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« Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos]

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Identité : Floria Ysé Tosca
Dons : Immortalité - Connaissance instinctive de la vérité historique - Retour dans le temps

MessageSujet: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Mer 02 Juil 2014, 22:22



Rendez-vous m'a été donné ici par la mystérieuse - et sans doute vénéneuse - Dahlia. A chaque fois ma pensée fourche et c'est le prénom Dalila me revient. Il doit bien y avoir une raison. On les repère vite, les gens vénéneux, vous savez. Ce n'est pas leur faute, c'est même morphologique, tout dépend des yeux. Quand on regarde une personne et qu'on ne parvient à définir tout de suite ce qu'elle pense, on se méfie et on imagine ce qui peut alors être pensé. C'est le cas quand on regarde cette femme, c'est aussi le cas quand on m'observe. Les yeux dits sournois sont ainsi. Un air rusé peut faire croire beaucoup de choses.

J'arrête ma voiture près de la fameuse villa où elle m'a donné rendez-vous. J'aurais eu peut-être un peu de mal à trouver sans GPS. Il est vrai que le lieu doit être accessible, pour ceux qui en connaissent l'adresse, mais qu'il doit également être assez à l'écart pour qu'aucun homme ne retrouve sa femme perdue et égarée (selon eux.) La bâtisse n'est pas mal : à l'écart ainsi de New York, on cesse d'être accaparé et pressé par la densité de cette grande ville. Il est bien, de temps en temps, d'avoir un lieu où on entend le silence. C'est ici le cas. C'est calme. Reposant.

Aucun doute, ça me taperait vite sur les nerfs. Les émotions joyeuses, le calme serein, sont des sensations qui ont tendance à beaucoup m'irriter depuis que j'ai changé d'attitude. Les éclats de joie et de bonheur, très peu pour moi. Il y en a qui n'ont pas à être heureux, et pour tout dire, ça a quelque chose d'ennuyeux. Je n'ai pas prévenu de mon arrivée, mais au pire j'attendrai la propriétaire des lieux. Je vérifie mon aspect dans la voiture ; je porte toujours des couleurs froides ces temps-ci, et il est vrai qu'au naturel, quand le masque ne se transforme pas, il y a indéniablement quelque chose de dur qui s'est immiscé dans mes traits. Mais pour l'instant, je me recompose ce masque. Pour paraître un peu près comme je l'ai été au téléphone avec elle. Brusque et méfiante, mais un peu paumée aussi. Je verrai ensuite, si selon la conversation, je peux échanger un visage contre un autre. Elle m'intéresse plus qu'avant, et pas en termes musicaux. J'aimerais bien savoir ce qu'il y a derrière ce minois, et ce que sous-entendaient toutes ses paroles entendues à l'autre bout du fil, qui avec le recul, ont un certain charme venimeux, subtil.

On vient m'accueillir dans le hall d'entrée, et on me prend sans doute pour quelque brebis égaré. D'un oeil hautain, j'ai vite fait de remettre à sa place la femme qui tente ainsi sa chance, et dis simplement que je suis invitée par Dahlia Anderson. La sirène séductrice, je pense. Cela lui va plutôt bien. La femme en face a l'air un peu étonnée, mais elle s'éloigne pour aller lui téléphoner. En attendant, je reste debout et immobile, observant les lieux d'un oeil attentif et de juge à la fois. Drôle d'endroit ; je sais qu'il existe des foyers, mais je n'ai jamais mis les pieds dans un seul. Combien de pauvres âmes en perdition sont-elles réfugiées dans ces murs ?...



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MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Jeu 24 Juil 2014, 16:59




« Les minauderies de tes yeux, si tu voulais, boiraient le sang de bien des gens. »
La sonnerie du téléphone eut à peine le temps de faire entendre sa mélodie que je le saisissais en tendant une main de sous les draps. Il était peu de circonstances ou je ne sois pas alerte et attentive, mais au vue de ma situation, cela était assez compréhensible. Un seul faux pas pouvait faire rater toute une mission ou ma couverture et même si Ellen s’arrangeait toujours pour régler tous les soucis, mieux valait éviter de se mettre inutilement dans des situations encore plus compliquées. La sonnerie aidait ainsi à me renseigner sur mon interlocuteur. Killer Queen, c’était Ellen. Hysteria de Muse pour les membres du FBI. Roxane pour le foyer. C’était justement cette dernière qui s’était élevée dans la pénombre de la chambre aux rideaux tirés. J’en savais donc à qui m’en tenir, et quelle attitude adopter avant même de décrocher.

D’un bond, je repoussai les couvertures et me dirigeai vers la salle de bain, nue. Une fois la porte refermée derrière moi, j’appréciais l’air plus frais qui régnait dans cette pièce avant de décrocher. Entendant la petite voix timide de Rose à l’autre bout du fil, je lui répondis avec douceur et patience. Lorsqu’elle m’eut délivré son message, je fronçai légèrement les sourcils, étonnée, avant de sourire avec un certain plaisir. Terminant l’appel, je retournai dans la chambre et rassemblai mes affaires dispersées un peu partout dans la pièce. Une tête émergea de sous les draps en geignant. Cet homme a beau être un politicien d’une importance non-négligeable, un brin de sport l’épuise. Dans un sens, tant mieux pour moi. Constatant que je mettais les voiles, il me questionna d’une voix à moitié endormie, et je répondis avec une bonne humeur feinte que j’avais un rendez-vous non-prévu avec mon équipe. Il me fallait donc mettre fin à notre rendez-vous hebdomadaire. Acceptant cette excuse, le quinqua me demanda tout de même :

"Tu m’appelleras ?"

ʺBien sûr.ʺ Ou pas. Il ferait mieux de s’occuper de sa femme, ou de ses autres maîtresses. Ayant terminé de remettre ma robe, j’attrapai un trousseau de clés sur la commode. ʺAu fait, j’emprunte ta voiture, ça ira plus vite que d’attendre un taxi.ʺ Il émit un léger couinement plaintif mais n’insista pas, préférant retourner dans les bras de Morphée en ronflant légèrement. Pathétique. Jouant avec les clés, je sortis de l’appartement et descendis au sous-sol pour trouver l’une des nombreuses Audi de mon pigeon du jour. Coupé sport rouge sang. Parfait. J’appréciais de pouvoir conduire par moi-même de temps en temps, j’en étais après tout parfaitement capable. Ellen s’y opposait régulièrement, encore plus lorsqu’il s’agissait de motos. Trop dangereux. Comme si j’étais incapable de m’en sortir sur la route. Elle aurait dû me voir sur les routes d’Angleterre, profitant d’un week-end pour rallier l’Ecosse et y profiter des paysages désertiques.

La circulation n’étant pour une fois pas trop horrible, j’arrivai assez rapidement devant le foyer. Ne perdant pas de temps pour ne pas davantage faire attendre notre invitée, je pénétrai dans le bâtiment et saluai Rose qui venait justement à ma rencontre. Elle était là, dans le hall d’entrée, droite et froide. J’esquissai un nouveau petit sourire, avant de remercier Rose et de la prier de retourner à ses activités. Puis, me tournant vers Tosca, je l’accueillis avec un grand sourire innocent et ravi.

ʺBonjour Floria, merci d’être venue.ʺ

Je l’invitai ensuite à me suivre dans un endroit où nous serions plus tranquilles. Même si à cette heure-ci, les pensionnaires suivaient un cours de taï-chi dans le jardin et risquaient peu de venir nous interrompre. Je l’amenais donc dans la vaste cuisine de la demeure, lui proposant une chaise avec le même sourire naïf.

ʺJe peux vous proposer quelque chose à boire ? Café ? Thé ? Chocolat ? Eau ?ʺ Puis, avec un ton quelque peu plus sérieux, mais toujours avec ce sourire presque malicieux sur les lèvres. ʺEt je suppose que vous avez de légitimes interrogations suite à notre dernière discussion. Je suis toute ouïe.ʺ
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MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Dim 03 Aoû 2014, 20:50



J'ai eu le temps d'observer encore un moment les lieux, quand celle que j'attends se manifeste enfin, entrant dans le hall. Elle était à l'extérieur, j'aurais dû y penser. Elle ne devait pas passer tout son temps dans cet asile, à moins de vouloir péter un plomb. Je la voyais mal rester là vingt-quatre heures sur vingt-quatre, en vérité...et comme elle le montrerait plus tard au centre commercial, il lui arrivait d'avoir certes d'autres activités. En tout cas, moi, je n'aurais pas supporté de rester tout le temps ici. Même le milieu du théâtre me devenait un peu étouffant, ces derniers temps.

