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[CLOS] «  Questo è il bacio di Tosca » [Floria]

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Identité : Rafael Baldwin
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MessageSujet: [CLOS] «  Questo è il bacio di Tosca » [Floria] Ven 21 Fév 2014, 13:42


« Questo è il bacio di Tosca »
« La haine, comme l'amour, se nourrit des plus petites choses, tout lui va. »


J'avais contacté Floria, tâchant de prendre mon mal en patience et de dissimuler toute émotion trop noire ou intense. J'ignorais quoi éprouver à son égard, mais force m'était de constater que la haine prédominait. D'une façon ou d'une autre, j'avais le sentiment qu'elle était liée à cette affaire, et je me demandais si en faisant appel à son aide, je ne concevais pas un autre plan. Elle avait été quelque peu alarmée, bien sûr, puisque le besoin de la voir semblait pressant. Je ne pouvais toutefois rien lui expliquer de tout cela au téléphone, et quelque part, j'espérai, pauvre fou, que la surprise qu'elle avait affichée était sincère, à l'instar de son inquiétude. Ainsi, il ne me restait plus qu'à rejoindre son adresse.
Le trajet s'avéra particulièrement laborieux. L'usage des transports en commun l'abrégeait, mais il est des moments où je peinais à rester parfaitement éveillé, et il m'était parfois compliqué de rester discret, quand bien même j'avais pris le soin de nettoyer le sang un minimum, avant de partir. Il demeurait impossible à éliminer sur le tissu, et de toute façon, certains coups et surtout certaines plaies ne s'en iraient jamais. Je souffrais un peu à chaque fois que je parlais mais au moins en étais-je toujours capable, comme avant. Je tâchai de conserver ma main gauche dans une poche, et cela n'était pas foncièrement agréable, malgré les bandages rudimentaires que j'avais faits. Parfois, tout ce qu'il venait de se passer ne ressemblait qu'à un rêve lointain, tant je peinais encore à y croire. Le sourire psychotique de cet homme disparaissait dans je ne sais quelle brume, mais quelque douleur finissait toujours par me ramener à la réalité. Le mythe des membres fantômes s'avérait réel, il me suffisait de revenir un tant soit peu en arrière pour revivre l'amputation, ou la délicate cautérisation du sbire de Fran. Je ne sais quand, ni comment, j'avais fini par trouver le sommeil, si du moins on pouvait l’appeler comme tel, et l'on ne jugea bon de me réveiller qu'à un terminus, lequel m'avait heureusement suffisamment rapproché du point de rendez-vous, le logement de Tosca. Ce repos avait été utile, sans être véritablement efficace. Je me demandai s'il n'était pas davantage dans mon intérêt d'aller tout de suite à l'hôpital, ou même au Manoir, mais je savais que le premier choix me poserait des problèmes, et que je ne supporterais guère d'être tout de suite confronté à Clov, suite à une telle épreuve.
Je me retrouvai finalement face à Floria, et toutes l'inquiétude ou l'affection du monde n'auraient pas su me rendre moins froid, à son égard. Je l'observai, stoïque, glacial. J'oubliai un instant mes tourments, pour la considérer avec méfiance. Si j'étais certain de ne l'avoir jamais aimée, il m'apparaissait clairement qu'il suffirait d'un rien, pour que je la haïsse. Un instant d'hésitation, une mauvaise réponse ; et elle paierait pour les fautes d'une autre. Avait-elle posé des questions ? M'avait-elle demandé comment j'allais ? Cela m'importait peu, et à quoi bon répondre ? Mon état lamentable était perceptible. Il me semblait ne pas l'entendre, comme si une vibration, provoquée par la colère, me brouillait l'esprit.


De quelle façon es-tu liée à Fran ? demandai-je finalement, sans détour, sur un ton ineffable.

J'espérai que tout cela n'était que le fruit d'un malentendu, que j'avais reconnu ce couteau à tort, et que Floria me traiterait de fou, me demanderait qui était cette personne ; mais continuerait de m'aimer. Il ne tenait qu'à cela pour me sauver, et par la même, se sauver elle-même.

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MessageSujet: Re: [CLOS] «  Questo è il bacio di Tosca » [Floria] Mer 05 Mar 2014, 21:27


Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis le bal où Floria avait croisé Rafael sans le reconnaître ; plusieurs jours aussi, depuis le moment où elle avait rencontré cet homme dans le cimetière, dont les paroles, quoiqu'énigmatiques, ne l'avaient pas moins fait réfléchir. Dans tout ce désordre, dans tout ce qu'elle avait récemment appris sur elle-même et sa famille, il lui semblait ne plus avoir grand-chose à se fier, en tout vérité. Dans l'absolu, elle ne doutait nullement que certaines personnes autour d'elle ne soient des piliers ; cependant, ce n'était pas à ces points fixes qu'elle souhaitait s'attacher. Fran, Davos, Stannis...ils l'avaient tous déçue, à leur manière, pour l'instant. Quelle belle affaire que la famille, le groupe des Initiés ! Perturbée comme elle était, elle se tournait alors vers d'autres personnes, plus éloignées, à qui elle se liait davantage par l'affection et non le sang : Rafael, Liesel, Algernon. Encore que pour ce dernier, tout était encore assez tumultueux. Elle ne décolérait simplement pas contre Davos et Fran ; tout était de leur faute, se répétait-elle. Ainsi, même si aux yeux de certains, elle paraissait comme à l'ordinaire ces derniers temps – d'autant qu'elle profitait davantage de ceux qu'elle appréciait et qui n'avaient pas fait de secrets derrière son dos – il fallait bien avouer qu'une certaine colère et rage ne se détachaient pas de son cœur.
Il fallait dire que par le passé, on l'avait sans doute déjà trop prise pour une marionnette, pour se résoudre à jouer encore et encore ce rôle. Elle n'était plus une enfant, quand bien même ses réactions étaient parfois puériles ; et dire qu'on osait lui mettre sur le dos la faute d'autres ! Depuis le cimetière, elle se mettait à trouver plus de sincérité dans son cœur, non d'hypocrisie ou de petits mensonges pour davantage supporter les autres ; elle se surprenait réellement à comprendre qu'elle était décidément éloignée de Davos et ne souhaitait pas toujours le bonheur du genre humain ou mutant.

