle avait rejoint les Illuminati, peut-être avait-il su à un moment qu'elle se tournait vers l'achimie, qui pouvait être après tout une science parmi une autre. Il n'allait pas critiquer quelqu'un qui s'y intéressait, quand lui était passionné par les timbres. C'était quand même moins édifiant, les timbres...

« Mais penses-tu vraiment à un dieu, ou alors à un tout ? Quelque chose d'omniprésent ? Peut-être quelque chose comme....comment ils appellent ça ? La Poussière, la matière noire de l'espace ? » Il eut un rire.  « On a beau être vieux, on sait pas tout, hein ? »

Le reste du repas se déroula tranquillement, les paroles coulant au rythme et gré des bouchées qu'ils avalaient, des boissons déversées. L'espace, les sciences, c'était peut-être un sujet trop sérieux. Mais en même temps, il était réellement curieux à propos de ça.

« Qu'est-ce que tu en penses vraiment, toi ? Je veux dire, on est mutants, on vit depuis plus longtemps que d'autres, et pourtant, on ne sait pas tous les mystères du monde. Mais les dieux, s'il en existe, les forces inconnues, les choses qu'on comprend pas sur Terre ou dans l'espace...quelles sont tes opinions dessus ? Tu crois vraiment que le surnaturel existe, sous une forme ou une autre ? Les démons, les anges... »

Ce n'était pas des sujets sensibles, mais intéressants cependant. Après tout, ils auraient pu passer pour des dieux qu'ils n'étaient pourtant pas. Cela pouvait être un thème intéressant, de quoi discuter. A un moment, Davos se releva pour mettre en marche le lecteur de vinyl qui se trouvait dans le salon, laissant quelques notes de musique hanter les lieux, au gré des époques de musique qu'il possédait.




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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Ven 20 Mar 2015, 23:33


    Les regards pétillaient de chaque côté de la table. Nos deux voyageurs n’étaient pas avares de récits d’aventures. A qui d’autres pourraient-ils les conter, sans prendre le risque de passer pour des fous ? Personne. Quelques uns se sont bien lancés dans une carrière littéraire pour tout raconter. Mais c’est un jeu dangereux en particulier maintenant que les nouvelles technologies sont apparues.

    " En tous les cas, il en était persuadé et je crois que c’est là principalement, que résidait sa force. Personne n’osait le défier. “

    Hola Tosca ! Vers quel grand débat vas-tu vous emmener ? Ceux sont là des questionnements qui avaient déjà provoqués nombres de nuits blanches dans la jeunesse d’Hélianthème. Enfin, nuit blanche, nous nous entendons. Je veux dire que vers 1400 elle avait croisé des passionnés, des fous, qui l’avaient poussé à imaginer le mécanisme universel. Plusieurs fois, Sveda cru qu’une force « devine » était à l’œuvre. Elle s’était sentie spirituelle ! Avec son ouverture d’esprit ça n’avait ceci dit rien de très surprenant.

    " On ne sait rien, non. Rien de rien. Et plus j’apprends, plus je me rends compte que l’éternité ne suffirait peut-être pas, pour saisir tout ce qui contrôle ce monde. “

    Il semble que Davos était déterminé à aller jusqu’au bout du sujet ce soir. Ses questions ne seraient pas s’en faire échos à une conversation future qu’Hélianthème aurait avec Floria en personne, puis James Novak. Vous voyez de quoi, je parle, n’est-ce pas ? Mais en attendant, qu’en pensez-vous ? Est-ce que dans un univers, où la mutation est expliquée par les théories darwiniennes, les anges auraient une place ? Je reconnais l’aspect cocasse d’une telle association de concepts. Un mutant et un démon en train de pactiser pour dominer le monde, vous imaginez ? Hélianthème, elle se rappela des événements inexpliqués, des miracles…

    " J’aime à croire que des êtres comme ça puissent exister. Ça a un côté rassurant, de se dire qu’il y a des êtres qui veillent sur nous. Quelque soit leur nom. “

    Il flottait sur le visage de la douce Constance un sourire rêveur. Elle revoyait face à elle cette jeune veuve qui l’avait recueillie et élevée comme sa propre fille, pendant des années. C’était il y a des siècles ! Pourtant, elle se souvenait encore de ce qu’elle lui avait dit un jour qu’elles étaient dans la dépendance derrière la petite auberge. « Tu es mon ange gardien. » Ce n’était guère peu de temps après qu’un incendie s’était déclaré et que cette bonne femme avait péri.