Elle s'avance vers moi avec un grand sourire innocent, et je me contente de froncer les sourcils, et de répondre à peine par un sourire. Je ne fais pas particulièrement d'effort, parce que ce sourire me semble assez hypocrite et je commençais déjà avant à en avoir ras-le-bol des menteurs.

« Bonjour Floria, merci d'être venue. »

« Merci à vous de l'invitation, »
je me contente de répondre, souriant toujours à peine.

Ne pas oublier que sous la femme se cache la séductrice, ne pas oublier...dans ce monde, tout est jeu de théâtre, après tout. Seulement, j'aimerais bien qu'elle dévoile un peu de masque, maintenant que j'ai grandi. Qu'elle n'aille pas me traiter comme une petite chose fragile ou elle risque de le regretter, ou je m'en irai simplement. Malgré tout, je la suis jusque dans la cuisine – spacieuse – et je prends le temps d'observer encore une fois les lieux, autant par repérage, que parce que ça l'incitera à parler. Et moi, pendant ce temps, je n'ai pas à faire la conversation ni à réfléchir tout de suite à mes réponses.

« Un thé ira très bien, merci. »

Je considère son sourire espiègle un instant, effleurant la surface de la table du bout des doigts. Elle me fait penser à quelque serpent souriant, je dois l'admettre, à moins que ma paranoïa me joue des tours ? Je repense à cette nouvelle d'une auteure anglaise, où l'héroïne est opérée des yeux pour améliorer sa vue. Quand elle se réveille, elle voit des faces d'animaux à la place du visage des gens, ce qui lui permet de repérer vite la nature et la personnalité de chacun. C'est à cela que me fait penser la situation. Je me demande bien quel type d'animal elle peut voir en moi. Peut-être un cygne, après tout. Le cygne blanc qui devient cygne noir, du Lac des Cygnes.

Son attitude m'irrite cependant, ou plutôt m'agace. Ce qui est déjà suffisant. Et il me semble que je parle à une égale, alors je tente une approche plus directe. Et puis si cela pose trop de problèmes, qui m'interdit de remonter le temps ? J'ai un avantage. J'aurai toujours un avantage.

« Si nous laissions tomber nos attitudes bien élevées et que nous jouions franc-jeu, Dahlia ? Que vouliez-vous vraiment en me téléphonant la dernière fois, en m'invitant à venir ici ? Quel est votre intérêt ? Et oui, accessoirement, que comptez-vous faire avec ce que vous savez ? »

La source n'a pas d'importance. D'autant que je suis persuadée qu'elle ne voudra pas me donner le nom de sa source. Elle n'est pas idiote.


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MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Sam 06 Sep 2014, 18:20

Un thé pour Mademoiselle, donc. Je mis de l’eau à chauffer, tout en sortant la boîte contenant tous les thés. La majorité provenait de l’étranger, seuls souvenirs que je ramenais avec un tant soit peu de soin de mes voyages. Floria n’avait que l’embarras du choix, mais pour la guider dans l’hypothèse où elle ne saurait que choisir, je pris un thé vert japonais. Léger et au goût délicat. Cela semblait peut-être trivial, mais mon corps étant en partie un outil de travail, je me devais d’y attacher une certaine attention. Pas vraiment de coquetterie donc, simplement un esprit pratique et professionnelle. Mon interlocutrice en faisait elle de même ? En tant que cantatrice, nul doute qu’elle devait prendre soin de sa voix et de sa gorge. Mais quoiqu’il soit, nous n’étions guère ici pour nous parler de cela. Fort heureusement.

D’ailleurs, elle ne semblait pas dupe, mais en avais-je douté ? Son attitude froide témoignait bien que mon jeu ne pouvait que l’agacer ou être inutile. Sa franchise me fit sourire une dernière fois, appréciant de voir que je parlais à une personne qui savait ce qu’elle voulait et voulait en venir directement aux faits.

ʺVous avez raisonʺ , acquiesçai-je en posant les tasses fumantes sur la table et en l’invitant à s’asseoir avant de prendre place à mon tour. ʺJe vous dois bien cela. Pardonnez-moi, c’est l’habitude.ʺ Ce qui était bien vrai, du moins en partie. Quel est l’intérêt de retirer son masque, si l’autre ne l’a pas vu de prime abord ? Non, il fallait qu’elle comprenne que ce qu’elle avait toujours vu de moi n’était pas mon vrai visage, qu’elle voit par elle-même le changement. Pour comprendre que, malgré ma frivolité apparente, je n’en étais pas moins sérieuse. Terriblement sérieuse.

D’un coup, mon sourire disparut et les traits de mon visage se détendirent pour afficher une neutralité et un manque total d’émotions. Tout éclat disparut de mon regard pour ne laisser que froideur et attention. Passer de l’un à l’autre m’était à présent devenu si naturel que le changement s’opérait en moins d’une seconde, laissant apparaître les calculs et la réflexion derrière chacun de mes gestes. La plupart des gens qui assistaient à cela n’étaient nullement impressionné, et ce n’était d’ailleurs pas le but. Mais comment allait réagir Floria ? C’était presque comme voir quelqu’un se transformer en une toute autre personne. Une personne peut-être plus digne de son attention.

ʺPremièrement, je tiens à vous rassurer. Je ne compte pas utiliser cette information pour quoi que ce soit. Je n’ai aucun intérêt à le faire, comme vous le dites.ʺ J’attrapai ma tasse et bu une gorgée de thé presque mécaniquement avant de reporter à nouveau mon attention sur mon interlocutrice. ʺIl s’agissait simplement d’une façon d’attirer votre attention. Car voyez-vous, je ne vous sous-estime pas du tout. Et je souhaiterais que vous fassiez de même avec moi.ʺ Mon regard s’attarda alors sur Floria, la détaillant de près. Je ne pouvais pas dire la connaître en dehors du milieu professionnel, mais il y avait indubitablement du changement. Même pour une personne forte et qui a traversé les âges, il peut toujours y avoir la goutte de trop qui fait déborder le vase.

ʺEnsuiteʺ , continuais-je finalement après un silence, toujours avec calme. ʺCe que je voulais, c’était vous dire que j’étais de votre côté. Que nos intérêts peuvent converger et que je suis prête à vous aider, si vous le souhaitez. Que moi aussi, je porte en moi cette colère qui ne désire que s’exprimer en actes, et non en paroles bien-pensantes.ʺ Je restais encore vague pour l’instant, mais à travers le sérieux de mon regard, Floria pouvait voir la flamme qui m’animait depuis maintenant si longtemps. Puis, hochant nonchalamment les épaules, je repris une gorgée de thé en ajoutant : ʺQuant au lieu, je souhaitais simplement un endroit sûr et tranquille. Les murs ont des oreilles, vous devez bien le savoir.ʺ

Cet endroit était l’un des rares où je puisse réellement me sentir à mon aise, presque sans poids. Pourtant, ce n’était pas le poids des histoires qu’il abritait qui le rendait plus léger, non. C’était peut-être juste la simplicité, le fait de savoir que je pouvais trouver ici des femmes avec qui je partageais bien plus que le reste de l’humanité. Et qu’elle le veuille ou non, Floria faisait également partie de ces personnes, bien que beaucoup plus forte. C’était aussi pour cela qu’elle se tenait devant moi à présent.

