XMH : The After Years
 
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[CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda

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Identité : Davos Tosca
Dons : Régénération - Cryokinésie - Hydrokinésie - Thermokinésie

MessageSujet: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Ven 18 Avr 2014, 01:36



L'état de Rafael s'était un peu près stabilisé. Mais cela était bien précaire et pâle, aux yeux de Davos. Il n'était pas médecin, même s'il avait déjà soigné des hommes sur ses navires et au cours du temps ; jamais cependant il n'avait eu de connaissance plus approfondie. C'était déjà une chance que l'état de Rafael ne se soit pas empiré, même si en attendant il n'allait pas mieux. Or, reste sur une ligne instable n'était pas ce qu'il lui fallait pour guérir. Davos avait déjà évoqué l'idée, devant lui, de l'emmener à l'hôpital, ou de faire venir quelqu'un d'extérieur et de professionnel. Mais Rafael avait soigneusement rejeté toute proposition, disant qu'il préférait encore partir et mouri, que de mettre les pieds dans un hôpital, ou appeler qui que ce soit. Preuve certes, de la solitude profonde cet homme, ou du fait qu'il s'était attiré beaucoup trop d'ennemis pour espérer que parmi eux s'en trouva un disposé à l'aider ne serait-ce qu'un instant.

Davos avait donc retourné la situation en tous sens pendant plusieurs jours, l'observant alterner les moments de stabilité et où son état semblait dégringoler de nouveau, lui offrant une pâleur saisissante ; c'était plus que son cœur ne pouvait supporter. Il avait fini par proposer, et lui faire accepter après plusieurs discussions, qu'il appelle Sveda, qui serait mieux placée que lui pour aider Rafael, même si cela n'était qu'une fois. Il avait dû jurer qu'il se portait complètement garant de la mutante, que c'était une très vieille amie de confiance qui ne le dénoncerait à personne, ni ne parlerait de...

Enfin, si Sveda savait déjà que Davos était...attiré par un homme, elle ne savait cependant pas qui il était ni à quoi il ressemblerait. Ce serait une rencontre après uniquement les ouï-dires. Et elle savait cependant, à quel point Davos s'était tourmenté pour ces sentiments dont il ne savait que faire, et qu'il n'était même pas certain de voir rendus un jour. Il ne pensait pas tellement à ces choses-là alors que la vie de Rafael était encore trop en danger.

Il lui avait donc demandé de venir, en lui disant qu'elle risquait de devoir soigner quelqu'un de gravement blessé au-dessus du cœur, par une blessure de poignard, et que cet homme était bien le Rafael dont ils avaient parlé récemment. Qu'elle ne devrait pas conséquent en parler à personne et garder le silence, et...ne pas parler de cette relation quelle qu'elle puisse être. Il avait la plus grande confiance en elle, malgré les doutes de Rafael, mais il ne pouvait s'empêcher d'être anxieux. Il fallait la plus grande discrétion. La chambre d'amis était meublé simplement, neutre sans oublier d'être un peu chaleureuse, et cela faisait plusieurs jours que Rafael y logeait désormais. Sveda avait sans doute d'ailleurs déjà dormi dans cette chambre, lors des visites qu'elle rendait à Davos de temps à autre.

Pour le reste, la balle était dans le camp de Sveda, désormais. Assis près de Rafael, sur la chaise où il avait déjà passé quelques nuits de veille, il attendait anxieusement – sans doute autant que le blessé – le coup de sonnette qui retentirait...


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Ce n'est sûrement pas de briller qui nous empêchera de tomber,
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Identité : Diane Geyer
Dons : Maîtrise du sable / Contrôle du sommeil / Modification du groupe sanguin

MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Ven 18 Avr 2014, 11:31


    Un hôpital n’ai jamais totalement déserté. Le personnel d'astreindre est là pour assurer un service continu. Les chirurgiens opèrent parfois à des heures inhabituelles. Madame Kent venait d'achever une transplantation cardiaque avec briau. Elle buvait tranquillement un thé dans la salle de repos de l’étage lorsque son cellulaire sonna une première fois.

    " Ça a été ? “

    " Oui. On attend de voir s’il y a un rejet. Mais le donneur était sain… Je suis plutôt confiante. “

    " Dans ce cas, on peut reprendre où on en était. “

    " Nous en étions nulle part. Tu ne me fera pas changer d’avis Elias. Occupes-toi plutôt de ta compagne. “

    Le ton était légèrement plus sec, que quelques plus tôt, quand ils avaient tous les deux débuté cette discussion. Hélianthème était quelque peu lasse que tout à chacun, remette perpétuellement son bon sens en question au sujet d'Abaslon. Ce qui, étant donné le nombre, peut se comprendre ...

    " Tu sais comment est Axel. Il ne t'envoies pas là bas par hasard bon sang. “

    " Vous vous êtes concertés avec Davos pour me contrarier ? “

    " Tu n’as pas assez de Wang dans les rangs des sociopathes à servir ? “

    Attaque de front, mesquine, pour toute personne extérieure aux conflits familiaux non résolus. Inrésolevables.

    " Elias ça suffit. “



    " Ces deux situations ne sont pas comparables. Il faut que je sache qui s’en ait prit à moi et agir en conséquence. Il n’y a pas de mal à ce que ça aide ton père par la même occasion.“

    " Il se sert de toi. “

    " Je le sais.“

    " Pourquoi le fais-tu alors ?“

    La tension était perceptible chez le fils, tout comme chez sa mère. Ils étaient tous les deux opiniâtres et obstinés. Tous les deux désireux de convaincre l'autre. Mais il y a toujours eu des égalités dans ces combats intimes.

    " Parce qu’en tout mal ressort du bien. “

    " Je n’arrives pas à croire que tu peux encore me sortir des trucs pareils. Quel bien as-tu retiré de Berlin ? “

    " Tu m’agaces. On se rappelle dans quelques jours. “


    La raideur dans la main de Sveda n’eu pas le temps de disparaître qu’un deuxième appel débuta. Il fût encore plus court et plus intense.

    " Je suis là dans 20 minutes. “

    A peine eu-t-elle coupé la conversation qu’un mauvais pressentiment déclencha un frisson le long de son épine dorsale. Elle lâcha sa tasse dont le contenu était presque froid, puis, fit glisser son fauteuil sur le sol jusqu’au porte manteau où elle attrapa son foulard.

    Quatre minutes plus tard le moteur de la voiture était en marche et une vitesse enclenchée. Dehors, la pluie tombait rude frappant le par-brise avec violence. Était-ce de précoces giboulées ? Hélianthème n’aimait pas conduire. Elle aimait encore moins conduire sous une météo défavorable. La faute à l’un de ses vieux traumatisme, très certainement.. J’aurai peine moi-même à vous redonner la date de l’événement. Il suffirait de vérifier dans ses carnets. Il me semble que c’était aux alentours de 1986 ou 87. Je ne sais plus. Néanmoins, il est vrai, que son cher destrier l’aurait amené plus rapidement à bon port. Malheureusement, les écuries lui avaient refusé l’achat de Curious.

    Elle se gara dans une rue adjacente, et fit les derniers mètres à pieds, la trousse de secours en parapluie de fortune au-dessus de sa tête. Les flaques d’eau formées sur le sol reflétaient les éclats dorés de ses bijoux. On aurait dit, une image d’Edgar Poe, perdue à la frontière du fantastique et du romantisme. La fin de l’hiver lui allait bien. Ou bien était-ce le rôle de la sauveuse ? Hélianthème se pressait souvent au chevet des blessées clandestins. Tel le doux Camille de Lellis, canonisé, devenu saint Patron des Infirmiers, un inspirateurs pour toutes les âmes bienfaitrices.

    Un jour peut-être vous dirais-je qu’elle patronne notre héroïne a été en son temps. Mais pour l’heure place aux garçons.

    Davos avait, fort heureusement anticipé l’arrivée de son amie, et entrouvert la porte d’entrée de sa demeure. Tout y était semblable au souvenir de celle-ci. Il ne remontait d’ailleurs pas, à plus de quelques jours, puisqu’elle avait dormi chez lui la semaine précédente. Depuis qu’ils s’étaient retrouvés, selon les mois, les deux mutants en étaient presque à faire une collocation par intermittence. Si Alec Lannister n’était pas réapparu, je vous pari une fortune, que madame Kent aurait donné son préavis depuis des semaines déjà. Mais, les choses sont bien comme elles sont.

    " Davos ? Je suis là. “

    Débarrassée du plus encombrant, Sveda débarqua énergiquement dans le salon, les cheveux collés au crâne et la peau humide. N’ayant pas prit le temps de se changer, elle portait encore le pantalon en toile blanc et la chemise rouge aux manches trois quart de sa journée de travail. Voyant que personne ne se trouvait dans la pièce elle se dirigea d’elle-même vers la chambre d’ami. Quand ses yeux rencontrèrent ceux du marin, elle sut que son intuition était la bonne, concernant le mystérieux blessé.

    Dés cet instant, la belle enferma toutes ses questions dans un coin de sa tête, et décida de se concentrer sur ce pour quoi elle avait été appelée à l’aide. Elle adressa un sourire de soutien à son vieil ami avant de s'intéresser uniquement à l’homme allongé sur le lit.

    " Bonsoir. Je m’appelle Sveda. Je suis une amie de Davos. Je suis médecin. Sachez que rien de ce qui se déroulera ici, ne sera dévoilé. Vous avez tous les deux ma parole. L’essentiel c’est de vous mettre hors de danger. Pour y parvenir il va falloir que je pose quelques questions. Tout ce qui m’importe c’est de vous aider peut importe ce qui s’est passé. Je ne vous connais pas et je ne vous jugerai pas. Alors, s’il vous plait, ne me dissimulez rien. C’est dans votre seul intérêt. ( Hélianthème avança, déposa sa sacoche sur le bord du lit, l’entrouvrit, pour en sortir une solution désinfectante.) A quand remonte la blessure exactement ?“

    Une fois ses mains stérilisées, elle n’avait plus qu’à faire ce pour quoi, elle était douée, soigner les autres. L’expérience lui procurait le calme et la patience nécessaire aux médecins. Ceux-ci se ressentaient dans ces gestes, dont la précision et la délicatesse, s’étaient accentués au fur et à mesure du temps. Cependant, cette attitude bienveillante était avant tout une continuité de son aimable caractère. De quoi rassurer à peu près n’importe qui. N’est-ce pas ?

    " Il va falloir que j’examine la plaie, d’accord ? “

    La démarche, n’était pas une simple marque de politesse, mais un véritable dialogue avec le patient. Sveda ne s’octroyait aucun droit d’agir sans un accord préalable. Elle exerçait dans un total respect de l’individu et de ses désirs. C’était uniquement dans ces conditions que pouvait s’instaurer une confiance mutuelle. Celle qui permettait de faire correctement des soins. Ses yeux bleus examinaient les traits livides de Rafael avec une sorte de tendresse instinctive. La faute à ce grand cœur enjoué de pouvoir enfin croiser celui qui éveillait des sentiments chez Davos.

    " Davos, si tu allais me chercher de l’eau chaude ? “

    L’urgence ne privait pas notre mutante de sa finesse. Elle avait souvent été en face des personnes qui, même à l’article de la mort, refusaient que le récit de leur malheur soit entendu par un autre. Sans être le curé ou la nonne, elle écoutait, hors de tout jugement, les confessions des agonisants.

    Baldiwn pourrait saisir l’opportunité au vol si t’en ai qu’il en ait le courage.


