XMH : The After Years
 
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Castiel

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Messages : 298
Date d'inscription : 06/09/2014
Identité : Jimmy Novak
Dons : immortalité - Ailes (vol) - Empathie - Guérison/Evacuation - Empreinte

MessageSujet: Castiel Sam 06 Sep 2014, 17:56


CASTIEL




♣ Nom : Novak (originellement Smith)

♣ Prénom : James, dit Jimmy

♣ Age : 186 ans

♣ Nationalité (origines) : américaine (de Louisiane)

♣ Orientation sexuelle : bisexuelle (il n'a jamais vraiment compris cette histoire de différence entre les genres, même avant que son esprit et ses souvenirs ne partent à l'ouest)

♣ État civil : célibataire, jamais marié (et il ne sait même pas s'il a semé des enfants ici et là au fil des décennies, il ne s'était jamais vraiment intéressé à la question à l'époque et aujourd'hui, il aurait oublié)

♣ Taille et poids : 1m80 / 80kg

♣ Profession : huérisseur (accepte les restes d'un bon dîner comme payement, voire de bons lacets de chaussures ; on ne sait jamais quand on peut en avoir besoin après tout)

♣ Groupe : neutre (pour le moment du moins ; on sait jamais, des fois qu'on voudrait le débaucher pour une bonne raison)

♣ Rang: aucune idée là tout de suite

♣ Capacités : Immortalité : Castiel ne peut tout simplement ni mourir ni vieillir

Ailes : il est doté d'une grande paire d'ailes, facilement dissimulables. Il peut s'en servir pour voler, mais il n'est pas très gracieux et a fâcheuse tendance à se cogner contre les lampadaires (il volait bien mieux quand il avait toute sa tête)

Empathie : il peut ressentir les sentiments des gens, ce qui a facilement tendance à le perturber quand ils sont très intenses ou trop nombreux

Guérison : par imposition des mains, Castiel est capable de guérir n'importe quelle blessure ou maladie. Pour le moment, il n'en a pas encore rencontrées qu'il ne pouvait pas soigner. A part la vieillesse, contre laquelle il est impuissant. Oh, et il n'est pas non plus capable de vous recoller la tête si vous avez eu l'étourderie de vous la faire décapiter. En fait, il ne peut pas recoller les autres membres non plus. Il ne peut rien recoller du tout, à part le papier peint (mais pas sur les gens, hein). Oh, par contre, il peut sentir si vous êtes malade et que vous ne le savez pas, ce qui est plutôt bonnard. Enfin, il peut influencer sur les gênes mutants, du moins à une certaine mesure. De toute façon, il ne l'a fait qu'une fois, et ça ce ne s'est pas très bien passé... Il peut également soulager la douleur (mais contrairement à l'arnica, Castiel fond rarement dans la bouche). L'utilisation de ce pouvoir s'accompagne toujours d'une douce et chaude lumière qui vient envelopper le patient.

Conséquence de chaque guérison, ça lui fait noircir une ou plusieurs plumes suivant l'effort. Plus il a de plumes noires, plus son humeur est facilement assombrie, son esprit troublé et ses fâcheuses tendances promptes à remonter à la surface.

Évacuation : pendant la grande guerre, quand il s'appelait Savior (pompeux, mais il n'était pas vraiment lui-même à l'époque ; ou peut-être l'était-il trop, justement...), Castiel a découvert le moyen d'évacuer tous les maux et les douleurs aspirés par son pouvoir de guérison sur une cible. Il doit avoir un contact avec sa peau et se concentrer. Il peut choisir l'intensité de l'évacuation, et peut aussi bien s'en servir pour torturer sa victime avec d'atroces douleurs que pour la tuer en la détruisant littéralement de l'intérieur. C'est ce qui permet de rendre des plumes noires blanches, et donc de lui redonner un certain équilibre spirituel. Évidemment, depuis qu'il s'est rangé et qu'il a décidé d'arrêter le coup de l'ange tout puissant mégalo, il n'aime pas du tout recourir à ce pouvoir et évite de s'en servir comme la peste. Seulement, il guérit beaucoup de gens (parfois de la peste), et ses plumes noircissent à nouveau, ce qui ne manquera pas de le mettre face à un dilemme dans un futur plus ou moins proche...

Empreinte : ça, c'est une combinaison inattendue et parfaitement involontaire des pouvoirs d'empathie et de guérison. Castiel n'est pas au courant qu'il le possède, et aux yeux d'autrui cela revient surtout à le regarder parler tout seul. L'explication plus précise de ce phénomène se trouve en fin de la fiche.

♣ Ambition : rester humble, faire le bien, soulager les souffrances des gens et protéger ceux qui n'en sont pas capable. Plus que tout, Castiel aspire à une vie tranquille, mais sait qu'il a encore beaucoup à faire pour expier ses fautes. Il est terrorisé à l'idée de retomber dans ses vieux travers mégalos, et fait donc très attention à ça. Du coup, on pourrait dire que son ambition, c'est aussi ne pas avoir d'ambition. Il récemment décidé de se mettre à l'apiculture : ça l'apaise. Faire du bon miel, voilà une ambition qui ne risque pas de provoquer grand chose !

♣ Aversion : ceux qui s'en prennent aux faibles, aux malades, aux innocents, aux enfants, aux pauvres bêtes et, en gros, à tout ceux qui sont incapables de se défendre par eux-mêmes. Il n'aime pas la violence, mais y recourir pour protéger quelqu'un. Il a aussi les extrémistes en horreur, parce qu'il en était un lui-même et qu'il sait à quoi cela peut mener. Il déteste la réglisse et possède une aversion profonde pour les chansons du top cinquante (mais ce n'est pas de sa faute).

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“Evil begins when you begin to treat people as things.” Terry Pratchett - I Shall Wear Midnight

Thème: Optimist - Zoë Keating

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MessageSujet: Re: Castiel Sam 06 Sep 2014, 18:00


Le personnage

Thème: Take Me Away - Globus


La première chose qu'on remarque chez Castiel, c'est indubitablement ses ailes. Deux grandes ailes de plumes blanches qui lui donnent l'air d'un ange. Enfin, presque blanches. Elles sont constellées de plumes noires ici et là. Oh, moins qu'autrefois, du moins pour l'instant. Ensuite, on s'attarde généralement sur ses yeux. Bleus, ils semblent en permanence un peu troublés, comme le ciel avait la grisaille de l'orage. Il s'y cache des choses que leur propriétaire n'a pas envie de voir remonter à la surface. Mais la plupart du temps, c'est surtout leur gentillesse qui s'impose, complémentée par un sourire désarmant. Les cheveux sombres, courts, généralement un peu en bataille et une barbe de trois jours témoignent de quelqu'un qui ne se soucie pas plus que cela de son apparence. De taille moyenne et de corpulence moyenne, il n'aurait rien réellement étonnant si vous le croisiez dans la rue. Ailes mises à part, bien sûr. Mais même à une époque où les mutants semblent plus acceptés que jamais, il préfère les dissimuler en public. Elles sont capables de se comprimer jusqu'à donner la fausse impression de se rétracter, et il est facile de les dissimuler sous un habit ample comme un grand manteau. Actuellement, c'est un vieux trenchcoat gris-beige et élimé qui a la prédilection de Castiel. On le voit rarement sent, et on le dit très attaché à cette vieille chose ; parfois, il y adjoint une cravate quand il a envie de se sentir un peu chic, mais n'a jamais vraiment su comment bien la nouer. Au-delà de ça, il ne se préoccupe pas vraiment de sa garde robe. Il s'habille de vêtement de seconde main trouvé au foyer, et considère les chemises colorées de type hawaïenne comme le summum de la décontraction lorsqu'il s'agit d'être cool.

Du côté de son caractère, il est plutôt facile. Calme et tranquille, Castiel s'emporte rarement, mais sa voix douce bien que rocailleuse peut se faire très grosse lorsqu'il s'énerve. Mais peuvent de choses l'énervent vraiment. Ce qu'il ne supporte pas, c'est qu'on s'en prenne aux innocents, aux enfants, aux faibles et à ceux qui ne peuvent pas se défendre. Castiel sera toujours prêt à tout pour les défendre et ce même quand ses chances de l'emporter sont clairement en sa défaveur ? Bon, être immortel, ça aide un peu, il faut bien l'avouer. Même si lui, Castiel, ça ne le botte plus tant que ça, l'idée de vivre à jamais. Il a tenté d'en finir régulièrement au court de sa longue vie, mais il a enfin trouvé une nouvelle place dans ce monde, et quelque chose qui vaut la peine de vivre encore un peu (à savoir le Foyer de miss Novak et ses occupants). Castiel n'est pas très adroit socialement : il n'a pas une très bonne connaissance des codes régissant les relations humaines, et peut se montrer maladroit voir carrément à l'ouest. Il savait tout ça, fut un temps, mais les événements de ces dernières années ont prélevé leur dû sur un esprit torturé et en plein conflit. Depuis, il s'efforce de refouler tous ses terribles souvenirs, et de se comporter en la personne décente qu'il a envie de revenir, même s'il n'est pas à l'abri d'un petit complexe de supériorité angélique pour autant. Il peut sembler un peu bizarre, saute du coq à l'âne dans les conversations, et se rend rarement compte quand les gens autour de lui s'adonnent au sarcasme ou à d'autres formes d'humour étranges pour lui, qui considère qu'une blague carambar reste le summum de la drôlerie. Il a aussi la fâcheuse tendance à sortir des phrases qui ne veulent pas dire grand chose pour quelqu'un d'autre que lui, quand il ne s'agit pas d'un fait qu'il balance tout à fait hors contexte dans une situation qui ne s'y prête guère. Il n'y fait jamais attention et, si on s'énerve quand on le lui fait remarquer, il prend malgré lui un air de chien battu qu'il réussit à la perfection ; la plupart du temps, vouloir s'énerver sur Castiel revient à vouloir donner des coups de pieds à un chiot maladroit, ce qui décourage pas mal de monde. Serviable, gentil, il peut même être facilement influençable tellement il a envie de faire le bien, comme s'il ressentait en permanence le besoin d'expier de terribles fautes dont il refuse catégoriquement de parler. Au fond de lui, il n'aspire qu'à une vie tranquille et à la paix, et il serait déjà un ermite s'il n'était pas aussi dédié au fait d'aider son prochain du mieux qu'il le peut. Sa plus grande crainte reste de perdre le contrôle un jour, et de rebasculer dans les extrêmes qui l'ont poussé à tenir à distance toute une partie de sa vie et de personnalité... Oh, et il donne souvent l'impression de parler tout seul, mais ce n'est pas vraiment sa faute.