ʺCela fait un moment que je vous suis, professionnellement parlantʺ finis-je par ajouter, toujours sur un ton dépourvu de toute émotion. ʺMais je pense désormais qu’au-delà de la musique, nous pouvons trouver un terrain d’entente et même collaborer pour mieux servir nos intérêts.ʺ Pour la première fois depuis un moment, je m’autorisais un léger sourire. Mais un de mes vrais, presque carnassier disait parfois Ellen. Tout en sachant qu’il la menaçait ni elle, ni Floria. Mais ceux qui avaient cru pouvoir nous manquer de respect en toute impunité.
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MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Jeu 11 Sep 2014, 17:45



Je fais mine d'hésiter quand elle me propose un thé, avant d'en choisir un également au thé vert, pour lui donner l'impression de la suivre, ou simplement la rassurer sur le fait que je ne suis pas une ennemie. Le mimétisme permet de montrer à l'autre qu'on n'est pas étranger. Puisse-t-elle en avoir conscience, mais je n'en doute pas. De toute manière, aux mots que je prononce, elle a l'air de comprendre vite que j'ai décidé de laisser tomber le masque, et de jouer franc-jeu avec elle. Tourner autour du pot me lasse. Je n'ai de patience que si cela est nécessaire, et cela dépend surtout de la personne en face de moi. Stannis et Fran risquent d'avoir un jeu bien différent en face d'eux, que celui que j'offre à Dahlia à cet instant. C'est aussi parce que je ne la sens pas très éloignée de moi – pour une fois – que je prends la peine de remettre les choses à leur bonne place. Et au moins, cela a le mérite de la faire sourire. Je l'observe. J'aime bien ce sourire, étrangement. Je ne sais pas ce qu'il m'apporte exactement, mais je le préfère à beaucoup d'autres.

Le sourire n'est cependant lui aussi qu'une façade. Elle s'excuse, mais uniquement pour mieux laisser son masque tomber et changer, laisser son visage prendre ses véritables traits, sa véritable expression naturelle. Peut-être plus que d'autres, je savoure mentalement ce que cela donne comme effet, ce que cela montre, et le travail qu'il demande. Je suis cantatrice, après tout ; jouer des rôles, passer d'une expression à l'autre en quelques secondes, c'est mon travail. Et je ne suis pas moins admirative et satisfaite de celui qu'offre mon hôtesse. Alors oui, je comprends bien qu'elle est sérieuse – bien que je n'en ai jamais véritablement douté. Elle a de l’impassibilité des statues de pierre, des mannequins de cire, sauf que cela est plus terrifiant sur un visage humain, pour la simple raison qu'on s'attend à ce qu'un visage affiche des émotions. Cela ne signifie pas que j'ai peur. Je ne me sens pas comme chez moi, mais je ne me sens pas en danger non plus, ce qui n'est guère négligeable.

« Premièrement, je tiens à vous rassurer. Je ne compte pas utiliser cette information pour quoi que ce soit. Je n'ai aucun intérêt à le faire, comme vous le dites. » Voilà qui est bien. Elle s'enlève du coup la possibilité de subir un coup de poignard, à un instant mal placé. « Il s'agissait simplement d'une façon d'attirer votre attention. Car voyez-vous, je ne vous sous-estime pas du tout. Et je souhaiterais que vous fassiez de même avec moi. »

Son regard insiste sur moi, mais je ne bouge pas, me contentant de l'observer en retour, neutre mais déjà plus intéressée. Tout au plus j'entoure ma tasse de mes mains, comme pour les réchauffer, mais c'est une simple pose. On dirait deux chats qui se défient ensemble. L'idée n'est pas désagréable, même s'il faudrait éviter que cela tourne au concours. Un concours, c'est un jeu, et je n'ai plus de temps à perdre avec d'innocents jeux.

« Je ne vous ai jamais sous-estimée. Il y a du venin en vous, et rien que pour cela, j'aurais fait attention. »

Voilà qui devrait la rassurer en partie, même si ce n'était pas vraiment un compliment. Quoique. Et puis ça ne l'empêche pas de continuer son discours.

« Ensuite, ce que je voulais, c'était vous dire que j'étais de votre côté. Que nos intérêts peuvent converger et que je suis prête à vous aider, si vous le souhaitez. Que moi aussi, je porte en moi cette colère qui ne désire que s'exprimer en actes, et non en paroles bien-pensantes. »

Le regard de Dahlia se fait plus éclatant, comme animé de braises terribles. Cela aurait sans doute beaucoup plus impressionné l'ancienne Floria que moi ; moi, je me contente d'être fascinée, réellement. Il y a une sincère fascination pour ces regards de braise qui contrastent avec l'apparence tranquille de certaines personnes. C'est comme lire à travers une âme ou contempler l'éveil d'un volcan. C'est vertigineux, ébranlant, et surtout, il est impossible d'en détourner l'attention. Voilà ce que mon attitude exprimait, sans moquerie ni ironie. Je l'écoutais et lui prêtais une réelle attention, qui n'était pas que feinte ou avec une arrière-pensée. Et me déconcentrais pas mal de mon thé, tout à fait secondaire.

« Disons que les paroles suffisent un temps. Puis qu'elles deviennent inutiles. Plus personne ne les écoute. Par fainéantise, égoïsme, ou parce que c'est ce qu'ils ne souhaitent pas entendre. »

« Quant au lieu, je souhaitais simplement un endroit sûr et tranquille. Les murs ont des oreilles, vous devez bien le savoir. »

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cela. Ce lieu ne me met pas particulièrement à l'aise. Je ne sais pas trop pourquoi, je l'imagine dans dix, vingt ans, abandonné, les affaires laissées sur place, quelle que soit la raison. Cela ressemblerait à l'un de ces sanatoriums abandonnés où on contemple les anciens vestiges de vie avec un frisson. Je n'ai sans doute jamais cru à ce genre de centre, ou j'en aurais moi-même fréquenté il y a quelques années, à la fin de la Guerre. Mais tout le monde n'était pas comme moi. Je savais que les femmes ici présentes avaient souffert, mais je n'éprouvais aucun désir de m'y mêler. Peut-être que cela tenait davantage à ma nature mutante, qu'à mes expériences propres. Ou alors je considérais que les Initiés étaient une secte déjà bien suffisante. En attendant, le ton atone de Dahlia m'attire toujours.

« Cela fait un moment que je vous suis, professionnellement parlant. Mais je pense désormais qu'au-delà de la musique, nous pouvons trouver un terrain d'entente, et même collaborer pour mieux servir nos intérêts. »

Et elle sourit, un sourire qui ne tenait plus du venin mais de la menace ouverte, mise à nu. Sauf que ce n'est dirigé vers moi, heureusement. Mais ceux à qui il s'adresse en réalité, en frissonneraient. J'en suis convaincue. Le sourire que je lui rends est toute aussi rouge, quoique plus moqueur, peut-être. Du moins maudit-il certains autant que moi ; voilà ce que je devine. Mais ses ambitions sont plus lointaines, plus absolues que les miennes. Et malgré toute la séduction qu'elle me propose, je me demande si elle ne fait pas fausse route.

« J'ignore votre but, Dahlia. Mais il me semble que vos buts sont plus politiques, plus sociaux que les miens, qui cherche simplement à me venger de ceux qui m'ont heurtée et qui ont joué avec mon cœur. A moins que ces personnes ne nous soient communes, je ne suis probablement pas celle qu'il vous faut. La prima donna a toujours été égoïste, bien que cela n'ait jamais été méchamment. »

De plus...si encore je m'intéresse aux Ombres...rien ne dit qu'elle est contre un groupe mutant, plus qu'un autre. C'est là une divergence qui nous oppose.


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MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Mer 29 Oct 2014, 21:44

Je servis donc également un thé à mon interlocutrice, n’y voyant vraiment là rien d’autre qu’une formalité. Mais je pouvais tout à fait comprendre que ce simple geste puisse animer bon nombres de pensées dans l’esprit méfiant de Tosca. Je n’avais pas sa confiance, et n’avais jusqu’à présent rien fait pour le mériter, en effet. J’espérais toutefois changer cela, ou au moins, lui signaler plus précisément où je me situais sur cet immense échiquier où nous évoluions. Et où ni elle ni moi ne souhaitions être de simples pions dirigés à la baguette par des personnes qui ne le méritaient nullement et qui allaient l’apprendre à leurs dépens.

Mais pour l’instant, il était temps pour moi, en vue de me montrer plus honnête envers mon interlocutrice, de faire tomber mon masque de bienséance pour que nous soyons réellement face à face. Mon sourire laissa donc place à une expression d’une froide neutralité, et ce changement ne sembla pas surprendre plus que cela Tosca. Mais cela ne m’étonnait guère, elle était également artiste et elle-même douée pour ce genre de transformation. Même en dehors de la scène et de la fiction. Nous nous faisions désormais face, et un spectateur extérieur aurait pu jurer qu’on avait placé un miroir entre nous deux, tant nos poses et expressions étaient similaires.