    " Et toi, que dis-tu de tout cela mon cher Davos ? Crois-tu aux anges et aux démons des livres ? “

    L’air de musique se répercutait dans toute la pièce. Si bien que notre belle dame finie par céder à une envie. Elle repoussa tranquillement sa chaise, se leva et alla jusqu’au marin, l’œil espiègle. Certes, Sveda avait un peu bu. Le vin et surtout les émotions avaient accentué son ébriété. Mais ça n’était pas la raison pour laquelle elle invitait Tosca à danser. Non, leur discussion avait fait remonter les images de leur voyage sur le Titanic. Et nous savons tous, que ce soir là l’amie avait méchamment délaissé le marin pour Axel. Peut-être était-il temps de rattraper cette maladresse d’amoureuse.

    " Philip ? Danse avec moi… “
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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Sam 28 Mar 2015, 00:44



Oh, Davos en avait déjà conté quelques-unes, de ces histoires. Sous forme d'émissions radios historiques, avec Wyrm, alors qu'ils se faisaient passer pour des historiens. C'était parfois un fou rire, ils se taquinaient sur des détails, ou avaient des versions différentes. Mais la même passion ressortait pour leur passé, c'était tout ce qui comptait. Et le marin aimait à repartager ces histoires anciennes, de guerre ou non, avec la rose des sables. Et c'était peut-être vrai pour ce sorcier, qui au fond était peut-être aussi un peu mutant sans le savoir. La volonté pouvait tellement, même chez les humains !

Ils enchaînèrent sur un sujet bien plus ésotérique, et pour tout dire, beaucoup plus inhabituel, non seulement chez les mutants, mais aussi chez quelqu'un comme Davos. A croire que le repas et le vin pouvaient parfois délier son esprit, l'élargir un peu, qui sait ? Il était, sans être cartésien, assez terre-à-terre, et c'était rare qu'il évoque des sujets similaires au Dieu Rouge, sans que ce soit pour s'en moquer. Mais tout aussi réaliste qu'il était, il était également curieux. C'était pourquoi il s'était aventuré sur un terrain aussi glissant. Après tout, il avait confiance en Sveda, et ne craignait pas d'être jugé. C'était une trop vieille amie, pour que cela arrive. Et il ignorait toute cette partie éveillée, tournée vers la spiritualité, de son existence d'Externelle. Bien que cela ne l'aurait sans doute pas étonné, mais fait rire.

« On est mortels au fond, malgré tout. Ce monde était là bien avant nous, » approuva-t-il. C'était une autre marque de la modestie qu'il avait de temps en temps. Davos ne se prenait certes pas pour un mégalo ou un point central du monde, contrairement à certains mutants.

Bien sûr, on ne pouvait que s'interroger sur la réalité, la possibilité d'avoir ces autres forces en cohabitation avec les leurs. Cela avait quelque chose de risible, de poétique à la fois, et surtout d'incroyable, dans un sens comme dans l'autre. Ce serait totalement incongru, et pourtant, il y avait probablement autant de pour que de contre, à une question pareille. Que ferait un monde comme le leur, si en plus il devait accueillir du surnaturel, de la spiritualité, de la magie ? L'univers deviendrait peut-être encore plus fou, et ce serait le coup à ce que certains mutants se prennent encore plus pour des Dieux. A moins que ceux-ci ne décident (ou ne décide, s'il n'était qu'un) de revenir mettre de l'ordre. Peut-être que cela ne ferait pas de mal, après tout. Cependant, si Davos en évoquait l'idée avec curiosité, et le sourire, il ne fallait point douter qu'il était assez sceptique là-dessus. Et fasciné, peut-être un peu.