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Identité : Rafael Baldwin
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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Sam 19 Avr 2014, 22:21


De toute évidence, mon étonnant hôte avait plus d'une connaissance dans l'art de la médecine. Il n'était cependant en rien docteur, aussi vrai qu'il ne possédait point le matériel et les produits véritablement requis. Il était si surprenant que la mal se stabilisât, que je pensais quelques fois à Arlathan – lequel j'avais cependant quitté sans regret – mais je me figurais aussi que le souffle de la vie me faisait peut-être remontrer la pente, uniquement pour que la chute soit plus brutale et fatale. Le mal était apaisé, stabilisé, cependant, il survenait des moments où il réapparaissait avec plus d'élan encore, et où il s'avérait donc insoutenable. Davos profitait de ces instants pour me proposer d'autres alternatives, que je refusais obstinément. Qui aurait pu m'aider ? Mieux valait laisser le mal l'emporter, plutôt que de souffrir des retrouvailles avec des amis qui n'en étaient pas, et dont j'étais prisonnier depuis trop longtemps. Je n'avais plus de famille, du moins, à mes yeux ; quant à l'hôpital, c'était simplement trop dangereux, puisque je n'étais pas le plus irréprochable des hommes, et que les rumeurs y seraient forcément ébruitées. S'agissait-il des seules raisons qui me poussaient à demeurer ici ? Je n'en savais rien. Quoiqu'il en soit, j'avais fini par accepter de rencontrer l'une de ses amies, médecin, et visiblement très proche, étant donné la façon dont il en parlait. Il m'arrivait de songer sombrement qu'il en était amoureux. La solitude était donc un fléau qui ne s'abattait que sur moi seul.
Si je n'étais pas particulièrement enchanté à l'idée de rencontrer cette femme – jamais une seule femme ne m'avait fait du bien – je ne regrettai cependant pas mon choix. Lorsque mon état basculait, la douleur n'en devenait que trop saisissante et alarmante. J'avais beau me figurer que j'avais tout perdu, et que plus rien ne me rattachait à cette vie, je ne pouvais cependant accepter l'idée de la mort. Je reculais devant elle, comme je l'avais toujours fait, par peur, certes, mais aussi et surtout par hargne. Pourquoi n'aurais-je jamais droit à un bonheur qui se présentait à certains, sans qu'ils l'eussent mérité ? Quoiqu'il en soit, Davos s'était montré convaincant. Il éprouvait décidément une profonde estime pour cette femme, dont il louait les vertus, et surtout la discrétion. A vrai dire, je me demandai parfois pour quelle raison il tenait tellement à ce que cette Sveda demeurât discrète. Je ne voulais pas que quiconque puisse me retrouver ici, ou railler ce qu'il m'était arrivé, certes, mais les insistances démontraient qu'il avait, lui aussi, beaucoup à cacher. Je supposais qu'il n'était pas dans son intérêt que les Initiés, nommément Fran et Floria, comprissent qu'il cachait un suppôt des Ombres, et lui apportait tous les soins qu'il pouvait. Je me demandai également pourquoi il paraissait si coupé du monde, lui qui devrait pourtant lutter auprès de Lannister. Néanmoins, je m’efforçai de ne pas entrer dans des conversations trop intimes avec cet homme, dont j'ignorai presque tout. Il y avait un malaise entre nous deux, bien que je ne savais pas comment le définir, ni l'expliquer. De toute évidence, il m'avait pardonné mes torts et se coupait en quatre, pour me permettre de guérir. Et malgré tout, je ne parvenais pas à être à l'aise avec lui, à lui faire confiance. Il y avait trop de non-dits, après tout.
Il ignorait encore ce que j'avais fait subir à Floria, pour la mettre dans un tel état de colère, et j'ignorai quelle serait sa réaction... Il se débarrasserait de moi, sans doute. Jamais ma honte et ma culpabilité n'avaient été aussi grandes, ce qui redoublait sans doute la tension. Ainsi donc, les silences n'étaient pas rares entres nous deux, et nous osions à peine nous regarder. L'attente de l'arrivée de Sveda était particulièrement oppressante, puisqu'elle allait donner un véritable diagnostic. Mon regard s'attardait sur la pluie qui tombait dru, par delà la fenêtre. Je pensai, non sans tristesse, que ce temps n'était que l'image de ce que me réservait l'avenir. Le fait était que, malgré tout ce qui m'était arrivé, je n'avais jamais eu à ce point l'impression de flirter avec le bord du précipice, ou de toucher le fond. Comment pouvais-je m'accrocher à quoique ce soit, ou croire en l'avenir ?
Et finalement, elle arriva.
J'observai sa silhouette, encore drapée de l'uniforme de travail, lui-même dégoulinant d'eau. De toute évidence, elle avait fait aussi vite que possible. J'étais surtout marqué par sa prestance, pour ne pas dire sa beauté, qui aurait pu éblouir l'homme le plus aveugle. Je ne regardai plus du tout Davos, me demandant comment un homme tel que lui avait pu s'attirer les faveurs d'une femme ainsi faite. Elle était tout aussi douce qu'elle ne le paraissait, au vu de ses regards, ou de son attitude en général. Je ne parvenais quoiqu'il en soit pas à esquisser le moindre sourire. Elle s'approcha et sortit le nécessaire, tout en prenant la parole, de façon professionnelle. Je la saluai d'un signe de tête, tandis qu'elle se présentait, notant qu'elle ne me demandait pas d'en faire de même. Davos lui avait certainement dit tout ce qu'il savait...

« Sachez que rien de ce qui se déroulera ici, ne sera dévoilé. Vous avez tous les deux ma parole. L’essentiel c’est de vous mettre hors de danger. Pour y parvenir il va falloir que je pose quelques questions. Tout ce qui m’importe c’est de vous aider peut importe ce qui s’est passé. Je ne vous connais pas et je ne vous jugerai pas. Alors, s’il vous plait, ne me dissimulez rien. C’est dans votre seul intérêt. A quand remonte la blessure exactement ? »

Je tentai d'assimiler tout ce qu'elle venait de dire, songeant que ce n'était là que le pacte habituel entre le médecin et son patient, si l'on omettait le fait que cette relation était, en l'occurrence, clandestine. Je ne pouvais m'empêcher de me répéter qu'elle devait décidément beaucoup aimer Davos, pour prendre toute cette peine, et ces risques. Elle désirait donc que je me montre franc, avec elle. Mon malaise ne pouvait qu'en redoubler. Et pourtant, je leur devais bien cela...


Cela fait six jour, répondis-je donc, de façon certes concise. Et comme vous le voyez, il n'est pas seulement question d'un coup de poignard.

Si la blessure au dessus du cœur était la plus visible, les traces des sévices provoqués par Zephyr n'étaient pas discrètes non plus. Il m'avait quelque peu rudoyé, et pis encore, il m'avait privé de deux doigts, cicatrisant cela comme un barbare, avant de m'abandonner dans la nature. Après quoi, j'avais eu l'excellente idée d'aller voir Tosca avec son couteau, comme si mon inconscient m'avait soufflé que je n'avais pas assez souffert, ni tenté la mort. Il restait aussi quelques marques ici et là, souvenirs de vieilles altercations ou d'auto-flagellations, mais tout ceci n'était que de l'histoire ancienne.

« Il va falloir que j’examine la plaie, d’accord ? » ajouta-t-elle.

Quelque chose dans son regard me déstabilisa. Pourquoi Diable se montrait-elle si affectueuse et attentionnée alors que nous ne nous connaissions pas ? Des patients, elle devait en voir des dizaines et des dizaines par semaine. Peut-être était-elle simplement un excellent médecin, qui avait réussi à ne pas se lasser de la souffrance humaine, mais bon.
Je lui donnai donc mon accord, avant qu'elle ne suggère à Davos d'aller chercher de l'eau chaude. Je n'étais pas aveugle au point de ne pas comprendre qu'elle m'invitait à tout lui raconter, en toute intimité. Peut-être ne se préoccupait-elle que de ce qui était matériel, et peut-être Davos ne s'éloignerait-il pas assez, mais qu'importe ; les aveux qui me pesaient sur le cœur devenaient trop lourds, aussi je décidai de tout lui dire ; austère, coupable, sans véritablement la regarder.


Les premières blessures remontent à quelques heures avant le coup de poignard. J'ai été enlevé et enfermé par l'un des hommes de Stannis Lannister, ou plutôt de sa femme. Soit qu'ils se préoccupaient de mes liens avec les habitants du Manoir Spencer, autant dire les Ombres, soit qu'ils se sont lassés de la passion que j'éprouvais pour elle, ils ont décidé d'essayer d'en finir avec moi. Leur tortionnaire, dont j'ignore le nom, m'a donc consacré plus d'un mauvais moment, avant de les écorcher et de les couper, dis-je, en lui désignant le vide et les bandages qu'il y avait, en lieu et place de l'annuaire et l’auriculaire gauches.

Il m'a quoiqu'il en soit laissé la vie sauve, et je suis allé me réfugier chez Floria Tosca, avec laquelle je sortais, poursuivis-je, le récit devenant de plus en plus difficile. J'ai compris que le couteau qui m'avait mutilé lui appartenait, et elle a avoué être la fille de Fran... J'ai...

Fran avait eu un enfant avec Davos... Je marquai une pause, songeant que je n'étais décidément pas obligé de rentrer dans les détails ; mais qu'importe après tout, s'ils m'expulsaient, ce ne serait que justice.

J'ai fini par perdre la raison. J'ai essayé... J'ai essayé de la forcer à m'aimer, repris-je donc, ce qui était un bel euphémisme pour expliquer que j'avais tenté de la violer. … Elle s'est défendue, tout simplement... Elle a enfoncé le couteau au dessus du cœur, et ensuite Davos est venu me sortir de là, puis a appliqué les premiers soins.

Je m'accordai encore un instant de silence, avant de relever les yeux vers elle, blême, m'attendant à être jugé, quoiqu'elle ait pu dire.

Je ne sais pas si j'avais vraiment l'intention d'abuser d'elle, ou si je voulais simplement finir de tout détruire ; comme si je m'attendais à ce qu'elle finisse le travail, avouai-je, sans savoir pourquoi je lui confiai tout cela, alors que j'étais resté silencieux auprès de Davos. Vous êtes libre de le dire à Davos. Il a le droit de savoir... Vous êtes également libre de m'abandonner, conclus-je, sombrement.

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Identité : Davos Tosca
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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Mar 29 Avr 2014, 19:36



Il ne fallait pas croire, avec l'âme qu'il avait, que Davos ne sentait pas qu'il était dans une situation particulièrement délicate et ambiguë. En choisissant de sauver Rafael, il s'était détourné de Floria qui aurait pourtant eu également besoin de son aide, et ce n'était pas sans lui poser un problème de conscience. Cela signifiait que cet homme comptait autant, sinon plus, que sa fille. Cela signifiait que les sentiments développés jusqu'ici, ne tenaient plus de l'ombre du toute ou du vague rêve ; que cela venait à rencontrer la réalité. Bien entendu, il était également vrai que Davos aurait porté, de toute façon, son secours à quelqu'un qui en aurait eu besoin. Peut-être les choses auraient-elles été différentes s'il avait su dès le début la scène qui avait eu lieu dans la maison de sa fille. On pourrait s'interroger à loisir sur sa réaction, mais ce n'était pas véritablement le sujet, il fallait l'avouer. Les problèmes de conscience, il aurait tout le temps de les affronter plus tard, et encore. A cet instant, où Sveda arrivait, il n'imaginait pas que les choses puissent devenir encore plus compliquées.

Il s'efforçait de garder en vie et de soigner, du mieux qu'il pouvait, un homme fortement blessé, mutilé à son image, poignardé – il savait en partie par quelles souffrances il fallait en passer. Il souhaitait lui épargner le plus de mots possible, mais il avait conscience que la gravité de ces blessures, aussi relativement stables étaient-elles grâce à ses soins, dépassaient ses compétences et ce qu'il pouvait faire. C'était pourquoi il avait appelé Sveda. En Rafael il ne voyait pas qu'une ombre, la possibilité d'un futur, un fantasme peut-être tout au plus, mais également quelqu'un qui souffrait. Il aurait été difficile de dire et décrire par quels degrés ces pensées s'étaient faites. Il y avait les paroles de l'Ange, bien sûr, mais également les émotions qui s'étaient développées en lui à son insu, peu à peu, et qui s'enracinaient si profondément qu'il ne pouvait faire autre chose que de les voir grandir. Les repousser ou les refouler auraient été pires. Il n'était d'ailleurs pas homme à chercher le pourquoi de certaines émotions. Il se contentait de les accepter telles qu'elles étaient, et de les gérer au mieux.

C'était pourquoi il s'occupait de cet homme trop sombre pour bien d'autres, d'autant plus qu'il ignorait certains faits. Floria n'était peut-être pas sa fille mais au final, il avait une caractéristique commune qui les liait : il arrivait un moment où l'amour et le devoir luttaient tous deux de manière si étroitement mêlées, qu'en dépit des tempêtes sous le crâne que cela déclenchait, il était obligé d'en arriver à un compromis, et à faire des choix qu'il aurait repoussé à un autre moment.

Il se releva juste à temps pour accueillir Sveda, qui avait d'elle-même trouvé le chemin qu'il fallait. Il s'approcha pour l'étreindre brièvement, bien que ses vêtements soient trempés et gorgés de pluie ; voir son visage rayonnant et ses traits doux lui réchauffait indubitablement le cœur. Elle n'avait pas hésité à venir le voir ; pas hésité à venir l'aider ; cela comptait plus que jamais, quand bien même elle ne savait pas les trois quarts de tout ce qui avait pu se passer. Il lui sourit, avant de la laisser parler à Rafael, écoutant attentivement le va et vient des questions et des réponses, le front soucieux et le regard perçant. Il espérait que les manières de Sveda sauraient mettre le blessé à l'aise, et elle se préparait au final déjà à faire son travail – à le continuer. Il l'avait appelée pour sauver une autre vie, après tout.

