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[CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos

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Identité : Floria Ysé Tosca
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MessageSujet: [CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos Lun 04 Aoû 2014, 01:10



Il est temps maintenant de passer à une autre vengeance possible. Après celui-ci – ou ceux-ci, je n'ai pas encore décidé, après tout, d'après le sosie de Davos, Rafael vit dans la maison du vrai – il ne restera que Stannis et Fran, du moins en priorité. Mais gardons les plus importants et les plus difficiles pour la fin.

Comment Davos a-t-il pu se laisser tromper par ce violeur ? Comment a-t-il pu l'aider lui, et ne pas m'aider moi ? J'étais déjà en colère contre lui, mais là, ça bouillonne encore plus. Il a tout de même préféré sauver le violeur de sa fille adoptive si chérie, plutôt que celle-ci...incompréhensible. Tout comme le fait qu'il avait pu se laisser prendre au charme de Fran, il y avait bien longtemps. Même si je pouvais aussi le comprendre, après tout ; elle dégageait un magnétisme certain dont j'avais hélas hérité, sans quoi je n'attirerai pas certains psychopathes. Mais le mal est fait, comme on dit, et pour l'instant, je souhaite m'occuper de Davos, et non de Rafael. Mon père adoptif a cherché à me contacter il y a des semaines : je réponds enfin à sa requête. Mais qu'il ne compte pas sur moi pour être clémente.

Au contraire, je compte bien lui ramener la vérité en pleine face, le faire se tordre de culpabilité, car ce n'est que ce qu'il mérite. Rien d'autre. Comment lui pardonner, après tout, de tout accorder à Stannis, à Rafael ? Oh certes, il m'a élevée, mais il a aussi menti, et cela, c'est bien plus difficile à avaler, lui qui s'est toujours érigé en modèle de vertu, à moins que ce ne soit moi qui l'ai toujours vu ainsi... Il paiera comme tous les autres, en tout cas. Davantage peut-être. On ne persécute jamais aussi bien que ceux qu'on a aimés.

Je ne passe pas par la porte d'entrée, après tout, je ne suis pas une invitée classique et j'ai encore les clefs de chez Davos. Je contourne la maison et me dirige vers la porte de service, qui mène directement à la cuisine. Il est tard et il fait sombre évidemment – c'est presque la nuit - mais la lumière allumée me montre qu'il est bien là, ou sinon, Rafael...peut-être que ce dernier peut encore souffrir ou prendre un coup de poignard définitif. Ou voir ce qu'il a fait de moi.

Je clenche la poignée de porte, mais elle est verrouillée, évidemment. Je soupire et fouille dans mes poches, à la recherche de la clef...

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Dernière édition par La Tosca le Mar 27 Jan 2015, 21:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos Mar 19 Aoû 2014, 12:13




Le moins que l'on puisse dire, était que les dernières semaines n'avaient pas été de tout repos. Même si Davos m'avait soigné et dissimulé chez lui, la fatalité m'avait fait rencontrer de mauvaises personnes, et surtout, elle nous avait entraînés dans cette maison qui continuait à s'imposer dans mes rêves. Je n'étais pas prêt d'oublier tout ce qu'il s'était passé là-bas, surtout lorsque j'avais failli perdre Davos. Je ne me le serais simplement pas pardonné. S'il y avait de bonnes choses à tirer de ces dernières semaines, c'était effectivement la complicité qui s'était installée entre lui et moi, même si nous évitions encore d'utiliser certains mots. Tout ce vague inattendu était effrayant à sa façon, mais pour la première fois de mon existence, je ne désirais pas fuir... Bien au contraire.
Il y avait bien entendu encore quelques ombres au tableau. Davos était de plus en plus présent, mais il lui arrivait encore de s'absenter, comme ce soir, par exemple. Égoïstement, j'avais hâte qu'il finisse par se détacher totalement des Initiés. Ils étaient autant mes ennemis que les Ombres, quoiqu'en pensait Seaworth. J'avais également des craintes personnelles, dont je m'étais bien gardé de lui parler. Mes plaies avaient beau cicatriser de plus en plus rapidement, il y avait néanmoins des moments où je ne me sentais pas bien. Des instants où je n'étais plus vraiment moi-même. C'était très difficile à expliquer, et je me demandais souvent si je n'étais pas simplement en train de devenir fou. Pourtant, certaines remarques ou attitudes d'Arlathan me revenaient régulièrement à l'esprit. Se pourrait-il qu'il parvînt à briser mon existence, alors que je l'avais quitté depuis des mois ?

Je tournai en rond, le cœur battant et la respiration difficile, me demandant s'il ne valait pas mieux appeler Davos, sans me douter que l'une des personnes que je haïssais le plus était en train de s'infiltrer dans la maison.
Lorsque mon état s'aggrava, inexplicablement enflammé par des symptômes inconnus, j'entrai le nom de Davos, dans le répertoire. Mais je lâchai le téléphone sur le sol, avant que la seconde sonnerie n'ait pu retentir... Je restai assis par terre, adossé contre le pied du lit, abattu par une chaleur subite et des douleurs aux origines inconnues.
Je dois être raisonnable. Je dois essayer d'analyser... Chaque changement en moi... Tout ce que je découvre, qu'est-ce que ça peut être ? Alors que je tentai de respirer et de me calmer, pour faire le point, une crampe plus douloureuse que les autres mit fin à toute négociation avec la sérénité. Le moment était probablement venu de paniquer. Tout de suite, les pires conjectures s'imposèrent à moi. Me fallait-il mourir, maintenant que j'avais éventuellement trouvé une place ? Et s'il se déroulait quelque chose de pire ? Verrai-je le monde à travers des yeux différents ?
La lumière était éteinte. Je ne voyais donc que des contours confus se dessiner autour de moi. Une lueur fragile traversait la fenêtre de la chambre, mais je ne m'étais que rarement senti aussi seul et englouti par les ténèbres.
Maintenant, le sort en est jeté. Il n'y a plus rien à faire... Seul le temps peut prouver que mes conjectures sont vraies. Mais mes pensées furent brutalement interrompues par la douleur viscérale qui me rompit en deux. Seigneur, qu'est-ce que c'est ? Je tentai de rassembler le peu d'énergie qui me restait, pour me redresser, mais mes muscles étaient trop crispés pour me permettre une évasion. Quelque chose arrive, et je ne peux pas l'expliquer. C'est quelque chose en moi. Une douleur à couper le souffle ! Elle me dévore et me consume... Elle me rend fou !
Contre toute attente, un dernier élan de bravoure me permit de me relever, mais je m'appuyai contre la paroi de l'armoire qui ornementait la pièce, incapable de raisonner ou même d'entrevoir quoique ce soit, tant mon esprit était monopolisé par la souffrance. Je tentai de m'agiter, vainement, mais rien ne parvenait à adoucir cette macabre agonie. Soudainement... Incontrôlable... Quelque chose s'empare de moi ! Soudainement... Cette agonie me saisit...
Et me tue !

Je donnai un coup dans le miroir qui se dressait sur l'armoire. La glace fut brisée en éclats, comme si j'avais besoin d'années de malheur en plus. Je tombai de nouveau sur le sol, brutalement. Soudainement. A bout de souffle. Qu'est-ce que c'est ? Est-ce la mort ? Mais tout à coup, les crampes et les coups de poignards qui n'avaient pas épargné une parcelle de peau, se calmèrent progressivement. Je restai à quatre pattes, la respiration rapide, peinant à me remettre de ces émotions. De cette crise, quoiqu'elle ait pu être... Je ne parvins étrangement pas à regagner tous mes esprits, comme si un voile de confusion et d’agressivité se tenait devant mes yeux, rendant plus difficile la moindre réflexion.
Soudainement... Je relevai les yeux vers le miroir, quoiqu'il fût en partie brisé. Regardez-moi... Quelle est cette créature, face à moi ?