« Tu penses surtout aux anges, alors. Je me dis que ça doit bien exister, avec tous ceux morts, à moins que le néant soit bien réel. Cette énergie vitale doit bien aller quelque part...et peut-être qu'on n'a pas des intuitions pour rien. »

Il pensait à Algernon, aussi, qui était l'équivalent d'un Ange sur Terre. Après tout, qui pouvait dire si des êtres comme lui n'étaient pas touchés d'une certaine marque bénie, ou d'une grâce surnaturelle qu'on ne pouvait vraiment expliquer ? Les miracles existaient parfois. Il n'y avait qu'à voir sa rencontre avec Stannis, par exemple. (Il ne fanboyisait pas du tout en pensant cela.) La question de Sveda, cependant, le fit revenir à la réalité. Il hésita un instant, fixant la mutante blonde avec un air songeur, avant de répondre :

« Je ne crois pas, pas vraiment, tu sais. Peut-être qu'il y a un après, oui. Mais les anges, les démons...ils se manifesteraient vraiment, tu ne crois pas ? Je peux croire aux choses scientifiques, aux particules élémentaires, tous ces trucs dans l'espace. Et puis il y a le soi-disant Dieu de Fran. Et je crois qu'après tous ces siècles, ça ne reste que des fables, des contes. Mais je me dis aussi qu'il y a certaines personnes qui semblent vraiment...touchées, marquées par la grâce. Et ça c'est beaucoup plus mystérieux. Et plus humain. »

Voilà ce qu'était son avis, certes différent d'Hélianthème. Mais ils n'avaient pas vécu les mêmes choses, bien que leur tempérament soit similaire. La musique résonnait doucement, et il était loin de se douter où retournaient les pensées de son invitée, bien au-delà dans le passé, vers une période dont il n'avait pas tant envie de se souvenir... Le Titanic, même s'il était parfois encore un peu fier de l'avoir construit, n'était pas pour autant un excellent souvenir, dans sa mémoire. Ces morts, tous ces gens morts, il ne savait plus pourquoi. Les événements de cette nuit-là étaient flous ; il y avait comme un trou noir dans sa mémoire, et il y avait des choses dont il ne se rappelait pas. Il était rarement sujet à ces troubles, par rapport à d'autres mutants, mais là, c'était bien réel, même si ça n'avait pas suffi à lui faire oublier Axel, notamment.

« Philip ? Danse avec moi... »

Le regard de Sveda était pétillant et malicieux, comme cela arrivait parfois. Après tout, c'était une belle soirée. Davos eut un sourire, bien qu'un peu hésitant. Les souvenirs n'étaient pas toujours bons, cependant, pouvait-on refuser quelque chose à Sveda, quand elle vous regardait ainsi ? La jeune femme avait un charme qui séduisait même ceux qui se juraient de ne pas danser, de peur d'écraser les pieds de leurs partenaires. Davos était de cette catégorie. Il savait se battre, diriger un bateau, voire même faire des sculptures de glace. Mais qu'on lui demande de danser, c'était un peu une fin du monde. Malgré tout, il céda, se relevant avec un sourire gêné.

« Tu ne porteras pas plainte si je t'écrase les pieds ? » Il ne prononça pas le nom qu'elle portait à l'époque. C'était une cicatrice encore tenace, cette histoire, et elle le serait bien plus par la suite. L'ancien contrebandier saisit cependant la main de la mutante, et passa son bras autour de sa taille, pour esquisser quelques pas, plutôt maladroits et pas toujours au rythme de la musique, avant qu'il ne soit un peu plus à l'aise. Ceci dit, comparé à Sveda, il devait avoir autant de grâce qu'un canard boitant sur la terre ferme.

« Ça fait certes un moment. Plus d'un siècle... » Il y avait une certaine mélancolie dans sa voix, alors qu'ils tournaient au rythme de la musique. Le temps passait très vite, pour eux, et cela ressemblait à peut-être comme dix ans auparavant. Il avait parfois du mal à s'y faire. « Où est-ce qu'on sera dans cent ans, Sveda ? »



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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Mer 22 Avr 2015, 01:14


    Sveda prit un air pensif en entendant la maxime de Davos. Le regard dans le vague, elle se remémorait des fragments de conversations philosophies dans les salons de Richard Cœur de Lion. Les récits des sages en pleins cœurs de l’Afrique. Les conseils des grands penseurs arabes. Cette vie lui avait fait croiser un nombre incalculable de théoriciens. Chaque époque avait été bercée par une obsession métaphysique. Une question à creuser en remontant les racines de l’humanité. Mais les réponses trouvées ne satisfaisaient jamais complètement. Vous êtes des insatisfaits chroniques. C’est une quête sans fin dans laquelle se sont lancés les hommes.