Evidemment, Rafael ne se priva pas d'évoquer ses autres blessures, ce qu'il approuva d'un signe de tête. Il s'était occupé du plus urgent, et de ce qui était le plus douloureux – notamment la mutilation à la main qui, mal désinfectée, pourrait mener à une gangrène – mais il fallait faire davantage. Cela, il le laissait à la mutante – elle était bien plus douée que lui. Sveda se retourna d'ailleurs vers lui pour lui demander de l'eau chaude ; il acquiesça et sortit de la pièce, laissant Rafael libre de commencer sa confession.

L'eau coulant à la cuisine, dans une bassine, empêcha Davos d'entendre une bonne partie de ce discours. Cela était dommage et tant mieux à la fois, car en vérité, cela aurait permis de savoir comment aider Rafael ; mais cela aurait peut-être également fait changer Davos d'avis sur lui. Ils se tenaient à un jeu dangereux, à un équilibre où il ne savait quels savoirs il fallait mieux ignorer. Le dilemme déjà présent, ne serait que plus compliqué, quand il viendrait à savoir que non seulement Rafael faisait partie des Ombres, mais avait des liens tout particuliers avec Fran, et avait menacé Floria à ce point. Et ne parlons pas de ce que cela engendrait au niveau du devoir envers Stannis. Roméo et Juliette, c'était hyper simple à côté de la situation dans laquelle Seaworth allait tomber.

La bassine remplie au bout de quelques minutes, il revint, juste au moment où Rafael continuait à parler de Tosca. De toute manière, Sveda aurait-elle réellement le cœur à cacher toutes ces informations, vu leur degré de gravité ? C'était peu probable. Et cela le concernait tout autant. Il était impossible de commencer – ou continuer – une relation avec cet homme – quelle qu'elle soit – sans vérités.

Et le peu qu'il entendait était déjà terrible. Il n'avait pas besoin d'être idiot pour savoir qu'il parlait de Floria qu'il avait forcé à l'aimer. Qui l'avait alors poignardée, dans un réflexe de défense, et aussi dans une névrose sortie du passé. Les mains qui tenaient la bassine tremblèrent, et un peu d'eau tomba par terre. Il y eut quelques secondes de silence, et Rafael reprenait sa confession.

« Je ne sais pas si j'avais vraiment l'intention d'abuser d'elle, ou si je voulais finir de tout détruire ; comme si je m'attendais à ce qu'elle finisse le travail. Vous êtes libre de le dire à Davos. Il a le droit de savoir...Vous êtes également libre de m'abandonner. »

Le ton de Rafael baissa. Davos entra à cet instant, pâle comme la mort, et posa la bassine sur un endroit libre du lit, près de Sveda. Il ne lui jeta pas de coup d'oeil, mais se redressa et fixa Rafael longuement, avec une expression composée d'autant de culpabilité que de reproche ; de tristesse comme sans doute, d'une certaine colère. Ce regard dura en vérité près d'une minute, que lui comme Roxas sentirent certainement passer. Pauvre Sveda, qui était sous les feux croisés de ce pauvre diable qui ne pouvait sortir de l'enfer, et de ce faux ange qui était trop bas pour le ciel, et trop haut pour le purgatoire. A moins que les deux ne soient au final dans la même situation, ou qu'un inversement des rôles n'eut rien changé. Davos n'était pas aussi extrême que Rafael, cependant, il avait en lui des échos certains, et qu'il avait autant de mal à comprendre, qu'à complètement voir. Il était cependant sûr qu'ils étaient tous deux descendus assez bas pour se faire rejeter de tous ceux qu'ils aimaient.

« Floria...Floria est coléreuse, et extrême, » parvint-il à dire, les mots peinant à sortir de ses lèvres. « Mais je sais qu'elle doit s'en vouloir comme jamais, de ce coup, car elle vous aimait sincèrement et profondément. Ça ne signifie pas que je pardonne ce que vous avez voulu lui faire. Je ne pourrais pas. Mais sans impulsion de sa part, je doute qu'elle vous veuille mort. Et c'est horrible, mais je ne le veux pas non plus. Elle n'est pas une meurtrière. Pas plus que moi. Et puis vous vous tuez seul, » murmura-t-il, sombrement. « Si vous voulez sombrer davantage... »

Il secoua la tête, se détournant et sortant de la pièce, ne tardant guère à arpenter le salon comme un lion en cage, ou plutôt comme un homme dont les pensées ne faisaient que le tourmenter pour mieux l'attirer vers l'abîme. Il ne savait pas ce qu'il était en train de faire. Il se demandait même comment les mots de l'Ange pouvaient être vrais, quand il voyait le chemin qu'il avait à parcourir pour aller vers ce futur qu'il lui avait raconté. Comment était-ce possible ? Comment pouvait-il pardonner à un homme ce qu'il avait fait sur sa fille ? Comment pouvait-il espérer voir la lumière ou le salut, dans un être qui semblait aussi désespéré, et auto-destructeur ? Devenait-il fou à ce point, ou cela en valait-il vraiment la peine ? Peut-être qu'aimer Rafael, c'était ne plus jamais être seul, c'était être enfin complet ; mais cela signifiait-il alors qu'il se détournait, ou se détournerait à ce point de tous ceux qui lui étaient chers, n'ayant plus aucun honneur ou principe ? Pourquoi l'aimait-il ?

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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Jeu 01 Mai 2014, 23:18


    Davos avare en parole, s'était contenté de lui dire le stricte minimum. Il avait certainement eu raison.

    Oui, Sveda découvrait petit à petit chaque blessure sur le corps de l'humain. Un spectacle qui n'était pas beau à regarder et qu'elle étudiait pourtant avec énormément d'attention. Prenant délicatement la main privée de deux doigts, elle observa le processus de cicatrisation, sans faire transparaître le moindre sentiment. Pendant ce temps, elle suivait le début de l'histoire que Rafael lui contait d'une voix atone.

    Dés la troisième phrase Hélianthème suspendit ses mouvements sous le coup de la surprise. Zexion ordonnait la torture. Il lui était difficilement concevable que Davos travaille pour un mutant capable d'agir ainsi... Pourtant, c'était le cas, et cela la perturba profondément. Qu'en au fait de s'accoquiner avec les membres de la propriété Spencer ce n'était pas pour la rassurer non plus. Le hasard avait fait qu'ils ne s'étaient pas vus lors de sa visite en ce sordide lieu. Ce qui n'était pas plus mal dans le fond aux vues de tout ce qu'elle était sur le point d'entendre.

    Et pour cause...

    La suite du récit fût encore plus déroutante évidement. Notre praticienne abandonna momentanément son examen, incapable de poursuivre correctement, avant la du récit. Plus elle découvrait ce qui s'était passé et plus elle sentait son estomac se nouer. Il avait été le compagnon de Floria, la fille de Davos, celui qui...

    Pire que du Vaudeville !

    A croire que chaque élément s'était uni pour créer une tragédie sans précédent. Le plus perturbant était aussi qu’Hélianthème connaissait indirectement chacun des protagonistes, de cette affaire de plus en plus morbide. Jusqu'à Fran, dont elle avait perdu la trace cinq ans plus tôt. Floriane était donc l'épouse de Stannis Lannister. La mère de Floria. C'était beaucoup de nouvelles en peu de temps. Mais la dame se promit de prendre des nouvelles de la cantatrice le plus tôt possible.

    Lorsqu'il évoqua la tentative de viol le visage de la blonde perdit toutes ses couleurs. Elle fût forcée de se lever du lit pour supporter l'émotion qui la prenait aux tripes. En se détournant de Baldwin elle aperçu Davos planté sur le seuil avec la bassine chaude dans les mains. Il était pâle comme la mort. Une main refermée sur sa hanche droite, elle lui lança un regard perdu, qu'il ne vit pas d'abord, trop occupé à fusillé son ange damné des yeux.

    Et contre toute attente, il trouva des excuses à sa fille, plutôt que de punir l'homme allongé dans sa chambre d'ami. A cet instant précis Sveda comprit. Elle comprit que Davos était probablement, tout aussi condamné qu'elle à aimer la mauvaise personne. Cette lucidité étira un triste sourire sur son visage défait. N'écoutant que son cœur elle s'avança jusqu'à son ami, lui donna une brève étreinte amicale, pour ne pas dire fraternelle, avant de lui murmurer tout bas.

    " Vous pourriez presque rivaliser avec Absalon ce soir."

    Ironie douce-amer. Mais là non plus, point de jugement. Dans le fond, elle en était incapable.

    Il était inutile de tenir Davos auprès d'eux. Sveda le laissa partir et alla refermer la porte en douceur. Ce court trajet lui donna le temps de se composer un visage. Elle avait promit de ne pas porter de jugement et allait se tenir à cette promesse. Chacun avait ses fautes. Tout le monde pouvait devenir un monstre à un moment clé de sa vie, sans être condamné à le rester. Elle reprit donc sa place près de Rafael et répondit calmement à ses remarques.

    " Ce n'est pas à moi de dire tout cela à Davos."

    Ses doigts enrobèrent la main blessée. Hélianthème activa l'un de ses dons pour endormir les zones souffrantes. C'était à force d'exercices inlassables qu'elle avait pu apprendre à utiliser ses capacités spéciales avec minutie. Si elle pouvait endormir un homme d'une caresse, il lui était possible d'être beaucoup plus précise dans son anesthésie.

    " C'est aimable de me rappeler que je suis libre de partir. Mais, je vais rester. Je vais vous soigner. Je ne peux pas grand-chose pour vos émotions mais je peux aider votre chair. Au risque de vous surprendre, vous n'êtes pas le pire des hommes, dont j'ai eu à prendre soin. J'ai promis à Davos de vous guérir et je tiens toujours mes promesses. " Tout en lui parlant, elle répétait l'opération, au niveau du cœur, puis des hématomes. En plus, j'ai un défaut... j'aime les causes perdues. C'est en elles que la plus belle des flammes se révèle."

    ... Ces mots qui faisaient sourire tout le monde, prenaient ici un sens très forts.

    Elle s’attaqua d'abord à la plaie placée au niveau de la poitrine. Après avoir nettoyé le tout, sortie fil et aiguille de leurs emballages, pour entreprendre de refermer les bords de la blessures.

    " Ne vous inquiétez pas. J'ai endormie les zones sensibles. Vous ne sentirez rien."

    Il était néanmoins plus sûr de garder l'homme en étant de conscience, pendant l'opération. Il pourrait lui indiquer ses ressentis, si quelque-chose n'allait pas. Tandis qu'Hélianthème faisait son ouvrage avec précision et sans hésitation elle tenta une approche.

    " Vous avez beaucoup de chance de vous en êtes sorti, après tout ce qui vous êtes arrivé. Ne prenez pas cette chance à la légère, Rafael."

    Cette fois, quand leurs regards se rencontrèrent, la belle parvint même à lui adresser un sourire d'encouragement. C'en est à se demander, en effet, lequel de ces trois là et le cas le plus désespérés ! Mais au moins, se sont-ils trouvés...