J’abatis mes cartes la première, expliquant clairement que les informations que je détenais ne devait pas l’inquiéter. Puis, ajoutai que je n’avais jamais fait l’erreur de la sous-estimer, en espérant qu’elle en fasse de même. Ce qu’elle me confirma l’instant d’après et sa métaphore eut même pour effet de me faire esquisser un sourire. Du venin en moi… cette image me plaisait bien, et je préférais prendre cela pour un compliment. Je hochai donc la tête pour saluer sa perspicacité, avant de reprendre, neutre à nouveau. J’avais toutefois l’impression d’avoir davantage capté son attention, et continuai donc sur ma lancée.

D’un regard enflammé qui contrastait avec la froideur de mon corps, je lui avouais nos ressemblances. Nos colères trop longtemps enfouies, notre désir de nous faire respecter et de faire payer ceux qui avaient souhaité ou souhaitaient encore se jouer de nous. Les mots ne suffisaient désormais plus. Nous avions besoin de davantage. Et je le vis dans ses yeux, ses yeux qui me suivaient avec attention. Ses paroles me confirmèrent que nous pensions bien la même chose. Je continuais néanmoins, répondant avec plus de simplicité au choix de ce lieu pour notre rendez-vous. Lui déplaisait-il ? Il n’était certes pas des plus joyeux, ni des plus plaisants. Il pouvait évoquer bien des mauvais souvenirs, ou témoigner d’une chose que nous souhaitions éviter à tout prix. Personne ne souhaite être une victime. Et pourtant, je ne voulais pas non plus l’oublier. Oublier ce qui me motivaient, oublier ce pourquoi je me battais jour après jour. Et pour essayer d’amener un peu de sens à cette vie qui ne faisait de cadeau à personne.

J’enchaînais néanmoins en réaffirmant qu’une entente entre nous deux pouvait nous être plus que profitable, étant donné que nous partagions de nombreux buts et points communs. Mes intentions avaient été déclarées et désormais, c’était à elle de s’ajuster de réfléchir à tout ce que je venais de lui dire. Nul doute que bien des points restaient dans l’ombre, et certains y resteraient, n’ayant aucune place dans nos affaires communes. Mais en ce qui concernait le reste, j’étais disposée à témoigner de toute ma bonne foi, qui, pour une fois, était on ne peut plus sincère. J’écoutais donc avec attention sa réponse, pour comprendre où se situaient encore les zones d’ombre à éclairer. Ou du moins, tenter de le faire.

ʺMes buts ne peuvent pas vraiment être qualifiés de politiques ou de sociauxʺ répondis-je en inclinant doucement la tête et toujours en la fixant. ʺIls vont à la fois bien au-delà de cela, et sont bien plus égoïstes que vous semblez le penser. Je ne fais pas dans la charité, et ne m’abaisse pas à de vaines chamailleries politiques non plus. Mon camp est choisi depuis longtemps, et ne fait partie d’aucun de ceux qui s’entre-tuent actuellement. Je ne suis donc fondamentalement ni avec l’un d’eux, ni contre eux à proprement parler.ʺ

Ces guerres incessantes ne m’intéressaient que dans la mesure où elles pouvaient servir mes intérêts. Car aucun ne valait mieux à mes yeux que les autres. Tous reproduisaient le même schéma, la même violence envers nous. Certes, dans chacun de ces camps se trouvaient des personnes dignes d’intérêts, fiables et honnêtes. Mais ils étaient généralement loin d’être la majorité, et ces soi-disant leaders étaient tous des hommes. Du moins, en apparence, c’était eux qui semblaient diriger. Mais il se passe parfois dans l’ombre des choses bien étonnantes et intéressantes. Je m’approchai alors de Tosca pour planter mon regard dans le sien, brûlant à nouveau de cette énergie qui m’animait. Me consumait.

ʺCertaines de ces personnes nous sont justement communes. Car moi aussi, je cherche à me venger. A me venger de ces hommes qui me méprisent jour après jour. Qui nous méprisent toutes. De ces hommes qui se permettent de croire qu’ils peuvent jouer avec notre cœur et notre corps en toutes impunités. Certaines de ces personnes méritent que l’on s’occupe d’elles, sérieusement.ʺ Je m’éloignais alors légèrement, laissant mes flammes intérieures se calmer quelque peu. Retournant à ma tasse de thé, j’en bus une gorgée comme pour apaiser ce feu qui brûlait en moi. Tout en sachant pertinemment que cela ne serait jamais possible, que cela resterait à jamais une façade.

ʺNous pouvons faire nos égoïstes Prima Donna chacune de notre côté, bien sûrʺ concédai-je faussement en hochant les épaules. ʺMais cela serait rater une occasion de joindre nos forces alors que notre combat comporte de très nombreuses similitudes, c’est plutôt dommage, non ? Et que dire de notre connaissance commune…ʺ

A nouveau, je lui sifflai l’air que je lui avais innocemment joué au téléphone. Avec cette fois-ci beaucoup plus de froideur, qui démontrait bien que j’étais sérieuse. Jouer n’était de toute manière plus à l’ordre du jour, et ce depuis longtemps.
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MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Dim 28 Déc 2014, 23:23



Dahlia n'a en effet pas ma confiance, et si je savais le lien l'unissant à Zéphyr, peut-être aurais-je vu les choses d'un autre œil. Mais en attendant, je ne peux que me contenter d'observer, et d'attendre. Et écouter. Nous sommes deux femmes dangereuses, qui sous des apparences froides, parfois rigides, n'ont que la passion et les émotions qui brûlent, au cœur plus dangereux que la raison – encore que je n'ai plus de cœur. Cela est peut-être même encore plus dangereux, en vérité. Et nous nous ressemblons encore plus dans le fait que nous ne souhaitons point être des pions sur un échiquier où s'opposent trois camps de mutants différents – mais plutôt des reines. Nous en avons le pouvoir, n'est-ce pas ? Il y a après tout des femmes qui appartiennent à la race des guerrières, et il me semble que nous n'en soyons pas si éloignées.

D'une certaine manière, la neutralité froide, l'impassibilité marmoréenne qu'elle affiche, est semblable à celle qui hante désormais mes traits, au repos, quand je ne suis sous le jeu d'aucun masque. C'est également ainsi que je qualifierais mon cœur, désormais, et c'est pourquoi il est à la fois fascinant et intéressant de voir cette expression sur le visage d'un autre. D'une autre. Un miroir a toujours des reflets subtils et nous confronte à ce qui nous manque, aussi bien à ce que nous représentons. Et les mots qu'elle enchaîne sont bien similaires également, à nombre de pensées que j'ai eues, ce qui n'est pas pour me déplaire. Il y a quelque chose de terriblement séducteur à voir ce volcan brûler dans les yeux de Dahlia, les flammes qui hantent aussi bien ses prunelles que son corps, à la façon dont elle bouge et parle, choses auxquelles je suis parfaitement attentive. Je n'ai pour l'instant pas touché à mon thé, et honnêtement, il peut attendre. Le discours de la jeune femme est bien plus intéressant, et va au-delà de quelque rivalité musicale stupide.

Et je ne détourne pas un instant mon regard du sien, liée à elle par ces ressemblances intérieures qui nous consument, tout comme par ces mots qui expriment les désirs de nos esprits, à défaut d'âmes.

« Je vois, » dis-je, lorsqu'elle m'explique clairement ne faire partie d'aucun clan. « Votre seul camp est donc le vôtre, et consiste à vous défendre. Défendre les femmes que vous avez choisi d'accueillir ici, ou toutes celles qui à un moment ou à un autre ont été violentées par un homme. Ce n'est pas de la charité, mais cela y ressemble. Y ressemblerait, si du moins vous n'aviez pas ce poison dans le regard. »

Ce n'est pas une insulte, contrairement à ce qu'on peut croire, et mon ton le signifie parfaitement. Je sais au moins que je n'ai pas à prétendre que je ne suis pas chez les Initiés, ou que je fais partie de quoique ce soit. Le regard qu'elle m'adresse me fait à nouveau penser à une torche, une torche si flamboyante qu'elle se consumait d'elle-même, et je me demande si elle prend parfaitement garde à ne pas se brûler, à force de sembler jouer avec le feu, dans l'ombre...Quant au rapprochement qu'elle fait, je me redresse, mais ne recule pas d'un pouce, soutenant son regard. Après tout, je suis censée être invincible désormais, et j'ai mes dons pour moi. Le discours suivant n'est pas sans éveiller également des échos dans ma mémoire et mon corps, mais je ne peux m'empêcher de me demander à qui elle pense exactement, et combien de ces personnes. Des hommes, j'en connais beaucoup, après tout. Stannis, Algernon, Rafael, Davos, Dastan, Axel, Dantès...la liste peut être longue, et elle, qui n'appartient à aucun camp, je me demande vraiment à qui elle songe. Je ne peux cependant que hocher la tête, avec le plus grand sérieux, à ses paroles.