    " Nous ne sommes que quelques cellules connectées entre elles. “

    En vérité, ce n’est probablement pas aussi simple. Il y a plus. Sinon comment expliquer certains prodiges ? Le mystère, la magie, l’incompréhensible font partie de ce monde que nous développons pour vos mirettes depuis des années. Sans ça, vous pouvez me croire, tout ça serait franchement à mourir d’ennuis. D’une simplicité… et nous autres narrateurs serions privés de tant de ressorts !

    " Mmm, tu sais que tous nos concepts scientifiques jusqu’à ce qu’ils soient contredits ? Nous nous basons sur un système qui ne peut pas prendre en compte l’univers entier. “

    Taquine et tendre la belle des sables s’amusait à être l’avocate de Lucifer. Elle savait que les certitudes finissaient toujours par être contredites. Ils avaient cru que la Terre était plate. À présent, ils en étaient à concevoir des théories sur les dimensions de l’espace-temps. Rien n’est fixe.

    Trèves de nœuds cérébraux. L’heure était à quelques pas de danse. Cette activité-là aussi se prêtait au mysticisme dans certaines régions du monde. Il y en avait des pour appeler les esprits, d’autres pour sauver les mourants, d’autres pour donner du courage. L’Homme dansait depuis aussi loin qu’il croyait, depuis la nuit des temps. Hélianthème n’avait aucun doute quant à sa persuasion. Elle connaissait son confrère mieux que personne. Elle savait qu’il n’aurait pas envie de lui dire non. C’était tant mieux. Ils renouèrent avec cette ancienne tradition sans trop d’efforts.

    " C’est promis. “

    Sveda tenait la main blessée de Davos avec délicatesse. Elle composait avec la maladresse de ce dernier. Si bien qu’il y avait très vite de la sensualité dans cette pièce. Ils virevoltaient ensemble entre le bonheur et la nostalgie. Leurs pensées s’associaient naturellement. Hélianthème n’avait rien oublié. Mais elle avait pardonné et elle désirait que son cavalier en face de même. Elle posait sur lui l’un de ses regards tendres et laissa porter sa voix.

    " Humm. Je ne sais pas. Quelque par en Italie ? Profiter du soleil. “

    À la fin du morceau, il n’y eut autre façon de terminer cet échange que par un doux baiser fraternel déposer sur le front du barbu. La bouche d’Hélianthème était fraîche et peut-être un peu guérisseuse à force de vouloir faire disparaître les plaies de l’âme. Quelques puent être leurs erreurs… la joie de l’avoir était plus forte. C’était sûrement ce qui poussait l’aveu (enfin en est-ce un) de la plus âgée des deux.

    " Sais-tu que je t’aime Davos Tosca ? “

    Après avoir pleuré sur son épaule, partagé son repas, dansé avec lui, il fallait bien dire ce qui était à dire. Vous voyez bien depuis le temps que cette fille du désert n’est pas pudique quand il s’agit de livrer ses sentiments. Elle le faisait, comme elle respirait, parce que pour elle c’était souvent tout aussi vital. D’un pas souple, elle gagna la partie la plus confortable du salon et se glissa sur le sofa.

    " Tu aurais un petit digestif ? “

    Déchaussée, alanguie, elle étendait son bras le long du dos du canapé, le visage tourné vers son ôte.

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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Mer 29 Avr 2015, 21:22


Avoir les réponses à toutes les questions aurait été loin d'être amusant, n'est-ce pas ? Tant pour les humains que les mutants. Et puis un être comme Davos était loin de demander quelque chose comme ça. Cela l'aurait submergé plus qu'autre chose. Il ne fallait pas trop en demander au marin, parfois, en tout cas en ce qui concernait la spiritualité, les théories scientifiques ou les questions existentielles. C'était par période, parfois il s'y intéressait, et alors sa curiosité était large et bienveillante ; mais il y avait des moments où il ne se posait pas plus de questions que cela, malgré tout. Comme d'autres, en tout cas, il était parfois sujet aux interrogations métaphysiques. Tout en gardant les pieds bien sur terre. Il était un marin, peut-être un cartésien, avant tout, au contraire de sa fille.