Puis était venu l'appel de Rafael, qui l'avait affolée. Etait-ce à nouveau son tour, une nouvelle douleur devait-elle surgir ? Elle ne se doutait nullement des desseins sombres qui hantaient l'esprit de celui qui était son double, à certains égards ; elle n'en aurait pourtant pas forcément été surprise. Rafael, c'était un puits, c'était un miroir ; mais au lieu de rectifier ses propres défauts, il la renvoyait à elle-même et à ses ressemblances qui existaient entre eux, la tirant en arrière plutôt qu'en avant. Peut-être que cela aurait pourtant pu être autrement...
Elle l'avait donc invitée à venir vivement chez elle, et en attendant, elle tournait en rond dans son salon, inquiète et tourmentée. Le timbre de son amant était pressant et empreint d'elle ne savait quelle tragédie ; son cœur lui semblait avoir du mal à battre normalement. Elle élabora sans doute dix scénarios sur la raison d'une venue aussi urgente et à l'improviste, sur ses mots presque hésitants ; mais elle ne pouvait que se tourmenter sans rien deviner. Ce fut dans cet état d'angoisse que Rafael la trouva ; et l'étau qui lui étreignait la poitrine avait une raison, après tout. Les vêtements de Rafael étaient couverts par endroits de sang séché, parfois humides, comme s'il avait essayé d'enlever le plus de traces possibles avant de venir. Enfin, plus terrible encore était l'air pâle qu'il affichait, presque fragile dans un sens, avec cependant un regard terrible, distant et froid à la fois. Et cependant, elle n'avait besoin de nulle sensibilité extrême pour comprendre la tension et les émotions noires qui émanaient de lui, comme s'il lui en voulait personnellement. Les questions qu'elle posa s'évanouirent dans le silence dans lequel il l'observait ; il n'en répondit à aucune, refusant par-là même l'aide qu'elle proposait de le soigner, de faire quelque chose ou d'aller à l'hôpital. Qu'est-il arrivé ? La question restait bloquée dans sa gorge, quand elle voyait son état blessé.
Floria aurait sans doute voulu le prendre dans ses bras, mais l'atmosphère n'était nullement à une quelconque étreinte. Au contraire, elle était soumise à une tension sous-jacente qu'elle ne comprenait pas. L'air désemparé – sincère, inquiet – que ses traits affichaient, ne desserrèrent nullement la rigidité du visage de Rafael.

« De quelle façon es-tu liée à Fran ? »

La question retomba lourdement dans la poitrine de Tosca, et elle le regarda, un instant, sans comprendre. Puis mille pensées lui traversèrent l'esprit, la première étant qu'il savait qu'elle était mutante, qu'elle était une Initié. La seconde fut sans doute un élan de rage mal venu – pourquoi tout le monde était-il si intéressé par Fran ? Ce fut sans doute cela qui la fit répondre plus brutalement qu'elle n'eût voulu – cela plus, peut-être quelque aide d'un diable qui devait rire de son passe-temps.

« Qu'est-ce que cela a à voir ? » répondit-elle sèchement. « L'important est de te soigner ! Où es-tu blessé ? »

Si ces mots-là étaient empreints d'affection et de panique sincère, ce qu'elle aurait dû cacher ne resta pas coincé dans son esprit. Sans qu'elle l'ait véritablement prémédité, s'approchant de lui pour l'aider en dépit de tout, les mots se bousculèrent dans sa bouche, plus francs, plus rancuniers peut-être, qu'ils l'auraient été autrement. Non. Elle détestait Fran, personne ne pouvait lui enlever cela.

« Elle est ma mère. Je le sais depuis peu, » confessa-t-elle, le regrettant aussitôt. Mais une trop grande sincérité s'était emparée d'elle. « Mais je ne l'ai quasiment jamais connue. Je la méprise et la déteste, je me fiche complètement d'elle ! Pourquoi diable me demandes-tu ça ? »

La diva ne risquait guère de se sauver par cet aveu. Mais au moins avait-elle dit ce qui lui pesait sur le cœur, et Dieu savait que cela faisait du bien d'exprimer sa rancoeur, par moments. Elle aurait seulement pu choisir un meilleur moment.


_________________

   
This is the end.

Tonight the music seems so loud. I'm never gonna dance again, guilty feet have got no rhythm.
And waste a chance that I've been given, so I'm never gonna dance again

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MessageSujet: Re: [CLOS] «  Questo è il bacio di Tosca » [Floria] Dim 30 Mar 2014, 23:51

« Perdre qui me chérit ! Épargner qui m'affronte !
Ruiner ce que j'aime ! Aimer qui veut ma honte !
L'amour produira-t-il un si cruel effet ?
L'impudent rira-t-il de l'affront qu'il m'a fait ?
Mon amour me séduit, et ma haine m'emporte ;
L'une peut tout sur moi, l'autre n'est pas moins forte.
N'écoutons plus l'amour pour un tel suborneur.
Et laissons à la haine assurer mon honneur. »