« Certains ne sont pas parfaitement conscients de ce qu'ils font. D'autres oui. Mais certains mériteraient certes une remise en place...ou qu'on leur rappelle que sans certaines personnes, ils ne sont rien. »

Elle s'éloigne un peu, comme soudain calmée, mais je ne m'y trompe pas. Une fois qu'on a vu brûler ces flammes intérieures, on ne peut plus douter de leur existence, ni d'à quel point elles dévorent toute une âme, toute une personne, au point de la transformer en ange ou en monstre. Au point, en tout cas, de changer littéralement une personne, comme elle me l'a dévoilé depuis le moment où elle a choisi de laisser tomber son masque. L'air qu'elle sifflote me crispe malgré moi ; certains souvenirs demeurent épouvantablement traumatisants, ne serait-ce que physiquement, et par les pertes qu'ils ont jadis engendré. Et cela ne me fait point douter de sa ténacité et détermination – au contraire. Le jeu est franc. Je me rassieds, et touche enfin à ma tasse de thé, buvant une légère gorgée et prenant également quelques secondes pour réfléchir.

« Vos vengeances sont aussi personnelles que les miennes. Vous connaissez Baldwin, bien que j'ignore le mal qu'il vous a fait. Il est une de mes cibles principales. Mais les autres ? De quelle manière pourrions-nous joindre nos forces ? Tout dépend de ceux que vous visez. De s'ils nous sont communs. Sauf si votre but est d'éradiquer tous les manipulateurs de cette terre, auquel cas la tâche risque d'être longue. »

Je m'arrête un instant, effleurant sans y songer l'anse de ma tasse, et je suis parfaitement froide, seulement songeuse.

« Qui d'autre souhaitez-vous atteindre ? C'est cela, la question. J'ai des dons, qui peuvent peut-être vous aider. Vous avez des moyens de défense que je n'ai jamais appris. Tout cela est un partenariat équitable. Mais mis à part Baldwin...qui sont les autres, pour vous ? »

Je ne suis pas sans me demander si elle tient elle aussi rancune à certains problèmes familiaux.


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MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Mer 04 Fév 2015, 17:16

Que de méfiance dans ce regard froid ! Cela témoignait sans doute d’illusions et de sentiments brisés… Quelque chose qui ne m’était pas étranger. Floria était différente d’il y a quelques mois, c’était certain. Une sorte de carapace la protège désormais de tout, mais aussi d’elle-même. Malgré nos différences autant physiques que de caractère, sans parler de l’âge, j’ai l’impression de me voir en elle. Une femme forte qui cache en elle ses blessures, qui a du cran et de l’assurance, tout en croyant que le monde a tout détruit de bien en elle et qui se laisse consumer par ses objectifs et aspirations. Pourtant, de temps à autre, je me souvenais qu’un cœur était plus difficile à tuer qu’on le pensait, et difficile à tenir à distance. Un jour ou l’autre, il finissait par nous rattraper… Mais cela était autre chose, et chaque chose en temps voulu.

Face à l’adversité, nous avions tout avantage à nous allier, et ce d’autant plus lorsque certains de nos buts étions partagés. C’est pour cela que je me présentais réellement à mon presque double, et lui exposais mes intentions. Je n’étais d’aucun camp, ce qui pouvait également signifier que je pouvais potentiellement appartenir à chacun d’eux… Tout cela sembla lui convenir, et elle résuma justement ma situation. Un sourire faussement innocent apparut sur mes lèvres à sa dernière remarque. Elle m’avait très bien cernée.

ʺJe prends cela pour un compliment. Car vint un temps où la charité ne suffit plusʺ me contentai-je de répondre. Pas besoin de confirmer davantage, mon regard enflammé était beaucoup plus parlant que tout un discours. Nous étions proches l’une de l’autre désormais, nous observant avec tout le calme et le sérieux que la situation demandait. Elle réfléchissait à mes paroles, puis finit par exprimer son avis sur la question. Nous étions sur la même longueur d’ondes, mais cela, je n’en avais pas douté. Je hochais doucement la tête en signe d’approbation, mais ajoutai :

ʺNe pas savoir n’est pas une excuse derrière on peut se cacher. L’ignorance peut-être parfois bien plus dangereuse… Mais en effet, la priorité doit être mise sur certaines personnes.ʺ

Je m’éloignais ensuite, sifflotant un air qui fit manifestement son effet. Non pas que cela me réjouisse, mais cela prouvait au moins qu’elle pouvait me comprendre. Elle prit finalement place à table et je l’imitais, saisissant également ma tasse de thé pour en savourer une gorgée avec calme et froideur. Je l’écoutais attentivement, et sa question quant à Baldwin me laissa quelques instants songeuse, alors que je repensais à cette première rencontre à la bibliothèque. Infortunée, surtout pour lui. Allez savoir ce que l’avenir nous réservait, mais ce qui était certain, c’était que nous allions nous revoir. Et que cela n’allait rien signifier de bon pour lui.

Il fallait que mon cœur soit noir, sec et impénétrable. Car à la moindre faille, on se dépêchera d’y entrer pour m’anéantir sans aucune pitié.

ʺC’est un homme, ce qui suffit déjà largement.ʺ Pour le reste, nous savions toutes deux de quoi il était capable. Quant aux autres… J’esquissai un sourire. ʺJe suis bien d’accord, et mon but n’a jamais été d’éradiquer la gente masculine. J’ai bien conscience de mes limites, mais espère tout de même que le court temps qui m’est accordé sur cette terre me permettra de laisser ma marque.ʺ

Comparé à d’autres, mon existence n’était rien. Et je ne me croyais pas capable de changer le monde à moi toute seule. Mais ce que je pouvais sauver ou détruire ; je le ferai. Et peut-être que cela servira, peut-être que non. Là n’est pas vraiment la question. Comme mon interlocutrice l’avait deviné, je ne faisais pas dans la charité.

Je bus une nouvelle gorgée de mon thé, avant de relever le regard dans sa direction :

ʺMa priorité va aux hommes qui usent de leur pouvoir à mauvais escient, ceux qui ne nous respectent et nous sont nuisibles le plus fortement… Ce qui fait déjà assez de travail, mais si tu as des noms, je serai ravie de les mettre sur le haut de la pile pour m’en charger, avec ton aide.ʺ Des politiciens, des leaders, des hommes d’affaires, des humains, des mutants… Nous avions vraiment l’embarras du choix. Retrouvant un peu de légèreté, j’ajoutai avec un petit sourire et non sans un certain humour cynique: ʺNous pourrions vraiment monter un club, les agressées anonymes hystériques. Je suis certaine que nous ne serions pas les seules à en faire partie…ʺ
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MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Mar 24 Fév 2015, 15:06



Les épreuves font de nous ce que nous sommes, et les miennes ont été particulièrement utiles, voilà tout. Les illusions et sentiments brisés, je les ai subis, sans rêver parfois que cela s'améliore un jour véritablement ; aujourd'hui j'ai simplement choisi de leur dire adieu. D'aucuns diraient que je perds là l'intérêt de la vie, mais je crois avoir assez vécu, pour l'instant, pour m'autoriser à être indifférente et froide. Et puis, cela n'empêche nullement de jouer avec les autres, en attendant. Quant à la carapace, elle était réelle. Je ne voulais plus de ce cœur trop grand, on me l'a arraché. C'est le mieux que je pouvais avoir. Peut-être que je changerai d'avis un jour, mais pas pour l'instant. Et je pense que la femme en face de moi, avait les mêmes pensées, ce qui n'est pas pour me déplaire. Je me sens davantage à lui faire confiance, qu'à quelqu'un comme Dantès ou Axel, bien qu'ils soient précieux. Mais juste parce que ce sont des hommes...disons que j'en ai assez soupé. Et qu'une pause ne fera pas de mal.
Puisse le cœur ne jamais me rattraper. En attendant, j'observe les sourires faux et innocents de Dahlia, me prenant à éprouver quelque admiration ou sympathie, si tant est que j'en ai encore la place en moi. Je ne me sens pas vraiment en sécurité, cependant, je me sens à ma place, car son discours fait écho aux pensées qui raisonnent en moi. Et son ton est assurément beaucoup plus sûr et parlant que tout une palabre de mots à dépêtrer. Non, la charité ne suffit pas, et la bonté passe, après un temps. Nos gestes se reflètent les uns après les autres comme dans un miroir, et cela a quelque chose d'étrangement apaisant. Au moins un lieu, une personne en face de qui ne pas avoir de masque. Cela doit également la soulager, je suppose. Ils sont si rares, les moments où on peut être soi, sans craindre d'ennuyer l'autre.