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Dernière édition par Hélianthème le Jeu 08 Mai 2014, 19:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Jeu 08 Mai 2014, 18:38


Compliqué... Le mot convenait parfaitement à la situation. Oh certes, je ne connaissais pas encore tous les éléments, ne pouvant donc pas les prendre en compte, et cependant, peut-être les percevais-je déjà... Parfois un regard, un silence, un non-dit est plus révélateur que la plus vaste des confessions. Mais il aurait fallu que je cesse de me mentir à moi-même, pour oser affronter la vérité. La venue de Sveda serait, à n'en pas douter, un bouleversement sur plusieurs points. D'après Davos, c'était un médecin excellent, sur lequel je devais fonder quelque espoir. Mais elle était également celle qui allait briser la solitude et le silence dans lesquels nous nous étions installés, depuis le commencement. En découlerait-il quelque chose de bon ? Rien n'était moins sûr.
J'étais resté stoïque, pour ne pas dire lugubre, tandis qu'ils s'étaient enlacés. Une amitié forte les réunissait, pour ne pas dire plus, et j'éprouvai plus que jamais le sentiment de n'être qu'un intrus, un fardeau, dans cette maison. Au demeurant, elle restait la seule où je pouvais trouver un refuge, un asile. J'étais fatigué de chercher un rayon de soleil qui ne filtrerait jamais.
J'avais profité du départ de Davos, lequel allait chercher de l'eau, pour tout expliquer à Sveda. J'avais besoin d'en parler, j'avais besoin d'être jugé et d'expier mes fautes. Sans doute n'avais-je pas choisi la bonne personne, pour espérer ce genre de réaction sévère. La douceur de ses traits et la clarté de son regard laissaient deviner qu'elle était une âme bienveillante, prompte au pardon, quoiqu'elle ait pu vivre. Quant à Davos, qu'il entende ou non, peut-être aurait-il fallu beaucoup plus pour qu'il me laissât tomber, après toute la peine qu'il s'était donnée. En réalité, le fait qu'il perçût ou non cette confession m'importait peu. C'était du moins ce que je croyais jusqu'à ce que la porte ne s'ouvre de nouveau.
Je fronçai les sourcils, percevant la pâleur de Davos, qui déposait la bassine quelque part, d'un geste peu assuré. Une fois de plus, le silence fendit l'atmosphère, qui aurait pu se glacer, en réalité. Je croisai son regard, et il me semblait que Sveda elle-même avait disparu dans je ne sais quelle réalité qui ne nous appartenait plus. Jamais une telle intensité n'avait été émise par ces deux braises d'argent, desquelles je ne parvenais plus à me détourner, malgré la culpabilité et le sentiment d'infériorité que j'éprouvais. Je m'attendais à ce qu'il me congédiât effectivement, ou même qu'il me saisît au col, afin de venger sa fille ; mais il n'en fit rien. Les sentiments s'agitaient et se confrontaient dans son esprit, avec autant de force que dans le mien. Malgré ce temps figé, malgré cette altercation des regards, où toutes les émotions et les paroles auraient pu être échangées ; il ne bougea pas. Il s'avéra que j'aurais préféré tous les silences et les coups de poing au monde, au discours qui suivit :

« Floria...Floria est coléreuse, et extrême, mais je sais qu'elle doit s'en vouloir comme jamais, de ce coup, car elle vous aimait sincèrement et profondément. Ça ne signifie pas que je pardonne ce que vous avez voulu lui faire. Je ne pourrais pas. Mais sans impulsion de sa part, je doute qu'elle vous veuille mort. Et c'est horrible, mais je ne le veux pas non plus. Elle n'est pas une meurtrière. Pas plus que moi. Et puis vous vous tuez seul... Si vous voulez sombrer davantage... »

Jamais je n'avais songé à la déception que j'avais dû provoquer chez Floria, de façon aussi concrète. Une fois de plus, j'avais l'impression d'avoir tout gâché, et d'être le seul responsable de ma chute éternelle, quand bien même j'avais passé une longue partie de mon existence à maudire le sort ou la fatalité. Que voulait-il que ça me fasse, qu'ils ne me voulussent pas mort, alors qu'ils ne me pardonneraient jamais ? J'avais longtemps cru qu'une existence de damné était toujours préférable à la mort, mais je commençais à me questionner. Une vie sans dignité, sans amour, valait-elle réellement la peine d'être vécue ? Les deux dernières phrases de Davos étaient les plus assassines, ce qui n'était pas peu dire. Il n'était pas le premier à me faire des sermons ou à souligner mon caractère auto-destructeur, mais il était bel et bien le premier à s'être senti aussi concerné. Mais qu'allai-je devenir, si même le plus optimiste des hommes considérait ma cause comme perdue ? Qu'adviendrait-il de moi si j'arrivais à repousser la seule personne qui s'acharnait à me tirer vers le haut, malgré mes propres poussées vers le bas ? Pour être moins égoïste, je dois également admettre que je me surprenais à me haïr, de le décevoir, lui aussi. En quelques jours, cet homme avait acquis un statut particulier, même si j'étais incapable de poser un nom dessus. J'acquis la conviction que je ne méritais pas toute la peine que prenait cette homme, mais vraisemblablement, admettre un tel état de fait, et le laisser partir, ne ferait que l'exaspérer davantage.
Je le laissai toutefois sortir de la chambre, sans oser prononcer un mot. J'en aurais été incapable. Il était déjà suffisamment difficile de demeurer neutre face à Sveda. Il était certes hors de question de lui laisser entrevoir jusqu'à quelle ombre allaient mes pensées, ou de quelle façon les mots de cet homme avaient toujours le don de m'ébranler. Je me répétai les deux dernières phrases qu'il avait prononcées, sans pour autant me résoudre à trouver une solution. J'avais simplement l'impression que mon cœur tombait longuement, éternellement, dans ma poitrine, ne laissant, à la place du vide, que le goût amer du désespoir. Une tristesse que je ne pouvais même plus transformer en haine, puisque j'étais l'unique responsable. Il allait pourtant falloir que j'ai une discussion avec Davos... Et le plus tôt serait le mieux.
Il était quoiqu'il en soit temps de me retourner vers Sveda. Celle-ci était figée, et quoi de plus compréhensible après tout ce qu'elle venait de voir et entendre ? Elle devait se demander ce qu'elle faisait dans cette maison de fous, et surtout, pourquoi elle perdait son temps à venir sauver un pauvre diable qui se tuait tout seul. Je tentais de ne pas avoir l'air trop sombre ou amer mais voilà qui s'avérait difficile. De toute évidence, elle éprouvait autant de mal à garder bonne figure, puisqu'elle se préoccupa avant tout de son ami, prenant soin de refermer la porte, avant de revenir à mes côtés. Jamais je ne m'étais senti aussi minable. Elle m'assura qu'elle ne répéterait rien à Davos, mais quelle importance ?


Vous n'en avez plus besoin, désormais, répliquai-je amèrement.

Je la laissai prendre ma main et fronçai légèrement les sourcils, réalisant qu'elle ne me faisait plus souffrir. De toute évidence, elle ne l'avait pas guérie, mais elle avait endormi la douleur. J'étais condamné à être cerné de mutants, quand bien même ceux de cette maison s'évertuaient davantage à faire le bien, qu'à détruire. Elle étendait sa manœuvre, à chaque endroit qui était blessé, et je me sentait moins crispé, malgré l'affreux coup porté par Davos.

« C'est aimable de me rappeler que je suis libre de partir. Mais, je vais rester. Je vais vous soigner. Je ne peux pas grand-chose pour vos émotions mais je peux aider votre chair. Au risque de vous surprendre, vous n'êtes pas le pire des hommes, dont j'ai eu à prendre soin. J'ai promis à Davos de vous guérir et je tiens toujours mes promesses. En plus, j'ai un défaut... j'aime les causes perdues. C'est en elles que la plus belle des flammes se révèle. » dit-elle, apaisante au possible.


Comment faites-vous pour vous fier encore au genre humain ou à l'avenir ? répondis-je simplement. Encore faudrait-il qu'il veuille toujours me voir soigné, et chez lui. J'ai l'impression qu'il ne va pas tarder à revenir sur sa décision... Mais je présume que je dois malgré tout vous remercier.

C'était tout moi ; je n'avais pas trouvé de meilleure réaction que de me braquer et de me fermer de nouveau au monde, ironisant au sujet de la seule personne qui aurait pu m'aider. Pis encore, les incitant, malgré leur souhait, à finir de me rejeter. Peut-être voulais-je simplement qu'elle m'assure, une fois de plus, qu'ils ne me laisseraient pas tomber ; mais je dois avouer que j'avais souvent le don de m’exaspérer moi-même.
Je fus quelque peu troublé par le matériel qu'elle venait de sortir, mais elle m'assura que les zones endolories avaient bel et bien été endormies, avant de passer à la suite des soins. Il est vrai que je ne ressentais rien, cependant, je préférais éviter de regarder ce qu'elle était en train de faire, ou plutôt, de recoudre. Je ne pouvais, par ailleurs, que difficilement m'empêcher de me demander ce qu'était en train de fabriquer Davos.

« Vous avez beaucoup de chance de vous en êtes sorti, après tout ce qui vous êtes arrivé. Ne prenez pas cette chance à la légère, Rafael. » conclut-elle, en souriant enfin.

Je lui lançai un regard ineffable, songeant que ses mots n'étaient pas dénués de sagesse, mais qu'elle était, de toute évidence, loin de savoir dans quel abîme je m'étais perdu depuis longtemps.


J'ai plus l'impression qu'il s'agisse d'un châtiment, que d'une chance, déclarai-je. Vous allez me guérir. Très bien. Mais que voulez-vous que je fasse ensuite ? J'ai fait le vide autour de moi et je suis en train de trahir des dangers publics. Vous m'accordez un sursis, pas un avenir.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Sam 24 Mai 2014, 19:22



Si Davos n'avait pas tout dit à Sveda, c'était tout d'abord parce qu'il ignorait toute la totalité de l'histoire. Certes, il savait ce qu'il pouvait deviner, autant d'après ses ressentis, que les quelques mots qu'il était parvenu à arracher à Rafael au bout de plusieurs jours. Cependant, eût-il su dès le début, tout ce que cela signifiait, peut-être y aurait-il réfléchi à deux fois. Il n'y avait rien de plus absolu que de tout sacrifier pour une personne qu'on aimait, certes ; rien de plus terrible aussi, si l'on devait renoncer à tout. Cela ne signifiait pas que cela n'en valait pas la peine ; mais l'âme devenait alors plein d'étoiles tombantes, et l'impression de désespoir devenait de glace pour mieux encercler les élans du cœur.
Pour le reste, s'il ne souhaitait pas dire toute la vérité, c'était parce que celle-ci ne se composait pour l'instant que de « si », de suppositions, et de désirs qu'il n'osait même pas clairement s'avouer à lui-même.

Quant au récit de Rafael, que dire, si ce n'était qu'il ordonnait distinctement à cette main de glace, de se resserrer davantage sur le cœur de Davos ? Trop absorbé par le récit de l'ange damné, le marin ne prit en effet garde qu'après-coup, au regard perdu de son amie Sveda. S'il était pâle, elle n'en était pas moins secouée ; car bien qu'elle ne soit mêlée qu'indirectement dans la vie de chacune des personnes évoquées, elle l'était. Cependant, peut-être était-il juste de dire que Davos était plus perdu qu'elle. Car il comprenait pleinement tout ce qui était attendu de lui, ou pire, tout ce qui découlait de cette possibilité d'un avenir avec Rafael, si du moins celui-ci avait un jour le cœur d'écouter cette proposition, qui ne demeurait qu'un rêve et un futur potentiel pour l'instant. Il comprenait que tout ce que Rafael représentait, ne pouvait être acquis qu'après un long chemin, tant pour lui que pour cet homme blessé et souffrant ; et que de toute manière, jamais cela ne serait considéré d'un bon œil, par les autres. Floria, Stannis, Fran...tous lui en voudraient, ne comprendraient pas ; d'ailleurs, ne chercheraient sans doute pas à comprendre. Cela ne ressemblait point à la damnation, mais à l'exil ; il ignorait s'il était prêt à cette extrémité.

Le regard qu'il échangeait avec Rafael était aussi douloureux que puissant, en vérité. Il comprenait à quel point l'âme de l'un et de l'autre était troublée ; peut-être saisissait-il aussi que Rafael n'aurait pas voulu qu'il entende cela, mais c'était trop tard. Et il aurait fini par le savoir, de toute manière ; d'ailleurs, il n'avait pas tout écouté, et il resterait encore des choses à dévoiler. Dans ce moment suspendu, Davos éprouva autant d'accablement, que de culpabilité ; il pensait à Floria, à Rafael, et il se rendait compte que même s'il adorait sa fille, il ne pouvait donner raison à l'un, ou à l'autre. Tosca s'était laissée guider par ses émotions, par de la défense instinctive, sans savoir les motifs obscurs de Rafael ; quand à ce dernier, il n'était pas moins coupable. Cependant, cela aurait déchiré le cœur de Davos de le condamner. Il était dans un de ces moments où l'indécision se fait si forte que l'évanouissement n'était pas loin ; cependant il resta conscient et maître de lui, bien que perdu intérieurement. Il eut en tout cas suffisamment de force pour exprimer ce trouble à voix haute, face à deux des personnes qui comptaient le plus pour lui, bien que Rafael ne lui soit connu que depuis quelques mois.

Le marin pouvait s'estimer déjà chanceux que Sveda ne s'en aille pas directement, qu'elle ne déguerpisse pas en les maudissant. Non, tout ce qu'elle fit, fut de donner une brève étreinte de réconfort à Davos, le sourire triste et le regard amer, cependant compréhensif. Et quelques mots chuchotés tout bas.