Hélas, j'étais trop focalisé sur mes propres tourments pour deviner que Tosca était elle-même sur une pente glissante. Déçue par les siens, elles se tournait vers des individus plus instables, dont on ne pouvait répondre de rien. Ses proches l'avaient déçue, certes, mais qu'y avait-il de surprenant à cela ? Quelqu'un avait dit que la vie n'était qu'une longue perte de ce que l'on aimait, et très généralement, c'était ceux qui auraient dû être les plus loyaux qui nous faisaient le plus sûrement choir. L'on pouvait tellement fauter, par excès de bonté et de protection... La perte de confiance pouvait tout aussi bien être assurée par les non-dits, par le mensonge, et c'était précisément ce qui faisait de l'Homme un être si inconstant et si peu fiable. Floria Tosca n'était décidément qu'une folle, pour ainsi se tourner vers moi, en dernier recours. J'étais faux auprès d'elle et je ne l'aimais point ; j'étais d'ailleurs venu à me demander si j'étais capable d'éprouver un tel sentiment. Peut-être en avais-je ressenti quelque simulacre, qui m'avait toujours fait plus de mal que de bien, et aujourd'hui... Pour la première fois... Je ne savais plus vers quelle direction aller. Partout autour de moi, il me semblait que le sol était jonché de pièges et de failles, prêts à me faire sombrer. J'espérais pouvoir me raccrocher à Floria, malgré toute la méfiance que j'entretenais à son égard, mais la chute n'était destinée qu'à en être d'autant plus fatale.
Malgré son âge, Tosca était décidément encore bien naïve, pour se fier à moi, comme à quiconque. Mais nous étions tous des pantins, les uns pour les autres, et la victoire ne pouvait jamais être emportée que par celui qui tirerait son épingle le plus sûrement du jeu. J'avais depuis bien longtemps renoncé à gagner, voire même à lutter. Je n'étais que le bouffon qui errait dans la cour des grands seigneurs mutants, et tôt ou tard, je serai remplacé. Il m'arrivait, pourtant, parfois, d'imaginer si l'avenir était réellement sans espoir. Ne pouvais-je vraiment point apprendre à aimer Floria ? Outre mon égoïsme et mes intentions pas tout à fait innocentes, peut-être avais-je également conscience que j'étais loin d'être le meilleur parti pour elle... Elle avait besoin d'un pilier, de quelqu'un de fort et d'inébranlable, qui saurait la tirer vers le haut. Moi, pauvre damné, je ne pouvais que la faire chuter, et je me demandais même si qui que ce soit au monde était capable de me sauver. Peut-être la partie était-elle perdue depuis longtemps...
J'étais effectivement dans un bien piteux état... Cette médiocre apparence parut ébranler Floria, qui semblait inquiète au plus haut point et n'avait de cesse de me presser de questions. Je ne répondais à aucune, obsédé par la pensée qu'elle était peut-être une traîtresse, et qu'elle s'était jouée de moi. Oh, si elle était effectivement liée aux Initiés... J'ignorais encore ce que je ferai, mais ce serait terrible. L'effet que pouvait avoir une simple hypothèse sur tout mon être, était ahurissant. Il me semblait qu'une colère sourde me martelait l'esprit et m'empêchait tout à fait de penser à quoique ce soit d'autre. Il me paraissait que j'étais arrivé au tournant final de mon existence, face à l'abîme, et qu'il ne tenait qu'à moi de m'y laisser tomber une fois pour toutes, ou au contraire, de l'y précipiter elle, et de devenir – par la même – un monstre tout à fait pur. Il paraissait qu'ils souffraient moins, parce qu'ils étaient moins inquiétés par les doutes humains.
Oh, et finalement tout cela n'était qu'un prétexte ! Je n'en pouvais plus de l'existence, telle qu'elle se présentait, et j'étais prêt à tout pour la renverser ! Tout, vous dis-je. Je ne pouvais plus espérer de bouleversement heureux ? Soit ! Il ne restait donc qu'une alternative infâme ; me fallait-il tuer ou mourir pour être libéré du lourd fardeau de l'humanité ? Jamais mes pensées ne s'étaient laissées aspirer par de telles extrémités, et jamais les conséquences de mes actes ne m'avaient paru aussi insignifiantes. Je n'en pouvais plus, et il allait bien falloir que quelqu'un payât. C'était elle ou moi.
La question était tombée, à la fois cruciale et si peu importante. Était-elle, oui ou non, liée à Fran, et de ce fait, était-elle au courant de ce qui avait été préparé contre moi ? La réponse devait être immédiate, et très simple. Les conséquences, encore incertaines, mais désastreuses. Voyez comme j'en étais arrivé au point de croire fermement à mes conjectures les plus paranoïaques. Je peinais à croire, sans preuve aucune pourtant, que Floria puisse être innocente. Peut-être ne voulais-je pas de ce bonheur, impossible et non mérité. Peut-être voulais-je achever cette grande odyssée auto-destructrice que j'avais entreprise, des années plus tôt.

« Qu'est-ce que cela a à voir ?  L'important est de te soigner ! Où es-tu blessé ? » répondit-elle, en s'approchant.

Noir était le regard que je lui adressai. Pourquoi ? Pourquoi ne répondait-elle pas à ma question ? Qu'y avait-il de difficile à cela ? Je n'étais pourtant pas incompréhensible, malgré la blessure que Zephyr avait pris le soin de m'infliger à la bouche ! Il ne tenait qu'à cette réponse pour la sauver – pour nous sauver – mais non, elle persévérait à tourner autour du pot ! Voulait-elle ma mort ? Que savait-elle de ce qui était important ? Quant à ses petites questions idiotes, valait-il seulement la peine d'y répondre ?


Ça ne se voit pas ? rétorquai-je, ô combien brutal, en levant légèrement la main mutilée.