Je ne sais pas exactement à quoi je ressemblais. Tout ce que je peux dire, est que c'était massif, impérieux. Cette forme donnait une sensation de puissance, et sans doute n'était-ce pas faux. Étais-je vraiment maître de moi-même ? J'étais davantage sujet à me laisser dominer par la moindre émotion, bonne ou mauvaise. Et aussi étrange que cela puisse paraître, une fois la douleur passée, je n'étais plus en état de panique, comme si j'attendais ce moment depuis longtemps et que c'était une bonne nouvelle, alors que j'ignorais si c'était temporaire ou non ! Qu'avait fait de moi Arlathan ? Qu'allait-il résulter de tout cela ? Qu'étais-je devenu ? Il me semblait être à la fois plus massif et plus agile. Pouvais-je encore me déplacer, debout ? De la fourrure brune se dégageait entre les multiples déchirures des vêtements que je portais. Sans doute partageai-je de nombreuses caractéristiques avec les lions, même si je demeurai plus humanoïde. Que pouvais-je faire de griffes et crocs acérés, ainsi que d'une queue qui battait l'air avec colère ? Lorsque j'entendis une clé s'insérer furtivement dans la serrure de l'entrée secondaire, – laquelle Davos n'empruntait jamais – et lorsque je sentis une odeur étrangement familière, la réponse se présenta à moi d'elle-même. L'heure de la vengeance avait peut-être sonné.

Étais-je reconnaissable, sous cette forme, ne serait-ce que par mon regard, ou quelque cicatrice ? Je n'en avais pas la moindre idée et cela m'était bien égal. Je me faufilai en silence hors de la chambre, submergé par des nouvelles impressions et sensations qui n'étaient pas si repoussantes que cela. Je redécouvris le monde, mais il s'avéra moins effrayant.
Je descendis l'escalier avec la même furtivité, avant de me glisser dans un coin empli de pénombre, attendant le moment où la misérable intruse dépasserait la cuisine. La porte se tenait devant moi et n'attendait qu'à être ouverte. Je restai immobile, probablement dans une position de chasse, et j'étais loin d'être envahi par la crainte ou l'hésitation, comme je l'aurais été en temps ordinaire. Je me moquais bien de savoir ce qu'elle venait faire ici, et quelle serait la conséquence de ma vengeance. Si elle venait en amie, je chercherais effectivement à lui faire payer la monnaie de sa pièce, d'une façon ou d'une autre. Et si elle venait pour nous causer du tort, et bien... Davos Tosca aurait du sang à nettoyer sur le plancher, cette nuit.
Je patientai, calmement... Lorsque la porte s'ouvrit enfin, je sortis progressivement de l'ombre, et gagnai du terrain sur Tosca, vivement, sans pour autant chercher à la surprendre ou lui bondir dessus. J'avais malgré tout l'air peu avenant, et tout ce qui comptait, était de voir se graver une expression de peur sur son visage de poupée de cire, le plus longtemps possible. Qui était le prédateur, maintenant ?



Les citations en italique sont issues de la chanson « Transformation », de la comédie musicale Jekyll and Hyde.

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MessageSujet: Re: [CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos Jeu 11 Sep 2014, 17:45



Je suis loin de me douter de la tragédie qui se déroulait à l'étage. Pour tout dire, jamais l'idée qu'une telle transformation ne soit possible, ne m'a jamais effleuré l'esprit. A croire que je pouvais parfois manquer sincèrement d'imagination. A mes yeux, vu les blessures reçues par Rafael, infligées tant par moi-même que par l'autre individu qu'il avait fui pour me retrouver, ne pouvaient que manquer de le laisser presque mort. S'il est rétabli, s'il guérit, il ne doit qu'à peine être capable de se lever et de se mouvoir. Après tout, je suis bien placée pour savoir qu'il n'est qu'un homme, mortel de surcroît. C'est précisément, peut-être, son charme, et le pourquoi je m'aventure dans la maison de Davos. Il n'y a rien que je ne puisse pas faire aux mortels, en étant quasiment sûre de m'en tirer. C'est bien pour cela que j'ai pris un poignard avec moi, soigneusement gardé le long de ma manche pour l'instant. Il faut toujours finir ce qu'on a commencé. C'est peut-être une des seules choses que j'ai retenue des leçons de Stannis, quand il daignait dire plus de trois phrases.

Je n'entends aucun bruit dans la maison, en entrant dans la cuisine ; je songe que soit je suis seule, soit que Rafael doit reposer là-haut, à l'étage. Dans la chambre même de Davos, peut-être. Rien que cette idée me hérisse et me fait pincer les lèvres. Comment celui qu'on pouvait croire un ange, pouvait s'abaisser si bas ? Vous me direz : ne l'avais-je pas fait moi-même ? Sauf que je n'avais jamais été un ange, de mon côté. Et que j'ignorais tout du passé de Rafael. Je sors néanmoins le poignard de ma manche, par précaution ; peut-être lit-il dans le salon, ou que sais-je...c'est vers cet endroit que je me dirige, et c'est de toute façon la pièce adjacente à la cuisine. Je pousse la porte avec précaution, toujours sur mes gardes.

Je dois admettre que si j'avais été encore douée d'émotions, le choc de la situation aurait été sans doute semblable à celui que j'avais éprouvé en étant enfermée dans la loge d'Algernon. La peur est-elle physique ou vient-elle du cœur ? Il faut croire qu'elle est moitié des deux ; comme toute émotion profonde, elle vient aussi du plus profond des entrailles. La silhouette, ou plutôt le monstre que je vois sortir de l'ombre, à ma gauche, a une forme qui pourrait presque être humaine, mais elle tient indéniablement d'un lion, à qui on aurait greffé quelques traits et mouvements humains. Depuis quand Davos a ce genre d'animal de compagnie chez lui, l'inconscient ?! Je me maîtrise assez pour ne pas crier, mais pas pour ne pas avoir ce fameux souffle coupé de surprise et de peur. Cependant, j'ai malgré tout un mouvement de recul, ce qui est une erreur, et la main qui tient le poignard se resserre. Je dois certes être bien plus pâle qu'avant d'entrer, et ce n'est plus de la détermination que j'ai sur le visage, mais de l'indécision et une hésitation plus ancrées...

Encore plus dérangeant est le moment où nos deux regards se croisent. Je remarque la clarté turquoise des yeux sauvages qui me fixent avec dureté, sans pour autant faire le lien. Il n'a pas l'air prêt à me bondir dessus, pourtant, la crispation de son corps indique qu'il n'est pas sans animosité. La situation s'est inversée d'une façon complètement inattendue...

Mentalement, le calcul le plus rapide que je fais à cet instant, s'il me bondit dessus, est de savoir si j'aurais la fraction de seconde nécessaire pour remonter le temps avant qu'il ne m'arrache la tête.