« Vous pourriez presque rivaliser avec Abasalon ce soir. »

Ce qui ne fit que serrer davantage le cœur de Davos, alors qu'il levait un regard perdu vers elle, et teinté d'une demi-nuance de désespoir. Il s'était toujours estimé plus haut qu'Absalon ; devenait-il un démon lui aussi, un être sans scrupules, à ce point ? Toutefois, le regard de la mutante ne le jugeait pas. Peut-être devinait-elle qu'il se jugerait suffisamment lui-même, ou bien, qu'elle ne s'estimait aucun droit de le faire. Les deux solutions pouvaient également coexister. Cependant, cela ne l'apaisa point, et ce fut pourquoi il quitta la pièce sans dire mot ; même si pour une fois, la compréhension de Sveda avait trouvé la sienne, quand leurs regards s'étaient croisés. Oui, il commençait à comprendre, bien davantage qu'il n'en avait jamais été capable, comment elle pouvait aimer quelqu'un qui était un concentré de malice, de diablerie et quelque part, peut-être d'humanité ; il n'en aimait pas moins un homme qui était aussi condamnable qu'Axel, même si la comparaison était injuste. Quant à lui, il endossait bel et bien le rôle de l'ange destiné à faillir et à être plus faible, pour quelqu'un comme cela. S'il n'en éprouvait aucune honte, la culpabilité était bien différente ; pour autant, il était incapable de s'arracher les émotions qui bouleversaient son cœur.

Seul dans la pièce à côté de la chambre du blessé, il s'interrogeait, questionnait autant sa conscience que son cœur. Bien entendu, le discours de Rafael témoignait d'un effort de sa part ; s'il avait été sans cœur, inconscient, s'il ne s'était soucié que de lui-même, il n'aurait rien dit. Il devait le prendre comme un encouragement. Comme un premier pas vers la rédemption, vers une volonté de changer, et non de s'enfoncer. Tout le reste, précédemment, pouvait être certes assimilé à la perte et l'auto-destruction. Mais on ne parlait que de ce qui tenait à cœur, et il osait espérer que ce discours de Rafael, était tendu pour un changement vers le bien. C'était tout ce qu'il pouvait se permettre. Si ce n'était pas le cas, eh bien...il ne savait pas ce qu'il ferait.

Quant à lui-même, il lui convenait de s'observer avec la plusgrande méfiance, n'étant nullement objectif. Il n'était pas juste qu'il sauve Rafael et laisse perdre Floria. Il avait beau savoir que l'Ange gardait un œil sur elle et que la cantatrice n'avait pas cherché à le contacter depuis un moment pour quelque raison, ce n'était pas forcément suffisant. Roxas avait acquis une présence particulière depuis bien longtemps, il ne pouvait s'en défaire ; mais sa fille lui était tout aussi chère. Or il ne faisait qu'avancer sur les sentiers de la trahison, un peu plus chaque jour, que ce soit envers elle ou en cachant aux autres ce qu'il éprouvait et pensait réellement ces derniers temps.

Que pouvait-il faire ? Au milieu des remous de culpabilité, de pensées et des sens contraires vers lesquels sa conscience le tiraient, il ne pouvait après tout être sûr que de lui-même, de ce qu'il éprouvait. Tout d'abord, il lui faudrait avant tout prendre des nouvelles de Floria. Elle devait être complètement désemparée et bouleversée, pour ne pas dire rongée et détruite ; il lui faudrait passer chez elle, brièvement (il le ferait le lendemain, et ne trouverait que la maison vide et inoccupée) et voir si elle avait besoin de quoique ce soit. Ensuite, toutes aussi graves que puissent être les fautes de Rafael, il était sur l'instant un être qui avait besoin d'aide, qui avait besoin de lui ; plus, qui semblait commencer à comprendre et regretter ce qu'il avait pu faire jusqu'à présent. Aurait-il été Stannis, la sentence de Davos aurait été plus immédiate sans doute ; la mort ou l'exil, ou quelque condamnation. De manière plus générale, Davos n'aurait condamné totalement un homme, qu'en dernière extrémité, et il aurait fallu qu'il le haïsse. S'il n'allait pas prétendre pardonner ce qui avait été fait à Floria, il ne pouvait se targuer de détester Rafael, au contraire.

Le chevalier oignon n'avait aucune réponse véritable, alors qu'il errait machinalement dans la pièce, tourmenté. Mais pour l'instant, il n'entrerait pas dans la chambre, avant que Sveda n'en ait fini avec son patient, et il y avait encore trop à démêler dans son cœur. Certains sentiments rendaient aveugles, disait-on ; pour Davos, cela semblait seulement pour l'instant, lui faire se rendre compte d'à quel point le chemin qu'il empruntait, était difficile.


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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Dim 25 Mai 2014, 18:34


    Le silence fût de courte durée car Hélianthème avait l'habitude de réagir face au pessimisme de ses interlocuteurs. Avec les années elle en avait presque fait une rhétorique artistique, dispensant sa croyance, avec la tranquillité d'une vestale épanouie. Car malgré les épreuves, celles des autres, comme les siennes, elle trouvait toujours la ressource ou puiser de la force.

    " Je n'oublie jamais tout le beau qu'elle a créer sur cette Terre. Sans quitter la blessure des yeux, Catherine Kent souria de nouveau, en entendant la répartie de son patient. Ce n'est pas moi que vous devez remercier. “

    D'ailleurs, elle préférait ne pas parler à la place de ce dernier. Mais Sveda connaissait assez Davos Tosca, pour être convaincue d'une chose: il n'abandonnerai pas cet homme après l'avoir sauvé. Ce n'était ni dans sa nature, ni dans ses intentions, de revenir sur un acte de philanthropique. Ce dont elle était la première à pouvoir témoigner ! Qui justifiait aussi, la solidité de cette amitié, qu'ils entretenaient depuis des siècles.

    Ce n'est qu'une fois le dernier point terminé, que le dialogue reprit, avec une réponse pour le fatalisme de Rafael.

    " Tout le monde a le droit à une seconde chance. Vous y comprit. C'est l'une des merveilles du genre humain. “

    Une fois l'aiguille reposée dans un récipient, une longue bande de gaze apparue dans les mains du médecin. Elle s'approcha de l'humain, l'avertie de ce qu'elle allait faire dans le calme, avant d'entreprendre de recouvrir proprement la blessure du tissu. Sveda exécuta les manœuvres avec la souplesse et l'aisance des infirmières du vingtième siècle. Elle manipulait le corps de Baldwin comme celui d'un enfant, passant dans son dos, touchant sa peau, avec l'impartialité d'une professionnelle. Cela lui faisait penser aux fronts et aux blessés de guerres, qu'elle avait tenté de sauver au fil du temps. Il fallut quatre bonnes minutes pour déployer toute la longueur et confectionner un pansement solide.

    " Il faudra en changer tous les deux jours. Je vous laisserai ce que j'ai amené, plus une ordonnance, pour pouvoir acheter le reste. “

    Avant de s'atteler à soigner la main mutilée, notre dame s'arrêta un instant, pour fixer son regard dans celui du blessé. Malgré tout, elle voulait tenter de faire quelque-chose en plus pour lui, et indirectement pour le maître de cet endroit. Aussi mobilisa-t-elle, tout ses autres savoir-faire, pendant qu'elle continuait de le soigner. Très généreux, n'est-ce pas ? Mais, cela sera-t-il efficace ? Votre avis ?

    " Je vous l'ai dis. Je suis seulement un médecin. Je m'occupe du corps. C'est à vous de faire en sorte que ce sursis soit un avenir. “

    Il avait piqué sa curiosité en évoquant des ennemis publics. L'un des plus connus, lié à Davos et Floria, était bien entendu Zexion. Ce leader qu'Hélianthème cherchait depuis plusieurs mois. Mais, elle se retint d’interroger Rafael sur ce sujet. Ce n'était ni l'heure ni l'endroit, pour reprendre sa chasse au meurtrier. Et pour cause... Si seulement, Sveda avait su, qu'elle se trouvait en face de l'un des ennemis d'Absalon, sans doute n'aurait-elle pas tenu le même discours. Mais c'est tout le charme de cette conversation !

    " Je ne vous trouve pas très juste envers votre ôte. Davos a prit d'énormes risques pour vous aider. J'y vois une chance. Pas vous ? Quand tout aurai du vous condamner, vous êtes là, en sécurité, à vous faire soigner. Plutôt que de voir vos ennuis, voyez le côté positif, de tout cela. Car il y en a un. Vous êtes sous la protection du bras droit des Initiés. Beaucoup y réfléchiront à deux fois avant de vous approcher. Encore plus s'ils savent que je suis aussi dans l'équation. Vous n'êtes pas seul. Vous avez une responsabilité maintenant. “

    Ferme et un rien autoritaire, l'ange gardien poursuivie, son petit soliloque, avec bienveillance.

    " Je comprends que vous n'ayez plus confiance en vous. Ni même envers les autres. Mais faites au moins confiance à Davos. S'il est venu vers vous, c'est que vous en valez la peine. Respectez son jugement. Vous pouvez faire en sorte de lui donner raison. En commençant par reconnaître vos erreurs devant sa fille. Lui dire ce que vous avez sur le coeur et travailler à vous faire pardonner. “

    Je dois dire que je suis à chaque fois époustouflé par ces démonstrations d'amour. Dire que je l'ai confectionné et qu'elle parviens à me surpasser dans ces élans de croyance quasi divin. Si je pouvais intervenir, sur tout, je lui donnerais les déserts, les océans, et tout le reste. Mais, le plus beau, c'est qu'à ces yeux, touts ces conseils étaient crédibles.

    " Le vide, quel qu’il soit, appel toujours à être rempli de nouveau. “

    Ah ! Prends garde, Sveda, est-il toujours question du petit cœur de Roxas, ou du tient ? Sans doute, un peu des deux. Mais elle était bien trop embarqué dans son rôle de soignante, pour s'arrêter sur son propre cas. Le vide qui était le sien était de toute façon beaucoup moins sombre. Elle se concentra donc sur la deuxième blessure la plus grave. La nuque penchée au-dessus des mains de l'ange damné, elle lui adressa patiemment un autre remarque.

    " Vous n'êtes pas obligé de souffrir pour apaiser vos remords. La culpabilité peut parfois aider à se surpasser. Elle nous encourage à changer. A devenir meilleur. Vous en avez l'occasion ici. “

    Qui a dit qu'Hélianthème se contentait de guérir l'enveloppe charnelle ?

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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Dim 15 Juin 2014, 15:59


Je ne savais pas quoi penser du regard qu'il me lança, avant de sortir de la pièce, en silence. J'ignorai si ce départ me réconfortait ou, au contraire, rendait les choses plus difficiles encore. De la même façon, je me surpris à espérer que Sveda partît bientôt, afin que Davos se sente enfin libre de me dire ce qu'il avait entendu, et ce qu'il pensait de tout cela. J'ignorais pourquoi j'étais tellement attaché à sa réaction, et comment je pouvais espérer qu'il passerait outre de telles choses. A cette réflexion, je me figurai finalement qu'il valait mieux que Sveda restât ici autant que possible... C'était lâche, mais je redoutais de me retrouver seul à seul, avec lui, désormais. J'avais peur de mon sauveur.
Pour l'heure, j'écoutai les paroles presque religieuses de Sveda, sans être aussi touché par elles que mon docteur ne l'aurait souhaité. Un pli ironique se dessina près de mes lèvres tandis qu'elle évoquait le beau engendré par l'humanité... J'avais peut-être tort, mais pour moi, il n'y avait que peu de différence entre un optimisme et une foi en l'humanité aussi accrus, et la naïveté, la stupidité. Ce n'était pas très chrétien de penser cela de celle qui était en train de me soigner, mais elle était maintenant la première à savoir qu'elle n'avait pas affaire à un enfant de chœur.
Je fus quelque peu troublé lorsqu'elle me suggéra de remercier plutôt Davos. Voilà qui était plus facile à dire qu'à faire, maintenant que je ne pouvais plus le regarder en face...

« Tout le monde a le droit à une seconde chance. Vous y comprit. C'est l'une des merveilles du genre humain. » poursuivit-elle.

J'avais ni plus ni moins l'impression qu'elle tentait un lavage de cerveau, en même temps qu'elle soignait mes plaies. Si cette femme n'appartenait pas aux Initiés, elle semblait malgré tout être la fidèle d'une autre secte, qui prônait le pardon et l'amour de son prochain, même si celui-ci s’appelait Hitler ou Ascheriit. Je parus peu convaincu mais je ne répliquai rien, ne serait-ce que par respect. Si elle croyait que je n'en étais qu'à ma seconde chance, c'est parce qu'elle ne me connaissait pas. Des chances, j'en avais eu plusieurs, je les avais toutes saisies pour mieux les broyer. Pourquoi m'en donnait-on encore ? Je ne le savais pas moi-même. L'humanité qu'elle louait devait être un peu folle. J'étais buté, mais je pensai malgré tout à ses paroles, et à ce qu'elle essayait de me dire, tandis que Sveda m'enroulait un pansement autour du torse. Je hochai la tête à ses indications, songeant que je ne pourrais pas changer un tel bandage, seul. Davos accepterait-il seulement de s'en occuper ? Et surtout, voulais-je qu'il le fasse ?