J'écoute ses nouvelles explications avec moins de scepticisme et davantage d'attention, maintenant qu'elle m'a montré où était son intérêt, et ses projets. Certes, l'explication « c'est un homme » suffit pas. Mais bon...certains font parfois preuve d'exception, ce qui n'est pas si mal. Mais beaucoup d'autres pèchent et cela ne rattrape pas vraiment le lot de tous les autres. Comme ils disent, ils en portent toute la collection avec eux.

« J'aimerais savoir d'où vient cette motivation, précisément. »
je fais, avec neutralité, attention, et un regard soutenu, sincère.

Je ne cherche pas à la piéger. Cela m'intéresse vraiment. Les émotions des autres ont de moins en moins de sens pour moi. Aussi je dois m'acharner à comprendre leurs raisons, ce qui est déjà un début. Et puis, comme je l'ai dit...elle m'intéresse. Et comme pour Dantès ou n'importe quel autre, plus j'en saurai, mieux ce sera. Plus je pourrai le tourner à mon avantage. Je n'oublie seulement pas qu'elle est aussi dangereuse que moi, la poupée de porcelaine aux yeux si innocents. Je ne pense pas non plus à changer le monde, j'ai déjà bien assez à faire avec les gens autour de moi. Nous verrons donc.

« Ta description est très généralisante et on pourrait mettre beaucoup de noms dedans. Depuis Baldwin, jusqu'à Zexion, en passant par certains politiciens comme le maire de la ville, sans oublier quelques autres membres de ma famille. Tu n'as vraiment pas de priorité ? Pas de plan précis ? Ou un réseau par lequel commencer ?»

Disons que ce serait plutôt utile pour savoir par où et comment avancer. Avoir l'embarras du choix peut se révéler plus un défaut, qu'une qualité, à force. Si on patauge rien que pour commencer, ça ne va pas le faire. Néanmoins, elle réussit à me tirer ensuite un sourire.

« Le nom est sympa. Je pourrais même d'ores et déjà t'ajouter deux ou trois adeptes. Encore faut-il seulement qu'elles le veuillent bien. Et ce n'est pas sûr qu'elles adhéreront à notre vision des choses... »

Je l'observe encore un long instant. Son sourire est aussi nonchalant que ses paroles, et son humour caustique me plaît bien. Je finis par me relever de la position assise que j'ai de plus en plus de mal à supporter. Il me faut bouger, simplement.

« Qu'est-ce que tu enseignes et apprends aux femmes ici ? J'imagine que tu ne les formes pas toutes à être des agents secrets du club que tu viens d'inventer. Mais si c'est le cas pour certains...quelles sont tes armes, simplement ? »

Je me doute bien de certaines, mais je ne compte pas passer toutes mes nuits dans des lits différents. Ça va bien au bout d'un moment, et c'est parfois moins efficace que d'autres moyens.



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MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Sam 14 Mar 2015, 18:27

Nos parcours et existences ont beau être différents, une certaine similitude se dessinait toutefois entre Floria et moi. Nous nous en rendions compte un peu plus à chaque instant, et l’alliance que j’avais aperçue pour nous semblait apparaître petit à petit. Mais je n’étais pas pressée : je savais que la confiance se méritait et se gagnait, aussi laissai-je les choses suivre leur cours. Je répondais aux interrogations de mon interlocutrice avec sérieux et sincérité, lui laissant le temps de me juger et d’analyser cette nouvelle facette de ma personnalité que je lui présentais. Celle qui se trouvait derrière tous les masques. Celle qui se prétendait sans cœur, et souhaitait partager cette caractéristique pour une cause. Notre cause, si Floria acceptait de me rejoindre.

Mais, nos émotions, étions-nous réellement capable de les enfuir totalement comme nous semblions le faire croire ?

Soudain changement d’atmosphère, lorsqu’elle me demanda avec un intérêt sincère la motivation qui se trouvait derrière cette haine dont l’acuité se reflétait parfois au fond de mes prunelles. Je soutins son regard, et me surpris à le détourner soudainement, envahie d’une nostalgie qui m’était assez inhabituelle. Du moins, au point qu’un nœud se forme dans mon estomac et qu’un léger air de tristesse vint s’installer sur mon visage, l’espace d’un court instant. Instant où je me retrouvais auprès de Sacha, il y a de cela des années qui me semblaient maintenant être des siècles. Une éternité qui me séparait de ces quelques mois de bonheur. Je n’étais peut-être pas immortelle, à l’instar de mon interlocutrice, mais la distance et les changements d’avec cette époque faisaient comme si j’avais vécu et grandi plus que les autres mortels.

Et, pour une fois, je me laissais aller à songer à ces souvenirs heureux un peu plus que d’ordinaire. Mais je finis tout de même par les chasser, comme à chaque fois. Distraitement, toujours perdue dans mes pensées, je renversais sans le vouloir ma tasse de thé et ce qui resta du breuvage éclaboussa ma robe, y formant une tache sombre. Revenant à mes esprits, j’observais quelques instants l’ampleur des dégâts, avant de redresser avec calme la tasse. Tant pis pour la robe, ce n’était que du thé, après tout.

ʺUne personne que j’ai aimée a été détruite par la vanité et la cruauté des hommesʺ, répondis-je simplement en retrouvant une façade neutre, comme si Floria n’avait pas été témoin de cette maladresse et de ce bref instant de faiblesse, vestige d’un passé que je souhaitais tenir à l’écart. ʺSans parler de chaque humiliation que je dois endurer, jour après jour. Vous devez savoir ce que c’est, vous êtes aussi dans le milieu du spectacle et de la musique. On n’est bien souvent qu’une voix, un joli minois, un objet…ʺ

Je retrouvais un petit sourire cruel en relevant le regard vers elle. Oh oui, j’avais souffert. Et de cette douleur étaient venues cette colère et cette envie de vengeance qui me consumaient. Ils avaient tué ce qu’il y avait de mieux en moi, aussi n’avais-je plus besoin de m’ennuyer avec ces choses futiles qu’étaient les sentiments. Le mâle était nuisible, j’en avais fait mon axiome de base sur lequel bâtir le reste de mon existence. Une nouvelle vie de mante religieuse, attirant les hommes dans mon antre soit avec une stridulation dissimulée sous une voix de velours, ou mes formes élégantes qui cachaient une véritable machine à tuer. Et ils ne se rendaient évidemment compte que trop tard.

Démon de l’enfer, m’avait une fois surnommée je ne sais plus quel victime tombée entre mes griffes. Je m’étais contentée de lui répondre d’un sourire carnassier sur mon joli petit visage de poupée.

Elle me demanda ensuite qui je visais précisément, arguant que ma définition concernait beaucoup d’hommes. Je haussai simplement les épaules.

ʺD’ordinaire, je me charge de ce qui se présente à mes yeux, ou de ce que mon réseau d’informateurs me signale. Il y a toujours de quoi faire, mais je m’occupe surtout de politiciens, d’hommes de pouvoir. Je serai donc ravie que notre collaboration amène de nouvelles priorités, selon ce que tu souhaites toi. Mais les noms que tu as cités peuvent déjà être une piste intéressante… Et je n’ai pas de limites.ʺ Je me tus quelques instants, avant d’ajouter, avec une pointe d’amusement : ʺS'il est une chose certaine sur terre, s'il est une chose que l'histoire nous a apprise, c'est qu'on peut tuer n'importe qui.ʺ **

Ensuite, je lui suggérai, avec un brin d’humour que nous pourrions former un club. Elle me répondit sur le même ton qu’elle pensait à quelques potentielles adeptes pour venir agrandir les rangs. Ce qui ne m’étonnait évidemment pas.