Vu la taille de la bestiole...je me dis que je n'ai également pas trente-six solutions...je me vois peu apprivoiser une bête comme ça...c'est autant une bête indéfinie qu'une sorte de lion...et ça m'a l'air un peu trop sauvage pour écouter des paroles d'humain. Mais qu'est-ce que Davos fiche avec une bête pareille, ici ?!

Le moment le plus long, pour l'instant, est celui où je l'ai fixé dans les yeux, surprise et stupéfaite à la fois. Je ne prends que quelques secondes de plus pour viser, et lancer le poignard directement vers sa tête. Et prendre le temps de cette brève diversion pour retourner dans la cuisine à toute allure et fermer violemment la porte, qui malheureusement n'a pas de verrou. Peu importe. J'attrape une des chaises et la bloque sous la poignée, avant de ressortir dans le jardin, et commencer à m'éloigner, loin d'ici. Pourquoi n'avais-je jamais eu aucun pouvoir offensif, bon sang ?



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MessageSujet: Re: [CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos Mer 17 Sep 2014, 19:44




Aucun de nous ne s'attendait à trouver l'autre dans un tel appareil, mais comme quoi, il fallait toujours s'attendre à l'imprévisible. Le monstre que j'étais devenu au dehors, ne l'était-elle pas au dedans ? J'étais vivant et en meilleure santé qu'elle n'aurait pu le deviner ; pour ma part, jamais je n'aurais pu m'attendre à ce qu'elle tombât si bas. Davos avait beau avoir une influence bénéfique sur moi, les sentiments les plus noirs dont j'étais capable s'étaient manifestés, lorsque j'avais aperçu Tosca. D'une part, je n'avais aucune envie de la revoir après ce que nous avions traversé. Elle me rappelait la façon honteuse dont je m'étais comporté, et surtout, je lui en voulais toujours de m'avoir ainsi abattu. Un pauvre pécheur tel que moi ne pouvait qu'aspirer à la vengeance. D'une autre part, quelque chose me disait qu'elle ne venait pas dans cette maison de façon tout à fait innocente. Elle n'avait pas prévenu de sa visite et elle entrait par la porte de derrière, précisément un jour où Davos n'était pas présent. Était-elle véritablement au courant qu'il me camouflait ? La logique aurait voulu que je cherchasse des réponses à mes interrogations, mais mon nouveau tempérament m'incita davantage à la terroriser et à l'agresser. Je n'avais pas tout de suite aperçu le couteau qu'elle tenait fermement dans l'une de ses mains. Lorsque la lame eut un bref éclat, cela ne me fit que me hérisser davantage, et je me montrai nettement plus hostile. Le grognement incita l'intruse à reculer d'un pas. Je vis de la surprise et de la crainte se refléter sur son visage, non sans éprouver une certaine jubilation. Le bourreau était finalement à ma merci. Lorsque son regard apeuré et coupable croisa le mien, j'eus peut-être un bref mouvement d'hésitation, de peur d'être démasqué ; cependant, il n'en fut rien. Elle continua à nager dans la perplexité et l'effroi le plus total. Quant à moi, je fis durer le moment, savourant chaque instant où elle semblait se demander ce qu'elle pouvait bien faire, pour s'en sortir, désormais.
La réponse, à mes yeux, était qu'elle n'avait plus d'échappatoire.
Elle devait se demander ce que j'étais. Je n'avais, sur le moment, qu'une réponse à cela : un être vengeur et infiniment plus puissant qu'elle. La Fatalité s'était moquée de moi, mais peut-être allais-je finalement pouvoir en tirer quelque avantage.
La suite se déroula très vite. L'imprudente osa me lancer le couteau dans la face, mais elle avait visiblement encore besoin d’entraînement. L'arme ne fit effectivement que me frôler, et pas du côté le plus tranchant. Ce geste mit toutefois ma patience à rude épreuve puisque ma proie en profita pour s'enfuir lâchement. Lorsque je bondis sur la porte, celle-ci refusa de s'ouvrir. Je dus employer toute ma force, quitte à abîmer la porte ainsi que la chaise qui la maintenait fermée, pour pouvoir me frayer un passage. De plus en plus hargneux, je me précipitai hors de la cuisine afin de rejoindre le jardin, peu soucieux d'être discret.
Je ne tardai pas à apercevoir Tosca, qui s'employait à mettre le plus de distance entre elle et moi. Elle n'avait définitivement pas l'attitude d'une innocente. La cantatrice avait pris de l'avance, mais j'étais alors infiniment plus rapide et agile qu'elle. Il ne me fallut que quelques secondes pour la rattraper et lui bondir dessus. La belle se retrouva plaquée sur le dos, sur un bitume froid, et moi, je la maintenais fermement dans cette position. Elle n'aurait jamais dû se débarrasser de son couteau aussi stupidement. L'heure de la victoire approchait.
La patte que je posai fermement sur son épaule l'empêchait de se redresser, ainsi que le reste de mon poids d'ailleurs. Je savourai l'odeur de la peur qui émanait d'elle, non sans me demander quel supplice elle pouvait mériter. L'idée ne m'effleura pas de la tuer, en revanche, il me paraissait évident qu'elle devait payer pour ses crimes, et qu'il fallait lui couper toute envie de revenir ici de façon insidieuse, à l'avenir. J'étais incapable de sourire mais une idée me vint et sans doute était-ce perceptible. Je rapprochai donc ma patte intacte de son beau visage, les griffes dégagées, afin de la défigurer. Déjà, j'entrepris de l'entailler et les gouttes de sang commencèrent à perler, même si ça n'avait rien de très profond pour le moment. Je songeai qu'il allait falloir être bien sauvage, si je voulais que les blessures ne cicatrisassent point.
Au moment où les griffes pénétraient davantage sa chair, un voisin passa non loin de nous et poussa un hurlement. S'il prit seulement la résolution de partir en courant, cette réaction inconsidérée attira malheureusement mon attention. Cela était certes imprudent de ma part, puisque j'ignorai de quoi Tosca était véritablement capable, ou même si elle était encore armée.

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MessageSujet: Re: [CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos Dim 21 Déc 2014, 22:36



Il fallait en effet dire qu'aucun de nous deux ne s'était attendu à cette situation. En dépit des avertissements de Dantès, en effet, je ne souhaite qu'une chose, terminer ce que j'ai commencé, d'une manière ou d'une autre...même si cela doit être de façon plus détournée, en parlant à Davos, en montrant ce que les actions de Rafael, ont fait de moi.
On pouvait certes dire qu'aucun de nous n'éprouvait de joie à revoir l'un ou l'autre, mais assez de jouissance malsaine pour ne point profiter de la situation. De toute manière, nous n'étions que des doubles qui se renvoyaient les pires aspects d'eux-mêmes, lui dans ce qu'il avait tenté de me faire, et moi, dans ce que je suis devenue actuellement.

Peur physique ou viscérale donc, voyant la taille, les griffes et les dents de cette étrange bête qui, en un bref éclair presque inconscient, me ramena l'imaginaire d'un vieux film en noir et blanc – mais la fin ne peut être aussi heureuse. Je suis peut-être sans cœur, mais pas sans cerveau, et c'est pourquoi je comprends très vite, pendant l'instant où nous nous fixons chacun dans les yeux, que je n'ai guère de chance pour l'instant. Et la clarté dans son regard, quant à lui, si je n'en ai pas reconnu les prunelles, semble bel et bien me montrer qu'il prend un plaisir tout particulier à voir les différentes expressions de surprise, de peur, qui me hantent à cet instant. Je ne perds pas plus de temps, tenant à ma vie, pour lui lancer le poignard à la gueule et m'enfuir, bloquant tant bien que mal la porte derrière moi, et me réfugiant dans le jardin. Une chose était sûre, je n'allais pas revenir tout de suite, et certainement pas quand Davos ne serait pas là – qu'il le veuille ou non, il me devait cette fois une réelle explication. Je ne peux pas avoir été ainsi frappée d'illusion, tout de même !...