« Je vous l'ai dis. Je suis seulement un médecin. Je m'occupe du corps. C'est à vous de faire en sorte que ce sursis soit un avenir. » poursuivit-elle, tout en continuant à administrer les soins.


Vous êtes sûre de ne vous occuper que du corps ? répliquai-je, sentant bien qu'elle essayait de m'orienter vers une direction précise.

Visiblement, il n'en fallut guère plus pour qu'elle mît les bouchées doubles, parlant avec plus de fermeté, sans pour autant hausser le ton.

« Je ne vous trouve pas très juste envers votre ôte. Davos a prit d'énormes risques pour vous aider. J'y vois une chance. Pas vous ? Quand tout aurai du vous condamner, vous êtes là, en sécurité, à vous faire soigner. Plutôt que de voir vos ennuis, voyez le côté positif, de tout cela. Car il y en a un. Vous êtes sous la protection du bras droit des Initiés. Beaucoup y réfléchiront à deux fois avant de vous approcher. Encore plus s'ils savent que je suis aussi dans l'équation. Vous n'êtes pas seul. Vous avez une responsabilité maintenant. » déclara-t-elle.


Les choses positives n'arrivent pas sans raison, insistai-je, trop habitué aux répercussions néfastes du karma. Qui vous dit que je n'ai pas envie d'être seul ? Je n'ai pas demandé cette responsabilité. En revanche, je Lui ai demandé pourquoi il a pris toute cette peine pour m'aider, et il ne répond rien, ou à moitié ! Comment pourrais-je lui faire confiance ?! chuchotai-je, en commençant un peu à m'emporter, ce qui n'avait que pour effet de rendre la respiration plus douloureuse encore.

Mais son sermon se poursuivait, démontrant qu'elle n'était pas davantage prête que moi, à céder.

« Je comprends que vous n'ayez plus confiance en vous. Ni même envers les autres. Mais faites au moins confiance à Davos. S'il est venu vers vous, c'est que vous en valez la peine. Respectez son jugement. Vous pouvez faire en sorte de lui donner raison. En commençant par reconnaître vos erreurs devant sa fille. Lui dire ce que vous avez sur le coeur et travailler à vous faire pardonner. »

Je l'observai avec rancœur, n'y percevant pas des conseils, mais des ordres. J'avais quitté les Machiavel du mal, pour les Machiavel du bien. Sous prétexte qu'ils me soignaient, ils me dictaient la conduite à suivre. Je devais donc faire confiance à cet homme qui m'avait toujours détesté, et qui changeait d'avis, sans prendre la peine de me donner la raison ? Je devais donc m'excuser, pour Tosca, alors que celle-ci avait manqué de me tuer ? Je devais donc tout faire pour me faire pardonner, devenir l'homme repenti et honnête qu'ils espéraient tous ? La moindre de ces indications me mettait dans une colère silencieuse et froide. Je ne dis rien, cette fois-ci, mais je n'en pensais pas moins, comme le suggérait le regard peu chaleureux que je lançai à Sveda.

« Le vide, quel qu’il soit, appel toujours à être rempli de nouveau. » ajouta-t-elle, ce qui me déstabilisa davantage.

Quand on avait un vide dans le cœur, creusé par la perte de ce qui nous avait été cher, c'était pour toujours... Elle se trompait... On pouvait tenter de le remplacer avec n'importe quoi, cela ne fonctionnait pas, ou seulement un temps. Ce n'était que recoller les morceaux, alors que les fondations avaient été irrévocablement brisées. Jusqu'à il y a peu de temps, j'avais couru désespérément après des femmes, ou une issue de secours, n'importe laquelle, pour combler enfin ce silence et ce vide dont elle parlait. On m'avait donné le coup de grâce. Je ne voulais plus d'autres luttes vaines, ni de déceptions. Je ne voulais plus de ses conseils...

« Vous n'êtes pas obligé de souffrir pour apaiser vos remords. La culpabilité peut parfois aider à se surpasser. Elle nous encourage à changer. A devenir meilleur. Vous en avez l'occasion ici. » conclut-elle.


C'est là le seul point où vous voulez en venir, rétorquai-je finalement. Sous votre discours ô combien enrobé de bienveillance sucrée et d'espoir, vous n'avez qu'un seul mot d'ordre : devenez meilleur. Pourquoi ? Pourquoi prendrais-je cette peine alors que ça ne m'a jamais rien apporté, et que le sort s'est toujours acharné sur moi, jusqu'à ces extrémités ? Pourquoi ferais-je des efforts, maintenant ? Pour vous ? Pour Lui ?! Je n'en ai ni l'envie, ni l'intention. Je vous ai avoué ce qu'il s'est passé... Je le regrette, c'est vrai, mais je vous ai dit que vous n'étiez pas obligés de me garder ici pour me soigner. Alors ne me demandez rien en retour, et arrêtez vos sermons. Vous ignorez tout ce que j'ai traversé. Arrêtez de distribuer de faux espoirs, sans vous soucier des conséquences ! finis-je de m'emporter.

La colère et le faux mouvement que j'avais fait eurent raison de mon état fragile, et je blêmis quelque peu, calmé aussitôt par le retour flagrant de la douleur à la poitrine.


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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Mar 08 Juil 2014, 19:56


    L’agitation de Baldwin obligea Sveda à s’arrêter. Elle éloigna l’aiguille et recula légèrement, jaugeant le jeune homme, pendant qu’il terminait de lui répondre. D’abord pessimiste, Roxas virait lentement mais sûrement vers l’agressivité. Difficile, d’interpréter l’effet que faisaient ces paroles, sur la dame, puisqu’elle se contentait pour l’instant de réceptionner la rancœur. Elle avait conscience que cette situation n’était pas la plus agréable qu’il soit et comprenait que certains trouvaient un exutoire dans l’attaque.

    Néanmoins, la douleur provoquée par le mouvement d’humeur, ne sembla pas l’émouvoir plus que ça. Selon elle, ce n’était que la récolte, d’un comportement peu approprié. Et aussi douce soit-elle, Hélianthème ne compatissait pas, quand la seule source d’une souffrance était dû à une colère mal contrôlée. Elle s’était forgé une opinion très claire concernant ce genre de choses…

    Petit enfant mal élevé que voilà !

    La dernière phrase parvint à contrarier la mutante qui en claqua sa langue contre son palais. Une petite ombre apparaissait sur son front. Le sourire devint un peu plus hésitant, jusqu'à momentanément disparaître. La douceur de ses traits s’estompa même un peu. Rafael était parvenu à émousser la bienveillance qu’elle déployait pour lui. Elle reposa son matériel dans sa sacoche pour libérer ses mains et les joindre sur ses genoux. Voilà le genre de moment que j'adore, les amis !

    " Je n’aurais pas à vous faire des "sermons" si vous vous comportiez de façon plus adulte. Pensez-vous réellement que je perdrais mon temps à vous parler ainsi, simplement pour alimenter de "faux espoirs" ? Quel intérêt aurais-je à faire ça ? On dirait que vous vous gargarisez d’être l’homme le plus mauvais de la terre. Mais, vous voulez que je vous dise ? Davos et moi avons vécu assez longtemps pour faire pire, que tout ce que vous n’aurez jamais l’occasion de faire tout au long de votre vie. Quand je vous dis que tout est possible je parle en connaissance de cause. Votre numéro de condamné ne tient pas une minute... Et puis, qu’est-ce que cela vous apporte, au juste, de renier l’espoir ? Dites-le moi. “

    Le mode opératoire semblait changer. Au revoir paroles "sucrées", bonjour paroles ouvertes et incisives. Sveda n'en revenait pas -Naïve- de se retrouver une fois de plus, devant un "sans espoir". Un autre enfant fuyant le bonheur et la paix. Puisque la manière tendre ne fonctionnait pas... elle était bien forcée de s'adapter. Non pas qu'elle appréhende. Depuis le temps, elle connaissait bien ces âmes brisées, prêtes à croire n'importe quoi, pour rester cloîtrées dans le malheur. Elle aurait juste préféré que l'homme qui attirait tant Davos n'en soit pas un.

    Quand on cherche on fini toujours pas trouver. Qu'il le veuille ou non Rafael venait de persuader son médecin, qu'il fallait l'aider. Bien joué Baldwin.

    " Voyons ouvrez les yeux ! Vous voulez tellement croire que vous n'avez aucune chance, que vous êtes incapable de voir ce qui se passe. Ce n’est pas en jouant les misanthropes que vous allez faire avancer les choses. Vous pouvez vous en prendre à moi tant que vous voulez. Ça ne changera rien sur le fond. Ce n'est ni pour moi, ni pour Davos, ni même pour Floria, que vous avez à travailler sue vous, c'est pour vous et uniquement pour vous... A moins que vous teniez vraiment à tout finir rongé par ce pessimisme. Mais dans ce cas là, assumez-le pleinement et allez dire à Davos que ce qu'il a fait n'a servi à rien. “

    Tandis qu'un silence retombait dans la chambre Kent se redressa et s'avança au centre de la pièce. Elle ressentait un besoin de bouger, d'être en mouvement, pour apaiser son humeur. L'agacement avait coloré ses joues. Mais déjà la flamme dans ses yeux tendait à s'endormir. Combien de fois, déjà, s'était-elle dressé contre les héritiers de Goethe ?

    Bien sûre, elle avait aussi des élans de désespoirs, parfois. Mais ils ne duraient pas. Là uniquement pour la faire remonter sans fin jusqu'à la lumière. Une bonne chose ! Car sans cela, ma douce rose des sables serait morte dix fois, des blessures de la vie. Elle eu à nouveau le sourire. Un sourire peiné, parce qu'elle était chagrinée, de voir Rafael s'enfermer dans le noir. Cette fois, elle lui parla plus posément, comme si elle entamait d'elle-même le chemin jusqu'à une réconciliation.

    " Je connais ce mode de défense par cœur. Se montrer distant et cynique pour faire en sorte que les choses vous atteignent moins. Ça peut marcher pendant un temps. Parfois, ça peut même sauver du chagrin, je ne le nie pas. Mais vous ne me ferez pas croire, que vous avez envie d'être seul, Rafael. Vous ne me ferez pas croire que le geste de Davos vous laisse indifférent. “

    Il en faut tellement plus pour la décourager. Je souhaite bon courage à Roxas s'il tient vraiment à essayer. Ce serait un peu comme essayer de déplacer une montagne. Sveda était tout simplement dans l'incapacité de renier ses convictions. Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est un dialogue de sourds... mais presque. D'ailleurs, il y a de fortes chances, que Toscas finisse par être appelé en médiateur. Ou simplement qu'il doive empêcher sa vieille amie, d'entamer l'une de ses fameuses campagnes, contre le fatalisme !

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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Sam 12 Juil 2014, 00:27



Le marin entendait-il les paroles prononcées dans la pièce à côté ? Il s'efforçait du moins, dans son maelström intérieur, d'en écouter le moins possible. Lui redonner du grain à moudre ne pouvait qu'empirer les choses. Il avait déjà bien assez à penser...

Cependant, tout aussi maladif ou naïf que cela puisse paraître, il aurait sans doute approuvé Sveda. Aurait-il tenu les mêmes paroles ? Il n'en savait rien, mais le fond aurait été similaire, cela était sûr. Davos appartenait lui aussi étrangement à cette race de gens qui croyaient en l'humanité coûte que coûte. Peut-être parce qu'il fallait bien croire en quelque chose quand on n'avait pas de dieu ; peut-être par expérience ; peut-être aussi parce que c'était simplement le mieux à faire. Aussi, tout aussi bouleversé et troublé qu'il soit, il finit par revenir dans la chambre, se tenant contre l'encadrement de la porte, pâle. Il écouta le patient et son infirmière dans leur discussion, qui n'était pas loin d’être houleuse.