Énumérer les blessures, superficielles, graves et même morales eut été trop long et fastidieux. Et je m'en moquais, comme de la dernière quenouille du malade qui m'avait torturé. Des quenouilles. Ah, ah ! Voilà que je pensais à des quenouilles au beau milieu d'une scène qui aurait dû être dramatique. Mais n'était-ce pas le signe que tout cela était ô combien insensé et grotesque ? Les choses se bousculaient avec tant d'empressement et de malheur que j'en venais à les trouver comiques. L'expression inquiète de Tosca l'aurait été tout autant – comique – si elle ne m'inspirait pas cette inexplicable haine. Peut-être avais-je ouvert les yeux, finalement... Peut-être percevais-je enfin les ressemblances troublantes entre Floria et sa mère...

« Elle est ma mère. Je le sais depuis peu. Mais je ne l'ai quasiment jamais connue. Je la méprise et la déteste, je me fiche complètement d'elle ! Pourquoi diable me demandes-tu ça ? »

Une onde me brouillait l'esprit, aussi sûrement qu'un appareil de bas étage. Elle avait beaucoup parlé, à en témoigner par la façon dont ses lèvres avaient remué, et cependant, je n'avais rien compris, à moins que je n'eusse rien voulu entendre. A vrai dire, je m'en moquais. Rien n'avait d'importance, ni le fond de ses propos, ni le fait qu'ils puissent être vrais ou non. Elle était la fille de Fran. Tout s'éclairait, et rendait les enchevêtrements plus tortueux et tortionnaires encore. Elle était la belle fille de Stannis, elle avait forcément offert ce couteau à Zephyr et je voyais difficilement comment elle pouvait être étrangère au misérable sort auquel j’avais été réduit. Quelle merveilleuse comédienne elle faisait ! Mais j'aurais dû m'en douter ! Ne l'avais-je pas connue sur une scène ? Elle avait toujours joué un rôle. Elle n'avait jamais été franche auprès de moi ! C'était forcé ! Quand je vous disais que tout cela était d'une absurdité et d'un comique saisissants ! D'ailleurs, c'était là la seule façon que j'avais trouvé de réagir ; un rire parfaitement dénué d'humanité ou de joie, mais un rire toutefois. Un rire de fantôme, qui se savait perdu, mais qui entraînerait au moins une vivante dans son sillage.


Elle est ta mère ? Elle est ta mère, répétai-je, en regagnant un sérieux relatif, puisqu'imprégné d'amère folie. Le jeu a-t-il été à votre goût ? La victoire revenait-elle à celle qui ferait la plus belle catin ? demandai-je, incapable de raisonner, en l'attrapant sans ménagement par les bras.

C'était impossible que notre rencontre fût le fruit du hasard ! Je n'y croyais pas. Une fois encore, la fatalité avait utilisé son meilleur instrument, Fran, pour me détruire mathématiquement. Et sa fille, qui lui ressemblait tellement – comment avais-je pu être si aveugle – n'avait que contribué à rendre le jeu plus cruel ! Tout cela ne pouvait être que prémédité, mais je ne me laisserais pas faire, cette fois-ci, quand bien même il me fallait courir à ma perte. Les pensées se bousculaient, confuses, dans mon esprit en délire, et les déductions les plus folles et stupides surgissaient. J'étais bien sûr incapable de me ressaisir, ce qui ne faisait qu'accentuer ma colère ; elle n'était après tout que le fruit d'une longue accumulation de déceptions et de tortures.


Eh bien, maintenant que le rideau est tombé, qu'attends-tu pour laisser choir le masque et les étoffes ! J'attends ! Une fille de catin se doit d'agir comme telle, je suis paré ! ajoutai-je, en la secouant quelque peu, tout en dénudant largement son épaule droite.

Comment avait-elle pu si longuement se refuser à moi, alors qu'elle était la fille de Fran ?! Quoiqu'en fait, cela était logique... Elles voulaient me rendre fou... Elles se concentraient là-dessus depuis des années, et vous savez quoi ? Elles y étaient finalement arrivées.


Cette femme m'a tué ! Et c'est ça, le seul renfort qu'on m'envoie ? ajoutai-je, tout à coup plus désespéré et perdu, quoique je regardai Tosca avec mépris. Sa fille ? Sa bâtarde ! Son pâle reflet ? Pourquoi ? lui demandai-je, de plus en plus violent, en la traînant vers sa maison.

Le délire n'avait point fini de m'emporter, pour m'égarer à jamais. Mes pensées prenaient plusieurs directions à la fois, ce qui ne m'empêchait pas de les formuler. Et je les écoutai plus que toutes les supplications qu'aurait pu faire Floria. Elle n'était que l'incarnation de l'injustice qui s'était acharnée sur moi, pour faire de ma vie un enfer, et je ne voyais pas pourquoi je l'aurais épargnée.


Il est temps d'en finir, dis-je, plus déterminé. Tu comprends bien ce que je veux dire, tu as ça dans le sang après tout. Tu entends ? demandai-je, comme étranger à moi-même, en continuant de la tirer vers chez elle, ses vêtements malmenés. Tu croyais te jouer de moi, mais j'en ai assez. Comment aurais-je pu t'aimer ? Je n'étais pas plus franc et désintéressé que toi ! Il est maintenant temps pour toi de te montrer utile.

A peines ces fatales paroles eurent-elles été prononcées, que je la pressai contre moi, en posant un baiser, pareil à un fer rouge, sur ses lèvres apeurées. Mes mains glissaient sous ses vêtements, malgré toute la résistance qu'elle était capable de démontrer. Baise-moi, folle ! La tombe ou mon lit.