L'histoire

Louisianne, 1840

Jeremiah déambulait entre les étals enveloppés d'ombres. Il n'était pas censé se trouver là mais, songeait-il avec un mince sourire, c'était également le cas de tous les autres. On parlait de ce genre d'endroit à voix basse, le soir, lorsqu'on était en sécurité au coin du feu et qu'on ne risquait pas de se faire prendre. On en parlait comme d'une légende ancienne, d'une histoire servant à faire peur aux petits enfants et à leur apprendre que le mal rôdait dehors, là où ni la justice, ni la morale humaine n'avaient droit de passage. Et Jeremiah s'y connaissait, en justice comme en moralité. Il les dispensait dans sa paroisse avec l'impunité du représentant de Dieu sur terre. Il en avait toujours été ainsi, et cela le resterait tant que Jeremiah vivrait. Mais nul ne vivait pour toujours. A presque cinquante ans, il ne rajeunissait pas, et il lui fallait assurer sa descendance. Plusieurs fois il avait pris des femmes de sa communauté, mais aucune n'avait été capable de lui donner d'enfant, même quand il en avait sélectionnées qui avaient déjà été mères. Il aurait pu se croire maudit, sa source à jamais tarie, s'il n'avait pas eu une foi inébranlable dans agissement de son seigneur. Jeremiah y voyait un signe : celui qu'aucune femme mortelle ne pouvait présumer de porter son héritier, aucune n'en était digne. Non, il lui faudrait former lui-même sa propre chair, trouver le terreau fertile dans lequel inculquer la philosophie de toute une vie. Voilà pourquoi il se trouvait en un tel en droit en cette nuit noire, une large capuche rabattue sur son visage pour que personne ne le reconnaisse. Il avait pris soin de voyager loin de chez lui, et il y avait peu de chance qu'un de ses administrés se trouve ici, mais il ne voulait courir aucun risque. C'était aussi pourquoi il ne s'était pas contenté de jeter son dévolu sur un des nombreux orphelins là d'où il venait. On aurait fini par le savoir, et Jeremiah ne souhaitait pas être accusé d'un acte aussi banal que de s'occuper du fils de son voisin. Il avait une autre idée en tête. Peut-être trouverait-il de quoi la réaliser ici, dans ce marché interdit tenu sous les branches épaisses des vieux arbres, au bord du fleuve boueux où luisaient les yeux des alligators. Un marché éclairé de quelques lanternes sinistres, où la loi des hommes n'avait plus court. On y dénichait des merveilles terribles et interdites : potions miraculeuses, poisons foudroyants, objets maudits par les esprits et bénis par les anciens, ingrédients rares et dégoûtants... On y pratiquait des rituels oubliés, on maintenait en vie la sorcellerie et la tradition du vaudou, et des sorcières à la peau sombre et aux yeux qui l'étaient plus encore marmonnaient des malédictions en remuant leur chaudron bouillonnant. En bon homme de Dieu, Jeremiah condamnait tout cela. Il se sentait sali à l'idée de fouler la terre battue par les pas d'autant d'infidèles, et il priait silencieusement pour que le ciel accorde à son âme la force de rester pur. Mais il existait en un tel lieu des commerces qu'on ne trouvait nulle part ailleurs, et qui irait remonter sa piste jusqu'à un endroit pareil ? Car c'était ici qu'on vendait le destin de ceux dont personne ne voulait. Il ne s'agissait pas d'esclaves, ça non ; Jeremiah les aurait achetés la tête haute à n'importe quel comptoir. Mais les esclaves étaient rarement blancs, et il avait en tête une idée bien précise. Il avait suivi les rumeurs d'enfants abandonnés dans les marais, de bébés enlevés à leurs parents par les sorciers en rétribution d'un ancien affront, ou de racontars plus horribles les uns que les autres. Peu lui importait la provenance, de toute façon...

Il avait passé une bonne heure à faire le tour quand il trouva enfin ce qu'il cherchait. On souleva le pan d'une vieille tente crasseuse pour le faire entrer à l'intérieur, et une femme si vieille qu'on devinait à peine l'éclat de ses yeux sous le méandre des rides le reçut en baragouinant dans son patois infâme. Un mouchoir contre la bouche et le nez pour se protéger des odeurs fortes et inconnues qui régnaient à l'intérieur, Jeremiah s'avança quand elle lui fit signe de s'approche. Dans une vieille caisse de tabac qui servait de berceau improvisé reposait un jeune enfant blanc. Il ne devait avoir guère plus qu'une année, et il était couché sur le dos, sanglé à son lit de fortune. L'homme se pencha pour mieux l'examiner, et s'assurer qu'il était en bonne santé. Le bébé était calme mais semblait réactif, et ses yeux suivaient les mouvements de Jeremiah, qui s'en trouva satisfait. Bien, l'être devait avoir l'esprit vif. Mieux encore, il s'accordait à merveille avec son examinateur : tous deux avaient les cheveux noirs et épais, ainsi que les yeux bleus et clairs. D'un geste qui se voulait doux, mais qui n'avait guère l'habitude des bambins, Jeremiah caressa le front du bébé et ses doigts y tracèrent machinalement le signe de la croix. A côté de lui, la vieille continuait de s'exprimer dans son idiome assommant. Elle était manifestement agitée, comme si elle ne pouvait attendre de conclure cette affaire et de passer à autre chose. N'ayant aucune intention de rester plus longtemps que nécessaire dans les parages, Jeremiah n'allait pas se faire prier.

« Combien ? » demanda-til, déjà prêt à marchander. Mais la réponse le surprit tant elle était basse, comme si la vieille bique cherchait à tout prix à se débarrasser de cette marchandise-ci. Jeremiah fronça les sourcils, cherchant où était l'entourloupe. Le petit était-il malade malgré tout ? Il réussit à démêler assez le charabia de l'autre pour comprendre qu'elle le considérait plutôt comme maudit. Mais un enfant maudit par des idoles impies ne l'était peut-être pas par le seul vrai dieu, et Jeremiah décida d'y voir un signe. Même quand la femme se tortilla sur elle-même lorsqu'il demanda à examiner son futur achat sous toutes les coutures. C'était inévitable, elle le savait, mais elle n'avait pas été pressée d'en arriver là. A contrecœur, elle relâche la sangle qui maintenant l'enfant en place, et le tourna sur le ventre. Lorsqu'il les vit dans son dos, petites et blanches mais magnifiques, Jeremiah sourit, le cœur soudain empli d'une tendresse illuminée : il avait trouvé ce qu'il était venu chercher. Non, mieux encore.

Il avait trouvé un ange.


Louisiane, 1852

Jimmy se cachait dans le creux d'une vieille souche humide. Il était plutôt doué pour se cacher, c'était un talent qu'il avait développé pour échapper momentanément à l'attention de son père. Momentanément, car lorsqu'il sera obligé de rentrer, Jeremiah Smith lui flanquera une correction terrible. La colère de Dieu, dira son père. Et comme son père en était le représentant direct, c'était comme de se faire corriger par le seigneur en personne. Pour Jimmy Smith, il n'y avait guère de différences entre les deux. Il serait puni en secret, bien sûr, loin des regards indiscrets. Jeremiah ne tenait nullement à battre l'ange de lumière de leur communauté à la vue de tous. Quant aux marques, elle disparaissaient toujours très vite, Jimmy était doué pour guérir. Il ne savait pas trop comment il s'y prenait, il le faisait, c'est tout. Et il guérissait les autres. C'était là son plus grand talent, même s'il n'était pas très sûr de le considérer ainsi. Son père en faisait grand cas, en tout cas : Jimmy était la preuve vivante que le sang du seigneur avait coulé à travers les veines de Jeremiah Smith pour permettre à un ange de renaître sur Terre.