Et même si cela est un cauchemar, la réalité me rattrape bien vite. Trop vite. J'entendis des bruits de grincements et de violence, comme des griffes sur le bois d'une porte, qui bientôt cède. Et j'ai beau accélérer l'allure, je n'ai même pas le temps de l'entendre se rapprocher, ses foulées étant silencieuses comme celles d'un félin. Je me retrouve brutalement plaquée au sol, mon dos heurtant le sol avec violence. J'en ai même le souffle coupé pendant un instant, tant le poids de la bête sur moi est conséquent, d'autant qu'il prend manifestement plaisir à bien me maintenir, comme une proie qu'il s'apprêterait à dévorer.

Je pense que quelqu'un d'autre dans ma situation se serait déjà fait dessus, mais je n'ai que la moitié de mon être qui fonctionne. Si ça m'évite une certaine humiliation, je suis pour autant incapable de me redresser : sa patte posée sur mon épaule avec force m'empêche le moindre mouvement du buste, et c'est en vain que j'essaye de me tortiller sous son poids pour essayer de me dégager d'une autre manière. La seule chose qu'il a, en obtenant ainsi, sa gueule si près de mon visage, c'est que je suis obligée de le regarder dans les yeux, et cette fois, je comprends que la peur vient manifestement des tripes, pas du cœur, et que ça ne m'empêche pas de la ressentir. J'ai de la peine à respirer, bel et bien terrorisée cette fois. S'il décide de m'arracher la tête d'un coup de patte, aucun pouvoir ne me sauvera, et je suis bien trop paralysée pour songer à remonter le temps maintenant. Il y a trop d'adrénaline dans mes veines, et trop de tremblement dans mon corps. Chose qui ne fait que s'accélérer quand je vois sa patte aux griffes acérées se rapprocher de mon visage, et je commence à me demander alors si c'est vraiment la fin, là, tout de suite. Mais le regard dans ses yeux semble penser à toute autre chose qu'une mort définitive et qui n'a sans doute que peu d'intérêt, quand un chat joue avec la souris. Et je ne ressens que trop bien la douleur quand les griffes s'enfoncent dans la peau de mon visage, m'arrachant un violent grognement de souffrance, et qu'une de mes mains, par réflexe, essaye de se dégager pour le repousser, de quelque façon que ce soit.

Je sens le liquide chaud commencer à couler, mais je n'ose pas penser à s'il ne s'arrête pas à juste ça ; j'ai beau être immortelle, certaines blessures sont difficiles à rattraper, même pour une guérison mutante, et s'il insiste, je ne vais pas tarder à finir comme un certain Ange de la Musique. C'est un gémissement profond qui s'échappe de mes lèvres, cette fois, quand la pression des griffes se fait plus persistante et plus déterminée ; en même temps, j'entends le cri de quelqu'un, qui au lieu d'aller chercher du secours, décide de sauver sa peau. C'est pas faux, en même temps. Mais ça a le bref avantage de détourner un instant l'attention de la bête, et j'en profite, aidée par la poussée d'adrénaline, donnant un violent coup là où toute partie génitale de toute bête ou homme doit se trouver, et le repoussant de toutes mes forces.

A bout de souffle, j'ai tout juste quelques secondes pour m'écarter, avant qu'il ne reprenne le dessus et me rebondisse dessus, et achève son travail de torture. Je me relève à peine, titubant de douleur et le sang coulant toujours abondamment de mon visage, mais j'ai le réflexe de prendre l'autre poignard dans ma botte, plus petit que l'autre, mais pas moins acéré ou tranchant, et de le pointer avec fermeté dans sa direction. Je recule, mais je sais pertinemment que ça ne va pas l'arrêter, au contraire : attiser son instinct de bête. Mais je suis incapable de réagir froidement dans une telle situation.

« Qu'est-ce que tu veux ?! Qu'est-ce que tu es ?! » je demande avec agressivité et précipitation.

Bon Dieu, ces prunelles, je les ai déjà vues, mais n'allez pas me dire qu'avoir presque tué Rafael, a contribué à le transformer en bestiole, lui qui n'a toujours été qu'un simple humain presque comme tous les autres !


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MessageSujet: Re: [CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos Jeu 22 Jan 2015, 00:00




Elle comme moi, avions certainement une impression de déjà-vu. Une fois encore, nous nous retrouvions l'un en face de l'autre, elle en position d'infériorité. Les différences résidaient dans le fait que cette fois, je ne comptais pas la laisser reprendre le dessus. D'ailleurs, mes intentions n'étaient pas les mêmes. Je n'étais pas rongé par le désespoir et la folie, ni poussé par quelque envie lascive. J'avais le sang plus froid que je ne l'avais jamais eu auparavant, et j'étais simplement prêt à lui faire payer la monnaie de sa pièce.
Elle m'avait poignardé ! Elle m'avait laissé pour mort ! Elle avait fait semblant de m'aimer ! En temps normal, j'aurais laissé la peur me consumer depuis longtemps. Je n'aurais pas su tenir tête, et d'ailleurs, je me serais sans cesse demandé ce que Davos penserait de tout ceci. Mais ces préoccupations « humaines » me paraissaient lointaines. Obéir à son instinct avait quelque chose de reposant.
J'ignore encore comment tout ce qui venait de se passer, à commencer par la transformation, pouvait me paraître si peu surprenant, presque naturel. Tout cela aurait dû me répugner, mais pour la première fois depuis longtemps, je voyais enfin la coupe à moitié pleine. Et puis, à quoi bon me sentir coupable ? Pourquoi serait-elle venue, à l'improviste et de façon si sournoise, si ce n'était pour venir m'attaquer ? Comment avait-elle su que je me trouvais ici, d'ailleurs ? Je continuai malgré tout à me poser des questions, mais les réponses me paraissaient moins urgentes que d'habitude.
J'étais trop fasciné par la peur qui se lisait sur les traits de Tosca. Comme quoi, l'Homme n'est qu'un animal, il se sent tout-puissant dès qu'il comprend qu'il a le dessus. Qu'il va manger, plutôt que d'être dévoré. New York n'était pas assimilée à une jungle pour rien. Je commençais à comprendre que les lois du plus fort ou du chacun pour soi prédominaient. Tôt ou tard, même les gens comme Davos devraient l'admettre.
Les griffes avaient commencé à sculpter de nouveau son visage, tandis que l'odeur familière du sang flirtait avec mes naseaux. Avais-je vraiment le projet de la tuer ? Pas forcément, mais je me laissais entraîner par l'instant présent. Chaque seconde était précieuse. Malheureusement, mon jeu coupable fut interrompu par l'intervention d'un passant, d'un lâche. Il prit ses jambes à son cou quand bien même je n'avais pas l'intention de l'attaquer. Étais-je si repoussant ?
Quoiqu'il en soit, j'ai détourné mon attention de ma proie l'instant de trop, et elle en a profité pour m'attaquer. Le coup fut précis et brutal. Je n'eus d'autre choix que de reculer, car elle avait visé le point le plus sensible, pour tout homme comme pour toute bête. Sans doute ai-je manifesté ma colère par quelque rugissement, mais le temps que je reprenne mes esprits, mon adversaire s'était dégagée.
Je me redressai et me tournai vers elle, tâchant de passer outre la douleur. La femme était debout, le visage ensanglanté mais l'expression déterminée. Elle tenait farouchement un poignard devant elle. Avait-elle donc toute une artillerie sur elle ? Je ne montrai pas la peur, mais je parus sans doute plus hésitant. Depuis qu'elle m'avait poignardé, j'appréciais fort peu les armes blanches et c'était un euphémisme. Quelque peu traumatisé par ces lames argentées, je regardai son couteau avec un air hanté, méfiant. Je ne voulais pas que ça recommence. Je ne me serais pas attendu à ce qu'elle cherche à communiquer, et pourtant, elle me posa des questions.