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MessageSujet: Re: [CLOS] «  Questo è il bacio di Tosca » [Floria] Sam 05 Avr 2014, 21:57


« Oh elle aura un profond cœur noir, malgré la clarté de sa beauté ;
Sombre et profond, comme pris sous l’ombre de sa chevelure,
Car dans ses cheveux vit un esprit qui ne se vêt que de blanc
Et dans le paradis sans espoir de son baiser, l’enfer. »

Ils n'étaient au final que deux êtres qui s'étaient trouvés au moment où ils en avaient peut-être le plus besoin, et qui n'allaient se séparer que parce qu'aller plus loin, aurait été une déchirure totale. Que nul ne doute que contrairement à Rafael, Tosca l'aimait, très sincèrement et très sensiblement, à la manière qui avait toujours été la sienne ; une manière certes parfois possessive et jalouse, mais ce n'était pas après plus de cinq cents ans qu'elle allait changer son caractère. Si en ce moment précis elle était dans une période de doutes plus que glissante, le point sûr, le plus proche d'elle, était son amant du moment, et ce en dépit du fait qu'ils n'avaient pas assez vécu en tant que couple. Car après tout, Tosca n'avait jamais rencontré, à certains égards, un miroir aussi parfait d'elle-même. Les émotions de ces deux êtres pouvaient être tout aussi extrêmes pour l'une que pour l'autre ; faire preuve d'autant de bonté, peut-être, que de colère vengeresse. Il ne fallait donc pas sous-estimer de quoi ils étaient capables, aussi bien envers les autres, qu'envers eux-mêmes.

Peut-être était-elle folle, peut-être était-elle trop vraie ; peut-être que comme tous les êtres de son espèce elle ressentait trop de choses purement, et avait un cœur trop grand, pour savoir complètement gérer de telles myriades de sentiments, entre la colère presque haineuse ressentie envers ses parents – quels qu'ils soient ! - et l'inquiétude anxieuse pour Rafael qui pouvait par moments en devenir maladive. Tosca ne connaissait aucun équilibre, intérieurement, au final ; elle voguait seulement d'une extrémité à l'autre, pendant que le seul milieu qu'elle avait parfois, n'était dû qu'aux longues années de pratiques d'un masque sur scène, et le masque d'une femme orgueilleuse, d'une prima donna. Cherchait-elle une ancre, c'était possible ; mais ce ne serait pas Rafael qui le serait. Ils se ressemblaient trop pour s'aider l'un l'autre ; il n'y avait rien de plus terrible au monde que deux anciens amants souhaitant autant se détruire, qu'ils s'étaient faits de bien. Encore que tout cela était purement relatif et à un sens, puisque Rafael ne s'était jamais vraiment senti prêt à aimer Floria. Il apprendrait à le regretter. Et pourtant, Dieu savait que s'il l'avait fallu, si Floria avait été sûre que ces sentiments d'amour étaient réciproques – ou peut-être n'en avait-elle même pas besoin – elle n'aurait pas hésité à s'enfoncer pour lui.

Car son inquiétude et son angoisse pour lui étaient sincères ; et même s'il restait sombre et silencieux, ne répondant pas à ses questions et esquivant ses tentatives d'aide, elle était loin de se douter du gouffre qui régnait dans l'esprit de Rafael et la pensée même qu'il n'hésiterait pas à l'y entraîner, si besoin. Il était au bord de l'abîme, d'un point où l'esprit se trouble et se fige tant, qu'il paraît tout à fait prêt à basculer dans la folie, autrement et infiniment plus apaisante que les doutes qui réveillaient l'humanité en soi.
Pourquoi Fran ? Pourquoi toujours elle ? Comment cette femme avait-elle réussi à s'immiscer dans l'esprit de tant d'hommes, jusqu'à les rendre à moitié fous ou totalement inaccessibles aux autres ? Floria n'avait cure qu'elle était sa mère. Oh, elle savait bien pourtant, elle se souvenait des larmes de Guiren lors de sa confession, et elle ne doutait nullement de la douleur tant maternelle que féminine qui l'avaient hantée pendant des années ; mais elle ne parvenait ni à la comprendre, ni à la prendre vraiment en pitié. Pour elle, Fran était celle qui sauverait et détruirait Stannis tout à la fois ; elle était celle responsable de la déchéance de la droiture de Davos ; elle était cette Sorcière rouge indéfinissable qui avait aussi causé la tristesse d'Ao. Tout pesé et tout contrebalancé, elle voyait davantage le mal fait par Fran, que les doutes et dilemmes pourtant bien véritables de cette dernière. Est aveugle qui veut. Il était plus simple de continuer à haïr que d'apprendre à aimer et connaître. Rafael se faisait la même constatation en face d'elle, agité et troublé.
Mais comment aurait-elle pu se préoccuper de cela pour l'instant, elle qui ne voulait que le soigner et l'emmener à l'hôpital si besoin ? Elle qui ne se doutait pas d'à quel point l'esprit de Rafael était parvenu à une rupture paranoïaque ?

« Ça ne se voit pas ? » articula-t-il avec brutalité.

Elle ne put s'empêcher d'avoir un sursaut ; peut-être identifiait-elle trop bien cette blessure à celle de son père, et ses pensées la menèrent à Stannis. Il fallait donc que cet homme marque toutes les personnes qu'elle aimait ? Faisait-il cela peut-être comme punition après qu'elle ait appris la vérité ? Comment osait-il ? Son visage devint plus dur, et ses lèvres se serrèrent ; c'étaient sans doute cette soudaine fermeté dans ses traits, qui rappelaient enfin en face à Rafael, la ressemblance maternelle. Les mots que prononça Floria n'en furent que plus coléreux et francs, convaincue qu'elle était désormais que Stannis avait quelque chose à voir là-dedans. Le hasard n'existait pas à ce point !

Et cependant, malgré ses supplications, ses questions, Rafael n'y prenait en fin de compte aucune garde. Il se contentait de la fixer, après la réponse à sa question, comme si elle était une spectre ou un démon ; elle ne savait vers lequel des deux son regard penchait, mais il lui faisait froid dans le dos. Plus terrible encore, fut le fantôme de rire qu'il eut ; comme s'il ne restait plus rien de vivant en lui, en tout cas, plus rien qui ressemblait au Rafael qu'elle connaissait et qu'elle serrait dans ses bras. Ce rire avait un écho de sinistre et de perdition qui ne lui était pas inconnu ; elle recula de quelques pas, ce qui n'empêcha pas l'homme de se rapprocher.