« C'est là le seul point où vous voulez en venir. Sous votre discours ô combien enrobé de bienveillance sucrée et d'espoir, vous n'avez qu'un seul mot d'ordre : devenez meilleur. Pourquoi ? Pourquoi prendrais-je cette peine alors que ça ne m'a jamais rien apporté, et que le sort s'est toujours acharné sur moi, jusqu'à ces extrémités ? Pourquoi ferais-je des efforts, maintenant ? Pour vous ? Pour Lui ?! Je n'en ai ni l'envie, ni l'intention. Je vous ai avoué ce qu'il s'est passé... Je le regrette, c'est vrai, mais je vous ai dit que vous n'étiez pas obligés de me garder ici pour me soigner. Alors ne me demandez rien en retour, et arrêtez vos sermons. Vous ignorez tout ce que j'ai traversé. Arrêtez de distribuer de faux espoirs, sans vous soucier des conséquences ! « 

" Je connais ce mode de défense par cœur. Se montrer distant et cynique pour faire en sorte que les choses vous atteignent moins. Ça peut marcher pendant un temps. Parfois, ça peut même sauver du chagrin, je ne le nie pas. Mais vous ne me ferez pas croire, que vous avez envie d'être seul, Rafael. Vous ne me ferez pas croire que le geste de Davos vous laisse indifférent. “

Il n'avait sans doute pas entendu la partie la plus pessimiste de la conversation, mais cela suffit à le gêner un peu. Il ne saurait jamais s'il était revenu au mauvais moment, où Rafael aurait pu faire des confessions à Sveda, peut-être...mais qu'est-ce qu'il imaginait ? Il valait mieux garder cela hors de son esprit. Surtout après ce qui avait déjà été avoué. Et dire qu'il ne savait pas tout...

Il devait cependant dire que Sveda se défendait très bien, ce qui aurait pu lui faire esquisser un sourire en temps normal. Mais il se contentait pour cette fois, démoralisé comme il l'était, d'adresser un regard convaincu à sa vieille amie. Il s'avança d'un pas, le regard assez sombre, mais pas plus. En fait, plus que sombre ou désespéré, Davos était seulement très las à cet instant. Rarement il avait eu l'impression de vieillir en quelques minutes, ou de se prendre une massue sur la tête, mais là, c'était le cas.

« Vous avez tous les deux en partie raison mais je ne peux qu'approuver Sveda. Il était une fois un contrebandier qui n'aurait jamais cru qu'on lui donnerait une chance s'il était pris, et il est ici, vivant, avec une vie qu'il n'a jamais espérée, même si quelques doigts en moins... » fit-il, en remuant légèrement sa main blessée.

Mais il n'était pas d'humeur très prolongée à la plaisanterie. Ses traits devinrent plus neutres, et il posa un regard qui était tantôt dur, tantôt perçant, sur Rafael.

« Nous ne sommes pas obligés non. Et si vous ne voulez rien d'autre, on ne vous forcera à rester ici que le temps de la guérison, en ne faisant aucun plan sur un nouvel avenir que vous pourriez avoir...c'est votre choix. Tournez le dos à la chance qui vous sourit enfin, après tous les malheurs que vous avez traversés. La fatalité peut se montrer souriante, vous savez. Quant aux conséquences, nous les assumerons tous tôt ou tard. Reste à savoir si vous voulez le faire seul, sans notre aide, sans personne pour croire en vous ou vous défendre. »

Il ne rajouta rien sur la partie plus sensible émise par Sveda. Il n'en dirait rien. Il était parfois mieux de fermer son cœur pendant un temps.



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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Mar 15 Juil 2014, 13:16


Espérer un seul assombrissement de ce soleil ambulant, afin d'avoir la paix, était visiblement trop demandé. Mes paroles l'atteignaient et ne lui convenaient pas. Cependant, elle se contentait de me lancer un regard réprobateur, comme on le ferait à un enfant pris en faute. J'étais probablement stupide de donner davantage de matière à moudre, alors qu'elle attendait seulement de pouvoir me sermonner un peu plus encore.

« Je n’aurais pas à vous faire des "sermons" si vous vous comportiez de façon plus adulte. Pensez-vous réellement que je perdrais mon temps à vous parler ainsi, simplement pour alimenter de "faux espoirs" ? Quel intérêt aurais-je à faire ça ? On dirait que vous vous gargarisez d’être l’homme le plus mauvais de la terre. Mais, vous voulez que je vous dise ? Davos et moi avons vécu assez longtemps pour faire pire, que tout ce que vous n’aurez jamais l’occasion de faire tout au long de votre vie. Quand je vous dis que tout est possible je parle en connaissance de cause. Votre numéro de condamné ne tient pas une minute... Et puis, qu’est-ce que cela vous apporte, au juste, de renier l’espoir ? Dites-le moi. » rétorqua-t-elle, aussi sûre d'elle que ne le serait Fran, lorsqu'elle tentait de convertir à sa religion blasphématrice, une nouvelle âme en détresse.


Pardonnez-moi d'être aussi puéril, répliquai-je, non sans sarcasme. Vous prétendez avoir fait pire que moi... Vous avez déjà tenté de violer une femme, vraiment ? Vous cachez bien votre jeu...

Peut-être allais-je finir de l'exaspérer, à force de me montrer aussi entêté, au bord de l'immaturité, mais les personnes qui insistaient avaient toujours eu le don de m'agacer, plutôt que de me faire céder. Il était d'autant plus stupide de ma part de faire une allusion railleuse, voire irrespectueuse, à l'homosexualité ; mais à l'époque, je ne pouvais guère le deviner.
Ce n'était de toute façon pas parce que ces deux anges damnés avaient été plus criminels que moi, au cours de leur longue existence, que j'étais réconforté. Ce n'était pas là une raison pour moins me plaindre. S'il était inutile de renier l'espoir, ne l'était-ce pas davantage de l'entretenir vainement, envers et contre tout ? Les deux points de vue étaient stupides, et j'empruntais le plus évident pour moi, tout simplement.
Certes, c'était moi qui lui avais demandé de se montrer moins naïve, mais tout compte fait, sa virulence m'agaçait davantage. J'ignorai encore, qu'en la repoussant, je ne faisais que davantage l'attirer vers moi, comme si elle avait été un papillon de nuit à la recherche d'une lumière vacillante, pour la réparer. Et Davos était sans doute plus tenace encore...

« Voyons ouvrez les yeux ! Vous voulez tellement croire que vous n'avez aucune chance, que vous êtes incapable de voir ce qui se passe. Ce n’est pas en jouant les misanthropes que vous allez faire avancer les choses. Vous pouvez vous en prendre à moi tant que vous voulez. Ça ne changera rien sur le fond. Ce n'est ni pour moi, ni pour Davos, ni même pour Floria, que vous avez à travailler sue vous, c'est pour vous et uniquement pour vous... A moins que vous teniez vraiment à tout finir rongé par ce pessimisme. Mais dans ce cas là, assumez-le pleinement et allez dire à Davos que ce qu'il a fait n'a servi à rien. » insista-t-elle.


Je ne considère pas devoir quoi que ce soit envers moi-même, dis-je, refusant de l'écouter totalement, et même si ce constat pouvait se révéler aussi amer qu'exaspérant.

Cependant, sa dernière phrase me laissa pensif. J'ignorai pourquoi, mais j'étais bien incapable de dire cela à Davos. J'avais beau me méfier de lui, lui tenir rancune de certaines choses faites, ou ne pas être à l'aise en sa compagnie ; le fait était qu'il s'était effectivement occupé de moi, et que quelque chose me touchait, dans son attitude et ses actions.


Qu'est-ce qu'il se passe, selon vous ? demandai-je, suspicieux.

Je la vis se lever et tourner dans la pièce, pareille à une lionne en cage. Je me demandai si je n'étais pas allé trop loin – car j'aurais finalement regretté de la voir renoncer – lorsqu'elle parut s'adoucir. Je restai immobile et perplexe, attendant la conclusion de sa tirade.

« Je connais ce mode de défense par cœur. Se montrer distant et cynique pour faire en sorte que les choses vous atteignent moins. Ça peut marcher pendant un temps. Parfois, ça peut même sauver du chagrin, je ne le nie pas. Mais vous ne me ferez pas croire, que vous avez envie d'être seul, Rafael. Vous ne me ferez pas croire que le geste de Davos vous laisse indifférent. » dit-elle, comme si j'eus été un livre ouvert.

Je ne pouvais qu'admettre qu'elle était dans le vrai, cependant, quelque chose me gênait dans l'affirmation qu'elle posait. Peut-être Sveda était-elle justement trop dans le vrai, alors que j'étais moi-même incapable de percevoir ce qu'il en était. Je l'observai, ne sachant que dire, l'air sans doute un peu ébranlé car elle m'agitait sous le nez quelque chose de trop éblouissant, pour que je pusse en distinguer les traits.
C'est cet instant que choisit Davos pour réapparaître. Je me tournai vers lui, et mon attitude était sans doute mois fière que lorsque Sveda était seule dans la pièce. Je me demandai ce qu'il avait entendu, et surtout, j'étais frappé de le voir si sombre et triste. Lorsque je raillais son optimisme et la lumière qu'il dégageait, ce n'était sans doute qu'une pose, car je ne voulais pas le voir changer. Mais peut-être cette expérience aurait-elle au moins le mérite de lui montrer qu'il se trompait à mon sujet. J'avais passé mon existence à détruire mes ambitions et mes liens affectifs, non à les développer. Cela ne changerait pas maintenant. Cela ne changerait jamais.

« Vous avez tous les deux en partie raison mais je ne peux qu'approuver Sveda. Il était une fois un contrebandier qui n'aurait jamais cru qu'on lui donnerait une chance s'il était pris, et il est ici, vivant, avec une vie qu'il n'a jamais espérée, même si quelques doigts en moins... » ajouta Davos, passant outre ce qui le peinait autant.

Je posai un instant mon regard sur sa main mutilée, et gagnai un air quelque peu ironique, en songeant qu'il vantait encore les mérites de Stannis Lannister. Oh oui, bien sûr, quel homme admirable il était. Malheureusement, je n'étais pas fait comme Davos et ne considérai pas le fait de m'être fait retirer des doigts, comme une seconde chance. Stannis Lannister paierait, et Floria Tosca davantage encore. Je ne prononçai pas un mot mais mon expression sombre et ironique trahissait quelque peu mes pensées. Cependant, le regard aigu et argenté de Davos parvint à me déstabiliser une fois de plus.

« Nous ne sommes pas obligés non. Et si vous ne voulez rien d'autre, on ne vous forcera à rester ici que le temps de la guérison, en ne faisant aucun plan sur un nouvel avenir que vous pourriez avoir...c'est votre choix. Tournez le dos à la chance qui vous sourit enfin, après tous les malheurs que vous avez traversés. La fatalité peut se montrer souriante, vous savez. Quant aux conséquences, nous les assumerons tous tôt ou tard. Reste à savoir si vous voulez le faire seul, sans notre aide, sans personne pour croire en vous ou vous défendre. » résuma-t-il.

Je ne pouvais m'empêcher de me demander à quel avenir ils pensaient, mais force m'était de constater que je n'avais nulle part ailleurs où aller, et que cet endroit était tout de même plus accueillant que le manoir Spencer. Je ne pouvais vraiment pas comparer la compagnie de Sveda et Davos à celle de Shâlimar et Arlathan... Et s'ils avaient raison ? Et si c'était finalement ma chance d'échapper aux Ombres, et de nouer des liens moins étouffants ? Malgré tout, je ne parvenais toujours pas à comprendre pourquoi ils étaient si insistants et confiants. Comment pouvaient-ils croire en moi et à quoi s'attendaient-ils ?


Soit, comme vous voudrez, dis-je finalement, avec un sourire moins amer. Même si je maintiens que vous ne me dîtes pas tout, conclus-je, en abattant mon regard sur Davos. Avez-vous entendu ce que j'ai dit à Sveda, à propos de Floria ?

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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Jeu 24 Juil 2014, 00:20


    Baldwin, ne s’imaginait sans doute pas viser juste, avec ses petites répliques de mâle abrupte. Une question non moins rhétorique. Pourtant, une femme comme Sveda s’était naturellement essayée aux amours saphiques. Un silence ambiguë, la trahit, tandis qu’un visage du passé se matérialisait dans son esprit. Un délicat sourire, vint fleurir les lèvres, au souvenir des baisers chauds de Fati. Une Princesse d’Afrique à la beauté si sulfureuse, qu’elle envoûtait en un regard. Et elle avait envoûté notre nomade, oh oui.

    Sveda arrivait de l’Empire britannique, triste et seule, le cœur lourd. Je vous laisse trouver la raison de cet exode par vous-même. Ce n’est pas très difficile maintenant que vous commencez à la connaître. Il n’y a qu’une seule chose qui puisse amener à quitter les pas d’Axel à cette époque. Axel lui-même. Elle trouva refuge dans un désert, où un tendre anneaux de chair sombre se referma sur sa mélancolie, pendant près des trente années qui suivirent. Les plus paisibles à bien des égards.