ʺElles ont le droit de décider. Et nous ne sommes pas obligées de les faire adhérer à tous nos opinions… Quelques points communs suffisent.ʺ

C’était en tous cas à creuser, un peu plus sérieusement. Floria se leva ensuite, m’interrogeant sur mon rôle dans cette maison. Et sur mes armes, en général. Je continuai à l’observer, reprenant un air quelque peu plus sérieux.

ʺLes femmes ici n’ont souvent pas la force de faire plus que survivre. Je les aide donc du mieux que je peux, même si souvent ce qu’est au travers de l’argent que je leur offre au travers de cette institution.ʺ Je fis une pause, avant de la fixer plus intensément : ʺJe n’ai pas de scrupules, ni de sentiments, mais une très grande imagination et une haine sans limite. Voilà mes armes principales. De plus, je possède un certain réseau de personnes de confiance, qui peuvent me rendre service et me renseigner. Oh, et je ne me débrouille pas trop mal avec les armes concrète et la défense au corps à corps. J’ai quelques techniques assez efficaces pour neutraliser un adversaire… Voire plus que le neutraliser.ʺ

Non, les femmes recueillies ici n’étaient pas comme nous, la grande majorité du temps. Et à part leur apprendre à ne lui laisser les hommes diriger leur vie, je ne pouvais décemment leur demander d’agir de manière plus active. Mon interlocutrice, en revanche, était d’une toute autre trempe. M’accoudant sur la table, je reposai mon menton sur mon poing et demandai, avec un air plus joueur :

ʺEt toi Floria, quelles sont tes armes ? Penses-tu qu’on puisse faire des merveilles ensemble ?ʺ

C’était en tous cas ce dont j’étais persuadé, de mon côté.

** Citation du Parrain
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MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Dim 29 Mar 2015, 20:49


L'absence de cœur et la haine de certains sont ce qui nous réunissent. Dans d'autres circonstances, nous n'aurions sans doute pas été aussi proches. Ou du moins, aussi compréhensives l'une vis-à-vis de l'autre. Au moins nous nous parlons avec sincérité, et sans masque. Et d'ailleurs, cela me stupéfait presque ; qu'elle parle ainsi sans apparence, sans forcément de grande arrière-pensée, changeant alors du masque de porcelaine de la cantatrice jolie, et également du dur visage de métal, comme si une émanation magnétique tant envoûtante que terrifiante, s'émanait d'elle. Et la fissure dans son regard m'apparaît alors, librement et sans contrainte. De la nostalgie, de la tristesse, naissent dans ses prunelles sombres, alors que je pose la question la plus importante à mes yeux. Ainsi la poupée sanglante a une âme, elle aussi. Cela ne dure que quelques secondes, mais cela est précieux, infiniment précieux. Fragile, humain...ce que je n'aurais pas supposer en entrant ici. Mais nos hasards, nos échos et nos questions ont donné naissance à cet instant.

Cela la perturbe assez pour qu'elle renverse du thé sur sa robe, créant une tache sombre qui s'étale sur la couleur naturelle du vêtement, comme une larme ou le sang d'une blessure. J'observe cela en silence, cette marque de faiblesse qu'elle semble pourtant regretter, ou oublier, au point de n'en marquer que de l'indifférence après. Cela me surprend beaucoup, de sa part. Je pensais qu'elle ne faisait pas d'erreur, jamais. Est-ce une confidence ? Sans doute. C'est sa confession personnelle qu'elle me livre : là où tout a débuté pour elle. Mes doigts tapotent légèrement mon genou, sous la table, et mon pied se balance un instant. Mais cette légère agitation dans mon impassibilité, n'est pas forcément signe de quoique ce soit.

« Juste une image, » j'acquiesce lentement, en comprenant très bien ce qu'elle veut dire. « Merci. »

Elle a de nouveau ce sourire cruel et cela me rassure. Je préfère cela. Les images, après tout....Rafael a cru à une image, tout comme Zexion ou Seaworth, et ils le payeront tôt ou tard. Je comprenais le cheminement, désormais, de sa pensée à elle ; après tout, tout l'amer vient des personnes que l'on perd, je crois, et je parlerais sans doute d'Angelo, si je ne ressentais plus de la simple indifférence à l'égard de ce mort si important pour moi, fut un temps. Oui, ils avaient tué ce qu'il y avait de mieux en nous, à un moment, et tout avait été perdu à ce moment-là. A quoi servait de vivre quand l'axe le plus important de notre vie, le plus complet, celui nous rendant le plus heureux, avait disparu ? Toute tentative après semblait un simulacre brouillon. Surtout quand les suivants s'avéraient....ce qu'ils étaient. Qu'ils ne reflétaient pas celui qu'ils prétendaient être.

C'était une bonne chose de ne pas avoir de limites. Au moins le champ était-il vaste et illimité. Je hochai la tête, terminant ma tasse, cette fois.

« Très bien...Je ferai donc selon ce que je trouve, également. On n'a pas besoin d'avoir de fin à une liste. » Je souris, cette fois, à sa citation. « Oui, tout le monde peut être tué. »

Même Ascheriit, comme je l'apprendrai plus tard. Mais c'est aller trop loin dans le temps. Je me lève ensuite, marchant un peu dans la pièce, observant les lieux, et écoutant à nouveau son discours avec attention. Ce n'est donc pas vraiment une armée ici, mais un refuge, vraiment un refuge. J'aurais peut-être dû venir ici, au lieu d'aller chez Ao. Too late to turn back now. Au moins Persona les aidait de la meilleure manière qui soit, et mon sourire s'élargit un peu, au portrait qu'elle se fait d'elle, de sa puissance.

« Tu es donc presque parfaite, » je fais, sans ironie. « Tu as parfaitement de quoi te débrouiller. Je ne suis pas sûre d'avoir tant de choses que cela, à t'apporter. Mais tu ne me déçois pas, cela est certain. J'aurais aimé te connaître plus tôt. »

Si du moins j'avais eu un esprit pareil, plus tôt. Elle m'impressionne et me séduit à la fois, ce qui est très bien. Elle n'est pas Externelle, elle ne semble pas posséder de gène mutant, elle n'appartient à aucun groupe ; elle est elle-même, et c'est très bien. En quelques mots, je pense que je lui faisais un peu près confiance. Assez, en tout cas, pour me retourner complètement vers elle et son air joueur, malicieux, quand elle m'interroge à son tour. J'hésite un instant, mais elle a été honnête, a fait paraître plus d'émotions que prévu devant moi.

« Comme toi, j'ai un certain réseau de gens, et quelque capacité à manier les armes. Je suis mutante, aussi, comme tu dois t'en douter. De manière simplifiée, je peux savoir toute vérité historique – par conséquent, je sais que tu ne m'as pas menti durant toute notre conversation. Je suis plus vieille que ce corps. Et je remonte dans le temps, comme je le désire. Je ne peux que rajouter ensuite le même esprit que toi. » Un temps. « Oh, et je n'ai plus de cœur. » j'ajoute, sur un ton léger.

Faisant le tour de la table, je saisis sa main pour la placer, brièvement, à cet endroit ; tout au plus y a-t-il un faible, très faible battement, par rapport à un être humain normal. Je ne compte cependant pas dire d'où cela vient. J'ai déjà indiqué que c'est un changement récent, dans ma phrase. Je recule, mais je ne compte pas non plus dire un mot sur les Initiés, ou mon lien de parenté avec certains.

« De l'argent, également. Et je connais certains groupes de mutants. » Je termine, sans pour autant dire que j'appartiens encore à l'un d'eux. Je veux garder quelques atouts. « T'est-ce suffisant ? »

Je suis ouverte à toute question, pour autant, il n'est pas sûr que je répondrai à chacune.


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MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Sam 02 Mai 2015, 17:18

Personne n’est parfait, et celui qui prétend le connaître se trompe lourdement. Le but n’est pas d’être sans faille, mais de connaître ses faiblesses, de ne pas les sous-estimer et de les maîtriser pour éviter qu’elles ne se retournent contre nous. Couper nos sentiments faisait partie de cette stratégie, car nous avions bien vu que là se trouvait des portes d’entrées à la souffrance. Parce que les émotions, surtout positives, représentent ce qui a de meilleur en nous. Ce qu’il y a de plus beau, et donc de plus précieux. S’en couper est le prix à payer pour atteindre des objectifs de grandes envergures. Et pour ne plus jamais souffrir de la manière dont nous l’avons fait par le passé.