« Elle est ta mère ? Elle est ta mère. Le jeu a-t-il été à votre goût ? La victoire revenait-elle à celle qui ferait la plus belle catin ? » interrogea-t-il comme un fou, en la saisissant.

Plus qu'un rouge qui lui montait aux joues, ce fut sans doute sa vision qui le devint ; mais cela passa. Ainsi elle avait en partie raison...peut-être que rien n'était de la faute de Stannis, mais de sa mère, oui. Elle n'avait devant elle que l'un de ces autres hommes qu'elle avait ensorcelés sur son passage, un de ces malheureux qui étaient fascinés par la lumière flamboyante qui émanait d'elle, et qu'elle avait rejetés pour diverses raisons. Et voilà que cela retombait sur Rafael...pire, sur elle. Fallait-il donc que la majorité des hommes qu'elle connaisse aient été envoûtés par cette femme ?! Et qu'elle paye pour cela ? La colère, bien qu'elle ne soit pas dirigée contre Rafael, commençait à monter en elle, et un profond sentiment d'injustice.

« Je n'ai jamais demandé à ce que Fran soit ma mère ! Je ne veux aucun lien avec elle, écoute-moi ! Je n'ai jamais voulu te manipuler comme elle ! »

Hélas, telles paroles, aussi véridiques soient-elles, auraient-elles pu arrêter la furie de Rafael ? Pas plus qu'une autre ; jamais, en vérité.

« Eh bien, maintenant que le rideau est tombé, qu'attends-tu pour laisser choir le masque et les étoffes ! J'attends ! Une fille de catin se doit d'agir comme telle, je suis paré ! »

Hélas, Rafael se doutait-il seulement de ce qu'il faisait, en la touchant et la dénudant ainsi ? Elle ne percevait plus qu'à moitié ses paroles, comme à travers une brume rouge qui venait lui déranger l'esprit pendant plusieurs secondes. Elle eut conscience de reculer, d'articuler des mots pour le repousser ou lui dire d'arrêter, sans réellement comprendre ce qui sortait de sa bouche. Les mots de Rafael ne faisaient que renforcer ce qu'elle pensait sur Fran, et cependant, elle n'en avait plus aucune cure à l'instant présent. Ce qu'elle ressentait peser sur sa tempe et son esprit, c'était un souvenir prégnant et plus vivace que jamais malgré les années et les répétitions de spectacles , c'était un cauchemar oppressant qu'elle n'avait jamais réussi à faire complètement disparaître. Dans l'ombre de Rafael il y avait celle de Scarpia, et au final, le même but, elle le comprenait maintenant. Comment avait-elle pu être aussi aveugle ? Pourquoi fallait-il qu'elle attire de nouveau le même genre d'hommes ? Qu'est-ce qu'elle avait bien pu faire ? Elle n'était pas le pâle reflet de Fran, elle se promettait de ne jamais l'être, de ne jamais être ce genre de femme. Et pourtant il fallait qu'elle les attire comme des papillons.
Elle recula de nouveau, tant bien que mal ; ils étaient cette fois passés du hall au salon, ce qui était ce qu'elle souhaitait, bien qu'elle sentait son esprit dériver de plus en plus dangereusement. Sa respiration était saccadée et son sang battait à ses tempes ; elle aurait sans doute fait un malaise s'il n'avait pas été à ce point important de rester consciente. C'était une pression écrasante, une impression d'étouffer et de ne plus pouvoir respirer, d'être étrangère à elle-même tout en ressentant trop bien ce qui se passait. Son dos finit par heurter brutalement la vitrine du salon et la briser en partie, et elle ne pouvait plus reculer pour essayer de lui échapper comme elle l'avait fait jusqu'à présent. Les supplications ne suffisaient pas, les mouvements pour se débattre non plus ; comme Rafael avait franchi le point de rupture, elle ne s'en approchait que trop de son propre côté, et son corps tremblait à la fois de terreur et de colère.

« Il est temps d'en finir. Tu comprends bien ce que je veux dire, tu as ça dans le sang après tout. Tu entends ? Tu croyais te jouer de moi, mais j'en ai assez. Comment aurais-je pu t'aimer ! Je n'étais pas plus franc et désintéressé que toi ! Il est maintenant temps pour toi de te montrer utile. »

Il lui sembla que sa tête tournait et que son sang rugissait de plus en plus dans les parois de sa peau ; l'adrénaline avait de ces effets étranges et cependant, elle restait complètement consciente de ce qu'elle faisait. Les mots qui auraient pu sortir de sa bouche, un je t'aime peut-être, inutile et vain, ne servaient à rien, pas plus qu'aucune autre protestation. Elle était incapable d'articuler un mot, oppressée comme elle l'était, prise par le baiser brûlant qu'il lui imposait, et blessée par ses mains qui froissaient sa peau en dépit de ses gesticulations. Son corps se tendait et se raidissait, et de la haine montait brutalement de ses entrailles, une angoisse folle, un désir désespéré de s'échapper, que l'horreur ne recommence plus jamais. Elle ne pourrait le supporter, elle ne savait ce qu'elle ferait si quelque chose d'aussi terrible et malsain se produisait de nouveau, mais elle savait qu'elle en deviendrait folle cette fois. C'était totalement viscéral et il était trop tard pour même essayer de se raisonner ou de l'empêcher. Que Rafael s'en soit rendu compte ou non, il avait franchi la seule limite qu'il ne fallait pas franchir avec Tosca, ou du moins celle-là en particulier parmi toutes les autres.