Il commença à pleuvoir. Le sommet de la souche, inégal, laissait passer les gouttes. Il s'agissait d'un de ces désagréables déluge d'été, trop moites pour apporter la moindre fraîcheur. Sans même y réfléchir, Jimmy leva l'extrémité de ses ailes au-dessus de sa tête, les courbant légèrement pour se protéger de la pluie. Cette dernière commença à glisser silencieusement le long des plumes blanches. Elle seraient vite trempées, alourdies, mais l'enfant s'en fichait. Il aurait préféré ne jamais les avoir, de toute façon. Sans elle, son père l'aurait sûrement traité comme un enfant normal. Il aurait pu aller jouer avec les autres garçons de la communauté, et Jeremiah Smith l'aurait considéré comme son fils avant de le considérer comme un ange de Dieu. Même si, et Jimmy s'en rendait bien compte malgré ses douze ans, c'était surtout lui-même que Jeremiah Smith aimait à bien considérer à travers tout cela. Lui, le prophète, celui qui avait enfanté le premier ange à fouler le sol de ses pieds depuis des siècles, celui qui ramenait la vraie lumière de Dieu sur Terre. Quant à sa mère, Jimmy n'en savait rien. Son père avait toujours refusé de lui répondre à ce sujet autrement qu'en lui disant qu'il n'avait pas à se soucier d'un simple vecteur mortel qui n'était plus de ce monde. On racontait même que Jeremiah Smith avait lui-même façonné la glaise dont était issu Jimmy, avant d'y faire couler son sang béni par Dieu. Le sang du guérisseur. Jimmy avait découvert son pouvoir quand il avait à peine six ans. Son père s'était méchamment entailler la main entre le pouce et l'indexe en coupant du bois, et la blessure s'était infectée. Pendant plusieurs jours, tandis que les remèdes et les prières n'amélioraient en rien son état, la fièvre l'avait poussé au délire. Et puis, un matin, sans trop savoir pourquoi, Jimmy avait saisit la main de son père, il avait fermé les yeux et...quelque chose s'était produit. Une douce lumière avait irradiée des mains de l'enfant et, quand il les avait retirées, la blessure de son père avait disparue. Comme si elle n'avait jamais été infligée. Pour Jeremiah Smith, cela avait le dernier signe qu'il attendait pour faire de son fils la figure de proue de sa propagande. Il exhibait Jimmy devant la paroisse, avec ses ailes et son don de guérison, et ses membres lui accordaient une foi aveugle. Ainsi qu'une bonne partie de leurs biens. Jeremiah régnait en maître sur leur petite communauté isolée, et nul n'osait plus contester sa parole depuis qu'il leur avait promis que le courroux de l'ange se déchaînerait sur ceux qui oseraient s'opposer à lui. On n'avait jamais demandé à Jimmy son opinion sur le courroux en question. Le seul qu'il connaissait, c'était celui de son père, et donc celui de Dieu. Oui, Jimmy guérissait vite en plus de guérir autrui, mais son père savait de toute façon cogner sans faire de traces.

Mais ce n'était pas le plus dur. Les coups, les brimades, les mots durs, l'enfant avait appris à s'en accommoder. Il était un ange, et les anges ne se souciaient pas de telles broutilles. Que pouvait-il faire d'autre, de toute façon ? Il savait que seul son père était à même de le guider et de l'accepter. Malgré l'adoration des paroissiens, Jimmy voyait bien qu'ils avaient peur de lui. Jimmy, lui, avait peur de son père, de Dieu, et de ses propres pensées. Car c'était ça, le plus dur: Jimmy pouvait ressentir ce que pensaient les gens. Il ne lisait pas dans leur tête, rien de tout ça, cela aurait été l’œuvre du démon, mais il...il ressentait ce qu'ils ressentaient. Et plus l'émotion était forte, plus elle avait d'emprise sur Jimmy, qui ressentait la douleur qui étreignait le cœur des hommes comme nul autre. Et aucune n'était plus terrifiante, plus angoissante, plus horrible que celle qu'il ressentait chez son père. Il y avait en Jeremiah Smith un tel vide qu'il menaçait sans cesse de s'engouffrer à l'intérieur de l'enfant pour l'aspirer comme l'aurait fait une tornade. Un vide désespéré qui se changeait en colère pour exister, et Jimmy avait plus que tout peur de ce que cette colère pourrait faire de lui. Comme ce matin, lorsqu'il avait décidé de soigner l'esclave qui était tombé du toit. Il voyait encore les côtes percer la peau, le sang qui coulait, et la grimace de douleur muette de l'homme noir. Jeremiah lui avait interdit de lui porter secours, car l'étincelle divine de ses talents ne devait se souiller avec une telle créature, mais Jimmy n'avait pas écouté. La souffrance de la victime était trop présente dans sa tête pour qu'il fasse autre chose que de l'aider, et il avait couru jusqu'à lui pour accomplir son miracle. Le blessé s'était relevé, soudain indemne, et il avait regardé Jimmy avec de la crainte dans les yeux, lui transmettant sa peur. Cela aussi, Jimmy y était habitué. Mais la peur des autres valait mieux que leur souffrance. Et puis son père avait fait abattre l'esclave d'une balle dans la tête, et Jimmy s'était enfui pour se cacher. Mais même ici, loin de la maison, il pouvait encore sentir l'humeur de Jeremiah Smith comme un aiguillon chauffé au rouge dans les sillons de son esprit. Il se tenait la tête à deux mains, se balançant d'avant en arrière sous son parapluie de plumes, retenant les larmes qui s'agglutinaient derrière ses paupières fermées.

Les anges ne pleuraient pas.


Saint-Orléans, Louisiane, 1862

Cela faisait plusieurs que la bataille faisait rage, mais plus personne n'avaient des doutes sur son issue. Le commandement confédéré avait donné ses derniers ordres, et il ne s'agissait plus que d'une question de temps avant que la Saint-Orléans ne tombe aux mains de l'Union. Pour le lieutenant James Smith, ces considérations n'avaient aucune importance. Les manches de son uniforme retroussées jusqu'aux coudes, du sang plein les mains, il s'efforçait d'ignorer le bruit pour se concentrer. Ce n'était pas le son des canons qui le dérangeait ; on finissait rapidement par s'y habituer. Non, le plus dur, c'était de calmer la douleur et la peur qui irradiaient sous son crâne. L'ennui, c'était qu'il ne s'agissait pas des siennes. En grandissant, il avait appris à mieux gérer les émotions d'autrui qu'il percevait malgré lui, mais la guerre avait réduit à néant la plupart de ses efforts. Essayer d'éviter la souffrance des gens autour de lui revenait à vouloir arrêter de respirer. Alors il se contentait de la réduire au maximum, la reléguant à un bruit de fond assourdissant les meilleurs jours. Quand la sécession avait eu lieu, que le Nord et le Sud s'étaient déclarés la guerre, Jeremiah Jones avait jubilé. Pour le patriarche, c'était un nouveau signe divin comme quoi le ciel allait venir punir les pêcheurs, ceux qui se détournaient de la parole de Dieu et qui adoraient ces créatures noires comme leurs frères. Mais il n'avait pas voulu envoyer James au front. Il était son seul fils, lui répétait-il. Son héritier. Son sauveur. Il ne pouvait pas le laisser partir. James avait senti la peur sincère dans l'esprit dément du vieil homme, et il comprit que celui-ci avait désespérément tenté de combler le vide. Mais le jeune Smith ne pouvait pas rester les bras croisés tandis que des compatriotes, des hommes, allaient mourir sur le terrain. S'il était un ange de Dieu, il était tant qu'il commence à se comporter comme tel ! Alors il était parti, faisant pour la première fois fi des imprécations paternelles. Il était un fils de Dieu lui aussi, plus que quiconque ! Il était temps de ne plus se laisser marcher sur les ailes. Ailes qu'il avait toujours pris soin de cacher aux yeux du monde en-dehors de la petite communauté arriérée où il avait grandi. Elles étaient grandes une fois déployées, et majestueuses, mais se rétractaient toujours assez au repos pour qu'il puisse les dissimuler sous un grand manteau. Mais au cœur du combat, son secret n'avait pas fait long feu. On s'était méfié de lui, mais on l'avait aussi accepté, car il n'y avait pas de meilleure camaraderie que celle des soldats. Et lorsqu'on court à la mort, quoi de mieux que de le faire avec un ange à ses côtés ? Cela ne voulait-il pas dire que le seigneur lui-même soutenait votre cause ?

Mais James n'avait que faire de cette propagande. Il n'était du côté d'aucun camp si ce n'est celui des hommes qui souffrent. Ses talents de guérisseurs s'étaient révélés précieux pour la garnison, et plus d'un condamné avait pu repartir au combat sur ses deux jambes. Et même si la plupart d'entre eux ne revenait que rarement une dernière fois -la mort se trouvait d'autant plus facilement pour les galvanisés dépourvus de toute peur- il n'avait jamais abandonné son ouvrage. Dans le baraquement réquisitionné qui faisait officie d'infirmerie, il contemplait les blessés qui défilaient sur les tables et les brancards avec le recul de quelqu'un qui se savait différent de ces humains fragiles. Ils mourraient facilement et rapidement, quand James ne les voyait pas assez vite, tandis que lui-même se riait des balles et des coups de sabre. Enfin, il ne riait pas vraiment, ça restait difficile de rire avec une lame enfoncée dans les poumons ; il toussotait, disons, avant de l'enlever et de passer distraitement à autre chose. La vision d'un ange se relevant sur le champ de bataille après avoir écopé d'un tir de mitraille qui avait fauché le reste du régiment, c'était quelque chose d'impressionnant ! Mais James ne participait que rarement aux combats proprement dits ; on avait trop besoin de lui ici. Peut importait qui allait gagner la bataille dehors, quand lui réussissait à arracher une nouvelle victoire à la mort. Il était précisément en train de s'occuper d'un patient quand les hostilités cessèrent. Il le sut, parce que les canons s'étaient tus depuis un moment, les gradés restés sur place ne courraient plus partout dans les environs pour crier leurs ordres, et il avait entendu plusieurs fois les clairons. Il ne leva même pas la tête, de longues minutes plus tard, quand la porte s'ouvrit à la volée et qu'un officier de l'Union fit irruption, accompagné de plusieurs soldats vêtus de bleu. Les ailes de James étaient dissimulées sous son manteau d'officier, aussi ce furent ses mains qui attirèrent les regards des nouveaux venus. Ses mains plongées dans la poitrine d'un mourant, diffusant une étrange lumière qui donnait une impression de chaleur. Lentement, sans se laisser distraire, il les retira de la blessure béante, qui ne le resta pas très longtemps. Quand il s'essuya grossièrement à un chiffon maculé, la poitrine du blessé était douce et dépourvue de la moindre cicatrice. La douleur de l'homme s'estompa, de même que la pression dans le crâne de James, même s'il pouvait sentir la confusion des yankees. S'ils avaient peur, ils réussissaient à la tenir à distance de manière plutôt admirable pour de simples humains. James leva les mains pour leur montrer qu'il n'avait aucune intention de résister, et deux soldats s'approchèrent prudemment de lui pour venir le saisir. Sur la table d'opération, le miraculé contemplait la scène, bouche bée. Le fait qu'il s'agisse d'un soldat nordiste avait sans-doute contribué à apaiser la situation. James Smith soignait tous les hommes, peu importe la couleur qu'il portait sur leurs vêtements ou sur leur peau.