    Mais trêve de romantisme mal placé. Ce n'est pas le propos.

    " Elle était consentante... “ Chuchota-t-elle avec nostalgie. La princesse s’était éteinte dans les bras de l'immortelle et jamais depuis Hélianthème n’avait embrassé la bouche d’une autre femme. " J’ai néanmoins été très cruelle. “

    L’on peut penser à tous ces tyrans dont les os sont empilés sous les sables. Aux sadiques, qui ne se réveillèrent jamais de leur nuit de repentie. Aux mutants prisonniers d’un étui de roche recomposée condamnés à voir le temps s’écouler dans l’obscurité. Hélianthème avait tué plus que son compte. Si elle n'en avait jamais tiré de satisfaction, elle croyait sincèrement avoir agit pour le Bien de l'Humanité. Non pas que cela puisse être une excuse à ses yeux. Cependant, sans cette conviction, elle n'aurait pas pu passer outre la culpabilité et les remords qui en découlèrent chaque fois.

    Hélianthème s’intéressa plutôt au présent, et à ce que son intuition lui murmurait, depuis un moment.

    " N'est-ce pas ? “ Insista-t-elle sans compromis.

    A croire que la pièce avait été écrite tellement le retour du pirate tomba à pique. A la seconde près pour empêcher Cathy de ramener son petit grain de… sable, dans la machine. Roxas s’en tirait à bon compte. Pour cette fois ! Je gage qu’à sa réaction il aurait un jour le droit à une autre répartie, mais plus tard... plus tard. Sveda concentra ses yeux bleus sur la silhouette du contrebandier au cœur d'or. Elle le trouva très fatigué. Se demandant, comment elle pourrait alléger cette peine, qu'elle lisait au travers de la lassitude. Il lui était plus pénible de voir les autres souffrir que de souffrir elle-même. Un "détail" dont ses plus féroces ennemis n'hésitaient pas à se servir d'ailleurs !

    Une petite moue déforma sa bouche, lorsqu'elle entendit parler, du châtiment infligé à son ami par Zexion. Elle n'avait jamais vue cette histoire du même point de vue que son principal protagoniste. Lannister aurait pu agir différemment. Il était souvent un sujet de discorde, l'avez-vous remarqué ? Mais, Sveda n'était pas la plus impatiale des femmes, quand il était question du leader. Evidemment. Davos n'était pas encore au courant du passif qu'il existait -soi disant- entre ses deux Externels de complices. Il n'en avait pas la moindre petite idée ! Néanmoins, aucun secret de dure pour toujours, ici bas.

    L'attraction, qui opéra entre les deux hommes, poussa Sveda à se mettre en retrait. Qu'allait bien pouvoir donner ces prémisses. Aucun d'eux ne pouvait le dire. Mais Catherine était heureuse de voir de voir, qu'une fois encore, l'amour se moquait des lois. Elle profita qu'ils soient tous les deux occupés, pour regrouper ses affaires ainsi que ce qu'elle devait jeter. Ce qui lui permit de rêvasser à ses propres amours tout en les suivants d'une oreille. Sans grande surprise, Seaworth, la rejoignait dans un discours calme et majoritairement optimiste. Que Rafael rendit caduc avec une question. Une simple question. La soignante suspendit ses gestes et se tourna dans leur direction avec inquiétude. Elle se permit d'intervenir à la fois, médecin et protectrice, comme on la connait.

    " Peut-être y a-t-il eu assez d'émotions pour la journée ? Vous pourrez parler de tout cela un peu plus tard. Mais pour ce soir il serait plus efficace, pour vous deux, d'essayer de dormir un peu. Vous avez besoin de repos. Votre corps doit reprendre des forces et votre esprit aussi. Ce soir vous serez de doute façon émotifs... “

    Et puis, avec Hélianthème trouver le sommeil, ça devenait une histoire de secondes. Aux vues de la situation, elle allait insister, ça je peux vous l'assurer.

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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Sam 06 Sep 2014, 19:15



Les réactions de Davos n'étaient certes pas brillantes, et elles l'auraient été encore moins s'il avait tout entendu de la conversation qui se déroulait dans la pièce. Pour l'instant, il avait fait une vague tentative d'humour, avant de reprendre un ton décidément plus davosien – plus optimiste. En tout cas, quoiqu'il arrive, une chose était sûre : il ne laisserait pas Rafael repartir seul et sans défense, dans son état. Il ne l'avait pas sauvé pour rien, et on ne dirait jamais de cet homme, surtout, qu'il aurait abandonné quelqu'un qui avait assurément et ouvertement besoin de son aide. Rafael avait beau prétendre tout le contraire, il ne le laisserait pas partir. Cela faisait certes stalker, mais que voulez-vous...

Même l'air ironique et moquer de Rafael posé sur sa main ne suffit pas à le faire changer d'idée. Cependant, il remit sa mauvaise main derrière son dos, peut-être par honte, comme si Rafael avait déjà assez conscience de ses défauts, pour qu'il n'en rajoute pas. Il avait conscience qu'il ne représentait rien pour cet homme, à part le fait d'être son sauveur, alors qu'il était le père de Tosca. C'était aussi pourquoi il n'évoquait l'avenir qu'à demi-mot. Il préférait garder ses espoirs morts pour lui plutôt que de les révéler....ce qu'il n'était pas encore temps de faire.

« Soit, comme vous voudrez. Même si je maintiens que vous ne me dites pas tout. Avez-vous entendu ce que j'ai dit à Sveda, à propos de Floria ? »

Bien sûr qu'il ne disait pas tout, et ne le dirait pas encore. Ou il aurait vu Rafael, tout blessé qu'il était, se relever en prenant la poudre d'escampette, en boitant et les blessures pleines de sang, pour s'en aller définitivement en clamant que le père n'était pas moins taré que la fille. Ah, Davos, Davos, pauvre de Davos...mais Davos, c'était lui, pauvre de lui.* Comme c'était compliqué d'être soi ! Impossible donc d'espérer que quelqu'un d'autre règle la situation à sa place. Mais Sveda intervint avant qu'il n'eût le temps de poser la moindre question, fatale.

«Peut-être y a-t-il eu assez d'émotions pour la journée ? Vous pourrez parler de tout cela un peu plus tard. Mais pour ce soir il serait plus efficace, pour vous deux, d'essayer de dormir un peu. Vous avez besoin de repos. Votre corps doit reprendre des forces et votre esprit aussi. Ce soir vous serez de doute façon émotifs... »

Davos connaissait ce sous-entendu, surtout qu'il l'avait vue commencer à remballer ses affaires. Il se permet d'avoir un sourire, et de laisser l'intervention de Sveda éluder pour l'instant les sujets les plus fâcheux – tout en sachant que ça ne les faisait pas disparaître.

« Tu dis ça quand tu songes à endormir les gens de gré ou de force...soit. On t'obéira. » Il se retourna néanmoins vers Rafael. « Ma chambre est à côté. Si tu as besoin de quoique ce soit...tu m'appelles. J'ai le sommeil léger. Du moins si la marchande de sable se fait clémente pour ce soir. Mais elle a raison..tu dois te reposer. C'est le seul moyen de guérir. »

Après tout, la discussion avait été assez lourde et difficile comme cela, pour l'instant. Une nuit de sommeil donnerait un avis différent sur les choses, d'autant que celui imposé par Sveda avait certaines vertus, il n'en doutait pas. Il raccompagnerait néanmoins la jeune femme avant qu'elle s'en aille.

« Merci, vraiment... » lui adressa-t-il. « Ton soutien est plus que précieux. »

La situation était plus que difficile et la mutante l'aidait à sa manière. Il aurait sinon été bien plus perdu qu'il ne l'était déjà dans les sentiments contradictoires et la panique de savoir si ce qu'il faisait était véritablement juste. Qu'elle le soutienne montrait au moins qu'elle n'avait pas tout à fait tort, elle qui connaissait le fin mot de l'histoire. Cela n'empêcherait certes pas la culpabilité et les révélations déchirantes à venir. Mais au moins ils étaient soutenus.


*Réplique tirée de Hook. Gage en cours -->


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MessageSujet: Re: [CLOS] Ce que nous donnons à l'autre nous revient. | Rafael & Sveda Mer 10 Sep 2014, 17:24


J'aurais été satisfait de ma remarque sarcastique, si celle-ci n'avait pas plongé Sveda dans une rêverie ineffable. J'eus probablement l'air gêné, car je ne m'étais pas attendu à lui procurer une nostalgie si douce. Mais par quels êtres étais-je entouré ?

« Elle était consentante... J’ai néanmoins été très cruelle. » confia-t-elle.

Je tâchai de ne pas avoir l'air trop dérouté, afin qu'elle ne se moquât pas de moi. Cependant, j'imaginais tout à fait où elle voulait en venir, et tout ceci me mettait mal à l'aise. De toute évidence, la femme à qui je parlais cachait très bien son jeu. Je baissai les yeux, éprouvant quelque difficulté à la regarder en face. Par chance, je ne pensai alors pas à émettre quelque remarque homophobe.
Davos venait après tout de nous rejoindre, et la tension de la salle me semblait de plus en plus opaque. Je devais tout à ces gens, et cependant, je n'étais pas à l'aise en leur compagnie. C'était peut-être davantage contre moi-même que contre mes sauveurs, mais les faits étaient là. D'autre part, l'idée qu'ils ne me disaient pas tout persistait à rôder dans mon esprit. En tout cas, j'avais décidé d'être franc, pour une fois. Je voulais être sûr que Davos ait tout entendu, mais Sveda, qui était alors en train de ranger ses affaires, ne semblait guère de cet avis.

« Peut-être y a-t-il eu assez d'émotions pour la journée ? Vous pourrez parler de tout cela un peu plus tard. Mais pour ce soir il serait plus efficace, pour vous deux, d'essayer de dormir un peu. Vous avez besoin de repos. Votre corps doit reprendre des forces et votre esprit aussi. Ce soir vous serez de doute façon émotifs... » dit-elle, avec fermeté.

Parlait-elle en amie de Davos, ou en médecin ? Les intérêts ne se rejoignaient-ils pas ? Pour une fois, je ne trouvai rien à répliquer, mais j'avais tout de même l'air... frustré. J'avais toujours été un amateur de démesures, aussi n'appréciais-je pas les compromis imposés, même s'ils étaient plus raisonnables. Il faut croire que la patience n'était pas mon fort.
Mais Sveda avait raison. Je n'avais même plus assez d'énergie pour chercher à la contredire. Ceci avait pourtant été l'une de mes activités favorites, jusqu'à présent. Je me tournai vers Davos, et l'observai un moment. Je persistai à me demander quel lourd secret ou fardeau il gardait au fond de lui. Comment pourrait-il en être autrement ? Un homme si altruiste n'aurait pas l'air si réservé et mélancolique, autrement, même s'il avait effectivement bien des problèmes. J'ai peut-être espéré qu'il allait insister, pour être tout à fait franc. Mais le marin était vraisemblablement du même avis que mon docteur.

« Tu dis ça quand tu songes à endormir les gens de gré ou de force...soit. On t'obéira. Ma chambre est à côté. Si tu as besoin de quoique ce soit...tu m'appelles. J'ai le sommeil léger. Du moins si la marchande de sable se fait clémente pour ce soir. Mais elle a raison..tu dois te reposer. C'est le seul moyen de guérir. » dit-il donc.


Si la marchande de sable se fait clémente, répétai-je, pour toute réponse.

Je n'étais pas dupe. Je savais qu'aucun de nous deux n'allait vraiment dormir, même si la fatigue provoquée par les blessures allait finir par avoir raison de mes tourments. J'avais toutefois hoché la tête, pour lui faire comprendre que je prenais notes de tout ce qu'il m'avait dit. Je ne trouvai plus rien à dire, aussi les laissai-je terminer la conversion, retournant m'appuyer davantage contre l'oreiller.
Ils échangèrent quelques formalités avant de quitter la pièce, refermant la porte derrière eux. Je pense que Sveda n'était pas restée très longtemps encore, car la maison ne tarda pas à gagner un silence par trop pesant. Comme j'aurais pu m'en douter, je ne parvins pas tout de suite à fermer l’œil, et ce même si Sveda avait allégé mes douleurs. Je pensais à tout ce qui avait été dit, et je ne pouvais m'empêcher de me demander ce qu'était en train de faire Davos, ou ce à quoi il pensait. Le sommeil finit heureusement par mettre fin à cette forme de torture.



FIN – On peut passer à la suite, merci !

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