Les caresses insidieuses de Rafael la pressaient davantage, et elle sentait son esprit trop près de se rompre. Elle ne le supporterait plus jamais. Sa main erra au travers des éclats de la vitrine brisée, peu importaient les blessures qui pouvaient en résulter, et elle finit par trouver un des poignards qui y reposaient, n'importe lequel ; elle ne reconnut même pas à la forme du manche celui qu'elle prit. Elle le serra dans sa main à le briser, et le planta violemment dans la poitrine de Rafael. S'il eut un cri ou un grognement, elle ne l'entendit pas ; sa vue était obscurcie et sa vision assourdie par le battement du sang à ses oreilles. La lame eut le temps de remuer dans la blessure et de tourner avant qu'il ne finisse par s'effondrer contre le sol, et elle l'accompagna dans sa chute. Elle n'eut pas de rire, mais l'expression de son visage ne devait être guère plus humaine que celle qui avait régné sur les traits de Rafael, entre une joie sinistre et une expression de folie désespérée.

« Etouffe-toi dans ton sang ! Meurs ! Meurs enragé et désespéré comme la bête que tu es ! »

Qu'est-ce que c'était que cette victoire malsaine qui étirait ses lèvres en à peine un sourire reconnaissable ? Rien d'autre peut-être, que l'expression d'une vengeance assouvie, d'un meurtre enfin répété et non plus virtuel, de ce refus de se laisser détruire et tuer comme la dernière fois. La colère faisait trembler ses membres et il n'y avait plus une véritable once de raison en elle, le passé se mêlant au présent, l'enfer dans sa tête dévorant tout le reste.

« Meurs...meurs de la main d'une femme...toi je ne te pardonnerai pas ! »

Elle ne relâcha le manche du couteau que lorsque les yeux de Rafael se fermèrent, après qu'elle ait murmuré ces mots de vengeance près de sa tête. Alors seulement elle s'écarta, tremblante, les mains et les vêtements pleins de sang. Cependant elle n'en prit conscience que quelques minutes après, quand la vision du corps de Rafael, baignant presque dans le sang, sembla parvenir à son cerveau après plusieurs instants de contemplation. Seulement à cet instant, elle se rendit compte de l'état dans lequel elle était, de ce qu'elle avait fait ; et cependant aucune fibre de son corps ne semblait regretter tel geste. Elle se tordait les mains à force d'essayer d'essuyer l'éclat rouge qui les maculait ; son regard alla à l'étage, et peut-être songea-t-elle une brève seconde à sauter du haut d'une fenêtre. Mais il n'y avait nul amant à sauver, et plus personne n'était en danger à part elle ; elle avait l'esprit vide. Elle trouva un chiffon, dans une commode, pour essayer d'éponger tant bien que mal ses vêtements ; elle ne parvenait pas à cesser de trembler, et son regard hanté revenait sans cesse du côté du corps. Elle ne parvenait pas à croire qu'elle l'avait tué, elle ne parvenait pas à croire à une telle folie, et cependant, il suffisait de fermer les yeux pour que le contact vivace de ses mains se refasse toxique et écœurant, pour que ses regards redeviennent oppressants, ne serait-ce que dans le souvenir d'il y avait quelques instants. Elle se prit le visage entre ses mains, secouée et presque impuissante. C'était peut-être comme cela que tout devait finir. Ses pensées erraient et les souvenirs se mêlaient, et malgré cet acte, la colère lui tordait toujours le ventre, une colère sourde et vengeresse, qui lui semblait pour une fois en vouloir au monde entier ou tous ceux qui l'avaient trahi ces dernières semaines. Il y avait un égarement tel dans son esprit qu'elle se demanda si elle n'avait pas tout à fait perdu la raison, si le cœur n'avait pas fini par tuer l'âme.
Mais cette fois, elle reprit le poignard, effleurant à peine le corps de Rafael, sans aucun désir de lui pardonner même à cette extrémité ; et elle s'enfuit de sa maison, comme si cette fois, la fuite en avant pouvait arrêter la mécanique fatale des évènements, et le passé ne jamais se répéter.


Pourvu que Dieu existe, et qu'Il me damne.


_________________

   
This is the end.

Tonight the music seems so loud. I'm never gonna dance again, guilty feet have got no rhythm.
And waste a chance that I've been given, so I'm never gonna dance again

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MessageSujet: Re: [CLOS] «  Questo è il bacio di Tosca » [Floria] Lun 07 Avr 2014, 23:19