La question restait : qu'est-ce que les hommes allaient bien pouvoir faire de James Smith ?


Louisiane, 1867


Cela faisait un an que la guerre était finie quand James Smith rentra chez lui, dans la Louisiane profonde. Les hommes en bleu avaient fait de lui la même chose que leurs compatriotes en gris : ils avaient trop eu besoin de son potentiel pour le garder enfermé quelque part. Et James n'avait d'allégeance qu'envers la mission qu'il s'était donnée de soulager les souffrances de l'humanité. Sa cause était divine, et se souciait guère des drapeaux, du moins était-ce qu'il aimait croire. Des années durant, il soigna tous les blessés qu'il put sur les champs de bataille, et participa rarement au combat. Céder à la violence, prendre une vie, voilà des actes auxquels il ne succombait que lorsque c'était absolument nécessaire. Tuer n'avait rien de compliqué pour lui, et c'était là ce qui lui faisait peur. Il était parfois si facile de se sentir supérieur, de vouloir imposer sa volonté à ses humains si fragiles et désespérément querelleurs... Il devait rester humble, ne pas oublier ce pourquoi il se battait. Rien d'autre n'avait d'importance. Aussi se sentit-il un brin désœuvré à la fin du conflit : il n'avait plus d'ordres à recevoir, et l'uniforme qui cachait ses ailes et avait fait de lui un homme n'était plus de mise. Il avait erré un peu dans le pays, avant qu'une lettre ne finisse par retrouver sa trace.

Jeremiah Smith était mourant.

Alors James, qui n'avait jamais aimé trop repenser au passé, s'était empressé de retrouver la communauté qui l'avait vu grandir. Celle qui l'avait idolâtré comme un ange. Qui l'avait craint comme un ange. Le souvenir des souffrances infligées par Jeremiah étaient vivaces et, maintenant qu'il en savait plus long sur les hommes, il savait que le vieil homme s'était servi de lui depuis sa naissance. Mais il était son père, et James n'avait personne d'autre. Alors il était rentré. Lorsqu'il vit le mourant alité, son corps frêle et sec comme une brindille, le fils se sentir désemparé. Cet homme dur et sévère qui lui avait fait si peur n'était rien d'autre qu'un homme finalement. James pouvait sentir la souffrance de son père et, plus que tout, sa terreur à l'idée de mourir. De disparaître, lui qui avait pourtant toujours su qu'il aurait sa place au Paradis. Rien de tel que l'imminence de son trépas pour reconsidérer son existence ; peut-être Jeremiah Smith estimait-il soudain qu'il avait plus de chances de finir en Enfer. Entouré des âmes de sa paroisse, qui ne savaient comment se comporter sans son commandement, il était le tyran déchu d'un groupe condamné à disparaître après lui. Et pourtant, tous resteraient à ses côtés jusqu'à la fin. James également. Il ne pouvait en être autrement. C'était cet homme qui lui avait donné la vie, et il se devait de l'honorer. Qui d'autre que son père pouvait honorer un ange ? Alors il l'avait veillé des jours durant, et ils n'échangèrent presque aucune parole. Chacun savait à quoi s'en tenir, chacun connaissait l'autre mieux que quiconque. Les mots n'auraient servi à rien. Aucun n'était assez fort pour demander pardon, aucun n'était assez fort pour l'accorder. Il n'était plus temps de remettre en questions ses certitudes, parce qu'ils n'avaient plus rien d'autre à quoi se raccrocher. Le dernier matin, le vieux avait renvoyé son entourage et son fils et lui étaient seuls dans la chambre de la grande maison. Dans un murmure, l'ancien avait demandé les mains du jeune, et ce dernier les lui avait tendues.

« Aide moi. » implora Jeremiah Smith. « Aide moi. Je ne veux pas partir. »

« Vous êtes vieux, père, pas malade, ni blessé. Je ne peux pas guérir la mort. » répondit James Smith.

Mais le vieux n'en eut cure, et ses mains agrippèrent les poignets de James comme des serres :

« Aide moi ! Aide ton père ! Je ne veux pas partir ! Pas maintenant ! J'ai trop peur Jimmy, j'ai trop peur ! »

Jamais son père n'avait avoué sa peur, même si James avait depuis toujours sentit ce vide. Et son père ne l'avait pas appelé Jimmy depuis qu'il était tout gosse... Il aurait été facile de se dégager, d'en rester là et de laisser le vieux mourir. James savait qu'il n'était pas Dieu, et seul Dieu pouvait ramener à la vie. Mais il ne put s'y résoudre. Il n'avait jamais essayé de guérir la vieillesse, mais il ne pouvait le refuser à son père. On ne refusait rien à Jeremiah Smith. James inspira profondément, ferma les yeux, et posa ses mains à plat sur la poitrine sifflante. Une douce lumière se répandit pour l'envelopper. Sans trop savoir quoi faire, il laissa son don prendre le dessus, usant de son instinct et de l'amour qu'il gardait malgré lui pour ce méchant vieil homme quelque part dans son cœur. L'espace de quelques secondes, Jeremiah sembla aller mieux : son visage reprit des couleurs, il se redressa contre ses oreillers, sa respiration se fit légère... L'espace de quelques secondes seulement. Et puis James sut que ses efforts étaient inutiles. Il pouvait sentir la vie s'échapper de son père comme s'il était lui-même allongé mourant sur ce lit, et il lut dans les yeux chassieux de son patient que ce dernier l'avait compris lui aussi. La lumière s'intensifia pourtant, et James avait l'impression de plonger tête la première dans l'esprit agonisant de Jeremiah, comme si le père et le fils ne faisaient soudain plus qu'un. D'une voix criarde, le vieil homme s'exclama :

« Je te pardonne ! » et James sentit ses propres lèvres bouger à l'unisson, même s'il n'en pensait rien. Et puis plus rien. Le corps de son père s'écroula, immobile. Jeremiah Smith était mort. Pendant un long moment, James resta là à essayer de reprendre ses esprits. Il pouvait sentir la présence de son père en lui plus clairement que jamais, et il ne sut s'il devait se sentir étonné ou juste épouvanté par une telle perspective. Dans son dos, des plumes avaient noirci. Cela avait commencé pendant la guerre. Hébété, triste d'être en colère et en colère d'être triste, il passa le reste de la journée à veiller le corps de son père, sans trop savoir quoi penser.

Le lendemain, James Smith quitta la communauté où il avait grandi pour ne jamais y revenir.


New York, 1990

Quand James Smith comprit qu'il était immortel, il avait cinquante-deux ans, et il était en 1892. Quelques indices lui avaient mis la puce à l'oreille : il s'était plus ou moins arrêté de vieillir après quarante ans, si ce n'était un fil d'argent ici ou là dans ses cheveux. Il n'y avait jamais vraiment prêté attention, parce qu'il se regardait rarement dans un miroir et que cela lui semblait relativement logique en tant qu'ange divin. La chut du douzième étage d'un immeuble, par contre, ça tenait à coup sûr du détail révélateur. Surtout lorsqu'on se retrouve brièvement avec la tête tournée dans le mauvais sens, et qu'il suffit de tourner un bon coup pour remettre tout ça en place. Bien sûr, il aurait pu s'envoler plutôt que d'écraser de tout son poids dans une charrette chargée de choux, mais il avait bu ce jour-là et le vent violent n'avait pas aidé ses réflexes. Contre toute logique, il s'était relevé rapidement et il avait pu repartir à pied avec pour seules séquelles une bonne migraine et une vague odeur de soupe. Cela n'avait été que le premier résultat d'une longue expérience en ce qui concernait les divers moyens de passer de vie à trépas. Il repensait à cet événement vieux de plusieurs décennies, tandis qu'il contemplait la ville d'un building bien plus haut que tout ce qui pouvait être bâti à l'époque. Il aurait bien ressauté s'il n'avait déjà su que cela ne changerait rien à sa condition d'être vivant. Une vie aussi longue commençait sérieusement à lui peser sur le cœur. Certes, le vingtième siècle avait ses bons côtés quand on y réfléchissait bien : déjà, la musique était meilleure et on n'y dansait plus la gavotte (ni le quadrille ; aucune vie n'était assez longue pour maîtriser parfaitement le quadrille. James le savait, il avait essayé. Quand on avait autant de temps, on diversifiait ses hobbies). Mais il commençait à trouver le temps, et bien, pas uniquement long mais surtout étiré. Oui, étiré était le mot qui convenait. C'était comme si son esprit se tendait de plus en plus au fur et à mesure que les années avançaient, et il lui était de plus en plus difficile de ne pas rester profondément troublé par cette humanité foisonnante et maladroite qui grouillait autour de lui avec l'enthousiasme agaçant -et souvent dangereux- des éphémères. Pour des êtres dotés d'une durée de vie aussi courte, il était étonnant de les voir aussi...suicidaires, même s'ils ne se rendaient pas forcément compte. Alors que lui, James Smith, aurait bien voulu plonger dans l'Hudson les deux pieds devant un bloc de béton autour des pieds s'il n'avait pas été sûr de remonter seulement mouillé, un poisson dans chaque botte. Et puis la noyade était haute dans la liste en ce qui concernait les désagréables façons de tenter de mettre fin à ses jours. Il le savait, il avait effectué de nombreuses variantes de la chose (toujours les hobbies).