« Avec un peu de magie en plus, » ajouta-t-il malgré tout, malicieusement. « Et un brin d'âme. »

C'était tout ce qui faisait leur charme et leur intérêt, non ? En tout cas, à l'âme, il y croyait fermement. Et peut-être au fait que les choses n'arrivaient pas par hasard, en tout cas, pas par hasard complet, sans parler de fatalité. La fatalité et le destin étaient bel et bien différents. Il hocha la tête à la remarque suivante de Sveda. C'était un éternel recommencement, et n'était-ce pas normal ? Impossible de tout savoir, donc on apprenait au fur et à mesure. On corrigeait des choses ensuite, en voyant les erreurs, les progrès. C'était un apprentissage perpétuel. C'était un peu la vie, tout simplement....aussi était-il plutôt d'accord avec l'avocate de Lucifer, pour le coup. Qui sait où tout cela serait dans un siècle, si du moins ils étaient encore sur Terre ? Allez savoir, vraiment...

La suite fut plus légère. Quelques pas de danse. Malgré le repas et la digestion qui incitait le corps à être un peu alourdi et alangui. C'était assez bien pour les réveiller, bien que Davos ne se sentit nullement fatigué. Et malgré sa maladresse, il prit plaisir à ces quelques pas de danse, ces instants avec son amie. Cela remontait bel et bien à loin, la dernière fois où il avait dansé. Et c'était vrai qu'il lui disait difficilement non – du moins en-dehors de quand il s'agissait d'échanger des idées ou des conseils. Elle faisait attention à sa main, bien qu'en vérité les moignons ne sont plus tellement sensibles avec le temps. Mais c'était peut-être pourquoi aussi il ne dansait pas trop souvent. A chaque fois, c'était imposer de façon marquante cette blessure, alors que le reste du temps, elle restait parfois discrète. En tout cas, lui, parfois l'oubliait, au bout de tant de siècles. Avant que cela ne revienne, que parfois il n'y ait une sensation de membres fantômes. Mais trêve de blessures, l'heure n'y était pas. Juste ces quelques pas, au gré d'une musique, et de souvenirs en revanche réels. Il eut un sourire, doux et ravi, quand elle évoqua l'Italie.

« Pourquoi pas ? Cela fait longtemps que je n'y suis pas allé. Et puis on y mangera de meilleures pizzas qu'à New York. Et tu auras les plages, aussi. Les vieux vestiges du passé. Une langue plus musicale. »

Le marin aurait pu continuer longtemps, à discourir sur sa patrie et décrire les merveilles du pays, qu'il était parfois les seuls à voir. C'était ainsi avec les pays qu'on aimait, ou dont on était issu. L'ancien contrebandier récolta un baiser sur le front, apaisant, de la part de la mutante, quand la musique se termina. Il lui sourit de nouveau, directement cette fois, le cœur certes plus léger, et plus prompt à l'allégresse qu'aux pleurs. Encore heureux, sinon on se poserait des questions. La question de la rose des sables eut néanmoins le don de le déconcerter, et pour tout dire, de l'affoler un peu, voire de le paniquer intérieurement. Etait-il si aveugle qu'il ne voyait pas des signes ? Qu'est-ce que c'était que cette déclaration ? C'était sorti si naturellement de la bouche de Sveda qu'il y avait de quoi se poser des questions, dans un esprit aussi facilement confus que celui du marin, dès que ça allait sur des terrains flippants. Il ne sut quoi répondre, alors qu'elle s'éloignait et allait s'asseoir à son aise sur le canapé, plus à l'aise et détendue, le regardant. Bon, il valait mieux tirer cela au clair tout de suite, non ? Essayant de ne pas rougir, Davos se détourna pour aller dans la cuisine, et chercher un digestif qui pouvait correspondre. Il revint avec une petite bouteille et deux verres d'également petite taille, mais il était soucieux et confus, et cela se voyait sur son visage. Il attendait néanmoins d'être assis, pour parler de choses sérieuses.