« Qu'est-ce que tu veux ?! Qu'est-ce que tu es ?! »

Ces interrogations n'étaient pas polies, dans le sens où elle me traitait ni plus ni moins comme un animal. N'était-ce pas ce que j'étais ou avais toujours été après tout ? Je venais de l'agresser... J'approchai d'un pas, toujours avec une attitude de prédateur, mais mon regard était toujours attiré par le couteau, lequel semblait m'hypnotiser. Je pourrais bondir sur elle, la surprendre, la désarmer, mais au risque de me blesser. Je ne voulais plus goûter à la froide morsure d'une lame. L'envie de reprendre le dessus, de la corriger pour oser me menacer de nouveau, restait malgré tout présente. C'était un vrai dilemme qui avait de quoi me hérisser et me rendre d'autant plus agressif. Cette peur du couteau ne faisait, parallèlement, que me rappeler ma condition d'homme. De mortel.


Finir le travail, tout comme toi, je suppose, dis-je, avec ironie.

Si ma voix était probablement un peu plus rauque qu'avant, elle comprendrait probablement à quoi je faisais référence. Je n'avais, pour une fois, plus honte de ce que je devenais. Bien entendu, cette fierté ne ferait pas long feu. Elle avait les réponses certes implicites à ses questions. Pourquoi hisserais-je un drapeau blanc alors qu'elle s'était infiltrée ici, avec des intentions hostiles ? On ne se baladait pas avec une paire de couteaux, lorsqu'on venait en amie... Venait-elle m'achever ou se retourner contre son père ? La pensée qu'elle pût s'en prendre à Davos, peut-être parce qu'elle avait découvert quelque chose à notre sujet, finit de me mettre hors de moi. Je manifestai une fois de plus ma fureur avant de me jeter sur elle de nouveau. J'étais à la fois fort et agile, mais elle aussi était rapide. La lame m'atteignit sans nul doute au niveau de l'épaule, ou dans cette zone, mais je ne me laissai pas abattre. J'attrapai le bras qui tenait le couteau entre mes crocs, avant de les plonger profondément dans sa chair. Du sang recommençait à se verser, mais j'avais plus l'intention de lui faire lâcher l'arme que de lui arracher un bras. Je doutai que cette vipère fût très comestible.
En un sens, je prenais le dessus, clairement, mais je commençai à me sentir plus faible, moins sûr de moi. En fait, la transformation était sans doute plus éphémère que je me l'étais figuré.

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MessageSujet: Re: [CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos Mar 27 Jan 2015, 22:57



La situation me rappelle par trop le passé, en effet, même si je compte moins me laisser faire. Mais le contexte n'est vraiment pas à mon avantage, et je pourrais m'en mordre les doigts. Si j'avais eu l'illusion de maîtriser les événements, cela était désormais totalement retourné contre moi. Que pouvait un couteau aussi petit, face à une telle bête ? Si la colère et la rage semblent parfaitement ressortir des yeux de la bête, je tâche de ne pas trembler en tout cas. Mais la peur, c'est moi qu'elle hante, désormais. Je ne fais pas le poids face à cette chose, malgré tout l'enfer que compose mes mauvaises intentions. Celui en face de moi a une force supérieure qui ne manque pas de m'arracher une terreur dont il semble se délecter, comme le prouve son petit jeu sadique, quand il essaye de me déchiqueter le visage. Je donnerais n'importe quoi pour être ailleurs, et ne pas être venue ce soir-là, mais c'est trop tard. Cependant, l'apparition tardive mais inespérée d'un passant me permet de donner finalement un coup à mon ennemi, et de me redresser, armée.

Pour autant, je ne me sens pas plus en sécurité : qu'est-ce qu'un couteau face à des griffes et de tels dents ? Je ne me suis jamais sentie autant proie, autant pourchassée, alors que j'avais finalement pris une place de bourreau. Le rugissement, preuve de sa douleur brève mais intense, me montre bien que je n'ai pas affaire à un lionceau, et qu'il est toujours aussi menaçant. Je reste à autant de distance que je peux, sans donner l'impression de m'enfuir. Si cela ne l'effraye pas – il a bien plus de force que moi – je note qu'il devient plus hésitant, et son regard se voile un peu. Ainsi donc, les indices s'assemblent, et il semble véritablement que ce soit Rafael, qui se cache là-dessous. Il se souvient de la lame que je lui ai déjà infligée, et l'instinct de bête l'assimile sûrement au danger antérieur. Chat mouillé craint l'eau froide. Ça me donnait au moins un minuscule avantage, alors que je parlais vivement. Sans précaution pour lui rappeler son âme humaine, bien que cela aurait peut-être aidé à la faire revenir. Mais je suis trop à cran pour cela, et le regard qu'il m'offre a toujours une allure de prédateur. Je ne risque pas de gagner la bataille. Je devrais continuer à parler, si cela le fait reculer, ne serait-ce qu'un peu.

« Finir le travail, tout comme toi, je suppose. »

Je ne pus m'empêcher d'écarquiller les yeux, et d'avoir l'air troublé, en reconnaissant sa voix. C'était lui, bel et bien lui, sous l'effet de je ne sais quel charme ou miracle, à moins qu'il ait toujours caché un côté mutant ? Je suis décontenancée (euphémisme) et je ne réponds pas tout de suite. J'aurais dû...j'avais certes l'intention de finir le travail, mais cela semblait bien compris. Et j'aurais profité de l'occasion pour également blesser ou manipuler Davos, certes. Comme s'il lisait en moi – à moins que son instinct ne lui révèle mes sombres intentions - il me bondit à nouveau dessus, avant que je ne puisse l'éviter, avec une rage renouvelée. De nouveau plaquée au sol, j'ai juste eu le temps de plonger ma lame, juste par réflexe, plus qu'autre chose, dans son épaule. Sans que cela soit réellement efficace, puisqu'il saisit le bras entre ses dents, sans doute pour voir si je pouvais être mâchouillée à sa guise. J'eus un cri de douleur, cette fois, car il n'y allait pas de main morte dans sa morsure. Sa mâchoire puissante s'enfonçait profondément, me faisant perdre mes forces, mes nerfs trop occupés à essayer de gérer la douleur, et je pus à peine tourner la lame dans la plaie. Mes doigts s'ouvrirent, plus faibles, et laissèrent échapper le couteau dans l'herbe.