En réalité, James était fatigué. Fatigué de voir le monde changer alors qu'il restait désespérément lui-même, fatigué de soulager les maux d'une tripotée d'êtres humains trop bêtes pour se rendre compte de la chance qui leur était donnée, et surtout fatigué de les voir tout gâcher. Ils pullulaient partout comme des fourmis, et leur unique objectif semblait être de tourner partout en rond en appuyant sur tous les boutons des fois que ça ferait quelque chose. Plus que tout, James était fatigué de s'attacher. Trouver un bon humain intéressant qui relevait l'intérêt de l'espèce signifiait le voir mourir un jour, et ce jour était toujours plus proche qu'on ne le pensait. Même quand on disposait d'un être capable de soigner blessures et maladies. C'était l'âge contre lequel James ne pouvait rien, et il pouvait encore entendre les derniers mots de Jeremiah Smith aussi clairement que s'ils avaient été prononcés hier. Alors autant que possible, James évitait de se mêler de trop près aux autres. Il aimait bien en garder autour de lui, histoire d'avoir de la distraction, mais il se méfiait des relations trop approfondies. Après des décennies d'errance ici et là dans le monde, il était passé de l'optimiste décidé à soulager toutes les souffrances de l'humanité au cynique un brin déprimé qui se complaisait à traîner en vieille robe de chambre élimée au milieu de ses fidèles. Plus de deux guerres avaient tendance à avoir cet effet-là sur presque n'importe qui. Il n'avait pas été difficile pour lui de se constituer sa propre petite communauté ici à New York, où il y avait assez de timbrés prêts à suivre un ange n'importe où pour pourvoir à ses besoins les plus immédiats. Un vague sourire sur les lèvres, il se demandait ce que son père en aurait pensé ; après tout, sa naissance avait eu pour but de perpétuer la tradition... James ne se voyait pas en gourou, pas exactement. Il échangeait ses services de guérisseur contre de la loyauté teintée de crainte et, surtout, contre de l'argent. C'était déprimant de voir à quel point il était nécessaire d'en amasser le plus possible pour prétendre à être heureux. D'autant plus quand on était un ange ; ses collègues restés en haut ne devait sûrement pas acheter leurs auréoles de rechange ou déposer un chèque pour entretenir leurs harpes (ah, les harpes...encore quelque chose de parfaitement inutile que James s'était échiné à apprendre, un temps où il estimait que ça ne pouvait pas faire de mal de se montrer un peu symbolique). Tout semblait si, et bien, vain... Oh, c'était amusant de voir ses fidèles se plier à ses quatre volontés, des fois qu'il lui prendrait envie de réaliser un miracle. Ce qui n'était pas une affaire très passionnante non plus : ça revenait la plupart du temps à écouter les plaintes d'une mère qui plaidait pour son enfant blessé, ou d'un homme pour son épouse malade. On lui avait même apporté plusieurs animaux de compagnie et, dans le cas du vieux Bob, un pigeon mourant. Son don marchait sur les animaux, et ils avaient au moins la décence de faire plus attention à l'avenir. Rien de tel que d'offrir un remède miracle à un humain pour qu'il s'empresse de recommencer ses bêtises, soudainement convaincu de la disparition des responsabilités les plus élémentaires...

Même les autres êtres à part, comme lui, ne suffisaient pas à combler le vide. Mutant était le terme à la mode, et ils donnaient l'impression d'être de plus en plus nombreux. Et à cette époque, il était plus délicat que jamais de se montrer en tant que tel en public. Un ange volant entre les tours de New York ne suscitait pas tant que ça l'admiration attendue ; on essayait plutôt de le descendre en plein ciel avant de tenter de le disséquer (ce qui dépassait la noyade sur l'échelle des morts horribles). D'autant que même les mutants finissaient par vieillir, même quand leurs pouvoirs étaient incroyablement puissants. Il avait bien rencontré un autre immortel ici et là, mais il ne s'était jamais vraiment senti à l'aise en leur présence. Ceux qu'il avait croisé avait eu quelque chose de...rébarbatif, à part un type aux allures de dandy que James avait fréquenté quelque temps et qui n'avait pas son pareil pour vous improviser un bon cocktail chimique. Les drogues, voilà une chose qui restait amusante, même si ce n'était que temporaire. Même si, comme le sexe, ça perdait de son intérêt quand on arrivait à court de variantes. Et tout autour, les humains continuaient leurs bêtises, des guerres éclataient, les innocents mouraient plus souvent que les coupables, et la souffrance et le mal être de toute une génération se déversait dans le crâne de James Smith à travers son fichu lien empathique. Une radio d'ange, selon ses fidèles. Tu parles. James, lui, préférait le blues. Et au fur et à mesure que ses plumes noircissaient, son humeur s'assombrissait. Et plus il usait de son don pour guérir les imbéciles, les maladroits et les malchanceux, et plus il se parait de jais dans les ailes. Un jour, se disait-il de temps en temps, il finirait par être à court. A la télé, dans un coin de la pièce, un reporter parlait d'un nouveau conflit armé qui éclatait quelque part dans le monde, entre l'annonce de nouvelles escarmouches entre humains et mutants dans les rues de la ville.

Oui, un jour il finirait par être à court de plumes ; il fallait bien que quelque chose change. D'une façon ou d'une autre.

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MessageSujet: Re: Castiel Sam 06 Sep 2014, 18:07


Histoire (suite)

Brésil, fin 2024

Il n'avait jamais voulu en arriver là. Debout au milieu des décombres, James Smith restait immobile, comme en état de choc. Il avait ouvert les yeux, et il n'aimait pas du tout ce qu'il voyait. Il ferma les yeux, mais les horreurs qui l'entouraient firent aussitôt place à toutes celles qu'il avait commises ces deux dernières années. Il chancela, les jambes tremblantes, et il dut s'appuyer contre un mur relativement épargné par les dégâts pour conserver son équilibre. Dans son dos, ses ailes blanches constellées de noir étaient plus lourdes qu'une montagne. Non, il n'avait jamais voulu en arriver là. Au début, quand il avait rejoint les Invisibles, il s'était persuadé que c'était pour un but noble. La suprématie mutante était un mal nécessaire, la seule chose capable d'unifier ce monde et de l'empêcher de courir à sa ruines. On ne pouvait plus laisser les simples humains aux commandes, ils finissaient toujours par tout gâcher. Ils avaient besoin d'être guidés ; ils avaient besoin d'être sauvés. Et lui, James Smith, était un sauveur. Il pouvait encore entendre les paroles de Jeremiah Smith résonner à ses oreilles, et il y avait cru plu que jamais. Il avait pris le nom de Savior, et il avait contribué à remettre de l'ordre sur une Terre courant à sa perte. Du moins s'en était-il persuadé.

« Un sacré gâchis, hein, mon garçon ? Tu te croyais tellement supérieur, et au final tu n'es...qu'un homme. »

James cligna des yeux, et il vit Jeremiah Smith assis sur une pile de gravats. Il avait l'apparence de son corps en pleine force de l'âge, ses cheveux et sa barbe poivre-et-sel lui donnant l'air d'un lion. Un lion surgit des enfers : Jeremiah Smith était mort il y a longtemps, James le savait. Mais il le voyait de plus en plus, ces derniers temps. Il avait toujours eu l'étrange et désagréable impression que le vieil homme était devenu une partie de lui quand il avait essayé de le guérir du mal incurable qu'était la vieillesse. Pendant des années, il était une voix dans sa tête, une voix sur laquelle James n'avait aucun pouvoir. Puis, depuis quelques mois, la voix avait...pris du corps. Et plus la guerre continuait, plus les conflits s'intensifiaient, plus ses plumes noircissaient, et plus il le voyait pour de vrai. Jeremiah Smith était partout maintenant, le suivant chacun de ses pas.

« Vous avez fait de moi ce que je suis... » rétorqua James à voix basse, las. « Vous avez fait de moi un sauveur. »

« Ah ! » ricana l'autre. « Est-ce moi qui t'es donné ton nouveau patronyme ridicule ? Tu n'étais censé sauver personne d'autre que moi-même ! »

« Et même là, j'ai échoué. »
« Je ne dirais pas ça. » Jeremiah Smith sourit, d'un air rusé et curieusement satisfait. « Après tout, je suis toujours là. Pour te regarder te fourrer dans le pétrin. Regarde autour de toi, fils ! »

James obtempéra, le cœur lourd, sachant ce qu'il allait voir. Il se força à le faire néanmoins. Les petits corps étaient semblables à des poupées sans vie, disséminées ici et là dans les ruines du refuge. Les enfants n'y étaient pour rien, ils avaient été rassemblés ici parce que leurs protecteurs estimaient qu'il fallait les protéger. Les mettre à l'abri. Mais leurs protecteurs étaient morts, et les petits avaient suivi. Quand James avait atterri, après les combats alentours, voilà le spectacle qu'il avait découvert. La nausée lui étreignait la poitrine et lui serrait la gorge. Il n'avait jamais voulu ça. Jamais. Il était censé bâtir un monde meilleur, un monde pour ces enfants. Il y avait des mutants parmi eux, que des membres de la résistance avaient voulu sauver. Et des Invisibles avaient décidé de les exterminer par seule crainte de leur potentiel, de ce qu'ils pourraient devenir un jour.

« Tout ça pour ça, hein ? » reprit la voix moqueuse de Jeremiah Smith.

« Savior ? »

James se retourna, et aperçut Moloch. Ce dernier était un Invisible, un mutant puissant et, tout comme l'ange, immortel. Il regardait son collègue, un air perplexe sur le visage. Ceux qui donnaient l'impression de parler tout seul faisaient souvent cet effet aux gens. James secoua la tête pour reprendre ses esprits et se concentrer sur le nouvel arrivant. Cela n'eut aucun effet sur Jeremiah Smith, qui n'avait pas bougé de son tas de débris.

« Tout va bien ? »

Non, songea James.

« Oui. » répondit-il.

« Bien. Les autres attendent, le plan veut que.... »

Moloch fut interrompu par une succession de petits bruits, comme une quinte de toux. Les oreilles aux aguets, James retrouva l'origine du bruit : un des petits vivait encore. Sept ou huit ans à peine, et tellement couvert de poussière qu'il en était complètement gris. Ses yeux étaient ouverts, arrondis par une terreur sourde, mais la douleur l'empêchait de parler. James s'accroupit à ses côtés et, délicatement, lui saisit la main.