Je n'étais capable que de détruire mon entourage, pour provoquer plus sûrement ma propre perte. Cela, je n'en doutais plus, et si jusqu'à présent, les ruptures ne s'étaient pas montrées trop conséquentes, c'était bel et bien parce que toutes ces femmes étaient plus raisonnables que moi. Il ne pouvait en être de même face à un miroir. Comment avais-je pu ne pas y penser ? Je perdrais la raison si la personne que j'aimais me tournait le dos, et n'en parlons pas si elle m'attaquait. Cette folie ne pourrait être apaisée et me pousserait vers les pires extrémités. Hélas, en provoquant la femme qu'il ne fallait pas, je signai définitivement ma chute. Nous n'étions pas destinés à nous tirer, l'un, l'autre, vers le haut mais bien au contraire, à nous détruire mutuellement. Le dernier acte avait commencé dès l'enlèvement de Zephyr ; et désormais, nous étions confrontés au grand final tragique. Les traites y subsistaient rarement...
Nos cœurs étaient trop grands. Ils s'imprégnaient de la moindre émotion, bonne au mauvaise, et la transformait en vague déferlante et impossible à contrôler. Peut-être aurions-nous pu faire le bien, si nous avions été heureux, mais face à tant d'épreuves et de déceptions, nous étions devenus l'ombre de nous-mêmes... Des êtres d'apparence froide, suspicieuse, capable d'aimer, mais aussi de haïr. Capables de violer et de tuer. Étions-nous responsables puisque c'était la société qui nous avait faits ainsi ? La fatalité, qu'elle fût incarnée en Scarpia ou en Fran avait bien fait son travail. Dieu nous pardonnerait-il d'être devenus bourreaux, parce que nous avions été martyrs ? Hélas... Je craignais qu'Il se fût lassé de nous, tandis qu'une autre entité, moqueuse, flamboyante, se frottait les deux mains l'une contre l'autre. Nous étions devenus à son image, après tout ; car je ne doutai pas que Tosca s'était jouée de moi, aussi vrai qu'ils avaient fini de tuer tout espoir ou bonté en moi.
J'aurais dû prédire cette fin, dès la première nuit, pourtant. Pourquoi une femme aussi sublime se serait-elle tournée vers moi ? Pourquoi avais-je été si touché par sa beauté, moi qui souhaitais me tenir éloigné des femmes ? Fran, elle avait les traits de Fran. Comment avais-je pu être aveugle au point de le nier ? Avec une mère semblable, et un père aussi douteux, tenace et destructeur, Tosca ne pouvait que causer ma perte... Mais serait-ce le cas sans même m'avoir permis un instant de bonheur ? Jamais. Elle avait beau hurler qu'elle était innocente, je ne l'écoutais pas... N'avait-elle pas dit, juste avant, qu'elle savait que Fran était sa mère, depuis peu ? Foutaises. On ne choisissait certes pas sa famille, mais de là à être orpheline de mère puis la voir apparaître comme par magie, au pire moment... La pilule était un peu trop grosse à avaler. J'aurais bien voulu, pourtant, qu'on m'annonçât un jour que mon père était tout autre, mais le moment était mal choisi pour digresser.
Mes sens engourdis par la colère et le désir la guettaient, comme le martyr qu'elle était. Sa peau, douce, pâle était parcourue de frissons sous mes gestes lascifs. Elle se débattait comme une furie, mais comment aurait-elle pu échapper aux griffes d'un désespéré ? Peut-être pensais-je inconsciemment à l'opéra crée par Tosca... Peut-être qu'une ombre se dessinait effectivement au dessus de moi, comme si un démon passé s'était emparé de moi à mon insu, pour m'inciter à la souiller.
Floria allait être mienne. Une bonne fois pour toutes. J'allais détruire, plutôt que d'être détruit. C'était là tout ce qui comptait.
Le progrès du désir n'avait d'égal que celui de la violence qui influençait nos mouvements. Elle reculait, se débattait, hurlait, mais qui aurait pu l'entendre dans cette maison isolée ? J'essayais de la calmer, de la délester de ses vêtements, et de l'aimer à la façon d'un damné. Nous étions arrivés dans le salon, sans même que je m'en rende compte. La vitrine se brisa sous notre poids mais cela m'importait peu. Nous parvenions à la fin. Je n'étais plus capable de percevoir autre chose que les battements retentissants de mon cœur, et le sang qui semblait battre mes veines et mes tempes. Mes mains et mes lèvres voguaient sur sa peau brûlante, et j'étais parfaitement insensible à ses menaces et ses supplications, pas plus qu'au sinistre silence qui venait de s'abattre au dessus de nous. Nos deux corps étaient pressés l'un contre l'autre, tel un flambeau qui dévorait plus sûrement sa chair que la mienne, et je savais que ce final serait à la fois sublime et funeste. Après le franchissement d'un point de non-retour, il lui faudrait forcément mou...
Les battements se calmèrent brusquement, tétanisés par l'impact violent qui venait de me lacérer le torse.
Je reculai d'un pas, avant de basculer en arrière, non sans l'impression que le feu que j'avais attisé venait de se retourner contre moi, de pénétrer en moi, pour me détruire de l'intérieur. La douleur était si intenable quand je soulevai doucement la poitrine pour respirer, que je ne doutai pas qu'elle avait visé juste. Si ce cœur trop ardent n'avait pas été touché ; la mort n'était assurément pas loin, pour autant. Ma vision se troublait déjà tandis que Floria se relevait. Je sentais un liquide chaud se dégager lentement de la plaie, encore contenu par la lame. Il me semblait que tout était rouge, mais que la nuit ne tarderait point à m'engloutir tout à fait. La seule pensée qui me venait à l'esprit était de demander « à l'aide », mais qui serait venu ici, comme je l'avais si justement remarqué, plus tôt ? Elle criait peut-être, mais tout parvenait à moi comme un écho... Comme si je me détachai d'ores-et-déjà de l'enveloppe terrestre. J'avais essayé de me redresser, au début, mais la douleur m'avait empalé et cloué sur place, amère, déchirante, féroce, indescriptible. Et désormais, il ne me semblait plus que percevoir un sourire large – rouge – sur la figure floue de la femme qui me faisait face. Le sourire s'effaça, laissant derrière lui une traînée de sang, un visage blanc et mortuaire. Les hallucinations macabres et les cauchemars ensanglantés commençaient déjà à me hanter.
Quelques minutes ou bien une éternité plus tard, la silhouette revint près de moi, et retira la lame, avant de m'abandonner à une mort certaine. Je restai sur le sol, tandis que le sang s'échappait, sans remords, de la déchirure qu'elle avait ouverte. Il me semblait que le froid m'enveloppait de son gant cruel, au fur et à mesure que je sentais le sang couler autour de moi. N'aurais-je pas dû mourir sur le coup, ou depuis un moment ? Qu'est-ce qui ralentissait mon agonie, mais me maintenait néanmoins en vie ? J'étais, sur le moment, incapable de le deviner. La porte s'ouvrit une fois de plus, et je me demandai si elle ne venait pas s'assurer qu'elle avait fini son travail. Mais mes yeux se fermèrent sur une silhouette très différente...

« Rayon du paradis tombé dans mon enfer. »



FIN

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