Il ne voulait pas que de malentendus demeurent, ou que Sveda se fasse des idées. Etait-ce vraiment une pique révélatrice ? N'y avait-il pas eu de signes avant-coureurs avant ? C'était vrai qu'ils avaient toujours été très proches amis, mais de là à ce point ? Et puis il n'était pas sans ignorer que le cœur de Sveda était à Axel, et à d'autres hommes qu'elle avait aimés dans le passé. Il versa le liquide, avant de relever les yeux vers elle, gêné, le regard tantôt fuyant, tantôt ferme, mais en tout cas, soucieux de ne pas la blesser.

« Je t'aime beaucoup aussi, Sveda. Depuis tous ces siècles, je pourrais peut-être les compter sur les doigts de ma main mutilée, les personnes en qui je peux avoir toujours confiance...tu en fais indéniablement parti et je ne pense pas que ça changera. Notre amitié est tenace et solide...nous sommes amis, tu le sais bien ? »

Cette question était si bizarre et si saugrenue, qu'on ne pouvait qu'y trouver l'écho de ce qu'il voulait vraiment dire : qu'ils étaient juste amis. Que ça n'allait pas plus loin. Des amis très proches et solides. Quoique puissent en dire d'autres langues de vipères. Pauvre Davos, à être embarrassé d'un coup sur le simple double sens d'une phrase inattendue. Il ne tenait pas en place, ne sachant plus où se mettre.


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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Jeu 30 Avr 2015, 22:40


    Comme c’est cocasse ! Seul un gars comme Tosca était capable de se méprendre sur la déclaration de Sveda. Elle était à mille lieues de s’imaginer que ces quelques mots d’amour, certes, ouvraient un puits sans fond dans le crâne du marin. Pour elle tout était clair, car si une histoire avait commencé un jour entre, cela se serait passé bien plus tôt. Probablement sur ce pavillon où ils avaient fait connaissance. Mais c’était un lien fraternel qui s’était tissé dès le premier instant. Pourquoi aller compliquer les choses ?

    Simplicité mère de la perfection.

    " Oui je le sais très bien. “ Lui assura-t-elle en étudiant ses très graves. Elle essayait de comprendre pourquoi Davos changeait tout à coup d’attitude. " Comme tu as un air sérieux. Qu’est-ce qui se passe ? Tu as un souci ? “

    Un sourire. Un regard inquisiteur… Hélianthème, quand elle était en état d’ébriété, était plus naïf encore. Elle porta lentement le verre vers sa bouche, tout en se refaisant leur conversation dans sa tête. Son mouvement se suspendit alors qu’un brusque éclat de conscience éclaira son regard. Son sourire s’élargit, jusqu’à faire briller le fond de ses prunelles.

    " Davos ! “

    Le rire retentit avec franchise. Il lui secoua les épaules, pendant qu’elle alla mettre son verre en sécurité sur la table. Quand elle releva son visage vers lui Sveda le couva d’un œil affectueux. Elle le libéra de son verre à son tour pour pouvoir prendre ses deux mains dans les siennes. Ses mains le pressèrent et ses pouces en caressèrent le dos. Elle prit le temps d’échanger un regard avec lui avant de lui parler.

    " Nous sommes amis, oui. Je t’aime c’est vrai. … Comme ce frère que je n’ai jamais eu. J’aurais peut-être dû le préciser, à voir ta tête. Mais, tu vois, quand j’ai un peu bu, ma langue va plus vite que ma tête. “ Leurs mains se séparèrent en douceur. " Allez, hôte moi ces rides de ton front. Tout va bien. Tout est clair. Je ne te demanderais jamais en mariage, je te le promets ! “

    Maintenant, que la chose était posée, Hélianthème se renfonça tranquillement dans le fond du canapé. Aussi paisible qu’une lionne qui savoure le labeur accompli. Elle était heureuse d’avoir enfin pu passer un moment en tête à tête avec ce Seawhort. Ils en parlaient depuis des semaines et voilà qu’ils renouaient enfin avec leurs vieilles habitudes. Sveda se disait une fois plus que c’était une chance qu’ils se soient ainsi retrouvés. Ils ne savaient rien encore de ce qu’ils allaient endurer quelques mois plus tard. Mais au moins profitaient-ils pleinement de cette douce soirée.

    Le bonheur pour seule vraie ressources.