« Qu'est-ce que tu fais ? Pas de survivants. Pas ici. »

Mais James ne tint aucun compte des paroles de Moloch. Une chaude lumière enveloppait déjà l'enfant, et les ailes du mutant étaient arquées autour d'eux comme pour mieux les protéger. Une nouvelle plume noircit tandis que la blessure de l'enfant disparaissait.

« Écarte toi ! »

Moloch tira James en arrière, et l'ange se retourna pour le confronter :

« Tu n'y toucheras pas ! »

« Oooh, le petit ange se rebelle! » Jeremiah Smith jubilait, visiblement ravi par le spectacle.

« Les ordres sont... »
« Je me fiche des ordres ! Je refuse ! Tu m'entends ? Je refuse d'aller plus loin ! »

« Et pourtant, tu as déjà dépassé les limites plus d'une fois mon garçon, qu'est-ce qui est différent ? » continua Jeremiah.

James ne savait pas. Pas vraiment. Qu'est-ce qu'une atrocité de plus pouvait signifier ? Il était perdu de toute façon. Il avait causé bien trop de peine et de souffrance au nom d'un idéal corrompu pour jamais espérer la moindre expiation. Il avait chuté en Enfer, et rien ne changerait cela. Qu'est-ce qu'était un enfant de plus ?

Toute la différence. Soudain, il le savait.

Il devait agir vite, car Moloch était doté de dons puissants. La main de James vola pour saisir la gorge du mutant, et d'une torsion violente il le projeta à terre. L'autre voulut crier quelque chose, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Puis James se concentra sur son pouvoir comme jamais auparavant. Il avait longtemps compris qu'il n'éradiquait pas les blessures ou la souffrance. Pas vraiment. Rien ne disparaissait totalement, c'était comme s'il...la stockait quelque part. Et plus il en emmagasinait, plus le noir dans ses plumes gagnait du terrain. Et plus son esprit s'assombrissait. C'était pendant cette guerre qu'il avait découverte une autre utilisation de ses capacités : il pouvait transmettre tout le mal qu'il avait pu aspirer à une victime. C'était comme si toute la douleur et tous les dommages passaient à travers lui pour venir torturer sa cible malheureuse jusqu'à la tuer. Il y a peu, une ou deux semaines maximum, il avait dû en user de manière terrible dans un combat pour la survie face à un officier ennemi, qu'il avait laissé en piteux état; lui-même avait échappé à la mort de justesse, horrifié par les dégâts qu'il avait provoqués. Il avait usé de ce pouvoir plus d'une fois pendant les conflits. C'était devenu plus facile que de guérir. Plus radical. Cela lui éclaircissait l'esprit, et l'aidait à atteindre son but. Au point qu'il s'était fourvoyé. Il s'en rendait compte maintenant. Mais il était temps d'évacuer tous ces maux encore une fois. Parce qu'un seul enfant pouvait faire toute la différence, et qu'il ne s'arrogerait plus le rôle du sauveur. Il ne pouvait pas plus imposer au monde sa volonté que ce dernier ne pouvait contrôler la sienne.

Moloch se mit à hurler.

L'Invisible était immortel, James le savait. Mais l'immortalité venait du gêne mutant, et c'était quelque chose que l'ange pouvait...guérir, si on pouvait employer ce terme. Du moins il l'espérait, il n'avait jamais essayé. C'était la seule idée qui lui était venue, et il savait que s'il réussissait, le prix à payer serait terrible.

« Bien, bien, montre-nous qui tu es ! » Jeremiah Smith s'était levé et tournait maintenant autour de la scène, frappant dans ses mains comme un spectateur satisfait.

James pouvait sentir la vie qui se tapissait en Moloch, et l'essence qui la maintenait indéfiniment depuis bien longtemps. Trop longtemps. Personne ne devait vivre autant. Il fallait changer ça. Une lumière aveuglante irradiait de l'ange pour investir Moloch, et la lueur terrible semblait maintenant jaillir des orifices mêmes de la victime hurlante. James sentit quelque chose céder dans l'autre, et la mort qu'il gardait dans ses ailes se déversa sans plus rencontrer de résistance. Au fond de lui, James sentit quelque chose se briser, mais il n'en tint aucune importance. Il voulait en finir. Tout cela n'avait que trop duré. Tout. Depuis le début.

« Tu es content de toi ? » Mais la voix de Jeremiah Smith n'était presque plus audible. Un voile d'obscurité descendit sur les yeux de James, mais il ne s'arrêta pas. Ses ailes s'agitaient derrière lui, et des plumes noires et blanches voletaient partout dans les airs. Et puis soudain, plus rien. Plus de Moloch, du moins autant que James pouvait s'en rendre compte. Plus de douleur, plus de vie. Plus rien. Avant que sa conscience ne l'abandonne, il peut apercevoir encore une fois son père, et il ne put déchiffrer l'expression sur son visage. Mais, surtout, il entendit l'enfant tousser, et il sentit sa petit main venir chercher la sienne. C'était tout ce qui importait. Après toutes ses erreurs, après toutes ses victimes, James Smith avait compris à quel point il s'était trompé.

Et cela faisait toute la différence.


New York, 2026

« Qu'est-ce qu'il fait ici, celui-la? »

Anton Sikorski suivit le regard de sa jeune collègue, Alexis Blake, et tomba sur James. L'homme ailé était tranquillement assis à une des tables de la salle de jeux, l'air satisfait de celui qui avait entamé une partie de dominos avec lui-même et qui était sur le point de gagner. Il fallait le reconnaître, le Jimmy ne causait pas beaucoup de problème. Il était plutôt calme et bienveillant, même s'il avait tendance à parler tout seul. Ce qui n'était pas forcément étonnant pour quelqu'un d'interné dans un établissement psychiatrique. Seulement, des fois...ben, des fois, on avait l'impression que le vide lui répondait. C'était déstabilisant, et Anton n'aimait pas trop y penser.

« Jimmy ? J'sais pas trop. On l'a trouvé errant dans les rues y a un an. Se rappelait à peine de son nom, le pauvre type. J'imagine que les gens savaient pas trop quoi en faire, alors il a fini par atterrir ici. Cause jamais de problèmes, c'est plutôt reposant. Les ailes c'est un peu bizarre au début, mais on s'y fait. Et puis il est vachement doué pour...certains trucs. »

« Du genre ? »

« Ben, j'avais une rage de dents pas plus tard que y a quelques mois, et l'un des autres gars m'a convaincu de lui demander un coup de main. J'y croyais pas trop, tu vois, parce qu'un type qui prétend te soigner rien qu'en te touchant un peu, ça m'a toujours paru louche. Surtout dans en endroit pareil. Puis j'me suis dit : Anton, mon vieux, qu'est-ce que tu risques ? Au pire, s'il essaie juste de tripoter, tu lui files un calmant et on en parle plus ! Alors il m'a pris la mâchoire dans les mains, y a eu de la lumière et pouf, plus de mal de dents ! Elles ont jamais été aussi solides, d'ailleurs ! Plus besoin d'éviter les beignets, c'est plutôt cool ! »

« Un mutant, alors. » commenta Blake avec sérieux.

« Ben, ouais, mais au-delà ça, les ailes avancent bien la couleur, faut dire. Les mutants aussi peuvent être fêlés. »

« Il n'est pas dangereux alors ? »

« Jimmy ? Ferait pas d'mal à une mouche ! A vrai dire, j'l'ai revu remettre plus d'une mouche sur pied, supporte pas qu'une bestiole souffre ! Tu m'dirais, avec ce qui se passe ces temps-ci, on sait jamais avec les mutants... Mais y z'ont beaucoup aidé pendant la guerre, même si c'était pour taper sur leurs connards de petits copains. J'sais pas trop ce que Jimmy a traversé pendant cette période, mais m'est avis que lui-même ne le sait plus trop. Sa mémoire n'est pas au top. Le doc pense qu'il s'agit d'un cas typique de blocage. Il se rappelle des trucs élémentaires, il sait plus ou moins qui il est, mais ça va plus loin. L'a dû vivre des trucs sacrément horribles si tu veux mon avis. Quand on nous l'a amené, il a pas résisté. Il a même demandé à rester ! Parfois, on avait l'impression qu'il avait peur de rester dehors. »

« Qui l'a amené ? »

«Personne. Ou lui-même, peut-être. Il errait bêtement dans les rues, comme j't'ai dit. Mais si tu veux savoir par là qui s'est occupé de la paperasse, de la facture, tout ça, c'est la vieille miss Novak, celle du foyer. D'ailleurs, c'est sous son nom qu'on l'a inscrit : Jimmy Novak. Il se rappelait plus de son nom de famille, paraît qu'y s'en rappelle plus, comme plein d'autres trucs, mais je pense qu'il voulait juste pas le dire. Elle a toujours eu tendance à s'occuper des cas comme ça, la mère Novak, même si d'habitude c'est surtout des gamins qu'elle s'occupe. J'crois qu'il était connu par là-bas, il donnait des coups de main, tout ça. On dit qu'il y avait ramené un gamin pendant la guerre, et qu'il en a sauvé pas mal d'autres depuis. Quand on lui pose la question, il reste évasif. Soit il est du genre humble, soit ça lui débloquerait trop les souvenirs. Quand t'insiste trop, il commence un peu à agiter. Pas violent pour sou, comme j'ai dit, mais des grandes ailes qui battent dans tous les sens, ça fait désordre et ça inquiète les autres patients. Si jamais ça lui arrive quand t'es de garde, demande aux cuisines de lui faire une tartine de miel et apporte là lui. Le miel ça l'adoucit. Son pêché mignon, comme qui dirait. Ça, est les dominos. Ce qu'est pas toujours pratique, parce que des fois, on retrouve des pièces qui collent un peu. Mais c't'un bon bougre. Il a fait des progrès aussi, d'après le doc. Il semble plus équilibré. Et il équilibre les autres malades aussi, quand il est tranquille. Il en a aidé plus d'un, c'est comme s'il te réparait de l'intérieur. »

« Il croit parler à qui ? » s'enquit Blake. James semblait en pleine conversation, sauf qu'il n'y avait personne pour lui donner la réplique. Du moins il semblait n'y avoir personne. Sans trop savoir pourquoi, elle eut froid dans le dos...