Cependant, au moment même où je faiblissais, il me sembla percevoir un changement dans ce monstre, sa mâchoire semblant légèrement se desserrer. Je ne pouvais pas laisser passer l'opportunité, et je ne tenais pas à être mangée. Aussi, je me débattis de toutes les forces que je pouvais, me remettant à parler, vu comme ça avait eu l'air de le déconcentrer tout à l'heure, virulente :

« Crois-tu que Davos apprécierait beaucoup de savoir que tu tentes de me bouffer ? Qu'il serait ravi de savoir que tu t'en prends encore à moi ?! Je sais ce qui vous unit, ne me dis pas que tu n'as pas peur de le perdre ! Tu t'enfonces, tu ne fais qu'aller dans le contraire de son estime ! C'est vraiment ce que tu veux lui montrer de toi ? La bête, le monstre intérieur que tu es ?! »

Puisse mon venin l'atteindre, et le faire reculer. Je n'aurais besoin que d'une seconde pour reprendre mon arme, et ses yeux sont largement à portée...


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MessageSujet: Re: [CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos Mar 10 Fév 2015, 20:30

La fatalité était bien ironique, mais pour une fois, elle ne jouait pas en ma défaveur. Alors que je n'avais rien demandé, on m'apportait une chance de me venger sur un plateau d'argent. Quel effet cela faisait-il d'être la chassée, plutôt que la chasseuse ? Et pourquoi éprouverais-je quelque culpabilité ? C'était elle qui s'était infiltrée dans cette maison, armée jusqu'aux dents. Je ne faisais que défendre un territoire. Et puis, si je souhaitais réellement la tuer, je l'aurais fait depuis longtemps. Je savais bien ce qu'on disait sur les immortels : seules des armes spécifiques sont capables de les éliminer, mais honnêtement, si on leur massacrait la trachée, au bord de la décapitation, s'en remettaient-ils réellement ? Il serait tentant de faire l'expérience, mais je me contentai de me prêter au jeu du chat et de la souris. Le but était de lui faire assez peur pour regretter ses gestes passés, et pour lui couper l'envie de se rapprocher de Davos ou de moi, à l'avenir. Elle n'avait aucune chance de m'échapper tant que je ne l'aurais pas décidé. Cette confiance en moi était nouvelle mais grisante. Il ne fallait pas douter qu'une fois humain, j'allais avoir honte de cette allure ou de la tournure des événements, mais pour l'heure, je n'en avais cure. Je me moquai parfaitement d'être identifié par Floria, bien au contraire. Par la même, les conséquences de ce qui allait se passer ne me préoccupaient pas.
Si elle avait des doutes, elle réalisa pleinement qui j'étais, qu'une fois que cela fût confirmé. La surprise teintait le visage jusqu'à présent si froid de cette poupée sanglante, et je la trouvai si risible et insignifiante tout à coup. Comment avais-je pu lui accorder tant d'importance, qu'il s'agît de sentiments ou de peur, jadis ? Je l'avais clairement sur-estimée.
Le temps de repos fut bref, puisque les hostilités reprirent. Je bondis sur elle, mais sans parvenir à l'empêcher de me poignarder de nouveau. Cette nouvelle blessure était superficielle comparée à ce que j'avais connu, mais je ne pus m'empêcher de rugir et de la maudire. J'étais encore trop marqué par ce qu'elle m'avait fait endurer, et la douleur n'était pas inexistante. Au demeurant, je ne me laissai pas abattre et j'emprisonnai fermement son bras entre mes crocs. Le parfum et la chaleur du sang de ma proie commençaient à flirter avec mes naseaux et mon palais. Elle perdit le couteau qu'elle avait eu l'effronterie de manipuler, mais je ne lâchai pas prise pour autant. Elle était mon adversaire, après tout, et je prenais un plaisir coupable à la dominer de la sorte. Et toutefois, la vigueur commençait à s'atténuer en moi. Si elle avait duré, j'ignore jusqu'où j'aurais été capable d'aller, mais le destin en décida autrement. Tosca en profita pour commencer à se débattre. Je tâchai de tenir bon, mais elle entreprit également de me distraire par la parole.

« Crois-tu que Davos apprécierait beaucoup de savoir que tu tentes de me bouffer ? Qu'il serait ravi de savoir que tu t'en prends encore à moi ?! Je sais ce qui vous unit, ne me dis pas que tu n'as pas peur de le perdre ! Tu t'enfonces, tu ne fais qu'aller dans le contraire de son estime ! C'est vraiment ce que tu veux lui montrer de toi ? La bête, le monstre intérieur que tu es ?! »

La baratineuse, la menteuse, n'évita bien entendu pas les sujets qui fâchaient. Que pouvait bien lui faire l'avis de Davos, alors qu'elle sortait avec moi, contre l'opinion de son père ? Je me moquai de ce que pensait Seaworth. Ce n'était pas lui qui avait failli mourir, à cause du baiser de Tosca, après tout. En somme, je n'étais guère prêt à l'écouter, et ses paroles ne pouvaient que davantage me faire enrager.
Mais elle finit par trouver un point suffisamment sensible pour me déstabiliser. Mon regard changea radicalement tandis que ma morsure se faisait moins profonde. Comment pouvait-elle savoir ce qui nous unissait ? Davos avait-il vendu la mèche, en la voyant sans juger bon de m'en parler ? Je le voyais mal prendre un tel risque. Quoiqu'il en soit, une grande gêne s'empara de moi, liée à des doutes et des angoisses que j'aurais été bien en peine de décrire. Bien sûr que j'avais peur de le perdre, envers et contre tout. Et comment pourrait-il continuer à m'aimer, s'il voyait ce que j'étais devenu, et ce que j'étais capable de faire ? Si Tosca n'était qu'une femme que je n'aimais plus, une rivale ; elle demeurait sa fille... Son unique enfant. La dernière phrase de Floria me porta le coup de grâce. J'avais conscience qu'elle avait tendance à me diaboliser, après ce que je lui avais fait subir, au demeurant, elle n'avait pas tout à fait tort... Elle était plus proche de la vérité sur mon compte, que Davos, qui avait tendance à idéaliser son prochain...
J'étais parfaitement déstabilisé et je reculai d'un pas, comme pris d'un vertige. Tosca, désormais libre, m'avait rappelé le peu d'estime que je me portais, ainsi que les conséquences possibles de mes actes. Or, perdre Davos était hors de question. Surtout, elle me faisait réaliser à quelle bassesse je m'étais abandonné, même si tout cela n'était pas foncièrement ma faute.
Il n'en fallut guère plus pour ébranler la bête, et faire revenir l'homme, progressivement. Le changement ne devait pas encore être visible par Tosca, mais je commençai déjà à sentir des pointes de douleurs particulièrement vives, ici et là. L'agencement du squelette n'était après tout pas exactement le même, sans compter les autres différences physiques. Je me doutai que ce spectacle me rendrait particulièrement vulnérable et odieux auprès de Floria, aussi commençai-je à reculer, avec difficulté. J'étais moins préoccupé par des questions de pudeur, puisqu'il me restait des vêtements, même s'ils étaient partiellement en lambeaux. Quoiqu'il en soit, mon regard commençait déjà à se faire plus humain et la fourrure était sans doute beaucoup plus clairsemée, ici et là. Je pressai le pas, mais la douleur était de plus en plus insoutenable. J'étais à la merci de Floria.