Floria semblait parfaitement comprendre ces explications, visiblement encore plus semblables à moi-même que je l’avais imaginé. Elle savait que ces paroles exposaient une part de moi plus fragile et vulnérable, d’où je tirais pourtant ma force. Elle me remercia simplement, et je conclus le sujet d’un simple hochement de tête, retournant à mon expression d’indifférence et de marbre. Faire comme si tout cela n’avait été qu’un mirage, même la tache de thé qui représentait pourtant cet état de faiblesse qui était venu aussi vite qu’il était reparti.

Mais nous allions prouver à tous ceux qui ne voyaient en nous qu’une image, pour reprendre les mots de mon interlocutrice, qu’ils avaient diablement tort de nous sous-estimer.

Notre liste d’ennemi était sans fin, à l’instar de ce trou béant qui remplissait l’endroit où aurait dû se trouver notre cœur. Le travail ne manquait donc pas, et comme me le signalerait Anne, était sans fin. Mais je n’avais pas la prétention de mettre fin à un système qui régnait depuis des millénaires. Mais l’histoire nous a prouvé que si chacun faisait son maximum, à son niveau, alors même le temps lui-même pouvait être renversé. Rêvez en grand, qu’ils disaient. Ils ne pensaient pas si bien dire… Et plus nous étions nombreuses, plus notre cause progresserait. D’où l’intérêt, malgré la demi-plaisanterie, d’un club de femmes. Pas de celles que l’on pouvait trouver ici, pas forcément. Mais des femmes prêtes à se battre pour ne plus avoir à être systématiquement mises de côté.

Et j’ai toujours fait en sorte de mettre toutes les chances de mon côté pour parvenir à mes objectifs, comme la liste que je dévoile à Floria le lui montre.

ʺOh, détrompe-toi, nous avons beaucoup à nous apporter mutuellement.ʺ Un sourire presque carnassier revint sur mon visage. ʺCe n’est pas pour me montrer intéressante ou fanfaronne que je dis cela, mais tu m’as toujours semblé être une personne qui ne décevrait pas. Dans tous les domaines. Et parfois, certaines rencontres doivent prendre leur temps. Mais il n’est pas trop tard pour commencer à rattraper tout cela.ʺ

Comme pour me prouver ces dernières paroles, j’écoutais la jeune femme m’exposer ses propres ressources, dont sa mutation qui la rendait capable de voyager à travers le temps et de connaître la vérité historique. Je me contentais d’un sourire lorsqu’elle m’avoua être en capacité de découvrir si tout ce que je venais de lui dire était vrai ou non. Après tout, j’avais été on ne peut plus sincère, et n’avais donc rien à craindre de ce côté. Mon sourire s’agrandit encore lorsque, de concert avec mon propre état d’esprit, elle m’affirma ne plus posséder de cœur également.

ʺEt tu oses me dire que tu n’es pas certaine de pouvoir m’aider ?ʺ répondis-je une fois qu’elle eut terminé, non sans cacher une certaine admiration. Tout cela dépassait clairement mes attentes, et bien que j’avais auparavant obtenu quelques informations sur elle, j’en savais désormais bien davantage et n’étais clairement pas déçue. ʺTu es bien plus que suffisante, Floria, ne laisse personne dire le contraire.ʺ

Une sonnerie de portable m’interrompit alors, signalant que j’avais un message. Je m’excusais auprès de mon interlocutrice, avant d’observer mon téléphone. Ellen, un rappel pour notre prochain rendez-vous. Je soupirai, déçue de devoir interrompre cette rencontre qui s’avérait être beaucoup plus passionnante que tout ce que mon agent pouvait bien me dire.

ʺJe suis navrée, mais je vais devoir mettre fin à cette discussion. On m’attend ailleurs, malheureusement. Le temps ne s’arrête pas, même lorsque deux grands esprits se rencontrent.ʺ Je lui adressai un clin d’œil amusé, avant d’ajouter : ʺMais je te remercie sincèrement d’être venue ici, crois-moi, ça n’a rien d’insignifiant, bien au contraire. Je me réjouis de pouvoir continuer d’en discuter plus longuement… et de pouvoir laisser nos idées prendre corps. On se recontacte tout prochainement.ʺ

Et le plus tôt serait le mieux, c’était plus que certain.

[Je te laisse conclure si tu le souhaites, ou on termine sur ce poste si tu préfères Wink]

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Messages : 480
Date d'inscription : 04/09/2012
Identité : Floria Ysé Tosca
Dons : Immortalité - Connaissance instinctive de la vérité historique - Retour dans le temps

MessageSujet: Re: « Que ton regard reste glacé dans son lac immobile.» | Persona [Clos] Lun 11 Mai 2015, 18:14



Le but de Persona est totalement le même que le mien. Peut-être sommes-nous, en ayant dit adieu aux sentiments, plus fortes qu'avant, plus dures, plus froides. Le matériau, l'étoffe sombre dont nous avons besoin, pour accomplir nos desseins, qui ne sont au fond pas différents de ceux d'Axel : tirer les ficelles des prédateurs devenus marionnettes, se venger un peu de ceux qui nous ont toujours manipulées. C'est à cela que se résument les choses. Et quand on voit la souffrance occasionnée par l'étendue d'un trop grand cœur, on ne peut manquer de vouloir s'en débarrasser. La force naissait également de la faiblesse, c'était vrai. C'était de nos blessures qu'on tirait un désir de vilenie et de revanche. Le monde n'était-il pas après tout une vaste comédie noire ? Nous nous étions cependant trouvées, ce qui n'était pas un mal. L'union faisait parfois la force.

Les rêves idéalistes de Persona ne sont peut-être pas si irréalistes, après tout. Si des gens comme des Ombres ou des Initiés sont parvenus à une telle influence avec le temps, pourquoi ne ferions-nous pas de même ? Nous sommes totalement déterminées et plus fortes que certains ne veulent le croire. Qui sait ce dont nous étions capables. Le sourire carnassier de mon amie le signale bel et bien. Je suis peut-être un peu étonnée du compliment qu'elle me sort, mais je l'accepte sans réserve.

« J'aurais seulement aimé te rencontrer véritablement, plus tôt. Mais je suppose qu'alors je n'aurais été qu'une femme entêtée et snob, qui ne t'aurait pas écoutée. »


Cela est probablement vrai, même si nous ne le saurons jamais, désormais. Je doute que l'ancienne Floria revienne jamais, et je suis bien déterminée à rester ainsi. Il n'y a qu'ainsi que nous puissions arriver à vaincre, et cette fois je comptais bien faire preuve de cruauté. L'admiration qui se lit sur son visage ne m'émeut guère, car je dois admettre que sans cette absence de cœur, je ne serais sans doute pas à la hauteur de ce qu'elle croit. Et je ne suis plus aussi sensible à la flatterie. Je me contente d'un sourire à sa phrase, qui elle, me « touche » davantage.

« On ne doit plus laisser quiconque nous dire cela. »
J'approuve.

Je la laissai tranquille, le temps qu'elle réponde à son téléphone. Si moi j'abandonnais progressivement mon métier, elle en avait un prenant, de son côté, et qui lui servait totalement pour établir son réseau et ses contacts. Mieux valait ne pas la déranger dans ce genre de choses. Au risque de perdre des avantages. J'accepte de prendre congé, et je souris même à sa plaisanterie. Je hoche doucement la tête, mon regard toujours planté dans le sien, avec la froideur qui me caractérise désormais.

« Je pense qu'on a besoin de temps pour secouer nos cartes et réfléchir à ce qui peut arriver de nouveau. Je ne manquerai pas de t'appeler...et je te remercie, toi, pour t'être montrée sous ton vrai jour. C'est un grand honneur. »

Je pense mes mots, et elle fait sans doute partie des seules personnes que je n'ai pas envie de berner, pour l'instant – ce qui vaut mieux pour elle, c'est vrai. Je la salue, pour lui dire à bientôt, et je la suis lorsqu'elle me mène au-dehors de son appartement. Nous nous quittons sur cette discussion plus qu'enrichissante. Après tout, nous avons à nous deux, plusieurs fils d'Ariane dans ce labyrinthe du pouvoir...


Fin du sujet.


_________________

   
This is the end.

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