« J'crois qu'il s'imagine causer à son père. D'après lui, le vieux le suit partout. Il dit qu'il s'en accommode la plupart du temps, parce que le vieux ne peut plus faire grand mal. Sauf quand il chante en boucle la même chanson du top cinquante y paraît ; c'est là que ça deviendrait un brin pénible. » Sikorski se fendit du clin d'oeil entendu du vieux briscard à l'adresse de la petite jeune, avant de continuer : « Le charabia habituel quoi. J'imagine que c'est pas plus pire que de voir son pire cauchemar. Bon, moi, si je voyais mon vieux comme ça tout le temps, j'aurais depuis longtemps vidé la réserve de médocs. L'était pas commode, mon vieux. »

« Excusez-moi, monsieur Sikorski ? »

C'était James, qui s'était levé pour rejoindre les deux membres du personnel soignant. Il souriait, de l'air un peu perdu qu'il affichait la plupart du temps, et semblait hésitant à les déranger. Mais il avait manifestement quelque chose à dire.

« Qu'est-ce qu'il y a Jimmy ? J'te présente Blake, elle vient de débarquer, j'lui montre les ficelles. »

« Oh ! » James parut un instant perplexe, puis il fouilla dans sa poche et en sortit un bout de fil, sans-doute arraché à un vieux vêtement. Il la tendit à Blake, l'air ravi de sa trouvaille : « Si cela peut vous aider, n'hésitez pas, j'en ai toujours sur moi. C'est fou ce qu'on peut faire avec un bout de ficelle ! »

« Accepte donc, va, ça lui fera plaisir et il a pas tort, c'est utile ! »

Avec un le sourire un peu forcé de quelqu'un qui se savait perdre pied dans la conversation, Blake prit l'offrande, et Jimmy la récompensa avec l'un de ses sourires à lui, celui d'un homme satisfait d'un travail bien fait. Mais lorsqu'elle voulut récupérer sa main, James la garde serrée dans les siennes.

« En réalité, c'est à votre jeune collègue que je voulais parler, monsieur Sikorski. »

« Hey » La femme voulut se dégager, mais son collègue l'en dissuada en posant sa main sur son épaule :
« T'inquiète, tu risques rien avec Jimmy j'te dis ! Et pis j'veille au grain. T'as senti un des trucs, hein, Novak ? »

« Oui m'sieur. » Puis, croisant le regard de Blake : « Ne bougez pas mamdemoiselle, ça ne sera pas long. »

Interdite, elle le laissa faire, et écarquilla les yeux de plus belle quand une douce lumière commença à rayonner le long de ses bras. James se rapprocha, se pressant presque contre elle, et posa deux de ses doigts sur le front de la femme. Aussitôt, une chaleur bienfaisante emplit son esprit, et elle eut soudainement l'impression de se sentir mieux. Ce qui l'étonna, parce qu'elle n'était pas malade, du moins à sa connaissance. Mais c'était comme si quelque chose qu'elle ne savait même pas cassé en elle avait réparé. James la lâcha, pris quelques secondes pour récupérer, et Blake remarqua sans vraiment y faire attention qu'une nouvelle plume noire garnissait les ailes blanches de l'homme-ange.

« Tout ira bien maintenant. Le caillot est parti. »

« Bon sang Blake, t'as touché le gros lot ! J't'avais dit que le Jimmy connaissait son affaire ! » Joyeux, Sikorski flanqua une tape amicale sur les épaules du patient, ce qui n'était pas très facile quand le patient en question était ailé. Blake, elle, restait figée sur place. Ce n'était jamais très drôle d'apprendre qu'on avait abrité en soi une anomalie mortelle, même quand on était déjà guéri.

« Je fais de mon mieux, monsieur Sikorski. » répondit gravement Jimmy Novak.

« Autre chose mon pote ? »

« Jeremiah aimerait bien savoir si vous pourriez demander à madame Agen de nous laisser la télécommande de temps en temps. Il aimerait bien voir la chaîne histoires, c'est une des seules qui a du sens pour lui dans cette époque de fou, à ce qu'il dit. »

« Jeremiah hein ? » Sikorski fit un nouveau clin d’œil à Blake. « Ouais, on va voir ça. Mais j'serais toi, je m'inquiéterait plus trop des bisbilles entre...euh, Jeremiah et la pauvre madame Agen. »

Blake, elle, eut l'impression d'apercevoir une brève distorsion dans l'air, et une vague de colère à l'encontre de ce stupide patapouf inculte. Sauf qu'elle n'avait pas songé ces mots. Elle frissonna de plus belle : ça commençait à faire beaucoup, pour une première journée... Sa mère lui avait toujours dit qu'elle était une fille trop sensible, et elle ne savait plus vraiment si elle avait raison ou si elle avait juste besoin de longues, très longues vacances...

« Ah bon ? » James afficha un air étonné.

« Ouais mon gars ! Bonne nouvelle, t'es jugé en état, ta caboche devrait être capable de s'en sortir toute seule maintenant ! Le doc à causé avec miss Novak, la paperasse est réglée et toi et, euh, Jeremiah, vous sortez demain ! C'est-y pas beau ? »

A la grande surprise de Sikorski, James ne réagit pas avec le soulagement et la reconnaissance attendues. Il resta là à réfléchir intensément à la nouvelle, et parut même un instant des plus inquiet. Un type bizarre quand même. Gentil et d'une certaine moins fou que la plupart des autres types dans le coin, mais bizarre.

« Vous êtes...enfin, le docteur Stromhege est sûr ? Je ne voudrais pas causer des problèmes une fois dehors... Peut-être... »
« Ben, tu pourras voir ça avec lui, il va vouloir te parler de tout ça avant ta sortie bien sûre. Mais tu vas pouvoir rentrer chez toi, c'est pas beau ça ? »

« Enfin ! » soupira Jeremiah Smith, que personne n'entendit même si Alexis Blake se mit à tourner la tête de tous les côtés comme une petite souris inquiète. « Je commençais à en avoir marre de la gelée aux desserts ! Je mange pas, tu penses bien, mais quand même, c'est pas une nourriture civilisée ça, la gelée. »

Celui qui était maintenant Jimmy Novak l'ignora ; il était devenu assez fort à ce petit jeu. Il afficha un sourire de circonstances pour rassurer le brave Sikorski, mais l'idée de rentrer chez lui le perturbait plus qu'autre chose.

C'étit où, chez lui ?


Le Foyer, New York, le lendemain

Jimmy Novak se tenait debout dans la rue, devant le foyer, le sac rempli de ses maigres possessions sur l'épaule. Il portait un vieux trenchcoat sur le dos pour dissimuler ses ailes à la vue du tout venant, et il se sentait curieusement emprunté à l'idée de franchir cette porte. Il avait...et bien, il avait peur, même s'il ne savait pas trop de quoi. Ces mois à l'hôpital lui avaient fait du bien. La vie y était...moins compliquée. Il y était au calme, et ses pensées les plus sombres avaient retrouvé leur place tout au fond des tréfonds de sa conscience. Avec tous les souvenirs dont il ne voulait plus entendre parler. Oh, il se rappelait de son véritable nom, bien sûr ; Jeremiah ne l'aurait pas laissé oublier. Et, grâce à son père, il n'avait pas vraiment non plus oublié son enfance. C'était...tout le reste qui était plus diffus. Confus. Il pouvait plus ou moins bien se situer dans le passé, mais l'environnement et les visages restaient flous la plupart du temps. Les cinq ou six dernières années étaient les plus difficiles : il se souvenait d'impressions, d'images, de sensations... Et de ses idées, qui avaient menées à des actes terribles au nom d'une cause qu'il avait crue juste. Il n'aimait pas essayer de s'en rappeler. Cela lui faisait du mal et, surtout, cela lui faisait peur. Tout ce qu'il avait toujours voulu, c'était aider les gens. Comme lorsqu'il était un ange, dans une petite communauté, en Louisiane, il y a bien longtemps de cela... Il savait qu'il y a avait eu une terrible guerre il y a très peu de temps, et il savait qu'il avait dû y participer. Certains souvenirs étaient trop ancrés en lui, il se rappelait des cris, et un long hurlement, à la fin... Après, il avait commencé à devenir le Jimmy qu'il était aujourd'hui. Petit à petit. Il avait dû s'occuper d'un enfant. Cela lui avait plu, il s'était senti utile, alors il avait passé la fin du conflit à errer ici et là sur Terre, à aider ceux qu'il pouvait. Surtout les enfants, parce qu'ils n'avaient rien demandé de tout ça, parce qu'ils n'y étaient pour rien. Ils ne se seraient pas risquer à dire qu'ils étaient purs, parce qui l'était vraiment ? Mais ils pouvaient être sauvés. Mieux encore, ils pouvaient encore changer. Le choix. Ça faisait toute la différence...