    Celle-ci s’étira encore une bonne heure. Le temps de paresser à deux sur ce sofa, sans même avoir à discuter sans cesse. Il y avait le simple plaisir d’être en bonne compagnie. Parce qu’ils n’étaient finalement que deux vieux routards, ayant depuis longtemps dépassé l’âge d’être des grands-parents. Plus tard, sans doute auraient-ils ce moment en mémoire et chériraient-ils ces heures tranquilles.



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MessageSujet: Re: [Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth) Mer 13 Mai 2015, 22:00



Il en fallait en effet parfois peu à Davos, pour avoir un doute et se méprendre sur ce qu'on lui disait. Qu'il puisse y avoir plusieurs sous-entendus était également quelque chose qui le mettait parfois mal à l'aise. Il ignorait alors sur quel pied danser, que répondre..et ça donnait des situations comme celles-ci, plus drôles qu'autre chose. Pourtant, il faut bien croire qu'il était bel et bien gêné, et soudain stressé à l'idée qu'il ait pu confondre les sentiments de Sveda avec de la simple amitié, si sentiments il y vait toutefois... Comme quoi, un ancien contrebandier, même mutant, restait humain et pouvait être facilement perturbé, tout en restant un pillier solide. Mais Sveda avait raison : si quelque chose s'était passé entre eux, ils n'auraient sans doute pas attendu six cents ans, pour que cela arrive. Bien que certaines histoires mettent longtemps à se réaliser, mais là, ce n'était tout simplement pas le cas. C'était l'amitié, la fraternité et la solidarité qui les liaient avant tout. Et puis, Davos pouvait presque être de la famille de Sveda, après tout, au vu de comment il veillait sur la mutante ou certains membres de sa famille.

Ce fut pourquoi il fut soulagé, quand elle affirma qu'elle savait qu'ils étaient amis, et rien de plus. Il se permit même un petit soupir, avant de retrouver un sourire naturel, chaleureux, qui n'avait plus rien d'embarrassé.

« Rien, » dit-il, sincèrement. « J'avais simplement peur que pendant un instant, j'ai été aveugle durant quelques siècles, ou que je comprenais tout de travers. »

Mais elle continua sur sa lancée, alors qu'elle était secouée d'un rire. Au moins cela était rassurant, et il ne l'avait pas vexée. Il se permit de cesser d'être sur ses gardes, totalement cette fois. C'était bon, tout cela n'était qu'un fruit de son imagination, peut-être que finalement l'alcool lui jouait des tours à lui aussi...Le regard qu'elle lui lançait était amical, rien de plus, rien de moins, et ce ne serait jamais perdu. Il serra ses mains entre les siennes, le regard souriant à son tour, non plus inquiet ou anxieux. Tout allait bien.

« Merci...j'ai juste, douté, pour quelque chose de stupide. Un simple malentendu... » Le reste des mots de Sveda n'étaient pas sans l'émouvoir, et il eut un air reconnaissant à son discours. « Tu es aussi une sœur que je n'ai jamais eue. Jamais eu de famille, en vérité...tu en fais partie, pour moi. »

C'était vrai. Davos avait beau fouiller sa mémoire, il ne se souvenait pas de ses parents, mais au mieux, de gamins et gamines comme lui, qui erraient sur les quais en quête de nourriture, d'un endroit sûr où dormir. Pas l'existence rêvée pour un enfant, même s'il y avait survécu, sans doute mieux que d'autres. Il eut à son tour un rire quand elle parla de mariage.

« Merci. Je promets de ne jamais le faire non plus. »

Ses traits étaient devenus pleinement rieurs, cette fois, et il se sentait plus calme, alors que leurs mains se séparèrent. Cette fois, sans souci, ils pouvaient profiter pleinement du reste de la soirée, continuer à parler, à échanger des souvenirs. Ce serait des moments précieux dans lesquels ils pourraient puiser des forces, lors des épreuves à venir. Telle soirée paraîtrait alors bien loin, et tant de choses auraient changé...ce n'était pas forcément plus heureux, mais c'était plus simple, ou juste différent. Des pauses et des discussions, des silences et des rêveries. Comme souvent lorsqu'ils se retrouvaient après une longue période de séparation. Les heures à venir seraient bien plus sombres que cette soirée de retrouvailles entre vieux voyageurs.


Fin du sujet


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[Clos] Chapitre VII: Parce que certains trésors n'ont pas la couleur de l'or ! (Seaworth)

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