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MessageSujet: Re: [CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos Ven 13 Fév 2015, 22:35



Chassée plutôt que chasseuse ? Je n'aime guère cela. J'ai été suffisamment chassée auparavant pour en avoir eu ma claque et ma dose, des psychopathes libidineux. Et même s'il ne ressent aucune culpabilité, ça n'enlève rien à l'affaire. Il ne mérite sans doute pas la culpabilité que j'ai jadis éprouvée après l'avoir frappé au cœur, finalement. Je suis loin de me douter que c'est l'instinct animal qui agit aussi en lui, après tout. Je ne doute cependant pas qu'il serait prêt à m'arracher la gorge, s'il le pouvait, car ce ne serait que juste revanche, une vengeance dont il rêve depuis sans doute un moment, étant donné que je n'ai jamais été qu'une traînée à ses yeux. Mais peut-être avais-je de la chance dans le fait que l'instinct félin en lui ordonnait plus le jeu que la mort, sans quoi je ne serais déjà plus de ce monde. Il se trompait toutefois totalement : à me traiter ainsi comme une proie encore à demi-vivante et dans laquelle il pouvait enfoncer ses griffes, il ne faisait qu'attiser ma volonté d'en finir avec lui, et avec Davos. Disons juste qu'il signait encore une fois son arrêt de mort, si tant est qu'il y a besoin d'un double pour ça.

La douleur, elle, est plus réelle que les quelques émotions de peur ou de colère que je peux avoir, venant aussi bien des tripes que d'une logique sentimentale. Et comme pour mieux marquer sa domination, les rugissements sont tout aussi terrifiants et dangereux que le laisse supposer son regard de braise. La morsure m'avait fait lâcher mon couteau, et je ne pouvais m'empêcher de souhaiter ardemment qu'il n'avait pas envie de goûter tant que ça à la chair humaine. Il en profitait, je le ressentais parfaitement bien dans la tension qu'il faisait éprouver tant à mon corps, mon esprit, dans telle situation. Il y avait quelque plaisir lascif à torturer les autres, après tout. L'animal ne doit que davantage apprécier ça. Puisque c'est le seul moyen que j'ai, je prends la parole, cherchant avant tout à le déstabiliser plus qu'à le raisonner, tâchant de rappeler l'être humain en lui, ce méprisable humain si incompréhensiblement aimé et adoré par Davos, ce crétin de père adoptif.

Je crains pendant un instant de ne pas avoir assez de cette verve diabolique nécessaire pour le déconcentrer, mais je finis par trouver un point sensible. Je le sens immédiatement, plus que je ne le vois, car la douleur commence à me tirer des larmes, aux crocs qui relâchent peu à peu mon bras. J'ignore si je vais pouvoir l'utiliser tout de suite, pour me défendre, à cause de cette bête. Je me moque du raisonnement qui lui traverse, du moment que ça marche, et me soucie bien peu de ses états d'âme. Quand il recule d'un pas, presque pris de vertige, je passe outre la douleur pour lui donner un coup de tête, histoire de l'assommer davantage. Hors de question de ressentir quoique ce soit, d'abandonner la partie. Je roule sur le côté pour récupérer le poignard et m'extirper de son étreinte une fois pour toutes. Ça a le désavantage de m'arracher un autre grognement de douleur et une violente douleur lancinante qui me fait presque pleurer de nouveau. Je suis incapable d'utiliser ce bras pour l'instant, aussi le couteau passe dans mon autre main. Mais il n'est pas en meilleur état que moi : reculant, je vois que la métamorphose – est-il devenu mutant par quelque miracle ? - commence à s'inverser. Je souris presque, malgré la douleur, en voyant qu'il souffre à son tour des déformations que doit subir son corps. Qui a dit que la mutation était quelque chose de facile ?

Qu'importe la laideur de cela, ou que je sois encore assez faible. Je ne compte laisser passer aucun avantage qui soit à ma portée, et je me rapproche, le poignard dans la main gauche, celle avec laquelle je suis la moins habile et forte, malheureusement. Qu'il recule, j'avance, et ainsi de suite, prête à l'oppresser autant que possible, d'autant que les rôles s'inversent de nouveau. La lame glisse sur sa gorge, sans pour autant pourfendre la peau. Je suppose que l'absence d'émotions fait de nous des animaux, comme il l'a lui-même expérimenté. Ses vêtements sont à moitié en lambeaux, laissant aussi d'autres points de chutes pour quelques blessures, si l'envie m'en prend. Il va le payer, cette fois, alors que je le regarde dans les yeux avec encore moins de pitié et de sentiment qu'avant. L'envie de l'assassiner enfin, véritablement, est particulièrement tentante. Pourquoi montrerais-je quelque compassion, là où lui n'en a jamais eu aucune ? J'ai un sourire aussi cruel que provocant.

« Embrasse-moi. Tue-moi. Fais quelque chose. Même en monstre, tu es incapable d'aller au bout des choses. Tu n'aimeras jamais Davos, et lui ne t'aimera jamais parce que tu n'es qu'un lâche qui recule, encore et encore. »

Il ne me faut que quelques secondes de plus pour que la lame glisse le long de son torse, prête à s'enfoncer près des organes vitaux. Je ne le louperai pas, cette fois.


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MessageSujet: Re: [CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos Ven 13 Fév 2015, 23:26


On pouvait supposer que Davos avait parfois de la chance, ou qu'il en apportait. C'était quelque chose entre les deux, en tout cas, on pouvait difficilement associer sa venue à du malheur. Il s'était absenté pendant un bref temps, pour aller faire des courses, sans se douter que Tosca en profiterait pour essayer de se venger une dernière fois et définitivement, de Rafael. En eût-il eu le moindre soupçon, il serait revenu sur ses pas immédiatement, et aurait veillé à ne plus jamais quitter son amant d'une semelle. Pour tout dire, au moins serait-ce la leçon de ce soir-là. Il était arrivé devant la maison après avoir pris le bus – n'oublions pas qu'il détestait les voitures – et avait commencé à ouvrir la porte d'entrée de sa maison, quand les rugissements de Rafael derrière la maison avaient éveillé son attention. Il avait hésité une seconde, pris au dépourvu et ne sachant comment interpréter de tels sons qui n'existaient normalement pas à New York. Puis il avait entendu des éclats de voix, Floria, Rafael, parler. Le marin aurait reconnu ces voix entre mille car elles appartenaient aux êtres qu'il aimait le plus sur cette Terre, de toute sa vie de mutant. Et le degré d'agressivité, de pulsions dans ces voix, suffirent à lui faire laisser tomber son sac de courses par terre et à contourner à toute allure sa maison, pour se retrouver sur le lieu de l'affrontement.

Rafael commençait à peine à reprendre réellement forme humaine, et Davos crut halluciner sur l'instant, ne comprenant pas comment il était possible que l'homme ait pu prendre telle nouvelle apparence, comme une métamorphose dans les films d'horreur, qui commençait à disparaître. De plus, ses traits étaient crispés par la douleur, et le marin pouvait voir à quel point son corps était même tendu, comme supportant d'extrêmes tensions internes. Mais les mots froids de Floria, assassins et dépourvus d'émotions, le frappèrent également. Il n'avait jamais entendu une voix ainsi sans âme chez sa fille, et ce fut le deuxième choc qu'il éprouva à cet instant. Accentué par le fait qu'il voyait qu'elle s'apprêtait à saigner Rafael une deuxième fois. L'esprit de Davos ne tourna pas davantage, et instinctivement, il leva la main vers Floria. La main qui tenait le couteau se mit à trembler puis se figea brutalement, et sa fille eut un cri de douleur, lâchant l'arme et reculant d'un pas, le regard furieux. Il ne devait être certes très agréable de se faire ainsi geler la main uniquement, sans prévenir, en plus d'un bras blessé par – il n'en crut pas ses yeux – une morsure ou quelque chose de semblable. Il y avait bien des marques de crocs. Floria dut lui lancer une malédiction bien peu aimable, mais le marin n'en eut cure, allant se placer devant Rafael. Les traits du marin se crispèrent, et intérieurement, un tremblement lui parcourait l'âme, mais le regard terrible de sa fille ne lui laissait pas le choix.