Ces mots faisaient écho dans son crâne tandis qu'il contemplait la façade rassurante du Foyer. La communauté de miss Novak était différente de toutes celle dont il avait pu faire partie. On s'y sentait bien, on s'y sentait en sécurité. Miss Novak ne rassemblait pas les gens faibles autour d'elle pour en profiter, pour les utiliser, ou par souci des convenances. Elle le faisait parce qu'il fallait bien que quelqu'un le fasse. Parce que quelqu'un devait parler pour ceux qui n'avait pas de voix. Et la voix de miss Novak se faisait entendre. Nul ne savait vraiment d'où lui venait sa fortune, et son passé était aussi riche que trouble, mais elle était influente et respectée, et pas seulement dans le quartier. Tout le monde ou presque avait entendu parler de miss Novak, et la plupart des gens avec assez de jugeote savait qu'il valait mieux travailler avec elle que contre elle. Et elle défendait farouchement ceux dont elle avait la charge. Petite et boulotte, souvent trop maquillée, elle avait l'énergie débordante des vieilles femmes qui n'avaient pas le temps de se préoccuper de broutilles comme l'âge, et elle avait toujours quelque chose à faire. Elle s'assurait aussi pour que tous les autres pensionnaires du foyer aient quelque chose à faire, ce qui se révélait salutaire pour former un homme, selon elle. Miss Novak ne changeait pas les gens : elle les poussait à se changer eux-mêmes. Quand son chemin avait croisé celui de Jimmy, perdu dans les rues de New York, elle avait aussitôt vu quelque chose en lui auquel lui-même ne croyait plus depuis longtemps. Jeremiah ne l'aimait pas, et trouvait qu'elle sentait trop fort la menthe, mais miss Novak n'aimait pas beaucoup Jeremiah non plus, qu'elle qualifiait comme « une bougre de mauvaise influence réactionnaire ». C'était là l'une des innombrables choses qui faisaient que Jimmy aimait autant miss Novak : elle faisait comme si Jeremiah était réel pour elle. Et quand Jimmy avait eu peur, qu'il s'était à nouveau senti submergé par des souvenirs terribles, et qu'il ne savait plus qui il était, quand il lui avait demandé en pleurant de l'aider, elle avait accepté qu'il aille à la rencontre de l'institut. Elle s'était assurée de la qualité de l'établissement, et elle avait attendue que Jimmy se sente assez sûr de lui pour accepter d'en sortir.

Jimmy, lui, n'était pas encore très sûr, justement. Ces quelques heures dans le monde depuis sa sortie de l'hôpital lui avait paru trop intenses, trop agressives. Il pouvait sentir les émotions des gens, partout dans la rue, et il avait de la peine à les contenir. Sans compter que Jeremiah Smith n'était pas une présence facile ; quand il ne se plaignait pas du vacarme de ces « chars démoniaques qui manqueraient pas vous écraser comme un malpropre si vous ne faisiez pas gaffe », il se plaignait des pigeons. Mais Jeremiah Smith n'avait jamais aimé grand-chose de toute façon. Pour l'heure, il était silencieux, ce qui était inhabituel et plutôt bienvenu. Jimmy avait besoin de réfléchir. D'être certain, pour une fois dans sa longue existence. De quoi ? Il ne savait pas trop. De... quelque chose, peu importe quoi. Ouais, être certain d'un truc, ce serait bien. Il pouvait toujours partir, il savait que miss Novak ne le forcerait jamais à rester. Reprendre son errance, peut-être aider des gens ici ou là avant de se retirer loin de tout, loin de la moindre tentation de pouvoir. Il pouvait...

La porte s'ouvrit.

Miss Novak, vêtue de noire comme à son habitude (la seule couleur respectacle selon elle) se tenait sur le seuil, les poings sur les hanches, une ribambelle de gamins agglutinés autour d'elle. Elle sourit à Jimmy, et il ne put s'empêcher de le lui retourner malgré les grognements de Jeremiah dans son dos.

« Jimmy ! » Un jeune garçon, un peu plus âgé que les autres, se précipita dans les bras de l'arrivant. James lui rendit son étreinte, un peu maladroitement ; on ne lui avait jamais vraiment appris comment faire. L'enfant s'appelait Manolo, et il l'avait rencontré un jour sombre, au Brésil. « Tu vas rester avec nous, hein ? »

Les autres gamins répétèrent la supplique, venant s'agiter autour de l'homme ailé.

« Fais voir tes ailes s'il te plaît dis Cas! »

« Oui, fais-nous voler ! Allez, s't'eu-plaît!»

« Cas! Cas! »

« C'était bien l'hôpital ? Tu m'as ramené des gelées dis ? »

« Oui, Cas, reste avec nous ! Dis, Cas, reste! »

Et tous l'appelaient du petit nom que miss Novak lors de leur rencontre. Un véritable nom d'ange, lui avait-elle dit, pour te rappeler qui tu étais vraiment si tu choisis d'enfin le devenir. Et tandis qu'il riait aux remarques des enfants, et que son cœur se réchauffait sous le regard de miss Novak, il sut qu'il avait pris sa décision. Il hissa plus confortablement son sac sur son épaule, prit un enfant par chaque main, et passa la porte du foyer, suivi d'un Jeremiah Smith bougonnant. Miss Novak avait les yeux brillants : elle n'était pas femme à pleurer, aussi s'agita-t-elle et remit de l'ordre dans les rangs pour se donner une contenance. Puis, alors que la porte se refermait, elle dit :

« Bienvenue à la maison, Castiel. »

_________________________________________

Note: Jeremiah Smith

Existe-t-il vraiment ? Même Castiel n'en est pas sûr. Toujours est-il que son père ne le quitte plus depuis des années, et qu'il est du genre à râler en permanence. Il n'a pas l'air d'être un fantôme, et on pourrait le prendre pour un simple fragment de l'imagination de Castiel si certaines personnes sensibles ou dotées de pouvoirs psychiques ou spirituels n'avaient pas une désagréable impression dans les parages de cet homme peu amène. Peut-être qu'un mutant puissant et calé dans ce domaine pourrait même le voir et interagir avec lui, qui sait ?

En réalité, Jeremiah Smith est le résultat d'une déviance des pouvoirs combinés d'empathie et de guérison de Castiel. Lorsqu'il a voulu soigner la vieillesse qui emportait son père, Jeremiah Smith est devenu une empreinte dans l'esprit de son fils. Et avec le temps et suite à divers événements traumatiques, cette empreinte s'est libérée des tréfonds de l'esprit de James pour devenir, d'une certaine façon, réel. Castiel a appris à s'en accommoder. Leur relation est difficile, mais Jeremiah peut s'avérer être de bon conseil quand il n'est pas occuper à rendre son fils fou en lui chantant d'une voix de fausset les derniers tubes du top cinquante. Car Jeremiah est un peu vénère de ne pas pouvoir agir sur un monde, d'autant qu'il s'agit d'un monde moderne qu'il ne comprend pas. Ou, pour être plus exact, qu'il refuse de comprendre...

Avoir une personne dans la tête, c'est déjà difficile, mais si Castiel finissait par en avoir d'autre ? Il ne serait pas impossible qu'une autre empreinte se manifeste avec le temps, mais il faudrait pour cela que son origine soit particulièrement intense et traumatique. Comme avoir essayé de tuer quelqu'un qui ne pouvait pas mourir et qui, du coup, ne serait pas vraiment mort... Castiel ne le sait pas encore -à vrai dire il ne sait rien sur cet aspect de ses pouvoirs et reste plus ou moins convaincu que Jeremiah n'est qu'une partie de son esprit qui danse la gigue hors de ses pensées- mais un certain Moloch pourrait revenir lui dire bonjour un de ces jours. Et Jeremiha a beau être pénible dans son genre, ça, ce serait tout de même nettement plus problématique...


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Dernière édition par Castiel le Jeu 05 Mar 2015, 16:47, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Castiel Sam 06 Sep 2014, 18:09





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Avez-vous lu les règles ? OK par Zexion
Comment avez-vous connu le forum ? disons qu'on m'en a parlé^^

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MessageSujet: Re: Castiel Sam 06 Sep 2014, 18:12

Castiel a écrit:
disons qu'on m'en a parlé^^

Et je crois que c'est réciproque^^
Bienvenue sur XMH ! J'approuve pleinement le choix d'ava. :spirit:
La fiche est impressionnante Very Happy , je la lis dès que possible !

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MessageSujet: Re: Castiel Sam 06 Sep 2014, 18:14

Merci pour la bienvenue! ^_^

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MessageSujet: Re: Castiel Sam 06 Sep 2014, 19:40

Obligé de passer avec Kobal.

Oh un petit ange qui va se faire plumer. :akhad:



Welcome.

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MessageSujet: Re: Castiel Sam 06 Sep 2014, 21:14

Ça, c'est de la fiche O.O
Bienvenue à toi, tu vas faire bien des heureux ici ^^
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MessageSujet: Re: Castiel Sam 06 Sep 2014, 21:24

*approuve Dastan*

Bienvenue Wink et te laisse pas trop déplumer par Kobal !

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MessageSujet: Re: Castiel Dim 07 Sep 2014, 01:02

Merci à tous! -^^-

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MessageSujet: Re: Castiel Dim 07 Sep 2014, 11:34

[Oh !! :mimi: ]




Salut, Bienvenue dans le coin Jimmy !


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MessageSujet: Re: Castiel Dim 07 Sep 2014, 13:07

Le personnage est intéressant et la fiche a été très plaisante à lire.

La fiche est validée. Tu peux désormais réserver ton avatar et lister tes capacités. Si tu as besoin de quoique ce soit, ou des questions à poser, n'hésite pas à passer par ici. On te conseille ardemment de jeter un œil à ce topic, afin de voir qui est libre pour jouer, ou faire tes propres demandes. Des scenarii sont également proposés aux joueurs. Je te conseille de poster une fiche de liens pour t'intégrer au mieux ; les référencements de sujets, eux, sont par . Il ne me reste plus qu'à te souhaiter officiellement la bienvenue et surtout, un excellent jeu. Smile

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MessageSujet: Re: Castiel Lun 08 Sep 2014, 15:15

Bienvenue parmi nous, Monsieur le Guérisseur ^^
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MessageSujet: Re: Castiel Mar 09 Sep 2014, 00:20

Grand merci! -^^-

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