« Va-t-en d'ici. Tu n'es plus la bienvenue. Je sais ce qu'il t'a fait mais je ne te permettrai jamais de te venger. »

La voix de Davos était cassante et avait pris une autorité que ni Rafael, ni Floria, n'avaient dû entendre jusqu'à présent. On y sentait davantage l'homme qui avait guidé des navires et des équipages, davantage l'homme qui manquerait de tuer Benedict. La neige et l'eau se faisaient banquise, et les avalanches étaient meurtrières. Cela dut en tout cas se ressentir suffisamment, et Davos faisait certes rempart de son corps pour protéger Rafael. A aucun moment il n'avait élevé la voix, mais l'herbe autour de Tosca commençait à se glacer avec un crissement significatif. Toute mutante et immortelle qu'elle était, la cantatrice comprit l'avertissement et jeta un dernier regard meurtrier à Roxas, avant de décamper, laissant son arme sur place. Davos attendit un instant avant de se permettre enfin de respirer, et de se retourner vers Rafael. Il passa outre les dernières parcelles de peau qui perdaient de leur fourrure, les vêtements en lambeaux. Il n'avait pas vu la métamorphose complète, et peut-être s'en fichait-il pour l'instant. L'important, était que Rafael aille bien. Il le saisit dans ses bras, un instant, avant d'examiner du regard son corps, inquiet.

« Elle n'est pas parvenue à te blesser ?... »

En vérité, son regard s'attarda sur les blessures, certes superficielles, que Tosca avait réussi à infliger cette fois. Par précaution, il effleura les plaies de sa main, y appliquant un peu de froid anesthésiant, pour le soulager. Mais le tourment dans ses yeux ne disparaissait pas.

« Je suis désolé...je n'aurais jamais dû m'absenter. » Il était prêt à le soutenir si besoin, dans la seconde. « Rentrons. »

Il le ramena à l'intérieur, non sans prendre l'arme au sol, au cas où, encore tachée de sang. Une fois à l'intérieur, il fit s'asseoir Rafael sur le canapé, et se dépêcha de préparer des bandages, du désinfectant, tout ce qui serait utile, à moins que la mutation temporaire de Rafael ne fasse le travail à sa place, ce qui ne manquerait pas de le faire halluciner pendant encore cinq minutes, sans nul doute. Mais Davos ne se départissait pas de son air troublé et agité.

« Explique-moi ce qui s'est passé... Cette...fourrure ? Que t'a dit Floria ? Elle voulait en découdre ? »

On pourrait certes se poser des questions sur où allaient véritablement la loyauté et l'affection de Davos envers les siens, en observant la situation objectivement, entre l'amant qui avait essayé de violer sa fille, et cette dernière qui aurait donné n'importe quoi pour tuer Rafael. Il n'était peut-être pas entouré de gens très sains, mais sans doute ne l'était-il pas lui-même. Il n'était guère facile d'être déchiré en deux.


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MessageSujet: Re: [CLOS] The beauty and the beast | Rafael & Davos Lun 16 Fév 2015, 17:45

Une fois de plus, mon hésitation allait manquer de me perdre. Hélas ! La métamorphose prenait fin, ce qui ne parvint aucunement à émouvoir ma rivale. Celle-ci approchait, au fur et à mesure que je tentais de fuir. Elle symbolisait la fin et le précipice qui m'attendaient. Je m'immobilisai lorsque je sentis la lame de son couteau flirter avec ma gorge. J'aurais été stupide si je n'avais pas éprouvé la peur, à cet instant précis. Et mon regard, plus humain, la regardait de façon quelque peu implorante.

«  Embrasse-moi. Tue-moi. Fais quelque chose. Même en monstre, tu es incapable d'aller au bout des choses. Tu n'aimeras jamais Davos, et lui ne t'aimera jamais parce que tu n'es qu'un lâche qui recule, encore et encore. »

Ses mots m'affectaient beaucoup plus qu'elle ne pouvait l'imaginer. J'avais beau avoir tenté plusieurs extrémités, il était vrai que je n'étais jamais parvenu à aller jusqu'au bout. J'étais donc bien lâche, et j'allais le payer cher. Elle me blessa davantage encore lorsqu'elle remit en doute l'amour qui unissait Davos et moi... Mais peut-être n'avait-elle pas tort, après tout... Je n'avais pas la force de la repousser, ni même de répliquer. La transformation me labourait le corps, et ses mots, le cœur.

Alors que je voyais la fin venir, Tosca lâcha brutalement le couteau. Elle laissa également échapper un cri de douleur, provoqué par le fait que sa main venait de geler. Davos revenait donc au pire ou au meilleur des moments... En effet, même s'il venait, une fois de plus, de me sauver la vie, j'avais honte de ce qu'il venait de se passer.

« Va-t-en d'ici. Tu n'es plus la bienvenue. Je sais ce qu'il t'a fait mais je ne te permettrai jamais de te venger. » commenta-t-il, glacial.

J'étais un peu coupable de le voir ainsi prendre ma défense, mais après tout, alors que j'avais hésité à tuer Tosca, elle semblait véritablement prête à m'achever. L'atmosphère était froide ; c'en était palpable. Je ne pouvais m'empêcher d'être impressionné par cette facette de Davos, que j'avais peu l'habitude de voir. Les secondes paraissaient bien longues, mais Floria finit par s'en aller.
Je recommençai à respirer, tant bien que mal. Je ne m'en étais pas rendu compte, mais j'étais redevenu normal Je me crispai un peu lorsqu'il me prit dans ses bras, me demandant comment il ne pouvait pas être rebuté par ce que j'étais devenu, ou par ce que j'avais fait. Il me demanda simplement mon état.


Ce n'est que superficiel, dis-je, dans tous mes états, comme à chaque fois qu'il se rapprochait de moi.

Il m'appliqua des premiers soins et je tentai de me redresser, progressivement. J'avais du mal à réaliser tout ce qu'il s'est passé. Mais pourquoi diable s'excusait-il ?


Tu as toujours fait ce que tu devais faire, le rassurai-je simplement.

Je m'installai sur le canapé, tandis qu'il rassemblait de quoi nettoyer les plaies. Je peinais encore à reprendre mes esprits et nous mettrions sans doute quelques heures ou quelques jours avant de réaliser que je cicatrisais plus rapidement que la moyenne.

« Explique-moi ce qui s'est passé... Cette...fourrure ? Que t'a dit Floria ? Elle voulait en découdre ? » demanda-t-il, tourmenté.

Je marquai une pause, cherchant les mots justes, avant de me lancer dans le récit de ce qu'il s'était passé. J'évoquai la métamorphose, non sans mentionner Arlathan. Ensuite, je lui décris précisément l'ensemble de la visite de Floria. Je tentai d'être neutre au maximum, mais je ne pouvais m'empêcher de brûler de rancune et de honte, à la fois. Mais si nous avions déjà traversé pire, nous surmonterions également ceci.



FIN

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